Petits éléments d’économie gênants à l’usage des optimistes

Et si la crise était terminée ? Non parce que bon, là, tous les indices remontent ! L’environnement devient même favorable aux actions ! Moui. Peut-être. Mais à bien y regarder, restons prudent.

Comme le fait justement remarquer Charles Gave dans son dernier billet, s’il semble en effet que la situation s’éclaircit un peu concernant les actions sur le marché américain, nous allons manifestement au devant de ce qu’il nomme lui-même un « bear market d’anthologie » sur le marché obligataire.

En clair, les bons d’états vont avoir du mal à se vendre. Et devinez quel Etat doit, régulièrement, distribuer des bons comme des cacahuètes à l’apéritif ? L’état américain, certes, mais surtout les Etats européens, à commencer par la France, l’Espagne, le Portugal et l’Italie.

Pour le cas français, on sait déjà que l’année qui s’avance doucement est déjà remplie de trous et de bosses que le petit chariot gouvernemental n’aura pas les moyens d’éviter. Comme je l’avais mentionné dans un précédent billet, on note déjà des petites tensions de paiement dans certaines administration. La belle voix grave de Baroin, le stagiaire de Bercy, n’apportera qu’un timbre agréable aux mauvaises nouvelles qu’il nous annoncera dans les prochaines semaines, et son remplaçant va se retrouver avec de bien pires fables à nous débiter les mois suivants.

J’en veux pour preuve l’information suivante, gentiment pointée par l’un de mes lecteurs, normalement barbante mais qui prend son sel en ces temps de crise : la CADES, l’institution ayant pour mission d’amortir la dette le gouffre social français, se refinance pour partie en dollars américains, et c’est déjà, en soi, assez comique de constater que le retraité californien est en train, sans le savoir, d’abonder aux retraites des pensionnés français (entre autres), et même en Peso Mexicain, ce qui permet au petit paysan mexicain de participer joyeusement à la déroute française (youpi).

Du reste, quand on apprend que le montant total des besoins se monte à 40 milliards d’euros, et que ces montants sont appelés à grossir façon Moussaka Géante, on comprend qu’il vaut mieux faire très attention à cette institution, qui passe depuis tant d’années sous le radar de la presse.

Parallèlement à cet élément qui doit faire réfléchir l’optimiste qui s’exprime bruyamment en chaque Français lorsqu’il doit remplir sa voiture de taxes d’essence, la situation générale de l’Italie et du Portugal laisse perplexe.

Pour l’Italie, on apprend que le gouvernement italien a largué, discrètement, la jolie somme de 3.4 milliards d’euros afin de sortir d’un prêt dangereux dans lequel il s’était lancé quelques années auparavant et qui, s’il l’avait conservé, lui aurait coûté une fortune. Là, cette opération ne lui revient finalement « qu’à » la moitié de l’augmentation des taxes votée dernièrement par Monti. Pour le moment, les petits jeux italiens sur les dérivés lui ont en effet coûté 31 milliards jusqu’à présent, si l’on tient compte des chiffres fournis par Bloomberg.

Pour mémoire, les prêts que l’Italie vient d’annuler (moyennant finance, donc) sont de même nature que les montages rocambolesques de Dexia ou Natixis, goulûment acceptés par les municipalités françaises maintenant au bord de la faillite.

Quant au Portugal, l’écart de taux entre ses emprunts d’Etat à dix ans et le Bund allemand (la « référence ») n’a pas arrêté de s’accroître au fur et à mesure que la crise grecque se développait, avec une légère remontée depuis la semaine dernière. Tout indique qu’un second plan d’aide pour ce pays va devoir être mis en place (après le premier, de 78 milliards d’euros). Le fait que Lisbonne soit arrivé à tenir son objectif de déficit public en 2011 ne rassure qu’un peu, si l’on tient compte des bidouilles comptables qui ont permis d’arriver à cet objectif.

Ces éléments permettent donc aux gros gourmands d’argent gratuit de réclamer un nouveau plan, estimant que l’Europe doit sauver ce pays méritant pour conserver sa « crédibilité ». Si ce discours vous rappelle celui tenu pour la Grèce, c’est normal.

