Et biento le doctora pour tousse

Le monde n’est vraiment pas bisounours ! Pourtant, tout avait bien commencé : dès la maternelle, on avait mis en place les structures nécessaires à l’épanouissement de tous les enfants….

Par la suite, au cours préparatoire, puis élémentaire, puis moyen, tout avait été fait pour qu’aucune frustration, aucune contrariété ne vienne briser l’élan des créateurs et des artistes qui se réveillaient dans chacune des petites têtes blondes ou pas. Les normes poussiéreuses abolies, débarrassé des références du passé, se lançant à l’assaut de la vie muni de nouvelles approches, tout un corps enseignant découvrait les joies de méthodes alternatives où le signifié devait enfin remporter la lutte sur le signifiant : la quête du sens, de la découverte et de l’expression de soi commençaient et permettaient d’ouvrir tout un champ de possibles chamarrés et de créativité renouvelée, avec des référentiels bondissants et des apprenants impliqués dans la construction de leur apprentissage.

Le but, avoué, était d’appuyer sur les conceptions des apprenants pour construire un savoir savant. Dans ce cadre, l’enseignant devait analyser les conceptions initiales des apprenants, généralement divergentes, pour ensuite organiser une confrontation entre les élèves qui donnait lieu à un conflit sociocognitif au terme duquel il pouvait proposer un tableau détaillant ce sur quoi les apprenants étaient d’accord, pas d’accord ou encore en cours de questionnement intérieur. V’m’suivez ?

Faisant fi des remarques aigres de vieux croûtons empierrés dans un autre siècle, on désigna de nouveaux buts : non seulement, il n’était plus question de laisser personne sur le bord de la Route de l’Éducation, mais on devait de surcroît amener tous et chacun sur l’autoroute du Savoir Universel.

On admettait, tout de même, qu’une proportion incompressible de crétins personnes ne pourrait se retrouver dans le nouveau système éducatif, et c’est probablement pour cela qu’on ne fixa que 80% de réussite d’une classe d’âge au baccalauréat, permettant ainsi deux concessions : 20% d’élèves sans ce sésame, au maximum, et surtout, admettre qu’une épreuve, terminale, sanctionnerait le parcours flamboyant des petits artistes, scholéronautes des temps modernes.

Il fallut du temps, de la sueur, de l’abnégation pour aboutir à ce résultat qu’on disait jadis intouchable, mais bientôt on se rendit à l’évidence : tous les ans, la prouesse se renouvelait et de nouveaux bacheliers, aux savoirs précis, pointus et longuement affûtés sur les meules expertement maniées de méthodes éprouvées, sortaient des lycées pour venir s’agglutiner mollement vigoureusement sur les bancs de nos facultés.

Le pari était gagné.

Las.

Comme je le disais en intro, le monde n’est pas bisounours et ne s’est pas laissé faire. Zut et crotte.

Après 30 ans de principes débiles, de conseils foireux, de principes éducatifs mal foutus, la perpétuation forcenée de la méthode globale et la relégation de la lecture, de la grammaire et de l’orthographe au rang de monstruosités antédiluviennes honteuses, on se retrouve … avec une belle bande d’illettrés cosmiques sur les bras dont la production littéraire est si faible qu’elle en vient à inquiéter ceux-là même qui en sont, peu ou prou, la cause.

Cafetière orthographique

Eh oui : de nos jours, une proportion alarmante d’étudiants arrive en Faculté avec une orthographe tout simplement incompréhensible, et une culture générale qui laisserait pantois même un journaliste, au point par exemple de croire que sporadique veut dire « drogué du sport », ou qu’un homicide est un « meurtre à domicile ».

À la limite, on pourrait se dire que ce constat ne devait pourtant pas obérer la carrière des étudiants puisqu’après tout, ils compensaient leur manque de conformisme littéraire avec une créativité et une liberté de ton supérieure… Moui.

