Zappe ton éducation

C’est depuis le début du XXème siècle que l’État a renoncé à se cantonner à l’instruction des têtes blondes pour leur fournir aussi l’éducation, tâche qui incombait auparavant aux parents. Ce qui se passe actuellement dans un lycée technique du 13ème arrondissement de Paris donne une idée assez claire du résultat obtenu : tripotée mortellement par le doigt de l’État, l’éducation de base a disparu.

En effet, en 1932, le ministère de l’Instruction Publique cède la place à celui de l’Éducation Nationale. Ce changement de nom ne fut pas que symbolique puisque chaque jour qui passe depuis montre la lente mais certaine immixtion  de la chose publique dans l’édification des consciences et des comportements des enfants.

Ici, l’affaire est à la fois banale et tout à fait caractéristique.

Un professeur tente de faire cours dans des conditions d’attention de la part de ses élèves que l’on pourra qualifier de minimale : certains téléphonent, d’autres se maquillent, et globalement, le cours d’anglais leur passe très au-dessus de la tête.

Tentant de retrouver un peu de discipline dans sa classe, cette malheureuse écervelée, probablement une vieille pie réactionnaire qui ne laisse pas les jeunes exprimer toute leur créativité, a décidé – quelle abomination – d’interdire l’utilisation des portables et du maquillage dans son cours (qui, je le rappelle, est un cours de langue, pas d’esthéticienne).

Les élèves, outrés, s’en offusquent vertement, avec les termes fleuris qu’on peut imaginer. On n’est pas encore aux jeunes déçus, mais on sent qu’on s’en rapproche. La direction est apostrophée.

Comme de juste dans ces cas-là, cette dernière s’éparpille en congés-maladie et autres manoeuvres dilatoires typiques des personnes pour qui la moindre responsabilité et le plus petit travail sont synonymes de fatigue généralisée et de feuille de soin à remplir vite vite pour obtenir des jours d’absence sponsorisés par la CPAM.

Dans son croustillant article relatant les faits, la journaliste s’empresse bien évidemment de fustiger l’attitude lamentable de ces petits trous du culs élèves créatifs et d’en appeler à des mesures fermes pour remettre les choses d’équerres et … Ah tiens, non, rien du tout… Dans son croustillant article relatant les faits, la journaliste s’empresse donc de se demander vaguement si enseigner, c’est faire de la présence, dans la petite phrase en fin d’article, et … c’est tout.

C’est déjà bien que l’article paraisse, si on veut aller par là.

Mais on sent qu’une telle affaire n’intéresse finalement pas grand’monde, à l’exception, bien sûr, des sales petits réactionnaires de la blogosphère comme SOS Education, le Salon Beige, … ou votre serviteur.

Pour Le Salon Beige, c’est le refus d’éduquer des enfants-roi qui aboutit à cette triste situation.

En réalité, j’aurai tendance à penser que ces charmants enfants réagissent en parfait accord avec l’éducation qu’ils ont, effectivement, reçue. Celle-ci tend, à l’évidence, à bousiller méthodiquement toutes les bases du savoir-vivre, mais il n’en reste pas moins que ces élèves s’inscrivent parfaitement dans le mouvement général de branlosité vigoureuse que l’époque porte au pinacle des références du vivrensemble et autres fadaises progressivo-nihilistes qu’on nous ressert à l’envi dès qu’une occasion se présente.

Ainsi, les aimables gamins ont très bien compris que le pouvoir de nuisance est d’autant plus important qu’on crie fort, même si c’est pour hurler d’abrutissantes conneries.

Éduqués à la mamelle étatique, ils se sont très bien adaptés à l’absence de répondant et de responsabilité en face d’eux : ils savaient ainsi que leurs parents se chargeraient de ne rien faire contre leurs actions, par exemple, et que la direction de l’établissement ou l’ensemble des professeurs concernés s’évaporeraient devant toute prise de position ferme.

Cette ridicule illustration de la perte complète des repères essentiels d’une société normalement constituée amène maintenant à se poser des questions.

Sachant qu’elle ne déclenchera probablement aucun intérêt de la part des politiciens et qu’il n’y aura, au mieux, que quelques blogueurs « passéistes » et « réacs » pour la commenter, combien de temps faudra-t-il pour que le professeur moyen dans un lycée lambda soit convaincu, par l’expérience ou par les institutions, que son travail consiste exclusivement à débiter un savoir pré-mâché, en tranches, et sans le moindre contrôle d’assimilation ? Combien de temps faudra-t-il maintenant pour que la présence en cours soit totalement optionnelle ou, mieux encore, rémunérée ?

En fait, tout montre que l’instruction, puis l’éducation, puis le simple savoir-vivre, ont été placés dans le giron de l’état à la demande effervescente et joyeuse de parents-citoyens toujours plus heureux de se débarrasser de toute corvée, et se sont transformés en vaste fumisterie approximative où plus personne ne veut prendre la moindre décision qui froisserait les égos devenus surdimensionnés des petits cons qu’on produit maintenant en batterie.

Pire : ces élèves sont l’exact reflet de la société du couinement, des petits roitelets bouffis de leurs droits et totalement amnésiques de leurs devoirs, arrogants de stupidité et heureux de l’être. Absolument détachés de toute autorité, qu’elle fût parentale ou sociétale en général, ils s’autorisent maintenant des comportements que seule une vigoureuse distribution de fessées carabinées permettrait de remettre en perspective : des petits caprices d’enfants trop gâtés.

Or, un jour, ces anus frétillants, la tête farcie des gaz qu’ils n’ont pas encore relâchés, vont se retrouver dans la position consternante de devoir éduquer leur propre progéniture, la ligature des trompes et la vasectomie n’étant pas une option médiatisée dans les cours d’éducation sexuelle qu’on leur fournit pourtant gratuitement alors qu’ils se curent le nez avec l’antenne de leur GSM.

Ce qui va donc inévitablement se traduire par un accroissement de ce genre de comportements.

Je vous laisse imaginer à la fois l’exemple formidable que ces têtards abrutis constituent pour leurs autres camarades, leur perspective d’évolution dans la société, et a contrario, le modèle extraordinaire que nous offre par son attitude générale l’institution d’éducation, et, plus généralement, la société qui, finalement, se fiche ouvertement de ce genre de cas.

Chaque événement de la sorte constitue, en réalité, un clou supplémentaire sur le cercueil de l’éducation socialisée. Petit-à-petit, on pousse les parents et les enseignants responsables à se réfugier dans l’enseignement privé, à fuir les ghettos d’arriérés que l’Éducation Nationale s’emploie à construire minutieusement.

Je ne suis pas sûr de ne pas trouver ça bien, finalement.

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Commentaires52

  1. Rom1

    Moi je le trouve pas mal du tout cet article.
    Sa modération et sa simplicité ne font que le rendre plus incisif.

