Les Keynésiens en guerre contre l’excès d’épargne

Ah, vraiment, la conjoncture économique actuelle ne fait rien qu’à embêter nos dirigeants et leurs économistes ! C’est vraiment rageant ! Pourtant, tous leurs petits modèles mathématiques précis et efficaces sont formels : épargner, c’est néfaste, et c’est pour ça que l’économie mondiale ne veut pas redémarrer. C’est même Mario, le petit plombier de la Banque Centrale Européenne, qui le dit.

Et avec Mario, la presse reprend en cœur le cantique keynésien : « l’excès d’épargne : l’un des grands problèmes de l’économie mondiale » titre Le Monde sans hésiter, pendant que La Tribune estime directement que c’est cet excès d’épargne qui est la cause de la crise financière actuelle.

Pour les uns et les autres, c’est évident : de nombreux spécialistes constatent que les taux d’intérêts (de court et de long termes) baissent ; c’est donc que les investissements ne sont pas assez conséquents face à l’offre de crédit. Pour Mario, c’est limpide, ces taux bas « sont le symptôme d’une demande d’investissement insuffisante à travers le monde pour absorber toute l’épargne disponible », et puis c’est tout. Conclusion : les (méchants) investisseurs capitalistes ne font pas leur travail et n’investissent pas assez.

Étonnamment, le raisonnement contraposé, celui qui voudrait que l’investissement est en ligne avec ce que l’économie promet effectivement, mais que l’offre de crédit, en face, est bien trop abondante, n’est pas du tout envisagé par les mêmes élites. Il faut dire que ce dernier raisonnement pose un problème majeur, puisqu’il comporte en lui-même l’indication de la source du problème : du crédit facile et en abondance, du cash en veux-tu, en voilà, ça ne se dégotte pas sous le sabot d’un cheval… Mais plutôt en sortie d’imprimerie de Banque centrale, en conséquence de politiques trop accommodantes et d’une psychologique anti-épargne, typiquement.

Et là, les choses deviennent un tantinet plus complexes : à la proposition que les Banques centrales auraient baissé leurs taux directeurs en réaction à des tensions sur le marché, on peut contre-proposer qu’elles n’ont fait que favoriser une situation déjà perverse, en l’aggravant. En multipliant les mesures destinées à faciliter le crédit, depuis les LTRO et autres QE divers et variés, elles sont directement responsables de cette abondance du crédit, qui ne rassure personne.

En baissant leurs taux, en injectant de la monnaie comme jamais dans les systèmes financiers, en envoyant régulièrement des signaux confus sur les marchés, les Banques centrales sont massivement intervenues au point de rendre illisible le seul signal indispensable à la formation de tous les marchés, celui du prix. Ce message est maintenant complètement perdu, distordu à tel point que les comportements observés de ces marchés paraissent bien souvent complètement déconnectés des réalités économiques sous-jacentes : avec des taux effectivement négatifs, on s’ébat joyeusement dans une réalité parallèle grotesque où l’avenir devient plus certain que le présent, où il faut payer les clients pour qu’ils empruntent !

shut up and take my money

Bref, on est, de façon objective, rentré dans un grand n’importe quoi qui mériterait amplement de se poser quelques questions sur la pertinence des actions des Banques centrales, des gouvernements et des politiques keynésiennes employées jusque là. Malheureusement, nos vaillants journalistes, économistes et politiciens ne semblent pas d’accord. Pour Le Monde, « il conviendrait de s’attaquer, dans le désordre, au déclin démographique, au fonctionnement du système financier, à la répartition de la valeur ajoutée entre profits et salaires ou aux inégalités. » Autrement dit, si le keynésianisme, qui n’a jamais donné de résultats probants dans l’Histoire, ne fonctionne toujours pas actuellement, c’est parce qu’on n’en a pas fait assez.

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

Et pendant que nos belles élites auto-proclamées se préparent psychologiquement à en remettre une sacrée couche, le monde réel, confronté à la réalité palpable, fait ce qu’il peut pour limiter les dégâts de ces politiques irresponsables et destructrices.

Puisqu’objectivement, tout démontre qu’on est en période de déflation, tous ceux qui ont deux sous de bon sens comprennent qu’il vaut mieux les mettre de côté plutôt que les remettre dans le bastringue qui menace visiblement d’exploser un jour ou l’autre. Si l’épargne grossit, si l’investissement est à la traîne, c’est parce qu’au contraire flagrant de ce qu’indiquent les taux, le futur est complètement incertain, et envisagé plus sombre que le présent. La montée du cours de l’or n’indique rien d’autre qu’une envie massive des acheteurs du métal précieux de sortir autant que possible d’un système financier qu’ils estiment instable.

