Les méchantes entreprises contre les gentils États

On tient le bon bout ! Les efforts immenses portés par l’Education Nationale, les journaux et les politiciens finiront par aboutir, enfin, à une vision idoine de l’économie en France. La notion de profit est déjà honteuse, celle d’entreprise est maintenant liée à la cupidité, et bientôt, on pourra enfin l’abolir purement et simplement en la fondant à celle, bien plus pratique et bisou-compatible, d’État.

C’est donc armé de cette certitude qu’on peut prendre connaissance de cet intéressant article publié récemment dans l’Express. C’est un magnifique exercice journalistico-économique qui fait intervenir plusieurs couches d’autisme attentivement étalées les unes sur les autres pour arriver à un résultat qui serait consternant s’il ne participait pas d’une tendance générale bien comprise : raconter absolument n’importe quoi en mélangeant les causes et les conséquences pour aboutir à une conclusion qu’on avait, habilement, déjà écrite avant d’avoir commencé à analyser.

capitalisation apple vs budget Etat françaisL’article nous fournit ainsi un maelström de confusions qui met par exemple en face l’un de l’autre la capitalisation boursière de Facebook (un cliché grossier de la valorisation d’une partie d’une entreprise, donc) avec le budget d’un Etat (un état comptable des prévisions d’entrées et de sorties financières), ou la masse salariale d’une entreprise privée sur marché extrêmement concurrentiel avec le nombre de troufions dans une armée de métier. Jusque là, rien que de très normal de la part de ce qui passe pour des journalistes en France.

Plus gênant, poussant sans doute le professionnalisme jusqu’à propulser le proverbial gros micro mou sous le nez d’intervenants à la pertinence douteuse, ces mêmes journalistes nous proposent de découvrir leurs fines analyses au détour de questions finement ouvragées pour ne laisser aucun doute au lecteur. Le but est simple : montrer que les plus grosses entreprises capitalistes font maintenant jeu égal ou supérieur avec les États et en coincent les bras frêles dans leur dos avec une clef douloureuse grâce à leurs muscles financiers turgescents ; dans la bouche de Sylvie Matelly, directrice de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), cela donne ça :

« L’hypertrophie bancaire a piégé les États. D’une part, les banques sont trop grosses pour qu’on les laisse tomber en cas de problème et, d’autre part, en encadrant trop strictement leur activité, on risque de freiner le financement de l’économie »

Vous voyez, c’est très simple : les États ont été super-gentils avec les banques qui se sont, c’est évident, goinfrées, ont beaucoup grossi avec des bourrelets ici, là et là, et, une fois obèses et lorsqu’elles ont commencé à faire des crises cardiaques, les povz’États ont été tout piégé ! D’un côté, ils ne peuvent qu’intervenir sinon tout le monde meurt dans d’atroces souffrances (diapo n°1, voyez, là, c’est terrible) et en plus, on ne peut pas leur cogner dessus parce que sinon elles refusent des prêter, les vilaines (diapo n°2, avec des enfants qui mendient et des vautours). Simple, non ? Je vais passer dans l’assistance avec sébile, merci de votre solidarité.

En fait, tout l’article (et toute la mentalité qui le charpente vaguement derrière) est basé sur l’idée évidente que les entreprises, devenues plus grosses et plus puissantes, ont plus de pouvoir et plus de moyens pour faire plier les États. On y retrouve le témoignage poignant de l’ex-patron de Saint-Gobain qui, en bon corporatiste protectionniste, pleurniche amèrement sur la trop faible protection qu’offre l’État français là où l’État chinois a su dire « Stop ! » à Google. Bien sûr, le fait que ce dernier soit communiste et totalitaire ne semble pas trop gêner notre capitaliste d’opérette. De même que ne semble en rien gêner les auteurs le fait que les concentrations bancaires ont été très largement encouragées par ces mêmes États qui, justement, réclamaient très fort des « champions nationaux ». De même que ne sont pas évoquées les législations bancaires galopantes qui expliquent, en contrepartie, l’inventivité de plus en plus tordue des acteurs du milieu pour tenter de la contourner. De même que n’est pas non plus analysée la corrélation évidente entre la puissance d’un État et la puissance du lobbyisme : eh oui, un Etat faible n’intéresse pas les lobbyiste qui n’y trouveront pas le levier qu’ils cherchent pour s’assurer, par exemple, la fermeture d’un marché à leurs concurrents. Après tout, comme le dit fort justement P.J. O’Rourke, « Quand l’achat et la vente sont contrôlés par la législation, les premières choses qui s’achètent et se vendent sont les législateurs. »

pj orourke : acheter le législateur

En réalité, tout l’article est une ôde tendre et délicate au protectionnisme et à l’interventionnisme étatique, plus ou moins musclé, afin de mettre les entreprises au pas. C’est vrai, quoi ! C’est scandaleux que ces États aient ainsi « organisé leur propre abdication », c’est vraiment krodomage que les vilaines entreprises « n’hésitent pas à porter leurs différends devant la justice » ! Justice qui ne fait qu’appliquer des lois votées par des représentants du peuple, qui ne sont pas corrompus, bien sûr. Et pas un mot sur le fait que les États peuvent, du jour au lendemain, exproprier, détruire, avec ou même sans usage de la force, parce que, justement, ce sont des États. Parce que bon, vous comprenez, point n’est besoin de rappeler que l’État, aussi faible soit-il, dispose d’une armée, de la douteuse légitimité démocratique, et, éventuellement, d’une bonne poignée de bombes (éventuellement nucléaires) pour dissiper (dans de jolis champignons) les doutes sur qui est, réellement, le plus fort, de lui ou de l’entreprise qui s’opposerait.

