L’esquive de la réflexion

En ce jour d’inaction généralisée des salariés d’un secteur jadis connu sous le nom de service public, Jean-François Copé nous propose, dans une de ces interviews pleines de petites phrases à double-sens, une analyse bien particulière de la situation.

L’article du Figaro consacré aux habituelles et prévisibles déclarations du président du groupe UMP à l’Assemblée commence en fanfare avec un titre tout à fait d’actualité : pour Copé, « personne ne peut esquiver la réalité ».

Et c’est donc sous ce postulat audacieux que nous nous placerons pour analyser tant ce qui se passe aujourd’hui, dans les rues de France où des milliers de saucisses vont griller dans des barbecues citoyens, que ce qui se passe aussi sous les dorures d’une Cinquième République qui n’en finit pas d’agoniser.

On pourra tout d’abord noter que notre ami Jean-François est assez culotté pour aller dénicher les poutres coincées dans les yeux des socialistes de gauche, en oubliant – avec la décontraction du cuistre – celles enfichées dans les coins sombres des socialistes de droite.

En terme de déni de réalité, l’ensemble de la classe politique est en effet passée en trente ans du stade de l’oubli partiel calculé à celui de la démence pathologique caractérisée, devant laquelle n’importe quelle Mamie Alzheimer se pose en modèle de logique et de cohérence intellectuelle.

Copé, trop content

Et pour s’en convaincre, il suffit tout simplement de lire les premières réponses aux questions téléphonées (et probablement téléphoniques) du Figaro.

On apprend tout d’abord que, selon Copé et sa vision de la réalité, le report de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans est « la seule attitude possible ». Notant que tous les autres pays ont déjà reculé leurs âges légaux de retraite, il en conclut que la France se devait de le faire elle aussi.

Ici, on est bien sûr dans l’incantatoire, et tout autant que d’habitude, dans l’incohérence.

L’incantatoire, puisqu’en réalité, il ne devrait pas appartenir à l’Etat, en aucune façon, de déterminer pour chaque individu l’âge auquel il doit se sentir suffisamment fatigué pour partir en retraite. De même que l’entrée sur le marché du travail est autant un compromis entre les choix individuels que les possibilités d’absorption du marché, le passage à la retraite devrait en aller exactement de la même façon : l’Etat n’est en rien omniscient et ne peut donc juger, a priori ou a posteriori, de l’état général d’un individu. Le passage en retraite devrait, au final, être un choix exclusivement individuel, mûri en soupesant le besoin, l’envie de rester dans le monde du travail et celui de le quitter avec l’éventuelle et compréhensible, calculable et planifiable perte possible de revenus…

Pourtant, c’est bien à lui qu’on va faire appel pour imposer à tous un âge légal. Copé part donc du postulat que cet Etat a raison de venir s’immiscer dans la vie de chacun. On pourra supposer que l’étape suivante, c’est la date légale de mort, permettant de désencombrer les maisons de repos.

Et l’incohérence, c’est tout simplement en remarquant que les déficits de la branche retraite sont déjà galopants, que les pays européens ont modifié les âges légaux depuis un moment déjà, que la démographie permettait d’envisager le problème depuis des lustres et qu’il n’y a pourtant rien eu de fait. S’appuyer sur les décisions (déjà tardives) des autres pour justifier qu’on prenne, maintenant, le même chemin tortueux, c’est un demi-aveux d’échec du système par répartition : il a foiré chez les autres, ils le rafistolent comme ils le peuvent depuis des années, nous nous devions de les rattraper.

Mais de réflexion de fond, finalement, point : l’échéance indépassable de 2012 pose un rideau opaque sur tout ce qui pourrait bien se passer au-delà; la réforme doit passer parce que bon, c’est comme ça, c’était dans le programme. Que cette réforme soit à la fois basée sur une vision lamentable de la relation entre les citoyens et l’état, qu’elle arrive trop tard et soit, toute analyse faite, ridiculement inappropriée, qu’elle soit, dans les semaines qui viennent, progressivement rabotée jusqu’à ne plus ressembler à rien du tout, peu importe : elle sera passée et pourra être présentée, avec suffisamment de strass et de paillettes, comme un succès notoire, tout comme serait une réussite pour un proctologue l’introduction d’objets invasifs très larges et parfaitement inutiles sans déclencher de couinements du patient.

