[Redite] Comment ruiner un pays en 10 étapes

Article initialement paru le 17.11.2011

Ce dimanche, je vous propose un billet qui a fort bien vieilli.

Il apparaît clair que la plupart des pays occidentaux, actuellement, traversent plus qu’une passe difficile et pour certains, il s’agit même d’une véritable remise en question de leur modèle de société. Je vais tenter ici de synthétiser les dix principales étapes qui ont conduit à cet effondrement. Il est certain que je vais en oublier et je vous encourage donc, dans les commentaires, à me donner votre propre classement…

Si la crise dans laquelle nous nous enfonçons a du bon, ce n’est certes pas par les catastrophes (sociales, familiales, humaines) qu’elle va entraîner, mais bien parce qu’elle permet de mettre en exergue certains des problèmes que les authentiques libéraux n’ont cessé de dénoncer depuis des années (des décennies, pour certains).

1-Accumuler de la dette

Ainsi, s’il y a bien une méthode pour ruiner un pays, c’est celle qui consiste à, systématiquement, vider ses caisses. C’est l’essence même de la ruine, quelque part.

Or, lorsqu’on regarde tous les pays qui, actuellement, prennent la crise de plein fouet et n’ont plus de marges de manœuvre pour y faire face, ce sont tous ces pays dans lesquels les états ont accumulé une dette colossale. La dette, au départ, c’était le moyen indolore pour distribuer les sucettes et les systèmes sociaux sans en payer le prix, ni économique (puisqu’on reporte aux générations suivantes le coût de ce qu’on a mis en place), ni politique (puisque chaque politicien qui l’a entérinée savait fort bien qu’il ne serait plus là pour gérer le trou lorsqu’il deviendrait trop gros).

Mais pour arriver à accumuler de la dette, il va falloir un élément essentiel.

2- Dévoyer le langage, les mots

En détournant le sens des mots, on rendra la dette acceptable, joyeuse, respectable et, par la suite, normale voire souhaitable. On a ainsi transformé, de façon répétée, un déficit un peu moindre en « cagnotte« .

On associera systématiquement la liberté avec l’absolue nécessité de l’encadrer, on étendra la notion d’égalité dans le seul but de favoriser ou désavantager des groupes spécifiques, des idées pourtant nécessaires mais qu’on taxera rapidement de nauséabondes, de poussiéreuses ou de rétrogrades.

On donnera carte blanche aux politiciens pour forger de nouveaux mots pour travestir et tordre la réalité. Ainsi, il n’arrive plus rien, seulement des impressions et des sentiments qu’il se passe quelque chose. Tout se vaut alors, tout peut s’échanger, tout peut se mêler dans un grand bain bouillonnant de joie naïve ; les petits heurts sur les angles du réels ne sont qu’un souvenir, une sensation vague.

Une fois les repères estompés, les mots tordus, mâchouillés, rendus mous et utilisables à toutes les sauces ou totalement bannis car porteur de trop de sens, on peut continuer à progresser vers une ruine totale en s’attaquant maintenant à ce qui fait l’essence même d’un pays, ses individus.

3- Rendre les gens ignorants

Je l’ai déjà évoqué il y a quelques jours, mais on comprend qu’il est indispensable, pour ruiner un pays en profondeur, d’inculquer à tous des notions bancales en économie.

C’est d’autant plus facile que les mots auront été préalablement passés en machine programme 90°, lavés plus blanc que blanc. Et en trois générations, les politiciens eux-mêmes finissent par croire dur comme fer aux énormes bêtises qu’ils profèrent, pour les avoir entendues de la bouche de ces « experts » qui proviennent de la même génération qu’eux ou de la précédente, et qui ont de toute façon déjà été confronté à la fuite des repères et du bon sens.

Moyennant quoi, mis à part une poignée de personnes qui passent au mieux pour des originaux, au pire pour de dangereux violeurs de chatons et autres dévoreurs d’enfants, tout le monde trouvera ensuite parfaitement normal de débattre sur des thèmes dont tout montre qu’ils sont anecdotiques, imposés par un agenda politicien ridicule et l’absence compacte de tout bon sens.

Le débat lancé sera d’autant plus excité et emporté qu’on aura appliqué l’étape suivante.

4- déconnecter ceux qui touchent de l’argent de ceux qui en produisent.

