CSA, neutralité et gouvernance du Net

Aujourd’hui, c’est dimanche et c’est l’occasion de prendre un peu de temps (pas beaucoup je vous rassure) pour vous faire découvrir un entretien fort intéressant réalisé dernièrement par l’équipe de Thinkerview avec Benjamin Bayart, qui est l’ancien président de l’un des premiers fournisseurs d’accès internet, French Data Network.

(Attention : ceci est un billet un peu technique, mais il soulève des questions de société qui, elles, ne le sont pas et concernent tout le monde.)

Dans cette interview (que je fournis à la fin de cet article), Bayart qui se décrit lui-même comme un militant pour les libertés fondamentales dans la société de l’information, par la neutralité du net et le logiciel libre, est interrogé sur quelques domaines numériques connexes, et en profite pour passer en revue différents aspects de l’évolution de la société numérique, dans le monde en général et en France plus particulièrement.

CSA

Dans une première salve de questions, touchant aux récentes volontés du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel d’augmenter drastiquement la portée de ses pouvoirs, Bayart revient sur l’arrivée du CSA sur l’internet.

Selon lui (et je rejoins son analyse et son avis), le Conseil a obtenu une légitimité à contrôler les contenus des fréquences hertziennes parce qu’en substance le spectre de ces fréquences est limité. On peut admettre qu’il faille donc une autorité pour les attribuer de façon aussi équitable que possible, et que le contenu de ce qui est émis sur ces fréquences réponde à un cahier des charges donné. Soit. Cependant, ce raisonnement devient caduc dans le monde numérique, la création d’un site web, d’une URL ou d’une ressource numérique en général n’empiétant en rien sur la possibilité de création d’autres ressources successives (on passe d’une économie de la rareté à une économie de l’abondance dans ce domaine). Dès lors, la position du CSA est elle-même intenable, et, par là-même, l’augmentation de ses pouvoirs dans le domaine est parfaitement injustifiée.

cctv bucoliquesParallèlement, Bayart développe une pensée très intéressante et que je partage aussi sur la liaison entre nature totalitaire du pouvoir et outils d’espionnage et de contrôle de la population : comme moi, il constate qu’il n’y a pas (et pas besoin) de complot ou de désir de la part des gouvernements successifs de devenir totalitaires comme but intrinsèque, mais plutôt qu’ils le deviennent de facto au fur et à mesure qu’on les laisse mettre la main sur les outils qui les autorise à ces comportements. Autrement dit, c’est parce que les outils qui apparaissent actuellement permettent le contrôle et l’espionnage des populations et parce qu’on laisse ces outils à portée des gouvernements que ces derniers deviennent progressivement fascistes et totalitaires, et non le contraire.

Bien évidemment, cette réflexion en corrobore une plus ancienne qui est que, par nature, l’État ayant toujours intérêt à grossir et à contrôler les populations, il est par nature enclin à devenir totalitaire. Dès lors, lui laisser prendre possession d’outils toujours plus performants pour assouvir ses pulsions accélère le rythme auquel le totalitarisme, inéluctable, s’installe.

Un peu plus loin dans l’interview (vers 28:50), s’il convient que des pans législatifs sont bel et bien mis en place pour contrôler la population et doter l’exécutif de moyens à cette fin (typiquement, la dernière loi de programmation militaire dont j’avais parlé ici fournit un excellent exemple), il exprime clairement un doute sur le fait que ce soit lié à la montée d’un totalitarisme mais plus à la calcification des gens de pouvoir qui utilisent tous les moyens qu’ils trouvent pour conserver l’ordre des choses tel qu’ils le connaissent.

Le totalitarisme est donc un résultat, un sous-produit de ce désir mal géré de contrôle de la part d’une caste vieillissante, et le fruit d’un manque de contrôle de la part des individus sur les élus.

Neutralité du net

La seconde partie de l’interview est consacrée à la Neutralité du net et au « big data ».

Pour rappel, la neutralité du net est un principe qui permet de garantir que tous les flux de données sont traités à l’identique par le prestataire de services internet. Par exemple, il ne favorisera ou ne défavorisera pas l’utilisation d’un protocole, d’un site ou d’un type de médium. Ce serait comme le fait — hypothétique — pour Orange de désavantager Youtube par rapport à Dailymotion parce que le premier est propriété de Google et le second de France Télécom…

À ce sujet, Benjamin Bayart remarque que le risque inhérent de laisser les opérateurs décider quasi-unilatéralement de ce qu’ils favorisent ou non sur leur bande-passante est qu’à la fin, ils façonnent la société en n’en montrant que la partie qu’ils désirent, dans une espèce de constructivisme commercial négocié par le contrat d’abonnement de l’usager.

Redoutable, et bien évidemment dangereux. Cependant, je ne peux m’empêcher de noter que les tentatives, jusqu’à présent, des fournisseurs internet d’obtenir, justement, un internet filtré par leurs soins, ont été régulièrement empêchées. D’une part, filtrer les paquets en fonction de leur contenu n’est pas simple techniquement et nécessite notamment des techniques (traffic shaping, deep packet inspection) qui commencent tout juste à devenir possible à échelle modérée (et sous conditions).

D’autre part, et c’est à mon avis plus pertinent encore, les sociétés commerciales auront du mal à vendre durablement un contrat d’abonnement qui limite sérieusement l’accès à Internet d’une façon ou d’une autre. Le consommateur, lassé d’avoir une telle asymétrie dans son service, se reportera sur tout abonnement qui lui garantira un traitement équitable de ses demandes ; symétriquement, tout fournisseur internet qui offrira un tel service garanti remportera des parts de marchés sur ses concurrents.

Enfin, à mesure qu’une telle menace se fera plus précise, les moyens techniques pour la contourner se développeront aussi, que ce soit dans le développement de réseaux réellement décentralisés (type P2P) qui rendront la régulation de source très complexe, ou dans l’utilisation de la cryptographie, qui annihilera toute volonté de réellement espionner le contenu des paquets passant par le fournisseur internet.