On a vu plus glorieux.

Copé, un politicien qui inspire confiance.

Et cette impression d’inconséquence et d’improvisation complète est confirmée dans les quelques paragraphes qui suivent : à un projet étudié et mûri sur une analyse construite intelligemment, on a troqué celui basé sur un slogan, fabriqué à renfort de moraline sur le précédent bien connu (« Travailler plus pour gagner plus »), pour nous en proposer une version qui, soyons clair, sent un peu l’urine : « Travailler mieux pour gagner plus ensemble ».

On pousse ici la langue de bois et le groupisme cher aux socialistes de tous crins à son paroxysme : il ne s’agit plus de travailler plus, mais mieux, avec tout ce que ce flou peut recouvrir, et on ne gagne plus que si on le fait ensemble, parce que toussenssemblonpeutyarriver, gna gna gna. Désolé si ça colle un peu, mais c’est le principe des slogans gluants.

Bref : toute réflexion sur la nature même des retraites par répartition, sur une alternative totale ou partielle, sur une reprise en compte de la responsabilité individuelle, toute étude de ce qui existe dans les autres pays, de ce qui fonctionne, de ce qui a été vraiment fait, tout ça aura bien vite été écarté.

Copé pourra donc se consacrer à proposer de dynamiter l’UMP, pardon, le dynamiser, étudier les turpitudes de Woerth dont – soyons bien clair – tout le monde se fiche, et partir dans des considérations et des petits bisous sur les fesses de Juppé (dont le pantalon n’est toujours pas remonté depuis les grèves de 1995).

Pendant ce temps, la syndicratie – qui peine à rassembler 10% des salariés – montre ses petits muscles dans la rue, dans laquelle défileront tout ce que le pays compte de personnes pour qui la répartition (des richesses, des retraites et des responsabilités) constitue l’alpha et l’oméga de la pensée, tant qu’il s’agit de l’imposer aux autres et de se ménager ses propres portes de sorties.

Autrement dit, à l’insolente absence de réflexion, proposée par un Jean-François totalement conquis par le modèle de société français, répond l’immensité du vide sidéral de la réflexion du groupe habituel de pleureuses françaises, faisant violemment savoir qu’ils ne veulent aucun changement de leur modèle de société, en ponctuant le tout des cris traditionnel sur le mode « A mort les riches » en mode édulcoré pour ne pas effaroucher le bourgeois.

En ce 7 septembre 2010, la France sera donc paralysée par la grève, et continuera à rester totalement paralysée dans ses non-réflexions stériles, aux cadres rigides définis il y a plus de 60 ans dans un contexte historique maintenant complètement dépassé dans lequel même le formica ferait furieusement futuriste.

Ce pays est foutu.

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Commentaires47

  1. Sanksion

    ‘Le passage en retraite devrait, au final, être un choix exclusivement individuel, mûri en soupesant

    Manque un bout de phrase, non ?

    Bon billet 🙂 Je l’attendais.

    D’ailleurs, a propos de rien, les articles aujourd’hui de nos fleurons quotidiens du journalisme francais, sont assez droles.

    1. Oui, il manquait :  » le besoin, l’envie de rester dans le monde du travail et celui de le quitter avec l’éventuelle et compréhensible, calculable et planifiable perte possible de revenus… »

      C’est ajouté. Merci 🙂

  2. The-Black-Doll

    2012 s’annonce comme l’armaggeddon, je ferais mieux de préparer mes bagages avant qu’il ne soit trop tard et que tout explose…

    1. Flo

      Oui il y a quelques jours sur RMC il défendait Woerth après son aveu de la lettre pour proposer DeMaistre à la légion d’honneur en disant :
      « Pourquoi n’en a-t-il pas parlé aux enquêteurs? Eh bien il l’a expliqué. Il avait oublié tout simplement. »
      La gars il paraît qu’il est avocat. Imaginons un procès où il irait défendre son client avec une telle argumenation.
      Le client serait lourdement condamné et lui frisearit dangereusement l’outrage.

