Cette fonction publique qui n’en finit pas d’augmenter

Manque de moyens. Manque de personnel. Réduction des effectifs. Non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Pas de doute, la fonction publique disparaît sous le coup de coupes claires méthodiques, répétées et acharnées. C’est horrible. À moins que …

À moins qu’on nous bourre gentiment le mou. Ou que, plus simplement, on nous raconte une belle histoire en insistant sur ce qu’on voit et en oubliant, de l’autre côté, tout ce qu’on ne veut pas voir.

Il y a quelques jours est sorti, fort discrètement, le rapport annuel de la fonction publique. On y apprend pas mal de choses, et surtout que, contre toute attente, le nombre de fonctionnaire … augmente. Pourtant, si l’on s’en tient au discours officiel des syndicats, ponctués de petites larmes aussi calibrées que médiatiques, la situation, dans le pays, devrait alarmer tous les citoyens puisqu’à les écouter, des pans entiers de nos services publics sont menacés de fermer purement et simplement, suite à auto-dissolution active et rapide de leurs personnels…

En fait, il n’en est rien, et le rapport est assez clair, pour une fois : le nombre total de personnel émargeant, d’une façon ou d’une autre, aux frais de l’Etat, local ou national, augmente de plusieurs milliers par an.

La crise a, semble-t-il, érodé légèrement le rythme d’accroissement de la fonction territoriale et hospitalière, qui compense toutefois encore très bien la diminution du nombre d’agents de la fonction nationale. Youpi. A ce rythme, le nombre de fonctionnaires dans le pays repassera sous la barre des 10% d’actifs en 2100 ou quelque chose comme ça.

Ministère des Sévices PublicsEn attendant, les fonctionnaires et assimilés représentent donc 20.4% de l’emploi total en France, ce qui fera frémir très légèrement toute personne sensée, surtout si l’on tient compte de la façon dont, justement, l’emploi évolue dans le pays actuellement. Selon les chiffres de Bercy épluchés par le site Acteurs Publics, on baigne même dans l’euphorie de recrutement au niveau des collectivités territoriales puisque depuis 2002, leurs effectifs ont grossi de plus de 18%, à raison de 2.5% par an, pendant que l’emploi dans le secteur privé a, lui, progressé au rythme de 0.4% …

On notera d’ailleurs sans mal qu’à cette augmentation constante du nombre d’employés de la fonction publique sur les trente dernières années correspond une augmentation constante de la dépense publique, une augmentation encore plus rapide du poids des prélèvements fiscaux, taxatoires et vexatoires, et une indestructibilité du chômage de masse (avec des records réguliers).

Attention cependant : tout lien de l’un à l’autre n’est que le fruit des esprits pervers turbo-libéraux qui remplissent les esprits laborieux de pensées séditieuses et de propos malsains dont la portée contre-révolutionnaire et petite-bourgeoise ne laisse aucun doute. Ne vous laissez pas avoir !

En réalité, il n’y a guère qu’une toute petite partie de la population qui peut encore croire que les services publics de notre pays sont en voie de disparition ou dans la menace d’une évaporation par manque de personnel ; tout le monde comprend bien qu’il y a, maintenant, trop de personnel dans une administration qui entend maintenant gérer des domaines toujours plus vastes, depuis la nourriture pour bébé jusqu’aux réacteurs nucléaires en passant par l’agencement des platanes sur une route départementale ou la façon dont les particuliers doivent se chauffer, s’habiller ou s’accommoder les uns les autres (et ça ira jusqu’au choix de la sauce lorsqu’on en sera arrivé là). Et tout le monde comprend, même si parfois confusément, qu’une telle pléthore de ressources humaines employée à de si médiocres résultats (la queue aux urgences, devant les guichets d’administrations, des classes surpeuplées, etc…) ne peut s’expliquer que si l’on admet, enfin, qu’une proportion non nulle d’employés ne fait tout simplement pas son travail.

Mais le plus incroyable est que l’Etat, ce faisant, a signé sa propre perte.

D’un côté, il a augmenté sa masse salariale dans des proportions qui ne sont plus, de facto, soutenable ; les dettes sont tous les ans creusées parce que les frais de fonctionnement ne sont plus couverts avec ce que rapportent les ponctions, pourtant démentielles. Le clientélisme, la fausse solution de l’emploi public contre le chômage, et la couillemollisation massive et habituelle du corps politique auront abondé à la tendance lourde d’accroissement de personnel.