En revanche, on peut noter qu’à force de réclamer que l’État intervienne pour assurer la neutralité du net, il pourrait bien le faire. Et il ne faudra pas venir se plaindre du résultat : rien ne permet d’affirmer qu’il s’en sortira bien, et surtout, lorsqu’un sujet a le soutien effervescent de la gent politique, on peut immédiatement se poser des questions. N’ont-ils pas, justement, poussé à la roue d’HADOPI ou de cette fameuse loi de programmation militaire ?

Big Data et gouvernance d’internet

Le Big Data (ou datamasse, par analogie à la biomasse) est cette expression anglophone utilisée pour désigner les ensembles de données si volumineux que travailler dessus avec les outils classiques de gestion de base de données devient trop compliqué.

Bayart, vis-à-vis du Big Data, pose une question essentielle et y répond dans la foulée :

Qui est propriétaire de ce que vous avez mis sur internet ? Vous, forcément vous. Toute autre réponse est dangereuse puisqu’elle dit que vous n’êtes plus adulte et libre de partir.

Ce faisant, il prêche donc pour la disponibilité totale des données stockées par les sociétés commerciales pour une personne donnée (géolocalisation des portables, par exemple), et ce, afin de rendre les citoyens conscients qu’ils sont effectivement des producteurs permanents de données. Cette prise de conscience doit permettre de faire en sorte qu’ils agissent en connaissance de cause.

Gouvernance internet

Enfin, Benjamin Bayart aborde la question de la gouvernance internet en remettant à sa place technique une question qui est rapidement devenue politique pour de mauvaises raisons (les politiciens agissant toujours pour tirer la couverture à eux, même lorsque le sujet ne les concerne finalement qu’assez peu). Pour Bayart (et là encore, je le rejoins), la gouvernance internet est essentiellement concentrée dans deux éléments.

Internet : une série de tubes

Tout d’abord, il s’agit de la centralisation des noms de domaine, historiquement tenue par les Américain, ce qui peut poser un problème de domination hégémonique potentiellement dangereuse. En pratique, une multiplication des racines suffit pour résoudre ce problème.

Ensuite, Bayart pointe l’actuel problème de l’adressage en IPv4 (adresses sur 32 bits et donc intrinsèquement limitées en nombre à 4 milliards) : pour lui, on se dirige vers une architecture d’internet où les serveurs resteront en version 4 (sur 32 bits) et les clients, eux, seront en version 6, avec, par construction, une concentration des serveurs du côté américain (ces derniers ayant 50% des adresses IPv4 disponibles).

Là encore, nul ne peut présager de ce qui se passera effectivement, mais on peut assez facilement imaginer que les masses énormes de nouveaux clients à internet ne se satisferont pas vraiment d’un internet ainsi construit. Si, pour le moment, la puissance commerciale des occidentaux peut laisser penser qu’une telle organisation des adressages pourrait voir le jour, l’arrivée massive des Chinois, des Indiens et du continent africain changera durablement la donne.

À mon avis, il est peu probable qu’ils acceptent sans broncher une organisation qui leur serait par trop défavorable…

Dans le cours de l’interview, le militant aborde quelques autres questions qui sont aussi intéressantes que les quelques points que j’ai développés ici ; c’est pour cela que je vous invite à voir l’intégralité de la vidéo qui ne dure, finalement, qu’une trentaine de minutes.

Après tout, c’est dimanche, non ?

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Commentaires105

  1. Aristarque

    Je ne pense pas que le totalitarisme ne résulte que d’une simple calcification des équipes au pouvoir, venant de ce que des outils de contrôle de plus en plus performants apparaissent et qu’elles enetndent s’en servir pour conserver justement le pouvoir.

    1. Pourtant, j’ai réellement tendance à penser qu’il ne s’agit pas d’un but choisi et recherché par les équipes en place : le totalitarisme est alors un sous-produit de leurs agitations pour conserver le pouvoir et contrôler les foules, pas un but recherché pour lui-même.

      1. Aristarque

        Que le totalitarisme apparaisse comme une conséquence, disons accessoire, d’un comportement ne le visant pas ou qu’il résulte directement d’une volonté de mise en oeuvre, le résultat final est néanmoins qu’il s’installe en catimini, pour l’instant mais cela peut évoluer, dans notre pays. Disons que pour l’heure, il peut se permettre de rester soft parce que peu de gens ne le perçoivent comme conséquence finale des actions gouvernementales.

        1. Val

          Parole d un moine hier : leur supérieur hiérarchique exerce un pouvoir total sur la règle . Question d un jeune : comment tout cela ne finit il pas en tyrannie . Réponse du moine au jeune : c est comme l anneau ds le film seigneur des anneaux , c est celui qui le veux le moins qui doit le porter . Sage remarque , en démocratie c est celui qui veut le plus le pouvoir qui l’obtient . C est la racine du problème.

          1. Morovaille

            Haha, oui, on m’avait expliqué ça plus jeune, et ça m’avait marqué : j’avais demandé « Et si chacun vote pour soi ? »
            Et le moine m’avait répondu, super étonné : « Personne ne veut être élu, à moins d’être fou. »

            Sinon, j’aime bien l’analogie avec le seigneur des anneaux ^^

      2. pouf pouf

        Samizdat, tiens, que cela peut-il bien vouloir dire ? Petits pamphlets distribués sous le manteau. Il n’y rien comme vérité qui mérite la lumière. Le système du pire, l’économie du pire, la vie du pire comme seule réflexion, pas de pensée, juste la rhétorique du pire théorique, nous vivons dans le discours. On se prépare à la seule chose qui ne peut arriver, il arrive juste en dessous au pire, bien-sûr, puisque nous vivons dans les mots. La civilisation du discours où l’état est dieu. L’état sont dieu et c’est pire tout le temps. De plus en plus pire.

