Les grands oreilles de l’État l’aideront à remplir ses petites bourses

En France, la sécurité, c’est du sérieux. La sûreté des réseaux, on ne rigole pas avec : le pédophile y est impitoyablement traqué, le nazi pourchassé, le raciste dénoncé et l’historien alternatif poursuivi. Et, comme on va le voir, ce n’est que le début.

On apprend, au détour d’un de ces articles de presse qui relèvent son niveau (mais qui ne sont, bizarrement, repris par aucun confrère), que le 15 février dernier, Christian Vigouroux alors directeur de cabinet de Christiane Taubira, la ministre de la Justice, a réalisé une inspection surprise chez Thales pour y vérifier les avancées d’un projet « confidentiel défense ».

Ce projet, PNIJ pour « plate-forme nationale des interceptions judiciaires », vise à centraliser en un seul point plus de 5 millions de réquisitions judiciaires (liste des appels téléphoniques, identité d’un abonné derrière un numéro, etc) et près de 40 000 écoutes autorisées par les juges dans le cadre de leurs enquêtes. Autrement dit, à partir de cet été, toutes les mises sur écoutes passeront par ce système. On le comprend : c’est un projet qui se veut aussi confidentiel et discret qu’important ; c’est la suite des manœuvres entamées avec les différents avatars de LOPPSI et HADOPI (aussi pitoyables soient-ils) pour contrôler, au moins en partie, internet.

13.jpg - Le loppsi

Pour des raisons de forme, Vigouroux est accompagné, ce 15 février, de Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la CNIL : il faut s’assurer que l’espionnage à échelle industrielle que l’État entend mettre en place avec l’argent du contribuable (et qu’il retournera volontiers contre lui) reste bien dans les clous de la vie privée. Ici, vous pouvez insérer un clin d’œil moqueur (on sait rire, en République du Bisounoursland).

Et comme d’habitude avec un projet présenté comme « de défense nationale » dont les financements sont publics et la direction est décidée en haut lieu, déconnectée de toutes ces basses contingences budgétaires, chaque niveau hiérarchique et chaque intervenant se sera gavé autant que possible de l’argent gratuit dégoulinant de l’État. Par exemple, l’ensemble du système a été placé, fort judicieusement, sous le sceau du « confidentiel défense », permettant ainsi d’écarter rapidement des sociétés étrangères dans la réalisation technique (ce classement a depuis été condamné par le tribunal administratif de Paris, ce qui aboutira à des dédommagements salés pour les concurrents évincés). A ces pratiques douteuses, il faut ajouter la joyeuse dérive budgétaire sans laquelle un projet public ne serait pas vraiment public (ni festif, bien sûr) : à l’origine, cela devait coûter 17 millions d’euros, mais la douloureuse se monte maintenant à 43 millions, et tout indique que ça va continuer à enfler (la facture et le contribuable) ; il apparaît en effet que le réseau de télécommunications actuel ne permet pas des débits suffisants pour bénéficier du système. Certains évaluent l’investissement nécessaire à plusieurs dizaines de millions d’euros supplémentaires.

Youpi.

Bien sûr, à ces appels d’offre biaisés, à ces dépassements budgétaires homériques (et prévisibles), il faut ajouter un résultat techniquement douteux, avec (paradoxalement) un accroissement du danger dans les données personnelles que ce système manipulera.

En effet, la tendre tradition jacobine française a encore une fois choisi de centraliser autant que possible les données en question, ce qu’avait dénoncé dans une note Frédéric Péchenard, le directeur général de la police nationale : cette plate-forme devient une cible potentielle du fait même de la concentration de données sensibles. Si l’on y ajoute la difficulté inhérente à un changement d’hébergeur en cas de besoin (difficulté qui se pose à toute société, mais qui est d’autant plus aiguë lorsque les données sont confidentielles), on comprend les craintes des hommes de l’art.

Et pour le citoyen lambda, l’existence même de cette concentration de données privées, sous-sécurisées et auscultées en permanence par l’État ne peut pas le laisser de marbre. On m’objectera (mollement, sans doute) que des contrôles seront mis en place pour éviter que de vilains politiciens détournent l’objet pour leur propre soif de pouvoir, ce à quoi je répondrai, sans me forcer non plus, qu’il n’y avait déjà pas besoin d’une centralisation et d’une technologie de folie pour que certains outrepassent largement leurs prérogatives ; il semble évident que ce système sera une véritable piste d’entraînement pour nos dictateurs en herbe.