  3. Before

    Une question en passant (si ce n’est pas trop hors-sujet) : Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer la différence entre le Préfon retraite et une autre complémentaire standard ?
    Et avec une assurance vie classique ?
    (mis à part le fait que c’est réservé aux fonctionnaires)
    Merci

    1. Winston (l’un)

      Tu ne peux pas retirer ton argent en une fois de la Préfon. Tu es obligé de le percevoir sous forme de rente.
      En échange tu as la garantie d’une rente à vie quelle que soit ta capitalisation.

      Par exemple, si tu as 30 ans et que tu payes 150€/mois pendant 35 ans, tu toucheras 400€/mois jusqu’à ta mort.
      Si tu meurt à 90ans, ça fait 132 000€ de perçus pour 63 000€ cotisés.

      Pas terrible comme rendement en fait…

    2. Herstal

      peut être que l’un des deux a une association de défense de ses victimes…
      http://urcentrecfecgc.over-blog.com/article-19001401.html
      alors on résume : soit on se décide à faire respecter l’héritage du CNR et on choisi d’arbitrer le partage capital/travail équitablement.
      ou alors on détermine une individualisation de la prévoyance retraite ; mais là c’est une autre paire de manche, parce que pour que cela ait un sens il faut reprendre le contrôle de la création monnétaire pour permettre le transport de la valeur du capital à travers le temps… pas gagné.

      1. Le plus simple consiste à rétablir l’étalon-or, arrêter le monétarisme, et free-banking à tous les étages (ce qui signerait probablement la fin du système à réserve fractionnaire). Evidemment, pour les élites qui nous gouvernent et ne comprennent rien à l’économie, c’est à la fois impensable et surtout, c’est signer leur arrêt de mort.

        Quant à l’arbitrage capital/travail, rien de tel que laisser les individus faire cet arbitrage tout seul comme des grands. Il n’y a guère que les socialistes pour les considérer tous comme de grands enfants débiles.

        1. jennifer

          «  »Evidemment, pour les élites qui nous gouvernent et ne comprennent rien à l’économie, » »

          alors que si c’etait toi, tu rendrais tous les gens heureux dans le meilleur des mondes tellement tu es intelligent.

          Evidemment. Et encore, ce serait sans me forcer. J’en ai sous le pied.

      2. Théo31

        « soit on se décide à faire respecter l’héritage du CNR »

        Le système de retraite par répartition français ne doit rien au CNR. C’est le régime de Vichy qui l’a instauré en avril 1941.

  4. Winston (l’un)

    « Travailler mieux pour gagner plus ensemble »

    Traduction :

    « Toi, ameliore ta productivité afin que d’autres profitent de la redistribution ».

  5. Flak

    c’est marrant que jamais aucun francais n’y entrave rien, quand ils se prennent tous pour des gros intellos plus intelligents que la moyenne.

  6. Martine

    La plupart des régimes spéciaux ont revu leurs « points » à la baisse avec augmentation du nombre d’années de cotisations il y a environ deux ans. ^^^
    Et voui, quitte à aller regarder chez le voisin autant etre curieux de A jusqu’à Z

    1. Peut-être mais ce sont toujours des régimes spéciaux. S’ils ne sont pas si spéciaux, autant appliquer le régime général pour tous, non ? On se demande pourquoi certains se battent, font grève et trépignent pour les garder.

  7. Martine

    Ils sont dits « spéciaux » car à l’origine créés pour des travailleurs à espérance de vie limitée, grace  » l’ égalitarisme » ils ont été étendus à l’ensemble des salariés des entreprises publiques et fonctionnaires.
    Expl: chez EDF pour les intervenants sur les lignes haute tension qui connaissent des conditions de travail bien différentes de celui assis dans son bureau, non?

    1. Higgins

      Le problème, c’est qu’à EDF, ils sont très nombreux dans les bureaux et de moins en moins à travailler sur les lignes. Les avantages sociaux y sont tels qu’EDF sous-traite énormément de chantier au privé (ex: à Spie-Batignolles). Ça lui coûte moins cher et les chantiers sont traités dans les temps! Conséquences directes: frustitude profonde des agents de base qui ne comprennent pas, rétropédalage incessant de la hiérarchie intermédiaire (ce qui nuit fortement à la productivité des premiers), arrêts maladie à répétition. L’important est que le CE et le syndicat maison vivent bien. EDF est l’exemple parfait du vrai-faux succès à la française et où la m… du chat est savamment dissimulée.

