La prochaine guerre numérique pour se passer de l’Etat

Ces dernières années, sur internet, nous avons assisté à une bataille rangée entre d’un côté les Etats, toujours friands de technologies pour espionner les petits internautes, et de l’autre, les internautes qui ne veulent pas se laisser faire. Et si, pour le moment, la bataille semblait rude, les prochaines étapes de l’affrontement, entre ceux qui veulent museler le peuple et les activistes qui travaillent pour qu’il n’en soit rien, promettent de se placer un ou deux crans au-dessus de ce qu’on a vu jusqu’à présent…

Côté Etats, on n’a pas fini d’accumuler les tentatives de juguler ou fermer ce nouvel espace de libertés que constitue internet. On se rappellera sans problèmes des tentatives minables comme la loi DADVSI en France, et ses dérives sécuritaires à la LOPPSI, qui pavèrent le chemin pour la mise en route de la Hautotorité ridicule, HADOPI. Et ailleurs dans le monde, les autres Etats n’ont pas attendu les déboires de la France pour accumuler les leurs, comme la loi PIPA aux Etats-Unis, rapidement suivie par la loi SOPA.

Cette avalanche d’acronymes tous plus ineptes les uns que les autres montre la frénésie qui s’est emparé des législateurs de toute la planète dès qu’ils ont entrevu le nouveau problème qui se posait à eux : avec l’avènement de la manipulation de l’information et du calcul à pas cher pour tout un chacun, avec la possibilité, au bout des doigts, pour tout le monde, de pouvoir dialoguer avec n’importe qui, de faire des affaires, de déplacer des capitaux et des informations sans passer par les étapes de contrôle de leurs douanes, de leurs services fiscaux et de leurs censeurs divers et variés, les Etats ont vite compris qu’ils allaient rapidement perdre le contrôle des éléments les plus importants nécessaires à leur survie.

Déjà, les citoyens du monde encore à peu près libre se rendent actuellement compte que l’information qui leur est délivrée par les médias traditionnels est entachée de biais plus ou moins supportables. Petit à petit, ils comprennent que certaines évidences qu’ils tenaient pour acquises n’en sont que parce qu’elles tiennent sur des prédicats bien fragiles (la monnaie papier en est le dernier exemple en date).

Et symétriquement, les Etats, par exemple lors de ce qu’on a appelé ensuite « Printemps Arabe », ont bien compris l’absolue nécessité de contrôler aussi fermement que possible les moyens de communication modernes. Et comme toujours dans ces cas là, les politiciens accumulent les tentatives pour faire passer leurs lubies sur le compte d’une nécessaire « régulation » qui va

  • permettre aux enfants de surfer sans tomber immédiatement dans les griffes de pédophiles compulsifs,
  • éviter aux artistes de mourir de faim dans la rue dans d’atroces souffrances,
  • consommateurs de trouver des informations précises et garanties, avec un joli label qualité,
  • services fiscaux de bien toucher toutes les gentilles taxes à l’import et à l’export,
  • etc…

Seulement à force d’ajouter des lois sur des règlements, des décrets sur des législations toujours plus touffues, l’espace de liberté gagné par les citoyens se réduit, et l’emprise des états sur notre vie privée, elle, augmente. Si l’on y ajoute l’évidente collusion d’intérêt (ou par l’usage de la force) entre les grosses sociétés privées avec les envies morbides et incontrôlables de l’Etat pour fourrer son oeil partout, on comprend que ce que nous faisons en ligne, ou même, avec extension des smartphones, partout où nous vivons, échappe de moins en moins aux « bons soins » des gouvernements.

On comprend dès lors l’intérêt particulier que je porte à de récentes initiatives privées.

Ainsi, à la suite du Chaos Communication Congress de Berlin, un groupe de technophiles avertis ont expliqué vouloir déjouer les tentatives de censure étatique en écartant internet de leur portée. Pour cela, ils envisagent de placer leurs propres satellites de communication en orbite, et créer leur propre Hackerspace Global Grid, qui permettra à la fois d’offrir un service à la hauteur de l’enjeu et de communiquer efficacement avec les satellites en question.