Si les étapes précédentes constituent à elles seules les clauses à mon avis nécessaires pour la ruine d’un pays, elles n’en sont pas suffisantes pour autant.

Car on peut encore imaginer que, par différents moyens (dont le hasard n’est pas à écarter), certains finissent par dessiller et, comprenant la situation, tentent de redresser le pays. Afin d’éviter une telle — fâcheuse — occurrence, on aura donc soin de bien séparer dans des classes quasiment hermétiques ceux qui touchent de l’argent distribué généreusement et au prix d’un effort minimal de ceux qui le produisent, généralement avec pas mal plus de travail.

Cette scission peut s’opérer assez naturellement sur l’âge (avec le vieillissement des populations), avec des empilements de législation fiscale et un code du travail foisonnant, avec, bien sûr, des systèmes de redistribution de plus en plus complexe, des taxations incompréhensibles et des maquis impénétrables de passe-droits, de privilèges, aussi petits que nombreux.

Une fois l’agglomération d’usines-à-gaz réalisée, plus personne ne sait exactement qui est débiteur ou créditeur net du système. Et même s’il y a des gagnants très visibles, ils ne seront pas inquiétés parce qu’ils sont au milieu de millions de perdants qui s’ignorent. Chacun croyant sa situation un peu meilleure que celle du voisin ne voudra pas même voir le seul grand gagnant ultime de l’opération, celui qui aura franchi toutes les étapes précédentes…

Les autres étapes confinent ensuite à l’oeuvre d’art. La ruine est maintenant non seulement grandiose, elle devient inéluctable.

5- Décourager l’épargne

Crédit à gogo, envie frénétique de consommer maintenant ce qu’on ne voudra pas ou pourra pas rembourser plus tard, volonté de profiter largement d’un système en misant tout sur sa bonne santé future … Moyennant quelques hypothèses plus qu’hardies, on va faire comprendre qu’économiser avant d’acheter, avant de prendre sa retraite, garder une poire pour la soif, tout ça, c’est du passé.

On s’occupera de vous quoi qu’il arrive. En attendant, donnez maintenant, l’Etat vous le rendra, peut-être au centuple (peut-être pas du tout, mais chut).

Et pour les réfractaires, on va injecter de l’inflation dans l’équation. On peut : on a le monopole de la monnaie.

Dès lors, comme épargner devient un gros mot, hériter est une injure.

6- Honnir l’héritage

Ainsi, même si, lorsqu’on constate objectivement que ce ne sont pas les héritiers qui s’enrichissent le plus, loin s’en faut, on fera attention à bien ancrer dans les esprits de tous que le travailleur qui a épargné (oh, le gros mot) et qui aura légué le fruit de son travail à sa descendance est le dernier des salopards.

On comprend ici que l’étape 2 est indispensable puisque l’héritage est l’essence même de la civilisation humaine et ce qui différencie précisément l’homme de l’animal. Et pour ruiner un pays, quoi de plus efficace que de ramener sa population au rang le plus bestial possible ?

Evidemment, on procédera par étapes, hein.

Ruiner un pays efficacement, ça ne se fait pas à la hussarde. Les soviétiques ont tenté cette approche ouverte, mais même après 70 ans de pillages, de viols, de massacres et de vols, les rescapés se sont remis à accumuler dès qu’ils ont pu et à transmettre leur héritage à leur progéniture.

Tsk tsk. Les cons.

On n’insistera donc jamais assez sur l’étape 2.

Enfin, les quatre dernières étapes permettent de ferrer le poisson et de ne plus le lâcher.

7- Élire des vieux croûtons

Afin de scléroser le pays, on s’assurera d’une dynastie de politiciens qui, eux, n’hésiteront pas à capitaliser sur l’héritage des générations précédentes, et à s’accrocher à tous les postes de pouvoir. C’est vrai dans pas mal de pays occidentaux où le politicien moyen est rarement, très rarement jeune, et c’est particulièrement vrai dans les pays où le travail de sape aura été le plus vigoureux.

Ainsi, en France, l’âge moyen au Sénat est de 65 ans. On ne s’étonnera pas que la retraite à 62 ans ne les concerne pas.

Quant à l’Assemblée Nationale, avec ses 59 ans de moyenne, elle n’en est plus très loin.