Mais non. Pour un informaticien, ça passe déjà limite, alors pour un juriste, c’est carrément niet. Et les facultés françaises ne peuvent pas toutes former des peintres, des clowns ou des chanteurs… En effet, comme le remarque Bruno Sire, de la faculté de Toulouse-Capitole :

« À ce niveau d’études, les lacunes que nous constatons ne sont plus acceptables. Notre but, c’est d’en faire des juristes capables de rédiger des contrats. Que diront les entreprises de nos étudiants s’ils sont illisibles ? »

On imagine le désastre dans les professions littéraires ! Des avocats s’exprimant n’importe comment, rédigeant des contrats dans un sabir dans le voisinage d’un Français de ghetto, ou des journalistes se répandant dans des articles flous, aux structures grammaticales hardies voire ambiguës ! Pour le coup, la prose morne à pleurer d’un Joffrin de Libération deviendrait une confection littéraire de haute volée.

Certaines universités, ne se résolvant pas à laisser le champ libre au n’importe quoi, se sont donc décidées à évaluer le niveau de leurs étudiants et à proposer des (re)formations aux plus embarrassants embarrassés d’entre eux.

On peut sourire devant le constat d’échec cuisant du 80% d’une classe d’âge avec le bac prôné par l’un de ces frétillants crétins jadis en charge de l’Edulcoration Nationale, ou devant la déroute lamentable des cuistres innovateurs planqués dans les IUFM ou derrière les radiateurs douillets de l’Inspection Nationale.

Malheureusement, ce sourire ne durerait pas.

Je passerai pudiquement sur le coût pharaonique de cette expérience catastrophique sur plusieurs générations d’élèves. La France commence simplement à en découvrir l’étendue mais la réalité est abominable : des dizaines de milliards d’euros furent claqués pendant des années pour former des illettrés incultes, aux raisonnements approximatifs ou faux, auxquels on aura fait croire que le bout de papier sur lequel était inscrit leur premier diplôme universitaire avait une valeur (un peu comme avec le papier monnaie, mais l’illusion aura duré moins longtemps).

Ce qui inquiète, c’est qu’à l’heure où j’écris ce billet, certains de ces semi-illettrés à l’orthographe fantaisiste et aux raisonnements fondés sur les enchaînements de slogan CGT ou FSU enseignent dans des classes pleine de nouvelles têtes blondes toutes fraîches… Et ce sont souvent ces rigolos à l’orthographe pathétique qui expliqueront doctement que la méthode globale, non non, n’est plus en vigueur, et qu’on l’a remplacée par la méthode traditionnelle (syllabique) mâtinée comme il se doit des enseignements riches tirés de l’expérience passée (i.e. le désastre en cours).

Et pour les trolls : je ne dis pas que tous les profs sont des illettrés, mais que certains d'entre eux le sont et qu'ils transmettent maintenant fiévreusement leurs non-savoirs et leurs non-méthodes, sans personne pour dire stop.

stop sotp

Car oui, pour l’avoir moi-même constaté (et le constater encore actuellement), cette putain de merde de méthode globale (qui, effectivement, convient bien à 2% de la population et cause la confusion chez 98% restant) continue d’être utilisée, chastement cachée derrière un peu de syllabique pour ne pas effaroucher les parents scrutateurs.

Car oui, le niveau du bac est bel et bien toujours en train de baisser : il est loin le temps où deux fautes par page de copie valait plusieurs points en moins sur le résultat. Actuellement, ce taux de fautes est considéré comme une performance. La capacité à aligner un raisonnement construit et argumenté est de moins en moins mise à l’épreuve.

Et très concrètement, il suffit de lire les journaux pour voir arriver, renouvellement des générations oblige, un niveau orthographique de plus en plus médiocre dans les articles pondus quotidiennement, avec des fautes basiques (participe passé et infinitif mélangés ou torturés) ou un style déplorable.

Enfin, ce qui inquiète par dessus tout, c’est que le cri d’alarme vienne des Universités et que ce soit elles qui se mettent à faire de la (re)formation. Oh, certes, on a pris conscience, au Ministère, du petit souci, et on sait qu’il va falloir y remédier à la base. Un jour.

En attendant, des heures de facultés sont dévolues à faire ce qu’on aurait normalement appris au CP, CE et CM.

Rassurant.

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Commentaires60

  1. klopinambour

    l’éducation nationale en est venue à inventer la « notation positive » pour les dictées (je voulais dire: la notassion pozitive pour l’édicter): si certains mots jugés « difficiles », comme « Conard » ou « Cannard », sont écrits correctement, alors l’élève a un point. C’est ainsi que des dictées absolument illisibles peuvent se retrouver avec des notes supérieures à la moyenne.

