Thinkerview : Entretien avec Ivan Erhel, porte-parole de Sputnik France

Pour finir une semaine particulièrement agitée sur le plan politique (et toujours aussi consciencieusement éloignée des préoccupations économiques réelles de nos compatriotes), je vous propose un sujet complètement différent, en revenant sur un entretien récent produit par Thinkerview qui a interrogé Ivan Erhel, le porte-parole de Sputnik en France.

Sputnik, c’est le petit nouveau dans les médias web francophones, mais c’est aussi la version française d’un média russe qui existe depuis le 10 novembre 2014. En un peu plus de deux années, et grâce à l’évident financement de l’état russe, il est parvenu à ouvrir plusieurs agences dans le monde dont une en France. C’est un service d’information qui remplace l’agence RIA Novosti, et, pour beaucoup, c’est un simple relais de la propagande russe en France. L’entretien avec Ivan Erhel, son porte-parole, offre donc l’opportunité de voir comment le média se considère lui-même dans le paysage journalistique français.

Et à l’écoute de l’ensemble de l’entretien, force est de constater que le porte-parole fait preuve d’une lucidité qu’on a parfois bien du mal à trouver chez ses confrères d’autres plateformes. On appréciera d’ailleurs sa franchise lorsque (vers 16:00) il décrit son incursion en Ukraine et comment il s’est retrouvé à participer (en tant que simple observateur) à l’une des rondes de la milice d’extrême-droite locale qui, cherchant à bastonner des communistes ou des pro-russes, n’aura trouvé ce soir-là qu’à contrôler quelques immigrés clandestins d’Asie centrale.

Du reste, démarrant sur les chapeaux de roues (vers 3:20) en déclarant sans ambages que « la vérité se situe en marge de ce qui est écrit dans la presse », Erhel admet sans problème qu’effectivement, Sputnik, chez lequel il travaille depuis six mois, est financé par la Russie et diffusera donc les informations avec le point de vue spécifique de cet Etat.

Pour lui cependant, la Russie n’est pas l’ennemi à abattre mais doit rester un pays avec lequel on peut s’entretenir. Du reste, on ne peut pas lui retirer la comparaison avec les antennes, nombreuses de France Télévision ou de Radio France, directement subventionnées par l’état français et dont le rôle n’est finalement pas différent de celui de Sputnik, sans que personne ne semble s’en offusquer. Après tout, le modèle d’affaire de Sputnik est construit comme celui de Radio-France International, subsidié par l’état dans les deux cas. Sputnik Monde reçoit environ 100 millions d’euros par an, ce qui permet à Sputnik France d’employer un peu plus d’une dizaine de salariés, tous Français sauf deux Russes (le rédacteur en chef et une journaliste qui repart prochainement à Moscou).

D’autre part, tant qu’à amalgamer Sputnik au FSB (services secrets russes) ou aux intérêts étatiques ou capitalistes russes, Erhel n’hésite pas à rappeler qu’à côté des chaînes publiques subventionnées par l’Etat français, les chaînes privées étaient toutes détenues par des capitalistes et industriels français, de façon tout à fait similaire. La bataille pour savoir qui, des premiers ou des derniers, produit le plus d’information biaisées est donc ouverte.

Interrogé (vers 34:13) de but en blanc pour savoir si Sputnik ou son confrère télévisé, Russia Today, sont de la propagande, Erhel continue la comparaison : alors que la France baignait jusqu’à présent « dans la propagande anglo-saxonne (…) que France24 est de la propagande française à destination de l’Afrique ». Ce qui le pousse à s’interroger : « plusieurs points de vue sont-ils autorisés ? » Et, levant tout ambiguïté, il conclut d’ailleurs :

« Derrière Sputnik, il y a une volonté claire, étatique, de faire parler le point de vue russe et c’est assumé. »

Le but plus ou moins affiché (plutôt plus que moins) est donc de contrebalancer la propagande occidentale anti-Russe, allant « de la calomnie au russian-bashing » outré, qui s’illustre dans la contre-culture internet par l’existence même d’un hashtag #RussianDidIt (« C’est un coup des Russes ! »), dont on conviendra aisément vu le ton moqueur qu’il met plutôt en boîte ce dénigrement trop gros pour être cru systématiquement.

