Idées pourries contre emprunts toxiques

Oh, ils ne sont pas contents contents du tout, les zélés élus de la République de l’Angle Arrondi ! Cela fait maintenant plusieurs mois, plusieurs années même qu’ils ronchonnent contre les méchants banquiers qui ont méchamment prêté de grosses sommes à leurs communes avec des clauses méchantes qui maintenant les asphyxie méchamment !

Tout a commencé il y a presque un an : on apprenait, finalement pas du tout surpris, que de plus en plus de départements, de communes et de collectivités locales se retrouvaient dans une situation budgétaire catastrophique à mesure que s’envolaient les taux des emprunts variables qu’ils avaient souscrits dans les habituels moments d’euphorie alcoolisée qui caractérisent les périodes pré-électorales où la construction de ponts ridicules, l’organisation de réceptions somptueuses (avec boules de choco) et les augmentations généreuses de moyens dans les services sont la normes.

Rouspétance et ronchonnements : on découvrait Claude Bartolone exprimer de son petit air vexé qu’il se retrouvait le couteau sous la gorge à ne plus pouvoir asperger de fric tous les recoins de son département.

Claude Bartolone, pour rappel, c’est ce malheureux handicapé qui n’a qu’un faible bras gauche pour diriger tout un département, son autre bras ayant été greffé à son oreille droite pour y tenir accroché un téléphone qui ne le quitte plus.

Eh bien le Claude remet ça : comme cela fait des mois que les procédures sont engagées pour ne pas payer leurs dus aux banques, il se lasse et trépigne. Et il a décidé d’utiliser son téléphone pour s’acoquiner avec d’autres larrons, afin de mieux faire entendre son message simple : ils ne paieront pas, nananère. Ces prêts, c’était une erreur, on s’est trompé, vous reprenez votre argent, on vous le rend, rendez-nous nos intérêts, on annule tout, hop, voilà, fini. Bah ouais : tout se joue ainsi à l’âge Républikool !

Dans une interview palpitante accordée à — bien sûr — Libération, le quotidien pulpeux des socialistes qui ne s’en laissent pas décompter conter, on découvre ainsi quelques admirables pépites. Le Claude, quand il se lâche, ça fait mal.

J’ai découvert stupéfait que mes prédécesseurs avaient fait de la Seine-Saint-Denis le champion du monde des emprunts toxiques, avec 97% de la dette basée sur des indices farfelus

Et les prédécesseurs, c’étaient … des communistes, dirigés par Hervé Bramy et sa clique de 2004 à 2008. Ici donc, un socialiste pur jus rouspète sur la gestion calamiteuse de communistes pur jus, dans un remake de « La Vodka reproche son degré d’alcoolisation au Cognac ».

On pourrait se dire que c’est un accident malheureux de la part d’une poignée d’irresponsables incapables de décoder le sabir financier de leurs banquiers. On pourrait s’étonner un tantinet que des départements entiers ne sont pas capables d’embaucher de bon financiers ou de consulter d’habiles cabinets pour décrypter les petites notes de bas de page des contrats qu’ils signent ensuite avec de gros établissements de crédit.

On pourrait aussi se dire que c’est bien un trait de la gauche de ne rien comprendre aux affaires.

Bartolone, scotché à son téléphoneEh bien non : à droite, les élus sont tout aussi pourris. En effet, dans la brochette de caliméros malheureux avec les finances de leurs communes, on retrouve par exemple Henri Plagnol. Ce dernier, UMP bon teint, porte plainte contre cinq banques auprès desquels des prêts furent négociés entre 2001 et 2007 sous la mandature … de son prédécesseur Jean-Louis Beaumont, lui-même divers droite.

Qu’un socialiste de droite fustige la gestion pourrie d’un précédent socialiste de droite, c’est finalement assez comique bien que parfaitement cohérent : les politiciens sont tous de grosses quiches en économie et en finance publiques.

Ils étaient probablement tous dans le même groupe de branleurs incultes qui papotaient dans le fonds d’amphis poussiéreux pendant les cours d’économie. D’ailleurs, ils sont majoritairement des lettrés et pas des ingénieurs ou des économistes, ce qui explique très bien pourquoi ils racontent à peu près n’importe quoi dès qu’il s’agit de finance, budget, dettes, déficits et produits bancaires un chouilla complexe.