Une question reste en suspend : qui, de l’Espagne ou du Portugal, explosera en premier ? La question est d’autant plus pertinente que même outre-Atlantique, on se la pose lorsqu’on apprend que plus de 47% des prêts accordés par la BCE aux banques de l’Euro-systèmes sont allés … aux banques espagnoles.

Mais tout ceci est, finalement, un peu « business as usual » alors que le monde continue à trottiner vers une inflation galopante.

Il va de soi que je ne sais pas quand ni comment cette inflation surviendra, mais force est de constater que les grands acteurs du monde s’y préparent aussi discrètement que possible. On se rappellera des récents mouvements violents sur l’or et l’argent, qui indiquent assez clairement les manipulations massives que ces marchés subissent. On pourra aussi ajouter les informations qui pointent toutes dans le même sens concernant la Chine et l’Inde, qui continuent d’acheter des métaux précieux comme jamais auparavant. La Chine, notamment, n’hésite plus à débourser quasiment sans compter ses dollars papiers pour acquérir de grosses quantité d’or ou les mines correspondantes.

Si d’un côté, certains achètent et entreposent de l’or, et d’un autre côté, d’autres produisent du papier à tire-larigot, la seule question qu’on est amené à se poser est de savoir comment l’inflation va se traduire concrètement, à quelle vitesse et sur quels produits en premier, mais en tout cas, il devient difficile de l’ignorer. Du reste, l’histoire prouve que le bricolage continuel sur les monnaies aboutit toujours au même résultat …

Cours du denarius, Rome, premiers siècles ap. JC.

Enfin, voici un élément que je soumets à votre réflexion ne l’ayant pas vu discuté ailleurs.

Un blogueur américain s’est piqué de savoir, devant la recrudescence des bulletins d’information signalant la démission de PDG de groupes importants, si ces démissions étaient effectivement plus fréquentes actuellement ou si les médias les reportaient plus.

Déterminé à découvrir s’il y avait bel et bien augmentation, notre individu s’est donc reporté à la base de donnée EDGAR, de la Securities and Exchange Commission (le gendarme boursier américain). En effet, les lois américaines imposent aux compagnies cotées sur les marchés de publier chaque démission d’un membre de leur conseil d’administration. Cette publication est recensée dans des formulaires (le 8-K, élément 5.02). Une recherche par date et sur les termes « resigns » et « resignation » permet d’aboutir à une belle collection de données qui, une fois remise en forme, donne ceci :

Resignations USA

Oh. Tiens. Il y a bien une tendance. Hem. Légère.

Je vous laisse en conclure ce que vous voulez.
Bonne semaine :)

J'accepte les Bitcoins !

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires61

  1. Higgins

    « On dépense au-delà des traitements, le revenu devient insuffisant, les pauvres meurent d’indigence, les riches dilapident leurs émoluments en dépenses de luxe, et cet état de choses empire de génération en génération, jusqu’à ce que les traitements deviennent insuffisants. On commence alors à sentir les affres du besoin. Comme les besoins du gouvernement se multiplient, les impôts s’élèvent et pèsent lourdement sur le peuple. S’attaquer aux hommes en s’emparant de leur argent, c’est leur ôter la volonté de travailler pour acquérir davantage, car ils voient qu’à la fin on ne leur laisse plus rien. Le désordre se met dans les affaires, et les hommes se dispersent pour aller chercher dans d’autres pays les moyens d’existence qu’ils ne trouvent plus dans le leur. La population de l’empire diminue, les villages restent sans habitants, les villes tombent en ruines. » Ibn Khaldoun, historien berbère, XIVème siècle (http://didiergouxbis.blogspot.fr/2012/03/la-decadence-de-la-civilisation.html)

    Tout similitude ou parallèle avec une situation actuelle serait évidement totalement fortuite.