    Ainsi le paragraphe final :

    De leur côté, une partie des enseignants se trouvent bien peu soutenus par leur direction. Selon Marie-Hélène Fougeron, professeur et militante de SUD, aurait « été évoquée l’idée de changer l’enseignante d’anglais au nom de « la continuité du service public » ». Reste à savoir si cette continuité du service public d’éducation, c’est d’être devant la classe ou bien d’assurer un cours.

    Ça, c’est pour le proviseur et le rectorat. In cauda venenum.
    Mais avant, les élèves aussi en prennent pour leur grade.

    Hélas pour eux, la sanction collective existe. Elle viendra quand ils se rendront compte qu’en plus de ne pas savoir écrire français, ils ne maîtrisent pas l’anglais. Mais alors il sera trop tard.

    1. @Rom1 : soit, l’article est simple. Je ne l’ai d’ailleurs pas classé en « pignouferies de presse », ce qui, pour Le Monde, est déjà un exploit. Mais bon, on ne sent pas non plus une volonté farouche de faire valoir des arguments de bon sens de la part de la rédactrice. C’est un peu mou, en somme…

  2. Marie

    Platon l’a dit il y a bien longtemps : quand les pères et les professeurs craignent la jeunesse, la tyrannie est proche. Mais n’ayons crainte, Nadine Morano et Edwige Antier veillent.

  3. Higgins

    Moi, ce que je trouve pitoyable, c’est la réaction du corps enseignant et du proviseur. Arrêt maladie pour cette dernière, débrayage pour les premiers: comment peuvent-ils être respectés? Ils ne récoltent que ce qu’ils ont semé depuis plus de trente ans.
    Maintenant, et bien que je sois un fervent supporter du privé, je partage ton inquiétude, H16, à propos du devenir de cette école. L’idéologie gauchiste ayant fait main basse, avec la complicité plus ou moins active des gouvernements successifs depuis la guerre, sur le système éducatif et, indépendamment des réactions individuelles salutaires observées çà et là chez des parents comme chez des enseignants, ne sommes-nous pas face à la réponse du berger à la bergère: pour contre enfin cette menace insidieuse, pousser ceux qui le veulent dans les bras du privé afin de sauvegarder ce qui peut encore l’être?
    La république (la 3ème) s’est construite sur le triptyque famille-école-armées. Las, la famille est en voie de disparition, l’école ne sera plus qu’un vague souvenir. Quant à l’armée, il suffit de lire les quelques blogs spécialisés pur comprendre dans quelle impasse les politiques l’ont mis (ex: http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/11/je-suis-caporal-dans-linfanterie-voil%C3%A0-pourquoi-je-quitte.html. Lire en particulier la mise au point de l’auteur du texte suite à certains commentaires peu amènes.)

  4. SOS Éducation

    En effet, la substitution de l’Éducation nationale à l’Instruction publique « ne fut pas que symbolique ».

    C’est là qu’a commencé, pour paraphraser Hayek, la route vers la servitude éducative. À partir du moment où l’État s’est chargé de s’occuper de ce qui relève des parents et des familles, l’éducation, on pouvait s’attendre à ce que celle-ci se mue en endoctrinement idéologique, au mépris du savoir…

  5. Jesrad

    « Platon l’a dit il y a bien longtemps : quand les pères et les professeurs craignent la jeunesse, la tyrannie est proche. »

    Je rappellerais également que Socrate fut exécuté pour expier les destructions qu’ont apporté les jeunes trous du cul relativistes qui traînaient dans son sillage. Les mêmes causes, les mêmes effets ?

  6. David Barbaud

    Je découvre ce site et le ton vif et inspiré de son auteur. Il est temps pour la « reacosphère » de ré-agir encore et plus au délitement assumé de notre belle Education Nationale mammouthienne.
    Ceci dit, le fait que le Monde, organe officiel du pédagogisme triomphant commence à évoquer sporadiquement ce genre de dysfonctionnement est plutôt un progrès. Après Marianne, le journalisme commencerait il à s’interroger ? Mais la route est encore longue et la pente forte comme disait un ancien premier ministre.
    Post scriptum : quelqu’un pourrait-il flanquer une bonne fessée à Edwige Antier ?

  7. Breizh06

    « pourtant gratuitement alors qu’ils se curent le nez avec l’antenne de leur GSM. »
    Cela fait un moment que les GSM n’ont plus d’antenne apparente. 🙂

    Quant à l’excellente Edwige Antier je ne me souviens pas avoir entendu un journaleux rappeler l’affaire dans laquelle elle fut condamnée (avec son mari). Un an prison avec sursis, quand même…

  8. Lina

    Eh beh, quelle vision apocalyptique !

    Vu la tonalité du post et celle de certains commentaires, je vais très certainement me faire déchirer à belles dents, mais autant cet article du Monde m’atterre (en fait, je ne sais pas ce qui m’atterre le plus : le contenu de l’article ou sa dernière phrase ?), autant ces réactions m’atterrent aussi et me donnent envie de faire de l’ironie.

    Je suis d’accord que tout est très loin d’être rose dans l’Education nationale.

    Je suis aussi d’accord que ces gosses n’ont manifestement pas eu suffisamment de fessées quand ils ont été petits (Edwige Antier non plus, d’ailleurs).

    Je ne prends donc en aucun cas leur défense.

    Mais n’avez-vous pas l’impression que vos réactions à vous aussi sont étonnamment extrèmistes ? Quelle violence ! Voilà qui n’est pas exactement de signe d’un comportement éduqué sous le signe des Lumières et du respect d’autrui ! Couvrez-vous la tête de cendres et annoncez la fin du monde, c’est votre droit, mais une telle réaction ne fait en rien avancer le schmilblick : elle l’aggrave même tout autant que la démission des parents, celle des profs, de l’administration, etc.

    Le propre d’adultes responsables, ce ne serait pas aussi de montrer le bon exemple, par hasard ? Ces ados n’ont manifestement jamais eu de limite, ce n’est pas une réaction de haine démesurée qui va leur apprendre ce que c’est ! Ne serait-il pas plus profitable et censé de se servir de notre tête pour essayer de trouver une solution, au lieu de s’abandonner à la violence ?

    C’est bon, vous pouvez lâcher les chiens, je suis prête à faire la victime expiatoire ! :p

    Ps : oui, je sais, je prends tout au premier degré et j’ai bien conscience aussi que ça fait partie du ton général de ce blog et de sa thématique !

    1. @Lina : « haine démesurée » ? Fichtre, non. Je n’éprouve aucune haine pour ces gamins sans éducation et sans savoir vivre. En revanche, j’ai pas mal de dégoût de la part de leurs parents qui ont laissé cette situation se passer sans réagir, et le plus parfait mépris des institutions qui semblent s’en taper le coquillard.