Et puis, finalement, propagande pour propagande, l’arrivée de Sputnik en France permet finalement de choisir à quelle sauce l’information sera servie.

La lucidité ne s’arrête pas à la nature même des informations débitées par Sputnik mais s’étend agréablement à une vision raisonnable de la profession de journaliste. Erhel rejoint finalement beaucoup de citoyens lorsqu’il constate que la carte de presse française reste bien souvent un avantage fiscal et seulement ça, certains journalistes ne la méritant pas alors que d’autres, n’en disposant pas, pourraient largement la réclamer. Il note à raison (vers 13:35) que « le pire ennemi du journalisme, aujourd’hui, c’est l’autocensure et le conformisme ». Pour lui (28:25), « Le Monde ment, comme tout le monde », soit par action, soit plus encore par omission. Or, toujours pour lui, « Le Monde, c’est la référence absolue de la presse française. Un scoop n’est un scoop que lorsqu’il est officiellement repris par Le Monde. »

Au sujet des nouvelles bidons (ou « fake news » tant décriées par les tartufes du Monde ou d’ailleurs), Erhel estime qu’il s’agit plus d’un sous-produit de l’internet qu’un sous-produit du journalisme, et que ces rumeurs et informations fausses sont la conséquence directe de la possibilité de chacun de s’exprimer et aussi de relayer ces bêtises.

Enfin, interrogé (vers 53:17) sur l’état de la presse occidentale et sur ce que, selon lui, il faudrait faire pour améliorer la situation, le porte-parole de Sputnik lance trois idées : d’une part, il estime qu’il faudrait que les journalistes fassent des stages dans les populations pour être un peu en phase avec la réalité, pour sortir de la classe journalistique. Beaucoup de mes lecteurs seront effectivement en phase avec cette proposition qui rejoint le constat, lu et relu maintes fois sur Internet, d’une déconnexion croissante du cercle des élites politiques et journaleuses sur elles-mêmes et le nécessaire besoin de leur retour à la réalité (à ce sujet, l’actuelle campagne présidentielle n’annonce aucune amélioration sur ce plan-là).

D’autre part, Erhel souhaite une vraie indépendance pour une agence de presse française, loin du mécanisme bâtard de subvention étatique qui permet à l’AFP de survivre, ou, à défaut, l’apparition d’agences de presse alternatives.

Enfin, on pourra trouver touchant son désir de revenir à la méritocratie qui viendrait amoindrir le succès des gens trop conformistes. Si, dans le fond, il a raison, cette méritocratie appelée de ses vœux remet en cause trop d’habitudes, de prés-carrés et de prébendes douillettes pour que la France de 2017 y songe sérieusement…

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Commentaires52

  1. tabbehim

    Pas de morue au diner du vendredi?
    Bon, a du bon billet presque trop optimiste pour être vrai 😉

    On a un groupe journalistique conscient (pour le moment) de ce qu’il est, et ça, c’est beau, c’est grand, et ça donne envie de voir une hypothétique remise en question des aficionados du Monde ^^

    Bon, sur cette pointe d’espoir (quoique pour l’envie de voir l’immonde se remettre en question, je suis lucide, c’est mort), j’espère que d’autre billet positif suivront 🙂

    1. Ribault

      Avant Hier , c’était amusant , Russia to Day annonçait des 9 h que Fillon était convoqué pour mise en examen éventuelle le 15 et sa femme le 18 alors que chez BFM , nobody knows !!!
      De même su RT j’ai appris qu’il y avait des débuts d’émeute à Rouen , ma ville , bien avant FR3

  2. Calvin

    Avant, il y avait pluralité de médias, d’organes de presse, de titres.
    Si on voulait un point de vue global, il fallait acheter plusieurs titres et faire la part des choses.

