Après l’effort …

… le réconfort. Et après 40 ans d’efforts, un gros réconfort : la retraite. Après tout, on a cotisé toute sa vie, hein ! On a mis des ronds de côté, là, c’est marqué sur le salaire : des dizaines d’euros tous les mois ! On y a droit…

Bah non, ce n’est pas aussi simple.

En pratique, après l’effort, pour beaucoup de retraités, cela risque d’être à nouveau des efforts.

Il apparaît en effet, au fur et à mesure que les années passent et (dans la catégorie Débalonnement Et Petits Compromis Verreux) se ressemblent plus, que le système de retraite français devient de moins en moins « solide ». Certains signes montrent même qu’il est, n’ayons pas peur des mots, tel un papy catarrheux, à bout de souffle, voire agonisant.

En effet, différents scénarios, remis il y a quelques jours à une n-ième commission brazilesque pour l’étude des cacochymes dispendieux au Conseil d’Orientation des Retraites (oui, le COR, ne riez pas) pointent tous dans le même sens : le financement de la pension des grands-parents n’est pas assuré dans l’avenir.

Un article de La Tribune paru ces jours-ci (19/01/06) relate fort bien le problème :

« En supposant inchangée la règlementation actuellement en vigueur, l’économie française devra faire face à un besoin de financement supplémentaire de 0.8% du PIB en 2020 et 3.1% en 2050, soit de l’ordre de 18 milliards d’euros-2003 à l’horizon 2020 et 112 (!) milliards d’euros-2003 à l’horizon 2050. »

Et encore cette prévision (déjà pas très rose) se fonde-t-elle sur un scénario qualifié par l’article d’ « optimiste », qui tablerait sur une diminution du taux de chômage à 4.5% de la population active à partir de 2015. La Tribune joue la diplomatie : vous noterez l’emploi du mot « optimiste » et pas « fantaisiste ».

Outre qu’il est généralement très difficile de faire des prévisions à moyen terme sur des éléments pareils (chômage, PIB, taux de cotisation, taux de croissance), et à plus forte raison sur du long terme (on parle tout de même de 2050), et que de pareilles prévisions sur des échelles de temps de la sorte sont, à tout le moins, particulièrement osées, on peut se demander si les hypothèses prises ne sont pas en complet décalage avec le minimum de « lucidité » (ou de cynisme, c’est selon) dont fait pourtant preuve le gouvernement actuellement…

Car le maroufle se débrouille pour :
- d’un côté rendre le point retraite très onéreux, et ainsi empêcher au maximum les gens de toucher une retraite complète qui coûte cher à l’état, aux caisses (en faillite virtuelle), et au contribuable déjà presque exsangue,
- de l’autre maintenir au travail les séniors qui risquent de s’avérer encore une fois inabordables tant au chômage qu’à la retraite.

En pratique, ce que les média, avec ces petits entrefilets, oublient de rappeler à leur lecteur (qui payent pour, c’est un comble), c’est que le système de retraite va permettre à tous de bénéficier de la même pauvreté. Comme dans d’autres domaines, la presse roule sur les mêmes informations, les analyses en conserve qu’on déboîte prestement pour l’article du lendemain, pop, d’un geste machinal : « Les banlieues ? Des jeunes qui s’agitent. L’immobilier : le krach n’aura pas lieu. Les retraites : quelques difficultés passagères. »

Par contre, aucun de ces média ne rappelle que la retraite par répartition garantit par construction que nous allons au casse-pipe. Fatalement. Le nombre de retraité augmente. La population vieillit. Le ratio de dépendance (le nombre de retraités par cotisants) va passer de 53% en 2003 à 91% en 2050, et tout ceci, en prenant comme hypothèse que la France conserve ses 2.1 enfants par femme, contre toute attente et en parfait accord avec le particularisme gaulois qui nous caractérise. Ben voyons.

