Le mur

Ce blog existe depuis maintenant trois ans pleins. Partant en 2005 de la constatation que l’état français semblait fort mal barré, j’avais plusieurs fois émis l’avis (timide mais constant) que le pays roulait de plus en plus vite sur une route bien à gauche droite avec une pente de plus en plus raide et un mur au bout. A présent, le mur est visible. Il est épais, compact, et terriblement solide. Quant au gouvernement, il a ouvert sa vitre, y passe la tête aux yeux protégés par de grandes lunettes de soleil sous une pluie battante, dégrafe les trois premiers boutons de la chemise pour montrer une grosse chaîne en or et un poitrail velu, met la radio à fond, … et accélère.

Evidemment, le gouvernement sait.

Même avec la pluie, même avec les lunettes de soleil, même avec la radio à fond, il a vu, droit devant, le mur épais. Alors que font Sarkozy à l’international et Fillon au national ? Ils prennent leur téléphone et appellent tout le monde pour demander au mur de se pousser : convoquant la presse et le monde médiatique en effervescence devant les soubresauts boursiers, les agitations cosmétiques de notre Présiclown se résument maintenant à vouloir déplacer des montagnes à coup d’imprécations, d’exhortations et vociférations creuses.


Sprotch

Ainsi, alors que la réunion avec le patron de la Maison Blanche s’était soldé, au delà d’un peu de kérosène grillé, par quelques déclarations molles, il aura remis ça à Pékin avec le même résultat consensuel et aboulique ; là où notre Grand Agitateur voudrait un capitalisme sarkozique, allégé en protéines, lipides, glucides et vitamines, il obtient surtout des déclarations de principes sur de consternantes banalités, avec, en trame sonore, le mantra répété ad nauseam du Tous Ensemble, On Peut Y Arriver. Manifestement, chaque chef d’état, confronté au tourbillon fumigène du président français, semble pris d’un réflexe glutéal qui le pousse plutôt au « Sauve Qui Peut ». On peut à bon droit se demander dans quelle mesure cette crise ne s’est pas empirée à mesure que les dirigeants politiques s’en sont mêlés.

Au plan local, la lueur d’angoisse qui pouvait se lire dans les traits des patrons français s’est probablement muée en peur panique alors qu’un « train de mesures énergiques » a été annoncé pour les PME. En substance, puisque nous n’avons plus guère que du caca à fournir, on va continuer. Mais, pour montrer qu’on fait quelque chose, on va le touiller plus vigoureusement : on ajoute de nombreux tuyaux sur l’usine à prouts du droit du travail, comme les CTP par exemple, ce qui permet de rendre plus fluide la production. Évidemment, touiller plus vite un truc plus fluide, ça en projette un peu plus partout, avec des résultats … nauséabonds.

En effet, pour certains, le mur est déjà enfoncé. Pour d’autres, à défaut d’envoyer à la casse les voitures qu’on ne vend plus, on va arrêter purement et simplement d’en produire, on va ralentir tant qu’on peut les chaînes de fabrication de ce qui se vend encore, en espérant que l’agrégation pifométrique des industries du secondaire en ralentissement aux entreprises du tertiaire soit camouflé par les restes de croissance dans les services.

Restes d’ailleurs de plus en plus ténus : Madame Michu, qui doit rembourser un crédit immobilier stratosphérique sur un bien dont la valeur dégringole de plusieurs centaines d’euros tous les jours ne se jette plus sur les dernière bottines ou le pantalon à la mode vendus dans les pages satinées de catalogues aux prix de plus en plus déconnectés de son pouvoir d’achat largement grignoté par les traites de son clapier en carton bouilli.