    1. Flo

      Merci beaucoup pour ce lien.
      Fascinant.
      En faisant une petite recherche sur le président de cette association on remonte toute la litse du corps des administrateurs de l’INSEE.

      Deux choses interpellent (pas le temps d’analyser le contenu de leurs contributions mais à première vue ça à l’air de tirer à peu près dans le même sens):

      – la quasi unicité des cursus : X / ENSAE / INSEE

      – les très hautes fonctions excercées par ces personnes auprès des plus hauts dirigeants poltiques droite et gauche confondues. Il est d’ailleurs piquant de voir ces personnes critiquer un Etat qu’ils contribuent fortement à façonner.

      Peut-être une piste pour comprendre comment nous en sommes arrivés là?

      1. higgins

        Les origines de la technocratie d’état sont à rechercher dans l’immédiat avant-guerre avec des organisations comme la Synarchie ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Synarchie , surtout la partie à la Synarchie, société secrète) et le groupe X-CRISE ( http://fr.wikipedia.org/wiki/X-Crise ) qui adopte plutôt une adopte plutôt une approche planiste antilibérale !!! Le véritable essor de cette technocratie a eu lieu sous … Vichy car le gouvernement avait à faire face à des problèmes incommensurables après la défaite. Jean Bichelonne ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bichelonne ) en est le représentant emblématique.

        Quoique puisse en dire nos (ir)responsables politiques actuels, ils sont bien plus les héritiers de ce dernier que les héritiers putatifs du CNR !!!

  8. VRP

    Dans toute l’Europe ce système s’effondre, qu’il soit à 60 ou 67 ans, mais en France on est bien plus retardés que les autres…

    J’adore la beauté de ce système « social » qui a été instauré par Pétain en pleine guerre 🙂

  9. Cultilandes

    On présente cette « réforme » comme concernant les seuls salariés, alors que les non-salariés sont tout autant concernés! Mais la parole n’est donnée qu’aux syndicats de salariés.

    1. Stéphane

      Non la mort programmée c’est dans L’Age de Cristal (Logan’s Run). Soleil Vert c’est pour le recyclage éco-citoyen, nuance 😀

      Sinon, j’aime entendre les déclarations gouvernementales comme quoi la réforme des retraites ne résoudra qu’un tiers de l’ardoise. En gros, la retraire par répartition à 62 ans, on se bat, on se tape des grèves, on fera un petit bras de fer (oh, tout rikiki, hein, vous allez voir comment ça va lâcher du lest grave!) et à la fin on aura résolu 30% du problème.

      C’est pour laisser la patate chaude aux socialos en 2012?

      1. Flo

        Mais euh vous n’êtes pas drôle.
        Il faut bien qu’on se ménage quelques grèves pour plus tard. Si règle le problème d’un coup que vont faire les syndicats français après?

  10. Alex6

    On oublie aussi de dire que le montant des versements baissent dans l’absolu pour les retraites d’aujourd’hui, puisque les taxes augmentent. Et ce, meme pour les fonctionaires.
    Ceci est donc un message a encadrer pour les moins de 40ans aujourd’hui (et je suis tres optimiste):

    « CONSIDEREZ QUE VOUS N’AUREZ PAS DE RETRAITE DU TOUT ET COMMENCEZ A LA PREPARER VIA VOTRE PROPRE CAPITALISATION SELON VOS MOYENS »

    D’ici 20 ans au mieux (je pense que ca arrivera bien avant), l’age legal du depart a la retraite sera bien au-dessus de 70ans et le montant des pensions bien en-dessous du necessaire pour survivre, peut-etre a peine un equivalent rmi.

    L’option pessimiste, que je serais enclin a prendre car tres probable a moyen terme, serait la cessation de paiement de la France et l’explosion du taux de sa dette. A ce stade, aucune manif’ ne sera suffisante a stopper la chute vertigineuse des depenses de l’etat et a un moment les retraites seront sur la liste. Les jeunes d’aujourd’hui, deja bien pauvres car mal payes quand ils travaillent, verront leurs situations devenir carrement catastrophique quand ils seront vieux. C’est clairement le sacrifice d’une generation pour une autre, celle des babyboomers qui auront profite du systeme jusqu’au bout. Merci a eux.