      3. gem

        +1
        le totalitarisme est poussé encore plus fortement par des gens qui se conçoivent comme anti-fascistes. C’est par pure bêtise et non par méchanceté qu’il le font

        1. toufou

          Tout à fait.
          Et à chaque c’est pour « la bonne cause », tout comme à la base le communisme veut le bonheur des gens et finit en dictature.

      4. Higgins

        Je partage ton point de vue. Le totalitarisme que nous voyons se mettre en place insidieusement est moins le fruit d’une stratégie délibérée que de circonstances qui autorisent son existence. Nos chers gouvernants sont indubitablement démocrates, du moins au départ, mais une trop longue coexistence avec les outils de pouvoir, une malhonnêteté intellectuelle qui confine au cynisme le plus éhonté, le sentiment d’être l’élite qui doit guider le peuple et une absence de vision à moyen et long terme font qu’ils s’approprient tous, très subrepticement, les outils requis à la mise en place d’une bonne dictature, même en mode soft. Tout les y pousse. Les prodigieuses avancées de la technologie d’une part, dont Internet est la face visible, l’atonie consternante des populations abruties par une propagande permanente commerciale ou politique, face aux enjeux d’exercice de la Liberté, la demande récurrente et jamais satisfaite de « sécurité » conduisent tous ces braves dirigeants à instituer un contrôle de la pensée sans limite. Lutter contre cette mortifère évolution est un combat de tous les instants mais je crois que nous arrivons maintenant à un tournant majeur. Que des décisions totalement liberticides soient prises au nom d’une prétendue sûreté collective et ça en sera fait de la notion de Liberté. Il ne fait aucun doute que si le CSA voit hélas ses prérogatives augmentées, il ne se passera guère de temps avant de le voir s’ériger en censeur de tout ce que la pensée unique réprouve pour le grand malheur de tous.

        1. Calvin

          Je plussoie cette analyse.
          Je la voit à l’oeuvre au quotidien.
          C’est effrayant, parce que personne, autour de moi, ne se rend réellement compte du décalage très progressif des moyens et des méthodes.
          C’est plus tard, lorsque certaines étapes sont franchies, que certains remarquent une régression.

          1. pouf pouf

            Attendre quelque chose de sérieux, s’attendre à ce qu’il y ait un sérieux souhaitable, est-ce sensé ? Au fait qu’attendre déjà ? Une bolée de lait lapée au sol ? à même l’indigne ? Lapais sociale, bien-sûr, sinon gare. La justice protège les hommes d’eux-mêmes. Ah, dans l’autre sens, la pédagogie c’est avant la police. Saviez-vous qu’ils écoutent si on dit alix youcaïda, bien-sûr de verdi… On a beau dire fait ce qu’il te plait, il fait froid quand la nuit tombe, non, même en mai ? Alors, prenons par exemple l’état qui dirige un pays à un certain endroit de l’europe, qui dit, non bachar machin, là, non, c’est plus possible, il faut que ça cesse. Alors là, du coup, dans les sports-études ils lancent la spécialité djihad-ping-pong. Un peu après, le même état d’à peu près, au même milieu, heu sud, nan là c’est pas le milieu, là c’est le sud, si manuel valls dit le maghreb du nord je fais évacuer la salle. Okay, vous l’aurez voulu.

          2. bugbreeder

            Il faudrait quand même qu’ils se rendent compte que progressif ou pas la France est désormais une dictature totalitaire avec arrestation et détention immédiates (et contraires à la loi) pour simple délit d’opinion, exemples : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/04/08/01016-20130408ARTFIG00579-proces-verbaux-en-serie-pour-le-port-du-sweat-shirt-de-la-manif-pour-tous.php et http://www.valeursactuelles.com/nicolas-veilleur-prisonnier-politique20130807.html .
            Même le bâtonnier de Paris a reconnu que ces arrestations étaient purement arbitraires et interdites par la loi, à supposer qu’elle soit respectée.

            1. Nocte

              Je sais h16 🙂

              Je faisais juste référence au battage sur Prism et la totale indifférence sur la LPM et le nombre de gens qui sont à gueuler après les américains en réclamant un champion français en ignorant amesys/bull et la LPM.
              (J’admets, ça n’était pas limpide)

      5. gameover

        Assez d’accord sur le fait que le totalitarisme institué est fortuit.
        Ce sont des réponses disproportionnées à des problèmes ponctuels.

        Les politiques et leurs conseillers changent mais dans le back office ce sont les mêmes hommes qui oeuvrent et ont construit depuis longtemps des solutions toutes prêtes et universelles à des questions qui ne leur ont pas été encore posées. Ca permet d’être prêt au cas où.

        Le totalitarisme engendré est un dégât collatéral.

    2. Aristarque

      Je pense qu’au contraire, surtout constatant lucidement leurs manques de résultats, leurs échecs par rapport à leurs espoirs, leurs promesses démagogiques, etc… qui les condamnent à perdre, au moins temporairement le pouvoir derrière lequel elles courent pour le posséder et surtout, en jouir des attributs d’apparence, ces équipes en viennent au contraire, complètement sciemment à utiliser au maximum ces nouvelles méthodes pour que la population ne se rende pas compte de leur faillite (première étape) et (seconde étape) rester au pouvoir au maximum contre la volonté de ladite population.
      Seul un vernis d’esprit démocratique d’avoir des élections « libres » les retient de basculer dans un régime autoritaire.
      Par exemple, on glisse des dispositions permettant légalement un comportement qui ne devrait pas se concevoir dans une démocratie digne de ce nom (alors que dire et penser en provenance du PDDLHEDLF!) dans une loi qui, en théorie, n’a rien à voir avec cela.
      Personne ne connaissant l’épaisseur réelle de ce vernis ni sa solidité face aux tentations, il est possible que des surprises nous attendent… :mrgreen:

      1. Je ne pense pas. Ne mettez pas sur le compte de la malveillance ce que l’incompétence et la stupidité suffisent à expliquer 🙂

        1. dede

          +1

          L’incompetence et la stupidite sont reellement affolantes aujourd’hui.
          Mon seul espoir est qu’elles permettent a des gens comme Bayart d’etre entendus malgre leur cravate!