    Maintenant, c’est moins cher : peu importe le titre, il délivre la même information que les autres.
    Nous sommes dans le cas d’une concurrence forcée, à force d’être subventionnée.

    1. Whynot

      Subventionnée à €55,000,000 pour les 20 plus grands titres le gouvernement a le droit d’attendre l’égalité – je veux dire uniformité.

    2. Lark on the Wing

      @Calvin : « la part des choses »…..

      « Il faut faire la part de cette idée que le monde n’est peut-être pas quelque chose de bien sérieux »… Renan….

      Pas du même « Monde »…. certes…

  3. Onaneur de Moosh

    Les nouveaux media, comme Sputnik et RT, c’est comme le poisson: faut en profiter tant que c’est frais. Ensuite ça commence à pourrir par la tête, et ça devient rapidement toxique.

    Il y a toujours une période de grâce durant laquelle la parole est libre et pertinente, même si elle est engagée, avant l’inévitable reprise en main politique et étatique (Al Jazeera, France Info), ou par un pourrissement de l’intérieur (Mediapart, Vice, The Intercept).

    1. Duff

      J’ai tilté aussi. Les asiatiques sont pareils, Singapour est un drôle d’exemple.

      Sinon l’interviewer est sacrément rude, le type de Sputnik assure à fond. Pourquoi être plus rude avec le média russe quand avec Polony il faisait le constat que la presse française ne valait pas un clou? 😉

      1. channy

        @J’ai tilté aussi. Les asiatiques sont pareils, Singapour est un drôle d’exemple.
        +1, en meme temps n oubliez pas que comme l a dit Lee kuan yew..le pere fondateur de Singapour:# on m a donne des coolies et j ai du en faire des citoyens#…cela a parfois du passer par la maniere forte.

        1. Lark on the Wing

          « La Manière Forte » excellent bouquin (de J. Lucas-Dubreton) sur une des rares hommes politiques français que l’on pourrait qualifier de Libéral ( époque même de Bastiat) :

          wikipedia.org/wiki/Casimir_Perier

          Si son ramage de commentateur de ce blog ressemble à son plumage chalonnais réel, ce devait être une sorte de Sam Player….

          1. channy

            Cela a souvent depasser le cadre economique
            Genre des agents specialement embauches pour l occasion et qui dressaient des amendes a ceux qui ne faisaient pas la queue, dans les admnistrations,bureau de poste,guichet de metro etc a ceux qui ne disaient jamais ni bonjour,ni merci dans les admnisitrations, et batiments publics…un vol d autoradio c etait 5 ans de taule minimum quand au chewing gum..je n en parle meme pas.
            mais ce que j adorais le plus c est quand les occidentaux avec leurs dreadlocks tattouages,piercings..se voyaient dans l obligation de passer a la tondeuse pour raison d hygiene afin d obtenir leur tampon d entree dans le pays..sinon c etait; degage

      2. cornflake1021

        Il ne faut pas oublier qu’à la base, ils ont attendu 4 mois pour l’interview, diner avec leur « cible », le directeur de Sputnik France ( dont le nom m’échappe, mais ils l’évoquent dans l’interview ), ils ont diné avec la veille, et le jour de l’interview, c’est un porte parole qui se pointe… De plus, le fait qu’ils ne connaissait pas la charte de déontologie en tant que journaliste Français n’aide pas… ( du coup, ça le décrédibilise un peu, ce qui est dommage, malgré ses propos intéressant ).

        Il ne faut pas croire que c’est parce qu’il représente un média russe ( il suffit de voir les interviews avec Artem Studennikov qui se passe très bien ! )

          1. Lark on the Wing

            « Charte de Déontologie » des Journalistes… on peut penser qu’elle est aussi utile et indispensable que le « déontologue » de l’Assemblée Nationale…

            Je me demande si Eric Laurent et Catherine Graciet la connaissaient ? et tous les bidonneurs habituels…

            J’ai regardé la totalité de l’interview, et j’ai surtout remarqué que ce garçon répondait sans langue de bois à une sorte de procureur self-appointed, et manifestement assez satisfait de lui-même….