Pendant ce temps, il apparaît donc parfaitement stupide de continuer à injecter de la monnaie dans un système financier et bancaire qui démontre sa fébrilité quant au futur, notamment parce qu’il sait qu’il est vérolé. De surcroît, toutes les manœuvres plus ou moins fines des Banques centrales pour créer un semblant d’inflation se sont avérées nulles et non avenues. Ni le Japon, ni l’Angleterre, ni l’Union Européenne, ni la Fed américaine ne sont parvenus à créer une inflation au niveau de ce qu’ils estiment, depuis leur boule de cristal, devoir atteindre, ce qui démontre amplement leur absence réelle de pouvoir sur les marchés : l’action collective des centaines de millions d’épargnants écrase de façon magistrale les petits moulinets fébriles de nos dirigeants sans pouvoir réel. Les mantras keynésiens et la propagande consumériste idiote s’amplifient, la guerre contre le cash s’amorce très visiblement en prétendant lutter contre les trafiquants mais en bataillant contre les individus et l’allocation intuitive de leurs capitaux, on en vient à songer distribuer de l’argent aux ménages par hélicoptère ou par un revenu universel insidieusement aliénant, mais rien n’y fait : l’investissement ne décolle pas.

Pourtant, l’évidence crève les yeux. On la voit à l’œuvre, actuellement, au Venezuela, sans comprendre que les mêmes causes provoquent les mêmes effets : on a tout fait, là-bas, pour y contrôler le prix du papier hygiénique, et le papier hygiénique est venu à manquer. Là-bas encore, on fait tout, actuellement, pour y contrôler les prix de la nourriture, et la nourriture vient à manquer, cruellement.

Au niveau mondial, les Banques centrales et les gouvernements keynésiens proposent tous les mêmes politiques qui reviennent, in fine, à vouloir contrôler le prix de l’argent. Quel résultat croient-ils obtenir, à part une disparition de celui-ci et de sa raison d’être, l’échange ? Qu’espèrent-ils donc comme effet magique et miraculeux pour qu’au contraire de toutes les expériences passées, cette fois-ci, ce contrôle imbécile aboutisse à un résultat différent ?

Comme je le disais en introduction, vraiment, la conjoncture économique actuelle ne fait rien qu’à embêter nos dirigeants et leurs économistes. Mais avec ce qu’on vient de voir, on ne peut plus guère douter que ces dirigeants et leurs économistes font absolument tout pour l’embêter, et c’est même eux qui ont commencé.

Comment s’étonner du résultat ?

socialisme magique

Commentaires129

  1. Aristarkke

    Le socialisme promet toujours de l’ abondance avec de tous petits prix pour ne pas dire gratuit. Ne reste plus, en travaux pratiques, qu’à trouver les fous qui vont se fatiguer pour vendre moins cher que ce que cela leur a coûté…
    C’est magique, vous dit-on!!;

  2. Le Gnôme

    La confiance, pour bâtir, il faut avoir une visibilité suffisante pour être certain d’amortir son investissement. Or, l’avenir étant particulièrement opaque, entre réglementation à géométrie variable et Etats changeant les règles du jeu au milieu de la partie, l’investisseur préfère attendre des lendemains plus lumineux. Sans confiance, point d’investissement, c’est pourtant simple.

  3. Aristarkke

    Les débats sur le Revenu Universel sont de même nature. On part de l’idée que cette allocation unique remplacerait toutes les autres allocations, que cela simplifierait le bouzin, que des économies seraient faites sur le fonctionnement de la redistribution, etc… Or tout le monde ne touchant pas le même total d’ allocations, en servir une seule et unique, moyenne générale, aboutirait à un lit de Procuste et les hurlements qui vont avec, notamment de ceux se retrouvant moins bien servis… Sans compter la légitimation d’ un pareil système redistributif…

    1. petit-chat

      Dans le merdier jusqu’au cou, ils n’ont aucune marge de manœuvre, alors ils naviguent à vue. Hollandouille a la même forme de…gouvernement : la recherche du résultat immédiat.

    2. Honorbrachios

      @ bousine : je crois que la finalité est de mettre la main sur l’épargne des gens car ce gros gâteau est très tentant pour les taxeurs parasites…
      bien sur, la disparition de l’épargne et du cash auraient tellement d’effets négatifs, attendus et inattendus que le désastre est irrémédiable, mais ils sont comme des enfants laissés libres dans un magasin de glaces.

      1. theo31

        On a eu en 1941 un aperçu de ce que donnait la mainmise de l’Etat sur l’épargne des salariés. On en n’est jamais sorti depuis. Avec de fabuleux résultats à la clé.