On peut juger que l’entreprise, vu d’ici et de maintenant, est largement trop ambitieuse. Cependant, elle ne souffre d’aucun obstacle sur le plan technique ; le seul point d’achoppement est constitué par le financement. Or, internet a déjà démontré que le Crowd Funding pouvait réaliser des miracles.

Et si le Crowd Funding ne permet pas toujours de rassembler les sommes dont il serait question ici, certains richissimes entrepreneurs pourraient bien venir en aide aux membres de ce projet, à l’instar de Peter Thiel, l’un des fondateurs de Paypal, qui envisage — dans le cadre du projet Seasteading — d’utiliser une partie de sa fortune pour mettre en place une ville flottante dans les eaux internationales, au large de la Californie, bypassant allègrement un certain nombre de problèmes avec les lois d’immigration américaine et en résolvant ainsi d’autres comme le coût du logement en Californie ou la difficulté à trouver du personnel compétent et le faire venir de l’étranger.

Seasteading platform

En réalité, les initiatives individuelles se multiplient fort heureusement pour contrer ce que les thuriféraires de l’action étatique tentent tous les jours. On trouve par exemple celle de David Darts qui propose aux internautes lambda de créer leur propre infrastructure de réseau wifi à des coûts extrêmement faibles, qui permet l’échange de données totalement anonyme et non traçable (ce qui, évidemment, file des boutons aux étatistes de toute la planète). Comme il l’explique lui-même,

« Des tas de gens rêvent de créer une version alternative de l’Internet actuel, dont ils ne veulent plus, car il est devenu mercantile, centralisé et surveillé de partout. »

On se doute ici que l’utilisation commerciale d’une telle possibilité ne tardera pas à venir, mais en même temps, on comprend que l’apparition de réseaux parallèles à internet, mobiles, fugaces et adaptables, constitue une vraie réponse à la censure toujours possible des gouvernements en mal de contrôle de leur population. Comme le note en résumé cet article-ci sur la conférence de Cory Doctorow au CCC mentionné ci-dessus,

Le souci réside dans le syllogisme selon lequel quelque chose doit être fait, je fais quelque chose, donc quelque chose est fait et qui a pour conséquence de considérer que toute défaillance est au final due à une régulation insuffisante plutôt qu’à un défaut de conception.

(On peut retrouver son intervention ici)

Bref, comme on peut le constater, la résistance s’organise, au fur et à mesure que la culture de l’information s’enracine dans la société humaine. C’est une excellente nouvelle, puisque ces outils technologiques et ces moyens de mettre les gens en relations les uns avec les autres permettent à chaque individu de se passer de plus en plus de l’Etat, et de recréer le lien inter-individuel que ce dernier avait tout fait pour éliminer en s’insérant systématiquement comme intermédiaire, avec un coût toujours plus grand.

À ce titre, il est impératif que chacun participe, à sa façon, en défendant ses propres droits (d’expression, d’action légitime), les moyens ne manquent pas (on trouve même des kits rassemblant des liens et des logiciels pour améliorer son anonymat sur internet, par exemple).

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Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
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Commentaires52

  1. Nicolas B.

    C’est un très bon article. Je ne voyais pas Internet comme ça… Un moyen d’éviter l’encombrant troisième intermédiaire!

    1. Censure ? T’es chez moi. Donc tu te plies à mes règles. Je ne t’interdis pas de parler sur ton blog, que je sache.

      La liberté d’expression, schnok, ce n’est pas le droit de taguer le mur du salon de ton voisin avec tes idées.

      1. Bécassine

        Donc il faut dire que tout est bien.
        Si tu habites en France, peut-être que tu as le droit de dire que tout n’est pas bien chez elle.

        1. Before

          Ok, let’s feed the troll :
          Ce que dis H16, et il me corrigera si je me trompe, c’est que t’as le droit de venir CHEZ LUI dire ce que tu veux, mais lui a le droit, étant CHEZ LUI, de garder ou pas ton commentaire, d’y répondre etc…
          D’un autre côté il te reconnait EXACTEMENT les mêmes droits CHEZ TOI, et en prime, je suis sûr qu’il ne réclame pas l’exacte réciprocité.
          Bref, liberté et responsabilité tant que tu respectes la liberté des autres.