De l’autre côté, lorsqu’il va s’agir de sauver ses miches, l’Etat (et, plus précisément, les politiciens qui sucent à ses mamelles) devra arbitrer entre augmenter encore les impôts et diminuer ses dépenses. On comprend qu’il choisira avant tout d’augmenter les ponctions, y compris sur ses salariés, reprenant ainsi d’une main ce qu’il leur aura donné de l’autre. Eh oui : si les gens sont prêts à sortir dans la rue lorsqu’on leur sucre leur salaire, leur pension, leur indemnité, ils ne bougent qu’assez peu lorsqu’on les leur donne quitte à les reprendre ensuite…

Autrement dit, l’Etat a créé une classe moyenne captive, assujettie à ses largesses, qui chérit cette entité marâtre qui, de l’autre côté, va lui retirer à peu près toute dignité à mesure que la situation deviendra intenable. Pire : en introduisant de fait des traitements plus favorables à ses salariés qu’aux salariés du privé, il crée à terme une situation plus que délicate voire insurrectionnelle lorsque les seconds vont se rendre compte qu’ils sont les dindons de la farce des premiers, sans espoir d’amélioration.

Parce qu’une chose est certaine : plus de 20% de personnes travaillent avec l’argent pris sur les 80% restant, et sans que cet argent suffise ! Ce qui est arrivé à la Grèce, ce qui se passe du côté d’Athènes actuellement va mathématiquement se produire, le temps venu, en France et du côté de Paris.

La question n’est donc plus « si », mais « quand ».

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Commentaires48

  1. David Brabant

    « En attendant, les fonctionnaires et assimilés représentent donc 20.4% de l’emploi total en France. »

    Veinards que vous êtes. Chez nous, au Wallonistan, ça vous explose. Sans rire.

    1. Maleypart

      J’ai eu l’occasion de passer quelques temps à Charleroi… et c’est là que j’ai saisi l’essentiel des reproches légitimes faits par les Flamands envers les Wallons.

      Contrairement à leur délire nationaliste et victimaire, la partie économique m’a paru crédible.

  2. Pascale

    On pourrait aussi dire que 20% des salariés « bouffent » littéralement 56% de la richesse créée par les 80% restant, en salaires et avantages pour eux mêmes et en distributions diverses et variées à d’autres agents économiques afin de garantir leur situation.

    Toujours excellent, H16. Résumé clair et concis de « La route de la servitude » de Hayek.

  3. Milpa Bagen

    Le problème n’est pas tant le nombre(enfin oui aussi) que la qualité du travail effectué, et surtout la partie obèse de la fonction publique qui sert à contrôler que le travail soit fait. Quand une bonne partie des heures effectuées sont des tâches qui sont faites que pour prouver que l’ont à bien effectuer son travail… C’est la spirale infernale de la non efficacité. Du coup hop on engage un gars pour compiler tous cela et faire de magnifique analyse sur PowerPoint pour comprendre pourquoi les fonctionnaire ne sont pas efficace. et on remet une couche de bordel organisé…
    Et ensuite tant que la culture de la fonction publique est que les administrés sont à leurs services, et en plus suspect de n’être pas coopératif, cela pourra pas aller mieux.

  4. Pascale

    «  »"En réalité, il n’y a guère qu’une toute petite partie de la population qui peut encore croire que les services publics de notre pays sont en voie de disparition ou dans la menace d’une évaporation par manque de personnel «  »"

    On entend pourtant les extrêmes gauches (NPA, CGT, ou autres) parler avec des trémolos dans la voix et des larmes coulant sur leur visage de « la destruction du service public (sous entendu par les forces du capital) » comme d’une catastrophe sans précédents qui va toucher la France. Pathétiques guignols !

    1. Paf

      pathetiques et dangereux puisqu’une fois qu’il n’y aura plus de sous, ils iront pendre du bourgeois sur les lampadaires sous pretexte que le turboliberamisme les met en esclavage…

    2. gnarf

      Le plus fort, c’est qu’ils ont raison. On le constate tous, les emplois de fonctionnaires en contact avec les usagers des services publics sont supprimes, remplaces par des postes de bureaucrates. Infirmier(e)s, profs qui enseignent vraiment, postiers…tout cela disparait vraiment.