Socialisme

Du reste, point n’est besoin de s’opposer tant il est bien plus facile de jouer la collusion, la connivence. Le capitalisme « à la française » (comme, dans une autre mesure, le capitalisme « à la chinoise ») sont des capitalismes d’apparatchiks : combien de patrons du CAC40 issus d’un parcours complet dans l’entreprise qu’ils dirigent et pas d’une des grandes écoles, ENA incluse ? Combien de discret PDG qui ne soit pas, d’une façon ou d’une autre, arrivé là par le compromis entre ses éventuels talents de manager et son bien plus utile entregent politique ? … Pas des masses, assurément, et justement, ça en dit long sur la force qu’on peut prêter à ces entreprises quand leur monde interpénètre autant celui de l’État (et vous pouvez vous brosser pour trouver ça dans l’article en question, hein).

Cet article n’est, comme d’habitude, qu’un énième exemple de cette façon de penser l’économie si typiquement française ; on la retrouve dans toutes ces « enquêtes » pas du tout orientées dépeignant les multinationales comme des monstres froids que l’État ne saurait jamais être. Dans cette doxa, l’entreprise est une succursale de l’Enfer que seuls les Hommes de l’État, ces super-Ayraulthéros modernes en moule-burne doré marqué ENA dessus, sont capables de domestiquer pour la mettre au service de tous, comme eux le sont et en font la démonstration tous les jours (musique maestro).

Avec une telle vision, difficile d’être étonné des « performances » économiques françaises.

J'accepte les BCH !

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Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
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Commentaires109

    1. Black Mamba

      La remarque me vise moi « Black Mamba » :Comment j’ose vous corriger ?

  1. Aristarque

    Aucun énarque, nouvel aristocrate, ne montre la moindre cupidité quand il est appelé à diriger une société privée où sa déjà confortable paie subira X culbutes supplémentaires additives. D’ ailleurs, les exemples abondent des ceusses qui ont vertueusement refusé pour rester obstinément au service de l’ Etat (selon la formule consacrée) ou, variante, des ceusses qui ont obéi à cet impérieux appel mais en conservant leur ancien niveau de paie en exigeant que le différentiel soit mis en réserve de secours pour les bonnes oeuvres, par exemple.

    1. gem

      Tu regarde les énarque par le prisme de l’argent. Tu es totalement à coté de la plaque. Il se foutent réellement de l’argent. Seul le pouvoir les intéresse. Le pouvoir, la chose qui permet d’en obtenir d’autres sans rien donner en échange. Parmi les autres choses, il y a l’argent, mais c’est totalement accessoire.

        1. channy

          Certains tycoons en asie et ailleurs ont réussis à se faire élire premier ministre avec le simple fait de faire croire aux gens,qu’étant millionnaires ils ne pensaient q »‘au bien de leur pays, qu’ils n’avaient pas besoin de piquer dans la caisse EUX(que leur fortune représentait x pour cent du budget du pys), Ils acceptaient même de travailler pour un salaire moindre que ce que rapportent leurs entreprises et d’ailleurs pour vous en convaincre, ils démissionnent de leurs postes(non sans avoir répartis le capital de l’entreprise(ou groupe) entre leurs femme, enfants voir femme de chambre )
          Bon après comme le montre la photo d’H16 avec P.J O’Rourke, une fois élu, c’est plus simple, ils changent la loi ou la constitution à leur avantage et en cas de contestations, ils viendront déclarer la main sur le coeur devant un gros micro mou: Tous ce que j’ai fait est en respect avec la constitution..vos attaques sont méchantes.
          Comme le Souligne Gem ces types sont camés au pouvoir après avoir été blasé du pouvoir de l’argent..Mais Bon ils sont aussi pragmatiques et les accessoires comme l’argent cela sert toujours en cas de coup dur Car dans la vie Mon Bon monsieur on est jamais sur de rien..et Gouverner c’est prévoir.

          1. Eole

            @channy: Il n’y a pas qu’en Asie où les premiers ministres se « dévouent » gratuitement pour le bien du pays. Il me semble que Berlusconi a plusieurs fois utilisé aussi cet argument, et puis lui, plus fort, il fait changer les lois pour ne pas passer en justice 😉

        2. gem

          Pourquoi ne travaillent-ils pas bénévolement?
          Pour la même raison qu’ils ont des propriétés à Mougins : il faut quand même un minimum de standing.
          Mais soit sûr que si on leur donne le choix entre un supplément de paie et un bon petit privilège, entre de quoi s’acheter un logement et un logement gratuit, ils n’hésitent pas une seconde.

      1. Aristarque

        Pourquoi alors ne restent-ils pas douillettement dans le giron de l’ état où le pouvoir, qui les obsèderait tant, est sûrement beaucoup plus important qu’ au sein d’ une grande entreprise ? Ils vont tout bêtement à la soupe surtout quand se profile une dégelée électorale du caïd en place et une mise au placard consécutive si ledit énarque est trop marqué comme sicaire dudit caïd. Et, bien qu’ils en gardent légalement la possibilité, rares sont ceux qui font des retours en administration…

  2. Aristarque

    « … on risque de freiner le financement de l’économie ».
    Tiens, on ne parle pas de celui de l’ état, pourtant un endetté de taille XXL, lui aussi.
    Il est vrai qu’il se targue qu’ on en vienne, dans certaines configurations, à le payer pour qu’ il accepte de se charger de dettes supplémentaires.

  3. Jesrad

    Pendant ce temps, l’état-employeur continue d’avoir le taux le plus élevé, et de loin, d’employés qui se suicident (souvent sur leur lieu de travail, et souvent – dans le cas des policiers – avec leurs outils de travail) ; l’état-actionnaire exige 50% de dividendes reversés contre moins de 15% côté privé ; l’état-client se permet de faire traîner ses factures pendant des mois voire des années…

    En passant, comparer le budget de l’état et la capitalisation d’Apple, c’est parfaitement idiot, il vaut mieux comparer avec son chiffre d’affaires qui est de 100 milliards d’euros environ.

