Found in translation

En février 2011, alors que la France, fraîche et innocente, croyait encore impossible de faire pire que Sarkozy et que le monde, groggy, se remettait à peine d’une crise carabinée, je découvrais une nouvelle application Google qui permettait de réaliser de la traduction à la volée, non plus textuellement mais oralement.

L’idée générale, maintenant relativement banalisée, était la suivante : un utilisateur enregistre les paroles d’une tierce personne, et les fait traduire par Google qui se charge ensuite de les faire prononcer dans le langage cible par le téléphone. En somme, Google avait ajouté une solide reconnaissance vocale (« speech-to-text ») à son outil de « Traduction Google », et terminait la manœuvre par une opération exactement inverse dans la lange cible, de synthèse vocale (« text-to-speech »).

L’intérêt de la manœuvre se situait dans l’automatisation de ces différentes étapes et dans l’utilisation du téléphone portable comme simple médium de prétraitement, avec, en tâche de fond, l’ensemble de la puissance du nuage informatique fournit par l’infrastructure Google. Petit-à-petit, avec cette amélioration, on arrivait à voir ce que la traduction à la volée, dans le cours d’un dialogue, pouvait produire comme richesse supplémentaire. En effet, en abaissant ainsi et même partiellement la barrière de la langue, ce genre d’applications informatiques permet d’améliorer notoirement les relations humaines ; n’importe qui peut alors acheter ou vendre dans un pays qui lui est étranger.

Oh, bien sûr, l’application d’alors ne permettait évidemment pas d’entrer dans les subtilités de chacune des deux langues concernées, mais pour les opérations de bases, celles qui permettent à des humains moyens de commercer, c’était amplement suffisant.

Quelques années ont passé, la technologie a évolué et d’autres idées ont éclos.

Pour les idées, voici que sont récemment apparues d’intéressantes petites oreillettes qui permettent de faire ce que le téléphone faisait précédemment ou, plus exactement, qui permettent d’affranchir la personne de toute manipulation avec son téléphone.

Encore une fois, il ne s’agit pas ici d’une révolution, mais bien d’un saut, petit mais sensible, dans l’amélioration technique d’un ensemble de fonctionnalités qui, auparavant, nécessitaient à la fois une solide puissance de calcul, généralement pas disponible de façon portable (on parle de centaines, voire de milliers de serveurs pour obtenir les résultats actuels), et une bonne capacité de d’analyse et de reproduction vocale. Dans ce cadre, la société Waverly, qui entend commercialiser ces oreillettes dans le courant de l’année 2017, propose sa propre version de traduction à la volée, dans cinq langages à son lancement.

On ne connaît pas encore la qualité de la traduction que ce procédé offrira, mais on peut cependant parier qu’il sera décent, tant les progrès en la matière sont sensibles. Du reste, il doit être possible de basculer sur les outils d’autres ténors du domaine.

Et dans ceux-là, difficile de passer à côté de Google qui, en parallèle de ces évolutions technologiques, nous propose une véritable révolution. Le mot de révolution n’est ici pas galvaudé puisqu’on apprend, dans un récent papier publié le 14 novembre dernier dans la revue arXiv de la Cornell Université que les chercheurs de Google, spécialisés en intelligence artificielle, on réalisé une première, à savoir la traduction d’un langage à un autre sans passer par une langue pivot, et sans que les corrélations sémantiques ou grammaticales entre ces deux langues ne lui aient été apprises.

Il faut bien comprendre toute la portée de la prouesse réalisée ici : jusqu’à présent, traduire une langue vers une autre supposait un certain nombre d’étapes relativement complexes pour une machine. Ces étapes comprenaient l’acquisition de lexiques, de dictionnaires, une description de la grammaire des deux langages. En outre, en utilisant de grands corpus de documents traduits dans de multiples langues (exemples typiques : les documents produits par la Commission Européenne, produits en 24 langues, ou ceux des Nations Unies, disponibles au moins dans les 6 langues officielles de l’institution) et des analyses statistiques plus ou moins poussées, il est possible de réaliser des « ponts » d’une langue à une autre. Enfin, en utilisant une langue pivot, on peut passer d’une langue à une autre sans trop déformer le résultat final : en substance, le traducteur automatique sait passer de la langue A à la langue B, et de la langue B à la langue C, il peut donc traduire, au moins à peu près, de la langue A à la langue C, la B servant alors de pivot.