      La meilleure facon de discuter avec les gens de gauche, c’est de leur faire reconnaitre ca.

      Oui le service aux usagers se degrade, et oui la depense et les effectifs augmentent. Le service public est donc en train de mourir de la proliferation de parasites.
      Et donc on peut tres bien supprimer ces parasites tout en maintenant ou meme rajoutant des fonctionnaires aux postes vraiment utiles.

      1. Pascale

        Bah, vous savez j’ai entendu un jour un gauchiste affirmer que c’était tant mieux si les riches quittaient la France car c’était des parasites.
        Je dois dire que j’en ai eu le bec cloué de stupéfaction et que je ne suis pas rentrée dans la discussion à l’idée de reprendre de zéro le raisonnement du gars. Il y avait trop de boulot et j’ai renoncé devant la hauteur de la tâche.

        1. Thomas

          Melenchon ? Hollande ?
          J’ai à peu près eu la même réaction après le visionnage de « In time » (Time Out en France). Un film de SF malheureusement marxiste, pire que « Inside job », basé dans un monde ou le temps est de l’argent…

          Le film s’est fait ouvrir au US (http://www.rottentomatoes.com/m/in_time/) mais je suis sur que Libé/le Monde/les inrocks vont le trouver génial.

          Amusant néanmoins cette propension du cinéma « engagé » à être socialauds. Peut être avez vous des contre exemeples, mais je n’ai pas souvenir d’avoir vu de films libéraux.

      2. hagakure23

        Pour les films libéraux je dirais Changeling effectivement de Clint Eastwood qui montre bien comment l’administration peut mentir juste pour obtenir des résultats. Même dans Million Dollar Baby, il y a un exposé assez frappant des ravages de l’aide social quand Maggie offre une maison à sa mère et qu’elle refuse pour continuer de toucher les aides sociales alors que sa fille lui propose de l’aider financièrement. Ca montre bien la destruction de la charité privée.

        J’ai récemment vu les films Ghostbusters et dans chacun d’eux les héros sont confrontés à un fonctionnaire aux méthodes staliniennes. Dans le premier il s’agit d’un inspecteur d’une agence gouvernementale qui à en charge la sécurité et l’écologie et qui fait fermer l’entreprise dans le deuxième un stratège qui les fait enfermer en asile psychiatrique, comme dans Changeling d’ailleurs, pour les empêcher de parler.

        1. hagakure23

          Je repensais au film libéraux et voilà une citation de Ghostbusters

          “You’ve never been out of college. You don’t know what it’s like out there. I’ve worked in the private sector. They expect results.”

      3. Maleypart

        @gnarf

        Exactement: j’en ai vu des vertes et des pas mûres, ayant travaillé un temps dans la fonction publique… et cela se résume souvent à une personne débordée (vraiment) de travail à terminer que d’autres n’ont pas fait/bâclé.
        Cette personne a raison de se plaindre, et elle est en droit de réclamer des « moyens », puisqu’en l’état elle est effectivement sur-exploitée.

        Le problème, c’est qu’elle est l’arbre qui cache la foret.

        Dans un monde normal, à minima elle serait augmentée, et les autres stagneraient… dans le nôtre, c’est elle qui stagne, aussi bien physiquement (puisque l’on voit bien qu’elle est indispensable) que du point de vu du salaire, pendant que les autres montent les échelons par « ancienneté », et parce qu’ils ont bien compris comment traficoter le système.

  5. kelevra

    dans toutes les mairies il y a plethore de fonctionnaires qui ne foutent rien de leur journee, le moindre papier demande des semaines pour etre obtenus, dans les intersyndicats communaux c est encore pire, vous avez 10 employes et 50 vice presidents qui emargent etc etc

    j ai lu cette semaine qu il y avait moitie moins d hopitaux en allemagne qu en france, alors que l allemagne a quasiment 40% de population de plus que la france. pourtant il me semble que les allemands ne soient pas moins bien soignes qu en france. ils travaillent peut etre un peu plus en allemagne…
    par exemple en france 25.000 sage-femmes pour 800.000 naissance, soit moins 40 naissance par an et par sage-femme donc moins d’une naissance par semaine, et pourtant encore cette semaine elles manifestaient car debordees de travail.

