Claude Code : le dernier qui sort éteint la lumière

Le 7 janvier dernier, alors que le commun des mortels tentait encore de digérer les excès de foie gras et les vœux pieux d’une classe politique en fin de cycle, la dernière version de Claude Code est sortie.

Il ne s’agit pas d’une simple mise à jour et ce n’est pas un énième correcteur orthographique. Officiellement, c’est un agent d’assistance au codage, un outil d’aide propulsé par le modèle d’intelligence artificielle Claude d’Anthropic capable de générer, debugger et optimiser du code avec une fluidité impressionnante. Officieusement, c’est surtout un développeur qui ne dort pas, ne se plaint pas, ne négocie pas son salaire et ne demande pas deux semaines pour comprendre une base de code historique mal documentée.

Claude Code lit, comprend, modifie, refactorise, teste et itère, raisonne, planifie et exécute. Et comme un agent, il peut le faire directement à votre place, sur votre machine.

En réalité, le saut qualitatif est tel qu’on assiste à un spectacle proprement surréaliste : Microsoft, le mastodonte qui a pourtant injecté des milliards dans OpenAI et pourtant peu réputé pour son sens de l’autodérision stratégique, suggère désormais à ses propres troupes d’utiliser l’outil d’Anthropic plutôt que ses propres solutions maison.

Ce n’est pas de l’ouverture d’esprit. C’est un aveu.

Dario Amodei, le patron d’Anthropic, ne s’en cache plus. À Davos, ce charmant club de vacances pour milliardaires mélancoliques et politiciens en quête de sens, il a enfoncé le clou : pour lui, la fin des développeurs est proche et cette vision est d’ailleurs étayé par leur dernier rapport, l’Anthropic Economic Index de janvier 2026.

L’intelligence artificielle ne va pas « aider » les développeurs, elle est en train de les absorber. Et derrière cette absorption se profile un acronyme que l’on prononce encore à voix basse : « AGI ».

L’intelligence artificielle générale (AGI) n’est pas une IA « plus forte » ou « plus rapide » mais une intelligence artificielle capable de généraliser, de transférer des compétences d’un domaine à un autre, d’apprendre sans être explicitement guidée pour chaque tâche. C’est une intelligence non spécialisée, donc économiquement redoutable qui travaille plus vite, sans syndicat, sans pause café, et sans revendiquer le droit au télétravail depuis une yourte dans le Larzac.

Là où l’automatisation classique supprimait des tâches, l’AGI va supprimer des métiers, sans animosité, sans idéologie, mais sans le moindre doute.

On se rapproche donc du moment où l’outil devient l’artisan, sans que cette perspective de science-fiction soit poussée en l’an 2100, au contraire. Ainsi, Shane Legg, cofondateur de Google DeepMind, le martèle sur les réseaux sociaux depuis 2009 : il y a selon lui « 50 % de chances d’atteindre une AGI minimale » d’ici 2028. Autrement dit, demain matin.

À tel point qu’actuellement, l’expert cherche activement à recruter un économiste senior pour étudier « l’économie post-AGI ».

En pratique, cela signifie essentiellement que nous entrons dans une période où les modèles économiques classiques, basés sur la rareté du travail (intellectuel pour le moment) – et la valeur ajoutée du diplôme – pourraient s’effondrer rapidement. Dans une économie « post-AGI », la valeur du travail d’un humain moyen tend vers zéro. C’est un aphorisme cruel, mais la réalité n’a jamais eu pour vocation d’être charitable : quand l’intelligence devient une commodité abondante et gratuite, l’intellectuel devient un prolétaire comme les autres.

Une autre question s’impose : si l’IA augmente aussi phénoménalement la productivité, qui va capter ces gains ? La question n’est pas triviale, et pose en creux celle de la place des États qui, avec leurs taxes et régulations, feront probablement tout pour freiner l’adoption de ces outils, afin prétendront-ils de « protéger » les emplois. Position intenable où le premier qui s’autorise l’usage de l’outil disposera d’un avantage économique écrasant sur ceux qui se le refuseront…

2026 pourrait donc être l’année où les effets de l’intelligence artificielle sur l’emploi vont commencer à se faire sentir vivement, non plus par vagues de licenciements feutrées, mais par une obsolescence brutale.

L’informatique est évidemment le premier domino, et les développeurs juniors serviront de variable d’ajustement. C’est logique, du reste : le code est le langage natal de l’IA, elle y est chez elle.

Mais on peut raisonnablement comprendre que le mouvement ne s’arrêtera pas aux portes des sociétés de services informatiques et autres startups. Traducteurs, rédacteurs, analystes financiers, juristes, de premier niveau… Bref, tous ceux dont le métier consiste à transformer une donnée A en un document B sont clairement dans le collimateur. Encore plus menacés seront tous ceux qui occupent actuellement (en le sachant ou pas) ces « bullshit jobs », ces placebos sociétaux qui n’auront rapidement plus raison d’être. Tout travail intellectuel standardisable est une cible. Tout raisonnement procédural devient une faiblesse.

Et dans cette nouvelle économie dont on commence à peine à voir les contours, on entendra certainement quelques petits malins de plateau télé expliquer doctement qu’il va falloir « se réinventer », au moment même où la machine va rapidement saturer chaque espace de production intellectuelle. La crédibilité des médias va encore diminuer (si c’est possible).

Le paradoxe est savoureux : pendant que nos gouvernements s’écharpent sur l’âge de départ à la retraite ou sur la meilleure façon de taxer les courants d’air pour sauver la planète, la technologie est en train de rendre caduque la notion même d’emploi salarié pour une part croissante de la population.

Le réveil pourrait être brutal pour ceux qui pensaient que la révolution numérique s’arrêterait à la livraison de sushis par application mobile. Le futur ne frappe plus à la porte, il en a crocheté la serrure, s’est installé dans le salon, et est en train de réécrire votre contrat de travail en 0,4 seconde.

Pas de doute, il va y avoir quelques changements.

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Commentaires373

  1. CPB33

    retour sur pretti boy (« il était si gentil !! ») 🙂
    bvoltaire.fr/alex-pretti-la-nouvelle-video-qui-fragilise-le-recit-gauchiste-anti-trump/

    1. Léo C

      Les Centaures seront-ils de sortie ?

      Elle peut toujours m’attendre la police.

      Qu’elle cesse de se tromper d’ennemis. Le jour où elle se trouvera où on la souhaite, non où on la craint, je reverrai mes positions.

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