      Pour ce qui est des solutions, elles sont évidentes : responsabilisation des parents, par exemple en excluant tous les élèves signataires pour 2 ou 3 jours, histoire de montrer les limites, précisément, lettres aux parents expliquant exactement que l’école n’est pas une garderie, qu’à cet âge, elle n’est plus obligatoire pour eux et comme elle est gratuite, si ces gamins viennent, ils doivent faire l’effort pour eux et les autres d’un minimum de respect sinon, ouste. Mais ces solutions paraissent évidentes, non ?

      De façon générale, il n’est plus temps de proposer des solutions. Cela fait des années que les libéraux s’époumonent dans le vide à expliquer que l’Etat n’est pas l’alpha et l’omega des solutions, surtout lorsqu’il est généralement le problème. Cela fait des années que nous dénonçons ces situations ubuesques d’inculture crasse, de déresponsabilisation galopante et joyeuse. Cela fait des années, des décennies que nous avons dit comment cela allait se passer et ce à quoi cela allait aboutir, en ayant eu raison.

      A présent que la raison et les explications ont été données, ont été ignorées, et que les libéraux ont été moqués et leur pensée déformée pour mieux les repousser dans l’antichambre de l’oubli, il n’est plus temps de montrer un visage calme et serein, posé et philosophe. Il y a 20 ans, il y a 10 ans, peut-être. Plus maintenant.

      Je crains que ce constat amère ne déplaise à certains, mais c’est une constatation que j’ai faite il y a pas mal de temps : la France a déjà passé le point de non retour. Tenter d’améliorer les choses est illusoire : le pays ne s’est jamais réformé par petites touches, mais seulement par grands bouleversements. Les temps qui viennent sont, très probablement, lourds de menace. Et si les libéraux ne veulent pas se faire bouffer, si l’on ne veut pas sombrer dans le populisme le plus bas, il va falloir autre chose que de la gentillesse et de l’explication posée.

      Mais c’est mon avis, et je comprends qu’il ne soit pas partagé par tous.

  9. Lina

    En attendant, là où vous vous contentez de « parents-citoyens toujours plus heureux de se débarrasser de toute corvée », lorsqu’il s’agit de leurs enfants, vous êtes nettement plus « créatif » :

    -« petits trous du cul »
    -« petits cons »
    -« petits roitelets bouffis de leurs droits et totalement amnésiques de leurs devoirs, arrogants de stupidité et heureux de l’être »
    -« anus frétillants, la tête farcie des gaz qu’ils n’ont pas encore relâchés » (je crois que celle-là est ma préférée :p)
    -« têtards abrutis »

    D’où une réaction que je trouve démesurée (l’adjectif portait surtout sur « réaction », la haine étant, par définition, quelque chose de démesuré, mais c’est vrai que la grammaire n’aidait pas à voir avec quoi se faisait l’accord…).

    Quant aux solutions proposées, il faut effectivement que les adultes (parents, enseignants, administration) assument leur rôle (et leur devoir) d’adultes pour que ces gamins puissent à leur tour se conduire en (presque) adultes (parce qu’ils ont déjà ou vont avoir le droit de vote, ces gosses).

    Mais si on se contente d’imaginer des réactions extérieures à eux, i.e. qui les envisagent comme des objets passifs et non comme des sujets actifs, on est toujours dans le cercle vicieux : se maquiller, téléphoner en cours, c’est continuer à se comporter comme un tout petit qui ne sait pas exister et se tenir en société ; se rassembler pour faire une lettre au proviseur, même si c’est pour quelque chose qui mérite un vigoureux coup de pied au cul, c’est quand même un début d’organisation sociale et d’adulte.

    A mon avis, une piste à explorer, c’est de les faire réfléchir sur ce que c’est que d’être adulte (et je connais assez peu d’ados qui revendiquent une quelconque volonté d’être de gros bébés), en philo par exemple. Quoi ? en STG, ils n’ont qu’une heure de philo par semaine, plus une autre en demi-groupes ? Ne serait-ce pas le signe que, d’une manière générale, on a refusé de faire des élèves de cette filière des citoyens responsables, capables d’user de leur raison ? Et après, on s’étonne qu’ils ruent dans les brancards sociaux, en s’en prenant à cette pauvre prof d’anglais qui n’avait franchement pas besoin de ça ? Ces gosses n’ont pas d’ambition pour eux-mêmes et personne n’en a pour eux, ce qui aggrave leur cas, donc ils se tirent une balle dans le pied, en se comportant effectivement comme des petits cons et en ne comprenant pas que c’est à l’école que s’élabore leur vie future (parce qu’après, ce seront les mêmes qui râleront en disant qu’ils ne trouvent pas de travail et qui continueront à se comporter comme des tout petits incapable de se nourrir seuls, en attendant tout de l’Etat).

    Et puis il faut aussi manifestement introduire un tiers pour régler le problème de cette classe d’anglais, avec un adulte posé et raisonnable, parce que là, vu les proportions que ça a pris, ça ne se règlera pas tout seul, comme par magie, si ça reste en vase clos.

    Après, évidemment, c’est facile pour nous de dire tout ça, au calme derrière nos ordinateurs, quand on n’y est pas plongé jusqu’au cou. Mais, justement, c’est peut-être de gens avec du recul, capables de remettre la situation en perspective, qu’ont également besoin ces profs et cette classe…

    1. @lina : je crains que ce dont ces jeunes ont besoin n’a rien à voir avec la philosophie. C’est beaucoup plus basique : ils ont besoin d’un cadre, de règles claires, et de limites. Ils doivent savoir ce qui se fait, ou pas, ce qui est possible ou pas et qu’on leur dise clairement : « ce que vous avez fait est totalement hors des clous ». Mais en face, personne.

      Pour commencer à parler avec un enfant ou un ado, il faut que celui-ci soit capable de tenir un raisonnement, c’est-à-dire une succession de propositions logiques qui s’enchaînent. Je constate ici que ces jeunes ne fournissent pas un raisonnement, mais une réponse à un stimulus désagréable : on les empêche de faire ce qu’ils veulent, ils couinent. La discussion, à plus forte raison philosophique, serait inutile : pour la tenir, il faut à ces futurs citoyens des outils intellectuels qu’ils ont, sciemment et poussés par le système, renoncé à avoir. C’est pour cette raison que je dis qu’il est trop tard.

  10. Higgins

    Je plussoie à tes propos, H16. Moi non plus, je n’éprouve aucune haine envers ces d’jeuns qui sont plus victimes que coupables de la situation actuelle. Par contre, combattre de tels comportements par des « débrayages » ou des arrêts maladie, voilà qui démontre l’étendue du désastre. A des « apprenants » qui ne demandent qu’une chose, ne rien foutre et qu’on les laisse tranquilles, le corps « enseignant » répond par l’absence et la démission: bravo! Si j’étais un de ces apprenants, je sourirai d’aise. La branlitude professionnelle a de beaux jours devant elle. Comment donc des individus, qui se proclament enseignant ou éducateur, peuvent-ils exiger d’être respectés paen ? Quant aux parents de ces chers petits, qu’on les mette en face de leur responsabilité comme tu le suggères si bien.
    Je ne suis pas loin cependant de penser, comme toi, que le point de non-retour est dépassé depuis longtemps. Quelle forme prendra la crise qui mettra fin à cette situation? J’avoue être inquiet.