    Tiens, pour la « capitalisation » de l’état français, faut-il additionner son patrimoine public et le total de ses obligations ? Pour Le Figaro, l’estimation de cette « capitalisation » c’est 12 513 milliards d’euros, soit trente fois Apple: http://www.lefigaro.fr/patrimoine/2009/03/17/05001-20090317ARTFIG00252-la-valeur-de-la-france-est-estimee-a-12513milliards-d-euros-.php

    1. Black Mamba

      Des policiers qui se suicident, il y a de quoi, Quand ils voient que leur travail est saboté par la  » Justice Aveugle » et de l’autre le mécontentement de la population honnête qui sont pris pour cible !
      Mais croire que le suicide est la meilleur porte de sortie…. Grrr ! Stupide!

      1. Jesrad

        Bien d’accord. Ce sont les politiciens au pouvoir par intermittence depuis des décennies qu’il faut suicider.

  4. Black Mamba

    Dommage , qu’on ne puisse pas controler les fontionnaires comme le fait Amazone.
    Ho! La vilaine entreprise

  5. Black Mamba

    . Amazon essaie d’organiser la vie des travailleurs. Elle a une vraie stratégie de conquête des cœurs et des esprits.
    Comme si l’Etat ne faisait pas autant!

  6. Nemrod

    L’état est obèse, impotent et ses affidés les plus serviles veulent faire gober que ce sont les entreprises qui sont trop grosses.
    Le pire est que ça marche…
    Autour de moi, pas un jour sans le refrain sur les méchantes multinationales, les vilains patrons exploiteurs…
    Seul léger progrès : les politiques sont assimilés a ce qu’ils sont : des aigrefins.
    Mais le lien avec la structure oppressante qui nous serre aussi fort qu’un python n’est pas fait.
    Même des gars sensés te regardent avec des yeux ronds quand tu leur parle de l’état-maman qui nous tue.
    Moi, j’en ai marre de me sentir David Vincent dans »les envahisseurs » ou Kenu Reeves dans « Matrix » .
    Je regarde les gens se débattre en sachant que le sable est bien trop mouvant, est essaie de m’approcher de la terre ferme.

    1. Phil aus Berlin

      Votre réflexion est intéressante. Je crains bien qu’on ne puisse pas changer les « Français »; il faudrait une révolution culturelle ou copernicienne, qu’ils sont incapables de réaliser. Même lorsque leurs finances publiques feront faillite, ils demanderont encore la protection de leurs institutions (Etat, collectivités locales…) sans remettre en cause le système.
      Lorsque je me rends à Paris, je suis toujours surpris par leur « arrogance naturelle » par rapport à leur modèle économique et étatique. C’est leur référence depuis qu’ils sont nés et on leur donne la nostalgie de la France heureuse des années 60 comme modèle, avec un Etat fort et visionnaire (‘le Plan’).
      Egalement, je le dis souvent, le système a pu fonctionner jusque là parce que, TOUT LE MONDE, y trouvait son compte, du plus riche au plus pauvre. Alors on acceptait un Etat qui prélève de plus en plus car, en contrepartie, on obtenait aussi beaucoup grâce aux dépenses socialisées : école supérieure très bon marché, gros risques sanitaires quasi gratuits (hôpital), aides sociales au beau frère qui n’a jamais travaillé de sa vie etc.. Bref un Etat providence qui avait l’air de fonctionner et qui désormais ne fonctionne plus car il exige une économie performante qui crée des richesses et un secteur public qui sait rester à sa place (comme en Allemagne).
      Bref, aujourd’hui, dans un système qui se délite, il y a désormais ceux qui ont intérêt à rester (retraités, assistés sociaux, priviligiés du régime comme les cultureux bien en cour, fonctionnaires -même malheureux pour la plupart – etc…) et ceux qui ont intérêt à ne pas rester car gros contributeurs nets à un système déréglé… A suivre.

      1. Robert Marchenoir

        « Lorsque je me rends à Paris, je suis toujours surpris par leur « arrogance naturelle » par rapport à leur modèle économique et étatique. C’est leur référence depuis qu’ils sont nés. »

        Comme je l’écris souvent, il y a un fait effrayant qu’on ne mentionne jamais : en France, l’intégralité de la population âgée de moins de 57 ans n’a jamais vécu, en âge de voter, sans connaître un budget en déficit. Comment voulez-vous qu’elle croie les prophètes de malheur qui tentent de lui expliquer que la dette, ce n’est pas tenable à long terme ?

        Elle est persuadée du contraire, puisqu’elle a vécu toute sa vie d’adulte dans un pays en déficit qui n’en continuait pas moins à fonctionner.

        Le déficit et la dette sont des drogues. Plus la dépendance dure, plus il est difficile d’y mettre fin.

        1. channy

          Et la même population vous rétorque que du pognon il y en a en france et qu’il suffit de prendre ou il est…

    2. something

      Je ressens la même chose que vous Nemrod. Au mieux je passe pour un gentil hippie un peu anar, au pire pour un emmerdeur paranoïaque. J’ai décidé une fois pour toutes de m’en foutre et de me taire et depuis je me sens mieux. J’ai même commencé à me tisser une corde pour me tailler en douce !

      1. Black Mamba

        Tant que la corde est pour te tailler en douce, tu as toute ma bénédiction.

