Le pignouf écolo

Le dimanche, c’est l’occasion de petits billets frais et reposants sur l’air du temps, les petits oiseaux qui gazouillent dans les arbres, le soleil, les températures qui remontent et les insupportables bobos obstinément coincés la tête contre un mur, répétant autistement leur mantra anti-CO2 en dépit des protestations massives et répétées de la réalité.

La boboïte lancinante est une maladie dont les développements prennent des années à se déclarer.

Au début, on aime découvrir la planète. On voyage, on prend des photos, on s’émerveille devant les bibelots traditionnels péruviens achetés par containers entiers à Shanghai par le syndicat du tourisme local. L’étape suivante introduit les séances diapos devant des amis parfois concernés, parfois consternés. Les plus mordus franchissent le pallier suivant allègrement lorsqu’en allant chez Carrefour, ils remplissent leur caddie avec plus de 50% de produits bio, fairtrade et éco-conscients.

Il existe ensuite différents types de complications. Une des mineures se traduit par l’apparition dans l’environnement du sujet de cristaux de diverses tailles et de différentes natures visant à resynchroniser les chakras dans leurs plans cosmiques, ainsi que des CD de musique new-âge ultra-planante et qui s’accommode bien des vapeurs parfumées de l’encens bizarre qui cramouille vaguement dans un coin…

Une des formes les plus aigües provoque en revanche le besoin compulsif de produire des reportages en cramant des milliers de litres de kérosène dans divers hélicoptères en hurlant à la face du monde qu’on va tous mourir dans des souffrances abominables et qu’il est temps, plus que temps, de se repentir (fouette, fouette), de se repentir (fouette, fouette), de se repentir (fouette, fouette).

Les cas sont, heureusement, rares. En France, on y retrouve pourtant deux figures de l’écologisme boboïtique dont les ravages dans le paysage audiovisuel et peopolesque français sont profonds : Nicolas-Adolf Ushuaia Hulot, et Yann « Home-Alone » Arthus-Bertrand.

C’est ce dernier qui, resté encore une fois trop longtemps seul, s’est mis en tête qu’il fallait réduire de 10% notre production de CO2 en 10 ans. Au passage, on se demande pourquoi le photographe compulsif ne nous a pas proposé une réduction de 100% de notre production de CO2 en 100 ans. Après tout, ce sont aussi des nombres ronds, et puis, une réduction de 100%, ça claque autrement mieux, non ?

Oui, certes, une réduction de 100%, ça veut aussi dire qu’il faudra arrêter de respirer. Les dernières études dans ce domaine montrent que la perte totale d’oxygénation du cerveau entraîne des conséquences gênantes, mais – et notre bon Yann le prouve tous les jours – on peut fort bien se passer d’oxygéner son cerveau. C’est une simple question d’entraînement.

Et pour en revenir aux vaticinations guillerettes de notre photographe à moustache, sa proposition repose sur une dizaine de points comme faire du vélo, réduire le niveau de chauffage et de consommation électrique, prendre moins l’avion, faire du mangibougisme et grignoter plein de fruits et de légumes – bio of course, faut pas déconner – et moins de viande, éviter les emballages inutiles et « passer plus de temps avec la famille et les amis » afin de « moins consommer« .

Une autre solution, qui consiste à être cryogénisé dans de charmants petits caissons plongés dans de l’azote liquide, n’a pas été évoquée bien qu’elle constitue une alternative possible à la vie normale dans la société actuelle.

Embringuant les politiciens dans ce nouvel avatar d’un niou-âge cosmosynchrone et éco-délicat, il a même réussi à les faire s’engager sur, je paraphrase le vendeur d’assurances de l’UMP, Xavier Bertrand, une réduction de leurs déplacements en avion (!), leur faire faire plus de co-voiturage (!!) et à titre personnel pour ce dernier, à faire plus attention à son alimentation (!!!).