L’immobilier constitue en soi une vaste portion du mur que le pays va se prendre en pleine poire. Entre les constructions « Robiens » dans des ZAC boueuses de périphéries de petites villes à l’activité microscopique, les prêts à taux variables non capés calés sur un Euribor en pleine explosion, ou les crédits-relais distribués il y a encore avec une générosité affolante, la France n’aura pas besoin de l’inventivité des subprimes pour connaître le bonheur festif des ventes sur saisies, du marché immobilier à la criée, des familles jetées dans la rue alors que le chômage tripotera les 20% par le haut. Au rythme actuel des faillites, triste record depuis 10 ans, le Noël qui s’approche ne sera définitivement pas placé sous le signe de la distribution de foie gras à tous les étages.

Il est cependant consternant de se rendre compte que finalement, tout ceci était prévisible, prévu et décrit depuis un moment. Il est tout aussi consternant de se rendre compte que nos « élites » (guillemets de rigueur) n’ont rien fait pour arrêter la production de crédits à tout va, et ont même tout fait pour l’encourager. Encore plus atterrant est d’ailleurs l’attitude actuelle de fuite en avant, qui consiste à distribuer des mauvais points aux vilains spéculateurs, aux méchants capitalistes et aux ignobles libéraux qui ont soit-disant fait basculer le monde dans des turpitudes d’une échelle incommensurable, bien plus proche de la recherche d’un coupable expiatoire facilement trouvé plutôt qu’une remise en question réelle d’un mode de pensée (centralisateur, keynésien et interventionniste, par exemple). La frétilline de synthèse, pompée avec force dans les artères turgescente de nos gouvernants par cette situation catastrophique, leur permet d’aller par monts et par vaux distribuer leurs cachous de moraline : il faut refonder ceci, moraliser cela, remettre à plat ci et ça, et hop, par un bon coup de baguette magique[1], l’état vous assurera un avenir plus rose.

Concrètement, les solutions proposées ont toutes un air de déjà-vu : on va vous collectiviser tout ça à tour de bras, et on va faire passer le mois d’octobre de Noir à Rouge vitesse grand V :

  • Sarkozy propose une bonne dose de capitalisme patriotique, en protégeant l’économie européenne du reste du monde par de puissantes barrières protectionnistes, et ajoute dans la foulée un mini-putsch institutionnel en proposant modestement sa personne pendant quelques mois de plus à la présidence du Conseil : c’est cadeau, c’est promo. Ce n’est pas la crise pour tout le monde.
  • Si vous trouvez cela terriblement socialiste pour un président dit de droite, c’est normal : le spectre politique français a basculé depuis longtemps vers un autisme pro-état qui décale tout le spectre vers le rouge, couleur des stars quand elles s’éloignent à grande vitesse de notre réalité périphérique. Ce qui explique le rougeoiement vif de Royal qui propose rien moins qu’une bonne nationalisation globale des banques française, avec l’argent qu’on n’a pas. Il faut reconnaître un certain courage ou une absence totale de lucidité à notre éternelle candidate présidentielle pour tenter de rejouer la carte mitterrandienne vu son misérable échec au début des années 80.
  • Et entre le rose sarkozien et le rouge royal, on trouve un rouge fadasse : l’extrême-centre bayroutiste nous la joue une nouvelle fois alternatif, proposant à nouveau un infâme bricolage entre le tout communiste et le tout national-corporatiste : branchant son petit ventilateur oratoire, François nous pond de l’humanisme en shrink-wrap , prétendant résoudre la crise en instaurant un jour pour être et non pour avoir. Si vous avez une impression de philosophie de supermarché, c’est normal : avec de l’air en bouteille, on n’étanche pas sa soif.

Pendant ce temps, le CAC continue son yoyo baissier. Si tout se déroule comme prévu, il devrait tripoter les 1500 à 2000 points dans les prochains mois avant de calmer le jeu (oui, ça fait de la marge à la descente, vu de ses 3000 points, hein ?). A ce moment, le pays commencera sa longue traversée d’une crise monumentale que les agitations politiques rendront plus pénible. Ce qui, pour le moment, peut paraître encore amusant va très vite devenir envahissant puis répétitif.

Ce pays est foutu.

Notes

[1] j’ai dit baguette, pas braguette, M. Strauss-Khan

J'accepte les Bitcoins !