Corruption : j'en veux moins, ou plus d'opportunité pour en profiter

D’ailleurs, on n’aura pas besoin de chercher longtemps l’utilité du bidulotron au-delà des écoutes habituelles, de la lutte antiterroriste, antigangs et anti-pédophiles nazis de l’interweb. Il suffit de repenser aux tempêtes médiatiques récentes déclenchées par les exils fiscaux de personnalités proéminentes pour voir se profiler tout de suite le museau baveux du fisc : en quelques clics, on comprend que les nouvelles technologies, si elles sont l’excuse inépuisable de gabegies rigolotes pour l’État lorsqu’il s’acoquine avec les habituelles sociétés privées du capitalisme de connivence, sont aussi d’excellents moyens pour ratisser toujours plus finement le terreau fertile des contribuables français.

Si, il y a encore quelques années, on pouvait se douter que l’administration fiscale était largement engluée dans ses nombreux (et redondants) systèmes informatiques antédiluviens, il apparaît qu’une partie au moins de son retard a été comblé. Peut-être pas en matière de gestion budgétaire (difficile de miser sur Moscovici en la matière, hein) mais en matière de traque fiscale, on découvre que Bercy déploie tous les moyens technologique pour choper du « fraudeur ».

Je me demande dès lors combien de temps il faudra pour qu’une grande, fraternelle et joyeuse fusion s’opère entre les différents services pour qu’enfin, la moindre fraude fiscale déclenche les nécessaires alertes sur les réseaux d’écoute et de surveillance des citoyens festifs de la République du Bisounourstan. Parce qu’ici, il ne faut pas imaginer une seule seconde que cette fusion pourrait ne pas avoir lieu, l’interrogation portant en effet sur le « quand » bien plus que sur le « si ». L’État, en effet, est aux abois financièrement ; je l’ai déjà dit, je le redis ici. C’est une donnée factuelle, indiscutable, corroborée par l’acharnement de plus en plus féroce de ce dernier à récupérer les évadés de l’enfer fiscal, à taxer absolument tout et n’importe quoi (depuis le 1er Mai, ce sont les meubles, par exemple), et à ménager rapidement une marge de manœuvre (aussi ridicule et temporaire soit-elle) à l’équipe gouvernementale actuelle, complètement désemparée.

Fiscal Park

J’attends donc, résigné (et avec une pointe d’impatience), le moment où tous ces Français, tenants actuels du Toujours Plus d’État, se feront sauvagement visiter au petit matin parce qu’ayant reçu quelques légumes gratuitement de leur voisin, parents, amis, et que ce don en nature aura été commodément « oublié » dans la précédente déclaration d’impôts, ou pour tout autre motif qui n’apparaîtra futile que de ce coté-ci du temps qui passe… C’est méchant, je sais.

Mais après tout, ils l’auront bien cherché.

J'accepte les Bitcoins !

19eVEzakV7Ub7ZWHAQMmPVyoKWcczavAoA

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires64

  1. LNB

    « il apparaît en effet que le réseau de télécommunications actuel ne permet pas des débits suffisants pour bénéficier du systèmes. »

      1. LNB

        Au passage et au sujet de cette phrase, c’est amusant de constater que ce type d’emploi d’argent public associé à la création de normes et de lois anti-économiques a conduit à un retard dans l’élaboration de réseaux internet performants… et que ça vient tirer une balle dans le pied du projet liberticide cité.
        Et je ne crois pas qu’on se fasse une idée de la quantité de rétroactions fâcheuses qui se produisent tous les jours et qui dégueulassent toute initiative, censée ou non.

        1. Franz

          Hé oui, le fameux « ce qui ne se voit pas » (et que d’après Bastiat le vrai économiste se doit de bien tenter de prendre en compte, à l’inverse du cuistre de bas étage, du politicien et du gazetier trépané)

  2. Emma

    Ce PNIJ est en effet très inquiétant. C’est encore une fois le totalitarisme en marche et à part vous qui s’en émeut ?