            En vertu de quoi le rédac chef était-il contraint de comparaître pardevant ce parquetier, genre Kamdubien ? Il s’était apparemment déjà fait déchiqueter par une petite meute, on peut comprendre qu’il n’ait pas été enthousiaste à l’idée de repasser au falot et se faire traîner sur les claies.

    2. Loki dort

      Oui, enfin en même temps « la » démocratie occidentale hein… ça dépend lesquelles, parce qu’à commencer par la démocratie franç… ah pardon en France c’est une « république », pas une démocratie!

  4. Gerldam

    Effectivement, pour se faire une idée -encore que difficilement- il faut lire les médias américains, les anglais, tous biaisés; les français, on peut zapper; les médias russes (RT n’est pas mauvais) et les médias chinois. La difficulté est qu’aucun ne voit les choses de la même façon et que la synthèse que je peux faire ne sera pas la même que celle de mon voisin.
    Ne croyez pas que je sois à ce point polyglotte. J’ai simplement un fils qui vit en Chine et une fille en Russie.
    Deux infos de ces pays: pour la Russie, la popularité de Poutine est bien réelle et les c…eries occidentales sur les homos ou l’égalitarisme les fait bien marrer. En Chine, le catastrophisme de certains merdias occidentaux est à relativiser. Si les entreprises d’état sont un merdier que tout le monde reconnait, petit à petit elles sont nettoyées et de plus en plus de chinois deviennent plus riches qu’une bonne moitié de français. Enfin, en Chine, les désordres du 93 sont inconcevables. Et en Russie, à St Pétersbourg, une femme qui se promènerait avec un voile se le ferait arracher par le premier passant venu sous les rires goguenards des policiers.
    O tempora o mores!

    1. channy

      @en Russie, à St Pétersbourg, une femme qui se promènerait avec un voile se le ferait arracher par le premier passant venu sous les rires goguenards des policiers.#

      Ici en Malaisie, pays musulman..les malaisiennes chinoises et les indiennes chretiennes se promenent en mini jupe..et elles ne se font ni insulter,ni lapider,ni violer..que font les barbus locaux hein?

      je ne parle pas des occidentales qui se promenent avec des micro short et sans soutien gorge en pleine rue ..en Grance elles se feraient traiter de pute par nos chances pour la France..ici les locaux se contentent# de fantasmer#

  5. Valborgsen

    On s’en doutait bien que ce cher H16 était un agent russe. J’attends encore la confirmation de « decodex », le super-service de le Monde. J’en bave, même.

    Blague à part, les choses changent un peu. La Suède, par exemple, sous le joug des « socialistes » pourtant, commence à discuter avec les Russes. Les médias là-bas suivent lentement mais petit-à-petit, le « russian-bashing » se calme. Peur ou raison, il est temps pour les Occidentaux de se concentrer sur des problèmes existants.

    Sans parler de la soupe que nous servent le Monde, Libération et autres, ça n’empêche pas que la propagande russe puisse être néfaste. Les propositions sur la prétendue homosexualité de Macron sont risibles mais il ne faut pas accepter pour autant une intervention extérieure dans les élections françaises (quand bien même ça n’est rien en comparaison avec tout le reste).
    Un conflit militaire entre Europe (OTAN) et Russie est possible. Il n’a aucun intérêt mais certains en Europe en ont bien envie, revanche historique, folie anti-russe ? Il y a beaucoup d’Ukrainiens/Russes, dans le feu croisé des armées ukrainiennes et séparatistes (plus ou moins russes), qui meurent depuis 2014, pendant que des journalistes français appellent à la lutte pour la liberté et la démocratie contre l’ogre russe. Il faudrait parachuter ces « socialistes défenseurs de l’humanité » en Sibérie, avec un briquet, un couteau et quelques pommes de terre.

    1. « ça n’empêche pas que la propagande russe puisse être néfaste »
      Evidemment 🙂
      De la même façon que la propagande française l’est, du reste.