  11. Lina

    Et donc vous continuez à les rabattre dans une position d’objet et de tout petits.

    Il faut leur mettre des limites, leur dire stop et ne pas flancher, on est d’accord là dessus, mais on ne peut pas ne s’en tenir qu’à cela, parce que ça ne règle pas le problème en profondeur : ça en supprime les symptômes, c’est tout.

    Un bon médecin traite la maladie, il ne cherche pas seulement à faire disparaître un à un les symptômes du patient pour avoir ensuite la paix. C’est la même chose avec la répression et l’éducation : vous pouvez les fouiller à l’entrée du cours pour être sûr qu’ils n’auront en main ni maquillage, ni téléphone portable, vu leur niveau de connerie, ils ressortiront de votre cours sans avoir rien appris, aussi cons qu’avant, et vous serez obligé de les fouiller à chaque cours, sans que la situation avance d’un iota. Belle réussite.

    Il FAUT réprimer et mettre un terme à ces comportements, mais il ne faut pas faire que cela.

    Ceci dit, j’avoue qu’à partir d’un certain niveau, il s’agit plus de foi en l’homme et d’optimiste volontaire. Mais vu l’absence de résultats des optiques pessimistes et uniquement répressives, il est peut-être temps d’essayer autre chose, non ? En plus, sur le long terme, ça coûtera moins de temps, d’argent et d’énergie à la République.

    Par ailleurs, les outils intellectuels, c’est comme beaucoup de choses, ça s’acquiert. Si vous attendez les bras croisés, sans rien faire, qu’ils deviennent brusquement capables de raisonner comme des adultes (et donc qu’ils n’aient, à ce moment-là, plus besoin de vous), avant de commencer à essayer de discuter avec eux, vous pourrez attendre longtemps et l’on vous reprochera sans doute, à juste titre, de n’avoir même pas essayé, voire même on vous souçonnera de trouver quelque avantage à la situation actuelle, puisque vous vous enfoncez dans le statu quo.

    Un enfant ne commence pas à parler comme ça, par l’opération du saint esprit, mais parce que ses parents reprennent ses borborygmes en y mettant un sens ; s’ils ne le font pas et s’en désintéressent totalement, on a un gosse qui, à trois ans, ne parle toujours pas : est-il le seul à en porter la responsabilité…?

    1. @Lina : « des optiques pessimistes et uniquement répressives » ?? Pardon ? Mais, c’est justement leur totale absence qui provoque ce que nous observons actuellement. C’est parce que le répressif a totalement disparu de la société, que les barrières et les tabous n’existent plus, que nous avons d’un côté des ados incapables de comprendre où est leur intérêt au point de se faire rémunérer leur présence ou de venir en cours pour se maquiller et de l’autre des « jeunes » qui, tout « déçus », arrivent avec machettes et pics à glace pour se défouler dans des « manifs citoyennes » ou happening marketing…

      Pour ce qui est des outils intellectuels, c’est sur la génération qui arrive, celle qui n’est pas encore adolescente et déjà imbibée de superbes valeurs relativistes, qu’on peut faire quelque chose, pas pour la génération dont il est question dans l’article. Vous pensez qu’on peut et qu’on doit trouver une solution pour ces ados là, je pense qu’il s’agit d’une perte de temps et de moyens parce que précisément, ni le temps ni les moyens ne sont infinis et que la génération suivante va se retrouver dans une misère noire si on ne s’en occupe pas maintenant.

      Effectivement, vous allez arriver à la conclusion que la génération courante risque bel et bien d’être sacrifiée et qu’à ce titre, je suis à la fois pessimiste et vilain méchant. Mais qu’y puis-je ? Comment voulez-vous procéder pour expliquer calmement à des lardons de 17 ans que son intérêt réside dans ses études ? Ne trouvez-vous pas ahurissant qu’à cet âge, il n’a toujours pas compris où était son intérêt ? Quelle méthode comptez-vous mettre en place pour qu’ils comprennent que, par exemple, l’anglais est une langue indispensable dans le monde actuel ? Ils écoutent des chanteurs en anglais, voient des films américains, consomment des marques anglo-saxonnes, et n’ont pas encore fait le rapprochement. Vous allez leur dire quoi, concrètement ? Je sais que ce que je vais dire choque, mais c’est comme ça : il faut savoir admettre les échecs. La génération des 15 – 25 ans actuels comportera une frange de personnes responsables et travailleuse, et une majorité d’enfants capricieux ayant grandi trop vite. Ceux-là ne seront récupérables qu’après le passage d’événéments majeurs traumatisants qui remettront furieusement leur système de pensée en question.

      Comme je l’ai dit, il fallait agir il y a quelques années de ça, je pense qu’il est trop tard et que l’énergie dont on dispose doit se porter en priorité sur les autres, ceux qui ont encore la possibilité de changer, d’acquérir des limites.

      Libre à vous, bien sûr, de penser différemment.

  12. Harald

    Higgins, s’il vous plaît, ne tombez pas dans ce panneau usé. Bien sûr qu’ils sont responsables de ce qu’ils font, de ce qu’ils disent. Des mômes qui vivent dans des quartiers pourris j’en connais des tas. Il y a ceux qui veulent s’en sortir et qui font ce qu’il faut pour, à savoir bosser en classe, ne pas zoner avec les crevards. Et puis il y a les autres, ceux qui choisissent la facilité soit parce qu’ils ont déjà un pied dans le business, soit parce que leurs parents ont suffisamment de moyens pour leur assurer une situation.

  13. Toni

    Bon et ben on n’est pas sorti de l’auberge …
    Alors Lina vous commencez à comprendre que l’angélisme et la bien pensance ne marchent pas bien. Ce que vous dites sur l’application d’une phase répressive puis ensuite d’une phase éducative pour ces mômes était encore valable il y a 10/20 ans. Là la dure réalité est qu’il n’y aura plus assez de ressources pour tout le monde. Certains de ces mômes seront sauvés et s’en sortiront d’autres non. Je suis comme H16, qu’y puis je ? On ne fait pas boir les ânes qui n’ont pas soif. C’était le boulot de leur famille de donner à ces jeunes gens la soif d’apprendre pas le votre ni celui de H16, rien ne remplacera leur famille. Au mieux vous apporterez des microcorrections ce qui est déjà très gentil et courageux de votre part même si ces mômes ne s’en rendent pas compte.