      1. NickSeller

        HS : Existe-t-il un blog dont les analyses soient aussi éclairantes, rédigé dans la langue de Shakespeare ? Un h16 outre-atlantique en somme ? Mon futur score au TOEFL vous remercie 😉

        1. Jeff84

          Reason n’est pas mal. J’aime bien aussi Yaron Brook (sur youtube), le directeur exécutif du Ayn Rand Institude, il est facile à comprendre pour un étranger.

  4. hub

    Je n’ai aucune expérience dans le domaine de l’économie, je me contente de gérer « en bon père de famille » un pécule en me méfiant de l’endettement, peut-être à tort. Merci donc à H16 de m’expliquer dans ses billets ce que je ne fais que pressentir en observant le monde autour de moi, lequel me semble passablement absurde…

  5. petit-chat

    Le Revenu Universel (Galactique ?) diminué chaque jour des frais de garde bancaire (plus de cash), sans bosser, peut favoriser une certaine consommation, mais pas l’épargne. Et sans épargne, pas d’investissement (pour quoi foutre d’ailleurs, puisque tout est produit par les autres !!).
    Quelques lois fiscales rétroactives mêlées à des normes changeantes assorties de contrôles quotidiens (‘faut occuper les électeurs-fonctionnaires) peuvent aussi favoriser l’investissement…
    Très bon article, j’ai bien rigolé.

    1. theo31

      19 millions de personnes bénéficient déjà du RU : les retraités et les fonctionnaires. Certes avec des inégalités.

      Il n’est difficile de comprendre l’hostilité des corpos socialo-communistes contre sa généralisation : perte du pouvoir et diminution des rentes.

  6. Pheldge

    Camarade mini-miaou, si tu écoutes un peu les médias, il y a des injustices sociales et des privilégiés. La solution est évidente : on va dépouiller les dits privilégiés, les salauds de riches ! c’est plus facile et plus immédiat que d’essayer de créer de la richesse par soi-même !

    1. colvert01

      Actuellement j’observe que dans notre pays il y a 2 catégories de personnes : 1 : Les cotisants qui ont un revenu acceptable mais tout juste (ils payent pratiquement pour tout) 2 : les ayants-droits, ils ont de petits revenus ou pas du tout (ils perçoivent pour tout ). Si vous faites partie de la première catégorie, vous n’aurez droit à rien ; si vous faite partie de la seconde, vous aurez droit à tout. Mon opinion est un peu tranchée mais très proche du réel (vous pouvez ouvrir le feu j’ai mon « kevlar »…).

  7. Wijngaards

    Chevalier montre dans son blog que M 1 en €urope (agrégat monétaire billets et dépôts à vu ) contient 5368 milliards d’argent non gagné en circulation pour la France c’est 618 et monte crescendo au USA cet agrégat est tout à fait correct. depuis 1998 la courbe se détache de la courbe de progression du PIB et dépasse très haute les cime des arbres boursière qui eux ne montent au ciel.Cette bulle va inévitablement éclater même si la plaisenterie dure déjà 18 ans mais à force de mette tout sous le tapis un certain moment ça crève les jeux . http://chevallier.biz/
    Merci €uro

  8. M51

    Bon tu investis en bourse. Au bout d’un moment tu vends tes actions et tu te fais rétamer par : la plus value et la CSG. Là ou ca devient savoureux c’est que pendant des années tu as payé l’ISF sur un portefeuille dont une partie non négligeable appartient en fait à l’état. Et je ne vous raconte pas la prise de tete que c’est pour remplir sa déclaration fiscale.
    Le message en faveur de l’investissement n’est pas très clair dans ce pays foutu, c’est le moins qu’on puisse dire. .

    1. Honorbrachios

      @ m51 : si si, le message est très clair ! (n’investissez pas, ne créez pas d’entreprises, et vivez en parasites)

    2. BDC

      Oui, l’immonde oublie toujours un 3ème larron (le plus gourmand qui plus est) dans sa « répartition de la valeur ajoutée entre profits et salaires » …

      1. Pat

        Et comme ce larron prend la part du lion, les entrepreneurs et méchants patrons (les vrais, propriétaires de leur entreprise, pas ces salariés surpayés nommés par copinage) préfèrent arrêter leur activité ou se tirer. Normal !

  9. Bonsaï

    En même temps c’est un calcul savant que de propager une sorte d’état de stupeur généralisée dans la société. A suivre les news, il ne se passe jamais rien d’important, le ton est lénifiant et ce ne sont que des petites anecdotes qui sont mises en exergue. Le message politique est globalement inexistant, on laisse le peuple flotter à dessein dans une sorte de léthargie qui permet de faire passer les pires atteintes à la démocratie sans faire bouger une oreille : lois passées à la hussarde, traités transatlantiques établis dans le secret, organisation de vagues migratoires géantes pour déstabiliser tout un continent…
    Des plans se jouent en secret et le quidam se dit, tiens ce matin je vais aller acheter un peu d’or ! Et comment fera-t-il en pleine insurrection pour acheter du pain ?