    1. Brandonwalsh

      En revanche, pas d’accord sur votre raisonnement des sages femmes. J’ai fait suffisamment de tours aux urgences pendant la grossesse de ma femme pour vous affirmer que votre moyenne nationale ne signifie absolument rien. La preuve qu’on peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres.

      1. kelevra

        il ne faut pas confondre les urgences debordees : les medecins de ville ne font pas leur travail, ne se deplacent plus, les urgences servent d assistance sociale etc et les services pediatriques ou tout marche au ralenti, il suffit d aller dans ces services pour se rendre compte que ca bosse pas bcp. en france on considere la maman qui donne naissance comme une malade qui ne peut accoucher qu a l hopital, aux pays bas par exemple bcp de naissance se font a domicile et il n y a pas plus de pb qu en france et evidemment ca compte bcp moins cher.

      2. Les chiffres sont têtus. Si les sages-femmes sont effectivement débordées, c’est soit qu’il y a beaucoup plus de naissances que ça, … soit que beaucoup trop de sage-femmes ne font pas d’accouchements.

        1. chabenj

          En effet, beaucoup de sages femmes ne font pas d’accouchement, elles sont plutôt spécialisées dans les cours d’accouchement avant la naissance. C’est mal?

  6. Franck Boizard

    D’accord avec votre analyse sauf sur la partie insurrectionnelle.

    J’y ai cru, je n’y crois plus.

    Le social-clientélisme lobotomise industriellement la population grâce à sa maitrise de la télévision. Quand on pense que les Français (et assimilés) de plus de 4 ans regardent la télévision EN MOYENNE 3h43 par jour, on comprend que cela suffise à contrôler la populace.

    1. Glam

      ah oui c’est un classique, si tu veux une bonne population bien vindicative il faut couper le robinet a tele en meme temps que celui a pognon…

      1. Pascale

        Le social-clientélisme, non seulement lobotomise, mais castre littéralement le citoyen lambda. Comment voulez vous que ce dernier ait la moindre velléité de se rebiffer quand des assoces sont à l’affut du moindre mot, du moindre geste « dérapage » pour le montrer à la vindicte médiatique et le traîner devant les tribunaux ? Le citoyen lambda n’a pas envie de se suicider socialement.

  7. Micka

    Encore un très bon « post », qui permet d’ouvrir les yeux sur une situation plus que délicate et qui ne semble pas changer malgré toute l’agitation politique du moment.
    Merci, de nous informer comme il se doit.

  8. Calvin

    Très juste et déprimant !
    En fait, chaque partie a raison, car les chiffres leur donnent raison à tous. Il suffit juste de choisir la bonne fenêtre.

    Un exemple précis me vient à l’esprit.
    L’absentéisme (maladie ou autre) des enseignants serait identique à celui des autres fonctionnaires (genre 6%).
    Donc, les rectorats provisionnent les remplaçants à hauteur de ce 6% global.
    Il suffit que l’absentéisme soit variable (ex : plus important autour des congés scolaires, inexistant sinon) pour que l’on voit régulièrement des remplaçants se tourner les pouces, puis des classes non suffisamment remplacées.
    Evidemment, comme le système est géographique (on va quand même pas déplacer des remplaçants dans un autre rectorat, hein ?!?!?), c’est souvent le cas.
    Au final, ceux qui disent qu’il n’y a pas assez de remplaçants ont raison.
    Ceux qui disent l’inverse aussi !!

    1. valuebreak

      ca alors ? l ‘absentéisme des profs est plus important avant et après les congés scolaires ? vos propos sont absurdement anti pédagogiques, non ?

      1. Calvin

        Je me borne à décrire un phénomène que j’ai constaté durant la frange étroite qui entoure les congés.
        Ce qui signifie seulement que certains profs ne peuvent tenir jusqu’aux vacances, ou ont du mal à reprendre juste après.
        Les semaines critiques restent celles qui entourent les congés, pas les autres.
        Je ne porte aucun jugement de valeur sur les raisons de ces défaillances.