  2. infraniouzes

    Répétons sans fin et à l’envi la bonne blague qui circulait en Urss à la fin du communisme: En parlant de leurs gouvernants les Russes disaient avec humour: « Ils font semblant de nous payer, nous faisons semblant de travailler. . . . »

    C’est bien ce que nous propose et nous promet Mélanchon dans son charabia post-révolutionnaire…. Pas vrai Jean-Luc ?

  3. fifou

    Quelqu’un a-t-il une explication aux baisses actuelles des prix de l’Or? je pensais que c’etait des ventes d’Etat pour boucler des fins de moi mais ca continue…

    1. Je dirai que ça peut bien descendre encore, c’est excellent pour ceux qui veulent en acheter. Les fondamentaux n’ont pour le moment pas changé, et pour le moment, les banques centrales sont toujours en mélange plein-riche sur les moteurs de leurs imprimantes. Donc l’achat d’or est encore justifié.

      1. fifou

        Merci,
        je fais ca par tranche depuis debut Janvier mais je commencais a me poser des questions parce-que ca a pas mal remonte vers debut Feb et depuis fin feb c’est pas mal tombe et ca descend encore

        1. eheime

          @ H16, ou comprenants

          Pour l’inflation, ce n’est pas la peine d’en discuter. Elle est là. Le billet est clair.

          Mais que déduire du dernier paragraphe ?
          J’avoue mon manque de jujotte ici.
          Quand des patrons quittent le navire en masse ça veut dire :
          - une panique des patrons face à l’ampleur de la tache ?
          - ils partent avec le bonus tant que les actions valent encore quelque chose ?
          - les actionnaires deviennent trop pénibles, trop craintifs, trop irrationnels ?
          - la magouille généralisée va finir par être découverte ?

  4. gnarf

    Je suis pessimiste sur l’evolution economique de l’Europe comme tout le monde ici. Mais je me demande toujours quelle part de mon pessimisme est rationnelle. On a toujours tendance a choisir tous les arguments qui confirment le point de vue qu’on s’est deja fait ou qui vont dans le sens de ce que l’on aimerait voir.

    Je ne dis pas que c’est maintenant que l’eclaircie debute, mais c’est une possibilite troublante. A chaque bulle qui eclate ou chaque crise, la resilience du systeme me surprend un peu plus. C’est dingue ce que l’economie peut encaisser…

    Au final, comme a chaque fois, lorsque le rebond surviendra, 95% des gens ne l’auront pas vu venir (moi inclus fort probablement). J’avais ecrit ici il y a quelques semaines de se mefier d’une baisse possible de l’or. Il y a de l’electricite dans l’air.

      1. gnarf

        Vivi…rien n’a change c’est toujours tres tres sombre.

        Le cours de l’or a donc super bien grimpe au fur et a mesure des mauvaises nouvelles. Logique.
        Maintenant la question c’est…est il trop monte ou pas assez par rapport au niveau d’emmerdes dans lesquelles nous pataugeons? Sommes nous dans une « anti-bulle »? Un pessimisme exagere, des valeurs largement sous-evaluees par rapport au nombre de casseroles qu’elles trainent?

        Au moment ou l’or va stagner, si jamais il y a des alternatives de placement interessantes (retour des actions US), est-ce que les gens vont perdre patience et vont se precipiter sur ces alternatives?
        Combien de gens sont alles sur l’or pour profiter d’une bulle et pas d’une valeur refuge? A quel point tout cela rend le cours de l’or furieusement volatile?

        1. « Combien de gens sont alles sur l’or pour profiter d’une bulle et pas d’une valeur refuge? A quel point tout cela rend le cours de l’or furieusement volatile? »

          Combien connaissez-vous de personnes qui ont acheté récemment et détiennent physiquement de l’or autour de vous ?

        2. gnarf

          Je ne connais personne avec de l’epargne malheureusement. Donc je ne connais personne avec de l’or.

          J’ai juste constate un regain d’interet general sur l’or parmi les epargnants avises et ca me parait suffisant.
          Ici ils vendent des plaques d’or dans le programme tv maintenant.
          Je pense que le gros du volume vient des gens qui jouent au forex. Ils se sont mis sur des paires longues en or. Et la on est dans « l’or papier » je me demande comment ca marche pour une boite de forex qui propose des paires avec de l’or. Ou se trouve physiquement l’or correspondant…a quel point une boite de forex peut permettre a ses clients d’ouvrir des positions longues sur l’or sans le posseder physiquement.