Dans le cas de Google, cependant, l’utilisation de techniques d’intelligence artificielle (réseaux neuronaux et apprentissage « profond »), les résultats obtenus sont d’une nature différente puisque, sans qu’on ait réalisé les étapes ci-dessus, la machine a déduit d’elle-même les éléments de base des langues A et C pour les traduire sans passer par une langue pivot. En quelque sorte, le logiciel construit ses propres versions conceptuelles des éléments manipulés par le langage source pour les ré-exprimer dans le langage de destination.

Plus concrètement encore, cette application de l’intelligence artificielle a été mise en place pour le commun des mortels puisque, début décembre, elle a été greffée sur le « google translate » disponible en ligne. Si certains d’entre vous ont l’habitude d’utiliser cette facilité, peut-être ont-ils noté la franche amélioration des résultats de traduction fournie par « Translate » dernièrement : là où, auparavant, la traduction pouvait à peu près tenir la route sur une phrase complète mais nécessitait régulièrement de repasser par un traducteur humain pour polir les dernières (grosses) aspérités et s’avérait carrément impraticable pour des textes un peu longs ou ardus, la traduction à la volée offerte actuellement montre des signes évidents d’une bien meilleure compréhension ou d’une plus profonde appréhension des mécanismes du langage.

Oh, il est bien sûr encore loin le moment où l’humour d’un texte, les jeux de mots et les calembours seront habilement traduits à la volée. De ce point de vue, le métier de traducteur n’est pas encore mort et il faudra encore quelques années pour que les machines puissent professionnellement les remplacer.

Mais d’une part, on ne parle plus que de quelques années, pas de longues décennies. Et d’autre part, pour les traductions non professionnelles, d’un humain à un autre, ce dont on dispose maintenant est largement suffisant.

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Commentaires138

    1. Greg

      Essayez donc d’entrer
      Et encore merci pour le poisson
      Dans la recherche Google…

      Je je ne saurais dire si Ragnar faisait allusion au fait que l’homme n’est que la troisième espèce la plus intelligente sur Terre ou pas, ceci dit…

  1. Dr Slump

    C’est beau le progrès, enfin, vous comprenez de quel progrès je parle pas vrai? Maintenant, à un moment ou un autre, je m’attends à ce que la Guilde des Traducteurs dépose leurs réclamations outrées auprès du Grand Gourou, Grand Ordonnateur de justice et d’égalité.

  2. Pheldge

    Et, comme programme de reconnaissance vocale à la volée, seule, avez-vous – z -une préférence ? (moi « mal entendant » et futur sourdingue dans un avenir dramatiquement proche, être intéressé et concerné )

    1. petit-chat

      Dragon est le meilleur que je connaisse.
      Apprentissage contraignant, ainsi que la qualité/distance du micro, élimination des bruits de fond variables (micro unidirectionnel, ça aide).
      Pour en revenir à Gogol, les progrès en traduction sont réels (distinction des sens des mots « temps », « glaces »…)

    2. MadeInCH

      Que penses-tu de ça?
      http://blog.dilbert.com/post/154040076861/a-new-solution-for-the-hearing-impaired
      « If you go to dinner in a noisy restaurant, or a business meeting, for example, each attendee would have a copy of the app and keep their phone in front of them, in listening mode. When anyone speaks, the nearest phone translates and sends the text to each phone at the table. The hearing impaired person at the table can follow the conversation in the form of a live transcript on their own phone.  »
      Traduction résumée du machin qui fait des choses vers une langue civilisée:
      Chaque personne a une copie du soft. Lorsque quelqu’un parle, le smartphone le plus proche fait du Speech-to-Text et transmet le texte aux autres smartphones. ça permet du suivre la discussion si il y a du bruit, sou si vous êtes malentendant.

