Conséquences et implications de la fermeture de MegaUpload

En fin de semaine dernière, le site de téléchargement de MegaUpload a été brutalement interrompu par une action musclée du FBI. Le contexte légal et politique dans lequel cette action s’inscrit apporte des éléments de réflexion intéressant sur l’antagonisme qui se met en place entre les gouvernants et les lobbyistes d’un côté, et le peuple de l’autre…

Ce jeudi 19 janvier, comme le relate Contrepoints, MegaUpload, un des principaux sites de téléchargements sur Internet ainsi que les différents services qui l’entourent ont été mis hors ligne par les autorités fédérales de Virginie.

Le FBI n’y est pas allé de main morte et a même émis des mandats d’arrêts internationaux afin de rattraper par la peau du cou plusieurs personnes hors des Etats-Unis dont le patron de la société, installé en Nouvelle-Zélande. On parle donc ici d’importants moyens mis en oeuvre pour chopper un dangereux terroriste qui permet à des gens de s’échanger des films et des musiques. On est ici, de façon absolument claire, dans la lutte plusieurs fois centenaire du bien, représenté par les autorités compétentes, contre le mal, qui permet scandaleusement à des personnes sur toute la planète d’accéder à la culture pour un prix dérisoire, ce qui est infâme quand on y réfléchit deux secondes.

La fermeture de ces sites a provoqué une catastrophe sans précédent puisque, comme chacun le sait, il n’existe aucune alternative à cette méthode de partage. Encore une fois, la police et la justice ont travaillé de concert pour arrêter une vraie menace contre la société, des gens qui volent, violent, torturent, pillent, massacrent et polluent l’atmosphère, et on peut être sûr que leur action met, bien heureusement, un point d’arrêt final à ce fléau.

Et pendant que les autorités américaines s’auto-congratulaient bruyamment devant cette réussite phénominable, la fermeture de MegaUpload aura permis de révéler plusieurs choses.

D’une part, elle aura immédiatement permis d’accrocher une petite étiquette « Imbécile » à toute une classe de politiciens qui ont applaudi l’événement des deux mains, sans en comprendre ni le contexte, ni les implications. Sarkozy, jamais dernier lorsqu’il s’agit d’exprimer une idée idiote, se sera fendu d’un communiqué de presse dans lequel n’importe quel citoyen doué d’un minimum de raison peut déceler la connivence tendre et douillette de l’État français avec les principales sociétés de distributeurs de bien culturels. Toute l’histoire pathétique et les ratés monumentaux de la HADOPI sont, pour ainsi dire, résumés dans les quelques phrases de son communiqué.

D’autre part, le timing de l’opération ne doit rien au hasard, alors qu’aux États-Unis doivent se voter deux lois (SOPA et PIPA, dont j’avais parlé ici-même) : tout indique que les Etats-Unis, comme la France, ont décidé de mettre leurs lois et son gouvernement au diapason des lobbys culturels. Ici encore, la collusion entre les gros producteurs hollywoodien de musique et de films est tellement patente, le ficelage des lois controversées tellement grossier qu’on doit absolument se poser la question de savoir qui, dans les parlementaires américains (et, par symétrie, dans les parlementaires français) a croqué de la galette pour que tant de droits fondamentaux soient ainsi violés en toute décontraction…

Ce timing montre de surcroît la nervosité de plus en plus grande tant des politiciens que des Majors culturels. Oui, leur business-model prend une sale tournure. À en juger par la réaction immédiate du public et l’apparition presque spontanée de sites de phishing en lien direct avec la fermeture de MegaUpload, on voit que, littéralement, ces Majors culturels passent à côté d’une manne financière énorme tant la demande en produits de streaming et de téléchargement rapide manque cruellement. Et plutôt qu’embrasser le changement et s’y adapter, les industries musicales et cinématographiques se font fort de se mettre à dos leur clientèle. À long terme, le marché gagne toujours, ce qui présage d’un sort funeste pour ces gros acteurs s’ils ne changent pas leur fusil d’épaule…

Pire, on comprend que le temps joue contre eux : museler internet semble déjà compliqué, pour ne pas dire impossible. D’ailleurs, la riposte ne s’est pas faite attendre : dans la journée de vendredi, le groupe Anonymous avait déjà lancé plusieurs attaques sur différents sites (dont celui de l’Élysée). Ces attaques sur les parties visibles ne sont évidemment pas très dommageables pour les entreprises commerciales (le site est indisponible pendant quelques heures, ce qui ne représente qu’un faible manque à gagner) ; elles ont cependant été suivies d’autres attaques, comme celle sur Sony qui a abouti à mettre en ligne l’intégralité de son catalogue sur internet au travers de torrent (technique de partage en peer-to-peer impossible, par nature, à enrayer). Universal et les autres majors ont, d’ores et déjà, du souci à se faire.

Parallèlement, différents groupes d’internautes se sont organisés pour organiser une protestation mondiale contre les lois SOPA et PIPA en cours d’examen aux États-Unis. Protestations concrétisées par des écrans noirs sur Wikipedia par exemple, et qui ont, au moins temporairement, porté leurs fruits puisque leur vote a été reporté.

Part des profits dans la musique

Au vu de ces réactions, il n’est pas interdit de penser que beaucoup comprennent qu’il y a plus en jeu, ici, qu’un simple accès gratuit à une poignée de films et de tubes musicaux douteux. On peut en effet comprendre que les vieilles sociétés, qui basent leurs profits sur une rente impossible à conserver dans l’ère du tout numérique, se battent bec et ongle pour conserver le status quo.

Cependant, cette lutte ne doit pas se faire à n’importe quel prix, à commencer par celui de la libre-expression et du respect de la présomption d’innocence sur lesquels sont basés les constitutions des nations occidentales modernes. Or, les méthodes du FBI et les projets de loi présentés sont tous sauf respectueux de ces piliers naturels d’une saine démocratie.

La réaction de l’Union Européenne, dans ce cas précis, montre une plus grande subtilité des dirigeants européens. Viviane Reding, la Commissaire Européenne en charge de la Justice, a ainsi déclaré que « La protection des créateurs ne doit jamais être utilisée comme un prétexte face à la liberté de l’internet »… Si, ici, je parle de subtilité, c’est bien parce que des projets comme ACTA (en cours d’analyse au Parlement Européen) sont malgré tout dans les cartons des Institutions Européennes, quoiqu’en dise Mme Reding.

Il s’agira donc maintenant de vérifier scrupuleusement que les bonnes intentions de la Commissaire seront effectivement respectées. Mon naturel optimiste me pousse à penser qu’il n’en sera rien.

La bataille continue.

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Commentaires77

  1. Lib

    Mouais.

    100% d’accord avec les § sur les libertés publiques et l’obsolescence des business models des majors.

