Quand Etatisme & Corporatisme engendrent la spirale de la défiance

Cet article de Jean-Marc Vittori (éditorialiste aux Echos) nous donne quelques pistes pour mieux comprendre le collectivisme dirigiste à la Française issu de 1945, autrement dit « l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie », (…), « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés ».

L’article met également l’ouvrage de MM. Algan & Cahuc, « La société de défiance. Comment le modèle français s’autodétruit »
Un ouvrage à 5€ (Editions ENS/Rue d’Ulm) pour peut être mieux comprendre « le trou béant avec rien autour » que ce pays continue de creuser.

http://www.lesechos.fr/info/analyses/4638800.htm

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Commentaires11

  1. Higgins

    Pour ma part, je suis persuadé que la période de "Vichy" est une période bien moins neutre qu’on le croit dans l’histoire contemporaine de la France. Au-delà de sa personnalité, force est de constater que le Général reste un accident dans notre paysage historique. On lui cherche vainement un successeur dans le monde politique actuel (à l’exception peut-être du premier ministre qui semble avoir une vision assez juste de la situation, la "faillite", mais qui est obligé de ronger son frein dans l’ombre).

    Le passage suivant tiré de l’article des Echos l’illustre parfaitement:
    - "La débâcle militaire de 1940 a été très vite interprétée comme une défaite morale, mais aussi économique et sociale. Il faut donc organiser autrement l’économie et la société. Partant de « la faillite universelle de l’économie libérale », le maréchal Pétain affirme que « la coordination par l’Etat des activités privées doit briser la puissance des trusts » (discours du 11 octobre 1940). L’Etat doit instituer « des groupements comprenant tous les membres d’un même métier : patrons, techniciens, ouvriers » (1 er mai 1941). Dans son programme de 1944, le Conseil national de la Résistance affirme lui aussi, mais d’une autre manière, le rôle des pouvoirs publics en réclamant « l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie », « l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat » et « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés ».

    Dès lors, la France sera dirigiste : l’Etat joue un rôle central, notamment dans la protection sociale. Tout en restant corporatiste : il reste organisé autour de groupements de métiers qui ont chacun des systèmes différents. Avec ses fameux régimes spéciaux, la France compte dix régimes publics de retraite en France, contre six en Allemagne et deux en Suède, au Danemark ou aux Etats-Unis."-

    Le Général de Gaulle, prisonnier qu’il était aux lendemains du conflit du PC et de ses affidés, n’a pas pu ou pas su sortir de l’implacable machinerie mise en place pendant le guerre. C’est Vichy qui a fait entrer le technocratie au sein de l’appareil d’état et le PC, tout auréolé de sa conduite à partir de 1941, n’a pas rencontré énormément de difficultés pour installer son système au cœur de la société puisque les deux philosophies sont partisanes d’une identique planification. C’est en partie pour cette raison que les grands procès de l’été 1945 (Pétain et surtout Laval) ont été de si grandes farces (ce qui ne signifie aucunement qu’il ne fallait pas sanctionner les intéressés). Plus de soixante ans plus tard, on arrive au terme de ce processus, mondialisation oblige, qui s’avère incapable de répondre comme il le faut à la problématique posée. Le fameux modèle français est une gigantesque tarte à la crème que l’on brandit comme une antienne dès qu’un problème de fond survient. Les différentes corporations en place n’ont aucun intérêt à scier la branche sur laquelle ils se sont assis à la Libération. Combien de scandales UIMM dorment-ils au sein de notre belle république et que nous ne connaitrons jamais? On comprend mieux alors la réticence séculaire de notre pouvoir politique à donner de véritables moyens à l’institution judiciaire dès lors que les placards regorgent de tels dossiers moisis. De temps à autre, l’un d’entre eux est donné en pâture à une opinion publique qui ne s’émeut même plus. Quant aux journalistes, du moins ceux qui se prétendent comme tels, les pseudo malversations d’un ex-sélectionneur d’équipe nationale, aux lendemains d’une belle compétition, et les peines de cœur des peoples suffisent à leur bonheur: point n’est besoin de chercher plus loin!