8- Être fort avec les faibles et faibles avec les forts

Un Etat juste sera soutenu par sa population. Un état qui vise la ruine du pays qui le supporte a tout intérêt à se montrer aussi injuste que possible. Il n’aura de cesse de cogner sur les petits, les sans-grades, ceux qui ne sont pour lui qu’un porte-monnaie (en voiture, au travail, à la maison). Et il ne s’épargnera aucune obséquiosité avec les puissants, après desquels il s’endette d’ailleurs autant que possible (étape 1 oblige).

Enfin, et puisqu’on s’est lourdement endetté, autant claquer le produit de la dette contractée dans les opérations les plus inutiles.

9- subventionner ce qui ne fonctionne pas

… Parce que ça ne fonctionne pas, on subventionnera, on utilisera l’argent des autres pour continuer le rêve. Et on fera bien comprendre que si on ne le fait pas, c’est la fin pour ceux qui en vivent. On choisit donc ouvertement de créer des trous.

10- subventionner tout ce qui fonctionne

… Parce que ça fonctionne trop bien, on va mettre y de l’argent public, celui qui est gratuit, qui ne coûte à personne (enfin, pas tout de suite). Et lorsque les efforts nécessaires à ce que ça fonctionne se seront évaporés à mesure que la douce gratuité de l’argent des autres arrivait, ce qu’on subventionnait parce que ça marchait … ne marche plus.

Et là, magie de la recette : on subventionnera encore plus (étape 9) précisément parce que ça ne marche plus (Les exemples de marchés, de sociétés, de domaines où cela s’est passé exactement comme ça sont foison, je vous laisse les trouver).

Et lorsque ces 10 étapes sont correctement appliquées, le résultat est aussi parfait qu’inéluctable : une ruine totale.

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Commentaires62

    1. Jacques Huse de Royaumont

      « Moi, qui balance entre deux âges,
      J’ leur adresse à tous un message :

      Le temps ne fait rien à l’affaire,

      Quand on est con, on est con.
      Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père,
      Quand on est con, on est con. « 

  1. Calvin

    On retrouve bien les dix maux, et même amplifiés, pour affronter (lol) la prochaine crise qui se profile.
    On est mal, CPEF…

  2. Calvin

    Et pourquoi changer une stratégie débile qui fonctionne si bien pour gruger les électeurs ?
    J’apprends que l’Ane Hidalgo est actuellement en tête des sondages pour Paris.
    C’est donc open bar pour le n’importe quoi…

  3. Makalioka

    Bravo H16!
    Le billet a bien vieilli, certes, un peu comme un kilbus de picrate bien né.
    Il est primordial de rappeler ces stratégies terribles de conséquences, afin que nous les ayons toutes en nous de façon spontanée.
    Ajouter quelque chose?, en toute humilité, pourquoi pas le: « jouer gagnant sur l’oubli des citoyens », l’oubli, une composante humaine fort utile, mais qui, dans le cas présent, donne un sacré coup de pouce à ces infâmes personnes.

  4. Higgins

    Cette semaine, le seul organisme qui a donné le sentiment de vraiment faire son boulot est le Sénat. En saisissant la Parquet suite aux déclarations douteuses d’un certain nombre de collaborateurs du Château, il a enfoncé une belle épine dans le pied d’une macronie que je considère mal au point. La violence des réactions assez puériles et indignes d’individus prétendant régenter la vie de ce pays montre qu’il a visé juste. Ce faisant, il accentue le naufrage, hélas quotidien, de la clique de députés, parfaits zélateurs de l’ineptocratie française. La pseudo commission d’enquête que ces derniers ont conduite en est un bel exemple. Régis de Castelnau, sur son blog, publie un beau billet sur ce sujet. Du coup, je lui pardonne un instant son antilibéralisme primaire assez énervant: https:/ /www.vududroit.com/2019/03/benalla-et-role-du-senat-qui-sont-les-factieux/
    Ceci dit, c’est maintenant au Parquet de jouer et il est à craindre que, comme il le fait assez régulièrement, il se couche devant l’exécutif et dilue cette affaire. Autant on imagine mal voir des mensonges proférés devant le Sénat ou la chambre des représentants aux USA, autant c’est un exercice presque obligé en démocrature française. Le naufrage de la Ripoublique est là résumé dans un fait avec une complaisance, faut–il le souligner encore une fois, de nos chers merdias. Sur France Cu, ce matin à 10h00 on a eu droit à un long reportage sur les deux, je dis bien deux, pauvres oiseaux mazoutés par le naufrage d’un cargo il y a quinze jours, preuve qu’il ya des priorités dans ce pays qui n’en finit pas, lui, de sombrer.