          1. « J’ai juste constate un regain d’interet general sur l’or parmi les epargnants avises et ca me parait suffisant. »
            Eh bien moi je vois des officines qui achètent de l’or (pas cher) qui poussent comme des champignons. Mais qui en vendent …

            Le Forex, c’est du papier. C’est autre chose…

        3. eheime

          Toutes vos remarques sont tres pertinentes Gnarf.

          Il y a forcément un effet de masse car la hausse est soudaine :
          http://france-inflation.com/cours_de_l_or_historique_et_actuel.php

          Donc dedans il y a forcément du virtuel, du « papier ».

          Mais les mouvements durables se font toujours par vagues fortes dans un sens , moins fortes dans l’autre.

          Je veux dire par là qu’il y a peut etre aussi une realité fondamentale en cours, sous nos yeux.

          Et là je renvois au billet de H16 qui résume parfaitement.

          Et hausse entretenue par spéculation + réalité fondamentale = hausse appelée à être amoindrie mais hausse quand même.

          En définitive, je pense que l’or, probablement sous évalué à un moment donné a fait un rattrapage . Il peut baisser mais ne retournera plus sur les prix d’il y a 10-15 ans.

          Ma vision sur l’immobilier est un peu la même d’ailleurs.

        4. gnarf

          Oui le cours d’un actif ne reflete pas tant la valeur de l’actif, mais la valeur future estimee de cet actif a court ou moyen terme.

          Les fondamentaux sont certes importants, mais c’est surtout la psychologie des investisseurs, a savoir comment ils estiment l’actif dans 3 ou 6 mois, qui fait son cours. Si les indicateurs sont pourris, et que les investisseurs ont deja anticipe une degradation encore plus grande des indicateurs…une simple stagnation des indicateurs au fond du trou se traduira par une hausse des cours.

          En ce moment on commence a constater que certaines catastrophes annoncees ne se realisent pas (ampleur des CDS par ex.)…bien que les fondamentaux soient toujours pourris. Or les cours refletent justement ces predictions. Et de nouvelles predictions moins pessimistes vont arriver…c’est a dire une hausse ou un plateau.

        5. eheime

          @Gnarf

          J’ai regardé un peu plus à froid le cours de l’or . Et c’est vrai que l’acceleration haussiere sur 2-3 ans est vraiment forte. Il faut s’attendre à une correction, vous avez raison. J’aurais donc du écrire « il va probablement baisser » plutôt que « il peut baisser ».

          Et si on ajoute qu’il est indéniable que lorsqu’un investissement devient populaire c’est qu’on touche un sommet, peut etre celui d’une belle correction effectivement, alors oui on peut s’interroger.

          Je maintiens ce que je dis cependant sur le long terme (pas de retour sur les prix 10-15 ans – je dirais pas en dessous de 700, soit 6 ans, pour être plus précis). L’injection de monnaie banque centrale, se traduira inévitablement à terme en inflation, à moins que cette monnaie banque centrale soit remboursée et donc annulée. Mais je n’y crois pas.

          Cette vision est partagée par de nombreux financiers qui ont fait leurs preuves (Faber, Rogers, ..)

          Mais gardons cependant toujours bien à l’esprit celle d’un des plus grands (Warren Buffet) :
          “I will say this about gold. If you took all the gold in the world, it would roughly make a cube 67 feet on a side…Now for that same cube of gold, it would be worth at today’s market prices about $7 trillion dollars – that’s probably about a third of the value of all the stocks in the United States…For $7 trillion dollars…you could have all the farmland in the United States, you could have about seven Exxon Mobils (NYSE:XOM), and you could have a trillion dollars of walking-around money…And if you offered me the choice of looking at some 67 foot cube of gold and looking at it all day, and you know me touching it and fondling it occasionally…Call me crazy, but I’ll take the farmland (NYSE:DBA) and the Exxon Mobils (NYSE:XOM).”