Yann, tu es trop fort ! A en juger la rotondité du Xavier, ce dernier engagement, même s’il n’a probablement aucun impact écologique notable, en aura un très sensible sur les finances du contribuable. Au moins, si l’écologie pouvait forcer les politiques à se tenir tranquille – l’idée du caisson cryogénique revient en force, là – ce serait déjà une bonne chose.

En réalité, on est, encore une fois, en pleine agitation cosmétique agaçante tant parce qu’elle est inutile que bidon puisqu’elle est basée sur des élucubrations fumeuses.

Inutile, parce qu’en pratique, la plupart des gens ont réellement besoin de faire attention à leurs dépenses énergétiques non parce qu’elles ont une empreinte carbone quelconque , mais tout simplement parce qu’en ces temps délicats, rogner dans les dépenses pour ne plus se consacrer qu’à l’indispensable, c’est vital pour la plupart d’entre nous. Je passerai très rapidement sur les scies écoboboïdes du vélo à tout propos, qui ne valent que lorsqu’on est célibataire sans enfants, habitant en centre-ville et y travaillant aussi ; pour toute famille normalement constituée, qui habite à la campagne et travaille à 30 km de là dans la ville la plus proche, qui fait ses courses une fois par semaine, le vélo comme moyen principal de transport représente une aimable plaisanterie (notamment en décembre).

Bidon, parce que, pour les enragés de l’écologie agressivement festive, rien ne semble avoir changé dans les six derniers mois. L’échec cuisant de Copenhague et le Climategate auraient du remettre certaines pendules à l’heure, mais la dissonance cognitive dans lesquels sont plongés les plus ardents défenseurs de Gaïa les empêche de remettre en question leurs positions bétonnées à l’aune d’un socialisme relooké fashion.

Pourtant, même si l’on se restreint aux quelques jours précédents, il y a matière à se poser des questions.

Pour qui s’y intéresse vraiment, on découvre ainsi que la plupart des îles vouées à une disparition certaine (avec des morts, des déplacés climatiques, les flammes de l’enfer et de la culpabilité, et la pénurie de confiture) … ne disparaissent obstinément pas et, pour la majorité d’entre elles, restent stables ou s’agrandissent. Zut, crotte et nature qui ne veut pas faire comme le GIEC a dit.

GIEC qui, d’ailleurs, n’est plus dans les petits papiers de la Royal Society : alors que cette vénérable institution soutenait jusqu’à récemment la thèse selon laquelle le débat sur le réchauffement climatique était bel et bien clos, est revenue en arrière en expliquant doctement que bon ben finalement, il y avait encore pas mal de place pour la discussion et le débat.

Le plus piquant étant que la Royal Society a même décidé de faire conduire une enquête pour déterminer le degré de confiance qu’on pouvait avoir dans les données récoltées à ce jour. Venant de l’une des institutions les plus en pointe dans la propagande écolo, on comprend que ce changement de politique se traduit comme un véritable camouflet envoyé au GIEC…

Petit à petit, les langues se délient et ceux qui, précédemment, se sentaient en position d’infériorité devant les manoeuvres quasi-terroristes des réchauffistes, commencent à émettre un avis éclairé sur l’état réel de la science climatique. Et le constat est sans appel : on n’en sait vraiment pas assez pour déterminer une ligne politique claire.

Ligne politique que définit pourtant, contre toutes ces évidences, le petit Yann et son alter-égo-éco vendeur de shampoings parfumés à la bonne conscience…

Malgré le monde qui change et les opinions qui varient, malgré la science qui n’est plus du tout établie, malgré le débat qui n’est plus clos, nos écolos de combat continuent obstinément leur travail de propagande : Gaïa pleure, nous allons tous mourir, faisons tous de gros efforts pour juguler un non-problème, sautons de l’avion sans parachute, nos parapluies feront l’affaire, allez, go, go, go, dans la joie !

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