    Mais attention à ne pas sombrer dans les raisonnements de gauchistes. Je me fous complètement de la gueule du profit pie, c’est au mieux un indicateur de concurrence imparfaite et la réponse libérale est tout simplement plus de concurrence.

    La proposition de valeur des majors est très simple : payez (cher) si vous voulez accéder à mon contenu.

    La réponse libérale ne peut pas être « je prend le contenu sans payer ». Elle doit être « j’ignore ton contenu overpriced ».

    La concurrence est possible et elle existe. Il y a des labels indépendants. Il y a des initiatives permettant aux artistes de distribuer leur musique sous creative commons.

    Pirater le contenu des majors, c’est reconnaître implicitement qu’elles font un boulot que personne d’autre ne fait.

    1. Inso

      Non, des sites comme ThePirateBay sont en train de développer des systèmes pour rémunérer les artistes.

      Megaupload voulait « se ranger » et créer un service où les artistes seraient rémunérés à 90%..

      https://korben.info/kim-dotcom-kim-schmitz-kimble-megaupload.html

      Ce n’est pas un hasard si les lobbies les tuent tous avant que ça deviennent intéressant pour l’artiste de migrer. Avec leur contrat d’exclusivité etc c’est déja pas facile…

    2. « Pirater le contenu des majors, c’est reconnaître implicitement qu’elles font un boulot que personne d’autre ne fait. »
      Non. C’est aussi montrer qu’elle ne font pas un boulot qu’elles devraient faire.

    3. Sanksion

      Non, le FBI vient de fermer un site où les auteurs étaient rémunérés, par la pub, sans les intermédiaires inutils que sont les ‘majors’.

      Faut pas faire son gauchiste à prendre tout par le mauvais bout de la lorgnette non plus. 🙂

      1. Lib

        Décréter unilatéralement que tel ou tel est inutile ou trop payé est une attitude de gauchiste, désolé.

        A long terme le marché gagne toujours (Copyright h16). Si des artistes signent librement avec les majors, c’est qu’ils y trouvent leur compte. Si les consommateurs veulent écouter cette musique, c’est qu’ils la trouvent à leur goût.

        Les majors ne méritent pas de loi spécifique pour les protéger (personne n’en mérite) mais ne méritent pas non plus qu’on s’autorise à violer les contrats signés avec eux au motif qu’on s’est donné bonne conscience (personne ne mérite cela non plus).

        1. Sanksion

          Ce n’est pas unilatéral, le fait est que des centaines d’artistes, dont des superstars, avaient envoyé **** les majors pour se mettre sur des sites tels que MU.

          C’est un fait, moi, je n’y suis pour rien s’ils servent à rien.

        2. Lib

          Un artiste qui n’a jamais signé avec un label a parfaitement le droit d’envoyer chier les majors, il ne leur doit rien.

          Un artiste superstar qui est devenu superstar APRES avoir utilisé les services d’une major et lui avoir concédé en retour une partie de ses droits (100% des cas à ce jour) peut toujours se donner bonne conscience pour violer ses engagements. Mais ça reste une violation de ses engagements.

          Encore une fois, personne n’est obligé de signer avec les majors. Il y a des labels indépendants, des licences libres etc…

          Si vous cherchez sincèrement à déterminer si les majors sont utiles ou non, demandez-vous pourquoi des artistes ont signé et continuent de signer avec eux.

        3. eheime

          LIB a raison. Les majors ne forcent ni les artistes, ni les consommateurs. Je suis d’accord pour dire que le piratage de masse revele une inadequation entre l’offre et la demande. Mais ca ne rend pas le piratage plus justifiable. On dit ce qu’on veut , mais c’est bien grace a des producteurs de talent qu’ont emerge certains artistes. Ces artistes auraient peut etre emerge malgre tout mais rien ne permet de l’affirmer. La production est un travail. Risqué qui plus est. critiquer pour faire evoluer , oui. Critiquer pour nier un travail réel, non.

          1. Il n’y aurait pas de piratage, il n’y aurait *aucune* remise en question des majors.
            Le piratage, c’est la seule concurrence qu’ils ont à l’heure actuelle, et c’est, de fait, la seule possible (les autres concurrences étant minutieusement écrasées par lobbyisme).

    4. Laurent

      Copier un fichier musical ou un film (ou une idée) n’a jamais été un vol ne l’est toujours pas et ne le sera jamais. C’est l’état, usant de sont monopole de la violence que l’a décrété il y a fort longtemps alors que cet état revêtait la forme d’un pouvoir absolu. Le passage à la république n’a rien changé dans ce domaine. Les hommes de l’état le savent c’est pour cela qu’il emploie des moyens sans commune mesures avec les soit disant dommages qui sont en cause. L’industrie culturel compte pour epsilon dans l’activité économique et comme les moines copistes lors de l’invention de l’impression elle trouvera les moyens de survivre malgré la copie numérique, c’est l’ordre naturel des choses. les chanteurs feront des concerts, les films seront projetés dans des salles et les deux seront vendus sous forme électronique à des prix très bas et les entreprises devront innover encore davantage . Il est probable (mais pas certain) que les revenus des acteurs du secteurs baisse mais c’est ainsi que l’humanité progresse depuis le début de sa course en transformant des produits rares et chers en des produits abondant et très abordables voir pratiquement gratuit. les idées, la culture DOIVENT devenir ou redevenir (les idées le furent pendant des milliers d’année) gratuit ou presque c’est une des condition de notre sortie de crise.

      1. Pythéas

        Ce n’est pas « l’état, usant de sont monopole de la violence que l’a décrété il y a fort longtemps alors que cet état revêtait la forme d’un pouvoir absolu. »
        C’est Beaumarchais qui en avait marre de l’us qui voulait qu’après un certain nombre de représentations, la pièce appartienne à ses acteurs, et plus à l’auteur.
        L’objectif : que le créateur puisse vivre de son travail et ne crève pas dans la misère (comme ce petit pianiste salzbourgeois).
        Et c’est la Révolution, en 1789, qui reconnait le Droit d’Auteur.
        Pas 1793, hein… 1789. Genre DDHC, le fruit de son travail, toussa.

        Beaumarchais, pas exactement le profil du conservateur :
        « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. »
        « Pourvu que je ne parle ni de l’autorité, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, je puis tout imprimer librement, sous la direction, néanmoins, de deux ou trois censeurs. »
        Il fallait un peu plus d’audace à l’époque pour écrire ça que maintenant pour attaquer le site de l’Express….

        Enfin, dernière précision : les moines copieurs ne se gênaient pas pour supprimer des passages qui les dérangeaient, en écrire d’autres, etc. Le respect de l’oeuvre n’était pas exactement à la mode.