  9. infraniouzes

    Pourquoi voulez-vous que ça change ? La France est le seul pays occidental qui a un parti communiste actif – avec forte capacité de nuisance via la CGT – et une armée de vieux maoïstes à l’Éducation nationale qui ont semé suffisamment de venin pour empoisonner plusieurs générations de Français.

    Et pour contrer ces malfaisants professionnels qu’est-ce qu’on a ? Des politiciens peureux, gluants et satisfaits d’eux-mêmes qui ne veulent surtout pas d’histoires pendant leur mandat. Leur credo: laissons rouler les affaires et chacun pour soi ou pour son clan.

    Comme dirait quelqu’un: ce pays est foutu. . . .

  10. Higgins

    Toujours aussi plaisant à lire. En complément, l’excellent post d’Aymeric Pontier sur ce sujet: http://aymericpontier.blogspot.com/2011/10/fonctionnaires-la-fin-de-la-politique.html

    On y note, entre autres, que: « … l’effet d’aubaine, qui fut créé par la vague des départs en retraite des français nés pendant le baby boom, va dès l’année prochaine commencer à se tarir, et le nombre des départs en retraite dans la fonction publique d’Etat va fortement diminuer entre 2012 et 2017, et se stabiliser autour de 40 000 par an, contre 60 à 70 000 pendant la présidence de Nicolas Sarkozy. » ou encore: « On voit de suite que la totalité des efforts ont été imputés aux fonctionnaires d’Etat travaillant dans les ministères, mais que les fonctionnaires des établissements publics administratifs eux ont été totalement épargnés. » et « Qui plus est, les économies espérées n’ont pas été au rendez-vous ! En effet, la masse salariale de l’Etat ne cesse d’augmenter. » avec pour finir: « Pour augmenter l’efficacité de l’Etat, tout n’a pas encore été essayé ceci dit, il y a certaines pistes mises en place par nos voisins européens dont nous pourrions aisément nous inspirer. De plus, il est sérieusement temps d’établir un contrôle citoyen de la gestion des collectivités territoriales. Car si la gestion de l’Etat passionne plus ou moins les médias, il n’en est rien en revanche de celle des collectivités. De fait, les citoyens sont très peu informés sur l’utilisation de l’argent public par les régions, les départements et les agglomérations. Des marges de progrès en perspective! »

  11. frednetick

    ah je retrouve le ton habituel et les raccourcis faciles !

    Une des évolutions majeures de ces dernières années s’appelle la décentralisation. Le souci de ce mécanisme institutionnel, c’est que le statut de la fonction publique d’État est particulièrement avantageux (voir le principe de parité par exemple) au regard de celui des collectivités ou des hôpitaux, ce qui a eu comme conséquence non prévue (mais pas non prévisible) que les transferts de compétences n’ont pas été suivis de transferts de personnels, « obligeant » les CT à recruter pour pouvoir exercer lesdites compétences (oui je sais il y a un jeu de mot facile, je ne doute pas que quelqu’un y recoure ici).

    Encore une fois tu fais abstraction d’une réalité, celle d’un choix entre privé et public pour la même activité. Tu lis la dépense en terme de fonctionnaires comme une dépense inutile alors qu’elle n’est que la substitution de dépense privée pour le même service.

    Pour mémoire (et de mémoire), une assurance privée a des frais de gestion de 8% y compris frais de pub et marketing, contre 4% pour la Sécu…

    On pourrait multiplier les exemples et les contre-exemples, voire même tirer une généralité d’une situation particulière (j’ai beaucoup aimé l’exemple du mail, pas du tout caricatural) mais dans un sens comme dans l’autre ce n’est absolument pas crédible car peu étayé.

    Allez je me lance quand même: fin d’AM en semaine, 17h45, coup de fil à une boite avec laquelle ma mairie travaille, bip bip bip…merci de rappeler durant nos horaires d’ouverture, de 9h à 12h et de 14h à 17H..

    je ne vous fais pas non plus le récit d’une ubuesque course poursuite avec le secrétariat d’un chirurgien dans une clinique privée, 14 coups de téléphone avant d’obtenir que quelqu’un décroche, proche d’un record non?