Au passage, on notera aussi que de façon diamétralement opposée, ces mêmes élus sont rarement criblés de dettes à titre personnel et que leur patrimoine est généralement très bien portant. Ce qui tend à prouver que ce qu'ils s'autorisent libéralement avec l'argent des autres, ils ne le font pas pour eux-mêmes. Combien d'élus cautions personnelles des prêts toxiques qu'ils dénoncent ? Oh, aucun ! Comme c'est fortuit !

En tout cas, le Claude ne perd pas le nord : pour lui, c’est l’occasion de remettre les compteurs à zéro, exactement comme on le ferait pour une famille qui se serait trop endetté et heu ah eh bien non on ne fait pas ça pour des quidams, mais quand on est élu de la République, on peut, donc on demande. Pardon. On exige. On vitupère : les erreurs calamiteuses doivent simplement être effacées et n’en parlons plus.

Fastoche. Le mieux, c’est le but clairement affiché :

Je veux maintenant régler leur compte à ces banques qui, non contentes d’avoir pu compter sur le contribuable lorsqu’elles s’effondraient, ont multiplié les fautes professionnelles à l’égard des collectivités.

Sauf que, le Claude, tu vas un peu vite en besogne. En effet, les banques ont bien compté sur les contribuables pour se renflouer. Mais grâce à qui le contribuable, plié en deux et le bras en clé dans le dos, a-t-il payé la facture ? Mais grâce aux élus de l’état, pardi ! Grâce à des petits fanfarons comme toi, le Claude !

Car c’est bien la clique des politiciens qui a choisi, sciemment, de soutenir les banques lorsqu’elles titubaient ! Et ce sont ces mêmes politocards qui se sont dit qu’il fallait le faire sinon ce serait la cata, cata qui s’est révélée de toute façon inévitable et qu’on peut dès à présent mesurer…

Quant aux fautes professionnelles, je pouffe : si ces mêmes banques n’avaient pas eu l’assurance d’avoir de leur côté les tortionnaires et les mâtons pour tordre les bras du contribuable, elles ne se seraient certainement pas lancées dans ce genre d’entourloupes.

Mieux : l’écrasante majorité des communes, collectivités locales et départements n’ont pas souscrit à ces prêts bidons et toxiques. Et malheureusement pour toi, mon Claude, ceci tend non pas à prouver que ces communes, ces collectivités et ces départements sont dirigés par des surhommes (on les connaît, ça ne risque pas !) mais bel et bien que c’est vous, Claude et ta brochette de clowns et vos prédécesseurs, qui êtes rigoureusement incapables de tenir les cordons d’une bourse.

Vous pleurnichez maintenant d’une situation que vous avez tout fait pour mettre en place, par votre position, vos accointances, vos modes de fonctionnement, vos habitudes dépensières et surtout vos idées pourries : la responsabilité, c’est pour les autres.

Bartolone n’est ici que la pointe émergée de l’iceberg, le petit fanion s’agitant niaisement dans la foule des branquignoles qui dirigent les caisses de l’état. La Cour des Comptes l’a maintes fois dénoncé : ce pays est géré n’importe comment et cet épisode n’est qu’un nouvel exemple à la longue liste des foirades républicaines qui forment le lit des prochaines crises.

J'accepte les BCH !

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Commentaires69

  1. srouc

    Merci. J’adore !

    La responsabilité c’est pour les autres. C’est clair, on peut crever la gueule ouverte, mais peuvent se vautrer dans la fange des prêts toxiques & des déficits.

    « Rigolez-pas ! c’est avec notre argent ! »

  2. Aurélien

    Moi-même nul dans le domaine, j’ai 2 questions:

    – Au moment du prêt, les élus en question pouvaient-ils connaître la nature toxique de leurs emprunts?

    – Si ces emprunts n’étaient pas toxiques, pourraient-ils rembourser sereinement? (dans l’hypothèse farfelue d’un budget digne de ce nom)

    1. Franchement, ne pas savoir que c’était un emprunt à taux variable, c’est déjà limite débile. Et ensuite, ne pas s’interroger sur la façon dont on allait pouvoir rembourser ensuite, c’est carrément irresponsable. C’est le B.A. BA. La nature du montage ne vient qu’ensuite.

      Quant à savoir s’ils auraient pu rembourser ou pas, la réponse difficile à dire puisque taux variable. Bon sang qu’ils sont cons.

      1. Aurélien

        Ces collectivités ont pris un risque, consciemment ou non, mais les banques ont elles fournies toutes les informations permettant d’évaluer correctement ce risque? Ont-elles sciemment dissimulé des facteurs de risque? La question se pose quand même non?