  3. Nocte

    C’est ici, qu’on peut voir à l’oeuvre toute la bienfaisance de nos étatistes…

    La France préfèrerait voir des injections d’argent de la Chine ou de la Russie mais pas des US pour des sociétés comme Dailymotion.
    Amesys est une pointure de la surveillance (cyber notamment) et a pu faire des tests grandeur nature en équipant des pays totalitaires.
    La France est elle-même dotée de lois qui attendent juste le bon moment pour élargir leur champ d’exécution (après tout, mettre un peu de liberté dans un discours doit faire frémir de terreur nos étatistes, donc on bouge un curseur, et hop ! l’alien grossit !), et ce pays planche sur un truc encore plus gros (et bien entendu centralisé… avec tous les risques que cela comporte).

    Et le pire, c’est de passer pour un paranoïaque quand on présente aux gens les divers éléments… dictature, ou état totalitaire : ça n’arrivera jamais en France ! tu es fou ! on peut toujours voter ! (en général, je mange mon godwin à ce moment là car je rappelle qu’en Janvier 1933, Hitler est porté démocratiquement au pouvoir… et que donc, non, les urnes ne protègent pas d’un Etat totalitaire que la France est déjà)

      1. JS

        Donc en plus d’être incompétents ils seraient également dangereux ?!

        Zut..

        P.S: j’avais zappé cette taxe sur les meubles, çà en devient réellement grotesque !

  4. Before

    La route de la servitude se transforme en voie express 2×3 voies !
    Et pas de radar pour empêcher l’État d’appuyer de tout son poids sur l’accélérateur.

    Aparté : Mardi prochain des fous furieux lancent un journal (papier (!) et web) d’orientation franchement libérale, dixit son directeur, Nicolas Beytout :
    « L’opinion » / http://lopinion.fr
    Interview ce matin sur Europe dudit directeur :
    – … orientation libérale, probusiness
    – Ce sera un journal de droite alors ?
    – Ah non, la droite en France n’est pas libérale. Le libéralisme n’est pas un parti politique, c’est un état d’esprit.
    J’en suis tombé de ma chaise !
    A suivre et voir ce que ça donnera …

    1. Nocte

      Je me limite à :
      « Sa ligne éditoriale sera libérale, pro-business, européenne »

      « Ce média est aussi un projet de journaliste, entièrement tourné vers la création de contenus par des journalistes expérimentés et influents. »

      Houston, on a un problème ! Journalistes influents et orientation libérale ?

      Je ne veux pas être oiseau de mauvais augure, mais je pense qu’on va bien se marrer.

      1. aristarque

        Va avoir du mal à recruter du journaleux franco-français, garanti libéralo-compatible pour meubler son équipe rédactionnelle…

      2. Bonjour

        Sérieusement, comment peut on être libéral et pro europe ? Rien qu’à voir la gueule de notre monnaie, j’ai envie de partir en courant ! Enfin le pro-business qui ne veut rien dire… L’initiative est bonne, mais ca sent effectivement le fiasco.

        1. Lord Jordan C. Black-Mohr

          Mourrir pour des idées, oui, mais de mort lente! ;) Il me semble que Brassens l’a chanté, ça… J’aurais une variante à la phrase d’H16: « Commence à te battre, j’arrive! » XD

          Ne nous précipitons pas au sacrifice ou pire, à l’abattoir: le Chaos nous trouvera bien assez tôt et vite. Alors seulement, il sera temps de résister et de combattre.

  5. fbastiat

    Sous son air mollasson, notre président met en place un système totalitaire que ses successeurs se garderont bien de démanteler.

      1. Aloux

        Oui l’argument ne tient pas, étant donné que Présigland a consacré l’essentiel de sa première année au pouvoir à défaire méthodiquement TOUT ce qu’avait fait Sarkozy (ce qui soit dit en passant est une situation anormale : cela voudrait-il dire que le pouvoir précédent n’était pas légitime ?) Enfin tout, sauf ce qui l’arrange (dizaines de nouvelles taxes, lois liberticides, hadopi, ça…), et l’avantage pour nous c’est qu’on voit bien quelle direction il veut impulser au pays.

      1. Nocte

        Oui, mais… quand on a fait de l’anti sarkozysme systématique pendant un an, il peut sembler curieux que la créature n’ait pas été abattue dans la foulée des autres « trucs » de Sarko… donc qu’on ne vienne pas nous sortir, »ah bah oui, mais ça on le doit à Sarko » ( comme Hadopi, Loppsi, Arjel, etc…)
        On peut y placer des potes ? on peut gratter du blé ? en plus, on peut faire ce qu’on préfère : de la démagogie en réduisant la liberté ? alors pas touche !