    1. Stéphane

      Tout à fait. C’est marrant de voir les syndicats instrumentaliser les jeunes pour qu’ils défendent un système promis à la faillite bien avant qu’ils n’en profitent.

      Ca me rappelle les dindes qui votent pour Noël! 🙂

      D’ici vingt ans (probablement moins) La seule retraite que les gens pourront espérer sera ce qu’ils auront mis de côté. C’est la capitalisation manuelle. Mais mieux vaudra choisir intelligemment ses placements, parce que l’Etat Français aux abois va devenir très prédateur sur l’épargne…

  11. higgins

    Un très bon article sur Causeur: http://www.causeur.fr/la-vie-derriere-soi,7332

    J’en extrais ce passage:

    Dès lors, le système actuel de répartition est intenable, à moins de paupériser les vieillards, de déposséder des fruits de leur labeur les actifs ou de faire reposer sur les générations futures, comme nous le faisons aujourd’hui, notre propre inconséquence.

  12. Flo

    Et pourtant ils réfléchissent et comptent (très) vite :

    http://lci.tf1.fr/filnews/economie/retraites-le-disposif-annonce-par-sarkozy-coutera-environ-un-6061420.html

    Une réforme pas encore discutée au parlement, déjà amendée (pas assez pour les syndicats) par le boss en réponse aux manifs et on sait déjà combien va COUTER l’amendement présidentiel et donc nous rapporter à nous heureux contributeurs : 1 MYARD!

    Pendant ce temps la cour des comptes dirigée par un PS dit « tout ça est bel et bien bon mais 2018 c’est trop loin, c’est tout de suite qu’il faut intervenir beaucoup plus énergiquement ».
    En gros trouver des solutions pour régler un tiers du problème de dans dix ans c’est bien, mais n’oublions pas de trouver des sous pour payer les retraites de cette année.

  13. Pezz

    Oh le beau ! Je le laisse, in extenso, à la sagacité de mes lecteurs habituels, parsemé de quelques unes de mes remarques. Un délice.

    Que de mensonges ! Encore une fois, on occulte une parti de la vérité, comme pour le soit disant trou de la sécu obtenue suite à la manipulation et falsification de chiffres et de non-versements de financement.

    Oui oui, et la marmotte qui fait des dettes l’enveloppe dans du papier d’alu.

    Pourquoi on ne fait pas participer le capital dans ces retraites ? Pourquoi ce sont toujours les mêmes qui payent pendant que d’autres sont exonérés ? Pareil que si l’ont ne virés pas comme des malpropres des tas de fonctionnaires, il y aurait peut être moins de chômage.

    Poussons ton raisonnement plus loin, mon cher : mettons tout le monde fonctionnaire. Et ainsi, plus de chômeurs ! On dirait … on dirait … on dirait un système totalitaire bien connu. Au passage, bravo pour l’orthographe créative.

    En favorisant l’emploi, notamment chez les jeunes où il y a 29% de chômage (chez les moins de 30 ans), en comptant les années de stages, de formation et d’études dans le calcul des annuités de cotisation, en augmentant les salaires.

    Et pour favoriser l’emploi, il suffit de décréter tout ça. Pouf. Loi magique, et hop, ça repart comme en 40. Ou en 36, disons. En Allemagne, mettons.

    En ne se focalisant pas que sur les cotisations salariales pour financer les retraites, mais aussi en trouvant l’argent où il se trouve : suppression des 33 millions d’euros d’exonération de charges patronales par an, suppression du bouclier fiscal. Contribution des revenus financiers, etc.

    Avec 33 miyons, on va loin. Pour rappel, le trou des retraites, c’est des dizaines de milliards.

    100 000 emplois créés = 2 millions d’euros de cotisations

    Et tu les crées où, tes emplois ? Dans l’administration ? Dans l’armée ? Moui. Mais les cotisations salariales de salaires payés par l’état … c’est comptablement inexistant. Et si tu les crées ailleurs, sur le marché productif, … il faut vite nous expliquer comment tu fais. Pour rappel, il faut aussi payer les années de stage, de formation, d’étude, et augmenter les salaires, hein. L’équation risque d’être pénible à résoudre.