  2. gnarf

    Ce qui m’a frappe en vivant a l’etranger, c’est de voir avec du recul la celebration permanente de la resistance Francaise… c’est vraiment curieux.

    Un pays nettement collaborationniste, qui ne cesse de s’enorgueillir nationalement d’une resistance dont la plupart des membres etaient aux ordres de Moscou.

    Que De Gaulle ait tenu a celebrer la resistance pour permettre au pays de retrouver le moral, d’oublier la defaite, la collaboration, et le sauvetage par d’autres pays…bonne idee.

    Mais on en est arrives au point ou la France crie a tue-tete sur tous les tons la gloire de ses resistants a la face du monde, alors que dans les pays qui n’ont pas collabore, ont ete bien plus touches et ont eu une bien plus forte resistance, on en fait 10 fois moins.

    Par soucis pour la sante mentale des Francais, on devrait diffuser le feuilleton "allo allo" d’urgence sur les chaines nationales.

  3. lili

    La dernière guerre contre l’Allemagne et les réglements de comptes qui ont suivi ont été soigneusement occultés derrière le mythe de " la Libération"
    Celui qui avait tort, celui qui avait raison, le bon le méchant, chacun avec sa déraison et sa haine entretenue. Après une bonne catharsis populaire, les mêmes se sont retrouvés au pouvoir, avec en plus une légitimité morale acquise de fraiche date par la qualité de résistants affichées par des lynchages symboliques de pauvres femmes tondues et promenées sur des charrettes, des dénonciations de "collaboration" pour pouvoir récupérer un appartement…( Exellent livre de Tommy Ungerer : " à la guerre comme à la guerre") et c’est cette pression morale qu’ont employés tous les gouvernements depuis De Gaulle à Chirac pour entretenir cette après- guerre qui n’en finit plus. Qui fait encore les délices d’une gauche archaïque à travers sa campagne contre le " Sarkonazisme" cette atmosphère de déreliction qui interdit toute vélléïté de penser par soi-même. Ce détournement de l’histoire au profit de quelques-uns. La France était déjà un petit pays qui devrait dire un grand merci aux américains qui sont venus et ont libéré la France de l’occupant, mais malheureusement ne l’ont pas libéré de ses démons.

  4. pod

    En synthèse, on ne peut que penser la France comme un pays des plus conservateurs, replié dans les vapeurs de ses "grandes" 30 glorieuses. La défiance y puise essentiellement ses forces… et comme on ne peut "être" et "avoir été"… galère ! D’où également la difficulté de s’afficher en tant que membre d’une communauté d’esprit libérale, qui ne bénéficie d’aucune tribune à grande écoute dans le brouhaha collectiviste : d’autant plus motivant pour rester un "outsider", bien en avance sur les événements et le court-termisme puéril.

  5. Oppossum

    Je ferai remarquer aux posteurs que le système economico-social né à la libération a plus que bien fonctionné pendant pendant 35 ans.
    Bon c’est vrai que ça se dérègle un peu pour des raisons endo et exo-gènes .

    En faire porter la responsabilité au rôle de l’Etat est probablement vrai mais un peu court.

    Il faut aller chercher beaucoup plus loin dans la mentalité française . Le manque de confiance dans l’autre est une conséquence de la sanctification permanente et mécanique de " l’esprit critique "

    Esprit critique dont nous ne pratiquons souvent qu’une forme devoyée (Le français n’est pas un vrai théoricien) qui consiste à critiquer … les autres … et à s’en méfier (renforcé par une petite tradition d’individualisme) .

    Face à cette constante, l’Etat a rempli une fonction historique de grand ‘solutionneur’ de nos contradictions .

    Mais comme on se méfie également de l’Etat (en individualiste qu’on est) … ça va pas être facile de faire fonctionner autre chose.

