Ce que nous enseigne SpaceX

Même si ce mois d’août n’est pas franchement plus calme politiquement ou économiquement parlant, je vous propose néanmoins de regarder aujourd’hui vers le ciel, et même, un peu plus haut, l’espace, pour y découvrir l’aventure fort intéressante d’une société privée, SpaceX.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, SpaceX est la société fondée par Elon Musk, l’entrepreneur qui aura assuré, notamment, le succès de Paypal et qui est aussi l’actuel patron de Tesla Motors. SpaceX est une société privée de taille moyenne (2000 personnes environ) fondée en 2002 spécialisée dans le vol spatial. À ce titre, elle est en concurrence avec les grands noms de l’astronautique comme Boeing ou Arianespace, ce qui rend l’existence de cette société d’autant plus impressionnante, compte-tenu de la taille des autres acteurs, des montants en jeux et des retombées (médiatiques ou financières), entraînant une rude compétition.

En effet, non contente d’exister, la société commence à proposer la mise en orbite de satellites pour des prix venant directement défier cette redoutable concurrence, à commencer par l’européenne qui s’inquiète de cette arrivée soudaine d’un petit nouveau dans le pré très fermé des lanceurs spatiaux. De façon intéressante, cette concurrence se rassure en notant lourdement que la société d’Elon Musk est probablement bon marché, mais est aussi très subventionnée par les États-Unis (via la NASA et le Department Of Defense) qui trouvent là une méthode efficace pour inciter les acteurs installés à revoir leurs grilles tarifaires.

spaceX -NASA Alan Ault - public domain

Cependant, s’il semble clair que SpaceX bénéficie des largesses du contribuable américain (et, disons pour être juste, dans un ratio peut-être aussi important qu’Arianespace avec le contribuable européen), cela n’empêche pas que l’arrivée de la société entraîne quelques remises en questions. Comme le souligne le patron de SES, un des récents clients de SpaceX, le petit nouveau peut aussi afficher des tarifs plus bas par l’introduction de processus industriels simplifiés, avec une automatisation poussée de la fabrication des lanceurs par l’utilisation de robots qui apportent des gains notables de compétitivité. En outre, la taille de la société et sa culture d’entreprise, indéniablement plus « start-up » que les grands noms actuels de l’astronautique, assure une bien meilleure écoute du client, avec un trajet plus court de l’information entre le producteur et le consommateur, qui incite à mieux tenir compte des contraintes du premier et des besoins du dernier.

En outre, la façon de concevoir l’utilisation de ses lanceurs donne à SpaceX quelques intéressantes pistes d’économies qui n’ont pas été, pour le moment, envisagées par ses concurrents. Le fait, par exemple, de ne pas considérer le lanceur comme « perdu » une fois tiré, et de tout faire pour qu’il revienne sans dégâts à la terre ferme est, outre un pari technologique ambitieux, une réelle source de réduction des coûts de mise en orbite. On se souvient des essais, il y a un an, du propulseur « Grasshopper » qui a permis de démontrer la viabilité du concept (la vidéo, dans laquelle on voit la fusée prendre son ascension pour ensuite redescendre et se poser sur son pas de tir, est ici). Depuis, SpaceX a prouvé qu’en vraie grandeur (et avec une charge commerciale à bord), l’idée générale consistant à ralentir autant que possible le lanceur pour pouvoir le réutiliser ensuite est viable et permet d’envisager de très sérieuses baisses dans les coûts de lancement.

On pourrait croire cette histoire de ré-utilisabilité triviale en terme d’économies, mais il n’en est rien. Un lanceur traditionnel coûte bien au-delà de 100 millions de dollars, alors que son fuel ne représente qu’un demi-million de dollars. S’assurer qu’un lanceur pourra être réutilisé un nombre important de fois revient à ne faire payer au client que la partie qu’il utilise vraiment, tout comme dans un avion ou une voiture, qu’on ne jette pas après usage. Comme on le voit, cette innovation n’est pas seulement intéressante : elle est capitale pour le futur de SpaceX, des technologies spatiales, et l’abaissement drastique du coût d’exploitation de l’espace en général. Or, même si SpaceX est pour le moment subventionnée, le but à terme pour Musk et ses actionnaires est évidemment d’obtenir la rentabilité de leur société.