    C’est cette génération de jeunes illettrés qui recèle les futurs dirigeants politiques de demain. « On est mââââl ».

  2. Higgins

    Constat terrible mais au combien juste. Les universités tentent de s’en sortir en offrant des formations spécialisées auxquelles seuls ont accès des étudiants sélectionnés sur dossier (classe de 30 personnes max, rythme environ 40 heures/semaine). Un bac obtenu maintenant avec moins de 12 de moyenne ne vaut strictement rien, l’idéal étant d’avoir au moins 14. Je ne parle même pas de ceux qui l’ont au rattrapage. Une preuve que le niveau monte? C’est qu’il n’y a jamais eu autant de mention bien ou très bien alors que ces mentions étaient exceptionnelles il y a trente ans. En fait, la grille de lecture s’est simplement déplacés vers le haut!!!
    Les frustitudes croissant, parce qu’il est dans la logique du socialisme (de droite comme de gauche) de les générer, je suis très pessimiste quant à l’avenir. Entre faillite générale, paupérisation rampante, indignation systémique et colérique et grèves à répétition, notre pays est bel et bien rentré (et ancré) dans une spirale de l’échec dont je vois mal comment nous pourrons en sortir. CPEF!

  3. Olaf’

    Mon Dieu mon Dieu, H16 maîtrise parfaitement la novlangue de l’éducNat ! On est mal !
    Blague à part, vivement que tout cela s’effondre…

  4. Flo

    Voua avez remarqué que l’article du Parisien parle surtout des littéraires (+sciences humaines et droit).
    Faire faire une « dictée de 10 minutes » pour évaluer l’orthographe de jeunes qui prétendent démarrer des études supérieures littéraires!
    Bon d’un autre côté je parlais il y a quelques jours avec un prof d’électronique au niveau license qui me disait devoir faire des cours de maths de niveau seconde avant de pouvoir attaquer sa propre matière.
    Oui mais il faut comprendre aussi, le maths c’est dur et l’enseignement supérieur reproche aux lycées de dégouter les jeunes trop vite et de les détourner des carrières scientifiques.
    Ainsi ceux qui font un « bac S » (comme si cela suffisait pour être un scientifique) ne s’engageraient pas en assez grand nombre par la suite dans des études scientifiques longues.
    Conclusion en seconde en cette année de nième réforme il a été décidé de soulager encore un peu le programme de maths et surtout d’aborder la physique/ chimie sous l’aspect « thématique » (médicaments, sport et univers).
    Ca fait furieusment penser à la méthode globale appliquée aux sciences. Le plus rigolo c’est qu’en creusant un peu on voit que les notions « de citoyen éco-responsable » et du « vivre ensemble » sont allées se nicher jusque dans les manuels destinés aux enseignants en sciences physiques.
    La première S suivra le même chemin l’an prochain laissant à la seule terminale le soin de donner aux lycéens les connaissances « dures ».
    Il y aura forcément des pleurs et des grincements de dents et beaucoup de « jeunes déçus ».

    1. Mr T

       » Le plus rigolo c’est qu’en creusant un peu on voit que les notions « de citoyen éco-responsable » et du « vivre ensemble » sont allées se nicher jusque dans les manuels destinés aux enseignants en sciences physiques. »

      Ah mais complètement, c’est juste une évolution logique. Ca dépassait déjà le cadre de l’histoire-géo et de l’éducation civique à mon époque, au collège on apprenait déjà en SVT qu’être raciste c’est très maaal, parce que le racisme est non scientifique, cours, chapitre dans le bouquin, et tout et tout. Au lycée, toujours en SVT je n’ai pas pu échapper à la propagande du changement climatique et de l’effet de serre.

    1. Flo

      Merci. « Le maths » fote de frap. « License » a cose du passage sens aré du francé à l’anglai puis à l’amerlok…
      Puis oci pa facil de ce relir dans le ptit caré ou c’est con écri lé comantères.

  5. Sibille Christophe

    « A la fin du commentaire », pardon.
    Pour l’auteur de l’article: l’expression: « basé sur » n’est pas correcte; il faut dire: « fondé sur ». Merci.

  6. ANT1

    Il n’y a qu’a regarder les annales du BAC ou du brevet pour se rendre compte qu’au fil des ans, ces epreuves sont devenues de plus en plus faciles.
    Donnez un probleme de math du BAC 1980 a des bacheliers de 2010, si 5% arrivent a le resoudre, ca serait deja pas mal.

