Au total, l’addition sera salée

Il ne fait pas franchement beau, et la bise froide empêche même de parler de clémence pour les températures. Pas de doute : on est en février. Et quand il ne fait pas beau, qu’on est mieux dedans que dehors, c’est le moment où jamais pour … des crêpes ! Et avec les crêpes (au sucre, cela va de soi) viennent généralement les réflexions décousues sur la météo, le sexe des anges et les petites nouvelles qui font notre quotidien. C’est en incorporant, du geste auguste du crêpier amateur, mes œufs à la farine que je me suis justement rendu compte à quel point la politique, en France, ressemblait à la préparation de crêpes… qu’on ne fait pas sans casser des œufs, si vous me suivez.

Oui, la politique, c’est comme faire des crêpes. On doit mélanger pas mal d’ingrédients, faire des compromis, casser des œufs, et une fois lancé, on ne peut pas s’arrêter en cours de route. En outre, une fois les ingrédients amalgamés, pas question de revenir en arrière. Malgré cette réalité physique inaltérable, on sent chez les dirigeants des principales économies de la planète l’ardent désir de vouloir faire un peu tout et son contraire, d’utiliser toujours les mêmes ingrédients et, surpris d’obtenir toujours les mêmes résultats, de vouloir faire un peu marche-arrière sans même arriver à formuler ce fantasme de façon claire.

J’en veux pour preuve les petits pas de danse sur le protectionnisme des uns et des autres, petits pas qui seraient assez comiques si la conclusion logique des entrechats ridicules de nos dirigeants ne nous plongeaient pas un peu plus dans un marasme que seules les interventions désordonnées de nos gâte-sauces politiques peuvent rendre cyclopéen.

En effet, on a d’un côté un front officiellement uni pour lutter contre le protectionnisme, et de l’autre, les petites bidouilles des mêmes politiciens face à leurs électeurs, qui eux ne sont pas mondiaux mais bien directement touchés par tel ou tel plan de licenciement, de chômage partiel ou de baisse d’activité. Et devant l’électeur, le politique est faible : tel une crêpe, il s’aplatit. S’en suit un admirable jeu de jambes : ce n’est pas du protectionnisme, c’est une aide spéciale, et patati, patata..

Las ! La recette protectionniste, directe ou déguisée, obtient pourtant toujours le même résultat : momentanément, le secteur protégé pousse un soupir de soulagement, à peine couvert par le bruit de son gargarisme aux subventions publiques. Puis, les impôts nécessaires à ces subventions finissent par se faire douloureusement sentir sur le pouvoir d’achat des contribuables. Alternativement, quand il n’y pas d’impôts, il y a barrières (fiscales, douanières, peu importe), qui se traduisent au final par des prix de produits « protégés » plus élevés. Prix qui finissent, on s’en doute, par impacter négativement le pouvoir d’achat.

Eh oui ! Le protectionnisme, c’est comme la politique : le bonheur d’un petit nombre payé par les impôts du plus grand. Et cette recette, elle a été employée à la suite de la crise de 1929, avec le succès qu’on lui connait. Pourtant, les uns et les autres la réclament, finalement, à grands cris.

Il faut dire qu’avec, tant en France qu’en Eurozone, une croissance en berne, nos aimables clowns gouvernementaux sont rapidement à cours de solutions interventionnistes.

Car il faut bien noter que, dans le grand livre de recettes sucrées et salées de nos gouvernants, la partie « lâcher du lest », « fichez nous la paix » et « mêlez-vous de vos affaires » n’a pas été traitée. Du tout. Dès qu’un problème survient, peu importe son analyse, on intervient, et de préférence, vite, fort et avec l’argent de tous. Et lorsque le problème vient lui-même de précédentes interventions étatiques ou para-étatiques, en ajouter une couche revient à mettre de l’huile sur le feu, ce que s’empressent de faire tous nos dirigeants.

A ce point, on est légitimement en droit de se demander s’ils comprennent, même vaguement, quelque chose à l’économie de base. Si c’est le cas, leurs actions sont donc délibérées et visent clairement à l’asservissement, petit à petit, de la masse humaine qui payent pour leurs exorbitants pouvoirs de parasites. Si ce n’est pas le cas, ils illustrent parfaitement la puissance de la démocratie actuelle qui amène à des postes importants de parfaits incompétents, élus sur leurs super-pouvoirs médiatiques en lieu et place d’une vague compréhension ou d’une vision générale un peu aiguisée.


Les fêtes et les fastes, ça se paye ! A la caisse, maintenant.

Pour ma part, et alors que ma pâte repose doucement avant le passage final sur un billig convenablement réchauffé, je pense que nos « élites » sont assez persuadées d’agir pour le bien commun (sans s’oublier, cela va de soi). Dès lors, l’option de l’action délibérée est à écarter et ne subsiste que l’option Incompétence Crasse.

Option qui prend tous les jours plus de corps lorsqu’on commence à voir poindre les appétits idiots de ces mêmes « élites » alors que Total annonce des profits juteux. L’opération, comme la préparation des crêpes, s’effectue en trois temps. Pour les crêpes, on mélange, on laisse reposer, on cuit. Pour Total, on mélange tout, on laisse mijoter, et on découpe.

Pour la partie mélange, il suffit de faire appel aux journalistes, utile cuiller de bois pour touiller les concepts, mélanger les ordres de grandeur et aplatir les réflexions de petits coups fermes. Prenons l’article du Maônde : déjà, on attaque dans le vif du sujet en demandant s’il ne faut pas une supertaxe sur les superprofits ? En tout cas, à lire la prose en question, on se dit qu’il manque surtout de superbaffes pour les superbêtises rapportées dans l’article : « 14 milliards d’euros supplémentaires, combien d’emplois ça peut créer ? » … C’est vrai, quoi ! Tout le monde sait qu’il suffit d’argent pour faire un travail. Le fait que le travail serve à produire des biens ou des services est totalement accessoire. Dans le monde des imbéciles au pouvoir, on a, pouf, tout seul, des biens et des services, qui rapportent de l’argent, et qui permettent de créer de l’emploi. Comme pour les crêpes, tout est mélangé.

Et pour qu’une supertaxe fonctionne superbien, il faut laisser mijoter. Le projet de taxation mondiale du pétrole caressé par Lagarde il y a quelques temps, avait été laissé sur le feu depuis un moment et sera, on s’en doute, bientôt prêt. Pour l’aspect « mondial », c’est un peu tôt. Mais pour l’aspect français, ne vous inquiétez pas : c’est tout chaud, ça arrive !

Et déjà, l’odeur du gros gâteau au four attire les petits appétits féroces des habituels cancrelats de la subvention : Puisque certains ont un magot, vite, les politiques, dépouillez-les ! Vous en garderez une partie pour « services rendus », et le reste, vous le dilapiderez prestement, en pensant à nous, cela va de soi.


At a theater near you…

Evidemment, le retournement de conjoncture qui rendent ces 14 milliards bien nécessaires pour préparer un avenir plutôt rugueux, personne n’en tient compte. Mieux : les profits des entreprises publiques ou semi-publiques (comme GDF – 6 milliards-, EDF, France Télécom -presque 7 milliards-), personne n’en parle. Pourtant, alors que Total a déjà payé de lourds impôts et taxes, FT bénéficie, depuis des années, d’une clémence extraordinaire de Bercy…

La confiture est sortie. Les carottes crêpes sont cuites. Faire du profit, c’est mal.

La messe est dite.

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