    2. bibi

      Et pourquoi il ne faut pas accepter une intervention extérieure russe dans les élections françaises?
      Ca fait je ne sais combien d’années que tout le monde intervient lors des élections françaises que cela soit les états membres de l’UE, les USA, l’Algérie, mais quand c’est la Russie là ça devient un problème.

      1. sam player

        Tout à fait. Ça fait candide de service de croire qu’il ne peut y avoir d’interventionnisme, c’est consubstantiel à l’élection elle-même puisque les candidats émettent des avis ou des positions en politique internationale (et nationales car liées)… et donc se prennent en retour les réactions à ces positions.
        Et c’est sain.

        1. Lark on the Wing

          Il fut un temps, pas si lointain, où la France allait chercher ses fins de mois à Washington (avant, c’était à Londres). Il y avait des contreparties politiques…
          De nos jours, France-Trésor (j’adore) trouve des fonds sur les marchés pour payer beaucoup plus que les fins de mois : c’est plus discret, mais je crois qu’il y a aussi des contreparties…

          Les « influenceurs » peuvent être des états, mais aussi des entités dont les fonds propres sont supérieurs de nos jours à la plupart de ceux des états, endettés jusqu’au cou….
          La CIA qui créa CGT-FO, passe de nos jours par des canaux plus discrets, genre Open Society, qui vous explique froidement que : the Open Society Foundations work to build vibrant and tolerant democracies whose governments are accountable and open to the participation of all people.

          No kidding, George ?

          Alors finalement, sur Sputnik ou Russia to-day, on trouve des informations que notre presse vibrante et tolerante ne diffuse pas… curieux, non… salauds de Russes… mais au moins, ils sont à visage découvert…

        2. bibi

          En 2012 Merkel qui apporte son soutien à Sarkozy durant la campagne présidentielle personne ne trouve rien à redire sur l’intervention du chancelier allemand durant une élection française, et c’est bien normal.

          Mais Poutine qui apporte son soutien à l’ancien Premier Ministre Fillon avec qui il s’est entretenu à de nombreuses reprises entre 2007 et 2012, constitue une ingérence russe inacceptable dans l’élection en cours.

      2. Loki dort

        C’est très facile à comprendre pourquoi la Russie leur pose un tel problème:

        C’est que Poutine favorise résolument le traditionalisme, avec le retour en grâce de l’église orthodoxe, les avances faites aux valeurs et aux représentants de l’ancienne, mais encore vivante noblesse russe (à commencer par la noblesse cosaque), sans oublier évidemment qu’il s’est habilement incarné en représentant de l’autorité, ferme et sans concession. Le conservatisme traditionnel tel que le gauchisme international le hait. Alors quoi que fasse la Russie, c’est pour eux à vomir, à conspuer, à exécrer, parce qu’il incarne tout l’inverse de leurs valeurs à base de tolérance, de multi-culturo-sexuel, de vivrensembl’ et de festif post-soixante-huitard.

        C’est pour ça qu’à chaque fois qu’il passe devant un journaleux de France ou de Navarre, c’est un sketch, et je suis mort de rire 😀

    1. albundy17

      « ça fait réfléchir… »

      J’avais été scotché par l’état du métro de Moscou, ils ne vendent pas de bombes de peintures en Russie ? pas un tag !

      J’ai par contre une grande interrogation: Comment un pays aussi grand ne dispose que d’une si faible population

      1. theo31

        « Pardonner aux terroristes, c’est le rôle de Dieu, les envoyer auprès de Lui, c’est mon affaire »

        Ca fait réfléchir, non ?

        Comment un pays aussi grand ne dispose que d’une si faible population

        La réponse est dans la première partie (et de loin la plus intéressante avec celle sur le Cambodge) du Livre noir du communisme.

      2. bibi

        Les deux plus grands pays du monde Russie et Canada ont une très faible densité de population 8.6hab/km² pour la Russie et encore moins pour le Canada avec seulement 3.6hab/km² et si vous prenez une carte vous verrez que ces deux pays ont la plus grande partie de leur territoire situé au delà du 50ème parallèle et on s’y pèle grave les miches.