    Là où je suis inquiet H16 c’est quand vous dites qu’il n’y aura plus de moyens pour ces mômes. Je suis d’accord avec vous. Mais la mafia (famille de sustitution) elle, je vous assure de façon certaine qu’elle aura les moyens d’enroler tous ces mômes et de les expédier dans des pays d’enfer et d’épouvante … vous avez bien parlez d’évènements majeurs traumatisants, oui sur qu’il y en a ce jour là qui ne souhaiteront ne jamais être nés. Cette mafia et son cortège de violence concernera tout le monde, toutes tendances confondus. Sinon Lina j’éssaie quand même de garder une dose d’optimisme comme vous.

    Sinon Lina sachez que si vous vous retrouviez devant ces mômes, vous finiriez à mon avis par faire comme H16 pour les cas les plus désespérés. Je crains hélas que H16 n’ait raison. On peut le déplorer mais c’est ainsi.

    La crise à venir aura au moins le mérite de nous interroger tous sur notre conception de la vie.

  14. Lina

    @h16 : Là, c’est moi qui vais vous prier de ne pas me dire que la répression a totalement disparu de notre société ; à l’école, peut-être, pas dans la société, surtout avec le gouvernement actuel, qui préfère, par exemple, déclarer « responsables » des malades mentaux pour faire du chiffre en les envoyant en prison, plutôt que de les soigner, ou encore ajoute loi répressive sur loi répressive, sans prendre du recul pour se demander si c’est bien utile ! Ne confondons pas éducation et répression, s’il vous plaît.

    Après, effectivement, c’est, comme je le disais et comme vous le reconnaissez aussi, une question d’optimisme et de pessimisme. Il est pour moi absolument intolérable de considérer que bon, bah, voilà, il va y avoir une génération sacrifiée et c’est tant pis pour eux (et surtout pour nous). Je considère qu’un être humain est capable du pire comme du meilleur et, rien que pour cela, ça vaut le coup d’essayer, au moins une fois (je ne suis quand même si bonne soeur, ni masochiste). J’ajoute que je ne condamne absolument pas les pessimistes ; je ne peux pas fonctionner comme cela, mais je ne vois pas quel droit j’aurais de blâmer les autres.

    @Toni : je n’ai pas versé dans l’angélisme ; j’ai toujours dit qu’il faut réprimer ses comportements et y mettre un terme. C’est même la première chose à faire. Après, je suis profondément convaincue que s’en tenir là ne résoud en rien la situation et qu’il faut au moins essayer de les amener à se (re)mettre en question. Moi, j’essaierais : vous, vous n’essaieriez pas ; c’est votre droit, c’est le mien aussi et peut-être qu’effectivement, après des années d’enseignement dans des situations de ce genre, il serait possible que je chante une autre chanson.

    Ce que je constate seulement, c’est que cette attitude de renoncement de nous en particulier et de la société en général revient exactement au même que ces profs qui fuient leur travail en accumulant arrêt-maladie sur arrêt-maladie. Pourtant, eux, tout le monde est unanime pour les blâmer. N’est-il pas un peu paradoxal de taper sur ces profs défaitistes et toujours absents qui ont baissé les bras, tout en déclarant que, bon, cette génération-là est foutue, on ne peut rien faire pour elle ?

    1. @Lina : pour la répression, elle est de deux type. La répression d’opérette, sur les gens qui, globalement, ne peuvent pas se défendre, ou les honnêtes citoyens qui commettent quelques broutilles, là, effectivement, la répression existe (radars, etc…) Mais moi, je parlais de l’autre répression, celle qui consisterait à faire intervenir l’armée pour déloger les mafieux et racailles des cités, la répression qui consisterait à laisser les flics faire réellement leur travail (quitte à ce qu’ils utilisent réellement leurs tazers ou leurs flingues le cas échéant) etc…, cette répression là, l’utile, … n’existe plus. Quelle répression y a-t-il eu lors des émeutes à la technoparade ? pendant les débordements à Marseille suite au match Algérie/Egypte ? Suite à l’affaire Mailorama ?

      Or, c’est cette répression là qui formate l’esprit des jeunes, qui permet de leur fournir des barrières claires et qui permet de dire « stop », de poser des barrières. C’est aussi cette répression qui permet de faire sentir que lorsque les choses vont trop loin (prof frappés en cours, par exemple), il y aura du répondant. Et c’est ce répondant qui permet à ces mêmes profs de faire preuve d’autorité dans une classe. Et c’est cette répression qui n’existe plus.

      Pour la partie « une génération perdu et c’est tant pis pour eux » : vous trouvez ça triste, mais comme je l’ai dit, vous avez, ici et maintenant, un choix à faire : vous aidez la prochaine génération avec les moyens dont vous disposez, ou vous tentez d’aider la génération courante avec ces mêmes moyens, sachant que l’effort à faire pour obtenir un résultat avec la prochaine est connu, et que pour la courante, il sera immense avec une probabilité écrasante d’échec (on le mesure déjà actuellement, tant par la faillite de l’EdNat que par les trous financiers, le nombre de chômeurs, etc… qui se dévoilent de jour en jour).

      Pour le « ça vaut le coup d’essayer au moins une fois », je remarque une chose : ça fait 20 ou 30 ans qu’on tient le même discours, qu’on essaie. On est à bien plus qu’une fois, et le résultat est de pire en pire. A partir de quel moment, à partir de quelle quantité d’échec pourra-t-on dire « zut, on s’est planté, on arrête les frais ? »

      Enfin, concernant les profs défaitistes, je ferai notamment remarquer deux choses :
      a/ la première, c’est qu’on ne les a pas forcés à être profs. Le job est merdique ? Ils veulent renoncer ? Ils démissionnent. S’ils restent et posent des arrêts maladie, c’est que, finalement, tout n’est pas si terrible et que tout compte fait, il reste des petits coins chauds au milieu du marécage.
      b/ personne ne veut entendre parler des écoles payantes, privées, honteusement élitistes et tout ça. C’est pourtant exactement ce vers quoi on va en trottinant, propulsés précisément par ces profs qui posent des arrêts maladie en pagaille.

      Bref. On connaît les problèmes. On connaît les solutions (qui passent, je suis désolé, par le constat d’échec et le renvoi aux responsabilités privées). On peut aussi tergiverser, s’épancher en mesures qui foireront ET ruineront les espoirs des futures générations.

      Chacun son choix.

  15. Toni

    @Lina: J’ai moi aussi mes problèmes persos et mon travail. J’ai aussi mon frère handicapé que moi et mon entourage prenons en charge à 70% suite à un soupçon de malveillances de la part de certaines personnes et aussi parce qu’il a eu des problèmes de santé. J’ai 26 ans alors maintenant désolé mais vient un moment où je pense aussi à sauver ma peau. Je bosse aussi à coté. Veuillez SVP comprendre que H16 et moi avons aussi NOS PROBLEMES et que l’on consent une certaine quantité de temps et de ressources (variable suivant notre choix) pour les gens à problèmes.
    Maintenant moi je préfère m’expatrier et vivre avec un autre peuple en Europe plus saint d’esprit que l’état Français.

    Et H16 il a raison en fin de compte, il y en a raz le bol de Mai 68 des bobos et de la bien pensance.

