[Redite] Une brève histoire de l’hyperinflation

Article initialement paru le 30.10.2012

Il y a cinq ans, à mesure que s’empilaient les procédés financiers douteux de la BCE et de la Fed, je proposais un bref rappel historique de l’hyperinflation pour bien faire comprendre que ce fléau monétaire n’était ni rare, ni invraisemblable sur un continent comme l’Europe, au contraire. Depuis, les opérations des banques centrales n’ont guère cessé et rien ne permet d’affirmer que nous sommes sortis de l’ornière de 2007, au contraire.

Alors que l’or et, maintenant, les cryptomonnaies semblent les seuls refuges valables pour nos économies, alors qu’on découvre tous les jours de nouvelles dispositions législatives laissant penser que nos comptes bancaires ne sont pas du tout à l’abri des mains prédatrices de l’Etat, un petit rappel de ce billet me semble tout à fait salutaire.

Plusieurs fois dans ces colonnes, et bien évidemment ailleurs (mais, comme par hasard, très rarement dans la presse mainstream), on a parlé d’hyperinflation, notamment à la suite des dernières opérations aux noms magiques comme QE (pour les Américains) et LTRO (pour les Européens). Aujourd’hui, je vous propose de revenir un peu dans l’histoire récente de cette hyperinflation, définie comme une période où l’inflation mensuelle est de plus de 50%.

Grâce au travail de Steve Hanke et Nicholas Krus, du Cato Institute, on dispose de données fiables et intéressantes sur les périodes d’hyperinflations connues.

Première constatation : saperlotte, la monnaie papier, ça inflate drôlement dans les périodes de crise, et pas qu’une fois de temps en temps. Si l’on regarde le tableau des deux chercheurs, on se retrouve avec des périodes d’inflations étalées de 1920 à 2008, avec un regroupement de trois grosses périodes :
– la première, avant la seconde guerre mondiale, de 1920 à 1924
– la seconde, depuis 1941 jusqu’au sortir de la guerre, 1949
– la troisième, après l’explosion du bloc soviétique, de 1988 à 1998

Bien évidemment, on trouve aussi un saupoudrage de quelques pays jouant avec leur presse à billets en dehors de ces périodes, l’exemple le plus frappant étant le Zimbabwe de Mugabe pour la période récente, le Chili de la transition Allende/Pinochet, et la France des assignats (qui est donc un précurseur de tous les autres, puisqu’au 18ème siècle). Et en substance, le schéma est toujours le même : la situation économique du pays qui va subir une hyperinflation se dégrade rapidement notamment sous l’effet de dépenses de moins en moins contrôlées par l’État. Ensuite, pour éviter une dépression sévère, les autorités monétaires du pays commencent à emprunter et laisser filer la valeur du papier monnaie pour aboutir à un épisode de grand n’importe quoi dont l’aspect rigolo n’est perçu qu’au-delà des frontières par ceux qui ont eu le temps de fuir ou la présence d’esprit de n’avoir aucun intérêt économique avec les malheureux qui sont restés sur place. Pour s’informer, on pourra lire avec attention le dossier réalisé par Business Insider qui revient sur la période d’hyperinflation dans le régime de Weimar.

Par curiosité, voici les pics d’inflation constatés dans les différents cas. Comme on peut le voir, il n’y a pas vraiment de limite : oui, à proprement parler, lorsque les presses se mettent à cracher du billet, tous les nombres sont possibles et un doublement du prix des biens et services toutes les quinze heures a déjà été constaté (en Hongrie, donc).

daily peaks
(NB : certains pays sont présents plusieurs fois, parce qu’ils ont eu plusieurs épisodes de fête du slip monétaire)

La question qui vient ensuite à l’esprit est de savoir s’il existe une corrélation entre la durée de l’hyperinflation et sa force (importance du taux). J’ai réalisé un petit nuage de points qui donne ceci, et sur lequel on peut distinguer trois groupes de pays.