      1. Kolchack

        Dixit Google :
        « Si vous allez dîner dans un restaurant bruyant ou une réunion d’affaires, par exemple, chaque participant aura une copie de l’application et de garder leur téléphone en face d’eux, en mode d’écoute. Quand quelqu’un parle, le téléphone le plus proche traduit et envoie le texte à chaque téléphone à la table. La personne malentendante à la table peut suivre la conversation sous la forme d’une transcription en direct sur leur propre téléphone. »

        quelques progrès à faire encore sur l’analyse de l’anglais 😉

        1. Deres

          Bien sur que non car l’élection va être annulé. Vous n’entendez pas qu’ils sont en train de dire officiellement que les russes ont truqués cette élection ? On n’affirme pas officiellement ce genre de chose si on n’a aps une idée précise derrière la tête.

          1. bibi

            Si l’élection est annulée, alors tous les candidats obtiendront 0 voix du collège électoral.
            Par conséquent il reviendra à la chambre de désigner le président.
            Et la chambre votera pour Trump et Pence.

            Pour que Trump ne soit pas élu il faudrait que le collège électoral soit à majorité démocrate et que donc il perde 75 voix ce qui n’arrivera pas, ou alors que des états tournent casaques ce qui n’arrivera.

            De toute façon si Trump n’est pas élu le bilan sera catastrophique pour Washington et de nombreux états feront sécession.

            Note : Voir la République du Texas faire sécession ne serait pas pour me déplaire.

            1. MadeInCH

              Le nombre d’indépendantiste de tout poils dans plusieurs états est bien plus important que le Grand Public (majuscules de politesse, pas de respect) se l’imagine.
              Okay, pas assez grand pour faire quelque chose si tout va bien…
              Mais ce sont les germes permettant l’apparition puis la croissance de la cristallisation en cas de, refroidissement, diront-nous.

      1. MadeInCH

        Pas besoin de preuves pour ordonner des sanctions.
        Il espère sans doute des réactions musclées des Russes, qui justifieraient des sanctions.

        1. Deres

          Ils sont déjà au maximum des sanctions économiques. Pour aller plus loin, il faut interdire aux européens tout commerce avec les russes y compris l’achat de gaz. Ce qui ne coûterait rien aux américains au passage. Sinon, il y a la guerre ce qui serait logique puisqu’ils viennent accuser les russes de mener des actions hostiles sur leur territoire.

          1. albundy17

            « Ce qui ne coûterait rien aux américains au passage. »

            Poutine s’amusait de constater que depuis le début des sanctions européennes, le commerce avec les états unis affichait une belle progression.

            Il y a un truc assez épatant concernant la russie, avec un budget militaire de pas même le 12 eme de celui des seuls américains, la situation de l’ei est en net repli en 1 an, après 4 ans d’expansion quand la coalition s’en occupait, les russes sont toujours entrain d’envahir l’Ukraine et envisagent tt les pays limitrophes, et à temps perdu ils renversent les élections de feu la première puissance mondiale.

            chapeau

              1. albundy17

                Pseudo démocratie, nous n’avons rien à apprendre de Poutine, a part la gestion des comptes, il s’en met beaucoup moins dans les poches que nos dirigeants du monde libre

      2. BDC

        Quand je parlais de false flag avant l’élection de Trump … Ben voilà, les néocons ont peut-être perdu un peu de temps parce qu’ils n’y croyaient pas, mais ça fait un beau prétexte, et pour faire perdre la légitimité de Trump, et pour des sanctions contre la Russie. Vu les réactions sur Le Figaro, FF peut tenir sa ligne « pro-russe ».

      3. Royaumont

        C’est ce que je me suis dit aussi, des effets de manches, des envolées lyriques grandiloquentes, mais pas le moindre fait, pas la moindre preuve n’a été avancée.
        Ils ont peur à ce point-là de l’oncle Donald, pour s’engager sur des trucs pareils ? Et pourquoi ?