          (j’ignore comment un entrepreneur put avoir l’idee de produire ce genre d’horreur, comment un vendeur put la vendre et pourquoi Ballard ne se ballade pas col ouvert donc si ce pays est effectivement foutu, il reste un espoir dans la mesure ou je ne comprends pas certains phenomenes alors que le neurone n’est pas sous clef dans le tiroir)

          1. Black Mamba

            Porter ce genre de grave montre tout simplement qu’il n’en a rien à cirer de ce que les gens pensent de lui . Point Barre … J’approuve ce côté excentrique , il est capable de ce détacher de monde remplis de codes et de normes , il illustre par sa personne que l’on n’a pas à se dicter notre conduite , notre pensée, notre façon de s’habiller :mrgreen:

        2. Pepe

          La stupidité et l’incompétence a ramené la france d’aujourd’hui dans une dictature administrative ou les politiciens et les citoyens sont des simples figurants, sans veritable contrepouvoir, face a la machine étatique.

        3. Aristarque

          Je veux bien entendre, de votre part, H16, que l’ essentiel vienne de l’ incompétence pratique des gouvernants. Mon propos le disait expressément. Mais je continue à penser que certains ne reculent ou ne reculeront pas devant des moyens différents pour se maintenir au pouvoir. C’est déjà assez difficile et une action de long terme pour y arriver pour que tous les impétrants soient dépourvus de malveillance. Pour le coup, je vous estime même étonnamment magnanime à leur encontre. 😐

        4. Othello

          Je suis assez d’accord avec Harry, et particulièrement pour ce qui concerne Internet. Internet représente la perte potentielle du contrôle des esprits qu’avait apporté la télévision. Le danger est que l’immense majorité des gens se réveillent (j’allais dire enfin, mais ce serait un peu trop optimiste, ils ne le feront que face à la dégradation de leur conditions de vie, ces cochons) et rejettent en bloc les fadaises qu’on leur fait avaler depuis des années pour en faire de parfaits consommateurs et contribuables, notamment par la destruction de la culture commune aux peuples et son remplacement par le communautarisme. L’exemple emblématique montrant l’angoisse de nos classes dirigeantes face à ce réveil possible est la répression hallucinante de la Manif Pour Tous, où l’on a vu des gens mis en garde à vue pour avoir porté un T-Shirt!!! Si ça ce n’est pas du totalitarisme franchement assumé, qu’est-ce donc? Le pouvoir (et je ne parle pas uniquement des couillons du gouvernement) a donc peur, c’est très clair, d’Internet, qu’il perçoit comme un endroit où les gens peuvent échanger de l’information brute, qui n’aura pas été filtrée par la machine à bourrer le mou, s’organiser pour résister, etc.
          Dès lors, la tentative en cours du flicage d’Internet me semble parfaitement logique, et volontaire. Quand Ramirez fait retirer par Youtube des vidéos de Dieudonné il ne s’agit pas de l’utilisation fortuite de moyens techniques nouveaux mis à sa disposition, mais d’un combat volontaire pour faire plier une société Américaine dont la conception du filtrage (car non, tout n’est pas POSTable sur Youtube…) est différente de la sienne.
          Faire backdoorer le laptop d’un Bonnet Rouge n’est pas non plus l’utilisation fortuite d’une tecnique nouvellement disponible, c’est juste l’équivalent de la mise sur écoute téléphonique sans mandat d’un juge. Vous m’objecterez que c’est un peu ce que faisait Mitterrand il y a 30 ans, déjà. Oui mais non. Parce qu’encore une fois sous Mitterrand la machine à asservir marchait de mieux en mieux, alors qu’aujourd’hui elle est en panne, et qu’il y a un vrai risque de remise à plat du système, ce qui n’est pas tolérable par ceux qui le tiennent en main aujourd’hui.

    3. Alzheimer

      Le totalitarisme du XXIème siècle est une étouffature

      Le terme de dictature pour qualifier le système dans lequel nous entrons, ou sommes déjà, n’est pas adapté. Parce que son acception courante suppose qu’il y a un super dictateur para-militaire tout en haut d’une hiérarchie. Or ce n’est pas le cas.

      Le néologisme d’étouffature correspond mieux à la tendance actuelle. Un système qui n’exerce pas vraiment de violence physique brutale. Au contraire, il s’en défend. Mais qui intervient de façon tellement lourde qu’il étouffe littéralement ses citoyens, les paralyse et les empêche d’agir pour leur propre survie.

      Essayez si vous pouvez, d’utiliser et populariser ce terme. Il est plus juste et plus subversif.

      1. gem

        +1
        j’aime bien le mot et son concept. Une dictature nous impose de faire des choses (mais il y a encore de la place pour en faire d’autre qui nous plaise), une étouffature nous interdit de faire quoi que ce soit.
        Je diffuse.

      2. Jeanpierre

        Le terme de collectivisme est largement suffisant pour expliquer les différentes conséquences autoritaires, tant sur le plan idéologique que économique ou politique. F. Hayek en a fait un exposé lumineux dans son « La route de la servitude ». Je m’aligne donc derrière Hayek, H16 et Bayard, et pense que l’émergence d’un régime totalitaire n’est pas nécessairement désirée pour son caractère totalitaire (parce qu’il peut l’être : cf Saint-Simon qui déclarait vouloir traiter comme du bétail les personnes n’étant pas d’accord avec son projet de réforme de l’humanité s’il arrivait au pouvoir). Je pense plutôt que l’émergence des totalitarisme est la conséquence d’une vision faussée de la politique. Je dirai qu’un système politique doit être fondée sur une vision de la société qui accorde une place centrale à l’Homme. La priorité de la politique doit être le développement harmonieux de l’homme en son sein. Cela justifie donc une certaine sécurité, une certaine égalité de droit et de mode de vie, mais surtout un corpus de libertés fondamentales qui sont les prémisses du développement et non son aboutissement comme voudrait le faire croire par exemple, le communisme avec ses lendemains qui chantent.