En gros, le premier groupe (bleu) correspond aux pays dont l’hyperinflation (quelques pourcents par jour) n’a pas duré très longtemps (jusqu’à trois mois). Le second groupe correspond à ceux qui ont eu ces mêmes taux (voire un peu plus soutenus) et qui ont fait durer le plaisir plus d’un an. On imagine le bonheur des populations concernées. Enfin, le dernier groupe, heureusement moins gros, correspond aux États dont la population aura eu a subir l’incurie et l’incompétence avec des taux records pendant de longues années. De ces trois groupes, on ne peut s’empêcher de remarquer qu’il n’y a pas de pays pour lesquels il y aurait eu des taux journaliers très forts et une courte période d’hyperinflation. Manifestement, si les taux d’hyperinflation galopent, c’est parti pour durer…

Il est intéressant de constater que certains de ces États furent des dictatures ou que dans la plupart des cas, la possibilité même de fuir la monnaie imposée était combattue avec d’autant plus d’acharnement que la durée d’hyperinflation était longue et que les taux étaient élevés. Autre point intéressant : dans aucun des cas le phénomène ne se sera arrêté de lui-même sans la mise à mort pure et simple de la monnaie considérée, éventuellement assortie de la chute du régime correspondant. Autrement dit : non seulement, l’hyperinflation est un phénomène qui est au début déclenché volontairement sous couvert d’une inflation « contrôlée », mais en plus, il échappe rapidement à tout contrôle.

Et maintenant, pour en revenir à la situation européenne ou américaine, on constate quelques similitudes. Par exemple, les efforts actuels des banquiers centraux, Draghi et Bernanke, visent à éviter autant que possible une dépression carabinée dans leurs deux grands blocs économiques, en compensant les déflations visibles sur les biens secondaires ou de luxe. Par une multiplication de jeux d’écriture et d’opérations dont la complexité apparente s’explique difficilement par autre chose qu’un désir de camoufler une création monétaire soutenue, les deux bricoleurs ont malgré tout du mal à endiguer le manque cruel d’enthousiasme des populations pour une nouvelle vague de crédit bon marché ; on sent que la succession de QE et de LTRO, dont chaque avatar suscite moins d’intérêt que le précédent, ne parvient pas à relancer le furieux bastringue monétaire.

Pour le moment, tout le monde s’accroche aux deux monnaies. L’Euro et le Dollar sont encore vecteurs de valeur. Mais comme dans tous les épisodes d’hyperinflation précédents, qui peut encore garantir que, un petit matin, la confiance qui sous-tend encore ces monnaies ne va pas s’évanouir ? Certes, le pire n’est pas certain, mais il est de moins en moins improbable, surtout vu les injections de monnaies auxquelles on assiste. Du reste, les mouvements récents d’abandon du dollar de certains pays, dont des acteurs majeurs comme la Chine, dans leurs transactions commerciales, montrent que le règne du dollar s’achève. Or, pour le moment, rien ne semble prêt pour le remplacer, et certainement pas l’Euro, dont tout le monde comprend que s’il doit partir en sucette, il le fera avant le dollar ; et bien malin qui pourra dire quand cela pourra advenir, encore que les tensions s’accumulant entre l’Allemagne et la Grèce pourraient déclencher des événements intéressants.

Si l’Histoire nous apprend quelque chose, c’est qu’elle réalise le paradoxe d’être imprévisible et de se répéter. L’hyperinflation n’est ni rare ni impossible sur un continent comme l’Europe ou les États-Unis. Et les mêmes causes (crises, tensions internationales, manipulation excessive de la monnaie) provoquent les mêmes effets (inflation galopante, perte de confiance, destruction de richesses). C’est dans ce contexte qu’un homme averti en vaut rapidement deux, puis quatre, puis 60 puis un million.