          Traduction rapide : « l’or ne produit rien »

    1. GM

      L’or qui stagne, c’est pas pour tout de suite, le bal commence à peine. Quelques éléments de réponse ici par exemple :

      http://www.zerohedge.com/news/some-observations-recent-gold-and-silver-volatility

      Je suis impressionné par la résilience du système moi aussi, mais elle ne suffit pas à masquer sa fuite en avant. Tous ces bricolages destinés à faire tenir le bastringue un peu plus longtemps et qui nous tiennent lieu de politique économique ne servent in fine qu’à camoufler la gravité de la situation (et rendre les corrections à venir encore plus difficiles), laquelle ressort bien mieux au travers de graphiques tel que le dernier du billet du jour, qui vaut cent colloques sur la situation de l’économie àmha.

      1. Effectivement. Si la situation s’améliore, pourquoi les gens les mieux placés dans les plus grosses sociétés … s’en vont ?

        1. Pere Collateur

          On peut penser que parce qu’ils sont insiders, ils ont des infos pas très fameuses et qu’on a donc là les rats qui quittent le navire en train de couler.

          Mais, je me demande quelque chose: Quel est l’age moyen de ces gens qui partent? Si ils sont encore « jeune » en majorité, là ca dit quelque chose.
          Si ce ne sont en majorité que des croulants, des doutes subsistes…

        2. GM

          Quitte à multiplier par huit le nombre de départs en six mois? Ce n’est plus de la démographie là… Par contre je me demande si certains d’entre eux n’ont pas fini par trouver que la compliance, c’est quand même moins sexy que la stratégie, si vous me suivez.

    2. bibi33

      L’or au cours des siècles a fluctué entre 10 et 15 fois le cour de l’argent or aujourd’hui on est à 50.
      Donc bulle ou pas bulle sur l’or acheter de l’argent.

      Sinon il n’y a aucune raison d’être optimiste pour l’Europe.
      Les banques espagnoles sont des mort-vivants.
      L’Italie et la France qui représente 40% du PIB de zone euro devront verser en intérêt sur leurs dettes publiques des montants supérieurs à la croissance de leur PIB pour au moins quelques années.

      Game is over.

      Conclusion fuyez tant qu’il est temps.

      1. eheime

        Ca peut etre des opportunités aussi. C’est dans les mouvements de panique qu’on fait les meilleures affaires.

        Il n’y aura pas que des perdants.

        Observons ce qui se passe en Grèce et regardons comment les requins survivent :)

      2. Théo31

        « Donc bulle ou pas bulle sur l’or acheter de l’argent. »

        C’est ce que me suis dit la semaine dernière en passant devant un comptoir. On peut acquérir de très belles pièces en argent pour quelques dizaines d’euros seulement.

        Ce qui m’étonne, ce que justement, l’argent soit toujours aussi bon marché.

    3. eheime

      @ gnarf

      Le probleme avec les gros problemes c’est qu’on ne veut jamais les voir en face. Plus c’est gros moins on arrive à y croire. Pourquoi la crise de 1929 aux nombreux signes précurseurs a t’elle surpris ? Pourquoi les juifs allemands admettaient-ils mal l’évidence dans les années 30 ? Pourquoi beaucoup d’intellectuels ont cru à l’URSS ? Pourquoi Fukushima a explosé malgré les avertissements ? Pourquoi un drogué attend d’être au bord de la mort pour réagir ? Pourquoi le surendetté attend l’huissier pour liquider son patrimoine ?

      Les personnes impliquées sont pourtant dument averties. L’homme a une grande capacité de resistance et peut endurer beaucoup. Le déni de réalité est une composante intellectuelle de cette resistance à mon avis.

      C’est seulement lorsque surgit l’inflexible que s’ensuit une réaction.

