Poor England

Depuis l’avènement des Lumières au 18ème siècle, et – 14 juillet oblige – depuis la Révolution, les « élites » françaises se croient souvent en avance sur le reste du monde alors que depuis un petit moment, ils ressassent des idées relativement usées qui n’ont pas vraiment fait leurs preuves ou qui sont déjà monnaie courante partout ailleurs. Ceci pourrait être un constat amer, mais pour le coup, il est plutôt rassurant. Pour une fois, la France est en retard sur les idioties protectivistes que certains pays mettent en place avec gourmandise…

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Petite définition au passage : j’appelle ici « protectiviste » toute mesure de protection collectiviste du citoyen « pour son bien » ; typiquement, la Sécurité Sociale, qui est « à la Fraônçaise » comme le homard est « à l’américaine », ou encore les campagnes agressivement niaises sur les nourritures trop salées, trop sucrées, trop grasses ou trop goûtues pour protéger les gens des attaques de cassoulet-ninja ou de foie-gras furtif.
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Ainsi donc et pour revenir à ma joyeuse constatation d’introduction, la France est devenue à ce point médiocre qu’elle arrive même à merdouiller dans son avancée bondissante sur la route de la servitude.

On pourrait presque louer l’esprit latin de la population qui rend toute innovation sociale-démocrate un peu moins triste et un peu plus aléatoire que dans d’autres contrées, où l’esprit plus méthodique des citoyens assure quasiment que cette route de la servitude sera parcourue à petites foulées sportives.

J’ai bien conscience, en disant cela, de pousser (volontairement) à l’abusive simplification, mais on peut constater des exemples troublants :
- en France, les démarches entreprises par Sarko dans le cadre de sa politique se traduisent en fait par des tous petits pas en avant, en arrière, ou de côté avec cette délicieuse impression d’improvisation et de pastelisation couillemolisée dans tout ce qui peut changer de près ou de loin les habitudes douillettes de la population. A l’image du pauvre hère débarquant chez un garagiste avec une voiture aux pneus crevés, batterie à plat, plus d’essence et vitres cassées et qui se verrait offrir en tout et pour tout un petit polish pour son intérieur polyvinyle (« Ca vous fera un petit effet lustré du tonnerre, môssieur », assure le garagiste chafouin), la France s’enfonce dans des considérations esthétiques sur des réformes constitutionnelles pendant que les principaux dossiers socio-économiques sont proprement empilés en attente d’un Messie qui ne se profile pas.
- en Angleterre, et bien qu’au milieu d’une politique clairement vue comme ultra-giga-libérale de l’autre côté de la Manche, les citoyens semblent trotter tête-baissée vers un état policier, omniprésent et en charge de gérer tous leurs petits et gros travers.

Ainsi, personne là-bas ne semble abasourdi par les conclusions comico-ahurissantes de l’Optimum Population Trust qui propose de limiter le nombre d’enfants par familles à deux afin de réduire l’impact écologique de cette nuisance humaine sur la planète. En gros, en se contentant de deux moutards plutôt que trois ou vingt-huit, vous contribuerez à la limitation du réchauffement climatique, vous atténuerez la pollution liée à la consommation de ces morveux et, effet bénéfique supplémentaire, vous permettrez à terme de diminuer globalement le nombre de bipèdes humains qui parasitent Gaïa.

Et alors que le contrôle des naissances n’est, pour le moment, qu’une vague proposition d’une obscure association éco-fondamentaliste et malthusienne, la possibilité de poser une taxe sur les produits gras reçoit de plus en plus d’oreilles attentives de la part d’un gouvernement local avide (comme tout gouvernement) de trouver des « relais de croissance » à ses activités (collecter des taxes).

On se demandera ce qui pousse une population à soutenir des dirigeants dans une démarche visant à augmenter le prix des denrées, notamment celles consommées par les plus pauvres, pour un but de santé dont l’assurance est, collectivisme oblige, payée par tous… Encore une application pratique d’une non-correction du problème initial – la collectivisation de la santé – par l’ajout d’un problème supplémentaire qui va finalement faire plus de dégâts qu’il n’en résoudra. Pour faire vraiment passer la pilule, il aurait sans doute fallu lier les problèmes de santé des nourritures au réchauffement climatique (ne me demandez pas comment).

Si l’on ajoute à ce contrôle des naissances et cette taxation discriminante des habitudes alimentaires jugées néfastes les récentes « innovations » à l’aune desquelles on pourrait juger l’avènement d’un Big Brother technoïde franchement crédibles, on a une idée assez complète de l’enfer dans lequel sont en train de sombrer les pauvres voisins britanniques.

Ainsi, en greffant habilement une petite caméra sur la tête des sbires policiers, hop, on passe du gentil bobby au gentil Robocop. Et moi, je dis banco : bientôt, chacun pourra enregistrer chacun, espionner l’autre et reporter toute action inappropriée. Gratouillage de mollet intempestif ? C’est un déclenchement potentiel d’explosif caché dans la semelle de godasse : une action vigoureuse s’impose. Petit doigt dans la narine gauche ? Injure masquée, signal terroriste codé, peu importe : paf ! , une intervention musclée est indispensable.

Et puis, ce qu’il y a d’évident, c’est que – bien sûr – aucune utilisation des enregistrements ne sera possible pour des dérives dignes d’un V pour Vendetta parce que … parce que … enfin, vous savez bien : l’Etat est au-dessus de tout soupçon.

On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Poor England : elle démontre qu’en tout cas, la route de la servitude est pavée de petits et grands abandons de la liberté au profit d’une très hypothétique sécurité, fut-elle climatique, alimentaire ou policière…

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Commentaires4

  1. Higgins

    Et que dire de l’insupportable idée qui consiste à laisser dans notre beau pays, à quasiment donner aux chères petites têtes blondes pleines d’une innocence la pus pure, un ouvrage aussi séditieux que "Tintin au Congo". Heureusement qu’il ne manque pas de bonnes âmes totalement désintéressées en Albion pour inciter vertement les plus vils des libraires-dealers à renvoyer prestement cet opuscule indigne d’une démocratie digne de ce nom dans l’enfer qu’il n’aurait jamais dû quitter.

  2. philippe

    La nourriture est liée au réchauffement climatique. Les bovidés produisent du méthane (gaz à effet de serre) en quantité importante. Les écolos ne manqueront pas bientôt de vouloir interdire la consommation de hamburgers ou de steaks rejoignant le souhait des végétariens, souvent très écolos et politiquement corrects .. Le meilleur des mondes se met en place .. Bonne continuation..

  3. chris

    Au fait cher H16, à propos de "tous petits pas en avant, en arrière, ou de côté", vous avez vu la dernière énormité ?

    A propos du "bouclier fiscal" et de l’inclusion oui ou non de la CSG dans le dit shield… Des députés (de "droite" bien sûr) courageux ont proposé devant une telle injustice de créer un… "plancher" au "bouclier".

    Eh oui éviter de payer trop c’était bien l’objectif du "bouclier", mais jusqu’à un certain point donc, en dessous duquel ca deviendrait injuste, d’ou l’idée de planchonner (sorry, devant autant de bêtise que j’en perdasse mon françois) le dit bouclier.

    Et le gouvernment, en l’espèce Dame Lagarde, a bien sûr accepté d’étudier la proposition.

    C’est pas énorme ça, hein ? Vive la fraonce.

    http://www.lemonde.fr/web/articl...

  4. miniTAX

    Le réchauffement climatique et la lutte contre le terrorisme, le père et la mère de toutes les nouvelles réglementations anglaises.
    Ne trépignez pas d’impatience, c’est en train de débarquer en France.

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