        1. Black Mamba

          Il n’est pas CON. Il faut savoir tirer le bon partie de certaine « bonne  » idée et faire profil bas.
          Il joue le rôle d’idiot afin qu’on ne le traite pas descendant d’Hitler, il a besoin du soutien de l’armée avant de passer à l’acte.

          1. Aloux

            Le soutien de l’armée, that’s so (19)30’s. Franchement ça n’arrivera pas, ou alors si l’armée devait faire un coup d’Etat ce serait plutôt pour renverser Normal Ier. Mais ça me paraît tout aussi peu probable.

          2. Riguite

            Une re-colonisation de l’Algérie ?… Comme il y va ce monsieur… Faudrait déjà décoloniser la France avant de vouloir re-coloniser l’Algérie…

          3. Aloux

            Lol l’article de Meyssan. Il part de trucs qui sont difficilement contestables (Sarkozy et Hollande n’ont effectivement pas un bon contact avec l’armée) pour essayer de nous montrer que la France est à l’aube d’un coup d’Etat militaire. Puis la recolonisation de l’Algérie, WTF ?

            Eventuellement, je peux imaginer en cas de troubles graves, genre émeutes, que l’armée fraternise alors avec les manifestants au lieu de suivre les ordres de Toumou de tirer à balles réelles…

  6. Martin-Lothar

    H16, je trouve votre billet très injurieux à l’encontre de ces braves Alien et T-Rex qui eux, ne se sont pas prostitués comme des diablesses ou comme un État français pour gagner leur galon, leurs griffes et leurs crocs de super-prédateurs. Je cours de ce pas vous dénoncer à la Haldosaure.
    Du reste, on pourrait supposer du T-Rex qu’il eût peu ou prou des bribes de logique, de bon sens et surtout de pitié ne serait-ce qu’à l’égard de ses propres enfants.
    Nous n’avons hélas plus rien à attendre de notre pervers et monstrueux État parasite en ces domaines.
    Je vous propose enfin un nom scientifique rigolo pour ce jurassique État : « Parasitus Stato-Rex » abrégé en « PS-Rex ».
    Bien à vous.

  7. Théo31

    « En France, la sécurité, c’est du sérieux. »

    Quand même un peu : il y a plus de flics rue de Rivoli quand dans toute la Seine Saint Denis, ça donne un indice du pourquoi de la chose. Les politocards ont la trouille (ce qui explique pourquoi ils ont des gardes du corps) et savent très bien que lorsqu’il n’y aura plus d’argent gratuit des autres pour acheter la paix sociale, la peur de coups de pelle dans la tronche se fera plus pressante.

    1. Aloux

      A ce moment-là ce sera intéressant de voir les humanitaires de gauche en action. Je suis peut-être exagérément pessimiste, mais je pense qu’en cas de pépin sérieux avec grosse frousse de se faire écharper par la foule, Hollande serait capable d’ordonner de tirer à balle réelle…

  8. sarah

    ce nouveau jouet de contrôle fait extrêmement peur ! Ouf qu’il ne fonctionne pas encore…mais pathétique !!! Encore de l’argent (que l’on n’a pas) qui part en fumée…

  9. LeRus

    En même temps, si ce sont les mêmes qui ont peaufiné le système Louvois qui mettent en branle ce bidule, on est peinard.

  10. NOURATIN

    Tout état totalitaire digne de ce nom se doit d’utiliser autant que possible les moyens fournis par la technologie la plus avancée. On ne voit pas pourquoi la France Hollandouillesque ferait exception à une règle aussi essentielle.