      Moi même j’ai le meme resenti que vous. Mais rationnellement si on met les éléments à plat, on comprend bien que le surendettement ne peut pas continuer très longtemps. Il y aura forcément un reequilibrage. Par l’inflation, par la déflation, par l’insurrection, par l’implosion, par une prise de conscience du gouvernement (non, là je plaisante !) .. Que sais-je ?
      Mais il y aura un rééqulibrage. Car s’il est déjà acquis que les créanciers s’assiront sur une partie de leur dette, il est en revanche peu problable qu’ils accepteront de renouveller l’opération. C’est le thème du billet de H16 je crois.

      1. gnarf

        Oui je suis d’accord avec vous. C’est exactement pour ca que maintenant j’ai un doute sur l’effondrement annonce, meme si tous les indicateurs vont dans ce sens.
        Parce que si un effondrement catastrophique arrive…il est predit par 60% des gens…et alors ca c’est du jamais vu.

        Il y a une paire d’annees j’ai essaye de dire la meme chose a Vincent Benard qui predisait l’effondrement en dominos des banques US a cause des gens qui faisaient annuler par tribunal leur credit (documents par correctement remplis par les banques). Chaque semaine il annoncait un nouveau plantage considerable …et la j’ai mon alarme contrarienne qui s’est mise en route. Aussi absurde que cela paraisse, on en etait probablement au point bas de l’effondrement immobilier US.

        Je sais bien que c’est tres con comme raisonnement…. »quand les nuages sont noirs de tous les cotes c’est probablement que vous etes au pire de la tempete et que ca ne peut que s’ameliorer ». (et inversement…grand beau temps peut pas durer eternellement) Mais statistiquement ca fonctionne.

        1. eheime

          Nan c’est pas idiot du tout.
          Pour être honnête, je tiens aussi le même genre de raisonnement.
          Et je me pose la question.
          Et je pense qu’en fait c’est le cas de tout le monde.
          Tout le monde sait qu’il y a un problème mais personne ne sait comment ça va finir.
          Et l’absence d’initiative des gouvernants sur ce qui, pour une fois, est véritablement de leur ressort, inquiete.
          Bernanke fait peut etre quelque chose de controversé, mais ça a au moins le mérite d’être lisible.

          Avec l’Europe, on ne sait que les gouvernants ne savent pas où ils vont. Alors que fondamentalement, la situation européenne est peut être moins grave qu’aux USA car l’endettement est public plus que privé (sauf UK).

    1. eheime

      Moi j’espère que Hollande va être élu.
      D’abord parce que Sarko je ne peux vraiment plus le souffrir.
      Ensuite parce qu’un socialiste qui doit tailler dans un budget et annoncer des coupes sombres la larme à l’oeil, même si ce n’est que le résultat inévitable de la politique qu’il défend, je trouve ça beau, poétique.

      1. Théo31

        Si vous croyez un instant que Grosse Glande va baisser les dépenses et le périmètre de l’Etat, vous vous mettez le doigt dans l’oeil jusqu’au coude. Il va présenter aux classes moyennes et pauvres une facture vaselinesque comme jamais elles n’en ont vu. Grosse Glande n’est pas un socialiste à la Tony Blair, lucide et pragmatique, c’est un socialiste marxiste haineux et sectaire. je vous rappelle qu’il se fout comme de ses chaussettes que le peuple soit riche ou pauvre, il veut que les caisses de l’Etat soient pleines, pour lui, ses amis et ses clients.

        1. Nord

          Oui, sauf que ça la foutrait quand même assez mal que ce grand pays qu’est la fraaaaôôônce se fasse remonter les bretelles par, disons l’Allemagne (voire la Commission européenne, on peut rêver et quoi qu’on en pense).

          Encore que: je vois bien un « people State of France » émerger de ce marasme, on y est déjà presque en fait …

        2. « socialiste marxiste haineux et sectaire »
          Je ne pense pas que haineux lui aille. Ca demande trop d’énergie. Il est magouilleur, manœuvrier, chafouin à la hauteur de ce que son intellect moyen lui permet et c’est tout. Et pour le reste, il va dans le sens du vent.