        1. YP

          Le méchant banquier ne les a quand même pas forcé à signer, non ? Quand vous faite un prêt, je suppose que vous comprenez ce que veut dire « taux variable », « capé » (ou pas) et que lisez les petites lignes en bas du contrat !

          Pourquoi ces gens ne le font pas ! Parce que ce n’est pas leur pognon. Ils achètent des voix de certaines catégories d’électeurs ou se payent caviar et putes avec l’argent des contribuables.

          C’est tout simplement de l’abus de biens sociaux…

        2. Peut-être, mais même en imaginant qu’elles ont planqué des choses sous le tapis, tu penses sincèrement qu’elles ont caché qu’il s’agissait d’un crédit à taux variable ? Tu penses que les départements et les collectivités avaient les moyens d’emprunter plusieurs millions et pas les moyens de payer 2000 ou 3000€ pour une ou deux journées de consultant solide en finance pour éplucher le cas ? C’est quoi, cette blague ?

      2. YP

        C’est bien pour cela que les élus *DOIVENT* être responsable de leurs décisions de gestion sur leur biens personnels ; je ne vois que ce moyen qui pourrait les inciter à faire gaffe avec l’argent des autres.

        1. Aurélien

          @H16:
          Le caractère variable du taux n’était pas caché, c’est certain, mais ce sur quoi cette variation reposait peut-être – en tout cas c’est la question que je pose – en tout ou partie.
          Je suppose qu’une variation de 1,5% à 5% était jugée tenable. Est-on sûr à 100% qu’une personne compétente et responsable, au moment de la signature, aurait pu correctement évaluer le risque d’une variation de 1.5% à 25% du taux?
          Si oui, ce sont les élus signataires qui méritent d’être poursuivis. Si non, ce sont les banques.

          Au-delà de cette question, ces collectivités ne peuvent-elles pas simplement contracter un prêt à taux fixe et supportable dans un autre établissement pour régler dès aujourd’hui le solde de ces prêts toxiques?
          Le cas m’est arrivé à mon échelle personnelle, ça s’est réglé en 10 minutes et tout va bien dans mon budget actuel…

          1. Il y a des réponses ci-dessus : les prêts structurés de cette nature ne sont pas des crédit-revolving négociés en 5 minutes au téléphone. Les élus, en signant ces contrats, ont très clairement fait preuve d’une légèreté coupable. Le seul défaut des banques ici, c’est d’avoir proposé des machins pareils à une entité d’état qui, tôt ou tard, allait le leur renvoyer à la gueule. A ce titre, si elles avaient elles aussi été responsabilisées, elles n’auraient jamais osé flanquer ça sous le nez de ces chacals.

      3. Joe

        Surtout que pour quiconque a déjà lu un contrat bancaire de financement structuré (un document d’une centaine de page environ), il n’y a pas de caractères petits en bas de page et de conditions générales de vente comme sur les contrats de particuliers. Toutes les clauses sont négociables et négociées et parfaitement lisibles et identifiées. L’indexation du taux fait l’objet de plusieurs paragraphes sur plusieurs pages avec des exemples en annexe.
        Les élus savaient parfaitement ce qu’ils faisaient et pas besoin de consultants en finance pour comprendre ces contrats. Ils ont juste vu leur intérêt immédiat (des taux pas chers) et après eux le déluge, comme d’habitude.

        1. C’est une évidence, mais il est parfois bon de partir du principe que les banques les attendaient au coin du bois pour mieux démontrer que même ainsi, ils ont tout fait pour se retrouver sous leur joug.

