La droite la plus paillette du monde

Consternant. Affligeant. Lamentable. Déplorable. Désolant. Navrant. Regrettable. Avec la droite française, on explore profondément le dictionnaire des synonymes. Et c’est tous les jours, avec un rythme soutenu.

Dans mon agenda, je m’étais promis d’aborder le concept intéressant de Sociale Bourgeoisie, terme proposée par l’éminent Vincent Bénard du blog Objectif Liberté, et joyeusement repris par l’illustre Hérétique, pour désigner le cloaque social démocrate dans lequel évoluent actuellement les principaux partis de pouvoir en Europe en général et en France en particulier.

Mais l’actualité, chafouine, m’oblige à repousser ce passionnant sujet qui nécessite un peu plus qu’un petit billet produit en quelques minutes, et je le traiterai donc une autre fois pour pouvoir évoquer, en quelques mots, l’effarant constat auquel la droite française et l’UMP tout particulièrement accule le libéral moyen un tant soit peu doté de bon sens.

Pour reprendre un des adjectifs d’introduction, je dirai « consternant » :  la droite française est consternante.

Mais attention : pas dans le sens où, par exemple, elle appliquerait un programme particulièrement inadapté. Pas dans le sens où ses actions, coordonnées comme un épileptique cocaïnomane, partiraient dans tous les sens et provoquerait un déluge de catastrophes sociales, économiques ou politiques.

Non.

Consternant dans le sens le plus basique : la droite française est devenue un machin mou qui fait absolument tout pour éviter, de près ou de loin, d’être un parti politique et absolument tout pour concrétiser le rêve humide de certains de se transformer en produit marketing hype et fashion, bien plus ancré dans le show-business que dans la vie réelle des vrais gens qui respirent en vrai dans le monde qui existe autour pour de bon.

Autrement dit, la droite française est devenue une espèce de fraude conceptuelle où absolument plus rien ne la rattache à une quelconque cohérence politique interne.

Plus fort encore, les mouvements déhanchés suggestifs de cette droite totalement alternative auront réussi à se transmettre sur la gauche, provoquant un grand brassage festif de crétins vitaminés d’un côté à l’autre du spectre politique, spectre qui n’aura d’ailleurs jamais aussi bien porté son nom : l’évanescence même des idées politiques à droite et à gauche, leur interchangeabilité moyennant quelques adaptations furtives, rendent l’existence d’un clivage entre les deux grands partis de pouvoir totalement chimérique, illusoire… et pour tout dire, spectrale.

Eh oui :  il est maintenant définitivement révolu le temps où on pouvait distinguer les politiques prônées par le parti de gauche de celles avancées par le parti de droite, et, d’autre part, il est maintenant de plus en plus compliqué de séparer clairement les politiciens des produits colorés en tête de gondole d’un supermarché moyen, rayon DVD et Multimédia.

J’en veux pour preuve deux éléments lourds de signification.

Le premier est une intervention du chef de l’Etat en Alsace. Dans celle-ci, le président nous fait un petit numéro de stand-up comédie avec deux ou trois vannes resucées et une petite analogie rigolote qu’un Guy Bedos, un Gad Elmaleh ou un Pierre Palmade auraient fort bien pu sortir dans une de leurs productions habituelles.

On pourrait discuter du sens de l’humour de Sarkozy, dont on sait qu’il est très variable et à doses modérées lorsqu’il s’agit de sa personne. Mais le point n’est pas là : ici, la fonction présidentielle est totalement oubliée pour laisser place à une pure représentation cosmétique, un petit show destiné à un public savamment sélectionné.

Le chef de la droite, ici, n’est pas le président des Français ; il n’est pas le président de l’UMP ; il n’est pas non plus un représentant d’une institution quelconque. Il est, ni plus, ni moins, qu’un chansonnier débitant quelques blagues et son boniment pour montrer qu’il existe et qu’il peut ainsi justifier des émoluments pas du tout symboliques qu’il touche.

Le second, c’est du lourd, du très très lourd, du loukoum plongé dans un baril d’huile minérale. Dans la catégorie Promotion Politique, on pioche ici dans la famille Arme de Dérision Massive, carte Procédés Thermonucléaires  du Marketing Pourri. Si Lovecraft avait écrit non pas sur Cthulhu mais sur l’UMP, cet élément de mercatique innovante aurait été son Nécronomicon.

Je veux parler, bien sûr, du clip pondu par les petits excités effervescents encartés aux Jeunes de l’UMP, et que Rimbus résume lapidairement ici en disant que la politique spectacle franchit ici un nouveau cap. Le cap, le voilà :

(j’avais prévenu, c’est du lourd)

En fait, ce n’est pas un cap qui a été franchi ici. L’UMP n’est plus, depuis bien longtemps, sur les eaux du globe de la normalité, parti en exploration de cap en isthmes et franchissant tous les jours de nouvelles distances avec la réalité. Ici, en fait, le parti de droite a réussi à s’arracher à l’attraction terrestre et aux pesanteurs du réel pour aller explorer l’univers du marketing à deux francs, qui s’étend sur de nombreuses galaxies.

A voir le clip, je pense que la sonde, propulsée à une vitesse supra-luminique dantesque, est à mi-chemin entre la Galaxie Chantal Goya et la Nébuleuse de la Starac. Avec son élan, elle devrait atteindre et dépasser rapidement le Pulsar Ségolène, qui marquait pourtant un point fort éloigné dans le N’Importe Quoi Politique à fort pouvoir ironique.

Ici, prenons deux minutes de recul et posons-nous la question : quel est le but de cette réalisation ? Quelle démarche intellectuelle a conduit à la production de ce machin pour lequel tous les superlatifs sont des euphémismes ?  Quel caniche névrotique a pu imaginer une seule seconde qu’une tentative aussi catastrophiquement pitoyable pouvait passer pour un message politique à destination d’un public autre qu’une bande de dégénérés comateux en phase terminale ayant beaucoup trop écouté Christophe Maé ou regardé TF1 en boucle ?

Car en effet, ce bidulotron musicoïde gluant est au départ sensé véhiculer un message politique à destination des gens qui forment ce … comment dire… parti politique groupement stochastique de singletons incohérents. Avec l’argent dévolu aux partis politiques, et donc, payés par vous, joyeux contribuable, des êtres humains en apparence normaux se sont donc attachés à produire ce truc pour faire comprendre quelque chose à ceux qui allaient le regarder.

Or, à moins que le message de l’UMP soit devenu récemment « UMP = rassemblement de clowns qui fredonnent des bêtises au lieu de bosser à sortir la France de la merde dans laquelle elle est », il y a fort à parier qu’il va y avoir un très gros malentendu sur l’interprétation de la vidéo proposée.

Je dis ça, je dis rien.

Mais au final, on a maintenant, avec les deux éléments que j’ai fourni, une image claire de ce que vaut la politique en France : pas plus qu’un DVD d’humoristes en tête de gondole à Auchan.

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