  16. Lina

    @Toni : Mais justement, je ne juge pas ! Je vous présente mes plus plates excuses si jamais vous avez eu l’impression que je vous mettais en cause personnellement, h16 et vous, ce n’était absolument pas mon intention, vraiment, je vous assure. J’essayais de formuler quelque chose de neutre ; à l’évidence, c’est raté et j’en suis vraiment désolée…

    Comme dit h16, c’est une question de choix, qu’on peut faire à un moment, en faire un autre à un autre moment, il n’y a aucun jugement positif ou négatif à porter là-dessus ! Rien ne dit que tel choix est meilleur que tel autre (c’est quand même bien le point auquel nous arrivons tous les trois, non ?) et de toute façon, dans la vie, il faut des gens optimistes ET des pessimistes, comme il faut des réalistes ET des idéalistes ; l’un ne fonctionne pas sans l’autre.

    En passant, j’ai moi aussi une histoire personnelle pas évidente à traîner, alors je vous assure que je suis d’autant plus loin de juger que je sais ce que c’est que de se poser la question « bon, est-ce que l’éventuel résultat au bout du compte vaudra l’énergie que ça va me coûter ? »

  17. Flak

    l’idealisme est une distraction intellectuelle pour les moments de detente.
    L’idealisme transposé a l’éducation donne des enfants criminels, et transposé a la politique donne des génocides.

    « Rien ne dit que tel choix est meilleur que tel autre »

    Mais si bien sur.Evidemment.
    Le bon choix fonctionne et produit des resultats satisfaisant.Le bon choix ca marche en mecanique, en electronique, ca marche meme pour construire des canapes, elever des chiens et et et elever des gosses. Si.

    Des resultats ca veut dire que les eleves sortent en sachant lire, en sachant donner du respect avant d’en recevoir etc etc, toutes les missions que l’Ednat (qui fait greve demain oh surprise ) rate depuis des decennies.

    Le choix de l’Ednat est bien celui de l’idealisme, et le resultat est clair: des profs depassés (en greve demain! lol) qui font cours a des éleves retardés et incapables.
    Bonjour l’elite!
    Patrie des lumieres my ass :
    La fRance est un tourbillon d’obscurantisme presque mur a point pour un carnaval de violence sauvage, vous allez en tater de l’idelalisme moi j’vou’l dit.

  18. Toni

    @Lina: Si vous vous destinez au métier d’enseignante et aussi à éssayer de remettre sur les rails ces mômes, je vous souhaite bonne chance et aussi d’être très prudente. Il ont un mode de vie et de pensée très différent du votre.
    Néanmoins je veux encore bien croire que certains d’entre eux s’en sortiront grâce à vous. La réalité d’abord et ensuite l’idéal autant que possible.
    Enseigner ne sera plus une planque mais deviendra aussi un métier très difficile. Je n’accuse pas que les mômes, je trouve que l’attitude des adultes à se mettre en arrêt maladie est encore plus scandaleuse. Perso des mômes qui se confrontent comme ça aux adultes cherchent à combler des carences familiales. C’est vrai que comme vous je trouve ça triste … Mais l’attitude des adultes ici est tout aussi scandaleuse (mis à part leur enseignante), j’insiste bien sur ce point. Vous auriez du être à la place du chef d’établissement.
    Vous vous excusez ? Je ne voulais et ne veux pas vous offenser. Nous ne connaissons pas ces mômes vous et moi, on imagine juste des réponses possibles rien de plus.

    Maintenant par rapport à ce que dit H16, les ressources sont limitées c’est indéniable
    et si on consacre toutes ces ressources pour les gens à problèmes … Nous on finira par se prostituer pour vivre et manger, ça aussi je le vois venir gros comme le nez au milieu de la figure. On ne vit pas dans un monde de bisounours Lina.

    Maintenant je veux comme vous que les choses se passent le moins mal possible. Quelques coquilles dans mon commentaire.

    (ndh16 : j’ai supprimé le commentaire redondant)

  19. Lina

    @Toni : vous ne m’avez offensée à aucun moment ; je m’excusais parce que j’avais l’impression de vous avoir offensé, vous, bien malgré moi…

    Je ne vois pas ce que la prostitution vient faire là dedans, surtout à propos d’h16 et vous : j’ai droit à une séance de rattrapage ? :p

    Et, rassurez-vous, j’ai, hélas, une conscience très aiguë que nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours.

  20. Toni

    Lina a écrit : « Je ne vois pas ce que la prostitution vient faire là dedans, surtout à propos d’h16 et vous : j’ai droit à une séance de rattrapage ? :p »
    je dis simplement que si l’on consacre toutes les ressources de la France pour les gens à problèmes, il ne restera plus rien pour les gens qui ne posent pas de problèmes. Non Lina vous n’avez rien manqué.
    Au moins on peut parler avec vous des sujets sensibles, je me suis déjà fait viré d’un forum de discussions en voulant parler de sujets sensibles.

    Encore les coquilles, désolé.

  21. TN

    @Lina, @H16,…@tous, finalement

    Désolé d’intervenir.
    J’ai pu constater par des expériences personnelles (multigénérationnelles) que les grands ados (>18) ont tendance à souffrir d’une affection heureusement bénigne : l’héréctopilositopalmie.
    Ce mal est bénin si le patient a été correctement éduqué.
    Le traitement est alors très simple : postérotherapie intensive.

    Résultat garanti.

    Mais, évidement le pré requis reste une éducation idoine.

    TN

  22. maurice b.

    > Maintenant, et bien que je sois un fervent supporter du >privé, je partage ton inquiétude, H16, à propos du devenir >de cette école.

    Il faudrait aussi se poser la question bien plus grave du comportement de ces individus quand ils vont « débarquer  » dans nos entreprises.

    Facile : ils vont prendre leur clavier et écrire d’énormes bêtises sur des blogs en signant d’un pseudo bête, genre « maurice b. »

  23. Lina

    @Toni : Heureusement qu’on peut discuter, même si on n’est pas d’accord ! C’est nettement plus intéressant et, si ce n’était même plus possible, je crois que notre société serait encore plus mal barrée que si absolument tous les élèves français étaient comme ceux de cette terminale !

    Etant moi-même modératrice sur un forum qui comprend une section politique, au vu de votre comportement, je ne vois pas vraiment pour quelle raison vous vous êtes fait exclure, mais c’est vrai que certains « forums » n’ont pour ligne de conduite que de laisser parler les gens qui sont d’accord avec eux…

    @TN : J’aime beaucoup « héréctopilositopalmie » (pas sûr qu’il y ait un « h », d’ailleurs, vu la racine latine ; désolée, déformation professionnelle :p) et « postérothérapie intensive ». :p Une de mes profs de français de collège parlait aussi de « P.C.P. » (Petite Claque Pédagogique). :p

  24. Toni

    @Lina: Ce que ces mômes ont fait est très grave et la démission des adultes l’est tout autant. Vous ne défendez pas ces mômes, On est d’accord là dessus,c’est l’éssentiel.