    1. Théo31

      J’avais été effaré il y a de cela une dizaine d’années d’avoir vu la sacro-sainte dissertation en Histoire-Géographie supprimée au profit d’une sorte de commentaires-questions de documents.

  7. Didier

    Je me souviens avoir été en classe de troisième l’année où le Brevet des Collèges avait été réintroduit, en 1986. Sans aucune référence sur les années précédentes, les sujets avaient je pense été faits en fonction de ce qu’il pouvait y avoir dans les épreuves du BEPC qui avaient été supprimée en 1977. L’obtention du nouveau diplôme de Brevet était liée à la réussite d’épreuves, mais comprenait aussi une évaluation par contrôle continu pour moitié. Ainsi, bien que la moitié des notes aient été attribuées durant les contrôles de l’année, et donc à un niveau actualisé, les résultats furent absolument catastrophiques. Mais non le niveau ne baisse pas !

  8. Nick de Cusa

    « une culture générale qui laisserait pantois même un journaliste » :o))

    (Sinon, 1er paragraphe : « de tout les enfants ».)

  9. Omboy

    Je ne comprends pas ceux qui disent que le niveau du bac est de plus en plus simple. D’ailleurs, bac pro/technologique à part, moins d’une personne sur deux d’une classe d’âge le décroche.

    1. Théo31

      Et Jack qui croit que si plein d’étrangers viennent passer le bac en France, c’est parce que le niveau est élevé. Mékilékon : c’est parce que le bac est toujours plus facile à obtenir.

      1. Mateo

        D’ailleurs, dans les anciennes colonies ayant conservé le baccalauréat, celui-ci est beaucoup plus difficile à obtenir, le niveau des bacheliers est plus élevé. Par exemple en Maths le niveau est celui d’une première année de Maths Sup (et c’est pas franchement de la rigolade).

  10. Flak

    c’est amusant qu’on ait plus de commentaire correcteurs d’orthographe juste sur cet article que sur un autre…

    j’attends aussi avec impatience les commentaires des profs qui se sentent vises et viendront ici declarer que eux ils sont differents et que leur travail est tres tres dur. top chrono

  11. Flak

    bon blague a part j’echange toute la journee des mails avec des gens qui dans le meilleur des cas ecrivent le francais comme des ecureuils, dans le pire des cas cet cen pour san fonetik, y fo déchifré.

  12. Tonton Jack

    Bonsoir,

    Je pense avoir vu un reportage identique à celui de notre hôte – dont je salue la verve au passage, éloquence rafraichissante qui décape des neurones engourdis par des monceaux de soliloques constructivistes – .

    Ce qui m’a le plus choqué, ce fut l’entretien de la fin qui présentait un professeur de lettres expliquer doctement que la solution était… la réforme, donc la simplification de l’orthographe, de la grammaire et de la syntaxe.

    Moment remarquable s’il en est, puisque cela revenait à dire c’était à la langue de s’adapter à la médiocrité de la pensée…

    Je ne plagierai pas la conclusion traditionnelle de notre hôte, mais je le crains fortement…

    Cordialement

  13. emilie

    boujour !
    Je réagis très grossièrement sur ton article en déclarant simplement que la crème de la crème de l’éducation nationale ( et non les profs, les pauvres ne font que suivre l’optique imposée, et pour la plupart s’indignent de ces aberrations ), nous abreuve de sottises et fait des jeunes bacheliers, des petits utopiques en herbes, vivant sur une autre planète . Je suis de ceux là. Ayant obtenu mon baccalauréat général littéraire (S’IL VOUS pLAIT ^^), je ne sais pas comment ni pourquoi, il y a maintenant 3 ans, je fus soutenue par mes professeurs et par ce qu’on m’avait dicté mielleusement de penser, que la faculté de langues me conviendraient amplement, et que j’en était complètement capable . OR, la réalité est tout autre !!! Des centaines de jeunes désabusés tombent et se cassent la figure dans un système où on leur avait promis la réussite. Beaucoup en souffre !! Je suis restée 2 ans dans cette optique hypocrite jusqu’à ce que je prenne la direction d’une filière courte et sélective. D’autres retentent des facultés, certains s’engagent même à l’armée, et d’autres encore se dirigent froidement vers la vie active.
    J’accuse l’éducation nationale de nous mener en bateau, de nous bercer dans un mode pensée malsain, et de nous maquiller habilement de « compétences » pré-définies, qui s’avèrent au final, inutiles, hors contexte, voire handicapantes. ( désolée pour les fautes, ainsi que l’Expression, je me suis davantage concentrée sur la portée de mon texte que sur l’orthographe 😉 )