          1. Hang’em High

            Le 14 (plus petit qu’un 12, plus gros qu’un 16) a effectivement existé, mais je n’ai jamais vu de munitions en ce calibre…. alors, pour le réassort… sauf si l’on parle d’un fusil à piston ou à silex, où il suffit de verser dans la bouche du canon une dose de poudre noire, une bourre, puis de la grenaille en vrac et une autre bourre, on tasse un peu, et… roulez, petits bolides… mais attention quand même au canon, métal ancien, souvent enroulé, mince, fragile et toussa….

              1. Hang’em High

                Intéressant : quelle fabrication ?

                Il est vrai que l’on commence à trouver, en neuf, des cartouches à broches….

                1. albundy17

                  Je n’y connais en fait rien du tout, je prends ce que je trouve régulièrement dans les brocantes ou sur ebay quand c’est entre particuliers…

                  Sinon on trouve du neuf chez les pro, mais avec cerfas, papiers, toussa….

    1. Pat

      Exemple d’info ultra-hyper importante : l’annulation du concert d’un rappeur à Verdun, ce qui est bien sûr symptomatique d’une montée du fascisme en France. Comme hommage aux poilus, le maire de Verdun aurait tout aussi bien pu inviter le Cirque du Soleil… Mais ça n’aurait pas permis aux bien-pensant d’écrire leurs tweets scandalisés.

  10. Pheldge

    rassure toi, même les insurgés ont besoin de manger …donc du pain, tu en trouveras toujours. A quel prix, ça c’est une autre question !

      1. Pheldge

        comme d’hab, comment ça s’est passé LES dernières fois ? il n’y a jamais d’écroulement total et immédiat de la société, donc il y a toujours des îlots plus ou moins épargnés … et c’est le règne de la débrouille du marché noir, de l’intimidation et du vol … en attendant qu’une nouvelle autorité fasse à nouveau régner l’ordre !

  11. Bonsaï

    Quelques signaux d’alerte intéressants : ici un article de Dave Kranzler originalement sur IRD.com :
    « Tout comme le parrain d’une mafia protège sa famille, la Fed est en train de mettre en place un nouveau niveau de « protection » pour éviter l’effondrement des banques « Too Big To Fail ». La dernière mesure en date empêche les contreparties de récupérer leur collatéral auprès d’une banque en phase d’implosion. La mise en place de cette loi est un signal d’alarme indiquant que le système bancaire mondial se dirige tout droit vers un effondrement dévastateur. »
    in or-argent.eu

    1. sam player

      « La dernière mesure en date empêche les contreparties de récupérer leur collatéral auprès d’une banque en phase d’implosion. »

      C’est quoi la différence avec ce que certains appellent le chyprage et plus généralement avec un fournisseur qui ne peut récupérer son dû lorsque son client fait faillite ?

      1. BDC

        Bâle 3 est sensé contrôler les banques mais comme d’habitude l’Etat est incapable de faire le taf et se rabat sur les faibles pour payer la note. On a donc tous les effets négatifs : un État impuissant qui nous coûte 57% du PIB et en plus le risque de faillite des banques absolument pas maîtrisé qui reste à notre charge.

        1. libellule

          Vous croyez encore à leur balivernes Bales 1, Bales 2, Bâles 3 à quand le Balltrap ? . Les banques financent les déficits des Etats Providence mais ces Etats sont censés contrôler les organismes financiers qui les financent (avec l’aide des banques centrales …..Ou est l’indépendance des BC hummmm !!!!). Il y a comme qui dirait une merdouille quelque part. Cela me fait penser au jeux de la Barbichette ….

          1. BDC

            Je ne crois pas à leurs balivernes, relisez-moi.
            Les banques servent d’intermédiaires et achètent des OAT mais au final celles-ci se retrouvent détenues dans nos assurances-vie. Ça fait le lien avec le com’ d’Albundy 12h39.

          2. theo31

            La règlementation protège les banquiers pour toutes leurs conneries puisque c’est le con-tribuable qui paiera les dégâts. Zéro responsabilité. Pis c’est pas leur pognon mais celui de leurs clients.

            Kerviel en est un excellent exemple : il dilapide des milliards et personne n’aurait rien vu.

            1. sam player

              Kerviel c’est un raccourci un peu rapide. Une entreprise peut aussi bidouiller son bilan en sur-valorisant ou sous-valorisant son stock.
              C’est de l’habillage de bilan.