  11. Aristarque

    Tu es bien trop pessimiste, H16, quant au sérieux de la mise en oeuvre de ce projet de contrôle tous azimuts qui serait mené dans la plus grande rigueur.
    Doit-on te rappeler que nous sommes en France et qu’il est mené exclusivement par des entreprises franco-françaises avides de bons gros monopoles hors concurrence et dirigées pour la plupart par des ex-fonctionnaires énarques en reconversion qui fonctionnent dans l’à-peu-près ?
    Narrons, à ce propos, les mésaventures d’un promoteur immobilier qui meurt (cela arrive, même pour eux) et qui se retrouve devant Pierre, gardien des portes du Paradis et de l’Enfer.
    Au bout de son évaluation, Pierre lui dit : Désolé, mais avec tout ce que vous avez pu faire comme entourloupes sur la Terre, l’accès au Paradis vous est refusé, celui du Purgatoire aussi et donc c’est un billet pour l’Enfer.
    A ces mots, le promoteur proteste, pleure, gémit et fait tant et si bien que Pierre, un peu ému tout de même, lui dit :
    Vraiment désolé, il m’est impossible de vous empêcher d’aller en enfer mais il faut que je vous précise que l’enfer est divisé en deux grandes sections, la section allemande et la section française et parce que il me semble que tout n’est pas complètement noir et irrécupérable en vous, je vais vous laisser le choix de la section.
    Sur ce, Pierre ouvre une porte sur laquelle est inscrit « enfer allemand » et le promoteur voit un lieu atroce avec de gigantesques flammes, une température de coeur de volcan, de profondes piscines olympiques d’huile en ébullition et des diablotins bâtis comme des colosses qui obligent les pauvres condamnés à y rester en permanence, tapant comme des sourds avec leurs fourches sur tous ceux qui veulent s’en échapper.
    Puis Pierre ouvre la porte sur laquelle est marqué « enfer français » et le promoteur voit un lieu atroce avec de gigantesques flammes, une température de coeur de volcan, de profondes piscines olympiques d’huile en ébullition et des diablotins bâtis comme des colosses qui obligent les pauvres condamnés à y rester en permanence, tapant comme des sourds avec leurs fourches sur tous ceux qui veulent s’en échapper.
    Epouvanté, le promoteur s’écrie : mais ce n’est pas un choix que vous m’offrez : c’est la même chose des deux côtés !
    Pierre : je reconnais que vous n’avez pas de chance aujourd’hui : les deux fonctionnent à l’unisson. Alors je vais vous aider et vous conseiller l’enfer français parce que je suis naturellement bon.
    Le promoteur : mais enfin pourquoi puisque c’est la même chose.
    Pierre : oui, oui. C’est vrai. L’enfer allemand fonctionne comme cela 7 jours par semaine, 365 jours par an et cela fait au moins cinq mille ans qu’il tourne sans discontinuer.
    L’enfer français lui aussi fonctionne comme cela sauf qu’il arrive que le charbon manque, que la livraison d’huile est en retard, que les manches de fourche s’y cassent et ne sont remplacés qu’au bout de trois mois, le temps que la commande soit passée avec le bon formulaire, que les diablotins soient en arrêt maladie ou RTT ou en grève pour une augmentation des primes ou un allongement des pauses-cigarettes…

  12. Mominette

    En fait, la transparence cristalline du système, la pureté de ses intentions, le prestige international de ce prodigieux scanner destiné à sonder les coeurs et les reins, la réserve d’emplois inscrit dans ses gênes, devrait déjà vous mettre en liesse. Cocorico : l’Etat le plus mêleur d’oignons du monde après la Corée du Nord !

    Mais le nouveau jouet va évidemment faire les délices des hackers français, ces gamins de 15 ans qui sont obligés de forcer les portes informatiques du Pentagone ou des banques suisses, dans un genre d’exil permanent. Désormais, on pourra hacker français, et joyeusement.

    Encore des centaines d’informaticiens pour colmater les fuites, des journalistes jurant qu’on peut leur arracher la langue, ils ne diront rien, bref, le microcosme va avoir sa petite dose de scandales quotidiens.

    Mais imaginer qu’il faille être informaticien pour profiter de ce nouveau Disney-Land de Bienpensance & Fisc Inc serait discriminatoire : le jeu sera ouvert à tous !

    Chacun pourra faire oeuvre de fantaisie, et sans frais !

    Un petit mail à Eric Woerth (comme tu me l’as suggéré, j’ai mis l’argent de Bettencourt sur le compte des Ursulines de Blanc-Ménil)), un autre à Fabius (ci-joint le contrat par lequel tu loueras tes propres tableaux de maître à ta Fondation aux Antilles), un autre à Mélanchon (tout est bougé sur compte FXPZ6875 où tu sais), la liste des espiègleries est infinie !

    La France, c’est comme les Galeries Lafayette, il s’y passe toujours quelque chose !