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Commentaires45

  1. Le Gnôme

    Il y a quand même un avantage à l’hyperinflation, la dette est remboursée beaucoup plus facilement. L’épargnant est rincé, mais ce n’est pas grave, il est là pour ça.

  2. René-Pierre Samary

    Au risque de paraitre idiot (ce n’est pas difficile), je ne comprends pas ce qu’il peut y avoir de terrible, au fond, à une inflation, même super ou hyper.
    Que pour acheter un paquet de carottes il faille un billet marqué 10, 100 ou 10000, de même qu’au Venezuela le nouveau Bolivar est passé de 10 à 10 000, en dehors de la gène, quel est le problème si en échange de mon travail j’obtiens mille fois plus ?

    1. theo31

      « ce qu’il peut y avoir de terrible »

      Dans la France des assignats, des milliers de commerçants ont fini au bout d’une pique.

      En Allemagne, les gens achetaient leurs tickets de bus le matin pour éviter d’avoir à les payer dix ou cent fois plus cher le soir. Les fabricants de brouettes ont dû se frotter les mains à l’époque.

      Quand ton porte-monnaie ne suffira plus pour conserver la monnaie de la baguette de pain, Aristarque te prêtera son Doblo pour payer le boulanger.

    2. sam player

      RPS dans une inflation galopante tu ne peux pas racheter le soir ton travail du matin (cf le ticket de bus de theo31). Et si tu es payé fin de mois, je te dis pas.

      Tu ne peux pratiquement plus consommer de produits frais car il faudrait les acheter dès que tu as ta paie et les faire durer 1 mois pour ne pas perdre trop de valeur (ce qui fait jusqu’à 2 mois d’écart entre la valeur d’achat et ta paie).

      Aparte : en Australie les fins de mois n’existent pas : pas mal d’ouvriers sont payés à la semaine (comme aux USA) et ceux qui sont mensualisés sont payés avant le 15du mois en cours (généralement le 13) : les salariés ont un crédit de travail sur le dos du 15 au 30 et les employeurs un crédit de salaire du 1 au 15 (crédit du latin credo, croire).

      1. René-Pierre Samary

        Je me suis fait un peu plus bête que je n’étais. Je comprends bien la dépréciation qui accompagne d’inflation. Mais en dehors d’un décalage temporel (inévitable) de la valeur du papier-monnaie et la valeur de d’une bien/travail, en imaginant que les deux valeurs soient mises au même niveau en temps réel… Où serait le problème ?
        Je ne nie pas les effets dramatiques de l’inflation. Je cherche seulement à les spécifier, sachant que la « valeur » d’un billet est arbitraire. La seule qualité d’une monnaie serait sa stabilité, non parce que « la stabilité c’est bien », mais parce « tout » ne peut pas bouger en même temps avec la même ampleur.
        De là, je conçois donc que l’inflation peut être aussi au facteur d’enrichissement, pour certains, et qu’elle peut être organisée.

        1. Pat

          Tant que ton travail t’apporte un revenu, tu peux espérer que ce revenu suive l’inflation (avec plus ou moins de retard). Encore faut-il que tu puisses travailler, et que quelqu’un veuille bien te payer pour ton travail…

          1. Balthasar

            Tous les bullshit jobs vont disparaître… les Steve jobs et bill Gates en devenir incapables de tenir une pioche devront s’adonner à la glanterie vénale pour survivre…

        2. Adolfo Ramirez Jr

          RPS, au Vénézuela, le salaire minimum permet d’acheter… 2 douzaines d’oeufs et rien d’autre.
          Le gouvernement augmente ce salaire tous les 3 mois… mais l’inflation est un phénomène quotidien.
          Votre travail ne vous permet plus de vivre et les mesures étatiques participent plus à une fuite en avant qu’à la solution. Vous devez donc vendre vos biens ou vous prostituer pour conserver votre niveau de vie. Comme tout le monde le fait en même temps…

            1. Albundy17

              Danemark (je crois, dans le nord en tout cas) ça vient de légiférer, les leçons auto école peuvent désormais se régler en nature, mais sur proposition du moniteur uniquement (pas fou)

        3. sam player

          RPS tu raisonnes comme si l’hyperinflation était linéaire et donc comme si tu n’avais qu’à prendre tes pertes qu’une seule fois et t’habituer ensuite à vivre qu’avec 80% de ce que tu pouvais avoir avant.

