Meirieu Christmas les enfants…

« La société française a mal à son lycée et peur de ses lycéens » … C’est par cette introduction fabuleuse que débute un croustillant article de réflexions profondes paru sur LeMonde.fr et qui permet à trois ténors de la bouillie verbale d’y exercer leur art consommé du gloubiboulga bien pensant.

Avant même de rentrer dans le vif du sujet, qui concerne une n-ième réforme des lycées, attardons-nous quelques lignes sur nos trois auteurs qui s’en sont manifestement donné à cœur joie dans ce magnifique article d’Opinion.

Éliminons rapidement Marie-Christine Blandin dont l’impact dans la vie de nos concitoyens se sera borné (et c’est déjà beaucoup) à pomper les phynances du Conseil Régional Nord Pas De Calais et à devenir sénatrice dans la foulée histoire d’occuper ses vieux jours. Vous ne la connaissez pas ? C’est normal : elle fait, comme beaucoup d’autres, partie du ventre mou de la République, ce bataillon pléthorique d’élus divers et variés dont on n’entend bien peu parler, entre une inauguration de marché aux puces et une élection locale et qui, s’il disparaissait purement et simplement du paysage, ne provoquerait qu’une gêne très passagère et purement administrative.

Les deux autres loustics, en revanche, sont des vedettes, puisqu’on retrouve Cécile Soufflot Duflot et Philippe Meirieu. On se souviendra facilement de la Duflot, puisqu’elle avait fait führer fureur en traitant les « sceptiques climatiques » de négationnistes, montrant assez bien les mécanismes mentaux à l’œuvre chez les fondamentalistes de la protection environnementale.

Quant à Meirieu, il est l’artisan obstiné de la destruction atomique de l’instruction en France et représente à lui seul le fer de lance des pédagobobos,  cette clique d’enfants terribles issus de mai 68 qui auront réussi à dézinguer l’ascenseur social à coup de novlangue débridée, au point de le bloquer dans la position descente, par le truchement d’un pédagogisme longuement raffiné sur les quarante dernières années.

Les auteurs présentés, regardons à présent ce qu’ils ont eu le toupet de pondre.

Au début, nous avançons en terrain connu : constat d’évidence, le lycée ne prépare plus les futurs étudiants, les livre à l’université alors qu’ils ne savent pas travailler en équipe et à peine écrire… Mais rapidement, à coup de phrases alambiquées dans le style inimitable des pédagogistes de combat, on entre dans le vif du sujet n’importe quoi :

Elle a mal à son lycée qu’elle « sanctuarise » par des portiques de détection de métal, des caméras de vidéosurveillance et une inflation de sanctions disciplinaires, quand il faudrait densifier la présence des adultes en son sein, donner aux professeurs des bureaux où recevoir élèves et parents, dégager des temps de concertation pour imaginer ensemble comment partager le goût de savoir et le plaisir d’apprendre…

Je passe ici sur la personnalisation de la société française et la tournure de phrase, qui relève de l’infantilisation assez classique lorsque le discours vient de fluffys agressifs : le reste de la tirade vaut qu’on s’attarde un peu.

Avant même d’avoir posé l’ensemble de la problématique (résumée ici à un « La société a mal à son lycée » balistique qui ne veut, finalement, rien dire), on attaque déjà un petit bout de solution, et par le côté rugueux du langage pompeux : il faut densifier la présence d’adultes. Attention, ici, on ne dit pas qu’il faudrait, bêtement, plus de moyens, comme la plèbe syndicale s’époumone à le dire dès qu’une grève pointe le bout de son nez à l’EdNat. Non, il faut densifier la présence d’adultes.

Ça nous a un petit côté chimique, cette expression : pour obtenir un précipité colloïdal d’Enseignement Qui Fonctionne, il suffit de densifier la solution d’acide adultique et de chauffer doucement, pour précipiter le soluté et attention pouf ! à la petite implosion…

Une fois passée cette description synthétique d’une solution totalement impraticable mais facile à coucher sur le papier, on attaque le gros du morceau :

Les délégués lycéens sont, bien souvent, élus à la va-vite, privés de formation et cantonnés dans des rôles subalternes : on leur demande leur avis sur l’emplacement des bancs dans la cour… on ne travaille pas avec eux sur les emplois du temps, l’organisation de contrôles, l’importance du tutorat entre élèves, les méthodes efficaces de travail en classe.

Eh oui : les délégués des élèves, qui sont, rappelons-le, désignés par les élèves parmi les élèves, ne sont pas suffisamment consultés ! Saperlipopette, voilà qui est fort gênant, et pourtant essentiel, à en croire notre trio d’équilibristes de la Pédagogie de Haute Voltige…

D’un autre côté, ces délégués ne sont pas non plus suffisamment majeurs, ni suffisamment contribuables, pour avoir réellement voix au chapitre quand on y réfléchit deux minutes. A la limite, on pourrait impliquer plus les parents (ils payent), mais les élèves sont surtout sensés apprendre, et pas tellement être consultés sur l’emploi du temps, ou l’organisation des contrôles.

D’ailleurs, dans l’écrasante majorité du monde (et il y a de cela quelques années, en France aussi) les élèves ne décident pas de leur emploi du temps, de l’organisation des contrôles et des méthodes de travail à appliquer en classe … et pourtant, contre toute attente, ils sortent du lycée en ayant appris à lire, écrire et compter correctement.