  5. Iskanderkul

    Développement du point 3- Rendre les gens ignorants : diriger les inquiétudes inhérentes à tout groupes humains vers des points de fixations, pour occuper et détourner l’attention de chacun de la réalité qu’il vaut mieux cacher; comme nous sommes des sociétés techniciennes, le CO2 est un très bon candidat, d’autant plus que *personne* n’y comprend rien.
    Très curieusement, ce battage institutionnalisé s’inscrit parfaitement dans les autres points 1 à 10, on n’aurait pas pu trouver mieux. Et on peut taxer non seulement les Français, mais le monde entier, à part quelques vilains réticents.

    1. pabizou

      Réticents? vous voulez dire fascistes d’extrème droite prêts à regarder griller le monde en dégustant leur pop-corn et en plus ces salops sont de plus en plus nombreux . Heureusement, nous on a Micron …cocorico

    2. durru

      Effectivement, le point 3 est celui sur lequel je voulais rebondir aussi.
      Rendre les gens ignorants ne passe pas seulement par la case économique. Des analphabètes fonctionnels complets c’est encore mieux. Et on ne peut pas dire que l’EdNat n’ait pas accompli avec succès cette immense tache (enfin, tâche, si vous voulez).

  6. MCA

    Ce billet on le dirait écrit par Orwell.

    L’endettement du pays s’appuie sur notre propre lâcheté, repousser à plus tard et et de préférence pour les autres la facture.

    Quand Sarko a lancé son « Grand emprunt » , je ne me souviens pas d’une quelconque protestation, et pourtant c’était bien là qu’il fallait descendre dans la rue.

    A ce sujet si quelqu’un sait où est passé le pognon je suis preneur…

    1. paf

      ‘notre propre lachete blabla salade de mots’
      C’est marrant ton commentaire ainsi que celui des zintellectuels de la republique illustre parfaitement bien l’absence de signification, de haut, et de bas.Descendre dans la rue pour protester contre un emprunt…

      1. durru

        Rien compris. Je trouve lâche également (et absolument anti-démocratique) d’engager la responsabilité d’autrui (les générations futures, en l’occurrence). Et ça me semble clair et précis, pas « salade de mots ».
        Ca doit être l’analphabétisme fonctionnel que j’évoquais plus haut…

      2. MCA

        @paf 24 mars 2019, 13 h 59 min

        Vivre à crédit alors que ce sont toujours les mêmes des générations actuelles qui paient et les générations suivantes qui paieront, oui, j’appelle cela de la lâcheté!

        Descendre dans la rue pour dire ça suffit de nous endetter et d’endetter nos enfants me paraît une action salutaire, adulte et respectable.

        75,9 milliards de recettes recouvrées par l’IR (Impôt sur le Revenu payé par moins d’un ménage sur deux)

        A mettre en parallèle avec :

        Plus de 40 milliards d’euros d’intérêts versés chaque année, au titre des intérêts de la dette. C’est le deuxième poste de dépense du budget de l’État.

        Et on ne parle même pas du capital à rembourser alors qu’il ne fait que croître….

        Faire l’autruche n’est pas le meilleur moyen de traiter les problèmes.

        Assez assaisonnée la salade?

    2. Val

      @MCA emprunter n’est pas un mal en soi, tout dépend ce que l’on en fait, ton banquier le sait bien et toi aussi. « Bizarrement » les banquiers centraux n’ont pas du tout les mêmes exigences vis à vis des états … parce que celui qui emprunte n’est pas celui qui paiera , pratique !

      1. durru

        « Ce que l’on en fait » ? Ce n’est pas, habituellement, le critère principal pour accorder ou non le crédit ? Oups… j’ai rien dit.