  25. TN

    @ Lina

    Oui, sans h, c’est mieux (mais non, je ne parle pas de notre hote).

    Et au vu de l’age du malade, je voulais bien sur parler de podoposterotherapie. En plus, ca reste legal.

    TN

  26. TN

    @ H16

    « Facile : ils vont prendre leur clavier et écrire d’énormes bêtises sur des blogs en signant d’un pseudo bête, genre « maurice b. » »

    Non, tout de meme. Momo sait construire une phrase (meme si le sens en est idiot).

  27. TN

    J’ai précisé que le sujet devait être correctement éduqué pour que le traitement fonctionne. Dans le cas contraire, on risque une réaction allergique de type pugnodanslafacealgie, qui est souvent très douloureuse (surtout pour le thérapeute). Les ch’tit loups mignons dont il est question dans l’article semblent de ce type. Il n’existe a ce jour aucun traitement réellement efficace. Le sujet dérive alors vers d’autres pathologies majeures du genre jvaisauchomdupathie, voir même vers des troubles psychiatriques majeurs tel que la syndcalomanie.

    Too bad.

    TN

  28. cjacomino

    Je ne vois pas où, sur le site de SOS Education, on puisse ajouter des commentaires. Je me permets donc d’ajouter ici un lien vers l’article que j’ai publié ce matin pour répondre au texte de la pétition: http://voixhaute.fr/2009/11/25/exces-de-laxisme-ou-de-rigidite/
    J’ajoute que mon désaccord assez radical avec la position adoptée ici par le collectif n’empêche que j’ai souvent été d’accord avec d’autres prises de position, et que cela m’arrivera encore dans le futur très certaienement.

  29. Jean-paul SAINT-MARC

    Pas besoin d’anonymat !
    Envoi effectué au ministre et à une partie des membres de son cabinet, à des députés, des sénateurs… Des médias ! Chut silence, ne les réveillez pas !

    Jean-Paul SAINT-MARC
    Ancien professeur au Lycée les Iris – Lormont
    Le 13 novembre 2009

    Lettre ouverte à M. le Recteur de l’académie de Bordeaux

    Monsieur le Recteur, dans une lettre recommandée du 25 mai 2009, je vous demandais votre arbitrage dans un différend règlementaire m’opposant au proviseur de mon lycée. N’ayant pas eu l’heur d’une réponse, convient-il de conclure à l’absence d’arguments qui me soient opposables ? En effet, la nature du différend est telle qu’elle signifie une irrémédiable rupture du lien de confiance entre sa hiérarchie et le professeur, et réciproquement.

    Pour rappel des faits tels que je vous les ai détaillés : « Le portable de l’élève a émis un son qui n’était pas dû à un appel et à l’oubli de couper le fonctionnement de celui-ci, mais à la manipulation de l’élève avec l’intention de troubler le cours. Le repérage a été instantané, l’élève faisant passer son portable « noir » d’une poche de son blouson « blanc » vers le dessous de la table. J’ai donc exigé la remise de l’appareil, saisi suite à plusieurs injonctions avec l’intention décrite ci-dessus. Les 20 minutes qui ont suivies ont été émaillées de remarques et d’interventions inappropriées au cours et un concert de sons curieux et de mots inintelligibles d’élèves ventriloques. La solidarité et le jeu ont des limites qui ont été largement dépassées ici.
    A la fin du cours, l’élève fautif est venu réclamer son portable avec le soutien de deux de ses camarades. Après plusieurs refus, après que l’élève responsable ait eu l’autorisation d’éteindre son portable, les élèves ont déclaré se rendre chez le proviseur, sûrs d’être écoutés. Sur le départ, l’élève perturbateur a laissé entendre qu’il y avait quelque chose de raciste, et devant un « pardon ? » fortement interrogatif, s’est rétracté !
    Trente minutes plus tard, me rendant chez le proviseur, je n’ai pas été surpris de croiser les élèves qui en sortaient. Ils arboraient un sourire de victoire, puisque sans m’avoir consulté sur les faits, le proviseur avait décidé de ne pas sanctionner le perturbateur, au prétexte, je me permets de le rappeler, que tous les élèves s’opposant au professeur, ce dernier avait nécessairement tort.
    En conséquence, surpris et décontenancé par la position de M. le proviseur, j’ai été réduit à attribuer une punition scolaire à l’élève initiateur du trouble, au motif de l’usage intempestif du téléphone, avec l’obligation de réaliser cette punition pour le 26 mai pour être accepté en cours. »

    Au-delà du conflit interne à un établissement, les faits et l’attitude de l’administration de l’Éducation nationale qui en résulte ont de quoi soulever des questions et de susciter des remarques.

    En dépassant l’aspect de la juridiction administrative, il s’agissait d’une lettre d’un professeur qui a été plus que déstabilisé et qui vous l’a formulé ainsi :  » Je considère que la position de M. le proviseur contribue à me mettre en difficulté face à la classe. Mais pas uniquement cela, je suis aussi mis en danger tant sur le plan moral que physique. En effet, le professeur que je suis a dépassé l’âge l’autorisant à demander la retraite et sa résilience à l’effet du stress de tels évènements est amoindrie ». Outre la forte amertume que suscite chez le professeur l’insensibilité de sa hiérarchie, cette surdité n’est pas sans rappeler les déclarations des plus hautes instances de l’E.N., à chaque fois que survient un évènement grave dans des établissements de telle ou telle académie. On feint alors l’ignorance, on affirme qu’aucune information n’est remontée permettant de considérer que l’établissement en question est autre chose qu’un « établissement tranquille », et on déclare que l’évènement était imprévisible. L’émotion qui semble alors toucher la classe responsable confine à l’incongruité.
    Si par chance, l’académie de Bordeaux a été épargnée jusqu’à ce jour, bien des situations approchent chaque année le point de rupture…
    Pour qui suit l’actualité de l’EN, force est de conclure que la surdité interne est un principe fondamental de gestion du système dont j’expose ici un des aspects. Pour revenir à l’aspect juridique des suites que j’aurais pu engager au tribunal administratif, outre que la procédure en est toujours aléatoire, ce que l’administration sait, elle s’inscrit généralement dans la discrétion recherchée et n’a le plus souvent que peu de conséquences visibles ce dont l’administration s’accommode fort bien… Je n’aborde même pas l’obligation de réserve du fonctionnaire tant elle suppose en retour la considération de son administration qui est ici hors sujet !