        1. Vous voulez dire qu’avant Beaumarchais, il n’y avait eu que des artistes misérables ? Comme Molière ou Corneille ?
          Et pour chaque petit pianiste salzbourgeois incapable de tenir à jour ses finances, on doit pouvoir trouver des kapellmeisters vivant correctement de leur art à Leipzig.

  2. Aloux

    « sans en comprendre ni le contexte et les implications. »
    ==> m’est d’avis qu’il y a un « ni » en trop ou en moins.

    Peut-être que c’est de la paranoïa, mais la façon dont a été menée la fermeture de MU m’a convaincu que la protection de l’industrie culturelle n’est réellement qu’un prétexte pour verrouiller la liberté d’expression sur internet, un prétexte bien consensuel et qui génère sans doute de copieux bénéfices pour nos représentants (ce qui n’est pas la moindre de leur motivation), mais pas le but réel de toute cette agitation au chevet d’une industrie cacochyme. Le gouvernement américain a montré que SOPA ou pas, il pouvait fermer du jour au lendemain un des sites les plus fréquentés du monde, arrêter son patron où qu’il se trouve et le traîner en taule comme un vulgaire terroriste. Mine de rien c’est un tabou qui vient de tomber, à l’époque du cablegate ils n’avaient pas osé agir aussi brutalement contre wikileaks.

    D’ailleurs Julian Assange, son extradition ne devait pas être décidée il y a peu ? et Bradley Manning, toujours en train de pourrir en prison en attendant un procès équitable ?

    1. Sanksion

      +1, et si ce n’était pas la piraterie, ça sera la pédophilie ou la protection infantile des dangers des pop up pronographiques sur internet.

  3. m’enfin

    C’est parce qu’il y a de bonnes analyses comme les vôtres, h16, que ce conflit hypocrite va dégénérer.

    Nous l’avions annoncé et expliqué depuis 2005, et compris depuis plus de 20 ans au moins pour les plus impliqués d’entre nous.

    Alors que les médias officiels se ridiculisent et perdent du terrain depuis si longtemps déjà, les évidences éclatent au grand jour et sans scrupules.

    Les puissances militaires et autres pouvoirs ne peuvent agir que par maîtrise des communications. Elles se doivent de les récupérer coûte que coûte.

    Tous les moyens sont mis en œuvres, manipulations, propagandes, désinformations, fausses attaques, et, depuis cette affaire Mégaup, déstabilisation et détournement de l’attention avec passage en force brute.

    Alerte générale, et prise de position.

    L’échec pourrait sonner le glas du pouvoir occidental. N’en douter pas une seconde, les enjeux sont énormes, inimaginables pour la plus part d’entre nous.

    Nous sommes en faillites, et l’empire n’a plus rien à perdre. C’est un fait.

    Acta et autres Sopa-pipo seront imposés, pour justifier cette dérive provoquée.

    Si Acta a été négocier dans une certaine discrétion à l’échelle internationale, c’est que cela pouvait nuire à sa mise en œuvre, au détriment d’une démocratie qui n’a que le nom, comme chacun le comprend mieux aujourd’hui.

    Quant à la République, ce n’est juste qu’un instrument pour se donner bonne conscience, quand on n’en possède plus.

    Les Solutions pour y remédier ont été volontairement écartées, car elles remettent en cause le fondement cruel de notre système inique.

    L’argent restera qu’un concept virtuel pour maintenir un semblant d’ordre, même ci celui-ci ne vaut plus rien dire.
    La valeur de l’argent, donc du travail est à ce prix.

    Le TBTF en est la démonstration suprême, hélas souvent incomprise.

    Rétablir des valeurs saines et partagées par tous va devenir impossible avec confrontation directe lourde de conséquences.

    Les Hackers, avec leurs dévoués Anonymous, sont en mesure de contre carré sur un plan technique, mais certainement pas d’un point de vu plus générale et géopolitique.

    La prise de position de la France et claire sur ce sujet. Pourtant, elle perd des hommes dans un conflit similaire, et elle n’en tire aucune leçon. Orgueil et désespoir, voilà le résultat quand la bêtise est au plus haut niveau de l’État.

    Ne pas faire confiance à son peuple, quand lui et lui seul restent debout face aux Défis qui nous attendent. Pitoyable.

    Un basculement est en cour, c’est la seule certitude.

    Ceci n’est qu’un point de vu, qui ne s’impose d’aucune manière.

  4. gnarf

    Ils n’auraient jamais du fermer megaupload et bloquer le contenu legal car il y a des gens qui ont paye pour mettre leurs documents personnels sur megaupload. Ils auraient simplement pu les forer a bloquer le partage le temps de retirer tout le contenu illegal. (acces possible uniquement aux fichiers qu’on a deposes).

    Ca devenait quand-meme le cirque…je sais bien qu’il n’y a pas d’offre adequate, mais quand je vois que megaupload etait remunere et remunerait les gens en fonction du nombre de downloads, c’est evident que tout le monde dans l’histoire avait interet a uploader un max de contenu proprietaire, et a faire le nettoyage touuu doucement.

    Megaupload aurait pu installer depuis longtemps une moderation des uploads a priori…donc avant que le fichier soit mis en ligne.

    C’etait tellement le cirque que la plupart des gens regardaient du streaming illegal sans meme s’en rendre compte…j’en connais plein ils cherchent le nom de la serie TV, ils cliquent un peu partout, et hop ca apparait. Comme c’est gratos sur la television ils ne saisissent pas le truc…puisqu’ils ne savent pas que les chaines TV achetent les contenus pour un nombre limite de diffusions.

    1. gnarf

      Mais c’est un personnage interessant le Kim Schmitz.

      Quand il ecrit sa version de toute ses histoires, et qu’il termine par:
      Kim Dotcom (oui, c’est mon vrai nom)

      Ca va forcement finir en film tout ca.

    2. Oui mais voilà : le droit d’auteur est plein de trous.
      J’ai ainsi le droit de décharger le flux numérique de la téloche, de la radio, d’en faire autant de fichiers que je veux. Mais je n’ai pas le droit de le diffuser librement, alors qu’en réalité, les royautés ont déjà été payées et aucun contrat n’a été passé entre moi (récepteur), les ayants-droits ou la télé/radio (diffuseurs). Jamais je ne me suis engagé d’une quelconque façon que ce soit à ne pas recopier ou diffuser les œuvres que la radio/télé m’a diffusées.

      Si un type, avec un mégaphone, se met dans un parc à dégoiser une poésie, que je l’entends, que je l’enregistre et que je la diffuse, en l’état actuel, on me reprochera d’avoir violé un droit d’auteur alors qu’il n’y a eu ni contrat, ni accord tacite ou quoi que ce soit. C’est, à proprement parler, n’importe quoi.