Mais en réalité, l’objet du texte n’est pas de proposer une nouvelle organisation interne des lycées français. Non. En fait, après avoir posé ces quelques bases solides de solutions impraticables, les auteurs entendent réellement rouspéter contre  la nouvelle réformichette qu’on tente vaguement d’introduire depuis quelques mois.

Et les voilà de s’écrier, avec force, conviction, et plusieurs années de retard : « Il est temps de changer de logiciel scolaire ! »

Remarquez que le texte, délicieusement décalé jusqu’à présent, pouvait encore passer pour une réflexion de fond. Dès que la précédente apostrophe est lancée, en revanche, patatras, plus de doute : nous avons à faire à du pipeau mentholé. C’est agréable à lire, légèrement rigolo tout en étant rafraîchissant de naïveté, et … totalement creux.

Et vas-y que je te pousse des phrases chocs comme « (l’EdNat et les régions) doivent travailler ensemble au décloisonnement entre la formation initiale et la formation continue, inventer des passerelles entre elles pour que nul ne soit jamais assigné à l’échec. » ce qui, une fois traduit, veut dire qu’il faut évidemment fromager de façon constante les spandrels bitumeux. Autrement dit, c’est concret comme un pet de nonne. Et la suite est du même tonneau :

Les lycées doivent devenir des lieux ouverts aux initiatives associatives et culturelles, des espaces d’accueil pour les échanges et les projets intergénérationnels : il ne suffit pas d’en exclure ceux qui y apportent la violence, il faut aussi y introduire ceux qui peuvent contribuer à y tisser du lien social.

Eh oui, mes petits amis : les lycées ne sont pas des lieux où les élèves viennent recevoir un enseignement de leurs professeurs, mais ce sont des lieux zouverts, avec des morceaux d’initiative associative vitaminée dedans, et surtout, de l’inter-générationel, du lien social, du vivre-ensemble et de la festivité citoyenne qui exclut la violence et permet un vrai enrichissement par la différence et reprenez un peu de concepts moralinés merci.

Sur le plan concret, ça se traduit par des gens qui entrent et qui sortent, qui tissent comme des malades (cystite ?), bref, c’est du solide, du palpable, du qui se chiffre avec plein de zéros et un gros chiffre devant.

Le paragraphe suivant est un délice pour l’œil, une sucrerie de cynisme ou de mauvaise foi :

Il faut, au lycée, une pédagogie où l’on apprend en classe et concrètement à faire une dissertation et une expérience scientifique,

Mais diable diable, ne serait-ce pas, finalement, la base même de ce que à quoi doit servir le cadre d’un lycée ? Or, monsieur Meirieu, il semblerait que ce soit bel et bien vous qui, avec la formidable invention des IUFM début 90 et de toutes les magnifiques méthodes d’enseignement introduites dès les années 70, avez grandement aidé à rendre ces lycées totalement inefficaces ! Il est dès lors très piquant de constater que vous en reveniez, maintenant, aux fondamentaux qui auraient, semble-t-il, été oubliés en chemin…

Quand, en plus, on lit sous votre plume et celle de vos deux acolytes, que vous trouvez que « notre pays reste embourbé dans des conceptions archaïques« , permettez-moi de vous dire que c’est vraiment se foutre de la gueule du monde : que n’aviez vous pas fait savoir, lorsque vous étiez aux commandes de l’IUFM de l’Académie de Lyon, cette passionnante opinion ? Que n’aviez-vous proposé, vous et vos deux complices, une batterie de mesures concrètes qui auraient permis de tester sur le terrain vos lubies ?

… En réalité, vous l’avez fait ! Depuis l’avènement des IUFM, le niveau de l’enseignement au lycée en France est en chute libre, et grâce aux fines équipes toutes acquises à vos méthodes, le pays est maintenant effectivement embourbé dans vos conceptions archaïques.

Partant, il est franchement ridicule de lire ensuite que vous réclamez des lycées de la « solidarité et de l’exigence« , là où, en France, les nombreux témoignages qui circulent – ici ou – montrent que la solidarité, notamment hiérarchique, vaut peau de zob, et que l’exigence est si faible qu’on distribue des bouts de papiers à plus de 80% d’une population pour moitié composée d’illettrés.

Bref, en un mot comme en cent, ce billet d’opinion paru dans le Monde illustre très bien les travers de la politique en France : on donne la parole à des verbeux qui tentent le nuage de concepts flous pour accaparer l’attention et faire croire à une réelle expertise là où il n’y a que gesticulations futiles de ballerine froufroutante.

Que ce soit Meirieu ou Duflot – je ne parlerai pas du troisième larron, incolore, inodore et sans saveur -, on retrouve une capacité hors du commun  à occuper un volume sonore et spatial impressionnant, à brasser bruyamment de l’air chaud avec une emphase savamment calculée, à pondre des textes vaporeux… Textes fumeux où, à l’instar d’un horoscope, chacun pourra trouver matière à satisfaction, mais qui en réalité, ne proposent absolument rien qui n’existe déjà ou qui n’ait déjà merdé lamentablement dans la plus parfaite indifférence du reste du monde occupé à éponger les dégâts des précédentes tentatives nébuleuses de bobos à roulettes en mal de fonds publics.

L’avantage, avec ce genre de barouds grotesques, c’est qu’on voit venir de loin les pipeauteurs de combat.

L’inconvénient, c’est que ça paraît dans Le Monde, que c’est lu, et que certains y croient…

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