          Mais l’hyperinflation est exponentielle (dans le vrai sens du terme) et ce décalage temporel (comme tu dis) a des effets de plus en plus dévastateurs sur tes revenus.

        4. bibi

          Le problème est simple avec une monnaie non stable vous ne pouvez rien anticiper aussi bien en tant que producteur que consommateur.
          Qui va produire quelque chose alors que le prix qu’il va demander le matin ne pourra pas lui permettre d’acheter quoi que ce soit le soir?

          La valeur d’un billet n’est pas arbitraire car lors d’une hyperinflation, il arrive le moment ou celui-ci vaut moins que le papier sur lequel il est imprimé (le papier blanc a plus de valeur que le papier taché avec de l’encre).

          1. René-Pierre Samary

            Donc, l’instabilité, et surtout quand elle est poussée à l’extrême, bloque l’activité économique par l’impossibilité d’anticiper. C’est évident.
            Toujours le facteur temps entre deux actes économiques.
            Qu’en serait-il d’un moyen d’échange qui serait basé sur aucun référent autre que lui-même ? Il échapperait aux variations, en étant lui-même une variation en continu et en temps réel ?

            1. bibi

              Un moyen d’échange qui ne serait basé sur aucun référent autre que lui même ne serait tout bonnement pas échangé.
              Une des caractéristiques principales d’une monnaie est d’être une réserve de valeur pour qu’elle puisse être épargnée et donc prêtée.

                1. bibi

                  Sur quoi est basé une monnaie fiat?
                  La confiance que l’on peut bon an mal an l’échanger contre une certaine quantité de bien.
                  C’est pareil pour le BTC à la différence près que l’émission de celui-ci ne peut être manipulé par les autorités politiques.

    3. Val

      Euuh René je crois qu’il faut que je te paye un stage chez les rares éléments de ma famille scotchés au Venezuela … bon on va la faire courte : ce phénomène s’accompagne d’un renversement brutal des valeurs : ce qui valait une blinde ne vaut plus rien (immo par ex ) et ce qui valait peanuts est introuvable ou inabordable (pq , médocs ) ajoute à cela le piment local d’une insécurité démente (petit exemple familial : mariage un peu bouleversé par la prise en otage des témoins dudit mariage , prises d’otages aussi fréquentes que le flash radar chez nous )
      Sinon tu peux lire Sweig qui décrit assez bien le phénomène dans « le monde d’hier » c’est plus safe

      1. René-Pierre Samary

        Pas besoin de te mettre en frais d’un stage, Val. Je connais bien la réalité du Venezuela, j’y faisais de longs séjours autrefois, et je ne doute pas que ce soit pire aujourd’hui. Mon propos n’est pas de minimiser les conséquences de l’inflation, mais de m’interroger sur le fond. Pas besoin de se montrer agressif et condescendant, la situation de tes proches je la déplore mais n’y suis pour rien…

          1. sam player

            « Du coup je ne comprends pas tes interrogations… »

            Moi non plus. L’impression que pour RPS l’hyperinflation n’est qu’un mauvais moment à passer (RPS, sans acrimonie aucune hein).

            1. Theo31

              Avec le prix de l’or multiplié par cinq cent milliards en Allemagne en 1923, la population a du sentir un gros truc bien douloureux dans l’arrière train.

  3. albundy17

    Les différents QE auxquels nous assistons depuis 2008 ne sont t’ils pas différents des précédentes planche à billets ?

    pasque j’ai pas trop l’impression que ceux ci se retrouvent dans l’économie, mais uniquement pour du rachat de dettes de banques ou de maintien de cours des groupes cotés.