      C’est tellement n’importe quoi que si l’état n’était pas là, ce droit disparaîtrait instantanément (au contraire de bien d’autres droits, légitimes, eux).

      1. gnarf

        Oui et de la meme facon si je vois une invention brevetee et que je copie le principe je suis en tort meme si je n’ai passe aucun contrat avec l’inventeur.

        Et c’est quoi la solution alors? On peut supprimer les brevets et parallelement le droit de l’auteur sur la diffusion de sa musique.
        Apres tout, brevets et musiques finissent toutes par devenir publiques…c’est juste accelerer le temps.

        Et quelles seraient les consequences pour les inventeurs et musiciens, pour les inventions et la musique?

        1. Le brevet n’a pas toujours existé, comme le droit d’auteur. Et l’humanité a très bien réussi à s’en sortir. Elle s’est même globalement très bien portée lorsque c’était le cas.

          Une des méthodes pour qu’une invention ne soit pas copiée, c’est le secret.

        2. gnarf

          Oui je suis d’accord…les droits et les brevets c’est penible. Mais la realite a la mauvaise habitude de mal s’accomoder des principes tranches.

          Par exemple comment faire pour garder une invention mecanique ou physique secrete?…suffit de demonter pour recopier.

          Le mec qui a invente le velcro a mis 10 ans pour le faire, c’est une invention personnelle…et pourtant c’est facile a copier…ca merite qu’il puisse la commercialiser au moins un peu de temps avant de se la faire copier.

          Les droits et brevets ont des cotes nuisibles, mais aussi utiles.

      2. Lib

        Bon point. La situation juridique des diffuseurs (TV, radio) est en effet intenable. Si j’arrose le monde entier de mon contenu, je ne peux rien demander à l’auditeur.

        Ce serait différent si le contenu était crypté et que la clé était donnée en contrepartie de certains engagements.

        Autre point sur lequel les ayants droits sont bancals c’est sur la copie privée. Dès lors qu’on considère que, quand j’achète un DVD, je ne paie pas le support physique mais un droit d’accès au contenu, il n’y a pas de raison pour m’empêcher de ripper ce DVD.

        1. Nicolas

          « Si j’arrose le monde entier de mon contenu, je ne peux rien demander à l’auditeur. »

          Et pourtant, « on » arrose le monde de toutes sortes de produits, mais ce n’est pas pour autant que l’heureux propriétaire à le droit de le reproduire !

          Il n’y a aucun problème.

          1. Mais ça tourne en rond : non seulement, le droit de reproduction existe, et de fait, il n’y a aucune base légale pour l’empêcher (d’ailleurs, ce n’est pas la reproduction qui est attaquée, mais la diffusion).

            Vous mélangez tout.

        2. Nicolas B.

          Question : n’y a t il pas des explications sur le DVD vous disant que la seule utilisation du contenu est autorisé au cercle famillial et privé? Interdiction de diffuser le contenu en dehors de ce cercle? Si vous achetez le DVD, n’êtes vous pas lié par cette demande?

          1. Le problème est qu’on prend connaissance du contrat APRES l’achat. Ce qui rend le contrat caduc ou impropre.

      3. gnarf

        Qui ici est un inventeur?

        Je produis un appareil que j’ai developpe de A a Z et qui utilise un concept nouveau. N’ayant pas les moyens ni l’envie de payer les avocats je ne le fais pas breveter.

        J’ai passe 4 annees dessus a temps plein…des prototypes dans tous les coins, nuit et jour penser et repenser le truc…pendant ce temps-la les concurrents se contentent depuis des annees de recopier toujours les memes recettes sans jamais innover mais eux ils engrangent du cash et moi des dettes.

        Et bien je sais que le jour ou je vais le sortir, les concurrents qui ne font que copier sans jamais vraiment bosser vont se precipiter pour me pondre une copie. C’est ca qui me fait chier….j’aime pas les brevets, mais c’est affreux de voir comment les sangsues se precipitent pour profiter d’une innovation.

        Tu bosses tu bosses tu bosses, tu t’endettes et quand tu commences a peine a recuperer, ton temps est deja compte. Et les autres ne font qu’attendre que les innovations leur tombent toutes pretes, et engrangent du cash tout le temps sans jamais prendre de risque.

        1. gnarf

          Je suis tout a fait favorable a l’idee que l’innovation profite a tous.
          Mais la logique du libre marche, du capitalisme, voudrait que l’entrepreneur qui a pris les risques recoive une renumeration proportionnelle.

          Tandis que bien souvent ca part en couille. Sans brevet, l’entrepreneur se fait copier si vite qu’il n’a meme pas le temps de remunerer son risque, et les copieurs recoivent une renumeration correspondant a un risque qu’ils n’ont pas pris.
          Avec brevet c’est pas mieux, des bandits passent leur temps a breveter tout et n’importe quoi pour pouvoir capter une partie des benefs de ceux qui produisent quelque-chose…ou pour empecher la concurrence.

          Donc je demande sincerement…quelle solution y a t il?

      4. Carlo de assurance transit

        C’est exactement le genre d’aberration vers lesquelles ont risque d’aller, et c’est la création qui risque d’en pâtir, car il est possible que la personne que vous avez enregistré avait un grand talent et votre enregistrement aurait pu l’aider a le faire découvrir et à pourquoi pas développer son art.

    3. Mr T

      Comme dit h16 le secret en est une, mais on peut en concevoir pelletée d’autres :

      – Le fait d’être premier sur le marché apporte un avantage certain (dans le cas extrême des normes / standards il est même un facteur clé de succès)

      – Joint-ventures (projets de R&D communs entre concurrents), clauses de non-concurrence… bref tout ce qui n’emploie pas la contrainte étatique mais permet à des entreprises et à des acteurs de protéger leurs investissements dans l’immatériel, et il en existe beaucoup

      – La réputation, la position sur un marché, la maîtrise des réseaux de distribution sont autant de barrières naturelles érigées contre celui qui décide de copier et espère en retirer un gain facile

      Faites fonctionner votre imagination 🙂

      1. Laurent

        Copier une invention n’est pas toujours aussi simple qu’on le crois. exemple l’ipad d’Apple. nombreux sont ceux qui l’on copié mais le succès est toujours là…
        Il ne faut pas oublié qu’une idée en soit n’a aucune valeur. cette idée ne prendra de valeur que lors de sa mis en oeuvre, la commercialisation. Donc le plus important dans l’histoire ne réside pas dans l’invention proprement dite mais dans ce qui suit

  5. DiscoTonio

    Moi ce que je trouve assez drôle dans l’affaire tout de même, c’est que tous ces sites permettent mine de rien d’acheter la paix sociale, en collant devant les écrans des jeunes appauvris qui se font dépouiller et ne peuvent pas se payer les loisirs qu’ils pourraient normalement se payer avec leur travail.