      3. Val

        Une étouffature dans le genre bourratif . Du ciment prompt dans la purée de bébé avec un zeste de chamalow pour aguicher . Bref un truc à vous coller au lit pour la vie ….

        1. pouf pouf

          Cette semaine c’est l’anniversaire de la fondation tartes de France. Négation d’ado-pis et tous ces activistes, au gniouf, je veux des rues propres pour le défilé, y’a papi et mamie qui viennent diner. Papi et mamie, les parents gentils de papa et maman méchants, ou plutôt de papa méchant pas maman, les parents de maman plus sympa que papa, ils sont partis, prématurément, les parents pas méchants de maman gentille. Alors déjà vous rangez vos chambres, sinon papa va encore prendre une remarque fine du type : « de mon temps, le dressage… », Pourquoi pas bon-papa, pourquoi pas, c’est comme ça qu’on t’appelle maintenant dans l’oued, bon-papa, non ? Me trompes-je bon-papa lui dis-je ? Le dressage de ton temps ? A la badine, non ? Bon, passons, rangez vos chambres sans négocier, pinailler, ergoter, mégoter, piailler ou toutes autres sortes de choses de mêmes natures semblables, allez les enfants, dans vos chambres. C’est l’heure de l’apéritif, maman qui aime le goût du blanc, et papa, vont siroter ensemble, joyeux début de fin de journée.

    4. kloupa

      Le totalitarisme résulte à mon avis de l’amour du pouvoir, en tant que tel, et des avantages qui en dérivent pour ceux qui l’ont (dont celui d’imposer sa pensée, et en final, sa volonté), pour ne pas rester dans la démocratie représentative de base: une personne= un vote. Si la propension au totalitarisme n’est pas un but affiché par ceux qui exerce le pouvoir, c’est qu’un tel affichage leur ferait perdre leur légitimité issue des votes, voilà tout.

  2. pouf pouf

    Grâce à la production audiovisuelle et occupatoire on peut voir se développer un pattern, un schéma général, modus operandi et bouche cousue. Les tas sont dieu. Indignez-vous, non, je plaisante. Taisez-vous. Y’a des délais administratifs avec l’indignation. Tout est normal. Ce n’est pas l’enfer. Tu fais ça, tu achètes ça, tout va bien se passer. Tu te tais, c’est tout. Il faut se moquer de soi et l’on peut se moquer de tout le monde et de tout, sauf des juifs et des génocides, de tout ce qui est interdit par la loi, et de tout ce qui nuit aux principes de réductions des inégalités et d’expression des libertés normées dans une fraternité indifférenciée respectueuse, nivelante et obligatoire. Et bonne journée à tous puisqu’on en parle.

      1. Val

        Personne j adore le côté poétique déjanté de pouf pouf , je ne comprends pas toujours tout mais c est justement ça qui est beau non ?

    1. petit-chat

      Je dois avoir moi aussi le neurone explosé car, pour une fois, j’ai parfaitement compris pouf pouf. Et en plus (ce qui n’enlève rien, tout le monde en conviendra), je suis d’accord.

      1. Greg

        J’adore ces notes de Pouf Pouf !
        Et sous une sacrée couche de ce que j’appellerai une improvisation littéraire, il y a un sens.
        Je devine en Pouf Pouf un adepte de la preuve par l’absurde.

        Puisse-t-il continuer à me faire sourire et réfléchir !

            1. Othello

              Bah oui, +1 au commentaire de Greg sur pouf-pouf. Ce n’est pas toujours parfaitement réussi (à mon humble avis qui ne vaut que ce qu’il vaut), mais sur le coup c’était vraiment bien 🙂

        1. Calvin

          Pareil.
          Ce qui caractérise pouf-pouf, c’est qu’il balance sans se relire ni corriger.
          Cette écriture automatique n’est pas inintéressante et apporte un sentiment qui vient des tripes.
          A lire ou pas, selon l’humeur.

  3. Aristarque

    C’est le terme de contrôle des populations qui est ambigü : l’apparition d’une seule loi fait naître le contrôle de la population qui est dans son aire d’application puisque par définition, certaine(s) action(s) devien(t)nt illicite(s) et donc punissable(s). Or, il ne paraît pas possible que chacun puisse définir sa loi personnelle pour permettre une vie en commun supportable puisque sa définition ne pourrait pas être obligatoirement acceptée par les autres composantes de la société. La vie sociale est donc un ensemble composé d’une « partie autoritaire » et d’une « partie autonome ». Or, le contrôle, un peu à la manière de la courbe de Laffer, devient insupportable dès lors qu’il passe un certain niveau d’empiétements et de contraintes et se met en devoir de vouloir régenter jusqu’aux actions les plus insignifiantes comme si l’Humanité n’était constituée, en dehors de la caste gouvernementale, que de bambins, de débiles incapables de distinguer leur main droite de la gauche sans qu’un auxiliaire étatique ne vienne le leur rappeler à tout bout de champ…

  4. Pere Collateur

    Billet très inintéressant.

    Concernant la neutralité du net, il faut savoir qu’aux US, elle est depuis peu morte, étant donné que verizon signe des contrats à la pelle avec certains services pour favoriser leur accessibilité en leur octroyant plus de bande passante. Il me semble que le plus emblématique est netfix, voir cette adresse:

    http://www.degroupnews.com/actualite/n9495-netflix-operateur-haut_debit-neutralite_du_net-internet.html

    Donc en gros, la neutralité est déjà sévèrement attaquée. Ce qui ne veux pas dire qu’il n’y aura pas de retour de bâton à moyen terme…

    En ce qui concerne le CSA, comme pour HADOPI, les types qui veulent jouer les petits capots censeurs se bercent encore une fois d’illusions.
    Apparemment, l’exemple hadopiesque, (qui en passant, a été pour une partie non négligeable, responsable de la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012), n’a pas l’air de leur mettre la puce à l’oreille quand à l’avenir funeste qu’ils se préparent, que se soit au niveau individuel (avoir son nom lié à HADOPI est un gage certain de carrière stoppée nette) qu’au niveau du parti au pouvoir qui aura eu la stupide idée d’un peu trop emmerder le net…

    Bref, comme d’habitude, on a des pignoufs incompétents en matière de nouvelles technos (et aussi incompétent partout ailleurs) qui se mêlent de ce qui ne les regardent pas, et en subiront donc les conséquences.