    1. cherea

      tout cela, c’est comme le sketch des inconnus et les chasseurs, il y a les bons chasseurs et les mauvais chasseurs, tout comme il y a les bonnes théories du complot et les mauvaises théories du complot…je suis tombé hier sur la deux, sur le reportage consacré à Poutine…il y avait l’itw de l’ambassadeur russe en France, Orlov, pas mal, mais en face il y avait Delahousse, avec des questions mais d’un niveau d’un gamin de 6 ans, franchement l’ambassadeur Orlov était en roue libre, on pouvait anticiper les réponses à faire….

  3. Taisson

    je partage tout à fait la certitude que tout ça finira par marcher, mais quand on regarde une simple annonce commerciale, avec la description des détails d’un objet connu, et que grâce à la « traduction » , on n y comprend plus rien, on se dit qu’on est encore très loin !! Et encore, ce n’est que de l’écrit…Avec un niveau équivalent en vocal, absolument rien ne serait compréhensible !
    En prenant l’exemple de l’image numérique, plus de 20 ans ont été nécessaires pour arriver à la qualité d’image que l’on connaît aujourd’hui. Les traducteurs peuvent en effet commencer à s’inquiéter, mais pas pour tout de suite…

  4. acarrel

    Je me demandais comment mes enfants allaient s’en sortir dans leurs échanges futurs avec des étrangers en apprenant depuis la 4ème tout le vocabulaire allemand sur les camps de concentration et la chute du mur de Berlin. En voilà donc une bonne de solution, je suis soulagée

    1. Aristarkke

      Est ce que pour ceux qui étudient le russe (LV 2 très mode dans les 70′), le vocabulaire porte surtout sur le Goulag, la police secrète, bref tout le grand oeuvre soviétique???

  5. Calvin

    Joli billet plein d’optimisme !
    Ces petits plus sont de vrais succès des États sans qui rien ne peut être fait…
    Heu…
    Je veux dire l’Etat ne crée rien de bien.
    Mais il peut faire pire : réguler et interdire.
    « Mais ça va mettre des traducteurs au chômage !!! »

    Filoche, ta gueule !

    1. albundy17

      Plein d’optimisme en effet, ça fait du bien par où ça passe :mrgreen:

      Il y a aussi avec Google traduction un truc extra, photo d’un panneau, texte,etc, ça trouve la langue et traduit

      1. Higgins

        Et puis, force est de constater que nous avions tort de critiquer l’EN et ses très piètres prestations dans l’apprentissage des langues. Elle ne faisait qu’anticiper sur l’arrivée imminente d’une technologie d’avant-garde et a pu ainsi se concentrer sur ses prérogatives socialo-régaliennes: la méfiance envers tout ce qui prétend un tant soi-peu libéral, la promotion de la théorie du genre, la généralisation de l’esprit bisounours, etc,… J’en passe et des meilleurs.

        1. albundy17

          « dans l’apprentissage des langues »

          Ca, un de mes mouflés m’a déjà rétorqué que ça ne servait à rien d’apprendre l’anglais

      2. Higgins

        C’est comme pour les djihadistes français. Il parait qu’ils ont mauvaises réputation chez leurs camardes: ils rouspètent toujours, ils sont fainéants (ils rechignent à aller au combat) et ils ne parlent aucune autre langue que le français. Pur produit EN. Grâce soit rendue à cette dernière.

        1. Ils sont surtout indisciplinés et ont importé leurs bonnes habitudes des cités dont ils viennent. Ils pourrissent l’EI de l’intérieur, c’est magique. Épines dans le cul en France, épines dans le cul là-bas.

        2. Dr Slump

          « camardes ». La camarde étant synonyme de la mort, l’erreur de frappe leur donne en fin de compte des camarades tout à fait appropriés 😉

        3. Aristarkke

          Les supplétifs gaulois avaient déjà semblable réputation sous Hannibal, lors de la IIme guerre punique…
          Preuve est faite que le milieu de vie a une influence dans le comportement, même à des millénaires de distance!