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires39

  1. Jesrad

    "le spectre politique français a basculé depuis longtemps vers un autisme pro-état qui décale tout le spectre vers le rouge, couleur des stars quand elles s’éloignent à grande vitesse de notre réalité périphérique."

    Encore !

  2. Oppossum

    Oui l’agitation de Sarko prête à sourire (jaune) mais enfin ne rien faire aurait été probablement été pire (Bon vous allez me dire : pas nécessairement, je sais) : sauver l’outil financier et monétaire est tout de même un préalable.

    Mais est-ce qu’on ne peut pas analyser l’agitation des uns et des autres non pas comme des tentatives pour éviter une crise qui serait inéluctable à présent, mais comme des positionnements pour tirer de ce merdier un profit idéologique ou matériel ou de pouvoir ou d’influence, maximum. De ce point de vue là, Sarko fait son boulot.

    Et il le fait même avec habileté puisqu’en se posant comme pro-régulateur tous azimuts, il coupe (un peu) l’herbe sous les pieds de la vague idéologique interventionniste qui va faire quelques dégâts.

    Bon ça reste du petit, tout ça, mais le contexte permet-il de faire mieux ou même autre ?

  3. bureau du fond

    h16 : "le rose sarkozien et le rouge royal" ? Ton spectre d’analyse s’est décalé vers la droite depuis 1989 ; c’est normal : les murs tombent.

    oppossum : "analyser l’agitation [...] comme des positionnements pour tirer de ce merdier un profit [...] maximum" : là, je dois dire que ça me semble une évidence. Entre Sarko, qui se présente comme Napoléon de l’Europe, et les citoyens qui sont désignés volontaires pour cautionner un système dont ils pâtissent depuis 30 ans… Je suis sûr d’une chose : mes enfants ne figurent actuellement pas sur la liste des gagnants pré-désignés.

  4. Jesrad

    Les spectres politiques de Castro et de Chavez doivent s’être eux aussi décalés vers la droite, alors, hein ?

    Pour ce qui est de "ne rien faire", ç’aurait certaiement été la meilleure solution, exactement comme en 1921. Mais la situation actuelle est aussi une formidable occasion de refonder le système monétaire et d’en finir avec les banques centrales. En plus, Ron Paul a déjà fait une partie de travail de sape aux USA.

  5. bureau du fond

    L’un est au pouvoir depuis quelques années, l’autre y est resté une vie (au fait, est-il mort ou seulement mourant ?) Je ne metttrais donc pas Castro et Chavez dans le même sac, mais bon.
    Leur spectre se sont-ils décalés vers la droite ? Disons que Castro s’est finalement dirigé vers une "dictature", qui n’est le propre ni de la droite ni de la gauche. Quant à l’analyse à chaud de la politique Chavez… Ce sera "Monde Diplo" contre "Economie de marché"… La vérité est forcément ailleurs.

  6. Allons, allons, citer un article Reuters, c’est pas fair-play. Tout le monde sait bien qu’ils sont à la solde des capitalistes mangeurs d’enfants.

  7. bureau du fond

    Evidemment, dénigrer ainsi le grand utopiste qu’est Chavez… Je plaisante, ça va…

    Cependant, c’est pas pire que les autres. Bush, n’allez pas me faire rigoler en vantant le démocrate. Ni le libéral. Ni… rien. Alors ne pas aimer Chavez… C’est un peu convenu comme position. Un peu évident. La position n’est ni très profonde ni très intéressante et il faudrait un peu s’ouvrir sur les contraintes rencontrées par ce dictateur. Mais j’imagine que, de toutes façons, reprendre un pays des mains étrangères qui y exploitaient librement le pétrole du pays, ce n’est jamais qu’une distorsion du fonctionnement des marchés. Une fois qu’on a compris ça, on a un peu tout compris de l’incroyable portée de vos positions politi… Heu, non, libérales. Puisqu’il n’y a rien d’autre. St Friedman, priez pour eux.