  7. Aristarque

    Merci, H16, pour cette avalanche délectable de billets quotidiens!
    On en viendrait presque à demander à Normal 1er et à ses fines equipes de ne pas arrêter leurs conneries, compte bien tenu de ce que cela nous vaut hommes textes ici-même…

  8. jiminito

    L’article de 20minutes est gravissime!
    « La pointeuse est à l autre bout de l’entrepôt, il faut 2minutes pour y aller, ça fait des milliers d’heures spoliés aux employés  » ou comment ce journaleux nous explique que c’est sans doute son premier taf…

      1. Curieux

        Tout à fait, mais les commentaires sont extraordinaires de réalisme et gare au bobo qui s’aventure là, il est lapidé par les « travailleurzexploités » avec humour et férocité.
        Extrêmement rafraichissant (Nemrod, foncez pour une agréable fin de WE)

  9. Bob razovski

    Pour rester dans la logistique…

    Ayant eu l’occasion (bien involontaire) de visiter un centre de tri Chronopost (Gennevilliers, dept 92) , j’ai été frappé par une certaine atmosphère laxiste que la société tentait de juguler à l’aide d’affiches très bisou compatible, ainsi que par le joyeux bordel ambiant qui régnait.

    Ca aurait certainement plu au « journaliste-infilitré-qui-découvre-le monde-du-travail ».

    Peut-être que les boss d’Amazon ont une autre vision des choses, un côté « rigoureux » (beuark… quel mot atroce) dans leur gestion des stocks et du personnel.

    1. Black Mamba

      Et cette mentalité fonctionnaire , je l’ai remarquée dans des entreprises privées. Ils sont tellement sûr de garder leur emploi, que la notion de rentabilité leur passe au dessus de leur tête décervelé

      1. A.g.

        Ouais clairement. Cette mentalité me démonte quand les boucliers baissent un peu.
        Les gars ne viennent pas « au travail » mais viennent justifier de leurs présences. Le taf ? Boh il y en aura toujours de toute façon. Le minimum pour ne pas être enmerder mais surtout pas plus.
        Le seuil de médiocrité plutôt que l’idéal de perfection.
        Même avec une menace de restructuration qui pourrait quand même perturber gravement le confort personnel, ne serait-ce que par un déménagement de site : aucuns efforts supplémentaires.
        Inutile de justifier de son utilité et encore moins de sa supériorité au projet en cours.
        Des bulots.

      2. Maximilien

        Evidemment, puisqu’il est impossible de licencier en France.
        Je passe mes semaines à me battre au téléphone avec des « fonctionnaires du privé », s’en est tout simplement désespérant…

        1. A.g.

          Ouais, mais il n’y a pas que ça. Surtout que je parlais du publique.
          Remarquez, c’est pareil. Le mec à son compte, une commande qui ne coûte aucun effort, aucun investissements, le truc qui se greffe mais dans une microfraction de l’activité normale, légal, payé d’avance, le truc pas folichon mais paie les cadeaux de noël des gamins :s’en branle. Rappelle pas.
          C’est vision, une mentalité de petit, un formatage, le truc inexistant chez les asiatiques par exemple.

    2. Elphyr

      Ce qu’il faut savoir sur Chronopost et toutes les entreprises qui sont affiliées à la Poste c’est qu’ils ont des quotas (assez énormes) d’handicapés mentaux. Attention, des vrais handicapés hein, pas de parabole lyrique ou exagération.

      Mon ami postier n’utilise jamais ni la Poste ni ses affiliés pour envoyer des colis… c’est garanti d’avoir un résultat déplorable…

      1. Eole

        @Elphyr: Oui, mais là attention, c’est pas bisous bisous ce que vous dites là 🙂 Mais je comprends maintenant pourquoi le colis que je devais recevoir par chronospost – il y a de cela quelques années, ne m’est jamais parvenu!

        1. Nemrod

          Le dernier colis que j’ai reçu par la poste…
          Des pompes commandées a Sarenza par ma femme.
          – une fente sur le colis pour voir ce qu’il y avait dedans : des pompes en toile taille 39 ; le curieux devait chausser plus grand.
          – un côté du colis qui avait du prendre une reprise de volée de JPP.
          – le colis entier gorgé d’eau : ben oui, y pleut mon pôv Msieur.
          Donc, quand je dis le dernier colis, ce sera vraiment le dernier; j’y veillerais.
          Quant à mes expédition, il y longtemps que je ne compte plus sur eux.

    3. Robert Marchenoir

      Les boss d’Amazon ont un peu plus qu’une vision « rigoureuse » de la gestion du personnel. Ils ont une vision un peu esclavagiste. Les conditions de travail dans les entrepôts rappellent beaucoup la condition ouvrière du XIXème siècle et du début du XXème. J’aime beaucoup Amazon en tant que client, mais je n’aimerais certainement pas travailler chez eux comme manutentionnaire.

      Là encore, on n’est pas obligé de prendre parti pour un « camp » ou pour un autre. On n’est pas obligé de choisir entre faire des pipes à Amazon et faire des pipes à l’Etat. On a le droit de réfléchir, aussi.

      1. N’importe quoi. Juste et simplement : n’importe quoi. Allez lire les commentaires sous l’article de 20 minutes. Dedans, il y a, justement, des témoignages de gens qui bossent dans la logistique et chez Amazon.

    4. Robert Marchenoir

      Désormais, tous les envois un peu épais que je reçois de l’étranger (colis, et même lettre recommandées…) sont systématiquement ouverts en centre de tri pour voir s’ils ne contiennent pas quelque chose d’intéressant à voler.

      Le site Internet de Colissimo a une section « réclamations ». Malheureusement, il est impossible de se plaindre d’une tentative de vol : le cas n’est pas prévu, et vous n’avez droit qu’à une liste de réclamations limitative et pré-établie.

      Inutile d’exposer votre cas dans la section « commentaires » : ils ne sont pas lus.

      1. Curieux

        De l’étranger ? Vous êtes black listé par la douane. Evitez tout traffique et/ou vérifiez que vous n’avez pas un homonyme maffieux…

        1. channy

          Dans ce cas le courrier ou colis ouverts et reconditionnés doit l’être avec un adhésif des douanes ,c’est ce à quoi j’ai droit quand mes colis sont ouverts
          Après la fauche dans les centre de tri n’est pas une chose nouvelle..et les syndicats sont toujours les premiers a dire que cela vient du fait des intérimaires ou des sous traitants

      2. francoise

        Pour une fois, je ne suis pas d’accord. J’utilise beaucoup les services de la poste et n’ai aucunement à m’en plaindre : les colis arrivent tous à leur destinataire et, de plus, dans les temps requis. Le site de réclamation est extrêmement bien fait et réactif.