    1. L’Allemagne a une population plus importante et un nombre de fonctionnaires plus petit. Le service rendu est bien meilleur.
      Tout le reste, c’est du blabla qui veut expliquer un peu pourquoi tout ceci est bien triste et bien malheureux, sans tenter de remédier au problème qui n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais un problème de ressources.

      1. frednetick

        Péremptoire: « le service rendu est meilleur ». ça veut dire quoi ? sur tous les points ? Allez soyons fou, par exemple dans les crèches , avec un taux de fécondité au ras des pâquerettes le besoin d’accueil est bien moindre comment comparer?
        Une justice plus rapide, des taux d’encadrement en prison meilleur, des urgences moins surchargées ? Des chiffres, des études qui accrédite ton point de vue au delà de la révélation que tu as vraisemblablement eu ?
        On pourrait trouver des dizaines d’exemples qui prouvent le contraire, c’est de l’imprécation ton truc.

        1. Non, je n’ai rien du tout, c’est évident. Il n’y a pas de problèmes aux urgences en France et en Allemagne c’est pire. Il n’y a pas de problèmes dans les administrations et en Allemagne il y a des queues dès 3h du matin devant les préfectures pour renouveler les papiers, c’est connu. En France, les écoles ne sont pas bondées, les classes ne sont pas surchargées et les profs allemands ne sont pas mieux payés.

          Renseigne-toi un minimum, je t’en prie. La mauvaise foi, je veux bien deux ou trois phrases, pour donner le change, mais là, tu es juste ridicule.

    2. Isa

      Dans votre raisonnement (pour le moins biaisé car si les transferts de compétences n’ont pas eu pour corrolaire un transfert de personnel, c’est justement en raison du cloisonnement des postes et du manque de polyvalence dans la FP), vous oubliez sciemment que le (méchant) secteur privé a une obligation de rentabilité. Imaginez ce que serait le secteur public avec les mêmes contraintes…

      1. frednetick

        Mon raisonnement n’est pas biaisé, je relève justement qu’une partie du problème réside dans ce cloisonnement dont l’État est responsable. Quand ensuite on met tout le monde dans le même sac, sans tenir compte de cette réalité statutaire, alors on biaise le raisonnement, nuance.

        Pour ce qui est de la rentabilité, on pourrait en parler, oui quand on constate les taux de marges de certaines entreprises. Un exemple, votre forfait 2H à 15€ est vendu 5€ aux collectivités qui se groupent, le pigeon de consommateur finance plein de choses mais pas son intérêt.

        D’un autre côté je n’ignore rien des boites qui jouent les kamikazes en rognant partout, et surtout sur les droits de leurs employés (formation notamment) pour proposer des prix à la con..

        Le secteur public territorial (qui n’est pas blanc comme neige parfois non plus) est déjà astreint à au moins une contrainte, le vote d’un budget en équilibre, il parait que les entreprises ne le sont pas, ni l’État d’ailleurs…

        1. Guillaume

           » le vote d’un budget en équilibre, il parait que les entreprises ne le sont pas, »

          Une entreprise ne pourrait se permettre de rester 35 ans dans le rouge, elle serait liquidée bien avant si elle ne dispose pas de fonds propres ou de financements adéquats.

        2. Isa

          J’admets que je n’ai pas employé les bons arguments mais je maintiens que votre raisonnement est biaisé :
          1) Dans votre réponse, vous me parlez des taux de marge énormes de certaines entreprises. Or, quand on veut établir une généralité, mieux vaut choisir un exemple représentatif plutôt qu’une exception (vous connaissez certainement les marges d’exploitation des petites et moyennes entreprises)
          2) Dans votre message initial, vous répétez un argument bien connu sur le pourcentage de frais de gestion de la sécu et des mutuelles, dans le but de prétendre que la sécu est compétitive. Si vous me donnez le chiffre en valeur absolue (« juste » pour l’assurance maladie), on pourra parler sur des bases plus justes => 4% d’un peu plus de 200 milliards de budget… Une paille :-)

    3. Théo31

      « Tu lis la dépense en terme de fonctionnaires comme une dépense inutile alors qu’elle n’est que la substitution de dépense privée pour le même service. »

      Si tu me trouves une entreprise privée qui propose des postes de consultants à la démocratie participative comme chez Tartine Au Brie, tu gagnes un Carambar.