      1. Martin-Lothar

        Il faut leur reconnaître une réelle opiniâtreté. D’aucuns diraient un autisme sévère ou profond^^, mais bon, ils creusent encore effectivement… Et avec leurs ongles rongés, sachant que l’unique petite cuiller en inox est au clou depuis des lustres.
        Cela étant, les gros doigts boudinés débiles laissent moins de traces. Pardon de t. ( il va falloir s’y habituer, vae victis…)

      2. MadeInCH

        Pas encore trouvé de pétrole ou de diamants (pour remplacer le charbon. Les deux sont du carbone, non?).

        Ben oui, la riche veine d’uranium qu’il a fallu traverser n’était pas écologique.

    1. Aloux

      « En supprimant la catégorie juridique de races, nous cesserions de donner une légitimité juridiques aux idéologies racistes et nous affirmerions, enfin, qu’elles s’appuient sur un concept qui n’a aucun fondement scientifique », expliquent les députés.

      Devançant le contre-argument majeur, ils rappellent que « dans nos textes de loi, le mot race n’apparaît jamais seul et est toujours accompagné d’autres mots comme origine, ethnie, nation ou religion. Sa suppression n’enlèverait rien au contenu des textes concernés et n’empêcherait nullement les poursuites judiciaires pour motif raciste ».

      Duh ? Donc supprimer le mot race de la loi priverait le racisme de tout fondement scientifique (car la loi fonde la science), mais le racisme continue d’exister et même d’être puni alors que les races n’existent pas ? Comment définir légalement le racisme sans citer au moins une fois le mot race dans la loi ?
      Du grand art…

      1. Nocte

        C’est une méthode française pour ne pas dire LA méthode française. S’ ils le pouvaient ils feraient simplement disparaître le mot des dicos, encyclopédies et même des cerveaux : ce qui ne peut être nommé n’existe pas, ( ce qui ne peut être vu et entendu aussi ).

  13. Duff

    Mon frangin a bossé un peu avec de « l’open data » et me rappelait qu’une loi de 1978 (!) obligeait les administrations à rendre publique des données à quiconque osait le demander quitte à passer par des tribunaux administratifs (! bis).

    A l’heure d’internet, à l’heure ou la valeureuse Agnès tente péniblement d’obtenir des données :

    http://www.youtube.com/watch?v=s1yKfx_Ev0k

    A l’heure ou franchement plus que jamais il serait temps de nous benchmarker face aux autres, d’évaluer l’efficacité de notre dépense publique, d’établir des stats pour guider des actions de bon sens pour viser le meilleur, est-il naturel de commencer par taper sur les internautes lambda avec Hadopi ou d’autres conneries liberticides et/ou répressives?

    Cdlt

  14. Fausto Consolo

    mouais…

    et vont faire quoi ? Augmenter les taxes ? Ya plus que les politiques qu’on des sous. Nous mettre tous en taule ? On y est déjà la bonne blague. Nous mettre vraiment en taule ? Ya même pas assez de zonzon, faut tuer pour y entrer ! L’Etat veut faire quelque chose de totalitaire ? Mais vous avez vu les ballots aux manettes de ce pays ?? Suffit qu’ils arrivent au pouvoir, quels qu’ils soient, pour tout foirer. Les mecs arrivent et on SAIT qu’ils vont foirasser grave. Le pire c’est que PLUS ils ont de grandes idées ou de grands projets PLUS ça foire. Même les shadocks sont meilleurs. Oui bon je sais, ils nous gouvernent… Ca nous arrange pas non plus…

  15. Simong

    En réalité, le bouclage de l’internet est en route. L’usine à gaz de Thales est un des maillons. L’autre maillon est la mort annoncée des PC et autres MAC et à travers eux de toutes les applications libres qui permettent de faire autre chose que Googler ou facebooker sans compter le Cloud .
    L’annonce ci-dessous vient compléter l’offensive des smartphones sous Android, tablettes et autres Ipad qui au prétexte de satisfaire le grand public limitent de plus en plus la liberté de l’Internet. Gardez vos vieux PCs ou MACs. Savoir programmer sera très bientôt considéré comme subversif.

    http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/02/chromebook-se-passer-windows-mac-os-ordinateur-100-web_n_3200010.html?utm_hp_ref=france

Laisser une réponse

(obligatoire)
(facultatif)