    Tout est donc au mieux dans le meilleurs des mondes.

    1. petit-chat

      Mouais, encore faut-il croire que la mémoire (bientôt un mot sacré…) de l’électeur traverse le quinquennat. D’autant que les collectivistes de gauche, de droite, ou d’ailleurs, agiront de la même manière.

      1. korsor

        Entièrement d’accord avec votre chute – qui est aussi la mienne… Droite gauche extrèmes c’est au poil de q qu’on les différencie… 🙁 Pour internet ils doivent aussi se donner la main… L’ue ils feront pareil, pour le bonheur des juifs ou des guyanais, ce qui leur reviendra au final dans la pigne comac (les guyanais juifs double peine ! même s’ils ne sont que des excuses pour censurer…)!

        Investissez dans l’alcool ou la drogue, marché d’avenir pour n’être plus que vaguement conscients de ce qui se passe…

      1. Pere Collateur

        En effet, recasée chez orange pour pantoufler. Ça doit être l’exception à la règle ^^

        D’ailleurs j’imagine très bien la rage de l’ingé de FT qui fait tourner la boutique au jours le jour et qui voit ce parasite payé bien plus que lui pour hanter des couloirs et autres salle de réunion… Ça doit donner des envies de cordes, de potence et autre guillotine 😉

  5. Jazzman

    Les maîtres du monde.
    Dans beaucoup de films hollywoodiens, mais aussi quelques livres, on trouve au centre de l’histoire un personnage dont le but est d’être maître du monde. Ce personnage a presque toujours un pouvoir économique considérable. Il possède au minimum un vaste château avec un nombreux personnel tout dévoué à sa cause. La plupart du temps il a une île privée et une petite armée superbement équipée, voire même un laboratoire dernier cri où il développe des armes inconnues et sophistiquées. Très souvent il est secondé par sa maîtresse, une bombe sexuelle dont on imagine l’esprit fertile.
    Mais il veut être maître du monde et le scénariste n’estime pas nécessaire de nous expliquer pouquoi. Sans doute qu’une telle envie lui semble normale et très répandue, de même pour les riches commanditaires de l’oeuvre.

      1. Peste et coryza

        Pas forcement : l’homme est plutôt narcissique, dépensier, et tape à l’œil.
        Pas du tout ce qu’il faut en ces temps troublés.

        Le professeur xavier semble être un meilleur candidat au job.

  6. Djefbernier

    Patientez cela va finir par être bien 😉 Je suis assez d’accord avec la thèse selon laquelle le progrès technique commande. O Scott Card en cause très bien dans Basilica, terre des origines ; comme c’est dimanche.
    @pouf pouf : tu t’améliores grave.

    1. Peste et coryza

      Pas forcement…

      Le progrès technique permet de démultiplier le potentiel humain, en bien comme en mal.

      Et vu que nos oligarques ont de plus en plus peur de perdre leur pouvoir, ce sera plutôt en mal.

      1. gem

        La lutte en général n’est pas entre le glaive et le bouclier. Il est entre le glaive (attaque), le bouclier (défense) , l’œil (information) et le cheval (mobilité). L’humain ne compte plus pour rien dans cette histoire.

        1. Peste et coryza

          Pas entièrement d’accord.

          Juste un exemple :
          Pourquoi dans la légion romaine, seuls les vétérans comptaient (César a gagné contre Pompée, alors qu’il était 2 fois inférieur en hommes et 4 fois inférieur en cavalerie, mais avec des vétérans alors que Pompée avait du recruter à la hâte).
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Pharsale

          A technologie égale, l’expérience fait la différence.

  7. sanksion

    adresses sur 32 bits et donc intrinsèquement limitées en nombre à 4 milliards
    -> C’est 1 ou 0 (langage binaire), soit 2 caractères possibles à la puissance 32 ?

    1. Duff

      idem sachant que j’avais vu cette interview étant abonné à cette chaîne YT et que j’avais trouvé pas mal les éléments mis sur la table. Pour rebondir sur les premiers coms d’Aristarque, la tyrannie se glisse toujours en douce en profitant de l’incompétence des dirigeants. Pas sur que nos chers socialistes et de leurs pseudos opposants aient la moindre idée des enjeux autour du futur d’internet. Ils n’en sont qu’à se rassurer derrière le contrôle très moral et très démocratique du CSA, un joli paravent à leur incompétence.

        1. Duff

          Je n’ai pas l’art de la formule qui fuse comme Théo31! Mais oui on voit sur tous les sujets que Léo Ferré avait vu juste : Le socialisme c’est la salle d’attente au fascisme.

          1. Calvin

            Oui, mais, justement parler de salle d’attente du fascisme (ce qui est finalement plutôt juste) ne permet pas de toucher du doigt qu’ils y vont presque à l’insu de leur plein gré.
            Ils ne veulent pas le fascisme, mais ils y vont.
            Ils ont tellement perverti le sens du mot (fascisme = EXT-Dr, nationalisme, racisme, …), qu’ils ne voient pas qu’ils y sont en plein dedans, ou qu’ils y vont tout droit.