    Une fois que les écrans seront éteints, ça risque de s’ennuyer ferme et de gamberger sévère dans les chaumières…

    Jamais vu une mesure aussi conne en terme d’engeneering social de la part de nos kleptocrates qui mettent un point d’honneur à dépouiller les jeunes méritants au maximum sans que ces derniers ne bronchent…

    1. « Jamais vu une mesure aussi conne en terme d’engeneering social »
      Deux hypothèses : ce n’est pas une mesure si conne et tu loupes un élément, ou c’est une mesure conne mais il n’y a pas d’engineering social.

    2. Nicolas

      « en collant devant les écrans des jeunes appauvris q »

      Très drôle : ce sont les fils de bobos qui pirates, pas les pauvres..

    3. Archibald

      Je m’étais fait la même réflexion au sujet du contrôle des masses : Pourquoi priver le peuple d’une source de divertissement facilement accessible?

      Mais le souci est qu’avec le téléchargement on peut se passer de tv, de radio et de journaux. On peut même facilement trouver en tvrip des documentaires. Ainsi, on fait sa propre chaine  » à la carte  » (et sans publicité.) Ce qui fait perdre une grande partie de l’influence des gouvernements et des grandes sociétés avec lesquelles ils sont acoquinés.

      1. Sanksion

        Voilà, l’information n’est plus contrôlée ni contrôlable. C’est effrayant de laissez lire les gens ce qu’ils veulent sans aucun guidage de l’Etat. Ce serait la loi de la jungle.

        1. Paf

          aujourd’hui n’importe qui peut publier ce qu’il veut sur internet sans avoir a passer par la bonne et juste censure, c’est la porte ouverte a tous les courants d’air ! si on laisse faire ca les gens vont eduquer leurs enfants eux meme, lire ce qu’il veulent et partager des informations comme ils le veulent, c’est trop Porrible!

      2. Théo31

        « avec le téléchargement on peut se passer de tv, de radio et de journaux. »

        +1000000000000000000000000000000000000000000000000000 😀

  6. Pere Collateur

    Comme vous le dites, au delà de l’évenement en lui même, il faut bien voir les implications cachées de cette affaire:

    La première est l’action du FBI à la limite de la légalité voir pas légale du tout.
    En effet, en quelle honneur une agence gouvernementale d’un pays X s’octroi-t-elle le droit délirant d’aller faire ses petites affaires dans un pays Y?
    Bon je ne suis pas juriste, mais vu que ca en a l’odeur, que ca en a la couleur, alors peut etre bien que ca en est!

    La seconde est que décidément, les systemes centralisés, comme le sont ces machins de DDL, ne valent pas tripettes.

    Au risque de me faire lapider par des légions de Kevins, je n’ai jamais été un fan de ces bidules de ddl. Je leur ai toujours préféré le peer to peer comme torrent et edonkey.
    Pour moi, ceci est un coup de semonce salutaire qui pourrait enfin stoper la dérive du net vers une structure de type minitel.
    Et idéalement, si ca pouvait pousser les masses vers des solutions décentralisé, cryptée et anonyme, on aurait là ce qu’il faut pour renvoyer dans les poubelles de l’histoire tous ces petits censeurs en herbes.

    Enfin concernant les majors, dont les lobbies associés sont clairement à la manoeuvre, je rappelle que si personne n’achète leurs « oeuvres », ptêtre ben que ca se vendra pas…
    Et pas de vente, pas de sous, pas de lobby. CQFD.

    1. Paf

      le FBI est l’agence qui brula des petits enfants a Waco sous pretexte que machin payait pas ses taxes.La classe.

  7. Flo

    Je ne suis vraiment pas spécialiste de la question mais n’y a-il pas eu un malentendu sur la notion « d’illimité » au lancement de l’dsl et des box, renforcé par le caractère « immatériel » des oeuvres culturelles une fois qu’elles sont numérisées?
    (Mon abonnement au réseau de distribution d’eau ne me donne pas droit d’ouvrir le robinet à fond sans payer la denrée).
    N’aurait-il pas été préférable de proposer des abonnements beaucoup moins chers et une facturation proportionnelle à la quantité de données échangées?

  8. RTP

    Au delà de l’arrestation des fondateurs et propriétaires de Megaupload, je me pose la question de la fermeture des serveurs ; je croyais qu’ils se situaient au moins pour une partie d’entre eux à Hong Kong.

    Par ailleurs je rebondis sur une autre intervention : le site ne servait au départ qu’à la marge de site d’échange de fichiers « pirate » de films et musiques. Les professionnels s’en servaient également pour de l’échange de données massives entre eux. Les premiers pénalisés sont eux.
    Un peu comme pour la taxe sur les supports numériques (CD, DVD, Disques durs, etc.) sensées soutenir la création artistique, qui est principalement payée au final par les entreprises grosses consommatrices de ces supports.

    Bref, à un moment ils commencent à bien nous pomper l’air ces industries du cinéma / music incapables de faire leur révolution numérique à cause de « cinq gus dans leur garage »…

  9. Nicolas

    Pas du tout d’accord avec vous, h16.

    Si je suis propriétaire d’un tableau, et que je veux le conserver chez moi et n’en pas diffuser l’image, j’en ai le droit. Personne n’a à violer ce droit.
    Si je décide d’en vendre la reproduction 1000000 d’euros, j’en ai le droit, et personne n’a à violer ce droit.

    L’argument des pirates est ridicule : j’ai violé cette femme, monsieur le juge, mais parce que les femmes devraient se précipiter pour coucher avec moi et ne le font pas, donc c’est leur faute. Bein voyons !

    Quand au noeuds de contrat que constitue les major, je ne vois pas du tout ce qu’il vient faire la dedans. Les relations entre x et y ne concernent pas les autres, mais ils doivent les respecter comme un fait. A ce train la, on a le droit de vous voler parce qu’il y a une mauvaise clause dans le contrat entre vous et votre banquiers !

    La France produit 600 film par ans. Alors oui, sur la dizaine qui marche, c’est clair que le salaires des acteurs sera ridiculement faible, et c’est forcé, puisque la société de production finance 590 autres navets qui lui ont fait perdre de l’argent..

    (Et au passage, votre disque est faux : manque les 100% de marge du distributeur..)

    1. « Si je décide d’en vendre la reproduction 1000000 d’euros, j’en ai le droit, et personne n’a à violer ce droit. »
      Certes, mais une fois que la copie est vendue, qu’est-ce qui m’empêche de faire des reproductions ?
      Et si vous mettez votre tableau dans un lieu public (cas symétrique de la radio), je prends des photos en passant, quel droit ais-je violé ?

