Un trop prolixe président

Cela ne peut plus durer : non seulement il a été élu avec une confortable avance, non seulement il détériore la concurrence à coup d’encommissionage honteux de vieux caciques socialistes, mais en plus, il parle trop ! Pas de doute, Sarkozy est devenu omniprésent dans les média ! A tel point que le pauvre Didier Mathus, député socialiste de Saône-et-Loire, n’en peut plus d’entendre les interventions incessantes du président…

Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère, le petit Mathus. Il a décidé, tout seul comme un grand, de saisir le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pour qu’il soit mis fin à ces débordements scandaleux de la parole présidentielle sur les ondes. En effet, le petit Didier considère qu’un bon président est un président muet ou quasiment, comme, par exemple, le précédent, qui avait le bon goût d’être sourd en même temps ce qui lui permettait de conserver un silence solennel en toutes circonstances.

Avec un président muet, on a l’énorme avantage de disposer de la voix d’un gouvernement, de celle de la majorité, et de celle d’une opposition qui se partageront clairement le temps d’antenne en trois. Mais voilà. Pour lui,

… le temps de parole du Président de la République n’est jusqu’à ce jour pas pris en compte.
… L’omniprésence médiatique et la volubilité du Président se revendiquant clairement comme chef de la majorité rend la précédente règle caduque.

En effet, l’insupportable pipelette émet des avis pour tout et n’importe quoi. Pire, il entend « gouverner » (oh!) et l’a clairement fait savoir, tout faquin éhonté qu’il est. Mathus en a été réduit à cette extrémité : il a pris sa plus belle plume pour protester.

On pourra pouffer. Pouffons même de bon coeur en réfléchissant quelque peu à l’argumentaire utilisé, et aux conséquences logiques des gesticulations pathétiques d’un membre déboussolé du parti en perdition.

D’une part, on pourra noter que si le prez Sarko ne se gêne effectivement pas pour apparaître dans les média, on est encore assez loin de l’omniprésence d’un Chavez ou d’un Castro. Toute proportion gardée, il reste encore un peu de respiration dans les télévisions françaises pour insérer quelques écrans de pubs et quelques émissions de télé-réalité entre deux discours-fleuves du Réformator. En outre, le fait que le président génère, par son action (ou son hyperaction, diraient certains), du mouvement médiatique et qu’on parle de lui ne peut pas, directement, lui être imputé : il dispose de l’aura « légitime » et les retombées médiatiques logiques qu’un président peut avoir dans l’exercice de ses fonctions.

Certes, les précédents présidents étaient assez discrets et celui-ci, apparemment pris d’une frénétique bougeotte, n’en finit pas de faire savoir qu’il s’agite … et la presse bruisse facilement des craquements de parquets de l’Elysée. Mais peut-on honnêtement reprocher à l’élu de faire quelque chose, même très approximativement ? A la lecture de la pénible prose de Mathus, on a même l’impression que l’action du chef de l’état, de par la médiatisation qui s’ensuit, empiète sur la démocratie !

Mais le plus pouffable, finalement, ce sont les conséquences logiques d’une application stricte d’un temps de parole égalitaire de tous les intervenants politiques dans les média français.

Sans même évoquer le douloureux problème des média en ligne comme les blogs et les journaux internet que l’Etat a bien du mal à contrôler (et ce n’est pas les efforts qu’il fait à ce sujet qui manquent…), et en ne se consacrant qu’aux temps de parole mis sur les ondes radios et télévisuelles, on aboutit à un formidable casse-tête que seule une bonne gloubicratie peut produire. Pour rappel, la gloubicratie est cette salade entre la démocratie, le socialisme, l’égalitarisme et le fascisme rampant caché derrière une bonne dose de moraline gluante, qu’un monstre gentil comme Casimir n’aurait pas renié pour son quatre heures[1].

En effet, si l’on doit compter les interventions du Nicolas, on devra en toute bonne logique compter aussi, par exemple, les interventions de la Cécilia. Ce qui aura le don de relancer le passsssssionnant débat qui vise à savoir – enfin ! – quel statut accorder à la première dame de Fraônce. Question qui taraude tout un chacun alors que l’attention sur le Tour de France s’émousse de ne trouver sous un méchant cagnard qu’une tripotée de drogués suant sang, érythropoïétine et nandrolone survitaminée…

De la même façon, devra-t-on ajuster le temps de parole de la majorité lorsque le président s’exprime en France sur un sujet international, à l’étranger sur un sujet français ? Devra-t-on décompter les minutes et les secondes de paroles quand une des filles du couple présidentiel s’exprimera ? Comment doit-on compter rigoureusement les interventions d’un maire PS d’une petite commune ? D’une grande ? Pourquoi, si l’on veut faire juste, ne pas aussi accorder un temps de parole proportionnel à leur présence à l’assemblée aux communistes-verts et aux communistes-rouges ? Que dire du nano-Bayrou et son micro-groupe ?

Quelques questions me viennent à l’esprit : l’intervention de Mathus pour réclamer l’égalité stricte et pointilleuse des temps de parole, pour ajouter à la règlementation touffue des média du pays le résultat douteux de ses petites manœuvres mesquines, doit-elle être compté dans le temps de parole de l’opposition ?

Ne devrait-on pas aussi insister pour que les chaînes diffusent des programmes plus clairement de droite puisque tant d’émissions se bousculent sur la gauche du spectre ? Pourrait-on, dans ce genre de logique foireuse – mais très rigolote à bien y réfléchir – demander une adaptation frontiste de « Plus Belle La Vie », ou une version ultra-libérale de « Louis La Brocante » ? Ok, cela reviendrait à faire du Derrick sous amphétamines, mais justement : la créativité française en aurait bien besoin, non ?

Autre question d’importance : compte-tenu des émoluments de ce brave Didier, n’avait-il pas mieux à faire que dépenser son temps et donc notre argent dans ce genre de combats ridicules pour masquer l’incompétence crasse de son parti et de ses membres à se rassembler autour d’idées claires et réellement humanistes ?

Une chose reste sûre : la sociale-démocrassie galope droit devant, et les petits poneys du socialisme s’en donnent à coeur joie.

Notes

[1] Attention : ceci n’est pas pour dire que Casimir est socialiste ! Encore que…

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Commentaires4

  1. aeno

    Le président Sarkozy n’étant membre d’aucun parti politique, tout ceci ne peut qu’apparaitre comme un coup de pub du député Mathus.

    Mais le plus important me semble de devoir prendre la défense de Casimir.

    Oui Casimir est socialiste.
    Mais il vit dans un monde enchanté, et rappelons que le socialisme ne peut être appliqué avec réussite que dans les mondes enchantés.
    Et c’est pour cela que contrairement à Staline Mao Castro …, Casimir est un monstre qui fait rire.

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