L’écologie aux fers chauds

Avec l’avènement du Tout Médiatique Sarkozyen, chaque sujet est l’occasion d’une nouvelle débauche d’effets spécieux de la part de l’Elysée, qui érige progressivement le moulinet verbal et les brassages d’air chaud au rang d’art classique grec. On notera d’ailleurs que plus le sujet est creux, plus les mouvements sont amples et l’agitation importante. L’actualité, bien sûr, regorge d’exemples, et l’écologie en fournit un particulièrement frappant.

Avec l’écologie, habilement camouflée sous le terme plus large et plus vague d’environnement, on touche ici au paroxysme du vide politique : le sujet en lui-même, au départ si important, aura été tellement récupéré, tortillé, mâchonné, pressé par les hommes politiques pour leurs fins personnelles, tel un jouet en caoutchouc qui fait pouic-pouic dans la gueule d’un rottweiler hyperactif sous amphétamines, qu’on n’assiste plus guère qu’à une successions de happenings branchouilles où l’on se bat pour y être comme jadis les courtisans à la Cour du Roi Soleil, et y placer son bon mot, sa petite phrase, qui se fera passer pour un Expert sur le Climat, la Pollution, les OGM, le Nucléaire ou le Recyclage.

Actuellement, la Free-Party fashion & trendy où le Tout Paris Ecolo doit se retrouver, c’est le Grenelle de l’Environnement. A ce propos, dans « Free-Party », il faut comprendre non pas Free comme dans Entrée Libre, mais Free comme dans Gratuite. Eh oui, même si l’addition finale (tant du happening lui-même que des mesures qui verront le jour à sa suite) sera salée, les payeurs ne seront pas les invités à cette réunion où la moraline sera distribuée en conditionnement industriel par palettes entières.

Et que s’y dit-il, dans cette charmante sauterie où l’on traite tour à tour de l’agriculture, de la santé, de la banquise et de la canicule ? Apparemment, on a laissé toute grande ouverte la porte aux comiques évangélistes, qui s’en donnent à coeur joie.

Ainsi, il semble acquis qu’on va réformer le Conseil Economique et Social dont le rôle, déjà bien connu des Français qui ne partent jamais en vacances ou ne débattent pas dans leurs soirées barbec’ sans le consulter, va donc s’adjoindre d’un statut de – je cite et pouffe – « lanceur d’alerte environnemental » dans les entreprises. Je laisse le soin à l’imagination fertile de nos hommes politiques pour traduire en une belle petite loi grassouillette ou un décrêt bien crépu cet écran de fumée toxique.

Au niveau du climat, on a visé plus haut, plus fort, plus absurde. Ainsi, Jean Jouzel, qui ne pouvait manifestement pas louper ce raout médiatique, déclare-t-il que « tout le monde a adhéré à l’objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050″. Eh oui : division par quatre, rien moins. Puisque la Terre se réchauffe, apparemment, on va arrêter purement et simplement les voitures pour les déplacements et les chauffages en hiver. D’ailleurs, j’ai trouvé Jouzel un peu timoré, pour le coup. Pourquoi diviser par quatre et non par dix ? Après tout, en 2050, lui et ses coreligionnaires seront tous probablement morts et enterrés – pardon, noyés dans la montée des eaux catastrophique qui aura eu lieu ! Et il n’y aura de surcroît aucun rouspéteur, puisque « tout le monde à adhéré », hein ! En effet, ami lecteur, toi comme moi, nous allons pouvoir faire de la buée en parlant chez nous cet hiver, et nous trouverons ça rigolo, parce que, si si, nous avons adhéré !

Oui, je sais, j’exagère : la division par quatre, elle est simple, facile et atteignable en baissant la vitesse sur les autoroutes, en instaurant un bonus/malus sur les automobiles, en isolant sa maison, etc… Une autoroute à 80km/h, voilà qui laisse rêveur ! Un bonus/malus sur les automobiles, avec son lot de petites vexations financières, voilà qui fait saliver ! L’obligation d’isoler sa maison, ou sa revente au prix des moellons si c’est impossible, voilà qui va relancer l’immobilier en France ! Que de bonnes idées pour un « Réchauffement Climatique » dont on n’entend plus parler que par l’elliptique « Changement Climatique » plus consensuel !