      2. RonRon

        chez toi ? Non, là c’est la partie commentaire.

        Tu plaisantes ? Je paie pour tout, y compris pour la partie commentaire. Donc j’en fais ce que je veux.

        Tu n’es pas forcé de laisser les com. ouverts.

        Et tu n’es pas obligé d’y déposer des crottes.

        Dans tous les cas ta censure est l’aveu de la faiblesse de tes arguments.

        La censure est l’aveux que je n’ai pas de temps à passer avec des abrutis. Temps fini, bêtise infinie, on coupe. De toute façon, ce gros « taunt » à deux francs six sous est typique des gens qui sont en déficit d’affection et d’attention de la part des autres, et qui meeeeeeeeurent d’envie d’exprimer une opinion, aussi conne et mal foutue soit-elle. Bah ici, non, y’a un niveau en dessous duquel on te fait taire : trop con => muet.

        Personne ne te reprocherait de censurer les insultes, mais non les insultes,tu les laisses passer, tu ne censure(s) que des opinions qui te déranges. Tes vieilles lunes sont tellement simple à démonter …

        Non seulement je laisse passer les insultes, mais surtout celles qui sont amusantes. Et si tu n’es pas content, tu ne viens pas ici et c’est tout. Et puis rien ne t’empêche de faire un blog, et tenter de faire valoir ce que tu fais passer pour une opinion.

  2. Pascale

    Cet article d’hier sur Contrepoints va dans le même sens que votre analyse sur les effets de la liberté sur internet :

    https://www.contrepoints.org/2012/01/11/64466-president-ron-paul

    Les gouvernements paniquent et c’est très bien. La première des conséquences, et à mon avis la plus importante, c’est l’avancée technologique que ces tentatives de museler les hommes provoquent. Ca laisse un goût d’optimisme dans les capacités des hommes à défendre leur liberté.

  3. Nord

    Bravo #!!!

    Ca me fait penser(dans ‘esprit de la chose) à « […] And you’ll see why 1984 won’t be like ‘1984.’  » sauf qu’on y est presque, aujourd’hui, dans le cauchemar du sieur Orwell. D’où l’intérêt de billets comme celui-ci, car beaucoup ignorent (ou fantasment sur) les solutions proposées par e.a. les hackers.

    Ceci étant, le contrôle de l’information et le fichage sont deux éléments constitutifs du pouvoir et de sa pérennité, et ce de tout temps(Fouché se démerdait très bien sans ordi 😉 ) Parler de ‘résistance’ est donc très à-propos.

  4. Pod

    Personnellement, The anonymous me plaît bien.

    J’aimerai un bon DDoS le soir des sondages et résultats électoraux de mai prochain, histoire de mettre en lumière le gigantesque challenger auquel aucun des clowns en lice (les politiques, leurs sondeurs & journaleux subventionnés) n’auront pensé : normal, ils n’y comprennent RIEN.
    Ce serait très sympa que ça leur e-pète au nez : ils y perdraient de leur Superbe arrogante.

    Pour faire court, la notion « d’individu anonyme MAIS actif » me plaît, en opposition totale au Moutonisme sur-fliqué et fiscalisé (collectivisme socialisé) que nous sommes nombreux à soutenir ici.

    1. GM

      Moui, ils sont quand même salement influencés par la propagande ambiante, les Anonymous, ou du moins ceux qui aiment à s’y identifier. Ils ont la technique, mais pas la cohérence d’idées derrière, et du coup ils tirent un peu dans tous les sens. Le piratage de STRATFOR par exemple, revendiqué sur la foi d’affinités peu évidentes avec le mouvement néo-conservateur, était parfaitement stupide et contre-productif. Les effets d’annonce sur d’éventuels piratages de Wall Street et Facebook aussi. Anonymous laisse un peu une impression brouillonne d’Indignés du net qui n’incite pas à placer en eux beaucoup d’espoirs potentiels ; pour ces raisons, je ne crois pas tellement à de vraies opérations sur les prochaines échéances.

      1. Pod

        C’est en effet leur limite : la frontière anarchique est située au carrefour des individualités et leur superposition désorganisée.