    5. channy

      Bof! je vous dirais que chez Carrefour et ses filiales( et même ex filiales) c’est un joyeux foutoir également, de la logistique aux hypers entre syndicats teigneux, management dépassé, personnel j’en foutiste ou malade à l’année etc j’ai jamais vu cela de ma carrière
      …perso j’attends toujours que l’autre magasin de la même ville me réclame les 2 palettes de marchandises livrées par erreur chez moi il y a 3 semaines!

      1. Black Mamba

        Il y a de forte chance qu’ils ne l’ont même pas remarqué.
        Ma fille ainée avait reçu 2 télés ( pourtant je lui avais dis que c’était un connerie d’en avoir) pour le prix d’une commandée chez Conforama.
        Et bien, elle a revendu la deuzième. Et cela fait déja 3ans. Aucune réclamation.

      2. something

        Dans ma boîte on a reçu des paiements de ERDF pour des fatures d’une autre boîte. Quand nous avons enfin réussi à l’identifier, nous avons contacté ERDF pour leur redonner cet argent qui ne nous revient pas pour qu’ils puissent payer leurs débiteurs, et depuis…. bah rien, nothing, nada, nibe.

          1. something

            Pas que la rentabilité, la compta aussi apparemment et c’est inquiétant… Erratum : leurs créanciers et pas leurs débiteurs.

          2. channy

            Oui Black mamba la rentabilité est une notion d’extra terrestre en France..et dire que l’on est à l’ère de l’informatique..bon allez soyons sympa disons que le système avait planté(cas ultra fréquent) pas un type pour pointer la facture manuellement..après on s’étonne que les inventaires soient mauvais et on pond de nouvelles procédures qui ne seront jamais observées
            Je pourrais citer des tas de cas d’entreprises privées ou c’est un bordel sans nom niveau gestion, management etc..il n’y a pas que nos grand groupes d’état qui soient concernés,et c’est bien ce qui me fait le plus peur: Le je m’en foutisme à gagner toutes les couches de la société dans ce pays

          3. Black Mamba

            Cela me rappelle qu’une fois j’avais inversé des chèques. L’un dans une enveloppe destiné à URSSAF et le chèque pour l’URSSAF pour une entreprise. L’entreprise m’a rappelé pour me dire que j’avais fait erreur de destinataire ( j’ai rectifié le tir), par contre URSSAF ne s’était pas géné d’encaisser le chèque.

  10. sdw

    CUPDITE
    voilà un mort fort à la mode, un dernier bel exemple dans libération …
    http://www.liberation.fr/societe/2013/05/02/expulsable-la-vieille-dame-ferme-sa-porte-a-jamais_900505

    Article à charge contre le proprio, commentaires pour la plupart haineux avec la bave au bord des lèvres. On sent la jalousie du petit peuple qui préfère mettre sa paye dans une scénic diésel, des téléphones portables, des vacances qu’ils ne peuvent pas se permettre et au final jalouser celui qui aura économisé pour se payer un bien immobilier.

    1. Black Mamba

      La vieille voulait emmerdé le propriété jusqu’à sa mort et après. C’est réussi.

          1. Black Mamba

            Oui, je suis achis nul en Français, j’avoue ma médiocrité.
            Le nombre de faute que je fais me désespère moi-même.

  11. Black Mamba

    Pour ma part, j’ai rencontré une Portugaise venue en France pour travailler.
    Nous lui avons fait un résumé de la situation politique et économique.
    Et bien, elle ne nous croit pas du tout. Pour elle, jamais, oh jamais la France ne se trouvera dans la même situation que le Portugal ou la Grêce.

  12. JS

    Super billet, limpide !

    Si les auteurs de l’article le lisent ils vont faire une syncope je pense…

    J’adore le tableau central où ils opposent des entreprises « étatisées » telles que Samsung ou Total…avec des Etats ! Quelle bande de pignoufs.

  13. max

    Un bon exemple c’est J6M, le gars parachuté ne connaissant rien aux tubes et préférant le cinoche, bonjour le résultat…

  14. Robert Marchenoir

    Il n’en reste pas moins que l’existence de nombreuses entreprises plus puissantes que des Etats est effectivement une caractéristique, et une nouveauté, du monde moderne.

    Il est parfaitement raisonnable de s’en inquiéter. Les rapports de force, ça existe. Il y a aussi des bisounours libéraux.

    1. Non. Ce qui est gênant, c’est la collusion états/entreprises. Les entreprises ne sont puissantes que par les consommateurs qu’elles fournissent.

    2. Nemrod

      Ah bon , ça t’inquiète !
      Je ne connais aucune entreprise qui ait un rapport de force ultrafavorable vis à vis de ses clients.
      Car justement un client est un client et si le client n’est pas content, tu le perds.
      Si tu deviens mauvais, même gros, tu finis par crever.
      Un état par contre peut absolument tout
      – il fait et défait les lois à sa guise et dans tous les domaines
      – il a le monopole absolu de la violence légale.
      – il peut décider demain que le billet de 50 roros que tu à dans ton porte monnaie ne vaut que son poids en papier.
      – il peut décider que tu t’assures chez lui et que sinon prison
      etc…
      Donc tu vois, même si les grosses boites peuvent dérailler, leur moyen de coercition sont « peanuts » à côté de ceux de l’état.
      Mais un état ne déraille jamais c’est bien connu.

      1. Robert Marchenoir

        « Mais un état ne déraille jamais c’est bien connu. »

        Soyez gentil de m’épargner ces trucs réthoriques de gauchistes, qui consistent à faire dire aux gens le contraire de ce qu’ils disent.