        3. fifou

          Tony Blair? lucide et pragmatique, il a claque comme personne, il reste pas un copec au Royaume uni, ils ont du devaluer la monnaie de 30% en 6 mois pour faire face aux depenses courantes au sortir de 10 ans de croissance hallucinante…

          Les socialos restent des socialos…

    1. Higgins

      Ça, c’est pour notre pays (la partie émergé de l’iceberg): http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2012/03/19/marine-nationale-baisse-de-budget-a-brest-et-lorient-possibl.html#more
      Sinon, plaisir de voyager ou fuite de cerveaux potentiels: http://www.20minutes.fr/ledirect/889301/visa-vacances-travail-occasion-voyager-moindre-frais. Dans la version papier de cet article, publié le 1er mars dernier, il est précisé que le nombre de demande de Visa Vacances Travail a augmenté de 68% en trois ans. Quand on lit l’article de Slate, on comprend un peu pourquoi: http://www.slate.fr/story/50437/australie-asile-politique-plein-emploi

  5. axel

    Bon tous les gens d’un peu de jugeote prédisent un cataclysme sur le marché actions… il a pris 20% depuis un mois.
    Je continue à suivre Loïc Abadie là dessus, de toute façon la hausse ne repose sur rien, il y a juste à attendre les soldes.

    1. eheime

      Il s’est tout de meme lourdement trompé sur sa prévision déflationniste en France. Malgré la qualité de ses ecrits, riches d’enseignements et très didactics, c’est un fait. Vous me direz qu’il ne pouvait pas deviner que les banques centrales arroseraient l’économie de monnaie fictive. Je vous répondrai que c’est ce qui s’est pourtant produit à chaque fois dans l’Histoire. Personnellement, ce qui m’a surpris, c’est la reaction assez saine de Trichet et le temps qu’il a fallu pour que la BCE se mette à balancer a purée (encore qu’elle n’est pas aussi forte qu’on le croit en terme de relativité, mais c’est un autre débat ..).

      1. Lightning

        Il se base sur des écrits à un un instant T, évidement que certains aspects extérieurs modifient la donne.

        Maintenant quand on sait que la crise des subprimes est notament du aux exces de liquidité liés à la crise de 2001 et des new tech, que pensez-vous qu’il va se passer ?

        Le système ne se garde à flos que pour 2 raisons :
        - l’ignorance des peuples et en conséquence la non action ou la mauvaise action de leur gouvernant.

        - La pensée court-termiste des traders ou assimilés qui pense pouvoir faire persister leur portefeuille jusqu’au lendemain.

        1. eheime

          Ou l’emission de flos de monnaie pour compler les breches.
          Ce qui entrainera l’inflation des prix que l’on peut déjà constater à mon avis.

        2. eheime

          Et puis peu importe.
          Une prévision est une prévision.
          On la juge sur les faits par sur les circonstances atténuantes.
          Ceci dit je reconnais tout à fait la qualité d’analyse de M. Abadie. Comme il ne s’est jamais contenté de prédictions sans arguments, on pouvait voir que son raisonnement ne se vérifiait pas complètement. Personnellement, j’ai compris beaucoup de choses grâce à lui, sans forcément arriver aux mêmes conclusions.

    1. GM

      Certes, mais allez expliquer à un petit patron pourquoi sa banque ne lui prête plus alors que de l’autre main elle se goinfre d’argent frais à 1% qu’elle revend à 6 en dette d’Etat putréfiée mais qui a le mérite d’être garantie par la force publique, simplement pour assurer sa survie…
      Il y a probablement des pistes pour le message libéral dans la façon dont l’argent injecté par la BCE n’arrive pas jusqu’à l’économie réelle.

      1. eheime

        Ce n’est pas la faute des banques mais de l’Etat.

        Si ce dernier concurrence le privé, il est en cause.
        On ne peut pas reprocher aux banques de faire les meilleurs choix pour elles-mêmes.

        1. GM

          Oui pardon, c’était pour aller vite.

          Mais techniquement l’Etat ne concurrence plus le secteur bancaire privé, il le contraint littéralement, et c’est difficile à faire comprendre à des gens qui n’en voient que l’effet.