  6. lxy

    Voila ce que donne : traduction du 3eme paragraphe du billet de h16 :

    « The interest of the maneuver was in the automation of these various steps and in the use of the mobile phone as a simple pre-processing medium with, in the background, all the power of the cloud, Google infrastructure. Little by little, with this improvement, we could see what translation on the fly, in the course of a dialogue, could produce as additional wealth. Indeed, by thus lowering and even partially the barrier of the language, this kind of computer applications makes it possible to improve notably the human relations; Anyone can then buy or sell in a foreign country..

    Pas mal en effet

    1. MCA

      Oui,

      mais il faut à présent reprendre le texte résultat anglais et le faire retraduire en français et comparer à l’original français pour le fun.

    2. bibi

      Vu la traduction bizarre je me demande si dans
      « l’ensemble de la puissance du nuage informatique fournit par l’infrastructure Google »
      C’est pas fourni au lieu de fournit.

      Le traducteur si on met fourni en lieu et place de fournit il traduit par provided.

  7. René-Pierre Samary

    Je me sers assez souvent de Google trad (pour correspondre avec mes amies étrangères, quand mon anglais, mon allemand, mon espagnol, atteignent leurs limites respectives. Oui, ça progresse. Mais ce dont parle le patron, ça m’enthousiasme. La barrière des langues (Pheldge, arrête de ricaner au fond de la classe), cette barrière est un problème majeur depuis des milliers d’année. L’incompréhension entre les peuples a été la cause de beaucoup de souffrances, et cela augmente avec la mondialisation.
    D’une façon générale, les futurologues, et en particulier les Philippilus qui nous font iech, seraient bien avisés de fermer leur clapet (exemple de Reagan avec la pointe Bic).

      1. Aristarkke

        Heureusement que tu n’as pas compris couick me ! Couick me !!!
        Interpol serait sur les dents
        ………. (Interpol would be on the teeth)!!!

          1. albundy17

            Ni qui que ce soit, mais il y a de l’espoir, le gvt a décider d’intervenir sur les prix des prothèses auditives, ses voisins seront heureux qu’il arête la gratte, marguerite en puissance ^^

  8. toto17

    « En effet, en abaissant ainsi et même partiellement la barrière de la langue, ce genre d’applications informatiques permet d’améliorer notoirement les relations humaines ; n’importe qui peut alors acheter ou vendre dans un pays qui lui est étranger. »

    Perso, je pensais plus à des échanges humains plus …disons…plus humains. 😉

  9. cherea

    Putain, tu doubles cela avec la reproduction des voix et on pourrait avoir un acteur anglais qui dit son texte parfaitement en français…les doubleurs vont prendre un coup..

    1. bibi

      Le doublage c’est plus complexe que la traduction correcte de la langue car il faut en plus les intonations, et c’est très différent d’une langue à l’autre.
      C’est un pas supplémentaire à faire dans la traduction.

  10. Bonsaï

    Restons néanmoins lucides : la traduction automatique ne remplacera pas de sitôt l’expertise humaine dans certains domaines critiques où une approche subtile, voire psychologique, est requise. Comme l’éducation, la poésie, la diplomatie, la plaidoirie d’avocat, etc…
    Nota bene : j’en profite pour coller une très bonne note au Sieur Pheldge qui, sous un couvert comique, est un véritable grand polyglotte sachant faire le grand écart entre le latin et l’anglais le plus branché en passant par une touche d’allemand bon teint…

  11. MCA

    @H16

    Peut-on déjà envisager deux interlocuteurs de langues différentes en face à face, chacun un micro devant lui et un casque sur la tête, conversant chacun dans leur propre langue et entendant la réponse de la partie adverse traduite automatiquement en instantané?

    Si oui, ce n’est plus un progrès, c’est une révolution mondiale.

    Je m’imagine déjà parlant en français devant mon Smartphone à un chinois qui au travers son Smartphone entendra ma conversation en chinois et inversement en ce qui me concerne.

    1. « Peut-on déjà envisager ? »
      Oui, on peut. Ca existe déjà (voir le précédent billet). Et l’invention « oreillette » présentée ici améliore encore le procédé (disponible courant 2017).