        J’apprécie avant tout l’initiative du groupe, en tant que contre pouvoir relativement incorruptible par construction. @ Anonymous, Il n’y a pas de tête, donc de noyautage clientéliste potentiel (hors manipulation subversive) : c’est la force de ce mouvement mais aussi sa faiblesse (utopie).

  5. eheime

    Chaque fois qu’un domaine devient « grand public » arrive tout un cortège de bien-pensance et de règlementations stupides.

    Je ne suis pas certain que ce soit vraiment les gouvernements qui sont à l’initiative. Je pense plutôt que le « grand public », la masse, est démandeur.

    En effet, tant qu’un domaine reste l’affaire de personnes « averties », « initiées », d’une élite en quelque sorte, ce petit monde connait bien les règles naturelles inhérentes et les accepte.

    Par exemple en informatique personne ne demandait à légiférer sur les virus, le bug de l’an 2000 .. , la copie de logiciels (qui a toujours existé), la protection parentale ou le risque d’etre confronté à des images pédophiles. En haute montagne les escaladeurs ne demandent pas de panneaux de signalisation ou d’intervention de l’Etat pour les protéger d’eux mêmes face au froid ou aux chutes. De même les véli-marins qui prennent des risques ne démandent aucune réglementation sur le Vendée Globe ou la coupe de l’America. Des domaines comme l’automobile ou l’aviation sont un peu différents en ce qu’ils créaient un risque pour les autres non initiés.

    Mais dès qu’un de ces domaines s’ouvre au grand public, et cela a été le cas de l’informatique, le grand public prend peur de ce nouveau monde qui lui est « imposé » (ce qui n’est évidemment pas le cas en réalité mais c’est l’impression qu’il a). Le grand public n’est en effet pas dans une démarche de découverte, d’initiation, mais de consommation voire de tendance subie, et il demande alors ses « droit à », et l’absence de responsabilité de sa part. Suivent derriere tout une palenquée de journaleux ignares qui conforteront ce sentiment. Ne sachant pas eux-mêmes de quoi ils parlent, il leur est impossible de se faire enseignants sur le sujet.

    Ajoutez derrière de gros intérêts commerciaux avec de puissants lobbies et comme par hasard vous avez des bonnes lois sorties de nulle part qui n’ont ni queue ni tête et qui dénature le domaine initial pur un faire un produit de masse.

    Ma conclusion c’est que lorsque vous aimez un domaine précis, gardez le un peu secret, ne faites pas trop de bruit. Car dès que Monsieur Duchemolle s’en mêle, les journaleux s’en mêlent, puis l’Etat s’en mêle, et le passionné subit ! Il en va ainsi de tous les sports, toutes les technologies, toutes les aventures humaines intellectuelles ou physiques.

    1. Calvin

      Très très intéressante cette analyse.
      (A mettre dans le même sac que l’auto-censure que s’infligent les journalistes.)
      Je n’y avait pas pensé, car, trouvant en Internet un outil à fort potentiel, je pensais que tout le monde aurait cette vision.
      Or, Eheime a raison : la majorité des gens veulent être (re)cadrés.
      le problème, c’est que les étatistes ne font pas dans la demi-mesure, et ne connaissent pas de limite.

      1. Pascale

        C’est ce qu’on appelle le moutonisme dont parle un blogueur un peu plus haut.

        La majorité des gens veulent surtout avoir la sensation d’être protégés et ils sont manifestement prêts à toutes les compromissions pour l’être, même et surtout à perdre leur liberté.

        Il semble que cela soit du à un long conditionnement s’étalant sur des décennies durant lequel on leur a inculqué que l’État (forcément socialiste et forcément bienveillant) seul pouvait leur assurer cette tranquillité.

        1. Pod

          « La majorité des gens veulent surtout avoir la sensation d’être protégés et ils sont manifestement prêts à toutes les compromissions pour l’être, même et surtout à perdre leur liberté. »

          Abolument exact.

        2. Franck

          La lecture de Bertrand de Jouvenel « Du Pouvoir » apprend que la recherche systématique d’un chef — qui nous protège, nous guide, mais en qui on place des espoirs irréalisables — est ancrée dans la nature humaine.