    Bref.

    Vu que Sarko, n’est pas dans vos petits papiers, que l’Europe vous fait rigoler, que les réactions à la crise vous font hurler, que l’Amérique se fourvoit et entrîane avec ele le monde en entier, et qu’Obama est un furieux manipulateur de foules dangereuses (sic, comme on dirait)… Dans le monde actuel, quel dirigeant remporte vos félicitations ? Aucun ? Ils sont tous pourris d’même parce que pas purement libéraux ? Kim Jong Il ? Ahah. Non, sérieusement, qui ou quoi ? Le libéral-communisme chinois ?

  8. Biftek_sucré

    "St Friedman, priez pour eux."
    Je me demande le rapport avec le reste de ton blabla sans queue ni tête. Rien que cette phrase prouve que tu ne sais même pas quelle est la pensée de tes interlocuteurs (Friedman pffff). Et répéter ce que les autres disent, ça ne rend pas plus intelligent.

  9. bureau d(e l’âne)u fond

    Bonjour à vous, avant tout.
    Donc ? Personne ?
    Tu sais, "bifteck_sucré", adorable friandise, tu as parfaitement raison. Mais j’essaie de comprendre, justement, la pensée de mes interlocuteurs… Et toi aussi tu répètes, ce que d’autres m’ont déjà dit : alors plutôt que me dire que je ne sais pas – ce que je sais depuis un moment – dis-moi plutôt ce que je devrais savoir. C’est pas Milton, donc, pourtant un vrai libéral. (non ? je me trompe peut-être) C’est pas Smith, disait Jesrad. C’est qui ? Kondratiev (ce serait approprié en cette période) ? J’aimerais bien lire, un peu, ceux qui vous ont donné cette ferveur.

  10. Oppossum

    "il devrait tripoter les 1500 à 2000 points " !

    H16, ne galvaudez vos analyses avec des prédictions dont les sources sont dignes de M’ame Irma , et de plus, complètement en dehors du consensus -même le plus pessimiste- !

    Car si cela ne se réalisait pas cela jetterait -bêtement- un doute sur votre clairvoyance …

    Nous en reparlerons dans les prochains mois, mon cher.

  11. Boz

    Un petit conseil sincère pour bureau du fond : si tu veux réellement engager une discussion et si tu veux réellement comprendre tes interlocuteurs, à quoi te sert ta constante ironie agressive et tes moqueries que, franchement, tous ceux qui se disent libéraux ici ont déjà entendues mille fois ?
    Dans ces conditions, ne t’étonne pas que peu de gens te répondent, non pas que tu leur cloues le bec, mais tout simplement que n’étant clairement pas là pour débattre selon l’usage classique du terme, personne ne se fatiguera pour toi.
    Tu as deux solutions : continuer et finir par partir lassé mais persuadé d’avoir gagné parce que personne ne répond à tes très subtiles critiques, ou changer d’attitude et découvrir les joies du débat contradictoire dans le respect de l’interlocuteur.
    A bon entendeur salut.

  12. Jesrad

    "Dans le monde actuel, quel dirigeant remporte vos félicitations ?"

    Je suis CONTRAINT, COMME SI IL Y AVAIT UN FLINGUE SUR MA TEMPE, de vous répondre que le plus grand de tous les dirigeants du monde est le bien-aimé ex-dictateur Généralissime et déviant sexuel Enrico R. Salazar.

  13. bureau du fond

    Merci, Boz, de ces conseils comportementaux. Je n’ai jamais pensé "clouer le bec à qui que ce soit ici". Et répondent ceux qui veulent…
    Jesrad : c’est Antonio, non ? (Sinon, je ne trouve pas.)

  14. Jesrad

    Béh oui. Le libéralisme n’est pas un point défini, un but atteignable, une utopie avec ses règles connues d’avance, ses gens tous d’accord et une histoire ayant atteint sa "fin". C’est un processus d’analyse de situation, une dynamique donnant une direction à suivre et un ensemble de règles pour bâtir des choix. C’est un chemin, pas un lieu. Faire, au lieu d’être.