          1. MCA

            LOL

            Si je dois parler à un chinois en français alors qu’il ne comprend pas cette langue et réciproquement, le fait d’être dans la même pièce ne résout pas mon problème.

            Par contre s’il suffit d’aller dans une pièce voisine et de converser via Smartphone/visio – boite magique pour se comprendre, on a fait un grand pas vers la communication inter linguistique.

            Le concept est tout simplement révolutionnaire.

            Et à cette occasion, on va peut être enfin comprendre ce que disent les hommes politiques et les dessous cachés de leur langue de bois, et un progrès de plus! …. :o)))

            Mais je vois déjà un hic dans ce processus si séduisant : Quid d’un logiciel de traduction mal intentionné ou buggé et ses conséquences possibles?

            1. bibi

              Les oreillettes c’est justement fait pour les personnes qui sont dans la même pièces.

              C’est vrai que les traducteurs eux sont toujours bienveillants et bien intentionnés et pas du tout bugués.

              Prenons l’exemple au hasard d’un agrégé d’allemand ministre des affaires étrangères nommé Jean-Marc Ayrault.
              Il aura juste inversé un U et un R et prononcé « furchtbaren Austausch » (dialogue effroyable) en lieu et place de « fruchtbaren Austausch » (dialogue fructueux).

              1. Aristarkke

                C’est de la faute des Allemands! Avoir une langue où le déplacement d’une seule lettre dans le même mot, bref un anagramme aussi simple, peut provoquer un incident diplomatique est une véritable horreur en soi. Bref, il faudra éviter de leur causer, sauf en français, parce que cela ne peut pas exister dans notre langue… Non mais!

      1. Onaneur de Moosh

        Plusieurs grands groupes français dont Air Liquide, Lafarge, et Veolia sont passés sur Google G Suite. Donc ils sous-traitent la gestion de leur messagerie à Gmail, et ils travaillent sur des documents stockés sur le cloud Google etc. Je ne sais pas s’ils utilisent aussi Blackberry, mais ça ne m’étonnerait pas.

  12. Onaneur de Moosh

    Gougueule est encore très loin du compte pour les langues orientales, et l’engrish et le flançais ont de beaux jours devant eux. Donc « Soupe Nouille La Crevette », « Chargeur Téléphone La Pomme », et autres « La Jouet Le Femme Inflatable » feront encore longtemps votre bonheur sur les emballages de vos produits préférés.

    1. Deres

      Je viens de vérifier :
      Apple phone charger ==> Chargeur de téléphone Apple

      Un algorithme d’apprentissage profond se sert justement du contexte, donc c’est la cas idéal où cela marche bien.

      Idem :
      windows software ==> logiciel windows
      my windows are controled by a software ==> Mes fenêtres sont contrôlées par un logiciel

  13. Deres

    Une bonne nouvelle en apparence mais cela servira bientôt d’excuse pour ne pas apprendre les langues étrangères. Certaines choses sont intraduisibles surtout quand cela référence des choses n’existant pas dans une autre culture, que ce soit un objet, un auteur de référence ou l’histoire nationale. Par exemple, quand vous parlez des « heures sombre de notre histoire », nous comprenons tous, mais que comprendra un anglo-saxon.

    1. Aloux

      Gros problème pour le chinois, qui regorge d’expressions littéraires et d’allusions historiques absolument intraduisible : il faut connaître pour comprendre.

      Mais bon encore une fois pour de la communication « basique », le problème ne se pose pas vraiment.

  14. lxy

    Le sel d’une langue ce sont ses proverbes et ses expressions familières. Indispensable à connaître pour comprendre et se faire comprendre. Par exemple « arriver sans crier gare » ne se traduit pas « arrive without shouting station ».

    Google translate se plante puisqu’ il traduit « cerise sur le gâteau » par « cherry on the cake » alors qu’en anglais c’est: »icing on the cake ».