    2. simple citoyen

      Aurélien,
      Il faut être clair: aucun signataire de ce type de contrat ne peut en ignorer la teneur. Tout y est détaillé précisément.
      Reste donc ceux qui ont signé en se disant « on verra bien demain » et ceux qui ont signé en se disant « je n’y comprends rien, mais j’ai besoin de cet argent sans quoi on va dire que mon département est en faillite, ou pire, je vais être obligé de rogner sur mes dépenses clientèlistes ».
      Donc, soit ces élus ont signé (ou délégué la signature) de contrats dont ils ne mesuraient pas le risque. Ils sont donc fautifs, car la moindre des choses quand on est élu est de ne signer que ce que l’on comprend (et ils ne manquent pas de moyens pour se faire aider, comme par exemple passer un simple coup de fil à la CDC, c’est gratuit), soit ils ont signé en connaissance de cause.
      Et je pense que cette dernière option est majoritaire.
      En effet, les prêts qu’ils ont contractés présentaient d’autres caractéristiques très intéressantes du point de vue de ces élus:
      1. les produits structurés indexés sur l’évolution d’un sous-jascent (ce peut être absolument n’importe quoi, une valeur, un indice, le cours d’une matière première) donnent des taux qui varient en fonction de ce sous-jascent et donc les taux peuvent monter comme descendre. Donc une certaine partie des élus en question ont sciemment choisi ce pari, avec en ligne de mire une baisse des taux.
      2. Au moment de la signature de ces contrats, il est clair que le taux apparent était plus bas que celui qui aurait été obtenu s’ils avaient dû emprunter selon un schéma classique. Or qui dit taux plus bas, dit projection de la dette en baisse ou si à l »identique surcroît de dépenses possibles à périmètre identique. Je crois donc que ces élus ont sciemment signé ces contrats car il leur permettaient alors de présenter leur gestion sous un jour bien meilleur qu’ils n’auraient pu le faire autrement avec, cerise sur le gâteau, l’espérance d’un d’un taux futur encore meilleur. Ils ont donc choisi, comme toujours, la facilité. Ils ont acheté au frais du contribuable la possibilité de passer pour d’excellents gestionnaires tout en continuer à dépenser plus qu’ils ne devaient sans rien avoir à faire d’autre que de signer un prêt…

    3. Laglute

      C’est drôle, mais quand on souscrit à un crédit immobilier, on nous demande de faire attention à toutes les clauses : nos élus se dispenseraient-ils donc de cet effort ?

  3. kelevra

    meme sans lire les petites lignes, car c est ecrit en bien gros dans les contrats ,les fameux taux variables n ont pas eu pour sous jacent l euribor ou le taux des emprunts d etat.

    non non ces idiots incompetents ont signe pour des emprunts avec des taux variables ayant pour sous jacent :
    -le prix du ble a la bourse de chicago
    -l indice de la bourse de nouvelle zelande
    -le prix du cacao

    ce qui a pour consequence des taux actuels jusqu a 25% sur ces fameux emprunts

    on peut quand meme se demander, sans etre un pro de la finance, en quoi le prix du cacao ou de ble, a a voir avec la gestion d une collectivite en france.

    a ce niveau la, ce n est plus de l incompetence ou alors ils auraient toucher leurs commissions? il faut quand meme le dire, regions departments collectivites, mairie etc sont le royaume de la magouille et du tripatouillage dans la caisse.

    il suffit de voir l affaire guerini a marseille, ou tout le monde est mouille de droite comme de gauche.

    1. YP

       » en quoi le prix du cacao ou de ble, a a voir avec la gestion d une collectivite en france. »

      Entièrement d’accord, c’est une excellente question.

      MAIS – Ces salopard ont signé ces contrats. J’ai aucun doute qu’ils savaient parfaitement ce qu’ils faisaient, et j’irai même jusqu’à croire qu’il n’est pas impossible que certains de ces saligots aient succombés à un intérêt personnel à signer ce genre de contrat.

      Les banquiers sont des crevures, mais certains élus n’ont absolument rien à leur envier en matière de margoulinerie de haut vol !

    2. Joe

      Quand bien même cela aurait un rapport avec la choucroute, qu’est ce qui les a empêché de prendre une couverture sur une partie significative de la dette ? Une gestion normale en entreprise (souvent incluse dans les « condition precedent » du financement est habituellement la couverture de la dette à hauteur de 60% sur 70% de la durée de l’emprunt (majeure partie des intérêts payés).

    3. Ieremenko

      +1, j’habite dans le nord, et ce qui filtre c’est la même chose, quand c’est pas des commissions c’est des places dans un conseil d’administration (dans les sociétés de distributions d’eau, de bus etc.), bien payé bien sûr, et bien qu’on ait absolument aucune compétence pour cela.

      En tous cas les socialistes de tous bord ont apporté de l’eau à leur moulin, ils ont pu dépenser dans leurs idées grandioses, et ils passent pour des victimes maintenant. Versez des larmes svp.

      Les banques sont pas très transparentes (et ont leur part de responsabilité, estompée par le « too big to fail »), mais que dire des collectivités ? C’est le bordel complet.