    Quand vous demandez quel homme pourrait "représenter" le libéralisme, vous ne posez pas la bonne question, puisque toute réponse serait forcément incompatible. Un point ne définit pas une ligne. Mais savoir qui donne la direction du libéralisme à des moments donnés peut aider à tracer cette ligne: deux points définissent une droite.

  15. bureau du fond

    Et n’y aurait-il pas alors deux points, origine et référence actuelle, pour avoir un aperçu de la direction générale ?
    Je ne veux pas polémiquer, mais je trouve que la limite au libéralisme réside dans la morale individuelle. Si, demain, la société devenait libérale, n’aurait-on pas immédiatement une sorte de course au profit, de course à la production de biens à forte valeur ajoutée, un oubli des besoins des pauvres, etc. ? Bref, la société actuelle, mais libérale ?
    Pour moi, franchement, le rejet du libéralisme vient du fait que l’on exposerait alors des personnes profondément démunies et incapables actuellement de prendre leurs vie en main. La santé, l’éducation, la nourriture, ça n’a pas de conditions d’existence, ce devrait, dans une société humaine, être un droit. Point. Le marché vient après, libéralisé pourquoi pas, mais ne devrait pas être un préalable.

  16. gnarf

    "Nous en reparlerons dans les prochains mois, mon cher."

    Je sais bien que vous etes pessimiste, mais faut quand-meme pas prendre ses desirs pour des realites. 1500-2000 points? Alors que la chute actuelle est deja a 50% psychologique et que des millions d’investisseurs qui ont retire leurs billes en urgence attendent un seul signe positif pour revenir?

    Oh, ce ne sont pas mes désirs, du tout du tout. Simplement, je pense que d’ici 6 mois, le CAC aura dégonflé bien en dessous de 3000, et qu’il devrait poursuivre sa descente pour atteindre un point bas vers 2000, par le dessous. Comme je l’ai déjà dit, nous verrons bien. Souhaitez que j’ai tort ;)

    Deja en dessous de 3500 j’y crois pas trop.

    Le CAC est en dessous de 3500 (à cette heure) et redescendra dans les prochaines semaines, soyez-en sûr. En fait, la question que je peux vous poser, c’est qu’est-ce qui justifie que le CAC perdure au-delà de 3000 alors que les nouvelles économiques s’enfilent et empirent de jour en jour ? Sans faire dans le pessimisme à tout prix, on ne peut pas dire que ce qui s’annonce devant nous semble mieux que ce qu’on vient de passer, au contraire…

    p.s.: vos captcha a chiffres noirs sur fond blanc ne fonctionnent pas.

    Ah ? Zut. Je vais faire des tests.

  17. Herbert West

    > La santé, l’éducation, la nourriture, ça n’a pas de conditions d’existence, ce devrait, dans une société humaine, être un droit. Point. Le marché vient après, libéralisé pourquoi pas, mais ne devrait pas être un préalable.

    Mais qui fournit la sante, l’education, la nourriture ?
    Des esclaves, ou des individus libres qu’il faut remunerer pour leur travail ?

  18. Franck

    "La santé, l’éducation, la nourriture, ça n’a pas de conditions d’existence, ce devrait, dans une société humaine, être un droit."

    Ouais, et pareil pour: un moyen de se déplacer (individuel de préférence, avec clim svp… ah non, crotte, c’est pas écolo), un boulot (oh ben non finalement, puisque les autres vont déjà trimer pour que je puisse vivre pénard et toucher mes "droits"), une femme, etc.