      L’argument du viol est totalement absurde : il y a bien atteinte physique. Jusqu’à preuve du contraire, lorsque je copie une œuvre (que je le diffuse ou non n’importe pas ici), je ne lèse personne. Quant au salaire des acteurs, que m’importe ? Vous prenez le truc par le mauvais bout. Si leur salaire est faible, c’est parce que ce qu’ils font n’est pas très demandé, c’est tout.

      « A ce train la, on a le droit de vous voler parce qu’il y a une mauvaise clause dans le contrat entre vous et votre banquiers ! »
      Vite, un exemple qui colle aux remarques que j’ai faites.

    2. Sanksion

      Seulement, rien ne m’empêche de créer le même tableau chez moi. Ce qui revient à produire des 1 et des 0 avec mon matériel pour recopier une musique.
      Si ta logique est bonne, alors on devrait payer à des auteurs (faudrait les retrouver) pour chaque mot que j’écris et que j’échange sur internet. Je ne les ai pas inventé, je les reproduits, comme mes 1 et mes 0 qui constituent mes mp3.

      1. Paf

        dans le cas de la peinture, les reproductions ne valent pas grand chose comparees a l’original.C’est pour ca que les artistes ou majors qui produisent directement sur support digital essayent par tous les moyens d’empecher la copie alors qu’a la base c’est leur medium qui est inadapte a la valorisation.

  10. Nicolas

    « Certes, mais une fois que la copie est vendue, qu’est-ce qui m’empêche de faire des reproductions ? »

    Très simplement : le contrat que j’ai passé avec vous !

    « Et si vous mettez votre tableau dans un lieu public (cas symétrique de la radio), je prends des photos en passant, quel droit ais-je violé ? »

    Evidement. Idem pour des chiottes public : ce n’est pas parce que je les rend public qu’on a le droit de partir avec ! Ou d’en faire des photo pour les vendre à un publicitaire (seraient ils originaux dans leur formes).

    « Jusqu’à preuve du contraire, lorsque je copie une œuvre (que je le diffuse ou non n’importe pas ici), je ne lèse personne. »

    Ah ? Et donc il faut autoriser les mauvais élève à copier sur les bons ? Ou même les gens à imprimer des tas de billet chez eux ? Ca ne lésera personne, vraiment ?

    Vous copiez parce que, justement, cela à une valeur, valeur qui n’est pas tombé du ciel, valeur qui appartient à son créateur avec qui vous n’avez aucune convention, aucun lien juridique, -et que vous refusez de payer, ce qui pourrait créer ce lien nécessaire.

    Quand à l’argument « il doivent s’adapter », elle ressemble à celui d’un braqueur de transport de fond. Bien non, même s’ils ne s’adaptent pas, on n’a pas à les truander !

    « « A ce train la, on a le droit de vous voler parce qu’il y a une mauvaise clause dans le contrat entre vous et votre banquiers ! »
    Vite, un exemple qui colle aux remarques que j’ai faites. »

    =>http://h16free.com/wp-content/uploads/2012/01/music-profit-pie.jpg

    1. Encore une fois, on mélange tout. Si vous avez fait du droit, c’est bien triste. Sinon, vite, mettez-vous y.
      Ici, c’est juste affolant tellement ça part dans tous les sens.

      Quand je « pars avec » des WC publics, je les vole puisque je prive de l’usage son propriétaire légitime. On n’est pas dans le droit d’auteur, merci de ne pas mélanger.

      Quand j’en fais une photo, de quel usage est-ce que je prive son propriétaire ? Ne cherchez pas, aucun. Je ne prive même pas le propriétaire du droit de faire lui-même des photos et des repros de son objet. On n’est même pas non plus dans le droit d’auteur (et si c’était le cas, les jurisprudences mondiales auraient été un tant soit peu harmonisées, ce qui n’est absolument pas le cas et donne d’ailleurs à la France un délicieux côté rétro).

      Pour les billets de banques, on n’est pas dans le droit d’auteur, merci de ne pas mélanger.
      Pour les copies des notes, on n’est pas non plus dans le droit d’auteur, merci de ne pas mélanger.
      Et pour l’exemple, j’attends toujours (si vous ressortez comme exemple ce que vous tentez de prouver dans la plus grande confusion, c’est évidemment nul et non avenu).

      Dans tous les cas où vous mélangez, on peut définir une victime, on peut définir la nature de la lésion et on peut même la quantifier (financièrement) alors que pour le droit d’auteur, c’est – justement – très difficile voire impossible à faire.

      1. Monoi

        Vous rappelez vous du temps ou Belmondo voulait vendre les videos de ses films mais ne le pouvait pas parce que la loi l’interdisait?!

        Comme quoi les choses evoluent, et que l’etat fout bien toujours la merde.

        C’est a se demander comment les artistes vivaient avant l’invention du disque, de la video, etc…

      2. Nicolas

        « Quand j’en fais une photo, de quel usage est-ce que je prive son propriétaire ?  »

        De l’usage, justement, qu’un propriétaire à le droit d’écarter quiconque de sa propriété. Sinon, ce n’est plus un droit de propriété !

        « maintenant, dans la même rue, je vois votre voiture, je me pose à côté et je construits la même avec mes outils. J’ai une voiture, vous avez toujours votre voiture, il n’y a donc pas vol. »

        Sauf que, évidement, pour fabriquer cette voiture j’ai dépensé 1 milliards en R&D et que pas vous et que vous êtes donc un voleur.
        Ce n’est pas parce qu’on sait appuyer sur le bouton d’une photocopieuse qu’on est Proust.

    2. Sanksion

      Un exemple plus parlant.

      Je suis dans votre rue, je vois votre voiture, je casse la vitre, je manipule les fils derrière le volant, je me tire avec. J’ai une voiture, vous avez perdu une voiture, sans votre consentement, il y a vol.

      maintenant, dans la même rue, je vois votre voiture, je me pose à côté et je construits la même avec mes outils. J’ai une voiture, vous avez toujours votre voiture, il n’y a donc pas vol.

      Et oui, télécharger, ce n’est pas comme voler un sac à main, même si les gens de l’Etat ont un peu de mal à comprendre pourquoi.

      1. Paf

        surtout que dans le cas de l’etat, on est clairement dans le cas du gars qui decide que copier c’est mal meme si le droit dit le contraire, et qu’il va te taper sur la tronche lui et ses cinquante potes armes, meme si le droit te protege, vu que le droit quelque part c’est lui qui l’ecrit et que les cinquante potes armes ont le monopole de la securite et de la violence. on est clairement dans le mafieu, oh quelle surprise, une action d’etat mafieuse, impossible.