    1. « J’accuse l’éducation nationale de nous mener en bateau, de nous bercer dans un mode pensée malsain, et de nous maquiller habilement de “compétences” pré-définies, qui s’avèrent au final, inutiles, hors contexte, voire handicapantes. »

      Et vous avez raison. Le but de l’Ednat n’est plus, au niveau de l’inspection, de fournir des outils, du savoir, aux élèves, mais de former les prochains bataillons de réservistes des syndicalistes, des utopiques de progrès et autres rigolos de la glandouille subventionnée.

      1. emilie

        mais lorsque vous écrivez ces articles, qu’espérez vous ? que des profs tombent dessus ? ils vont réagir mollement et puis retourneront à leur occupations ! Je trouve ça tout de même formidable de trouver des personnes qui arrivent à raisonner comme telle et de s’y tenir, même si les choses ne bougeront pas si facilement.

        1. Ah moi je n’espère rien en tant que tel. Ceux qui trouvent la réflexion intéressante ou juste pourront s’échanger le billet, le faire connaître, faire comprendre que ce qu’on entend le plus (jérémiades sur le système de l’EdNat trop méchant trop dur trop discriminant etc…) n’est pas ce qui est le plus pensé (à savoir qu’il faut remettre à plat les méthodes employées).

      2. JG2433

        Méthode à l’instar du « pédagol » aboutissant à l’enseignement de « l’exagon » en lieu et place du français – pour reprendre le dénigrement de l’EN, proféré avec humour et justesse par M. Philippe Meyer.

    2. Arkh

      Un gros problème est l’apologie du bac « normal ». Ie CAP, BEP, bac technos « c’est pour les débiles ».
      C’est sûr que faire un bac S, puis user son cul sur les bancs de la fac pendant 6 ou 7 ans pour finir caissier c’est mieux que de sortir à 16 ans avec un CAP et un boulot qui peut déjà rapporter plus ou moins gros (plombier par exemple).

      Mais tant que les parents et les profs penseront que les métiers manuels sont dégradants, on n’avancera pas. Je me souviendrai longtemps de la gueule de mon prof principal en fin de seconde qui me demandait confirmation que oui, je ne comptais pas faire une S et préférais m’orienter vers un truc avec masse de TP au lieu de cours chiants.

      Ah oui, et j’ai eu la chance de manger du syllabique contrairement à mon petit frère. Il hait lire car ça lui demande un effort.

      1. Laglute

        Concernant les branlecouilles qui usent leurs fesses 6 à 7 ans sur les bancs des facs, cela me rappelle Julie Coudry et Bruno Julliard, étrons de l’agit-prop socialo-coco qui à 28-29 ans étaient encore au niveau licence, soit deux fois le temps nécessaire pour les obtenir.

        Ou les retrouve t-on maintenant ? Julliard a tenté de se recycler dans la politique au Puy en Velay avec Papa Maman : pas de chance, il se sont fait rhabillés par Vauquier aux élections ( pas chance non plus vous me direz ). Maintenant, Bruno le petit robot doit émarger, si mes souvenirs sont exacts, à la Mairie de Paris.

        La Coudry, elle, on la trouve dans un office de-je-ne-sais- plus-quoi…

        Comme quoi crier plus fort que les autres pour ne raconter que des conneries, ça aide…

  14. Stéphane

    Au début était le plaisir de préparer la société de demain, la société sans classe, et la joie sans nom d’infecter les fils et filles de bourgeois avec des non-connaissances, une non-orthographe et des non-raisonnements… Tout en protégeant sa propre descendance de l’affreuse machine à abêtir (regardez comme les enfants de profs avaient toujours de bonnes notes, grâce au vrai enseignement qu’ils recevaient… à la maison!)

