C’est fini, on ferme !

L’année 2009 est trop usée, je crois qu’on va pouvoir passer à la 2010 !

… Et je me suis dit, c’est le moment de regarder rapidement la situation actuelle, pour prendre quelques repères.

Tout d’abord, il y a la Criiiiise.

A ce sujet, ce n’est pas franchement génial, au point que plusieurs blogueurs, peu soupçonnables de déclinologie galopante, font mention des soucis qui s’accumulent dans ce bas monde.

On l’a dit et redit, Dubaï va mal. Dubaï dévisse, même, et a perdu tous les gains de l’année. Bref : c’est la cata.

Mais bon, faire joujou dans l’immobilier, parfois, c’est risqué. On aura ici une petite pensée émue autant que fugace pour ceux qui, en 2006, 2007 et 2008, bramaient à qui voulait les entendre que l’immobilier, « ça ne peut pas chuter, c’est différent, c’est du solide, always up, investissez« . Et quand on sait que la descente n’est qu’entamée, on se dit que les petites pensées émues vont continuer à s’enfiler comme des perles sur un collier dans les prochains mois.

Après Dubaï, cependant, on a commencé à serrer un peu les fesses. La Grèce était en effet en ligne de mire. Et force est de constater que tout pointe vers un problème majeur à cet endroit : pour qu’un journal aussi mou et mal fichu que Libé en vienne à craindre ouvertement une faillite de ce pays, c’est que la situation grecque est désespérée. Pour rappel, Libération, c’est le journal qui a su oublier le Climategate, et qui paye même un cuistre à temps plein pour continuer à l’oublier.

A présent, le vent d’automne se fait plus cinglant. L’hiver est là. Et, au niveau de la zone euro, c’est maintenant l’Espagne qui sent la froidure s’installer dans ses comptes publics : S&P, une de ces agences de notations qui se sont fait une spécialité d’annoncer la tempête lorsqu’elle est déjà là, va probablement dégrader la note de la dette souveraine du pays, restée à AA+ après la précédente dégradation de janvier.

Et hors de la zone euro, mais toujours en Europe, le Royaume-Uni ne présente pas franchement des airs de grande santé financière non plus : la récession, qui avait été prévue de 3.5% en avril dernier, est finalement de 4.75%. Zut et bloody hell, isn’t it ?

Bah. Le salut viendra donc d’ailleurs, du Japon, par exemple. Ah non, rezut : la croissance est anémique, et ne permettra pas ni de sortir le pays de l’ornière, ni, à plus forte raison, de tirer les autres des trous dans lesquels ils se sont enfoncés en faisant des prouts à Copenhague.

La fin d’année était morose, l’année 2010 s’annonce tout aussi mitigée, d’autant plus que tout ce qui a été glissé sous le tapis pendant l’année écoulée devra être ressorti à un moment où l’autre. C’est ainsi qu’on apprend que les banques européennes n’ont pas spécialement fait dans la dentelle.

On savait que les banques américaines n’étaient pas toutes bien propres sur elles, et pas mal ont donc carafé pendant les douze derniers mois – on a dépassé la centaine, tout de même… Mais soyons honnêtes : côté européen, ce n’est pas tout joyce non plus : Standard & Poor’s a ainsi officiellement annoncé avoir les mains un tantinet moites concernant plus de 2000 milliards de covered bonds qui sont des instruments financiers proches de la titrisation (comme on a pu la tester avec les subprimes, par exemple).

En quelques mots comme en cent : non, la criiiiise n’est pas finie.

Après ce petit tour d’horizon économique, on peut jeter un oeil rapide sur la politique.

Et en France, elle nous réserve encore de savoureux morceaux de bravoure. Entre les débats Ikéa (préfabriqués, à monter soi-même, et résultat bancal), les petites polémiques lancées par la gauche pour cacher la misère de leur programme et celles lancées par la droite pour camoufler la vacuité de leurs actions, les étouffements de scandales divers et variés, la France sarkozienne promet une année 2010 en complet et parfait décalage avec les urgences du moment.

En effet, pendant que le taux de chômage continuera à grimper à des sommets jamais atteints, que les industries vont continuer à rendre l’âme et que le tissu économique va partir en quenouille, les politiciens du pays vont persister à se mobiliser pour peindre la giraffe avec obstination. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir les principaux thèmes des deux plus gros (on pourrait écrire « bouffis ») partis politiques actuellement (ici et ).

A cette date (26 décembre), côté UMP, on propose ainsi le débat en carton, les violences faites aux femmes et comment claquer 35 milliards en frétillant. Côté PS, on rappelle qu’il faut aller voter (histoire de foutre une branlée aux méchants de l’autre parti), on ironise sur les promesses de campagne du candidat Sarkozy, on demande l’arrêt du débat en carton, l’arrêt de la libéralisation de la poste, l’arrêt de la molesse à Copenhague, l’arrêt des méchantes réformes régionales, et l’arrêt des vilaines calomnies sur le gentil Julien qui s’est enrichi tout à fait légalement n’en parlons plus.

Ainsi, les deux partis sont en phase avec la préoccupation de tous les Français : retrouver ou conserver son emploi, faire baisser le coût de la vie, diminuer les impôts et permettre aux gens de s’affranchir de l’assistanat de l’état pour, enfin, gagner décemment sa vie : chaque politicien, de Julien à Ségolène, de Brice à Nicolas, en passant par François ou Michel, Alain et Daniel, tous se mobilisent pour trouver ou retrouver un poste au chaud après les régionales de 2010. Pas de doute, ils vont, soyez-en sûrs, se secouer la couenne pour conserver ou trouver un de ces jobs en CDD aux frais de la République, et nous expliquer ensuite comment ils vont cramer les milliards qu’ils viendront prendre, en souriant et avec l’assentiment d’une partie de leurs concitoyens, dans les petits poils drus des moutontribuables.

Comme on peut le voir, tant au niveau économique qu’au niveau politique, l’année 2010 promet encore tout un chargement de rebondissements. Parions que la presse saura trouver en elle les ressources nécessaires à de nombreuses pignouferies, que les politiciens, toujours avides de coller à l’actualité, pourront nous offrir un petit théâtre de leurs turpitudes, tout en conservant une saine distance avec le peuple qu’ils charment, gouvernent et pipeautent…

Tous ces éléments assurent, à nos frais et sur notre dos, que ce blog aura quelques billets de plus dans l’année 2010.

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