      2. MCA

        @Val – 24 mars 2019, 14 h 04 min

        Je n’ai rien à priori contre l’emprunt investissement (quoiqu’à un certain moment il faut aussi arrêter le char) mais si c’est « investir » pour nous faire des ronds-points tous les 100 mètres, nous abreuver de JO 2024, nous faire un Grand Paris au coût incontrôlable j’y vois surtout la dépense mais pas réellement le bénéfice sauf à fournir des chantiers lucratifs aux petits copains sur le dos de la collectivité.

        Par contre emprunter pour financer les fins de mois c’est hypothéquer l’avenir et à terme nous réduire en esclavage par la dette.

        En réalité, j’ai le sentiment que notre pays s’appauvrit mais que c’est inavouable car le corollaire serait la réduction du train de vie des citoyens.

        Alors les gouvernements successifs l’endettent pour acheter la paix sociale mais un jour la facture arrivera en bloc et ce n’est pas une marche que nous descendrons mais une falaise.

        1. Gosseyn

          La responsabilité des prêteurs peut être engagée, en cas de prêts inconsidérés. D’autre part, il n’est possible de se prêter, dans les règles, en particulier par le moyen de dirigeants volants public-privé.
          Voyez ce qu’il peut en coûter à des individus et le chaos qui en résulte pour eux.
          Prenez maintenant un très grand facteur multiplicateur et appliquez cela à des États en crise…
          Je dis que bien peu de gens, même spécialistes du domaine, peuvent imaginer ce qu’il adviendrait, autant pour les structures financières qui se livrent en ce moment à ce jeu que pour ceux qui en auront croqué (au sens large).
          Or et dans ce cas, nous ne serions plus dans le scénario d’un petit État pressuré par la première puissance mondiale voulant y imposer la  »démocratie » …
          Faites vos jeux !

      3. Aristarkke

        Les banquiers centraux sont peut-être indépendants des états dans le principe, ils n’en sont pas moins sous la coupe desdits états puisque leurs lieux de pouvoir sont construits dans les territoires des états sans même une quelconque extraterritorialité…
        Ils bénéficient donc de la « protection » des États pour exercer leurs magistères…

    3. Higgins

      Georges Orwell, reincarnė dans H16?!!! Pourquoi pas? Pour notre hôte, c’est une ascendance plus que respectable. J’approuve.

        1. Aristarkke

          J’y ai renoncé publiquement puisque me retrouvant bien seul au delà du parapet de la tranchée pour défendre la cause. M’y soutenir, c’était avant qu’il aurait fallu t’y résoudre…

  7. Infraniouzes

    Dans votre liste vous avez oublié, mais c’est peut être en filigrane, le fameux « j’ai droit à » qui a son corollaire dans « les avantages acquis ». La liste des deux est interminable et, en dépit des marchands de miel qui disent que la Sécu est en équilibre, on sent que ce tonneau des Danaïdes nous envoie droit dans le mur. Longtemps j’ai cru qu’on arrivait au bout du bout et que des spasmes populaires (jaunes ou bleus) allaient descendre tous les faisans qui nous grugent. Rien du tout. Comme ceux qui annoncent depuis dix ans la catastrophe financière mondiale et globale. En somme, il doit y en avoir pour tout le monde. Mais rien de rien. Alors j’ai supposé que le cautère sur jambe de bois qui retarde tout était le financement artificiel de la dette monstrueuse qui pourrait pousser les pays européens dans les bras de la guerre. Et au niveau mondial, on est abasourdi devant les monceaux d’argent créé ex-nihilo par la FED et par le BCE. Mais les dirigeants, qui pensent pour nous, savent qu’il est impossible de s’y retrouver: la Grèce devait exploser depuis longtemps ? Toujours là. L’Italie au bord du gouffre ? On y mange toujours d’excellentes pâtes, les Ferrari se vendent très bien et dans la plaine milanaise les usines tournent à fond. Le Portugal ? Rien à signaler. Alors quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi ça ne pète pas alors que tout est prêt. Je fais partie de la cohorte des idiots qui mourront sans avoir rien compris au jeu.