      Donc oui, dans la fonction publique, il y a tout plein de postes qui ne servent strictement à rien pour les montontribuables sauf à caser les copains de la clique au
      pouvoir.

      « des frais de gestion de 8% y compris frais de pub et marketing, contre 4% pour la Sécu… »

      Un monopole n’a pas besoin de faire de la pub pour enculer ceux qui le financent.

      « ce n’est absolument pas crédible »

      Il m’a fallu plus d’une semaine pour recevoir une attestation de la SS demandée par mail. Comme c’était urgent, j’ai dû me déplacer m’en faire imprimer une.

  12. Emma

    Excellente analyse H16. Sauf que comme Frank Boizard je ne crois pas à la situation insurrectionnelle. Depuis des dizaines d’années, la situation des salariés du privé n’a fait que se dégrader face à celle du secteur public et en plus ils le payent avec un fort taux de chômage qui ne touche pas ceux du public. Le diagnostic de ce parisitisme n’est fait que par les libéraux. Y remédier n’est donc même pas envisagé.

    Les salariés du privé sont disséminés, non organisés et donc incapables de se mobiliser comme ceux du public majoritairement syndiqués et structurés contre leur employeur, le plus mou qui soit, l’Etat qui cède à la première manif venue.

    Par ailleurs, les salariés du privé subissent la pression du marché, les autres n’en subissent aucune. Faire nombre est une de leur préoccupation principale, on le voit avec la proposition irresponsable d’embaucher 60 000 enseignants de plus. Ils préfèrent être plus nombreux plutôt que de gagner plus individuellement : à terme ils savent qu’ils gagneront encore plus.

    Je crois donc que l’Etat obèse continuera d’engraisser car on ne trouve aucune volonté ni aucun courage pour le faire drastiquement maigrir. Je ne vois pas d’issue.

    1. Je crois que vous surinterprétez mes propos. Je ne crois pas non plus à une insurrection. En revanche, le changement profond de mentalité interviendra, lorsque la génération courante aura enfin compris à quel point elle se fait tondre.

      Dans un premier temps, on aura droit à un discours collectiviste majoritaire, et il est probable que la France continue son enfoncement dans le socialisme le plus crasse.

      Mais lorsque la situation aura bien dégénéré (queues devant les alimentations, coupures d’électricités, grèves, urgences débordées, etc…), lentement, les tondus arrêteront d’adouber de leur votes les tondeurs, et le mouvement général vers moins de crédit, plus d’épargne, des budgets équilibrés se fera (passage de l’hiver au printemps de Kondratief). Cela prendra du temps.

  13. Pod

    Dans le fonctionnariat, on ne distingue jamais la partie front office et back office, si gigantesque qu’Ils ne savent même plus combien ils sont… Ce back office à la Brasil est le fond du problème; rien qu’à lEdnat’ il serait semble-t-il possible de remplir et d’empiler 3 ou 4 tours Montparnasse (ou plus) avec un personnel qui n’aura jamais aucun contact avec le moindre éléve…En définitive et dans ce cas comme dans tous les autres, que les « utiles » se débrouillent pour faire le ménage des inutiles qui grouillent et pervertissent leur système.

  14. Maleypart

    Quand je vois d’un côté des profs surchargés de travail à certains endroits, et d’autres qui se dorent la pilule dans d’autres coins, je me dis qu’on a effectivement un ressenti exact des gens lorsqu’ils dénoncent « la casse » du Service Public: il se casse sous son propre poids, par manque de souplesse de ses agents de bases, et par un déploiement « d’en haut » sidérant de nullité, sans parler des cadeaux électoralistes devenus monnaie courante dans notre pays.

    Alors geler les effectifs, certainement, mais surtout, vraiment redonner de la souplesse à la fonction plutôt que d’empiler des montagnes de types embauchés inutilement à vie, en face de personnes qui se crèvent pour des salaires de misère.

    Enfin, je ne crois ni à l’insurrection, ni même à un ras-le-bol des gens:
    - pas quand les coupables tout désignés sont « la finance », les « ultra-libéraux ».
    - pas quand le débat se résume à choisir entre beaucoup de Copinage/Keynes (les « ultra-libéraux » de l’UMP) ou beaucoup de Marx/Keynes (les « social-libéraux » traitres du PS).

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