Crise : la contagion continue

L’aspect répétitif de l’actualité ne doit pas surprendre. Les lois de la physique (et, ici, de l’économie) ne changent pas même lorsque les politiciens font de très grands gestes et de très beaux discours : tout objet lancé trop faiblement en l’air finit par retomber, l’eau, ça mouille, le feu, ça brûle et les dettes finissent par plomber l’ambiance…

Et pour la crise économique en zone euro, le schéma est maintenant parfaitement rôdé. On pourrait presque en faire une présentation Powerpoint colorée ; elle serait rapide, et n’aurait que quatre petites pages, celle de garde incluse, sur le mode suivant :

slide 1

slide 2

slide 3

slide 4

En fonction du pays européen que l’on considère, on est à une page différente de la présentation. Nous avons déjà dépassé la page de garde depuis un moment, et toutes les sociales-démocraties dégoulinantes se sont empressées d’appliquer le premier point avec un certain brio.

Moyennant une démagogie douillette et des déficits galopants, nous en sommes maintenant au second point. Il y a de subtiles variantes d’un pays à l’autre, mais l’idée générale qu’on doit faire rendre gorge au marché (parce qu’il est omniprésent, flou et très abstrait, ce qui est fort pratique) est maintenant ancrée à tel point qu’on mélange un peu tout dans un grand galimatias d’idées plus ou moins nauséabondes. Certains y voient du populisme, mais tout le monde s’accorde à le dire : c’est un manque de régulation qui a provoqué tout ça, les méchants traders font rien qu’à jouer les CDS contre les gentils états qui, certes, ont fait des dettes mais c’était pour le bien commun, et le turbolibéralisme doit payer.

Pire, on se rend compte qu’on s’est un peu fait flouer :

« Quand l’euro a été créé, tout le monde pensait que la zone euro deviendrait une grande Allemagne. On découvre que c’est peut-être une grande Grèce. »

Zut et crotte, on ne nous l’avait pas dit ! Ce n’était pas prévu. C’était même impossible à prévoir, pardi ! Et maintenant, les financiers font n’importe quoi, au point que :

« … sur les marchés, la Grèce est jugée plus risquée que la Jamaïque, l’Espagne que le Liban, la Belgique que le Panama … »

Mmh… En réalité, le risque inhérent de faillite d’un pays comme le Liban ou la Jamaïque est bien plus fort que pour un pays comme la Belgique ou l’Espagne, mais si l’on tient compte des répercussions d’une telle faillite, les conséquences en sont autrement moins importantes que pour les européens : la probabilité du risque multiplié par son impact, dans le cas de la Belgique, est beaucoup plus grand que pour le Panama… Autrement dit : la bombe a nettement moins de chance d’exploser, mais elle est beaucoup, beaucoup plus grosse.

On comprend que certains se délestent des dettes de ces pays pour se réfugier sur des zones où les explosions sont moins dangereuses. Fuite (Point n°3) qui entraîne donc des petites tensions sur les dettes souveraines, tensions qui obligent la mise en place à la fois d’une communication de type Point n°2 et, plus prosaïquement, à ouvrir tous grands les robinets de l’argent gratuit fraîchement imprimé : en gros, on va éponger une partie des dettes en la répartissant sur d’autres pays (endettés aussi jusqu’au cou), on va étaler ces dettes sur plusieurs années, et on va inciter les pays concernés à faire un peu attention à leur budget.

Si, à ce point du récit, vous n’avez pas l’impression d’une nouveauté quelconque, vous avez raison. De catastrophes en catastrophes, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les politocards qui nous dirigent sans savoir où ils vont reproduisent fidèlement les mêmes idioties et sont, en général, aussi surpris qu’une poule devant un couteau lorsqu’ils découvrent le résultat parfaitement identique de leurs agissements : une nouvelle catastrophe.

Moyennant quoi, nous avons eu, ce week-end, un petit communiqué de l’Elysée nous annonçant que la France va bien.  La France est donc au slide 3 / point n°2, Tout Va Bien, et nous savons déjà quel sera le slide suivant.

Pratique.

C’est d’ailleurs tellement mécanique qu’on peut le modéliser, avec, en bonus, une estimation précise des degrés de gravité qu’une infection provoque en fonction du pays touché. Des physiciens ont ainsi découvert que les deux pays qui, s’ils étaient touchés, provoqueraient une déflagration de taille mondiale sont … les Etats-Unis et … la France.

Voilà qui est étonnant, non ?

Et la solution ultime qu’on sait déjà préparée dans tous les cartons ?

La réponse D, bien sûr !

La réduction des dépenses, de la taille des états, ne passera pas par eux !
Ces sociales-démocraties sont foutues.

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Commentaires19

  1. lg

    « Les débiteurs sont toujours d’incurables optimistes. D’innombrables exemples au cours de l’Histoire établissent en effet que les dirigeants des pays endettés croient toujours que le pire, même annoncé, n’adviendra pas. »

    C’est pas de moi.. mais de Jacques Attali

    1. Kelevra

      petit petit petit!!!!, et pan derriere la tete, tu l avais pas vu venir. creer votre propre activite, ils disaient. encore une belle arnaque, mais fallait s en douter.

      1. Théo31

        Et dire que des libéraux croyaient que c’était une belle mesure.

        Quand les hommes de l’Etat prennent une mesure, c’est toujours après avoir pris les dimensions de l’anus.

  2. la france libre

    http://lafaillitedeletat.com/2010/11/29/france-cout-dun-cds/

    Le coût des Credit Default Swaps sur les obligations françaises est au plus haut! Il est encore bien plus bas que pour l’Irlande ou l’Espagne, mais la hausse est un signe tangible que tout n’est pas si rassurant pour la dette française. L’autre signe tangible est que les médias et les politocards clament de plus en plus fort que tout va bien!

    Qui va nous faire un premier montage du type Hitler dans son bunker qui comprend que la guerre est perdue avec Sarko ou Trichet qui comprend que la France n’arrivera pas à échapper à son problème d’endettement?
    Le naufrage est ineluctable.

  3. BA

    Lundi 29 novembre 2010 :

    Les marchés internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de l’Espagne à rembourser ses dettes.

    Les taux d’intérêt de l’Espagne sont en train d’exploser.

    L’Espagne fonce vers le défaut de paiement.

    Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,638 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,427 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

    Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 7,033 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 9,250 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 11,785 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

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