          Je ne pense donc pas qu’il s’agisse de conditionnement et que ce soit si récent, même si les démocraties sociales n’ont certainement rien fait pour arranger les choses…

          Par ailleurs, analyse très intéressante de eheime.

        3. Alx

          Ce n’est pas Jefferson qui a dit « l’homme qui est prêt a sacrifier une once de liberté pour une once de securité ne mérite ni la liberté, ni la sécurité »?

        4. Eheime

          Je reviens sur mon propos, après réflexion.

          Je signifiais que c’était un problème de connaissance, de démarche dans l’abord de la pratique.

          Mais j’avais tort. Un exemple :

          Un type invente l’ULM.
          Il se plante et se tue.
          Les gens disent : « le fou s’est tué, ah, ah, ah ! »

          100000 types font de l’ULM avec la même démarche intellectuelle (découverte, passion, ..)
          Il se plantent et se tuent.

          Même si aucun de ceux qui pratiquent encore l’ULM ne demande rien, les non praticiens diront certainement :
          « il faut une loi pour sauver malgré eux ceux qui font de l’ULM ».

          Je tente une explication :

          Les non praticiens auront peur de devenir ULMistes malgré eux, ou qu’un proche le devienne, compte tenu du nombre important de praticiens et de décès. Ils demanderont au gouvernement d’agir.

          Mais ce n’est pas immuable :

          Autrefois, par exemple, faire du cheval était vraiment dangereux. Beaucoup plus que de croiser à 200 km/h seul sur une autoroute.

          Mais personne ne trouvait à redire. Il ne venait à personne l’idée d’interdire la chevauchée d’un animal. Car on estimait que chacun était libre de ses actions et responsable de lui-même.

          Il doit donc être possible de revenir à cet état d’esprit. L’espoir n’est donc pas perdu !

    2. Pandora

      Pas d’accord.
      Ce sont les parasites vivant de l’argent des autres qui demandent toujours plus de protection. Et l’Etat, ou plutôt les hommes qui sont derrière cette grande fiction en fait évidemment partie.
      Le « grand public », qui agit en essayant de respecter les lois, aimerait bien pouvoir essayer les nouveaux produits sans avoir toutes ces réglementations qui entravent sa liberté.

      1. Pandora

        « Le peuple, accoutumé à tout attendre de l’Etat, ne l’accuse pas de trop en faire, mais de ne pas en faire assez ».
        Bastiat.

        1. Pascale

          Encore une fois il avait raison : d’après un sondage paru l’automne dernier la majorité des Français veut une plus grande implication de l’État partout.

          Personnellement je trouve cela terrifiant

      2. Eheime

        @ pandora

        « Le « grand public », qui agit en essayant de respecter les lois, aimerait bien pouvoir essayer les nouveaux produits sans avoir toutes ces réglementations qui entravent sa liberté. »

        Pas d’accord . Quand je discute autour de moi, souvent les gens me regardent ébaillis quand je propose de supprimer 90% de l’arsenal législatif.

        Et ils me disent que « c’est pour notre bien ».

        Il faut souvent des débats longs pour prouver et convaincre du contraire … quand j’y parviens !

        Un exemple qui illustre cela et qui marche bien en France : le port d’arme.

        Il faut 1 heure en France pour se procurer une arme à feu illégalement et un permis de chasse suffit sinon.

        Tous les malfrats ont des armes et ils s’en servent.

        Dans les campagnes, beaucoup de gens ont une arme (ils sont d’ailleurs rarement cambriolés curieusement …)

        Les armes sont donc une réalité en France.

        En Suisse c’est même obligatoire pour certains.

        Pourtant si je dis, j’aimerais avoir le droit de posseder une arme pour me défendre, on me cite les Etats Unis pour justifier qu’il faut les interdire.

        L’interdiction des armes n’empeche pas des tragédies comme en Norvège, elle n’est même pas une réalité dans les endroits « chauds », la Suisse vit très paisiblement avec ses armes, mais en France ça choque immédiatement de poser la question de l’interdiction des armes.

        Conclusion : la justification de l’interdiction ne repose sur aucune réalité. Mais les gens sont attachés à cette privation de liberté.

        J’ai du mal à en comprendre les raisons.