    Avec près de 5 millions de chômeurs, fais le calcul, ça fait beaucoup d’argent pour les retraites.

    Moi, je dis, allons plus loin : faisons 10 millions de chômeurs (facile, appliquons ce que tu proposes). Avec ces 10 millions de chômeurs, tout ton calcul devient 2x plus juteux ! Bingo ! L’étape d’après, c’est de viser 20 millions de chômeurs. Et là, on fait x4 ! Yahoo. Et ensuite, le monde nous appartient. Exponential Powaaaaaa.

    Les gens aiment prendre l’exemple de l’Allemagne où les gens prennent en moyenne leur retraite vers 65 ans. On oublie de préciser qu’en Allemagne, 35 ans de cotisations suffisent à avoir une retraite à taux plein.
    Je croyais que le but du capitalisme était d’améliorer nos conditions de vie ?

    Ben tu croyais mal. C’est normal, tu n’as aucune culture. Le capitalisme, c’est pas ça. Du tout.

    Je vois pas comment se serait le cas avec cette réforme : travailler plus longtemps pour gagner moins. Si on allonge le temps de cotisations, sachant que les gens ne travailleront pas plus longtemps (à partir de 55 ans un actif sur deux ne travaille déjà plus), et que même si cela arrive, c’est l’emploi des jeunes qui en pâtira. Je disais donc, en allongeant le temps de cotisation, il faudra partir plus tard encore pour avoir une retraite convenable.

    Ecoute, c’est pas grave : content ou pas, tu vas te faire trouilloter l’anus. Tu vas non seulement cotiser plus longtemps, mais ce sera pour une non-retraite pendant que tes vieux, eux, en auront largement profité sur ton dos. Et les syndicalistes aussi, bien sûr. Souris, tu es baisé. Fais au moins semblant d’y prendre plaisir 🙂

    Pour finir, l’argument du « on vit plus longtemps, on a qu’à travailler plus longtemps » est illogique, c’est un sophisme comme le gouvernement aime en employer pour la comm’ (« Travailler plus pour gagner plus »). Si on vit de plus en plus longtemps, c’est peut-être justement grâce au système social français : sécurité sociale, santé, éducation, retraite, choses que le gouvernement actuel est en train de casser peu à peu.

    Poussons là encore ton raisonnement : travaillons encore moins, puisque ça semble être une voie d’avenir. Mettons, hummm, disons 2 ans. Et après, paf retraite. Ca le fait. Je signe.

    De plus, le rôle et l’objectif de la politique et de la société est d’améliorer nos conditions de vies,

    Bisounoursland strikes again. Terrible.

    c’est d’avancer, pas de reculer. À quoi bon vouloir travailler plus longtemps, alors même qu’il existe des solutions pour travailler au moins autant de temps. Pour rappel, le système de retraite a été mis en place à la fin de la deuxième guerre mondiale, alors que nous étions en pleine crise économique. Pourtant on a su les financer jusque là.

    En pillant les retraites par capitalisation qui existaient alors. Et pour ta gouverne, la retraite, c’est 1941, Vichy & Pétain. Bravo.

    Et puis en 81, nous sommes passés de 70 à 60 ans (pour l’âge légal de départ à la retraite), pourtant à cette époque aussi on vivait plus longtemps qu’avant.

    C’était 65 et pas 70. Mondieumondieumondieu.

    Bref, cette réforme, cette réforme là hein (parce qu’il en faut une, mais une autre), n’est qu’un projet de casse du système par répartition, une volonté politique de démembrer gentiment le système social français tout en imposant aux français déjà majoritairement dans la merde, une mesure d’austérité comparable aux réductions d’effectifs dans l’Education Nationale ou dans la santé, supprimant des milliers d’emplois (belle image de la volonté que les français aient de meilleurs retraites…), des écoles et des hopitaux (fermant par là même des centaines de centres IVG, remettant donc en cause le droit à l’avortement).

    Tu as oublié le petit cheval. Sa mort, dans d’atroces souffrances, sera relatée au 20H ce soir.

    « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons » disait Victor Hugo.