Aucun média ne rappelle que la retraite par répartition garantit par construction que l’argent qu’on vous prélève de force est immédiatement dépensé. Personne ne vous rappelle gentiment que tout ce que vous gagnez, sur votre fiche de paye, en échange de vos euros marchands qui valent bien au moins un bon repas tout de suite, c’est des Points Retraites, ce qui, au cours du jour, revient dans l’avenir à un petit paquet de Nuts (ou Twix, ne soyons pas sectaires). S’il reste des Nuts (ou des Twix). Et qu’en plus, ce qui est dépensé maintenant sert essentiellement à éponger des dettes et en créer de nouvelles (eh oui), même pas à payer votre papy ou votre mamy. Que nenni. Et que ce qui est dépensé maintenant ne vous garantit en rien que vous aurez votre Twix (ou votre Nuts) plus tard. Par contre, par construction, je peux vous garantir que vous n’aurez pas beaucoup plus qu’un Nuts (ou un Twix, sachons rester large).

Effarant silence, ne trouvez vous pas ? Le système tant décrié de retraite par capitalisation serait sans doute beaucoup moins impopulaire si ces mêmes média rappelaient le mécanisme actuel mal boutiqué de la retraite par répartition; ce dernier, créé jadis pour de vagues raisons égalitariennes (officiellement pour que même les plus pauvres puissent se payer une retraite) n’a fonctionné qu’avec la croissance et la démographie très avantageuse de l’après-guerre. Outre qu’il ne fût (et ne sera) jamais égalitaire, il a toujours produit (et produira encore) un déficit qui devient abyssal.

Au final, non content d’égaliser à tout va, notre Modèle Social Franchouillo-Tentaculaire égalise par le bas ; en outre, il ne produit guère plus que de la merde, et, pis que tout, il n’y en aura pas pour tout le monde.

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Commentaires3

  1. FIN

    Vous avez mal compris la logique du système. 18 milliards de plus d’ici 2020. Bon d’abord c’est loin 2020, n’est ce pas ? Et ensuite, eh bien ils nous les prendrons les 18 milliards (voyons voir en FRF, ah oui 118 milliards de francs, quand même…)

    Les français sont des veaux et des mules Ils ne parviennent même pas à comprendre la modeste et simple arithmétique à l’oeuvre dans le problème redoutable des retraites. Ca continue à voter UMP, PS et tous les autres.
    Il faut se faire une raison.

    Mais que voulez qu’ils fissent ? Fîtes ? Flûte ! Ils crèveront la dalle quand à 70 balais, ils erreront dans la rue avec le RMI. Peut-être même qu’ils dormiront dans la rue (les maisons de retraite privée seront trop chères).

    Et puis ils souffriront tous de maladies bien dégueu, les plaçant en situation de "dépendance". Mais là aussi la Sécu ne sera plus là pour payer les hôpitaux.

    La solution ? Finale pour les pauvres.
    Nous aurons des mouroirs, nous renvoyant directement au Moyen age et aux temps des léproseries.

    Bon appétit. Et surtout bonne "prévoyance".

  2. dko

    Conclusions :

    Il vaut mieux être au RMI dès à présent, ça évite de payer des impôts sur le revenu (donc payer pour rien d’autre qu’alimenter un panier percé), on est exonéré d’impôts locaux, ça permet de profiter d’un maximum d’aides (carte de bus gratos, APL au taux max, CMU régime général et complémentaire, chèque vacance,etc…).
    MAIS SURTOUT, cela permet de s’habituer d’ores et déjà à un style de vie auquel on risque fort d’être confronté pour ses vieux jours… les aides en moins bien entendu.
    Voilà le triste sort de ceux qui, dans quelques décénies à peine, n’auront pas pu prendre la poudre d’escampette et capitaliser pour leur fin de vie.

  3. FIN

    En effet. Le RMI est une bonne solution.

    Je suis "expatrié" depuis quelques années (je me considère plutôt comme un "exfiltré", anyway). A ce titre donc, je suis un ovni fiscal et social dans le ciel tricolore.

    Et les gens de France avec qui je discute me regardent l’air tantôt anxieux, parfois horrifié : "mais… mais… vous ne cotisez plus pour votre retraite alors ???? !!! Comment tallez-zy-vous faire ??? Oauaaaaaaaaaaah C’est horrible".

    Ils ne se rendent même pas compte que ce qu’ils versent aujourd’hui pour "leurs" retraites… ils n’en verront jamais la couleur. Et qu’ils finiront dans une misère crasse pour ceux qui n’auraient pas pu mettre de l’argent de côté…

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