  8. Homlett

    « D’autre part, et c’est à mon avis plus pertinent encore, les sociétés commerciales auront du mal à vendre durablement un contrat d’abonnement qui limite sérieusement l’accès à Internet d’une façon ou d’une autre. Le consommateur, lassé d’avoir une telle asymétrie dans son service, se reportera sur tout abonnement qui lui garantira un traitement équitable de ses demandes ; symétriquement, tout fournisseur internet qui offrira un tel service garanti remportera des parts de marchés sur ses concurrents. »

    C’est à mon avis sous estimer leur perversité. Ce qu’il risque d’arriver c’est par exemple un accès internet (sic) « gratuit » (ou disons à 1€) chez Banane Telecom avec du mail banane.fr, de la recherche web banane.fr, de la vidéo chez dailypicture, de la musique chez douzeur et l’info c’est chez Banane News en collaboration avec Le Journal. En échange c’est pub et profilage. T’en veux plus ? YouTube c’est 5€/mois (dans la limite d’1h/jour), imap/pop c’est 2€, pack média sociaux à 5€, et Netflix on vous le facture 50cts/films. Le pack total illimité reviendra à 30 ou 35€/mois, comme aujourd’hui. Et donc à bien y regarder, beaucoup préfèreront payer pour ce qu’ils utilisent « vraiment ». Et ils (ré)apprendront à voir ce qu’on leur montre et à acheter ce qu’on leur vend.

    Je rêve ? C’est pourtant déjà le cas :
    – Il y a Wikipédia et Wikipédia par Orange (une copie de Wikipédia, mais avec publicité) : http://wikipedia.orange.fr
    – D’ailleurs, l’accès est gratuit à Wikipédia (le vrai, pour l’instant) pour les clients d’Orange en Afrique (en tout cas Madagascar) :
    http://www.balancingact-africa.com/news/fr/edition-fran-aise-26/175/actualit-s-t-l-com/acc-s-gratuit-wikip/fr
    – Le saviez-vous, Orange propose du profilage volontaire (bientôt en échange d’une réduction sur l’abonnement ?) :
    http://www.numerama.com/magazine/20132-orange-propose-d-espionner-votre-navigation-a-des-fins-publicitaires.html

    Sans compter les Deezer by Orange, les Spotify by SFR, etc. Car bien sûr c’est pareil chez la plupart des autres FAI (pas tous : ceux de FFDN ou OVH pour l’instant). Bref, tout ça pour dire que l’asymétrie ça se vend/vendra facilement. Y compris aux politiques avec la formule magique « pouuuuvooooir d’aaaachaaaat ».

    1. « Je rêve ? »
      Non, mais ce n’est pas le problème.

      Si un concurrent arrive et dit « Internet neutre (ou quasi neutre, ça suffit) pour 20€ par mois », des gens préfèreront l’un à l’autre. Le danger se situerait dans l’interdiction de l’arrivée d’un tel concurrent, pas dans l’existence du premier.

    2. gem

      En plus, techniquement, le singulier à ‘internet » est déjà obsolète et le sera de plus en plus. Les tuyaux sont déjà un foutoir, et dans ces tuyaux vivent des réseaux virtuels. Je suis même pas sûr qu’on ait besoin de « fournisseurs d’accès », qui sont à internet ce que sont les compagnies téléphoniques sont aux ondes : des fournisseurs pratiques et puissants, mais dont on peut se passer (CB, talkie-walkie …).

  9. figarocifigarola

    Je suis un peu naif peut être mais pourquoi nous on a la Fleur P. non pas au fusil (quoi que) mais a l’économie numérique et pas ce Benjamin B. ?
    Il a un cerveau… Lui…

    1. gem

      Ne sous-estime pas le cerveau de Déracinée ; simplement elle est docile et ne s’en sert que conformément à ce qu’on lui demande, pas BB

        1. Duff

          « laissez-faire, laissez passer! ». Tous les arguments contre qu’il m’ait été donné d’entendre étaient méga foireux et démentis par l’histoire. Prime exceptionnelle à ceux qui veulent un « état stratège »… 😉

    1. Nocte

      Une solution, c’est mettre un terme définitif à un problème.
      Utiliser un vpn est donc une réponse technique de contournement à une aberration politique, c’est comme juger que la méthode de notation des dictées doit être changée plutôt que remettre en cause la fabrique à crétins : on contourne un problème, on ne le règle pas.

  10. argone

    Super réflexions !

    H16 ne pensez vous pas que le pouvoir entraîne la conservation dudit pouvoir et donc la mise en oeuvre (insidieuse ou non) de moyens dits « totalitaires » ? « Pouvoir » et « totalitarisme » seraient-ils les 2 faces d’une pièce ?

    Le sujet est compliqué car il ne suffit pas de virer la caste au pouvoir puisqu’elle sera remplacée par une autre qui s’enkystera.

    Alors quelle solution ?

    1. Calvin

      C’est Pouvoir sans Contrepouvoir qui mène au Totalitarisme.

      Chez nous, c’est la lâcheté des médias, la veulerie des différentes oppositions et le rouleau compresseur égalitariste de l’EdNat qui ont anesthésié la capacité de résistance à l’oppression (même light).
      Quelles solutions ?
      Redonner aux médias leur force en supprimant les subventions du « gouvernement ».
      Redonner aux oppositions leur indépendance en supprimant les subventions aux partis politiques, aux syndicats, aux associations, aux oligarches, …
      Redonner à l’EdNat son rôle d’instruction et l’indépendance des professeurs par le chèque Education et la liberté de créer une équipe pédagogique soudée, concertée, assumée, de pouvoir choisir son école, etc…

      3 mesures rapides, presque immédiates qui feront beaucoup pour un retour à la Normal(e).

        1. Calvin

          Oui mais j’ai parlé de mesure rapide (argument fallacieux pour l’EdNat !!).
          Tu as raison, la Justice est dans le lot, mais c’est surtout un problème de lâcheté politique, de quelques erreurs de casting et d’idéologies délétères.

          1. Nocte

            Quand le législateur en vient à dire ouvertement qu’il faudrait modifier la constitution car elle l’empêche de pulvériser la propriété privée, je ne vois pas de lâcheté, mais une position assumée par l’absence de risque.