space x - falcon 9 CRS-2 - NASA Tony Gray and Robert Murray - public domain

L’expérience SpaceX montre que les méthodes du privé, et notamment des entreprises de taille réduite, permettent de s’affranchir dans une bonne partie des frictions bureaucratiques. Il montre que la pensée hors des chemins battus permet d’explorer d’autres pistes, et que cette exploration n’est vraiment envisageable qu’au sein d’équipes réduites dans lesquelles le processus décisionnel est court et apte à changer rapidement pour s’adapter à des modifications de paramètres. Bien sûr, cette pensée « agile » dans des petites structures n’est pas une nouveauté en soi, puisqu’on l’observe depuis des décennies dans le domaine de l’informatique notamment. Mais c’est un réel renouveau que l’application de ces méthodes dans le monde spatial où, traditionnellement, on parle plutôt de grandes entreprises, de gros contrats et de développements répartis sur de multiples années voire des décennies, qui imposent par leur nature des décisions très mûrement réfléchies au sein d’équipes pléthoriques.

En outre, cette expérience apporte ici la preuve éclatante que même lorsque les entreprises sont subventionnées (de façon directe ou indirecte comme c’est le cas pour SpaceX), l’introduction de la concurrence entre sociétés permet d’obtenir des résultats innovants, plus rapidement et moins cher que dans le vase clos d’un service public payé par les impôts.

Ainsi, tout en notant qu’une partie du financement vient du contribuable, on ne peut s’empêcher de constater qu’il en a pour son argent compte tenu des résultats engrangées et les avancées significatives obtenues. A contrario, le gouffre financier représenté par la NASA seule sur les 30 dernières années laisse songeur quant au rapport coût/bénéfice de cette administration. À ce titre, si Arianespace s’en sort mieux, du fait de ses nombreux lancements commerciaux réussis, force est de constater que l’innovation en matière spatiale semble avoir pris l’omnibus ; il paraît loin le temps où, en moins de dix ans, l’Amérique passa du stade où elle n’avait pour ainsi dire pas de programme spatial au point où leurs astronautes marchèrent sur la Lune.

Cette démonstration que la concurrence apporte, intrinsèquement, de multiples bienfaits dont les retombées sont directement palpables par celui qui les finance (le contribuable, ici), et le fait même que la taille ne fait pas tout, même dans un domaine comme le spatial, devrait inciter chacun à réfléchir lorsqu’il s’agit de sauvegarder les grosses entreprises à tout prix, et les politiciens en particulier à prendre des pincettes avec l’idée même qu’on doive absolument mobiliser l’argent des autres pour sauver de gros monopoles publics (et même, parfois, des grands acteurs privés).

L’aventure SpaceX, en ce qu’elle comporte à l’évidence une illustration d’une bonne louche de capitalisme de connivence, n’est certes pas la démonstration des bienfaits de la libéralisation du domaine spatial. Mais elle permet tout de même d’apporter de solides arguments en faveur de la concurrence et de l’esprit d’entreprise.

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Commentaires106

  1. Aristarque

    Non, ce n’est pas possible ! La concurrence entraînerait une baisse des prix sans que la qualité y perde automatiquement ? Vite, expatrions Arnaud de M. pour qu’il y remette bon ordre !

    1. Calvin

      Oui, expatrions-le. J’appelle SpaceX. Une virée sur Mars et ça repart, hein Nono ??

      1. Theo31

        Pas sur Mars hein ! La planète rouge n’est pas une poubelle même si elle pourrait faire une belle vitrine du national socialisme franchouille.

          1. yp

            Les géantes gazeuses (Jupiter ou Saturne) semblent plus appropriées à un faiseur de vent de cet acabit.

      2. nana

        Non ça va pas cette fusée est sensée revenir sur terre! Pour Non une bonne vielle soyouz bien communiste sera parfaite…

    2. petit-chat

      Sur la Lune, un grand pas pour Nono et un petit répit pour nous. Et pas dans Zone 51, il embarque vraiment

  2. Aristarque

    Il y a la bonne et la mauvaise subvention. Combien de fois faudra-t-il le dire ???
    La bonne, c’est quand l’Etat grançais subventionne Arianespace parce que patati, patata, TGCM!
    La mauvaise, c’est quand l’Etat américain subventionne ses industriels parce que cela fausse la concurrence pure et dure dont nous sommes les chantres comme tout le monde le sait dans le crony capitalisme grançais… :mrgreen:

      1. Calvin

        C’est le cas de tous les domaines au cours de l’histoire jusqu’à ce que l’intérêt militaire soit moindre que l’apport intrinsèque du domaine.
        L’aérospatiale finira par sortir du giron martial.
        Ce sera cher mais rentable sans subventions.