  6. Pod

    Boudées par les banques, les collectivités vont directement sur les marchés

    mardi 20 mars 2012 | 08:52:51

    Le retrait massif des banques, sous la pression des nouvelles contraintes réglementaires, pousse un nombre croissant de collectivités locales à emprunter sur les marchés voire à s’adresser directement aux épargnants.

    Depuis le début de l’année, les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes et Pays de la Loire ont émis des obligations vendues à des investisseurs, de même que le département de l’Essonne.

    Quant à la ville de Marseille, elle prépare le premier emprunt obligataire de son histoire, pour environ 150 millions d’euros.

    Par comparaison, en 2011, seules trois collectivités locales françaises avaient ainsi fait appel directement aux marchés.

    « Nous sommes très sollicités par les collectivités locales pour réfléchir à des financements de diversification et leur apporter un accès au marché obligataire au moins une fois dans l’année », explique Alain Gallois, responsable monde de la plate-forme dette chez Natixis.

    Elles y sont poussées par l’assèchement du crédit bancaire, devenu manifeste en 2011 avec le retrait de beaucoup d’établissements, notamment Dexia, mastodonte qui pesait encore près de 40% du marché en 2008.

    « Ce sont les collectivités locales qui posent désormais le plus de problèmes en termes de financement », a reconnu mercredi le président de la Fédération bancaire française (FBF), Frédéric Oudéa.

    Pour justifier leur désengagement, les banques évoquent l’entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire dit Bâle III, début 2013, qui dissuade fortement les prêts à très long terme, dont les collectivités sont friandes.

    Quant à celles qui acceptent encore de prêter, elles le font à des conditions devenues prohibitives.

    Lors de son dernier appel d’offres auprès des banques, fin 2011, le conseil régional des Pays de la Loire a reçu des propositions avec des marges « complètement délirantes », rapporte le secrétaire général, Simon Munsch.

    Face à ce durcissement, le marché obligataire offre désormais une alternative, mais aussi des conditions financières plus avantageuses.

    « Beaucoup hésitaient à franchir le pas tant qu’il n’y avait pas de bénéfice de coût. Mais aujourd’hui, la différence est substantielle », analyse Jérôme Pellet, directeur au sein du département marchés de dette chez HSBC France.

    Les collectivités se pressent d’autant plus au guichet que, depuis le début de l’année, les investisseurs ont montré de l’appétit pour ces emprunts dont le risque est très faible.

    Les investisseurs allemands, en particulier, sont très amateurs de dette française mais, par le passé, l’Essonne a déjà sollicité l’Asie via une opération en dollars de Hong Kong (avec des instruments couvrant le risque de change).

    Pour diversifier leurs sources de financement, certaines collectivités se tournent directement vers les épargnants. Les Pays de la Loire, qui avaient été la première collectivité française à se lancer sur ce terrain en 2009, envisagent d’y recourir de nouveau cette année.

    Rapidement, l’élan autour du marché obligataire devrait faire passer le nombre des émetteurs de 7 ou 8 à 20, prévoit Zeina Bignier, responsable de l’origination pour le secteur public pour Société Générale.

    Pour elle, « nous pourrions atteindre une petite trentaine » à moyen terme, représentant l’ensemble des collectivités locales bénéficiant de la taille critique permettant d’accéder au marché obligataire.

    A 15 ou 20 millions d’euros le montant minimum d’émission, selon M. Pellet, la grande majorité des collectivités françaises resteront donc sur la touche.

    Celles-là compteront sur l’arrivée de la nouvelle banque des collectivités lancée par la Banque Postale et la Caisse des dépôts, ainsi que sur l’agence de financement des collectivités locales, qui ne verra sans doute pas le jour avant 2013.

    1. Emmanuel M

      Y a des gens assez cons pour acheter de la dette e collectivité locale tellement pourrie que même les banques du pays n’en veulent plus ?

  7. faram

    C’est marrant cette mention sur le site de la Cade

    « Ne pas diffuser, directement ou indirectement, aux États-Unis ou distribuer, directement ou indirectement, à des ressortissants des États-Unis. »

    Parano ?

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