        1. Calvin

          Ouais mais je développe a minima…
          Il y a déjà un énorme gap avec les pays moins corrompus que la France. Pas la panacée, mais un début de normalisation.

  11. argone

    l’occasion de relire Orwell qui a crée dans 1984 une société hyper totalitaire fascinée par la technique, l’efficacité, et le tout sécuritaire …

  12. Dr_Molinari

    Petite coquille orthographique : « historiquement tenu par les Américain »–> il manque le « s » du pluriel.

    Sinon merci pour cet article très intéressant et m’avoir fait découvrir ce passionnant interview.

    1. gameover

      Les raisons invoquées sont un tissu de conneries donc la solution proposée ne dépareille pas. Le mec se dit économiste… mdr

      L’entreprise appartient à ses actionnaires (dont moi) et on fera bien ce qu’on veut ! Qu’il s’occupe de ses fesses.

  13. BenOui

    Le problème n’est pas de savoir si ce sujet est grave ou pas, mais la direction prise en sachant que les politiques plaideront non coupables par ignorance et incompétence. Trop facile.

    La France a déjà perdu toutes opportunités sur les réseaux et plus aucun entrepreneur n’investira lourd. Bravo. Qu’elle fracasse son industrie, c’est déjà puissant, mais qu’elle coupe les jeunes pousses, alors là, c’est de la pédophilie institutionnalisée !

    L’exception culturelle est le pompon de la connerie monumentale des enjeux actuels sur les réseaux, mais chut, il faut laisser une chance au dernier vidéo club ! Le rayonnement culturel de la France, c’est une bougie sans mèche! Nous avions déjà la TV US grâce au CSA, bientôt nous aurons plus qu’à apprendre le chinois… si ce n’est déjà fait !!

    Orange, et Bouygue n’ont toujours rien compris, et je vous encourage à remplir vos donnés avec du pédophile-nazi-tueur-de-petits chatons pour les obliger à sortir du bois. C’est trop comique,… j’ai testé pour vous et quand nous serons des millions, leur Big-Data ne vaudra pas grand-chose…

    Bon dimanche aux barbouzes de service.

  14. pouf pouf

    Laisser des mots pour plus tard, des mots pour se reconstruire, des mots pour tenir bon, tout, tout le temps, personne, jamais. La bêtise, ta bêtise, ma bêtise, ma bêtise encore, nos bêtises, des bêtises, leur bêtise insensée. Des mots pour guérir. Un énorme sucre candy. A Cambrai ?

        1. Nocte

          Ils sont en train de s’ assurer leur rente en rendant obligatoires les mutuelles et en imposant sur le revenu la part payée par le patron.

  15. Inspecteur Juve

    Un autre problème que pose l’imposition technocratique de la « neutralité du net », c’est aussi qu’il interdit à un fournisseur de faire des offres plus subtiles que « ben vl’à un gros toyau c’est tant par mois ».

    Je ne vois pas en quoi on empêcherait un fournisseur de proposer par exemple, un accès illimité à certains contenus et payant à d’autres (l’inverse, c’est faire payer par tous les usages de quelques uns).
    Je serais directeur marketing, je ne suis pas certain que je m’engagerais dans cette voie pour des liens fibre optique par exemple.

    En revanche, cette ségrégation peut avoir un intérêt sur un réseau mobile, par nature plus contraint en bande passante. Tu veux streamer de la vidéo en 4G : tu paies un peu plus que celui qui n’accède qu’à quelques applications Internet sur son smartphone.

    Dans un cas comme dans l’autre, c’est ua marché de s’organiser pas à la puissance publique d’imposer des règles, d’autant qu’en l’occurrence les règles édictées sont paradoxalement favorables aux gros consommateurs, aux pirates, etc.
    Exemple: la taxe sur les disques durs « dès fois qu’ils contiennent des films que vous avez téléchargés illégalement sans payer et tant pis si c’est juste les photos du chat ».
    Les mêmes pseudo associations qui militent pour la neutralité du Net sont d’ailleurs les mêmes qui proposent la « licence global », c’est à dire le droit de télécharger tout ce qu’ils veulent en contrepartie d’une taxe acquittée par ceux qui ne téléchargent rien (on dirait du Bastiat : « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde »).

  16. Laurent

    Réflexion très intéressante. Et basée sur l’expérience. Merci de relayer !

    Mais je ne pense pas que la classe dirigeante soit profondément démocrate. Elle l’est par habitude, par affichage, car c’est LA condition pour espérer obtenir du pouvoir. Si elle l’était vraiment, elle ne passerait pas son temps à tuer une à une toutes les voies différentes et à absorber les petits partis dans des grands rassemblements où n’est représenté que le plus petit dénominateur commun.

    On ne tue pas la liberté malgré soi, par hasard et sans volonté. On la tue quand elle présente une menace. La côte d’impopularité de Hollande vient p-e de sa personne. P-e pas. Il faut aussi regardé du côté de nos habitudes qui changent. Etant hyper-connecté, il y a moyen pour tout un chacun de s’informer et de créer un noyau de contestations. La mauvaise humeur est contagieuse. Et internet représente assurément une menace pour tout pouvoir en place. Même, et surtout, un pouvoir démocratiquement installé.

  17. toufou

    A propos de la neutralité du net, j’ai personnellement résilié mon abonnement à Free. Je passe le débat de savoir si Free ralentit volontairement le flux Youtube, Free considérant que c’est au fournisseur de contenu de se raccorder à lui, mais indubitablement avec Youtube ça ne fonctionne pas comme ça devrait avec Free alors que ça marche partout ailleurs. Je le dis ici pour que ça se sache et qu’un jour Free, prenne conscience que cette politique peut leur faire perdre des clients.
    J’avais initialement souscrit à Free car j’aimais bien l’approche commerciale (de l’efficacité et peu de blabla et de publicité) et politique (Free a toujours été plus récalcitrant que les autres à jouer la gestapo), mais après plusieurs mois d’attente, j’ai fini par changer d’opérateur, et, de fait, youtube marche parfaitement.

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