    J’ai cru lire que nous sommes dans les 400 milliards par mois avec Boj, BCE et Fed, il n’y a pourtant aucune concrétisation sur le terrain (infrastructures, recherche)

    Ils s’évertuent à relancer un peu d’inflation, mais sans les nouvelles taxes ce serait déflation partout (bon pas le venezuela, ils sont en avance)

    D’ou l’idée rigolote de l’hélicopter monnaie qui elle pourrait bien nous faire acheter des brouettes ?

    1. Dr Slump

      Le tableau peint par maître Hash est déjà franchement gratiné dans le genre Guernica, mais je pense que ce que nos élites envisagent est même pire que ça: fin des espèces, réglementation des crypto-monnaies, voire même instauration de monnaies numériques d’état, avec prélèvement de taxe sur les transactions, comme d’habitude indolore, pour que l’état puisse continuer de mener grand train sur le dos des gens qui produisent, pillards vivant sur le dos des trimards, encore et toujours.

    2. sam player

      En fait Al, dans une économie saine (monnaie saine) les prix baissent grâce à la meilleure productivité de jour en jour. Si les prix stagnent actuellement (au lieu de baisser) c’est d’une part à cause des taxes et impôts* mais aussi au fait que les salaires sont capés.

      * : les impôts des uns augmentent les prix des autres.

      1. albundy17

        « les prix baissent grâce à la meilleure productivité de jour en jour. Si les prix stagnent actuellement (au lieu de baisser) c’est d’une part à cause des taxes et impôts* mais aussi au fait que les salaires sont capés. »

        Oui, c’est keskejdizé, sauf pour salaires capés que je sais pas ce que ça veut dire.

        Je mettrais un bémol sur ta définition d’économie saine, pensant davantage que dans celle ci, la baisse naturelle des prix engendrerait en principe des avancées qui reléguerait les « vieux » produits dans la catégorie has been pour une nouvelle génération apportant un plus, contre une inflation de tarif (hors taxes, impôts)

        Hors maintenant, les principales innovations sont juste sémantique (SUV à la place de voiture) ou carrément ridicule, un moteur électrique et une pile pour te vendre à pas de pris zéro innovation.

        Une pub vient de passer: le frigo qui te rappelle que t’as plus de lait, encore une mission réussie

        1. sam player

          Oui je te donnais juste la raison pour laquelle les prix devraient baisser (dont la meilleure productivité). C’est de *mon avis* différent de la déflation pure qui est une baisse des prix souvent à cause de la baisse de la demande (crise de 1929).

          Les salaires sont capés à la baisse : un salaire qui stagne (capé) est une hausse de salaire vu que les prix baissent.

        2. sam player

          Il n’y a pas de « baisse naturelle des prix ». Il y a des prix qui ne bougent pratiquement pas parce que le productivité n’a pas d’impact sur eux.

          Les produits nouveaux sont très souvent moins chers TOUT EN APPORTANT des améliorations tant au niveau du service rendu que du coût d’exploitation : cf les machines à laver.

  4. Mildred

    C’est sûr, que juste après cette lecture, lire : « Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales… », même si on connaît à peine Draghi, et qu’on ne sait pas qui est Yellen, ça fait quand même du bien !

    1. Calvin

      Yellen, qui dirige la Fed, est l’epouse d’un Prix Nobel d’Économie, « récompensé » parce que Néo-Keynesien…
      Vivant dans une autarcie idéologique, ces élites ne peuvent pas comprendre le monde réel.