  11. Calvin

    La vrai question que l’on doit se poser est :
    Est-ce que l’industrie culturelle (du disque, de la vidéo, etc…) conserve des acheteurs ?
    C’est à dire des gens qui veulent, dans leurs premiers désirs, l’accès assez rapide à des oeuvres dont ils sont amateurs, avant d’autres loisirs, d’autres priorités.
    Ceux qui écoutent un concert en dehors de l’enceinte du Stade de France, ceux qui regardent sur leur TV une version filmée d’un film projeté au cinéma, ceux qui téléchargent plus de mp3 que ne leur prendra le reste de leur vie pour les écouter, ceux-là ne sont pas des amateurs. Ils n’enlèvent rien à ceux qui ont acheté leur place, leur livre, leur blu-ray, etc. Ils n’enlèvent rien non plus aux producteurs, puisque de toute façon, ils n’auraient pas acheté/payé le produit.

    Ce qui semble effrayant, c’est la masse, le nombre de gens « potentiellement » touchés.
    Les majors ont élaboré le scénario suivant :
    – avant, les gens travaillaient plus, n’avait pas le temps de se cultiver, étaient plus pauvres, etc…,
    – nous vivions bien grâce aux amateurs de notre industrie,
    – or, la masse des gens susceptibles de consommer notre industrie a grossi,
    – au final, on n’a pas autant augmenté nos profits que prévu !
    – exerçons la pression sur les Etats.

    Mais, dans le passé, que je sache, il n’a jamais été interdit de prêter le livre qu’on a acheté, à sa famille, à ses amis. La redevance télé est la même, qu’on soit célibataire ou une famille de 10 personnes.
    Ce n’est pas le prêt qui a coulé l’industrie de livre. Au contraire, ceux qui ont eu accès à la culture, par procuration, ont peut-être été tenté par la lecture, l’art, que sais-je. Et sont devenus consommateurs.

    L’erreur de ce modèle, c’est qu’en même temps que le nombre de gens susceptibles d’être touchés par leurs produits augmentait, les prix devaient baisser. Or, si les coûts de fabrication ont bien baissé, ce qui a été le cas des supports, le « contenu » lui-même s’est donc proportionnellement envolé.

    Prenons un exemple très simplifié.
    En 1900, fabriquer un livre coûte 10 brouzoufs, je vends une oeuvre à 20 brouzoufs.
    En 2012, fabriquer un livre revient à 1 brouzouf, je vends l’oeuvre à 30 brouzoufs (parce que y a pas de raison, les salaires ont augmenté !!).

    En augmentant l’audience globale, la démographie et la croissance mondiale ont fait un cadeau aux Majors. En voulant vivre sur le passé, ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

  12. gnarf

    Alors OK rien n’interdit de preter un bouquin a des amis, ou un outil ce qui s’apparente a une application informatique.
    Je vois des comparaisons avec des objets materiels…effectivement reconstruire une voiture a l’identique n’est pas du vol.

    Mais il y a quand-meme une difference. Recopier une bagnole ca ne vaut pas le coup/cout. L’achat reste la meilleure solution pour profiter du travail de conception realise par le producteur. Preter des bouquins et des outils ca reste limite…je ne vais pas preter mon outil a 1000 personnes.

    Tandis que la duplication de contenus numeriques et d’applications se fait sans effort, a l’infini. C’est de la que vient le profond malaise. Ici vous pouvez tres bien avoir une seule personne qui duplique pour toute la planete.

    OK les majors sont des dinosaures qui veulent eviter de se plier au changements introduits par le net. Ils refusent le changement.
    Mais a l’oppose du spectre, les petits developpeurs d’applis informatique ont essaye de toutes leurs forces d’embrasser le changement. Shareware, freeware, open source…et au final on s’apercoit que rien n’a vraiment ete trouve pour rendre l’economie informatique aussi florissante que l’economie materielle. Il faut des centaines de milliers d’utilisateurs pour remunerer une petite equipe en open source ou freeware, alors que pourtant les applications proposees sont souvent un service de qualite considerable.

    On a donc un nombre limite d’acteurs vivant reellement de leur produit…le reste etant fait par des benevoles enthousiastes qui veulent faire leurs preuves, et decouvrent par la suite qu’ils vont devoir manger 1 jour sur 3 s’ils veulent en vivre.

    D’ou le desir peut-etre illusoire d’appliquer les regles du monde materiel (en ce qui concerne la duplication) au monde immateriel.

    1. gnarf

      Exemple avec MySQL.
      En 2006 MySQL c’est 33% des bases installees dans le monde.
      8 millions de bases actives…

      De quoi faire vivre….roulements de tambour…320 employes!

      Les companies open source ont beaucoup de mal et sont en train de fermer des portions de leur code pour revenir vers du vieux commercial pas beau. On n’a toujours pas trouve de business model meilleur que le vieux logiciel proprietaire tout moche, qui passe par la lutte contre le piratage.
      C’est embetant.

      1. gnarf

        Ba oui des contre-exemples il y en a toujours. Ca fait 10 ans que des boites pretendent avoir le business model qui va tout regler. Et effectivement certaines oeuvres gagnent en visibilite par le piratage.

        Mais je vous parle du tableau d’ensemble. Les business model actuels sur le net amenent a une reduction drastique du nombre d’acteurs dans chaque domaine car pour survivre avec un tel business model il faut 100 ou 1000 fois plus de frequentation qu’avec le systeme proprietaire.
        Les boites qui faisaient de l’open source ont coule ou sont en train de faire marche arriere (y’a que redhat qui marche bien)…evidemment vous pouvez me sortir pas mal de micro developpeurs indie qui vendent des trucs et font meme des succes.

        C’est bien ou pas bien c’est vous qui voyez. Mais pour manger vaut mieux postuler chez Oracle que MySQL…l’un faisant 500 fois le benef de l’autre sans pourtant etre inabordable pour le consommateur. Oui 500 fois.

        1. Pour votre information, MySQL a été racheté par Sun racheté par Oracle.

          Concernant le tableau d’ensemble, il est très défavorable au status quo, de toute façon. Et il est aussi très défavorable au droit d’auteur et au brevet. Là encore, le marché décidera. Ça prendra certainement un peu de temps, mais je vous garantis que l’une et l’autre notions disparaîtront.

        2. gnarf

          Vivi je sais qu’ils ont ete rachetes. Puis on peut peut-etre se tutoyer apres tout ce temps je crois.