              Pour ce qui est des banques privées, les banques françaises ne doivent plus rien à l’état et les intérêts ont été payés.

              Ce n’est pas les banques qu’on protège en les aidant : ce sont les clients. Le fonctionnement normal ce serait le chyprage.

              1. BDC

                Par « fonctionnement normal », je suppose qu’il faut comprendre « fonctionnement libéral » ? Parce qu’en socialie démocratique et populaire, c’est à l’Etat de contrôler les banques, avec les résultats qu’on connaît.

          1. Aristarkke

            Apparemment, votre pouvoir est très fort sur Pheldge.

            Pourriez vous l’utiliser pour que je ne sois plus obligé d’exercer mon stoïcisme pour attendre qu’il s’amende ???

            1. BDC

              Le pauvre, je crois qu’il s’est fait couper quelque chose sur le lit de Procuste … Merci Harry je ne connaissais pas l’expression.

            2. Pheldge

              « je crois qu’il s’est fait couper quelque chose … » charmant, merci ô sublime Crème Fouettée … j’apprécie la délicatesse 😀

                1. Pheldge

                  10 h 01 ? c’était pour pouvoir m’abonner aux commentaires. J’avais posté le précédent trop rapidement, oubliant de valider l’eau Psion 🙂

                  1. Pheldge

                    Et de toutes façons si on doit me raccourcir , c’est pas des tibias ni des pieds : c’est la tête et les épaules qui dépassent du lit 😉

                    1. Hang’em High

                      Ascendance belge, Noble Ilien ?

                      au fait, si j’ignorais l’existence d’une ile de la Jatte dans l’océan indien (j’en vois une, en revanche, au niveau de la ville natale de Ferdine et de Léonie), il ne m’avait pas échappé, en bon lecteur des Man Eaters of Kumaon, que le tigre était fort rare à la Réunion… mais j’aimais bien l’image : licence poétique et toussa….

                    2. Pheldge

                      @ HmH : pour l’île de la Jatte, je rappelais simplement par là que je suis né en face, à l’hôpital (public ) de Neuilly. Je te rappelle mon brave camarade de joutes épistolaires, que je suis un 50/50, un « bi national » en quelques sortes, et que j’ai pris le meilleur des deux 🙂
                      Je suis ce qu’on appelle ici un « zoréole » 🙂 Et on parle aussi de « créopolitains » …

            3. Pheldge

              D’ailleurs je me réjouissais de voir qu’elle poussait la dévotion passionnée jusqu’à reproduire mes fautes classiques dans un commentaire qui semble-t-il s’est perdu en route …

              1. Bonsaï

                On se calme, pour l’instant son cœur ne balance qu’entre H16 et B16 (« Je trouve le moment opportun pour dire d’abord quelques mots sur la biographie de B16 »).
                Pour P12, on verra si les exubérances cavalières sont aussi prisées que l’ascétique discrétion !

  12. Gerldam

    C’est curieux que vous traitiez exactement du même sujet que Charles Gave ce matin. En gros, vous dites la même chose, Gave avec des graphiques, vous avec des mots, mais l’essence est la même: le keynésianisme, à la source des taux bas, est une ânerie de premier ordre, décidée par des gens de second ordre, pour paraphraser C. Gave.

  13. Christophe Dommanget

    Très bon billet M. H16, en quelques lignes vous résumez avec brio la raison et les causes essentiels de nos déboires économiques à l’échelle mondiale: la fausseté des prix dû à l’interventionnisme d’état (l’indépendance des banques centrales n’étant de fantasmagorie); c’est clair et limpide, revigorant de logique. Chapeau bas !

  14. Ambigatos

    Mais qu’avez-vous tous contre cette politique de liquidité tirant les taux vers le bas? C’est tout de même pratique pour maintenir des déficits budgétaires et gérer des dettes publiques en refilant éternellement le bébé à ceux qui arriveront après

    1. albundy17

      On va commencer a se marrer avec les assurances vie à taux garantit, ça va être la grande lessive.

      Néanmoins, on observe une espèce de prise de conscience du problème, le calendrier n’est jamais dû au hasard, Ils sont donc sur le point de nous explique qu’Ils n’ont pas d’autres choix que de rincer tout le monde.

      M’est avis que la suppression du cash va accélérer, accompagné de taux négatif sur les comptes courant et bingo, les gens vont cramer leur pognon.

      Enfin, ceux qui en ont, quand on sait qu’un amerloque sur deux n’a pas 400 dollars d’épargne en cas d’imprévu…

      1. Jiff

        « la suppression du cash va accélérer »

        C’est du domaine du possible (tant mieux, marre du balltrap…), et il-y-a même eu un passage dans les experts de bfmtv là-dessus il-y-a quelques jours; la réponse a été quasi-automatique: « si on supprime le cash, les gens s’adapterons et créerons autre chose, comme ils l’ont toujours fait ».