  5. Dismal Science

    Steve Hanke et Nicholas Krus offrent un panorama des hyperinflations, mais leur approche ne prend pas en compte les situations dites d’inflation réprimée. Comme notre hôte le mentionne il y a une correspondance entre terreur politique et terreur monétaire et lorsque le pouvoir politique en plus d’une création monétaire débridée impose un strict contrôle des prix, la dislocation de l’économie est encore plus importante. C’est pour cela que les périodes comme celles du communisme de guerre en URSS, le reste de la période soviétique (à l’exception du début de la NEP) sont absentes de l’analyse, comme la gigantesque inflation du 3ème reich, ou la période de la terreur et de la chute de Robespierre.
    Le premier exemple c’est l’inflation du 3ème siècle romain Septime Sévère a commencé à diminuer le titre des pièces (la quantité de métal précieux -argent- présent dans le sesterce) pour payer les dépenses militaires et sociales (lois frumentaires) car les impôts ne suffisaient plus. Les prix ont commencé à grimper et face au mécontentement Dioclétien a imposé un contrôle des prix strict: interdiction pour les commerçants d’augmenter les prix sous peine de mort. La conséquence c’est que les commerçants refusent de travailler contre de la monnaie sans valeur, si bien que les échoppes se vident et les gens finissent par mourir de faim.
    Ce mécanisme se répète plusieurs fois dans l’histoire. Robespierre est parti à l’échafaud sous le quolibet « foutu le maximum », la loi du maximum était un contrôle des prix imposé et les contrevenants s’exposaient à la peine de mort. La population avait parfaitement compris l’origine de la famine, les commerçants ne voulant pas travailler en échange d’assignats sans valeur. La période est en plus marquée par l’interdiction de l’utilisation de l’or et de l’argent et l’obligation d’utiliser les assignats. La période mentionnée ici dans le tableau ne couvre que la fin lorsque l’on a mis fin à la loi du maximum et que les prix ont pu s’établir au niveau de la masse monétaire. Les prix ont explosé mais les boutiques n’étaient plus vides, cela allait un peu moins mal. Pour purger le problème le directoire créa le franc (1795), puis fit une banqueroute (dite des 2/3 en 1798).
    On retrouve la situation d’inflation réprimée systématiquement dans les économies totalitaires (nazies, fascistes, ou communistes) les agents se retrouvent avec des montagnes de liquidités (papier ou sur les comptes en banque) qu’ils ne peuvent pas dépenser dans des boutiques vides de tout bien à consommer car personne n’est incité à travailler au niveau de prix imposé par l’Etat. Le contrôle des prix sous la menace de la peine de mort est une caractéristique commune. Apparemment il n’y a pas d’inflation, mais les prix sont artificiellement bas, il n’y a plus d’échange, plus de marché. Il me semble que ces situations d’inflation réprimée sont un cran au dessus dans la gravité de celles où la création monétaire provoque une « simple » (certes très coûteuse pour les agents) fuite devant la monnaie. Dans le cas de l’inflation réprimée on ne peut même pas fuir devant la monnaie.

      1. Dismal Science

        Le seul programme du révolté de la classe affaire c’est de se faire élire. Afin d’arriver à cette fin il raconte toutes les sornettes susceptibles de plaire à sa clientèle. En revanche, une application des inepties en question conduirait à une pénurie généralisée ce qui est l’autre face de l’inflation réprimée. En règle générale, les gouvernements ne cherchent pas délibérément la destruction de la monnaie et la pénurie, cela apparaît comme une conséquence d’une inadéquation entre les moyens et les objectifs de leurs politiques économiques. Lorsque les dépenses publiques sont supérieures aux rentrées fiscales, que l’endettement n’est plus possible, la seule solution c’est la monétisation du déficit public. La création monétaire induite par la monétisation provoque l’inflation.

  6. Onaneur de Moosh

    Rassurez-vous, les États de l’UE sont en train de se doter de moyens légaux de ponctionner et de séquestrer vos comptes en cas de faillites bancaires. Pas de bras, pas de chocolat.

    Si vous avez les reins solides, vous aurez toujours le choix de faire votre jardin ou d’aller aux asperges.

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