          1. Aristarque

            Galopin !!!
            Impertinent !!!
            Effronté !!!
            Et le respect dû aux anciens!!!
            Si tu es là où tu es, ce n’est qu’à cause de ceux qui t’ont précédé, ne l’oublie pas…
            (Attends un peu que je puisse te mettre une calotte !!!) 😈

            1. Calvin

              Mais oui, je sais ce que je leur dois : une belle chaîne de Ponzi !!!
              Bon, je ne ferai plus, pas avant le prochain billet, promis !
              (Et mon commentaire n’a pas été mis au bon endroit ! J’avais dit 9h15 !!)

  3. Le Gnôme

    Small is beautiful, il serait temps de le comprendre ici plutôt que de subventionner les pachydermes paralysés et bureaucratiques.

    1. Nyamba

      Exactement mon sentiment à la lecture. Ca vaut aussi pour les montants d’éventuelles subventions, d’ailleurs 🙂

  4. Aristarque

    il paraît loin le temps où, en moins de dix ans, l’Amérique passa du stade où elle n’avait pour ainsi dire pas de programme spatial au point où leurs astronautes marchèrent sur la Lune.
    A cette délicieuse époque, il y avait la concurrence avec les Russes pour la domination de l’espace, telle qu’on l’appréhendait dans ces années là, justement.
    Depuis, les Américains sont en suprématie relative et se sont « rendormis ».
    Toujours l’aiguillon de la concurrence, finalement, pour que les choses avancent rapidement.
    Encore une démonstration du caractère néfaste d’un monopole ou de ce qui s’en approche… 😀

    1. La Coupe Est Pleine

      C’est clair que lorsqu’on regarde l’aventure lunaire Américaine …. La gabegie étatique à tous les niveaux vous saute aux yeux !
      Kennedy voulait que le centre spatial soit en Floride, mais Johnson a tout exfiltré vers son Texas, y compris le centre de commandement et la fabrication.
      La conquête de la lune montre une facture finale astronomique, mais il est probable que la moitié des coûts auraient pu être évités.

      1. gameover

        Facture astronomique, je ne sais pas mais il semble que si on devait recommencer le même programme il couterait 10 fois ce montant et on ne serait même pas sûr d’y arriver sans encombres.

        C’est d’ailleurs la réflexion que je me fais aussi quand je vois une cathédrale…

        1. La Coupe Est Pleine

          « C’est d’ailleurs la réflexion que je me fais aussi quand je vois une cathédrale… »
          Comme la Sagrada Familia de Barcelone ?

        2. La Coupe Est Pleine

          D’ailleurs ce serait un sujet interessant pour H16 ! La Sagrada Familia est depuis le début de son chantier érigée uniquement à partir de fonds privés, seules les recettes des visites et les généreux donateurs financent le chantier …. Mais quel résultat ! C’en est bluffant !

  5. Calvin

    Il manque un volet écologique à cet article. Le bon, celui – là, pas celui des écolos khmers verts.
    En réutilisant le lanceur, outre la rentabilité, on sauvegarde l’environnement, on recycle…
    Le capitalisme : la solution pour Gaia.

    1. royaumont

      Le concept des lanceurs réutilisables n’est pas nouveau, puisque c’est celui… des navettes spatiales US.
      A l’usage, cela s’avère très couteux (la maintenance entre deux lancements est hors de prix) et assez dangereux. Cela ressemble beaucoup à une fausse piste.
      Ceci dit, l’arrivée de lanceurs privés est absolument logique dans la mesure où l’on assiste à une « banalisation » de ces opérations de lancement.

      Par ailleurs, le talon d’Achille des lanceurs privés reste de disposer d’un pas de tir convenable : un espace vaste, sécurisé, relié à d’importante infrastructures de communication (et aussi proche que possible de l’équateur).
      La coopération active des pouvoirs publics est donc encore incontournable.

      1. La Coupe Est Pleine

        Et un pas de tir très proche de l’équateur avec une usine de fabrication toute proche.