    Allez, et pour la route, un poney ;-)

  19. gnarf

    Ba je sais bien qu’il est en dessous de 3500 a cette heure…mais on parlait des prochains mois :)

    "En fait, la question que je peux vous poser, c’est qu’est-ce qui justifie que le CAC perdure au-delà de 3000 alors que les nouvelles économiques s’enfilent et empirent de jour en jour ? "

    Les prix actuels sont le reflet de ce que prevoient les acteurs du marche pour les mois a venir. Donc on a deux choix:
    - soit ils sont optimistes, ils ne pensent pas qu’il y aura de mauvaises nouvelles dans les mois qui vont venir….et si il y en a de nouvelles forcement ca va descendre bien en dessous de 3000.
    - soit ils sont pessimistes, ils ont integre le fait qu’une serie de mauvaises nouvelles est fortement probable dans les mois qui viennent, ils ont retire leurs billes…et toute bonne nouvelle, ou absence de mauvaise, donnera le signal du retour et du rebond.

    D’apres l’ambience, ils m’ont l’air bien pessimistes. Je dirais que le niveau actuel tient compte d’un avenir plutot sombre. Ils sont en attente…si le calme revient et que les previsions cataclysmiques ne se realisent pas, ca va mechamment rebondir. Il y a des signes qui montrent qu’ils ont ete trop loin dans le negatif, et commencent a penser que c’est sous-evalue et que les malins sont ceux qui reviendront les premiers en position. Comme VolksWagen cette semaine.

    En general apres une debacle pareille on observe un rebond d’a peu pres la moitie de la hauteur de la chute.

  20. Oppossum

    Le cac (et les bourses) va encore baisser :

    - parce que c’est bon de se faire peur .
    - parce qu’il n’a pas encore touché son plus bas de 2001 (2500 je crois)
    - parce que le marché veut ‘se racheter’ lui même plus bas que 3000, pour se récuperer (un peu).
    - parce que ça nettoie les écuries.
    - parce qu’il faut tester le fond du fond pour l’inscription au livre des records.
    - parce qu’il y a alors des occasions de concentration et d’obscures affaires à faire (On lira ça dans quelques mois) .
    - parce que la politique ne se fait pas à la corbeille mais la corbeille ne veut pas connaitre le politique.
    - parce qu’il faut-être à la hauteur des catastrophes que nous nous annonçons à nous même.
    - parce qu’il faut forcer le système à sortir toutes ses cartouches , son oseille …
    - parce qu’on est sûr de rien et que c’est vraiment trop tôt -mauvais timming-.
    - parce qu’il faut aller jusqu’au bout du zeste de tragédie qui s’offre à nous.

  21. Emma

    Une nouvelle fois, merci pour votre billet, h16.
    Et merci aussi aux interventions éclairées de Jesrad. Je n’en dirais pas autant de celles de bdf qui, le malheureux, n’a pas encore fait la différence entre le "droit", le vrai, le seul, celui sur lequel se fonde toute société libérale et les "droits à" qui ne sont qu’une forme de perversion du droit et qui définissent une société social-démocrate, celle dans laquelle nous vivons.
    Peut-être qu’en vous frottant à nous, vous apprendrez, c’est tout ce que je vous souhaite.

  22. Oppossum

    En même temps, Emma, que si le Grand Droit Eternel ne se formalise pas en "droits" un peu plus "concrets" , cela reste très idéel.
    Disons qu’il y a un glissement du Droit en "droits à".

    L’empilement des "droits à" n’étant le plus souvent pas équilibré clairement par un financement ou un devoir attribué à un agent précis, cela se traduit souvent par :
    - une non-application (ou une fausse application)
    - un déficit (surtout en France)
    - une ponction ou un surcroit d’activité d’une catégorie, suivant les rapports de forces sociaux.
    - et si tous les acteurs résistent on assiste alors à une dilution de cette charge par du stress, des dérèglements, des incohérences, des gaspillages -sans que personne ne comprenne d’où cela vient clairement- .

    PS/ Pourquoi ne laissez donc pas BdF faire son chemin au lieu d’attribuer des bons points (Si je peux me permettre!). De toutes façons, ses bons sentiments ne devraient pas résister au climat d’abstraction et de lucidité sèche qui règnent ici (Heureusement H16 est drôle et Jesrad -oui, une image !- ne manque pas d’humour à sa façon)

  23. Jesrad

    "Je ne veux pas polémiquer, mais je trouve que la limite au libéralisme réside dans la morale individuelle."