        Ce qui n’a pas été dit, et c’est fort dommage, c’est combien coûterait une telle ineptie; les petits ménages, le baby-sitting, les murs repeints, le carrelage de la SdB (grande spécialité de nos pandores avec le papier-peint), les leçons particulières, souvent dispensées par les profs eux-même, etc.
        Combien cela coûterait-il en terme de consommation ?
        Et par voie de conséquence directe en points de base de croissance ? (et là, on parle directement de point négatifs.)

        C’est un peu comme la dé-pénalisation du cannabis, qui risquerait fort de tenter certains par une sortie « vers le haut »; déjà que nous avons une police qui « se recentre sur ses objectifs » (parce que la distribution syndicale de roudoudous pour le quatre heures, c’est la base de leur labeur), ça pourrait devenir intéressant.

        Il faut faire très attention, parce que là, ça ne serait plus 100k personnes dans la rue selon les syndicats et 33k selon la préfecture de police, et elles ne se contenteraient pas de défiler plus ou moins calmement.

        Tout est question d’évaluation des risques, et donc en bonne partie de big data et de fines analyses; au vu des innombrables succès de nos sauteurs à l’élastique nationaux comme européens (de tous bords, j’suis pas raciste, et si les crabes n’ont pas la même couleur, le panier est bien le même), la décision finale sera, bien entendu, éclairée, de bon aloi et nous sera enviée par la galaxie toute entière (enfin, plutôt son centre…)

    1. Dr Slump

      Le « keynésianisme » d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec le keynésianisme d’origine, interventionnisme qui se voulait restreint et limité dans le temps.
      Aujourd’hui, tout ce que le monde compte de hauts-fonctionnaires dans les banques centrales, à l’UE, au FMI, et tous les gouvernements ne veulent pas juste contrôler l’inflation ou les taux, ils veulent TOUT contrôler.

      Relisons Le Monde:  » Il conviendrait de s’attaquer, dans le désordre, au déclin démographique, au fonctionnement du système financier, à la répartition de la valeur ajoutée entre profits et salaires ou aux inégalités ». Rien que ça! Et encore, la liste n’est pas exhaustive! Et notez le terme « il conviendrait de S’ATTAQUER… »

      Ils dénoncent tout ce qu’ils peuvent pour se donner toujours plus le pouvoir de tout contrôler, ou plutôt l’illusion de tout contrôler.
      Il n’y a pas que la France qui fonce vers le mur de la réalité. Tout le monde s’y précipite ensemble.

      1. Roi Heenok

        « Le « keynésianisme » d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec le keynésianisme d’origine, interventionnisme qui se voulait restreint et limité dans le temps. »
        En effet, il ne faut pas chercher dans les actions des gouvernements et des zintellectuels une application de Keynes. Je n’aime pas vraiment le eprsonnage mais on a attaint un niveau tel qu’il s’agit simplement de donner une excuse savant pour une politique de controle et de clientelisme.

        1. sam player

          Si, même si Keynes voyait comme une boutade sa sortie concernant le fait de faire creuser des trous le matin pour les reboucher le soir, il n’en demeure pas moins que c’est de là que vient son multiplicateur keynésien et la nécessité de prendre aux riches pour donner aux pauvres car ces derniers consomment plus rapidement.
          D’ailleurs il dit bien qu’il serait préférable de faire faire des travaux utiles plutôt que de creuser des trous et les reboucher, mais que tous comptes faits il vaut mieux le faire plutôt que d’avoir des chômeurs.

          1. Deres

            Le truc c’est que le fameux multiplicateur keynésien n’est pas du tout une constante cosmologique. Je veux bien admettre que dans des pays sous-équipés (routes, ponts, barrages, …) , en choisissant bien les projets, il puisse être positif et que dans ce cas, la demande publique puisse être contra-cyclique et relancer la machine en cas de crise. Mais la réalité est que dans les pays occidentaux actuels sur-équipés, il est très difficile de trouver des grands projets rentables. Et les grosses machineries étatiques sont incapable de financer des petits projets de façon efficace. De plus, de très loin, l’Etat fait des dépenses de fonctionnement pas d’investissement réel. L’exemple le plus classique chez nous est que les trottoirs sont refaits pour mettre des bordures en granit luxueuses à la place du béton en bon état après 30 ans sur place mais que les routes sont pleines de nids-de-poule.