      2. Jesrad

        La navette spatiale américaine est un mauvais analogue…

        Pour la navette: boosters et réservoir jetables pour le lancement, et réutilisation intégrale de l’orbiteur, bouclier compris, après son retour sur terre.

        SpaceX fait le contraire: étages de lanceur réutilisables une fois reposés au sol, et un orbiteur qui est soit pas sensé revenir (charge commerciale, satellite) soit brûle un bouclier à usage unique lors du retour, avant réutilisation.

        Bref, très peu à voir entre les deux !

        En passant, je trouve H un peu dur avec la NASA, qui a quand même accompli pas mal de trucs ces trente dernières années malgré une bureaucratisation galopante et une hostilité franche de la part des chambres américaines.

        1. Deres

          Les moteurs (SSME) étaient réutilisables car montés sur la navette ainsi que toute l’électronique de contrôle. Les boosters étaient prévus pour être réutilisables et étaient récupérés par parachute sur les premiers tirs. Le gros réservoirs n’est qu’une structure donc de loin pas la partie la plus coûteuse du système.

          1. Jesrad

            Le réservoir est un bijou de technologie de pointe ! Mais ça ne se voit pas sur les photos et les vidéos, hélas. Un hallucinant 96% de fraction de masse, dans des conditions extrèmes: 20 K à 3 bars et vol supersonique, c’est très, très loin du trivial. Mais vous avez raison pour les moteurs, qui sont réutilisés.

      3. Jacques

        Le programme des navettes s’est retrouvé très dispendieux sur deux points : un bouclier thermique immense et très couteux à entretenir, et une architecture globale qui mettait en danger l’intégrité de ce même bouclier, avec une navette accrochée sur le réservoir. Ce concept a été imposé par des considérations militaires et non techniques, et a causé la mort de 14 astronautes.
        Une navette dédiée au transport des personnes, de la taille du projet Hermès, par exemple, et un premier étage réutilisable, c’est un concept franchement plus viable à tout point de vue. Les militaires, de leur côté, auraient pu réclamer et obtenir un lanceur lourd à leur convenance…

        1. Jesrad

          A l’époque de la guerre froide, il faisait sens que l’orbiteur ait une capacité de vol plané contrôlé. Mais plus aujourd’hui.

  6. Aristarque

    L’aventure SpaceX, en ce qu’elle comporte à l’évidence une illustration d’une bonne louche de capitalisme de connivence, n’est certes pas la démonstration des bienfaits de la libéralisation du domaine spatial.
    Je pense qu’il ne faut pas rêver. Le spatial est un domaine militaire stratégique à de nombreux points de vue, immédiats, de moyen terme et de long terme dans lequel un Etat voudra toujours mettre ses gros doigts pour le contrôler. Même si les sociétés spatiales étaient totalement à capitaux privés sans le moindre dollar ou euro de subvention, les Etats concernés trouveraient toujours le moyen de venir y regarder de plus près, ne serait-ce que pour que ces capitalistes avides de profit ne se mettent pas à vendre leurs merveilles à n’importe qui… La subvention est un moyen commode et élégant de faire les choses sans en avoir l’air (officiellement)…

    1. Chris

      « En outre, la taille de la société et sa culture d’entreprise, indéniablement plus « start-up » que les grands noms actuels de l’astronautique, assure une bien meilleure écoute du client, avec un trajet plus court de l’information entre le producteur et le consommateur, qui incite à mieux tenir compte des contraintes du premier et des besoins du dernier.”

      On voit que vous n’avez pas travaillé avec eux… Il est très dur d’obtenir la moindre information: c’est à peine si on a le droit de savoir où va être injecté notre satellite…

        1. Chris

          Ce n’est pas un avis mais des faits… En parlant de clients, on travaille avec SpaceX donc je sais un petit peu de quoi je parle… Bref…

            1. Chris

              C’est certain qu’il a dû avoir à discuter technique et que ce n’était pas le constructeur du satellite qui était en interface avec les équipes lanceur…

    2. La Coupe Est Pleine

      « La subvention est un moyen commode et élégant de faire les choses sans en avoir l’air »
      Etant agriculteur, je pense comprendre ce que vous voulez dire !

