Indiana Jaune et le marécage de Copyright

C’est officiel : la filiale Demaerd Filmed Entertainments Inc. vient de confirmer la sortie prochaine du quatrième volet de sa célèbre saga Indiana Jaune qui comptait jusqu’à présent trois épisodes qui marquèrent le cinéma par leurs doses importantes d’aventure, d’adrénaline et de TVA. Les premières fuites sur le synopsis du long métrage en préparation nous laissent présager du meilleur !

D’après nos informations, dans ce quatrième opus, Indiana Jaune, célèbre chercheur égyptologue du CNRS encarté CGT mais secrètement libertarien et jamais gréviste, est à nouveau obligé de se lancer dans une terrible course contre la montre et contre une bande de collectivistes lobbyisateurs méchants-méchants.

Il va en effet devoir réaliser des copies de sauvegarde de ses albums de Lorie préférés sans enfreindre les lois sur le copyright, la copie privée, la DADVSI et en s’affranchissant de toutes les taxes qui seront mises en place par les gouvernements en place pour lui mettre des bâtons dans les roues.

S’emparant de ses originaux, Indiana Jaune, l’aventurier au fouet, au vieux chapeau et au franc parler politiquement incorrect (on se rappelera sa sortie légendaire qui fit scandale : « J’aime un petit McDo de temps en temps ! »), tentera tout d’abord d’acheter un ensemble de supports qui ne soit pas sauvagement taxé.

En effet, ne réalisant pas là un acte de piratage, il estime tout d’abord qu’il n’a pas à payer préventivement pour les malversations des autres. Après tout, il ne paye pas les vitres que les voyous cassent, il ne voit pas pourquoi il n’en serait pas de même quand il ne commet aucun délit avec des CD vierges. Et puis, cette façon insidieuse qu’ainsi l’Etat a de considérer qu’il est responsable autant que les autres des contrefaçons revient à collectiviser la faute. Et ça, c’est une couleuvre qu’Indiana Jaune ne peut avaler, d’autant qu’il n’aime pas du tout les reptiles.

Mais las !, aucun support dans les commerces à côté de chez lui ne sont exempts de cette maudite taxe !

S’ensuit alors une véritable recherche du St Graal, le support numérique qui s’affranchit des taxes idiotes. C’est par le truchement de son complice ami Marc Usbraudy qu’il pourra mettre la main sur des supports non taxés. Ce dernier travaille en effet au Ministère des Affaires Etrangères, et s’empresse donc de les commander au Luxembourg, pays qui n’impose pas l’infâme ponction sur les précieuses galettes de polycarbonate.

Re-las et patatras, les commandes sont interceptées par la douane et notre aventurier doit à nouveau fuir pour échapper aux sanctions qui pleuvent.

Pourtant, s’énerve Indiana Jaune, il a bien le droit à sa copie privée. D’ailleurs, dans la plus parfaite hypocrisie, des associations diverses et variées se sont rappelées à son bon souvenir, ainsi qu’à celui de plein d’internautes éberlués. En effet, la copie privée est bien un droit et pour faire valoir ce droit, ces associations avancent la nécessité qu’on taxe les supports : il faut rémunérer les pov’zoteurs, les pov’majors, et les pov’distributeurs qui, sans ça, caraferaient.

Mais voilà alors notre Indiana Jaune partant à l’assaut du Paradoxe des Sans-Supports : la taxe n’est pas perçue sur les téléchargements légaux, alors que ceux-ci constituent pourtant maintenant l’une des principales sources des copies qui circulent légalement ou non.

A ce point de l’aventure, le synopsis ne semble pas très clair puisqu’il semblerait que notre héros, en luttant contre ce Paradoxe velu d’un fort beau gabarit apparu subitement au milieu du marécage du Copyright tombe sur un os (ou un paquet d’os, plus exactement) et se retrouve à tenter une copie de ses albums de Lorie alors que ceux-ci sont … protégés par DRM (argh!).

Eh oui ! Rappelez-vous : dans l’opus précédent, le Dr Frankenmajors avait expliqué qu’il fallait absolument empêcher les copies illicites de se répandre, tout en continuant à bidouiller de l’ADN de Grenouille Taxolubrique, pour obtenir une Hydre Maléfique Sacémique DRM dont l’appétit pour l’argent frais issu des taxes sur les supports sera sans fin.

L’hydre DRM goulue du Dr Frankenmajors, on s’en souvient, n’avait pas été terrassée et disparaissait dans un fade-to-black angoissant en fin d’épisode.

Dans ce nouvel épisode, cette hydre aux tentacules visqueuses pleines de petites bouches qui aspirent la substantifique moelle des portefeuilles des internautes, refait surface elle aussi au milieu du môdit marécage pour se lancer dans un corps à corps gluant avec le Paradoxe velu.

Domptée par Virgin Mega, un milliardaire fantasque en recherche de sensations fortes, le Paradoxe Velu finira par venir à bout de l’Hydre DRM dans un bordel sans nom que les scénaristes et les exégètes vont probablement mettre plusieurs générations à éclaircir.

Avec un tel programme, pas de doute : Indiana Jaune aura fort à faire et devrait passionner grands et petits.

Attendez-vous toutefois à payer fort cher la place pour voir ce film.

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