      2. Laurent

        Vous en avez déjà vu vous du « restreint et limité dans le temps »? Cela supposerai que nos pilitocards soient honnête et responsables, une gageure…

      1. zelectron

        je connais un autre inventeur qui dit avoir déposé l’année dernière un brevet SGDG concernant le double-rond-point (voir l’article et les comments, réserve d’antériorité)

      2. Gastoon

        Mais ça existe déjà !!!!
        à Nantes (comme c’est bizarre…), le ‘rond-point de Rennes’ est constitué de deux rond-points tangents.

        1. Aristarkke

          On en trouve également au moins à trois reprises sur la route entre LE MANS et LAVAL.
          Ils ne sont toutefois pas exactement tangents mais séparés par un petit bout de route qui ne peut être finalement parcouru qu’à faible vitesse puisqu’il n’y a pas de longueur suffisante pour se relancer valablement

  15. yoananda

    Socialisme ? ou plutôt « centralisme », non ? (= pouvoir centralisé et concentré à l’extrême)
    peu importe que le centralisme s’habille avec du socialisme, du capitalisme, ou du fascisme …
    Non ?
    J’ai quand même du mal à me dire que la FED fait dans le socialisme.

    1. Bonsaï

      Oui, c’est le grand confusionisme qui est à l’œuvre. Mélanger tous les termes, leur conférer subtilement d’autres attributions, jouer sur les mots, tout ceci fait partie de la déstructuration culturelle recherchée par certains milieux…

        1. Pat

          « à l’insu de son plein gré » ? Non, en parfaite connaissance de cause. Et qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans « planification centralisatrice » ?

            1. sam player

              Le monétarisme est un interventionnisme*.
              L’interventionnisme est socialiste.

              * : critique autrichienne entre autres.

              1. Hang’em High

                Je ne voudrais pas être déplaisant, et sortir de ce Blog en habit, genre goudron et plumes, mais il me semble que le « Centralisme Démocratique » est une solution qui en vaut bien une autre….

                Nan, je rigole, c’était juste pour vous faire marchais….

                1. Bonsaï

                  Vous avez toujours été un modèle de bravoure, assumée avec un humour élégant. Que les jeunes freluquets en prennent de la graine (je ne parle pas du chanvre)…

        2. La Fed (ce n’est pas un acronyme, donc F majuscule seulement) est bel et bien socialiste : planniste, centralisatrice, et offre à ses dirigeants (et par leur truchement, aux dirigeants américains) un moyen d’implémenter une doctrine socialiste / collectiviste sur le reste de la population, à savoir le dogme de la monnaie d’état, sans concurrence, sans étalon, …

  16. bibi

    J’ai une solution au petit désagrément actuel qui devrait pouvoir tout régler.
    Comme il y a à la fois le problème de l’excès d’épargne et de pauvreté je propose de prendre l’argent là ou il est pour le mettre là ou il faut.
    Si avec ça je n’obtient pas le Prix Nobel d’économie, j’espère au moins que la Robert Mugabe School of Economics me remettra le titre de Docteur honoris causa.

    1. albundy17

      « je propose de prendre l’argent là ou il est pour le mettre là ou il faut. »

      Bonne idée, on prends les 1.009 milliards de taxes et impôts de 2015, et on les colle dans ma poche

  17. Pheldge

    HS : Harry a fait fort :
    lefigaro.fr/flash-actu/2016/05/16/97001-20160516FILWWW00074-lille-le-meeting-de-he-oh-la-gauche-annule.php

  18. René-Pierre Samary

    Nul en économie, mais je comprends intuitivement, comme tout le monde, que l’investissement étant un pari sur le futur, seule la confiance dans un futur probable entraîne la décision d’investir. La confiance étant au plus bas pour toutes les raisons que l’on connaît, toutes ces manips des banques sont ressenties, toujours intuitivement, comme des trucages, ce qui contribue à miner encore davantage la confiance.
    Bref, toutes ces têtes d’oeuf prennent les gens pour des cons, qui le leur rendent bien, en refusant d’entrer dans leurs petits jeux.

  19. Kel

    L’excès d’épargne vient répondre à l’excès de dette publique. Ricardo a expliqué (l’effet Ricardien, il y a longtemps) que la population comprenait intuitivement qu’après un excès de dette publique (qui n’est rien d’autre qu’un impôt insuffisant) viendrait forcément une hausse d’impôts (résorbant un excès de dettes) et donc la population épargne en prévision du remboursement….

    1. zelectron

      @Kel,
      L’excès d’agents de l’État (Ponctionnaires) et assimilables (emplois garantis ad-vitam) contribue à l’excès de dette publique bien au delà de ce que vous pouvez raisonnablement envisager.

    2. sam player

      Oui on l’a vu en 2009 avec un taux d’épargne record.
      A ce titre on peut d’ailleurs se rendre compte que les français anticipent les problèmes puisqu’ils avaient commencé à relever leur taux d’épargne en 2007.
      Pas si cons qu’on le dit donc, surprenant.