    (cf l’appli Linguee pour tel mobiles qui est aussi complète qu’un gros dictionnaire mais tient dans la main)

    1. bibi

      Google traduction :
      « arriver sans crier gare » => Arriving without warning

      « cerise sur le gâteau » => Cherry on the cake
      « la cerise sur le gâteau » => The icing on the cake

      1. Onaneur de Moosh

        Google capte certaines expressions isolées, mais dans le contexte d’une phrase ça dérape facilement.

        Marie posât la cerise sur le gâteau (Marie put the cherry on the cake) // Google: Marie put the icing on the cake

        C’est du petit nègre! (It’s gibberish) // Google: It’s a little nigger!

        1. bibi

          Dans un contexte de phrase à la fin il y a un point.
          Marie posât la cerise sur le gâteau. => Marie put the cherry on the cake.
          Avec un point à la fin ça marche beaucoup mieux.

          Oui il y a des expressions qui lui sont inconnus.
          Pour remédier à cela il y a un lien Commentaires qui vous permet de lui donner le sens.

          Il y a une flopée de régionalisme que Google ne connait pas un exemple au hasard : chocolatine.

            1. bibi

              Je n’ai jamais prétendu le contraire.
              Je prétend juste que chocolatine est le terme français approprié pour désigner le schokoladencroissant et que pain au chocolat est impropre car le terme correct est croissant chocolaté ou croissant au chocolat.

        1. Aloux

          Encore mieux : « couler un bronze » Google=> « sink a bronze »

          Ah la scatologie, spécialité française dont les raffinements d’expression restent malheureusement inaccessibles aux rustres Anglois.

          1. bibi

            J’ai la taupe qui frappe au guichet. => I have the mole hitting the wicket.
            J’ai le cigare au bord des lèvres. => I have a cigar on my lips.
            J’ai le bobsleigh dans le dernier virage. => I have the bobsleigh in the last corner.

              1. Lafayette

                on voit une difference entre les sodas bien connus des gogols et la biere boisson interdite.
                se taper un cola ▶ get a cola
                se taper une bière▶hit a beer

  15. Calc8

    Cher citoyen, voici le politrad, traducteur universel du langage politique vers un français compréhensible par tous. Exemples d’utilisation linguistique :

    Politique: La courbe du chômage va s’inverser (Hollande).
    Français: La courbe inversée du chômage va (Moullande).

    Politique: J’aime l’entreprise (Valls).
    Français: J’aime les profits des entreprises (Valse).

    Politique: Moi, Filoche, je me présente comme avec une liste à l’heure contre le grand capital
    Français: Moi, Foliche, je me présente en communiste destructeur de capital

    Politique: Valls est un bon candidat à la primaire
    Français: Valls est un c*n candide primaire

    Quel progrès ! A coller sur sa télé pravda pour s’ouvrir l’esprit.

  16. Boudoir

    Pardon de venir faire le trouble fête, mais arXiv n’est pas un journal publié par Cornell. C’est un serveur de dépôt de « pre-print », c’est à dire les versions « manuscrites » des auteurs de papiers qui viennent d’être soumis à des journaux. Une fois le papier accepté par un éditeur après le processus de review, l’auteur n’a généralement pas le droit de mettre à disposition la version finale de l’éditeur avec mise en page et correction du texte, etc… Par contre le plus souvent il garde les droits sur le manuscrit original qu’il a soumis auparavant. arXiv sert de lieu de stockage de ces manuscrits « pré-publication ».

    Un autre interêt de arXiv, dans certains domaines comme la biologie par exemple, c’est que des auteurs mettent leurs résultats préliminaires tout de suite sur arXiv afin de s’approprier la paternité de resultats, de méthodes ou de techniques, sans devoir attendre le processus de review des journaux (qui peut durer parfois un an…). Une fois le papier peaufiné, il sera soumis plus tard à un journal scientifique.

  17. Aristote

    Le problème du langage est moins sa traduction que la capacité du locuteur à maîtriser son propre langage. Les progrès de la traduction comptent peu si de plus en plus de Français ont du mal à maîtriser plus de 500 mots.

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