  4. Lorg

    Le problème c’est qu’ils n’ont vu que le taux au moment où ils ont signés. L’évolution de ce dernier ils s’en tapaient car la plupart était déjà dans une situation budgétaire délicate. Prenons le cas de Saint Etienne à cette époque « grâce » à ces emprunts le service de la dette avait beaucoup diminué et le maire de l’époque avait retrouvé une marge de manoeuvre tout de suite dépensée en projets divers et variés. Une bonne gestion de père de famille …… surendetté quoi.

  5. Emmanuel M

    Liberal et travaillant dans la finance, j’aimerais ajouter un bémol à cet article.

    Les prets dits toxiques sotn des emprunts :
    * a long terme
    * dont le taux est difficile à évaluer exante
    * souscrits par leurs prédecesseurs

    Si un tribunal pouvait donner raison à ces élus et acter qu’une collectivité locale n’est pas tenue de rembourser les dettes contractées pendant les mandatures précédentes, cela aurait un effet positif en limitant la capacité des élus à financer leur réélection

    Cela limiterait grandement la capacité de financement des collectivités locales, mais je suis sur que cela n’aurait rien pour n(v)ous déplaire

    1. « cela aurait un effet positif  »

      Vous plaisantez ? Je vois ça gros comme une maison : la génération X emprunte et fait n’importe quoi n’importe comment. La génération X+1 récuse les prêts. Et, une fois le bilan magiquement apuré, remet 100 balles dans le bastringue et emprunte et fait n’importe quoi n’importe comment. De toute façon, la génération X+2 va récuser ces prêts, alors bon…

      Je ne vois pas comment la fuite en avant peut être positive.

      1. Joe

        Emmanuel envisage un mécanisme où les banques se prennent une ardoise et applique la jurisprudence : désormais elles ne prêtent plus qu’à des échéance entrant dans la durée de la législature (donc des prêts à échéance max 6 ans).

        A mon avis, ça fait une grosse ardoise pour les banques que d’accepter ça.

      2. YP

        « la génération X emprunte et fait n’importe quoi n’importe comment. La génération X+1 récuse les prêts. »

        C’est pourtant bien ce qui va (mal) se passer ! D’ores et déjà, la charge de la dette (que les intérêts !) représente plus de la moitié du budget de l’état (budget déjà ultra surdimmensionné !)

        1. DoM P

          Non, c’est faux. En 2010, la charge de la dette se monte à 42 milliards sur un budget de 550, c’est à dire environ 7%.
          Certes, le budget est très lourdement déficitaire, la situation critique, mais ce n’est pas une raison pour exagérer à ce point…

    2. YP

      Et les conséquences sociales seront terribles : les banques sont déjà surendettées et sous capitalisées dans ce pays – il est impossible de leur faire provisionner ces dettes…

      Nos banques ont déjà de très grosses dettes (méditerranéennes) bien puantes dans leur bilans. Leur faire provisionner un pouillème revient à les mettre en faillite !

      Et vu la taille des banques de ce pays (BNP+SocGen+CA = combien de fois le PIB du pays ?), on ne parlera pas de tsunami banquaire ou de « risque systémique », mais d’un véritable trou noir…

  6. Galuel

    Ouaip…

    Mais si je « prête » 5 quintaux de blés à Y, Y peut rendre 6 quintaux de blés, en faisant pousser du blé.

    Là, qu’est-ce qui a été prêté que possédait le prêteur, et qu’est-ce qui doit être remboursé ? Comment l’emprunteur est-il censé produire ce qu’on lui demande exactement ?

    Sans répondre précisément à cette question, comment résoudre le problème posé, à la fois concernant « ce qui a été prêté », et « ce qui doit être remboursé » ?

    Il faudrait éclaircir ces deux points.

    1. sam_00

      Quand vous travaillez pour votre employeur, et que celui-ci vous verse un salaire (en argent) en échange du travail, vous ne vous nourrissez pas avec les chiffres de vos bulletin de salaire, ou les pièces et les billets correspondants. Vous échangez cet argent contre des choses tangibles (de la viande, des légumes, etc …)

      L’argent dans tout cela fait illusion, et l’homme ne se nourri pas de numéraire.
      Les banques ne sont que des intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs.