    La déconstruction du langage précède celle de la pensée. La non-violence naît dans la capacité à s’exprimer; la capacité de penser, de raisonner, est intimement liée à la maîtrise de la langue (quelle qu’elle soit). Or, maintenant, on n’a même plus ces générations de ni-ni mélangeant un sabir maghrébin avec un français de banlieue, on n’a plus rien du tout. Le langage et la pensée se sont évaporés, ne laissant le néant qui précède la bête sauvage – et l’exprime à la moindre frustration.

    La machine s’est emballée. Trop de mixité professionnelle sans doute. Des olibirius au niveau lamentable se sont retrouvés à enseigner eux-mêmes, et à abêtir de nouvelles générations – en faisant de leur mieux, cette fois, ce qui n’est pas sans ironie.

    La pyramide s’érode par la base. Chaque génération d’illétré va un peu plus loin; d’ici peu, les piliers sur lesquels posent encore magistrats et autres professions tirant leur gagne-pain de leur maîtrise des lettres s’écrouleront à leur tour. Les correcteurs orthographiques risquent de ne pas suffire!

    Une certaine minorité de francophones maintiendra la flamme: ceux qui viennent de pays où l’enseignement de la langue française n’a pas été détournée pour des objectifs socio-politiques, ou simplement la descendance de ceux qui arrivent à pallier aux carences de l’Ed Nat, soit qu’ils en aient le temps, soient qu’ils en aient les moyens. Mais ils seront une minorité.

    A l’instar de tant d’autres aspect de la civilisation, je crois que la survie du Français en tant que langue passera par d’autres pays que la France.

      1. NeBu

        Il est assez exceptionnel! 🙂

        Tiens d’ailleurs, en Angleterre, le gouvernement a décidé de couper les allocs aux familles gagnant plus de 50k€. Il faut désormais faire partie de la classe ouvrière pour pouvoir faire des gosses.

  15. seb

    Je me souviens qu’un de mes camarades de classe qui était vraiment nul en math et physique est maintenant professeur de lycée pour ces matières. J’ai comme l’impression que professeur, c’est un peu la dernière voie de garage pour ceux qui se retrouvent en faculté après cinq années d’étude, et aucune perspective d’avenir. Ou bien, il s’agit simplement de cette motivation basée sur l’idée ô combien néfaste de « sécurité de l’emploi »…

    1. Joe

      Ou sinon, c’est quelqu’un qui s’est mis à bosser en fac, qui a eu un déclic, … C’était au lycée ou en fac que vous l’avez connu ?

      1. seb

        Je l’ai connu au lycée. Il a eu un mal fou à passer le DEUG ( années) puis la licence et maîtrise (je sais plus combien de temps ça lui a pris). S’il a eu un déclic ça s’est fait vraiment trés tard…Mais à la rigueur peu importe, mon point était sur le fait qu’il n’avait aucune passion pour ces matières ! Comment va-t-il transmettre le moindre désir si lui même a du mal a comprendre ces matières ? J’imagine qu’il aura des problèmes de disciplines avec les élèves les plus doués de son cours…

  16. Jean

    Tout à fait d’accord!
    Nos grands auteurs classiques se retournent dans leurs tombes depuis…. mai 68: eux savaient qu’apprendre demande un effort; que l’école ne peut être un simple « lieu de vie »; que l’élève n’est pas – sauf exception – l’égal du prof dans le domaine de celui-ci…et que, malheureusement pour les bisounours, tous les élèves ne sont pas égaux en intelligence et en ardeur au travail!

    J’avais 23 ans en 68; j’ai vu des enseignants baisser leur culotte devant de jeunes cons qui, slogans débiles aux lèvres, ne méritaient que des claques… Depuis, on paye cher ce démagogique « lâcher-prise ».

    Il faudrait aussi parler de la génération d’enfants qui a été « pourrie » par l’enseignement des « maths modernes »: comme pour la méthode globale de lecture, seul un pourcentage infime d’élèves en a tiré quelque chose (et encore: lorsque leur prof était compétent! Je me souviens de mes prises de bec avec le prof de maths de mon fils ainé, prof qui – croyant avoir compris la théorie des ensembles, dont l’opération de Hilbert – était le modèle vivant du parfait cuistre « Éducation Nationale »).

    Pour terminer: mon prof de lettres – j’ai fait latin grec jusqu’en 1ere A’ – nous trouvait incultes; et, partant bientôt à la retraite, il disait: « Les barbares sont à nos portes; il ne me reste plus qu’à relire paisiblement les classiques en attendant la mort ».
    Que dirait-il aujourd’hui?