        « Car justement un client est un client et si le client n’est pas content, tu le perds. »

        Et hop, c’est reparti en mode copié-collé du manuel. Vous n’avez pas envie de réfléchir. Bonsoir.

        1. Nemrod

          Bien, bien .
          Le fruit de vos « réflexions » est qu’ Amazon a une conception un peu « esclavagiste »du travail mais que Mr Robert fait bosser cette boite quand même.
          Vous êtes surement obliger de passer par eux vu qu’ils sont puissants a en faire peur.
          Oui, finalement vaut mieux que j’applique le manuel, parce que réfléchir comme ça, c’est vraiment trop difficile.

      2. peste et coryza

        Quleques remarques :

        1 : aujourd’hui, les états et les multinationales sont souvent dirigées par les mêmes lascars. C’est idiot de les différencier, car ces deux types d’entités font partie du même projet, t servent les mêmes maitres, issus des mêmes écoles.
        2 : les mercenaires, c’est fait pour les chiens ?

    3. PAK

      Pas complètement vrai, des entreprises ou des hommes d’affaire extrêmement riches et plus riches que certains états ont existé. Fugger ou André, Jacques Coeur, les grands banquiers et marchands italiens de la renaissance et j’en passe.

  15. Higgins

    Je crois que nous sommes les témoins d’un combat à mort entre d’un côté, l’Entreprise et de l’autre côté, l’Etat (d’ailleurs, avez-vous remarqué le nouveau PM italien s’appelle … Letta???!!!! Un signe, non?).
    Dans un pays comme le nôtre où, au moins depuis Colbert, l’Etat se mêle de tout et souvent de rien, cette lutte devient, sous la pression extérieure et des énormes problèmes de liquidité de cet Etat, paroxystique. Comme tout être soumis à un stress énorme (je vous recommande la vision du film d’Alain Resnais « Mon oncle d’Amérique » – http://fr.wikipedia.org/wiki/Mon_oncle_d'Amérique – sur ce sujet), il s’attaque à tout ce qui passe à sa portée. Quoi de plus intéressant que de s’attaquer au symbole même de sa décrépitude? Ceci dit, on est en droit de se poser la question de savoir s’il faut laisser le champ libre à cette Entreprise dont la finalité, faut-il le rappeler, est avant tout de réaliser du profit. Loin de moi l’idée de lutter contre cette évidence (elle ne me gêne pas en tant que telle) mais je reste cependant persuadé que la destinée de l’Homme n’est pas de devenir un simple Homo Economicus. Il y a là un équilibre à trouver mais la solution ne réside certainement pas en une adoration, aussi perverse que dangereuse, de cet Etat qui, loin d’être le doux ami de l’Homme, ne recherche avant tout que la sanctuarisation de ses intérêts. L’Entreprise, au moins, laisse le choix car elle ne peut se passer de concurrence.

    1. raimverd

      «  »simple Homo Economicus. »

      L’homme n’a jamais été un simple homo economicus.

      Une énorme bouteille à la mer pour éclairer les chanceux qui s’intéressent à cette question et auront le temps de lire le texte qui suit :
      Ludwig von Mises Theory and History

      Because of their failure to disentangle the apparent paradox of the use-value concept, the Classical economists and their epigones were prevented from providing a satisfactory interpretation of the conduct of the consumers. They virtually dealt only with the conduct of the businessmen who serve the consumers and for whom the valuations of their customers are the ultimate standard. When they referred to the principle of buying on the cheapest market and selling on the dearest market, they were trying to interpret the actions of the businessman in his capacity as a purveyor of the buyers, not in his capacity as a consumer and spender of his own income. They did not enter into an analysis of the motives prompting the individual consumers to buy and to consume. So they did not investigate whether individuals try only to fill their bellies or whether they also spend for other purposes, e.g., to perform what they consider to be their ethical and religious duties. When they distinguished between purely economic motives and other motives, the classical economists referred only to the acquisitive side of human behavior. They never thought of denying that men are also driven by other motives.
      ….
      Modern economics traces all human actions back to the value judgments of individuals. It never was so foolish, as Myrdal charges, as to believe that all that people are after is higher incomes and lower prices. Against this unjustified criticism which has been repeated a hundred times, Bohm-Bawerk already in his first contribution to the theory of value, and then later again and again, explicitly emphasized that the term « well-being » (Wohlfahrtszwecke) as he uses it in the exposition of the theory of value does not refer only to concerns commonly called egoistic but comprehends everything that appears to an individual as desirable and worthy of being aimed at (erstrebenswert )[3].
      In acting man prefers some things to other things, and chooses between various modes of conduct. The result of the mental process that makes a man prefer one thing to another thing is called a judgment of value. In speaking of value and valuations economics refers to such judgments of value, whatever their content may be. It is irrelevant for economics, up to now the best developed part of praxeology, whether an individual aims like a member of a labor union at higher wages or like a saint at the best performance of religious duties.

  16. Toni

    http://www.lepoint.fr/editos-du-point/pierre-antoine-delhommais/lettre-d-une-etudiante-a-francois-hollande-02-05-2013-1662146_493.php

    Et le lien ci dessus pour illustrer l’article de h16. Plus surprenant est la tenur de certains commentaires comme celui de Silvia …

    Mais et oh … Je ne dois rien à ces gens … Ils ne sont pas dans ma vie.

    Non mais si c’est ça vive que l’on déguerpisse d’ici et le Qatar n’aura qu’à prêter des sous à la France. Non mais c’est qui ces imposteurs ???

      1. Toni

        Oui c’était ce qu’il fallait dire, le plus emmerdant reste la teneur des commentaires … Moi je ne m’imagine pas vraiment avoir la pétasse de Silvia (voir commentaires sur le lien) comme belle mère; celle ça je sens qu’elle vas me gonfler en moins d’une heure …
        Alors avant d’aller foutre les pieds dans un merdier pareil (avoir silvia comme belle mère) je prends mes précautions.