    3. Before

      « En haute montagne les escaladeurs ne demandent pas de panneaux de signalisation ou d’intervention de l’Etat pour les protéger d’eux mêmes face au froid ou aux chutes »

      Anecdotique, mais le sujet fait débat, et les avis sont en majorité pour la liberté et la responsabilité de chacun, ce qui abonde dans votre sens : http://www.camptocamp.org/forums/viewtopic.php?id=209563

      1. Before

        J’ai commenté top vite, sans avoir lu la fin : l’exemple de l’escalade et particulièrement bien choisi.
        L’augmentation du nombre de pratiquants réduit l’espace de liberté (et quel espace !) des activités d’escalade et d’alpinisme en augmentant les préoccupations sur la sécurité et sur la recherche du désengagement de responsabilité …

        1. Eheime

          Ce qui est terrible, c’est qu’il suffit d’un bouffon pour dire « gnagnagna, on fait ceci pour cela alors pourquoi pas ici … les gens qui meurent c’est triste .. et la tristesse c’est pas beau .. et gnagnagna » pour attendrir toute une population de poltrons qui acquièce ensuite gaiement à sa propre privation de liberté.

  6. GM

    Vraiment excellent tout ça. On se surprend à rêver d’en arriver à un stade où les Etats n’auront d’autre choix que déposer les armes sur le contrôle de l’information privée – tout en craignant cette petite voix qui susurre que la criminalisation graduelle de la dissidence reste la plus probable, sur fond de grandes envolées autour des aspirations supposées des masses à la sécurité.

    Dans un ordre d’idées comparable : http://www.ritholtz.com/blog/2012/01/40-of-americans-are-now-independents/.

    1. Eheime

      Moi ce que je constate c’est qu’en criminalisant l’automobiliste en petit excès de vitesse, désormais les gens annoncent la présence des policiers.

      Du coup si vous êtes fugitif, dealer, ou évadé de prison, vous savez où il ne faut pas être …

      Avec hadopi et autre bêtise anti-images-qui-transforment-les-gens-en-pédophiles-malgré-eux, les (relativement) honnêtes citoyens se protègent et chiffrent leurs données, là où avant ils agissaient à découvert.

      Du coup les pédophiles et autres térroristes peuvent chiffrer leurs communications sans plus attirer l’attention que celui qui échange des mp3…

      1. Pascale

        Bien sûr. En criminalisant le citoyen moyen (automobiliste, client de prostituées etc ….) le véritable criminel peut beaucoup plus facilement se noyer « dans la masse » puisque tout le monde est coupable ‘a priori’.

  7. Jesrad

    Dans les romans de Greg Egan, on trouve de manière récurrente un système monétaire/financier déconnecté des états, transitant entièrement par satellites indépendants et privés. Généralement chaque consortium bancaire propose sa propre monnaie (privée aussi). J’ai hâte.

  8. Guillaume

    Bon, il ne faudrait pas gâcher la fête de ce post en rappelant que le gouvernement fédéral Américain, donc un état, est à l’origine d’Internet. Mais bon, c’est la « reprise » de cette invention, initialement destinée à la défense, par des universitaires, puis des geeks puis des entreprneurs qui ont fait le net moderne.

    Je suis globalement d’accord avec le post.

    1. Eheime

      Oui faut jamais agir par idéologisme, mais par rationalité.

      L’Etat peut faire de bonnes choses.
      Et il peut en faire de mauvaises.
      Comme les hommes.
      C’est d’autant moins surprenant que l’Etat est une somme d’humains.

      La question est plutot : l’Etat est-il la meilleure façon de faire ceci ou cela ?

      Il y a d’autres exemples comme notamment les grands groupes nationaux ou fortement aidés et qui deviennent des fer de lance tels que Nokia Samsung EDF Areva Bouygues Toshiba VolksWagen Airbus ….

      Ils auraient probablement existé sans les Etats mais en tout cas ils existent

      1. Paf

        « L’Etat peut faire de bonnes choses. »

        pour deux fois plus cher, avec des degats collateraux rarement relevés et des consequences nefastes a si long terme qu’on peine a voir d’ou elles viennent quand on s’en rend compte.