        Au Canada 80% de la population vit au dessous du 52ème parallèle, la frontière US se situe du Pacifique jusqu’au grands lacs sur le 49ème parallèle.

        L’Europe occidentale a un climat bien a part pour un territoire grandement situé au dessus du 45ème parallèle car elle est baigné par le Gulf Stream qui permet dans une ville située au niveau du 45ème parallèle comme Bordeaux d’y faire du vin alors qu’à Montréal elle aussi situé sur le 45ème parallèle, vous pouvez joué au Hockey en plein air l’hiver.

        1. Lark on the Wing

          Très juste… et il y a eu des périodes où le Gulf Stream avait cessé son circuit actuel, et où la banquise descendait jusqu’à Bordeaux…

          D’où l’on peut tirer au moins deux conclusions :

          1/ le réchauffement anthropique est une fumisterie à but lucratif
          2/ que les Allemands sont des farceurs avec leur Eiswein

  6. Umadrab

    Je n’ai pas pu aller plus loin que la moitié de l’interview. L’interviouveur est insupportable. Il pose des questions puis coupe l’invité dès que celui-ci commence à répondre. Pas de bol, à chaque fois la réponse m’intéressait, moi… En plus les méthodes de flic vis-à-vis de qqun qui est clairement sympa et pas langue de bois ça va bien (« Tu m’as dis que le budget de Sputnik France, c’était combien déjà ? »)

    1. Quiet Desperation

      L’anglais possède un terme qui manque en français, sauf à se lancer dans une assez longue périphrase : « self-righteousness ». C’est une attitude fort commune dans le Camp du Bien, mais le mot lui-même constitue une regrettable lacune en notre langue, qui illustrerait assez bien l’aphorisme cruel de Revel : « la Gauche est tellement pénétrée de sa supériorité morale qu’elle… etc. »

      Il existe aussi, dans cette utile langue angloise, une locution du même ordre : « Holier than thou », que résume l’attitude de l’interviouveur de Thinkerview, notamment avec sa tirade sur la déontologie de Munich.

      On évoque souvent l’hypocrisie britannique… elle existe… mais Tartuffe est bien français…

      Ceci étant, vers la fin (tu as peut-être eu tort de ne pas aller au bout : je le fais souvent moi-même, dès que le clip excède 10 mn, mais dans le cas d’espèce, c’était une vidéo sortant de l’ordinaire, sur un sujet qui m’intéressait fort), vers la fin, donc, l’interviouveur semble un peu moins Fouquier-Tinville.

      Une chose m’a cependant étonné : l’un tutoie, l’autre voussoie…

      1. sam player

        Sur la toute première vidéo parue ici j’avais déjà relevé ce que dit Umadrab.

        Perso, ici, je me suis arrêté aux 2/3 peu après qu’il lui demande pour la 3ème fois s’il lit ou parle le russe ou l’arabe.

        L’interviewer devrait laisser l’interviewé digresser, avec l’option de couper au montage si trop hors-sujet, ça peut être parfois intéressant : on se confie beaucoup plus quand on part en live.

        Sur le mot dont tu parles HB je l’avais auto-traduit par autosatisfaction (voire suffisance, j’suis expert !) et je viens de regarder le dico qui dit « pharisaïsme » bof bof.

        Bon, sur tes conseils j’irais visionner le dernier tiers.

        1. Hussard Bleu

          « self-righteousness » : c’est l’état, ou l’action, de qui se voit et se clame moralement juste (sous-entendu, lui seul et les gens de sa sorte) par opposition à un monde d’essence perverse, voire pis.
          Cette conviction d’origine religieuse irrigue tout l’esprit puritain, genre Nouvelle Angleterre/Plymouth Rock.

          “Puritanism: the haunting fear that someone, somewhere, may be happy.” ça, c’est du grand HL Mencken…

          « holier than thou » utilisant la vieille forme du tutoiement, avec comparatif de « holy » : « plus saint que toi »… même idée que précédemment.

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