      Donc, Y veut acheter 5 quintaux de blé, mais il n’a pas l’argent. Il emprunte l’argent à la banque. La banque lui prête l’argent épargné par X (par exemple vous). Avec cet argent Y vous achète les 5 quintaux de blé, les plantes et les fait fructifier. Puis il les vends. Fait un bénéfice. Rembourse l’emprunt à la banque avec un intérêt. La banque redonne à X (vous) l’épargne + l’intérêt. Et avec l’argent de la vente des 5 quintaux initiaux + les intérêts, vous pouvez acheter 6 quintaux de blé.

      Il n’y à aucune différence, mais simplement un nouveau joueur dans la partie. Le banquier, se rémunère au passage, pour son travail d’inter-médiation (trouver le préteur et trouver l’emprunteur).

      L’argent là dedans n’est qu’un moyen d’échange qui simplifie les choses quand le préteur dispose de 5 quintaux de blé et que l’emprunteur veut manger de la viande (par exemple).

      1. Galuel

        On en apprend tous les jours !

        Et donc le Banquier se paye au % sur quelque chose qu’il ne possède pas, mais qu’il est le seul à pouvoir « produire ».

        C’est fort !

        Ca signifie donc que le comptable d’une entreprise, loin d’être payé à l’heure, est payé au % sur le bilan comptabilisé.

        Très bon métier que comptable !

        Chez les aveugles…

  7. vincent

    A ceux qui connaissent ce genre de contrat: que prévoient ils en cas de mise en défaut de la collectivité emprunteuse ? (en général ils prévoient toujours qqch).

  8. Théo31

    « Claude et ta brochette de clowns »

    H, t’es trop gentil avec eux sur ce coup. A ce niveau mongaullisme de la part des politocards, sacs à merde me paraît approprié pour les qualifier.

  9. chabenj

    ok pour le coté légèreté avec l’argent des autres, mais à la fois, l’autre partie (les banques) est plus que sérieusement redevable, l’argent des autres (c’est à dire nous) leur ayant sérieusement sauvé la vie. ça devrait donner une marge de négociation pour rattraper leur conneries, car si mon [notre] pognon les avaient pas maintenu sous perf, y’aurai plus personne a qui devoir de l’argent, non?

      1. Joe

        Faut arréter. Les banques ont été aidées par l’état et la BCE, pas par les départements, les régions ou les communes. Pourquoi faire un régime de faveur à ces derniers (et donc les encourager à dépenser n’importe comment) juste sous prétexte qu’au final leurs pourvoyeurs de fonds (ie les contribuables) sont les mêmes ? C’est comme si une entreprise devait faire des gestes commerciaux à toutes les boites qui ont pour actionnaires des actionnaires qui l’ont aidé par le passé.
        Ca marche pas comme ça le business !

    1. L’argent des autres leur a sauvé la vie parce que nous y fûmes obligés … par les politiciens. Et c’est parce que ces banques le savaient qu’elles ont pu agir avec autant de légèreté. Si elles sont coupables, elles le sont à un degré moindre que ceux qui, in fine, ont le pouvoir et la force.

      1. Théo31

        Les banques sauvées, c’est vite dit. On verra la gueule que vont tirer leurs dirigeants et surtout leurs clients, quand les PIGS vont commencer à faire défaut sur leurs dettes. Parce que là, aussi, il y a eu gros merdage, une fois de plus grâce aux politocards.

      2. chabenj

        @ Flak
        Oups, j’ai dévié de la ligne du parti…. Autant pour moi, les banques, c’est les gentils. promis, je recommencerais plus.

        @ joe
        Perso, je verrai déjà une vraie évolution si le fait de payer l’impôt (local ou national, c’est pareil) nous donnais le statut d’actionnaire. aujourd’hui, notre statut, pour reprendre une formule en vogue ici, c’est moutontribuable.

        @H16
        Grand concours de légèreté…Ils se sont tous envolés, sauf moi [nous?], je me suis fais plombé 🙁

        1. flak

          tu comprends rien hein ?
          t’entrave queue de chique a ce que je veux te dire, hein?
          c’est rien y a les pages eco de Libe pour t’expliquer le monde, gros nul.

        2. flak

          « Perso, je verrai déjà une vraie évolution si le fait de payer l’impôt (local ou national, c’est pareil) nous donnais le statut d’actionnaire »

          gros nul.et n’oublie pas que l’argent c’est sale.