        1. Eheime

          J’ai beau être libéral d’esprit , je suis obligé obligé de constater que l’Etat laisse :

          – le Chateau de Versailles (sauvé par un Américain libéral richissime)

          – des grands groupes qui sont souvent le produit d’une volonté étatique (j’ai cité des exemples plus haut) et sont tout de même des atouts pour certains pays. Atouts que d’autres pays plus anarchiques n’ont pas.

          – une armée américaine qui a défait ou tenu à distance une palanquée de pays communistes (pour ne pas dire dictatoriaux) en s’immiçant tres fortement dans certaines entreprises privées

          Ce n’est pas niable

          Je ne suis donc pas contre tout initiative étatique par principe.

          Je suis contre toute initiative étatique qui ne justifie pas un intérêt clairement établi et fort (ce qui est rarement le cas surtout avec nos dirigeants actuels).

          Oui, il y a eu des dégats colatéraux. Toute action entraîne des conséquences. Fussent-elles privées ou publiques. Je suis contre la justification qui consiste à dire « ne faisons rien car il pourrait il y avoir des dégats » car sinon on ne fait jamais rien. Le principe de précaution (donc ça vaut pour le principe de précaution anti-Etat) ne vaut que s’il justifie d’un intérêt clairement établi et fort …

  9. Pascale

    « Si tu préfères le bien-être à la liberté, la tranquillité de la servitude au défi exaltant d’être libre, retourne en paix chez toi. »

    Samuel Adams – 1722-1803

  10. gem

    hier à la radio, un expert dont j’ai pas retenu le nom soulignait que dans un proche passé, les états pouvaient encore pister les opérations de blanchiment de l’argent de la drogue, du terrorisme ou de la corruption ; mais que maintenant c’est devenu parfaitement impossible : la demande de confidentialité des opérateurs honnêtes à susciter la mise en place de mécanismes d’anonymisation dont les criminels ont profité

    1. Paf

      « à susciter »

      « a suscité »
      ca peut servir de bien accorder pour qu’on comprenne la phrase.il y a autre chose que de l’odieuse propaglande a la radio froncaise?

  11. twin

    l’ULM est une classification administrative même au ciel l’état maman a une directive et une administration le ministère du développement du râble et des transports

  12. T-Buster

    Je vais quand même un tantinet taquin….
    Pourquoi h16 il y a toujours ce bouton espion qu’est le like Facebook?
    Pour moi il représente justement le vers dans le fruit, car il permet justement un espionnage et donc un contrôle des internautes.
    Dommage de le trouver ici

    1. C’est par une société privé. Si je n’en veux pas, je ne clique pas. Si je ne veux pas de leurs services, je l’enlève. De fait, Facebook ou Google ne représentent sérieusement aucune menace tant que les Etats sont faibles : ces sociétés n’auront aucun intérêt à entrer en collusion ou en connivence avec elles. Et si l’Etat est fort, c’est exactement l’inverse.

      Combattre contre des sociétés privées pour les empêcher de lobbyiser, c’est combattre le symptôme, pas la maladie. La maladie, c’est l’Etat fort, puissant, et donc intéressant pour ces sociétés.

      1. Franck

        « Combattre contre des sociétés privées pour les empêcher de lobbyiser, c’est combattre le symptôme, pas la maladie. La maladie, c’est l’Etat fort, puissant, et donc intéressant pour ces sociétés. »

        +1

        S’acharner sur les symptômes tout en ignorant la cause (par méconnaissance ou idéologie) est très répandu — et les domaines ne manquent pas: économie, médecine…

  13. channy

    #Petit à petit, ils comprennent que certaines évidences qu’ils tenaient pour acquises n’en sont que parce qu’elles tiennent sur des prédicats bien fragiles (la monnaie papier en est le dernier exemple en date#
    Vous en etes sur H16?, parce que ayant vecu le crash economique en asie du sud est en 1997, je peux peux vous affirmer que c est comme si rien ne c etait passe..beaucoup de gens y ont laisse leurs economies d une vie a l epoque…mais maintenant c est comme si rien ne c etait passe..le billet de banque est redevenu la valeur supreme de reference..(tout comme les produits rolex,mercedes, apple etc)..les gens ont une memoire de poisson rouge..au pire on changera la couleur des bouts de papier et les tetes imprimees dessus

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