          1. Toni

            http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/ce-qu-il-faut-retenir-du-palmares-des-plus-grandes-entreprises-mondiales_312723.html?xtmc=Royal_Dutch&xtcr=2

            Exact et dans le lien ci dessus trouvé encore grâce à h16 il faudra peut être se farcir olinix14 comme beau frère, belle soeur, beau père, belle mère …

            Oui et ben moi j’ai pas la patience pour entendre des anneries.

            Non en France 70% de la société civile raisonnent comme olinix14 et silvia. Alors je ne regrette pas que Mittal se soit éssuyé les pieds sur nos principes.
            Bien sur total dont je suis aussi actionnaire est le méchant capitaliste; heureusement que margerie et mittal mettent le hola dans le merdier des politiques sinon on finirait par retourner vivre à l’époque de l’homme des cavernes.

            Ce que je suggère en France, c’est de vraiment prendre le taureau par les cornes avec le socialisme.

  17. Toni

    Dans le premier article, Laskmi Mittal ne s’est pas inquiété des remarques de Hollande …

    Ouep Fraisibabar n’a pas réussi à impressionner Mittal …

    Là il aurait fallu filmer Hollande, Montebourg et la cfdt en caméra caché je crois que ça aurait été à mourir de rire …

    En Mai 1968 et en Mai 1981 et en Juin 1998, la France a fait ses choix sociaux, sociétaux et électoraux … Je ne vois pas d’inconvénients à ce que Mittal se soit torché les pieds sur nos choix, non en fait étant actionnaire chez lui je fais d’une pierre deux coups:
    agrandir mon protefeuille boursier et diminuer le nombre de tockards au kilomètre carré en France, un peu de néttoyage social s’imposait.

    Je continue la lecture de l’article.

      1. hipparchia

        Non, votre lien : vous avez aimé j’en ai écrit d’autres.

        Je tombe sur la page « C’est plutôt gênant, vous ne trouvez pas ?
        Il semblerait que nous ne soyons pas en mesure de trouver votre contenu. Essayez en lançant une recherche. »

        1. Black Mamba

          L’article doit être en cours de réalisation H16 a dit qu’il en parlerait demain?

      2. skunker

        S’infiltrer chez Amazon c’est bien. S’infiltrer au syndicat de la magistrature c’est pas bien.

        1. paf

          Amazon vient de s’inaugurer un mur des cons in-house, pour l’instant il y a un journaliste dessus.

          1. Aristarque

            Il va être suivi d’ autres comme olinix14 ou Sylvia si Amazon met la main sur leurs photos… 🙂

    1. doh

      D’ailleurs ce qui est drôle, ce qui l’a impressionné est normalement positif sauf qu’il ne le ressent pas comme tel:
      « Je m’attendais à quelque chose d’assez difficile mais ce qui m’a le plus impressionné c’est le conditionnement psychologique. Le slogan d’Amazon c’est « work hard, have fun, make history ». « Have fun », l’idée que le travail c’est génial… »
      Je sais pas comment on met en [b]gras[/b] (balises comme sur les forums?) mais apparemment ça le débecte que le travail puisse être génial. Que des gens soient content d’aller bosser, plutôt que glander à la maison en attendant Paulemploi. On aura tout vu!

      1. paf

        c’est un journaliste donc par definition un connard.Quand il pense normalement il doit se forcer pour penser comme un connard sinon il ne peut pas ecrire son article.

  18. Toni

    Un commentaire très clairvoyant:
    Quel bonheur de lire cet aveu.
    A peine entrée dans le cycle des études supérieures (dans une école privée pour ma part, que je paie donc sans aide de l’Etat) les mêmes propos et questionnements me hantent. Je tente de m’échapper de « la belle France » à chaque occasion qui se présente à moi (Stage à l’étranger/ échange avec des Universités) et ça n’est d’ailleurs pas de France que je vous écrit.
    Comme vous le dites si bien dans votre lettre, Mademoiselle, ou plutôt Madame (encore un mot de notre si belle langue qui s’efface), notre génération étouffe dans notre « beau pays ».
    Chaque jour, nous pouvons entrevoir un futur plus sombres et des possibilités de plus en plus amoindries. Je vois les jeunes diplômés de 5 ans mes ainés, qui même sortant des plus grandes écoles, ne trouvent pas d’emplois. Que font-ils ? Ils s’en vont, vers d’autres pays qui leurs offrent des emplois à la hauteur de leurs attentes. Car oui, faire des études, trimer des années encore après pour les payer est synonyme d’un minimum d’attente quant à notre futur niveau social. Je ne resterai donc pas en France. Mes parents et mes grands parents ont eux cotisé pour leur retraite et mèneront une fin de vie paisible que je leur envie. Cette fin de vie paisible au bord de la mer ou dans un coin paumé du Vaucluse je ne l’aurais pas, ou du moins pas ici… Parce que la France ne nous attend pas, elle ne nous a pas prévus. Nous sommes la génération oubliée alors nous allons tenter de nous faire connaitre ailleurs…
    Z.

    1. peste et coryza

      Tu as bien de la chance…
      Au moins, tu as échappé à la propagande des gauchistes de fac, et tu pourras te faire un réseau.

      Pour la part, je n’ai pas eu le choix, et j’ai été bien bête de croire en leurs c*nneries. 5 ans après avoir fini mon master, je le paye encore…

      1. Alex6

        La difference entre la France et les autres pays ne se trouve pas dans le present mais dans l’absence d’avenir. On peut supporter un fort taux de chomage, on peut supporter une economie qui tourne au ralenti mais on ne peut pas supporter de ne pas avoir d’avenir.
        C’est pour cela qu’il faut quitter le pays, rien d’autre.