  8. Mildred

    Je savais bien que j’aurais l’occasion de recycler chez vous cette phrase de Henri Guillemin dans « Réflexions sur la Commune », citée par Le Canard enchaîné, pour vous demander ce que vous en pensiez :
    « Ce que redoutent avant tout les « honnêtes gens », comme se qualifient eux-mêmes les possédants, ce n’est pas la défaite militaire face à Bismarck, un homme avec qui on peut s’entendre. Mais qu’à l’occasion de ce grand chambardement le bas peuple et ses représentants prennent le pouvoir : « L’important, c’est de conserver la structure économique et sociale, l’ordre établi, celui qu’avait si bien défini Voltaire : « Le petit nombre fait travailler le grand nombre, et nourri par lui le gouverne «  »

  9. Sinouhe

    Pour parler de la forme, je trouve que le style du H a bien évolué.
    Il est beaucoup plus ciselé désormais, plus sarcastique. Il fait beaucoup plus dégâts et c’est très bien comme ça.
    Ce billet, toujours sur la forme, on aurait pu le trouver sous d’autres plumes. En revanche, maintenant arrivé à maturation, son style ne laisse aucun doute sur l’auteur.

    1. Aristarkke

      Le trouver sous d’autres plumes ???
      Vu le nombre constatable de défendeurs de la cause libérale, permettez-moi (ou nous) d’en douter quelque peu quant au nombre réel d’occurrences possibles camouflées par le pluriel…
      Aucune chance d’en trouver une chez les éditorialistes ou les journalistes stipendiés…

    1. Aristarkke

      Avec une élection avant la date de mise en œuvre…
      Nous sentons clairement le Sun Tzu voulant renouveler l’art de la politique…

            1. Aristarkke

              Sois encourageant, MCA! Sinon, il va retomber dans sa facilité (appelons cela comme ça) coutumière d’îlien tropical…

          1. MCA

            Ca s’explique par opposition et pour en saisir toute la finesse il faut au préalable posséder la notion « travail’ qui est incompatible avec la notion « hamac » :0)

        1. Aristarkke

          Le 1er juin tombant pendant les vacances???
          Ça sent son rentier…
          [Fais attention de ne pas passer par chez Marie A…]

  10. Léo C

    Un billet qui a un peu vieilli ? Il est des plus contemporains; il est visionnaire au contraire.

    Votre analyse est bouleversante. Je pense que les gilets jaunes ne sont que la partie émergée de l’iceberg vers lequel nous fonçons.

    La mécanique est bien rodée; on dégage, en principe (quoique), ceux dont les promesses fallacieuses ne dupent plus, on remplace par d’autres qui formulent les mêmes, de façon différente, et on attend que l’effet se dissipe pour revenir à l’étape du dessus.

    Comme il n’y a aucune obligation de résultat, on peut reprendre les mêmes qu’on assied sur un autre fauteuil. Ils y seront tout aussi incompétents.

    1. Aristarkke

      Votre dernier paragraphe paraît adapté pour Ali Juppé ou Brune Poi(r)son ainsi qu’à tant d’autres catastrophes ambulantes…

    2. Aristarkke

      Il avait déjà atteint les 159 commentaires, soit largement le double pour ne pas dire le triple de la moyenne d’alors, heureuse époque du billet quotidien 6/7 que nous connûmes alors… 😉

      1. MCA

        « J’y ai renoncé publiquement puisque me retrouvant bien seul au delà du parapet de la tranchée pour défendre la cause. »

        « heureuse époque du billet quotidien 6/7 que nous connûmes alors… »

        Il y a une contradiction cachée, ami lecteur sauras-tu trouver laquelle? :o)))

  11. Aristarkke

    Superbe texte qui n’a pas pris une ride. Remarque : certaines des étapes décrites sont concomitantes entre elles et non pas successives…

      1. Aristarkke

        Hem! Ils le mettent tous en œuvre mais ne s’en réclament absolument pas en doctrine. Par exemple, La faillite de l’Ednat est avérée mais officiellement, tout (et le reste) est mis en œuvre pour que tous les petits n’enfants atteignent une excellence Uber alles dans la formation…
        Et ainsi de suite…

  12. Aristarkke

    Parti explorer les commentaires de l’article initial. Seuls le Galapiat (hé oui!), Theo31 et Franck Boizard (assez rarement) sont le trio de commentateurs qui a manifesté sa constance jusqu’à maintenant…
    D’autres ont suivi quelques années supplémentaires mais ont lâché depuis…

    1. Twin

      Je suis h16 depuis des années j’intervient pas souvent n’ayant rarement quelques chose a ajouter ,
      après les commentaires des un et des autres .
      TWIN

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