    Effectivement, et c’est bien pour ça qu’on n’a pas une société libérale aujourd’hui. Mais je vous retourne cette remarque, car elle vaut aussi pour tout autre système, socialiste ou autre.

    En réalité nous ne pouvons pas avoir un monde meilleur que nous. Ni par l’usage de la force, ni par la sélection institutionnelle de gens "éclairés", ni par quelque montage sociétal que ce soit. Chacune de ces constructions contient en elle-même les mécanismes qui assureront son propre dévoiement au détriment des autres, car les moins bons d’entre nous sont toujours ceux qui ont le plus à gagner à les corrompre et les détourner. Tant qu’il y aura de telles constructions nous aurons un monde forcément moins bon que la somme de chacun d’entre nous.

    C’est pour cette raison que le libéralisme est "perpendiculaire" au reste des idéologies, et que son application ne donne pas un système, mais un mouvement (d’évasion hors de ces systèmes, quels qu’ils soient).

  24. Oppossum

    Bureau du Fond,
    A mon avis vous devriez essayer d’être "socialiste" (Je suis généreux , à présent j’accepte le système démocraticocapitaliste mais je le corrige un peu quand même) et plus particulièrement socialiste français (Je suis généreux donc dans le vrai, je tolère le système mais je le pervertis par des mesures sociales qui sont inefficaces et l’empêchent de fonctionner)

    Jesrad, un des ‘avantages’ d’un système à fondement libéral n’est-il pas justement d’être "relativement" déconnecté de la notion de "meilleur" de chacun de nous ?.
    Et les systèmes basés sur la "meilleure" part de nous même ne produisent-ils pas, en fin de compte, des mondes bien pires ?

    Ce qui ne signifie pas que les valeurs doivent être absentes, bien sûr.

    PS/ Vous avez bien fait H16.

  25. Jesrad

    "Jesrad, un des ‘avantages’ d’un système à fondement libéral n’est-il pas justement d’être "relativement" déconnecté de la notion de "meilleur" de chacun de nous ?"

    Je ne crois pas, non. En fait je ne vois pas le rapport. La subjectivité de la valeur n’a rien à voir avec le relativisme des valeurs. Penchez-vous peut-être sur la notion d’ordre spontané ?

    "Et les systèmes basés sur la "meilleure" part de nous même ne produisent-ils pas, en fin de compte, des mondes bien pires ?"

    Quels systèmes ? Ceux qui instrumentalisent une forme de déterminisme social quelconque, pour séparer le libre-arbitre de la responsabilité morale de l’individu ? Difficile d’y voir le moindre libéralisme, précisément pour cette raison.

    J’ai dit "meilleur", pas "différent" ;)

  26. bureau du fond

    Oppossum, y’a pas grand chose de possible, dans ton monde apparemment, sinon la libéralisation. C’est un peu… étriqué. Je trouve qu’abandonner les hommes à un marché, c’est aussi intéressant que de refuser un toit pour s’abriter quand il pleut beaucoup. Toute l’évolution humaine a conduit à éloigner l’homme des dangers de la Nature, ce que le libéralisme vise, c’est de le remettre en péril au sein d’un environnement économique qu’il ne devrait pas chercher à maitriser ? Désolé, mais c’est complètement con.

    Jesrad : "C’est pour cette raison que le libéralisme est "perpendiculaire" au reste des idéologies, et que son application ne donne pas un système, mais un mouvement (d’évasion hors de ces systèmes, quels qu’ils soient)." L’idée est intéressante, mais je ne suis pas sur qu’elle tienne au libéralisme. Je dirais plutôt que "toute Idéologie est perpendiculaire à son plan d’application" et je remets en ce qui me concerne toutes les idéologies sur le même plan.

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