Cependant, ce qu’il y a d’intéressant, pendant que l’actualité déroule son flot insipide de nouvelles sur le Borlooënland où notre cloOown triste au regard de cocker beurré s’apitoie sur la difficulté de plus en plus grande à trouver de la glace de qualité pour son Jack Daniels, c’est les tensions qu’on sent palpables entre les écochondriaques impénitents d’un côté et les stakhanovistes de la merguez-party improvisée de l’autre. Car en effet, chaque mesure écologique compulsive qui vise, finalement, à intervenir massivement dans tel ou tel domaine d’activité provoque immanquablement de nouvelles tensions sur les marchés concernés, tensions dont les gréviculteurs officiels ont normalement l’entier contrôle.

Pas de doute : les collectivistes du vert interfèrent de plus en plus avec les collectivistes du rouge, le souci étant que la rencontre inopinée et violente des deux couleurs risque de tourner à un marron évocateur de la situation générale en France.

Et c’est tellement vrai qu’au final, aucun sujet ne semble échapper aux tiraillements étatistes.

Les étatistes écolos réclament de l’isolation pour les maisons ? Les étatistes du travail font remarquer qu’on a déjà fort à faire dans le bâtiment. Les étatistes écolos veulent moins de pesticides ? Les étatistes du chimique et de l’agriculture rejettent tout objectif chiffré. Les étatistes écolos veulent s’agiter fébrilement sur le nucléaire, l’incinérations des ordures, les autoroutes ? Les statolâtres lobbysateurs du nucléaire, de la gestion des déchets et des concessions autoroutières ne se laissent pas faire.

Ces tiraillements sont la conséquence logique du positionnement des hommes de l’état : l’interventionnisme les pousse finalement à tout et son contraire. D’un côté, l’Etat a mis ses gros doigts potelés chez les grand industriels de la place, et tire de sa position d’importants revenus qu’en tant que glouton, il ne peut ignorer. Il a tout fait pour favoriser par d’importantes subvention des secteurs entiers de la société civile, et ne peut pas désavouer, de but en blanc, des politiques menées depuis un demi-siècle au profit d’un nouveau mouvement collectiviste exactement inverse sans risquer la déchirure ligamentaire.

Ainsi, taper sur les pollueurs de l’agriculture alors que l’Etat est le principal pourvoyeur de subventions et de plans quinquennaux foireux directement responsables des pollutions observées revient à admettre qu’il aurait mieux fait de s’abstenir dès le début. Taper sur les pollueurs du nucléaire revient au même : cette industrie n’aurait pas du tout la même face si l’Etat n’y avait tout simplement pas massivement injecté des fonds.

Ne nous leurrons pas : derrière les agitations pathétiques de Borloo qui s’y entend en écologie comme Joël Robuchon en physique des particules, on distingue maintenant de plus en plus clairement un changement de paradigme dans les instances des petits bidouilleurs de taxes, suceurs de subventions et thuriféraires de l’intervention adhoc payée par tout le monde : le pouvoir semble passer d’une caste à l’autre, des rouges aux verts.

Parions qu’on verra bientôt de nouveaux syndicats émerger, soit par adaptation des anciens qui en se colorant d’écologisme absorberont cette mouvance, soit par création de nouveaux challengers de l’ordre établi dont le crédo placera les petites plantes et les petits oiseaux avant les petits ouvriers.

Et ce dont on peut être sûr, c’est que quelque soit le résultat de ces changements, les hommes politiques, pilotes d’essais chez Johnny Walker en manque d’icebergs ou pas, on les retrouvera aux premières loges, en petits Maîtres de Cérémonie frétillants à la pensée de pouvoir encore et encore refiler paillettes et subventions.

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Commentaires6

  1. Higgins

    Excellent comme d’habitude.

    "Ainsi, taper sur les pollueurs de l’agriculture alors que l’Etat est le principal pourvoyeur de subventions et de plans quinquennaux foireux directement responsables des pollutions observées revient à admettre qu’il aurait mieux fait de s’abstenir dès le début." Comme dans les Antilles françaises avec la banane pesticidée!!!! De beaux débats en perspective.

  2. Christophe

    rottweiler hyperactif sous amphétamines…..

    Petite remarque en passant, un hyperactif auquel on administre des amphétamines devient…. calme :-) Et oui, les effets sont inversés, n’importe quel hyperactif, ou fan de Desperate Housewives, connait cette particularité.

    Sinon, franchement excellent l’article, comme h’abitude ;)

  3. NL1

    @h16 et Christophe :
    Fumer des joints fait augmenter la pression sanguine.
    L’absorbsion d’alcool fait diminuer la pression sanguine.
    Pour avoir une pression sanguine normale il faut boire et fumer des joints.
    NL1

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