      De même le taux d’investissement en logement a baissé de plus de 2 points depuis 2007-2008 (10.7% à 8.6%) et il ne s’en est pas remis.

  20. albundy17

    Mdr h16, une pub lidl pour un bouquin de propagande « petits gestes pour la planète » sur votre site, c’est de la provoc

    1. sam player

      Non, j’ai remarqué en utilisant un ordi sans bloqueur de pubs que les pubs de ce site sont ciblées par rapport au moteur de recherche. Tu as dû simplement cliquer sur une pub Lidl ou faire des recherches en rapport avec la planète.

      1. Bonsaï

        Des algorithmes assez grossiers sur les desiderata dans Google, les mails (provenance, langue), bref un sentiment assez oppressant d’espionnage, avec cependant un côté humoristique car en général complètement à côté de la plaque !

        1. Bonsaï

          En fait très intrusive l’algo, car si elle est au courant des requêtes Google, cela signifie qu’elle te suit partout. Il faut que je me renseigne un peu mieux à ce sujet. Jusqu’à présent je n’ai pas mis de bloqueur, parce j’aime bien voir ce que j’ai en face et rester aware, comme disait l’autre Belge…

        2. sam player

          Perso je les trouve bien ciblés : si je cherche des pièces auto, je me prends des pubs quelque temps après pour Oscaro, idem pour Raja pour les emballages. Y a certains trucs marrants parfois : un mail dans lequel je parlais de dentelle (mécanique) et peu après j’ai eu des pubs de frou-frou…
          Mais à aucun moment google n’ira donner tes coordonnées à l’agence de pub ou au fabricant… ça casserait le business. En gros Google se place comme un intermédiaire pour faire des mises en relation, comme ferait un de tes clients qui te recommanderait auprès d’un autre client potentiel en demandant une commission de 5%.
          Une fois j’ai ramené une affaire de 15ME rien que par ce principe : client content, intermédiaire content, fournisseur (moi) content… que demande le peuple !

          1. Pheldge

            « que demande le peuple ? » le peuple , il demande sa part aussi , parce que c’est pas juste sinon, qu’il faut être solidaire et donc te faire payer , salaud de privilégié ! que de toutes façons tu ne paieras jamais assez …

  21. Pheldge

    oui Camarade Albundy, qu’as tu à répondre pour ta défense ? nous sommes curieux d’entendre comment tu vas justifier cette trahison 🙂

  22. zelectron

    @albundy;
    C’est vrai, en Absurdie démolir un immeuble génère du PIB, donc démolissons tous les immeubles pour rembourser toutes nos dettes et embaucher encore une méga-palanquée de ponctionnaires-suceurs-de-sang-du-peuple pour encore plus et encore plus de PIB 🙂

    1. Deres

      En ce moment, en région parisienne, on détruit de grand ensemble des années 70 pour construire deux fois moins de logement sociaux au même endroit. Et vu que les anciens immeubles étaient vétustes faute d’entretien, j’imagine l’état des nouveaux dans 30 ans sachant qu’ils ont des complexités de type VMC double flux, planchers chauffants, panneaux solaires et isolation collée en façade.

  23. bsadacheng

    tout cela pue ….
    l’épargne est dans les paradis fiscaux (intouchables je vous explique pas pourquoi …………….)
    et dans les bas de laine des pauvres ….. qui vont donc être ratiboisés parce que finalement
    …. salauds de pauvres!!!

    1. Pheldge

      Tout à fait , Camarade : les salauds de riches y trouvent une oasis pour y planquer leur pognon qu’ils nous ont volé ! Et d’ailleurs, là-bas, il ont des centres de loisirs pour riches, avec comme dans Picsou, des piscines remplies d’or et de billets verts pour y prendre des bains vivifiants !
      Que ne vous unissez-vous, prolétaires de tous les pays, pour abolir les privilèges de ces ignobles profiteurs , Mélenchon, Lénine , où êtes-vous ?

  24. dede

    « les comportements observés de ces marchés paraissent bien souvent complètement déconnectés des réalités économiques sous-jacentes »

    Je crains que nous soyons effectivement en mode « full retard » a tous les niveaux. En « Une » du FT hier, nous apprenions que le SWF norvegien allait poursuivre Volkswagen pour lui avoir fait perdre des sous a cause du scandale lie a la combustion de carburant : un actionnaire qui poursuit une societe dont il est actionnaire, c’est quelqu’un qui a la bonne idee d’attaquer sa propriete en esperant s’enrichir…
    C’est aussi cretin qu’une banque centrale qui imprime des billets en esperant enrichir la Societe.

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