        1. Aloux

          Ca, plus la mentalité. Malheureusement, pour un jeune lucide, il doit bien y en avoir encore deux ou trois qui nagent en plein délire. C’est ça que j’ai du mal à supporter aussi, des communistes purs et durs à ceux qui tiennent quasiment malgré eux des raisonnements débiles de socialistes, le poids de l’idéologie fait peur.

      2. paf

        moi j’ai plante mes etudes et j’ai regarde ce qui se faisait: la technologie.et apres j’ai regarde le marche de l’emploi en techno en france et je suis parti ailleurs.

  19. estienne

    Vivre en France c’est monter dans un wagon plombé direction Sécu et Paulemploi. Les résistants ont toujours commencé par fuir.

  20. BA

    Lundi 6 mai 2013 :

    Dans un sondage HEC-Le Figaro-France Inter, les cadres plébiscitent «les entreprises publiques et celles issues de secteurs protégés» comme employeur idéal.

    Ils placent en première position EDF, puis Total, EADS, et la SNCF.

    Lisez cet article :

    Les cadres recherchent davantage de sécurité dans l’emploi.

    Ils plébiscitent les entreprises publiques comme employeur idéal, selon le Baro-éco de Viavoice pour HEC, « Le Figaro » et France Inter.

    À l’heure où les embauches marquent le pas dans l’Hexagone, les études fleurissent sur les entreprises idéales aux yeux des Français. Les jeunes diplômés indiquent qu’ils aimeraient travailler dans des sociétés à taille humaine, mais ouvertes sur l’international. Pour les cadres interrogés par Viavoice pour HEC, Le Figaro et France Inter, les valeurs «sûres» sont au contraire les très grandes entreprises. Et plus précisément, «les entreprises publiques et celles issues de secteurs protégés», précise François Miquet-Marty, président de Viavoice.

    En tête des «entreprises dans lesquelles aimeraient travailler les cadres dans les années qui viennent», EDF avec 10 % des réponses. L’électricien public, qui compte recruter 6000 personnes cette année (dont 1700 ingénieurs-cadres) avec 2000 créations de postes, présente à leurs yeux de nombreux atouts en termes de conditions de travail, de sécurité de l’emploi et d’avantages spécifiques.

    Dans le tiercé de tête également, deux autres modèles de «bonne santé financière et de leadership sectoriel», Total et EADS. Ces deux groupes affichent des perspectives plus que positives «dans un contexte morose pour l’industrie française», souligne François Miquet-Marty, avec, là encore, des recrutements (plus de 2000 chez EADS et 1500 pour Total).

    «Globalement, les entreprises de l’énergie et des transports (la SNCF arrive en 4e position dans les réponses des cadres, NDLR) sont aujourd’hui les plus attractives. On observe également une forte représentation des entreprises publiques», souligne le président de Viavoice.

    Pas étonnant lorsqu’on sait que l’emploi des cadres est touché à son tour par la crise, avec 46 % des entreprises qui envisagent de recruter un cadre d’ici à l’été, contre 50 % un an plus tôt, selon les dernières prévisions de l’Apec.

    D’ailleurs, à l’image de l’économie, dont tous les clignotants sont désormais au rouge, le moral des cadres affiche mois après mois des «plus bas», se rapprochant du niveau record de l’automne 2011, au moment de la crise de la dette.

    Qu’il s’agisse de leurs perspectives macroéconomiques ou de leur situation personnelle, les cadres se montrent de plus en plus pessimistes et de moins en moins motivés. «Ils sont désormais 85 % à penser que leurs opportunités professionnelles seront faibles dans l’avenir, soit quatre points de plus en un mois», relève François Miquet-Marty, tandis que 61 % d’entre eux estiment leurs collaborateurs peu motivés, en forte progression de 6 points.

    http://www.lefigaro.fr/emploi/2013/05/06/09005-20130506ARTFIG00460-les-cadres-recherchent-davantage-de-securite-dans-l-emploi.php

  21. Olivier Vitri

    Le capitalisme de connivence est une arme tout à fait puissante; n’est ce pas un truchement hypocrite utilisé par les Etats pour anihiler le libéralisme, dès lors que les deux sérails — politique et grandes entreprises — ne font qu’un et se cooptent ? Impossible à contrer, le capitalisme de connivence est vraiment une arme étatique ultime…

  22. Aristarque

    Décalé mais pas hors sujet :

    http://leparisienliberal.blogspot.fr/2013/05/petition-pour-les-autoentrepreneurs.html

    L’Etat mène sa mission traditionnelle d’éradication des déviants pour préserver la pureté des masses des miasmes véhiculés par ces apprentis capitalistes qui pourraient arriver, rendez-vous compte, à développer leur bizness et, horreur, à faire trimes d’ex-chômeurs pour un vil salaire et non pas un honorable traitement de fonctionnaire.

  23. petit-chat

    Merci BM !
    Malheureusement, je suis somptueusement logé dans une baraque en ruine (mais à moi depuis le début de l’année), entouré de 4 chats dedans et de 4 dehors, et une de mes filles qui squatte à demeure avec le RSA comme seul avenir.
    Ça fait trop de trucs à trimballer !
    Merci pour le lien, à quel moment on se fait arnaquer par les Socialos si on n’habite pas dans le Paradis Collectiviste ? Ou si le Portugal change de loi, comme ça se pratique couramment en Hollandie (hors sujet mais voir le PEA) ?
    Bref, j’ai les jetons de rester.
    Et les jetons de partir !
    Il reste toujours ce site formidable de H16, rempli de perles et de commentaires qui m’apprennent beaucoup : chuis pas tout seul !

    1. Black Mamba

      Bon Courage tout de même 😕
      Au moins faites un détour là-bas !
      Les maisons ou les appartements sont très abordables , qui c’est? C’est peut-être votre chance de vous en sortir 🙂

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