  17. emilie

    sinon je fais ma publicité, ^^, je crée mon site internet  » alternatives » qui offre tout un panel de pensées et d’écritures sur le tout et le rien… surtout le rien, mais puisque ça détend , venez nombreux !!! merci ! =)

  18. daredevil2009

    ah Hash, si vous n’existiez point, il faudrait d’urgence vous inventer 😉
    Que dire, qu’ajouter à votre prose? Étant moi-même enseignant, je ne peux qu’abonder dans votre sens tout en ajoutant qu’il existe tout de même encore des « prof » de qualité qui font tout ce qu’ils peuvent pour lutter avec leurs bien modestes moyens contre l’inertie et surtout l’impéritie de ce maudit système. Cela étant dit, je crois qu’il faut remonter en amont pour espérer éventuellement y changer un petit quelque chose car l’EN n’est que le reflet de notre société qui ne semble vouloir jurer que par les « droits acquis » et autres merveilles de notre saint paradis national… La première étape d’une possible reconquête ne pourra être que l’éviction pure et simple des docteurs Diafoirus qui peuplent la rue de Grenelle et dans la suite logique des choses la suppression du maudit Collège Unique, et – ô suprême insulte! – le rétablissement de « vrais » examens qui sanctionnent et non caressent dans le sens du poil les gentils bisounours nouveaux…
    Quel programme n’est-ce pas! Mais qui voudra s’en charger, quel homme politique est prêt à se retrousser les manches et à aller au charbon?

    ….. Aucun!

    1. stilicon

      « l’EN n’est que le reflet de notre société », voilà qui est bien dit. C’est toute la société qui souhaite ainsi se saborder. Nous râlons beaucoup, et depuis longtemps, contre les absurdités de l’EN, mais combien de parents abandonnent avec une belle facilité l’éducation de leurs enfants à ces monstres de l’EN, sans s’inquiéter aucunement. Nous avons désappris à nous défendre, et nous en paierons le prix. Tout, à notre époque, concourt à hâter notre perte. Cela paraît absurde, incroyable et pourtant l’Histoire nous rappelle que nous ne serons pas les premiers à nous saborder ainsi nous-mêmes.

  19. Gerome

    Merci pour ces bons mots, plaqués sur nos maux quotidiens. « Nos » car je suis prof aussi, et que je ne m’en vante guère, moi qui évolue au quotidien dans la proximité hautement toxique des déconstructions depuis plus de 20 ans. Résistance individuelle. Transmission. L’espagnol (ma discipline) était encore il y a peu un bastion de la culture et du savoir, à l’ombre des géants qui en ont fait la littérature. Son enseignement aujourd’hui corrobore votre propos, passé à la moulinette du CECR il est vidé et aseptisé, à l’instar de celui de toutes les autres disciplines.
    Hélas, les solutions concernent plus la survie que la rédemption ; elles ne sont qu’individuelles et non globales et je ne suis pas loin de l’avis de ceux qui bouteraient volontiers les Diafoirus hors du ministère de l’Education, mais il y a tant a faire que…
    Il reste une lumière dans cette gabegie : les élèves eux même, Dieu merci, qui résistent à la vacuité des propos magistraux et qui sont encore capable de s´émerveiller, de progresser, d’apprendre malgré tout, et surtout malgré le corps enseignant lui même.
    Il ne faut pas complètement désespérer de l’humain.

  20. gnarf

    Je ne suis pas tout a fait d’accord. Pour moi l’ecole Francaise reussit a faire un grand ecart extraordinaire.

    Elle est a la fois un lieu d’experimentation de methodes debiles et ideologiques mais en meme temps un lieu qui brise la confiance en soi, qui est elitiste au mauvais sens du terme (on laisse tomber la majorite en cours de route et on se concentre sur quelques eleves).

    Ils ont reussi a synthetiser le pire des deux mondes. Les methodes debiles de ideologues de service et le cassage de l’individu comme dans l’ecole d’arriere grand papa. On n’apprend plus rien, mais dans la souffrance et la depression.
    L’eleve Francais est le seul a ma connaissance a passer presque tout son temps a l’ecole, jusqu’a 18 heures, trimballer 10kgs de bouquins…tout ca pour en savoir moins que les autres a la sortie.