    Pour revenir aux faits et à la position prise par le chef d’établissement, alors que le règlement intérieur indique une interdiction formelle du portable en cours, il y a là une démonstration faite aux élèves que les règles énoncées peuvent être contournées. Quand on sait que pour se targuer d’être un modèle l’E.N. rajoute le qualificatif « citoyenne » à éducation, là on aboutit à la tartufferie la plus schizophrène…

    Comme je l’ai précisé, « les élèves ont déclaré se rendre chez le proviseur, sûrs d’être écoutés » révèle qu’il s’agit d’un fonctionnement devenu coutumier, et se trouve là l’expression stricto-sensu des décrets de juillet 2000 sur le règlement intérieur des « Établissements Publics Locaux d’Enseignement ». D’un esprit déjà suspicieux à l’encontre des enseignants et personnels de l’E.N. desquels il faut protéger l’élève, le zèle particulier du clientélisme désormais installé (et subrepticement introduit dans la notion de mérite) au sein de l’E.N., en fait des employés qui doivent complaire à des « clients » ! Là aussi, on n’est pas à une contradiction près quand les instances de l’E.N. déplorent le consumérisme des familles !

    Reste à l’E.N., à sa hiérarchie et aux divers ministres de l’E.N. d’assumer véritablement leurs responsabilités, ce dont ils s’exonèrent en permanence… Autant ceux-ci se gargarisent des apports de l’éducation au fonctionnement de la société et à l’intégration de la jeunesse, ce qui me paraît de moins en moins juste, autant ils se taisent lorsque des évènements liés à l’anti-éducation dispensée au sein de l’École viennent faire l’objet de la rubrique des faits divers et délits. Depuis la rentrée, par deux fois au moins, Sud-ouest s’est fait l’écho d’un délit de fuite lors d’un contrôle policier de deux roues… En effet, à l’École on apprend que l’on peut passer outre le règlement, qu’il suffit de se récriminer, de s’organiser en clan pour imposer « sa » loi, pourquoi cela n’en serait-il pas de même dans la « vraie » vie ? Le premier et ses suites relatés dans SO les 8/9 et 10 septembre ont eu lieu à Lormont. Commune aux quartiers sensibles, cela aurait pu dégénérer sans le sang-froid des policiers… Le second dans SO du 29 octobre, encore un délit de fuite, ici d’un jeune majeur à Pessac. Après une course poursuite, il a été touché par la voiture de police, mais sans gravité… Ouf ! Enfin, là on ne voit pas l’E.N. revendiquer sa « réussite » comme elle le fait à chaque étalage d’éducation « citoyenne » et bien-pensante pourvoyant au spectacle lénifiant et mystificateur qu’il convient d’exposer à l’opinion publique…

    Le tableau n’est pas complet si on ne rappelle pas le contexte de l’orientation sociale donnée au fonctionnement de l’E.N. Désormais la référence est l’élève en difficultés, celui à qui on n’a de cesse de dire qu’il est victime de la société, lui appliquant une pédagogie de commisération le plaquant ainsi dos à ses origines sociales, quitte même à entrainer dans le déclassement une partie des catégories ayant bénéficié par le passé de l’ascenseur social républicain… Comment peut-on alors penser qu’il ait encore envie de s’intégrer dans la société ? En fait les seuls gagnants, comme d’habitude, sont ceux qui affichent le « beau rôle » qui conforte l’indigent dans sa situation.

    Quel est le bilan de cette politique assénée à l’enseignement public (dans l’académie pour le moins) ? Il est des évaluations difficiles à contester malgré les résultats aux examens largement « dopés », des comparaisons faites sur des calculs tenant compte des catégories sociales et déterminés par le M.E.N. lui-même… Ainsi en Gironde, le classement de l’Express en 2008 de 38 lycées, 27 publics et 11 privés, voit dans les 10 premiers seulement 4 établissements publics alors qu’ils sont les plus nombreux… Les deux lycées les plus prestigieux de Bordeaux se retrouvent 10ème (Eiffel) et 14ème (Montaigne). Le sens de cette lecture se retrouve chez « L’Étudiant » et d’autres médias, autrement dit elle est générale. En quelques années, le public, à qui on impose des règles de fonctionnement aberrantes, a chuté face au privé de façon dramatique…

    Monsieur le Recteur, on prétend actuellement rechercher plus d’efficacité dans la fonction publique… En réalité, cette politique appliquée à l’E.N. n’a d’autre finalité que de développer des apparences. Elle montre qu’elle n’a cure, outre de sa réelle efficacité sur le plan social, des personnels qu’elle expose à toutes les vicissitudes même s’ils en subissent de forts préjudices. En somme, tenter de répondre à mon courrier aurait été reconnaître les défaillances d’un système dans lequel vous assumez des fonctions importantes.

    En conclusion, nous sommes sur la « bonne » voie, celle d’un objectif de 10% à 20% de la population instruite nécessaire pour assurer le fonctionnement de la société que l’on installe. Quant au reste, dont l’acculturation programmée le prive des savoirs permettant de comprendre et de participer à la gestion le monde, il sera cantonné au « tittytainment », ce qu’explique si bien Jean-Claude Michéa dans « L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes »…

    Veillez agréer, Monsieur le Recteur, mes respectueuses salutations.

    1. M. Saint Marc, je transmettrai ceci à d’autres confrères blogueurs (SOS Education notamment) et porterai votre témoignage en billet prochainement. Merci.

  30. Cours d’anglais

    Très bon article. Incisif sans être insultant, il pousse à réfléchir.

    J’ai envie de revenir sur le fait de confier l’éducation des parents à l’état. Si, dans la pratique, on peut voir que cela a surtout consisté à *abandonner* l’idée d’éduquer tout court, sur le principe, cela n’a rien de mauvais. Les enfants d’une famille sont les enfants de tous, au sens où la responsabilité de chacun face à un enfant qui va mal ne s’arrête pas au seuil du domicile de celui-ci. On ne choisit pas ses parents et, confier l’éducation à l’état en plus des parents, c’est essayer de rééquilibrer les chances pour un peu plus de justice.

    Ensuite, comme le communisme en Russie, c’est beau sur le papier, mais on ne peut pas dire que cela a fonctionné.

    Le problème est pourtant, à mon avis, assez simple : confier la responsabilité à tous, c’est ne la confier à personne.

    Si tout parent peut être considéré comme constamment responsable de ses enfants, un système éducatif, par définition massif et donc anonyme, ne peut pas l’être, ou du moins pas aussi précisément. Qui, dans le système éducatif, se tient responsable d’un élève qui ne fait rien ou n’importe quoi?

    On récolte ce que l’on sème et inculquer le sens des responsabilités, à voir non pas comme un sens moral pédant, mais comme une valeur permettant de faire ce que l’on désire de sa vie, demande aujourd’hui pas mal d’efforts supplémentaires, faute d’avoir été trop coulant.

    Alors, où est la solution dans ce genre de cas de figure? Oser parler, oser expliquer un point de vue (même s’il devrait aller de soi), *faire comprendre*, qu’il y a ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

    En somme, il convient de savoir poser, et faire respecter, des règles. Chose élémentaire présentée comme pédante alors qu’il s’agit juste de la base du respect.

    Tout élève peut comprendre la notion de respect. Commencer par là?

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