          Ce que je voulais dire c’est:
          – les majors sont des dinosaures…c’est bien plus interessant pour les groupes de vendre en direct sur internet.
          – le brevet et les droits d’auteur cay le mal. D’ailleurs je prefere prendre le risque de me faire copier plutot que de jouer ce jeu-la.
          – il n’y a toujours pas de modele economique qui nourrisse son homme pour les produits numeriques. Et il n’y en aura jamais je le crains. Je reprends la phrase d’Etienne plus bas qui resume tout: « Aujourd’hui les productions de l’esprit, une fois divulguées et reproduites à l’infini de manière parfaite, perdent leur valeur marchande. »
          Les applis, les films, la musique…tout ca va finir gratos sur internet et la creation de richesse sera a 99% dans la pub ou dans le monde reel (concerts, cinema).

          Je ne sais pas si j’arrive a me faire comprendre, mais au dela du systeme proprietaire qui est obsolete, j’aurais souhaite qu’il existe un business model capable de faire de l’economie immaterielle quelque-chose d’aussi florissant que l’economie reelle. On peut faire des applis geniales en faisant travailler a distance des cerveaux epatants…dommage que de tels joyaux se commercialisent beaucoup moins bien que des sandwiches dans une gare.

          1. Je n’ai pas de réponse, mais je parie sur l’imagination humaine. Comme c’est elle qui nous a menée jusqu’ici, je pense qu’il y aura, en réalité, mille et un moyens de faire de l’argent avec de l’immatériel. Simplement, ces moyens sont d’autant plus difficile à faire émerger que les anciens paradigmes s’accrochent.

            D’ailleurs, un peu de réflexion à ce sujet :
            http://www.linformaticien.com/actualites/id/23262/megabox-la-vraie-raison-de-la-fermeture-de-megaupload-par-le-fbi.aspx

            On y apprend que MegaUpload voulait lancer MegaBox promettant de rétribuer les artistes à hauteur de 90%.

  13. placid raymond

    Monsieur H16,
    merci pour vos billets qui m’ont permis de changer de perspective au sujet de vérités qui me semblaient des évidences.

    Juste 2 petits trucs:

    > J’ai 2 fils adolescents.

    L’aîné, 19 ans, en école d’ingénieur, ne télécharge jamais de film ni de musique… et ne va que très rarement au cinéma et jamais à un concert, sauf s’il est lui même sur scène.

    Son frère, 17 ans, en terminale, est un grand amateur de cinéma et de Rock N Roll.
    Grâce à internet, il s’est forgé une bonne culture cinématographique et musicale… Et il ne rate aucune sortie d’un film de ses réalisateurs favoris, aucun concert (abordable).
    Sans les films qu’il télécharge ou qu’il copie sur le DD de ses potes, il serait moins demandeur et paierait bien moins souvent sa place au cinéma.

    > Quant à la musique: son accessibilité sur le Net permet à tout créateur de se faire connaître. Si sa musique rencontre un public, et bien, que le musicien la joue en concert! Ça devrait être son métier, non?
    S’il est bon, il pourra en vivre. S’il n’est pas l’auteur, il paye des droits à celui qui l’est, puisque celui-ci lui permet de s’enrichir…

    Finie l’époque où l’on pouvait glander toute sa vie après avoir pondu un tube en une demi-journée! Au boulot!

  14. estienne

    Aujourd’hui les productions de l’esprit, une fois divulguées et reproduites à l’infini de manière parfaite, perdent leur valeur marchande. Personne ne pourra rien contre cette évolution et, plutôt que de mener des combats d’arrière-garde pour préserver artificiellement la rareté et le prix, voyons les avantages de ce déploiement pour la créativité.

  15. Fikmonskov

    Je ne réagirai que sur votre graphique, qui à mon avis n’est pas du tout un argument.

    Ça tombe, bien il n’est pas utilisé comme tel.

    Je précise d’entrée que je suis un artiste, que j’aurais aimé pouvoir en vivre, et tout ça.

    Que les majors touchent une grosse part de chaque vente est normal : ce sont eux qui prennent les risques, qui gèrent tout ça, qui se plantent parfois. C’est comme une assurance : elle prend beaucoup sur tout pour pouvoir se permettre de se prendre des gros fours de temps en temps.

    Oh, on ne leur reproche pas de prendre des risques. On leur reproche de faire du lobbying et de se comporter comme des mafieux. C’est très différent.

    De fait, en téléchargeant illégalement, on ne donne plus aux majors, mais on ne donne pas non plus aux artistes. Prétendre qu’on n’attaque pas les artistes est faux. Et au contraire, puisque les majors ne font plus de fric même sur les groupes qui marchent très bien, elles n’ont aucune raison de prendre des risques avec des groupes qui marcheront de toute façon moins bien.

    Ce qui est faux c’est de prétendre que le piratage nuit aux artistes. Des douzaines d’études sérieuses montrent une très forte corrélation entre l’augmentation du piratage et l’augmentation des dépenses des pirates dans les biens culturels. Evidemment, ça plaît pas, mais c’est comme ça.

    C’est ainsi qu’on se retrouve avec des majors qui ne signent plus que des bouses qui font la même chose que tous les autres mais dont elles sont sûres qu’ils marcheront, et laissent tomber des petits groupes. Parce que de toute façon, mettre du fric sur un groupe qui n’aura jamais plus que 5% du nombre de fans de Lady Gaga, c’est forcément à perte.

    Donc en téléchargeant, on touche un peu les majors et les bouses radiophoniques, certes, mais surtout on étouffe dans l’oeuf des vrais artistes, qui proposent des choses différentes, qui créent vraiment, qui font avancer l’art.

    Bah non. Lisez les commentaires au dessus. Y’a plein de liens qui viennent contredire par l’exemple. Si vous faites avancer l’art, vous aurez des gens prêts à payer. Si vous n’avez pas de gens prêts à payer … Eh bien peut-être que vous ne faites pas avancer l’art (ou que vous n’avez pas encore trouvé votre public).

    En gros, on participe directement du nivellement par le bas.

    Sauf que des milliers d’années d’histoire humaine viennent contredire de façon flagrante cette jolie phrase. De tous temps — sauf, en gros, au 20ème sièlce — des artistes ont dû soit travailler à côté ne pouvant vivre de leur art, soit trouver des mécènes fortunés. C’est, précisément, ce qui fait la condition d’artiste. La parenthèse du copyright est simplement en train de tomber, lentement. J’ai parfaitement conscience que le changement est rude et pénible, mais il est inévitable (le marché, c’est plus fort que toi etc…) Après, on peut lutter (en pure perte) ou s’adapter.

  16. gem

    c’est con pour Sony, parce qu’il aurait pu se faire du beurre gentiment simplement avec des offres type « canalplay » : un abonnement modique donnant le droit d’accès à tout le catalogue à la demande ; qui se ferait alors chier à télécharger et stocker des fichiers qu’il peut lire quand il veut comme il veut ?
    Un genre de « licence globale », mais sans la violation des droits de la formule obligatoire que certains gauchistes poussent

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