  6. geo

    @Oppossum c’est vrai le système mis en place après guerre (même un peu avant 1936) a bien fonctionné disons jusqu’en 70-75 (de 1900), depuis il y a dérive, les facteurs sont multiples et parfois peu avouables, les Français veulent toujours plus d’état, et comme l’état ne réponds pas toujours a l’attente, il s’en méfie, le peuple français aime l’argent, mais n’aime pas les riches (des grands pays c’est la France qui en compte le moins), le peuple Français aime la liberté, mais ne leur parlez pas de libéralime (d’ailleurs il ne sait pas ce que c’est)……et vous avez raison ….comment faire avancer un pays où la culture de la contradiction est reine, où le passé est chose sacrée qu’on en oublie qu’il y a l’avenir….enfin…..Merci pour vos billets H16, ça change du peuple des con(necteurs)

  7. Flak

    ouioui c’est tout a fait ca, j’approuve vivement les posts precedents.
    Vu de/a l’etranger, le travailleur francais a souvent des reactions bizarres :)

  8. twin

    j’avait envie de poster un commentaire mais l’analyse du blog de gilles gripari est plus percutante:
    <<Bah évidemment, il ne faut pas être surpris, la technique du saupoudrage assistatitanesque doublé d’irresponsabilité totale engage les syndicats, ces grands fossoyeurs d’entreprises, à réclamer la bequée, la têtée, le subside, l’allocation, la prime, le bonus, le cadeau toujours sur le dos des contribuables (qui d’autres paierait ? les smicards assistés ?)

    Au fonds c’est simple : tu mélanges:

    * 500 g d’irresponsabilité brute collective 5 (auquel tu as pris bien soin d’enlever les derniers flocons de responsabilité individuelle)

    * 2 cuillèrées à soupe de revendications irréalistes mais permanentes, ça relève le goût et ça supprime les mauvaises odeurs d’intelligence.

    * 2 allocations battues en neige (leur effet addictif et parasitaire ne se dément jamais)

    * une pincée de démagogie pour relver le tout

    et tu obtiens, allelujah, la pâte à tartiner qui t’encrasse le cerveau et te mène à une vie de cancrelat inexorable. Cette pâte, pétrie par le syndicalisme et la gauche caviar bien pensante, recouvre une bonne partie de nos concitoyens. Ce n’est pas brillant.>>

  9. Oppossum

    @ twin
    La recette est amusante !

    Mais trop d’ingrédient syndical ! Les syndicats font leur boulot !
    Mais dans l’espace qu’on leur a trop laissé !

    C’est la tête des français qu’il faudrait soigner.
    Bon , en disant ça on ne dit pas grand chose , ok !
    (Sinon que bien des choses se passent sur le terrain de bataille des idées/mentalités/idéologies : ya du boulot !)

  10. gnarf

    Ah…. le Grenelle de l’environnement.
    Voyant qu’il est impossible de faire briller la France dans le domaine de l’innovation, du dynamisme, Sarkozy ne baisse pas les bras.

    Il place la France a la pointe de l’Etatisme, de la sur-reglementation. Merveilleux.

    Exercice de calcul: sachant que dans les annees 1980, la fonction publique a grossi ses effectifs de 2 millions, et que maintenant le nombre de fonctionnaires diminue de 2000 par an (parfois plus), combien d’annees faudra-t-il pour revenir a la situation d’avant 1980?
    Est-ce que les medicaments rembourses, la bonne bouffe et les allocs permettront a l’esperance de vie d’aller si loin? Soit les Francais dorment, soit ils en sont convaincus.

  11. Flak

    de plus en plus defiants et agressifs au quotidien + de plus en plus pauvres + de moins en moins libre + une politique et une vision du monde exterieur qui copine avec l’absurde + une animosite antagoniste archaique de plus en plus marquee des uns envers les autres pour des raisons politiques (specialement a gauche youpi) qui va de pair avec cette vision decalee du monde = moi je sais ou ca va.

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