    Il a aussi écrit « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ». Pourtant, il est mort. Comme quoi …

    En ce moment, c’est tout l’inverse, on ferme des écoles et on ouvre des prisons. Le pire dans tout ça comme dirait Coluche, c’est que ces gens là le font exprès. Tout ce qu’ils font, ils y réfléchissent ! C’est ça le malheur de notre temps, que la bêtises se soit mise à penser.

    Heureusement, toi, tu écrits sans réfléchir. Ça compense un peu.

    1. higgins

      Yaka, Ifokon, Isonca sont, à vous lire vos penseurs préférés. Libre à vous. Je ne vois pas au nom de quoi le kapital financerait le socialisme français.
      Pour votre info, le système par répartition date de 1941 (« Le décret loi du 14 mars 1941[10] du régime de Vichy créé l’AVTS, premier étage du minimum vieillesse, et une pension de retraite par répartition pour les assurés du commerce et de l’industrie et les professions agricoles dans le cadre de la « Révolution nationale ». Elle est mise en place par René Belin, ancien dirigeant de la CGT devenu ministre du Travail du régime de Vichy. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Retraite_par_r%C3%A9partition ).
      Comme le dit très bien Muray dans « Festivus Festivus » (Flammarion, collection Champs essai, page 10): « L’homme de gauche est le dealer universel de cette humanité en sécession d’humanité.: il ne peut subsister que s’il accroît sans relâche sa clientèle de malades, qu’il rencontre le soir au coin des rues du nouveau monde et dont il augmente de manière systématique les doses de protection sociale et de destruction sociétale par lesquelles il s’assure la fidélité à toute épreuve d’une population ainsi refaçonnée à son mirage et convenance, pour ainsi dire recréée , et en tout cas sans guère de points communs avec les humanités précédentes. »
      Pour plus d’informations quant à la dimension particulièrement néfaste du socialisme, je vous renvoie à Bastiat (les Pamphlets chez Acte sud ou encore http://bastiat.org/fr/ .)
      Je me refuse, comme notre hôte ou la majorité des commentateurs de ce blog, à devenir un Homo taxatus pour complaire aux tenants d’une idéologie dont la nocivité n’est plus à démontrer et qui ruine notre société. D’ailleurs ceux qui pètent le mieux dans la soie sont tous au PS ou survivent péniblement avec 5000 euros par mois comme un certain facteur.

    2. VRP

      « comme pour le soit disant trou de la sécu obtenue suite à la manipulation et falsification de chiffres et de non-versements de financement. »

      Attends… T’es sérieux ? Tu crois vraiment que il y a pas de dette en France, que c’est du truquage illuminati. On est vraiment dans bisnounoursland.

    3. Wildhoney

      Encore une fois, on occulte une parti de la vérité, comme pour le soit disant trou de la sécu obtenue suite à la manipulation et falsification de chiffres et de non-versements de financement.

      => c’est vrai qu’une partie de ce qui devrait être reversé à la sécu ne l’est pas, mais cet argent est utilisé ailleurs. Si on reversait à la sécu tout ce lui est due, on se retrouverait avec des trous dans d’autres secteurs.

    4. Flo

      Flûte vous m’avez coupé le « momdieumondieumondieu » sous le pied.
      Bon notre ami à tendance marxiste confond un peu les myions et les myards (« 33 millions d’exonérations » soit le CA d’une PME de disons…100 personnes, « 100000 emplois 2 millions de cotisations » soient 20 € / cotisant). Dire qu’il pourrait avoir 1000 fois plus que ce dont il a besoin pour redresser tout le bazar et qu’il ne le sait pas!
      Oserai-je pronostiquer qu’il n’a jamais entendu parler de l’effet Lafer?
      Tiens je préfère encore lire les pensées de Nicolas Boukharine (il faut bien lire de temps en temps ce qu’ont écrit les « camarades » d’en face pour se faire une idée).
      Tout en restant certain que son système triompherait, « l’enfant chéri du parti » (dixit Vladimir Illitch Oulianov) fit preuve d’un peu de lucidité tardive avant d’être liquidé par son copain le petit père du peuple.

  14. VRP

    « aux cadres rigides définis il y a plus de 60 ans dans un contexte historique maintenant complètement dépassé dans lequel même le formica ferait furieusement futuriste. »

    Dans le même genre, l’ONU qui garde ses structures de 1945.

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