Thinkerview : blockchain et gouvernance

Ce mois-ci, petit détour Thinkerview dans le domaine des cryptomonnaies puisque l’équipe a choisi d’interviewer Primavera de Filippi, chercheuse au CNRS sur les aspects juridiques de la blockchain, et Rémy Bourganel, designer et qui travaille sur la gestion de l’identité numérique et l’implication de la blockchain dans ce domaine.

Dans cet entretien, nos deux intervenants passent en revue les différents concepts sous-jacents à celui de la blockchain, et exposent leurs avis sur les principaux bénéfices ainsi que les développements futurs que cette nouvelle technologie offre à l’humanité.

Ainsi, après un rapide tour d’horizon fait par Bourganel sur la technique de « consensus » qu’introduit Bitcoin, De Filippi revient sur les trois grands types d’applications que la blockchain permet, à savoir les applications financières, les applications notariales et les smartcontracts, ou contrats « intelligents », programmes dont l’exécution n’est dépendante que des mineurs, ces entités validant les transactions et assurant la réalisation du consensus au niveau de tout le réseau.

L’interview est très riche et balaye plusieurs sujets d’importance en rapport avec la blockchain : consensus, gouvernance décentralisée, identité et pseudonymat, les preuves à divulgation nulle de connaissance, consommation énergétique (qui donne aux deux intervenants l’occasion de sortir quelques âneries trop souvent entendues), monopole des banques centrales, informatique quantique, l’utilisation de la blockchain comme système de preuve et non de stockage de données, intelligence artificielle et systèmes répartis, …

J’encourage tous ceux qui sont intéressés par cette innovation à passer un peu de temps et visionner les éléments de réflexion proposés par ces deux intervenants.

Commentaires16

    1. Le Gnôme

      Effectivement, ça fait un peu bovidé, comme Pâquerette ou Marguerite.

      Pour la video, je vais la regarder à tête reposée.

  1. zelectron

    « et exposent leurs avis sur les PRINCIPAUX BÉNÉFICES ainsi que les développements futurs que cette nouvelle technologie offre à l’humanité »
    – pas un mot sur les déficits, désavantages, dommages, frais, inconvénients, pertes ni préjudices?

    1. Déjà, il faut regarder la vidéo, puisqu’ils évoquent certains éléments mais s’il y a des déficits, désagréments et autres dommages, ils sont surtout pour les institutions en place. Du reste, c’est un peu comme parler des inconvénients de la roue ou de l’atome, une innovation étant toujours à double tranchant.

              1. zelectron

                Monnaie mondiale
                Il est une réponse qui ne peut subir la peur ou l’avarice, les sautes d’humeur des boursicoteurs ou des gouvernants, l’érosion ou l’ajustement, qui est, fixe jusqu’à la 23ième décimale et + encore, inamovible, intangible, inaliénable, universelle tant à Lima, qu’à Vladivostok en passant par Dubaï, qui échappe aux lobbies, au combines à la spéculation et tant d’autres choses, vous n’avez pas deviné? allons, allons un petit effort…c’est la monnaie basée sur l’énergie !
                1 kilowatt/heure (ou le coulomb, mais c’est bien moins pratique ou même compréhensible pour le commun des mortels) a la même valeur dans tout l’univers et rien de plus facile que de convertir des €, $, £ et autres yuan en « energ » ou tout autre mot (en science fiction c’est le stellar qui est majoritairement utilisé, mais d’autres noms peuvent peut-être convenir)..

  2. Seb Lamp

    en parallele, un rapport de France Strategie sur le sujet, 150p , ici

    http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-rapport-blockchain-21-juin-2018.pdf

    ca a l’air assez interessant, avec des cas d utilisation. Malheureusement j ai faillie fermer a la lecture de l intro de Mme Toledano , dommage, avec son parcours on aurait pu esperer mieux https://lesrencontreseconomiques.fr/2018/intervenants/joelle-toledano/

    « Ensuite, il apparaît de plus en plus impossible (NOTE : de plus en plus impossible, c est impossible – merci novlangue) de favoriser le développement des
    blockchains sans se préoccuper de l’utilisation des cryptomonnaies – bitcoin, ether
    ou autres. Les liens techniques et économiques sont nombreux. Pour qu’innovation
    et sécurité coexistent, il convient dès lors de mettre en place des régulations qui
    soient raisonnablement attractives pour les investisseurs et les entrepreneurs mais
    aussi suffisamment strictes pour contrôler et éliminer les usages frauduleux, protéger l’ordre public et le consommateur-épargnant »

    Donc dogmatisme et statisme au RDV. Blockchain = bitcoin, donc necessite d’une regulation (mot anglais) ATTRACTIVE (oxymore) de controle (bien sur, necessite des controleurs) et d’elimination (RISQUE ZERO, but impossible, mais va necessiter de gros moyens de fonctionnaires).

    Ca ne s’arretera jamais.

  3. seb

    C’est clair que la puissance libertarienne du blockchain est terrifiante pour les gouvernements. Je pense que les grevistes de la Greve (Atlas shrugged) pourraient gerer leur paradis avec ca, mais personne d’autre.

  4. Val

    Bon c’était un peu long mais passionnant ! Plusieurs choses : je crois fermement à l’émergence de pays virtuels basés sur ces technos avec tout ce que ça entraîne : travail , assurance, prêt, monnaie, etc . J’imagine que ça démarrera vraiment sur des communautés déjà fortes et décentralisées qu’elles soient nationales, religieuses, ou professionnelles, c’est sans doute déjà dans les cartons.
    Il est amusant de voir que l’intervenant cherche pataudement à tout prix à mettre de l’éthique écolo dans son concept, j’imagine que c’est la marque de l’air du temps et le côté professeur Nimbus naïf souvent attaché aux innovateurs.
    Je ne peux m’empêcher de voir l’analogie avec le vivant avec l’ADN comme blockchain. Il est évident pour moi que les biologistes apporteraient un input précieux sur le sujet blockchain.

  5. hugeus

    Une remarque : je suis sidéré par le faible nombre de commentaires..
    Une question au maître des lieux et à ceux qui voudront bien donner leur avis : imaginons que j’enregistre grâce à une blockchain une transaction immobilière avec une tierce personne ; ne faut-il pas que cet enregistrement soit opposable devant un tribunal (qui peut faire appliquer la loi) pour que cela puisse servir à quelque chose ? Ne faut-il une force extérieure impartiale pour que cet enregistrement soit sûr d’être respecté ??

    1. Val

      @hugeus je pense que la brillantissime donzelle a répondu à cela : cela pose encore (et sans doute pour un bon moment) des problèmes de validité légale/juridique. Quand on voit ce qu’il en est des mails , il me semble qu’aujourd’hui seuls les mails certifiés font foi et cela a pris du temps (d’où la conservation des fax ) . Alors pour la blockchain …. mais bon pas grave , si l’on compare aux emails ce n’est pas le vide juridique qui a empêché leur envol et généralisation.

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