    Si au moins ils ne foutaient rien en s’eclatant…ils auraient au moins confiance en eux et une approche plus constructive de la vie.

  21. VRP

    « et c’est probablement pour cela qu’on ne fixa que 80% de réussite d’une classe d’âge au baccalauréat »

    Cours pourris, examens pourris. Il faut adapter.

  22. Théo31

    « L’à peu près est le plus proche parent du n’importe quoi » nous disait toujours notre professeur de latin. Il avait raison.

  23. Astynoos

    Heureusement que de grands intellectuels comme André Chervel se sont penché sur la question et ont trouvé un remède. Le niveau des élèves en orthographe est pitoyable ? Qu’à cela ne tienne, il suffit de mettre l’orthographe à leur niveau, en le simplifiant radicalement ! Sommes-nous bêtes de ne pas y avoir songé plus tôt.

    1. gnarf

      Je sais bien que ca a l’air stupide…mais, meme si nos eleves etaient bons en orthographe, une reforme de celle-ci serait la bienvenue.
      L’autre fois je discutais avec un Allemand qui m’expliquait que comme la plupart des Allemands, il parlait chez ses parents un dialecte Allemand, et qu’il n’avait vraiment appris l’Allemand officiel qu’a l’ecole.
      L’Allemand officiel est donc une langue synthetique, simplifiee…il m’a dit que orthographe, declinaisons avaient ete reformees plusieurs fois pour simplifier jusqu’en 1912 je crois.

      J’apprends a mes enfants a lire en Polonais et en Francais…il faut 4 fois plus de temps pour le Francais a cause des phonemes…on ne s’en rend pas compte, mais pour lire proprement frein de freine, il faut lire 4 lettres en avance!! Et les lettres muettes en pagaille.

      Les langues aussi ca se modernise.

      1. Tout à fait, mais c’est un autre débat : pour envisager une réforme, il faut que le niveau général se maintienne, et non dégringole, pour favoriser une transition de l’ancienne à la nouvelle forme dans des conditions décentes.

  24. VRP

    Le fait qu’on empile réformette sur réformette les unes après les autres (quand les ministres de l’Éducation font un tour dans leur bureau) rend au final l’Éducation française très incohérente. Si on faisait une grosse réforme générale au lieu de les empiler, ce serait déjà un grand pas en avant (toutes proportions gardées).

    La c’est selon le beau et le mauvais temps qui font l’action des politiciens.

  25. Dangar

    Bravo à H16 pour ce billet très lucide et fichtrement bien fichu sur le bilan désastreux de l’Education Nationalisée (par les syndicats), fosse à merde soixante-huitarde. Fosse septique qui rend sceptique tant elle est encore… étanche à l’autocritique. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir gavé le Mammouth de nos impôts pour qu’il ait les… moyens (démesurés) de ses ambitions (au final non réalisées).

  26. do

    Il faut que des capitaux étrangers viennent en France construire des écoles hors contrat, complètement privées, avec des programmes issus d’ailleurs que de France.

    1. daredevil2009

      J’aime beaucoup votre « il faut que » mais pour que quelqu’un souhaite, il faut qu’il y trouve un intérêt… et malheureusement, celui-ci ne coïncidera probablement pas avec le nôtre (cf. les écoles coraniques).
      Amusante cette attitude bien française d’attendre le sauveur en toutes circonstances…

  27. Émilie

    L’orthographe et la grammaire se détériorent principalement à l’université. Des domaines comme la psychologie, la sociologie, pour ne citer qu’eux, ne demandent aucune qualification en français. les fautes ne sont absolument pas prises en compte par les correcteurs. Pour ma part je ne crache pas sur les premières années de scolarisation mais bien les dernières, les années de spécialisation durant lesquels il semble que nous n’ayons plus le temps pour les bases.

  28. Boutros

     » C’est moi que j’suis le prof de français qu’on vous a causé qui va se pointer… ».
    Eh oui, j’en suis un aussi et il y a un dicton (anglophone, je crois) : celui qui sait faire fait, celui qui ne sait pas enseigne. Mais ne jetons pas l’eau du bain ; nombreux sont les enseignants , de toutes générations, sensibles aux problèmes évoqués,mais ils sont impuissants. Leur idéal est souvent de simplement limiter les dégats.

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