        3. chabenj

          @ flak

          Alors que toi t’as tout compris à « tout le monde entier et ses environs… » mais tu veux même pas m’expliquer 🙁
          pourtant, je suis sur que t’en aurai même pas eu pour longtemps tellement t’es malin…

        4. chabenj

          Ah mais j’arpente, j’arpente… Maintenant je l’ai déjà dis dans mon premier post, je suis un fidèle lecteur de ce blog pour deux raisons:
          – Ca me fais vraiment marrer car tu as un sens de la formule hors du commun, un style inimitable.
          – Bien que je ne serai jamais d’accord avec certaines de tes prises de positions, et que je considère certains de tes argumentaires assez hasardeux (ex: les armes à feu) j’aime ce blog car il me permet de confronter mes idées à d’autres, me permet de remettre en question ce que je pense et ce que je crois savoir.
          Je suis simplement consterné de constater qu’ ici comme ailleurs, les deux maux de ce type de blog sont les trolls et les groupies. Je pense que des gens comme Flak n’apportent pas grand chose par des commentaires systématiquement « dans la ligne » et qu’ils viennent pour y trouver du « prêt à penser », en bien formulé.
          En résumé, je peux apprécier certaines de tes chansons, mais je ne peux cautionner le comportement de certaines de tes groupies qui t’idolâtre et qui par peur de perdre leur place au premier rang, écrivent des commentaires aussi profond que: « méchant, méchant » et « gros nul, gros nul »

  10. ML

    Remarquez, ces kyrielles de rond-points municipaux aux entrées agrémentées de plus de 150 panneaux avant le feu rouge (éternellement clignotant à l’orange) et aux priorités impondérables, seront toujours une distraction incontournable pendant nos longs trajets de contribuables trop dépensiers des deniers publics voire maffieux. Sans compter la multitudes de lapins béats sniffant le gaz-oil au beau milieu des susdits rond-points citoyens en stéréo et à crédit, qui font la joie de nos enfants. Mais de quoi se plaint-on, franchement ?

  11. kwak chung seok

    Bon, je plussoie ce billet mais n’ai pas beaucoup apprécié le petit raccourci facile : esprit littéraire = cigale qui fait n’importe quoi avec l’argent et consubstantiellement incapable de comprendre ce qu’est un budget, et les ressorts de l’économie, alors que les ingénieurs, si intelligents, si utiles, si supérieurs. Je suis moi même d’esprit littéraire, pourtant ultra ultra à cheval sur les soldes positifs et féroce partisan de l’épargne et de la prudence économique.

    Ce Bartonul n’a absolument rien d’un lettré, ce n’est qu’un cuistre puissance N, un pignouf doublé d’un imbécile, une petite fripouille malhonnête au cube.

    En passant j’invite ces messieurs à découvrir ce poème de Mandiargues, « l’Abaissement national  » qui dit bien ce qu’il veut dire et retrace un peu ce qui se dit très souvent ici : http://poesie-et-racbouni.over-blog.com/categorie-11801413.html

    1. Cette remarque sur leur esprit littéraire était à prendre au second degré, dans la catégorie « essayons de trouver une explication sur leur nullité » et à mettre en rapport avec le petit encart sur le fait que bizarrement – tout littéraire qu’ils soient – ils tenaient toujours très bien leurs propres finances…

      Je n’ai rien contre les littéraires ni tout pour les ingénieurs. Il existe des quiches partout, et des esprits brillants dans les deux catégories.

      😉

  12. gem

    tiens, ça n’a rien à voir, mais j’ai pensé à toi ce matin :
    http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Douche-froide-Guy-Carlier/
    Guy Carlier n’aime pas ceux qui n’aiment pas les bisounours, pas de surprise mais marrant .
    Mais surtout, j’en ai conclu que ton audience est bien plus large qu’on l’imagine. C’est peut-être bien que je prend mes désirs pour la réalité, mais faute de sondage louis harris pour confirmer/infirmer on ne peut pas l’exclure

    1. Effectivement… Serait-ce à dire qu’ils me lisent ou repompent des expressions de gens qui les côtoient et me lisent ?
      Ne rêvons pas 😉

  13. yoook

    Cet article + la catastrophe au japon, ça fait duraille la fin de semaine !

    PS : tes articles font mouche même dans mon entourage qui n’est pas forcement liberal sur les bords. Tu fais oeuvre de salubrité publique. Alors, par pitié ne t’arrete pas et merci pour tout.

  14. danalyon

    Je lis cet article avec un peu de retard et j’adore. J’adore quand ça tappe comme un coup de trique, SEC! J’adore quand ça flingue de droite à gauche.

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