    3. ironbooboo

      @ Aristarque :

      Pour ce cas particulier j’ai du mal à comprendre votre blocage sur les subventions. On peut discuter de l’utilité même du procédé, mais en l’occurrence je ne vois rien de choquant que ce soit de la part de l’état ou de SpaceX.
      L’état est dans ses domaines régaliens (la défense éventuellement) et SpaceX joue avec les mêmes cartes que ses concurrents directs. En prime on dirait qu’ils misent pour une fois sur le bon cheval.
      C’est sûr on en est pas encore à ce que les politiques arrêtent de dilapider l’argent du contribuable, mais a-t-on vraiment la moindre chance d’obtenir mieux que ça ? A tout prendre, c’est pas si mal.

      1. Aristarque

        Je ne parlais pas du cas spécifique de Space X mais plus généralement puisque je suis contre le principe de la subvention en ce sens qu’il s’agit d’une libéralité habituellement accordée sans contrepartie sérieuse et à qui l’on veut (bien), donc que le marché en est perverti. En revanche, que l’ Etat passe commande après appel d’ offres pour une prestation donnée qui peut être de recherche pure, cela ne me pose aucun problème fondamental, juste d’application, éventuellement. Mais pour le cas du domaine spatial qui est un domaine militaire donc étatique, je suis sans illusion sur le fait que le marché n’ y sera jamais libre, de façon plus ou moins visible… Que ce soit par subvention, contrat de recherche, prestation, vous y retrouverez immanquablement les militaires et les états…

  7. yoyo6963

    « il paraît loin le temps où, en moins de dix ans, l’Amérique passa du stade où elle n’avait pour ainsi dire pas de programme spatial au point où leurs astronautes marchèrent sur la Lune »
    Soulignons qu’à l’époque il y avait de la concurrence, la compétition entre les USA et l’URSS sur le sujet…
    Comme quoi le moteur c’est toujours de faire mieux que l’autre…

  8. LeRus

    Le cas de Space X est effectivement un très bon exemple à partager.

    Pour ajouter un petit détail qui a son importance, il faut savoir que la Nasa ne subventionne pas seulement Space X, mais plusieurs entreprises privées. Space X est sans aucun doute celle qui est la plus en avance (elle a aussi bénéficié de R&D plus ou moins abandonnée par la Nasa il me semble) mais elle n’est pas la seule.

    Aussi, il est un peu exagéré de parler de subvention puisque l’entreprise apporte un véritable service. Je préfèrerai parler de contrat de service, ou d’investissement.

    Donc, non seulement la Nasa investit dans les entreprises privées pour faire baisser les prix (et aussi sans doute donner un grand coup pied au Q à ses équipes), mais elles met ces entreprises en concurrence. Le résultat, est, en quelques années très impressionnant!

  9. Flo

    Dans l’industrie spatiale il y a un précédent Européen bien plus avancé et qui laisse perplexe.
    Une PME allemande OHB a battu le géant Astrium (Airbus) lors de l’appel d’offres « Galileo » pour finalement appeler son concurrent et Thales Alenia au-secours car incapable de gérer le projet.
    Sans qu’on puisse dire d’ailleurs que ce soit entièrement de sa faute.
    Les peaux de bananes glissées sous les pieds de la PME par les bons copains ESA-ESTEC-Astrium-Thales n’ont pas dû manquer.

    On a du mal à s’y retrouver dans ce pataquès:

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20131010trib000789447/satellites-panne-allemande-pour-le-programme-galileo.html

    Et depuis ces articles de fin Octobre 2013 blackout total, je n’ai rien trouvé de consistant à part que 4 satellites sur 22 ont pu enfin être lancés…Et je travaille pourtant dans un secteur d’activité très proche.
    Les ingénieurs des sociétés impliquées ne parlent JAMAIS de ce programme et n’expriment JAMAIS de besoins qu’y s’y réfèrent!

  10. tonio

    je vais peut-être passer pour un gros ringard auprès des libéraux (qui aiment davantage les petites sociétés que les très grosses) mais je ne crois pas une seconde à la fiabilité d’une petite boite dans la conquête spatiale et l’aeronautique.
    Il faut de grosses structures avec un appui etatique pour ces domaines.

      1. A.g.

        «  »Parce que bon. C’est comme ça. » »

        => « Or, même si SpaceX est pour le moment subventionnée, le but à terme pour Musk et ses actionnaires est évidemment d’obtenir la rentabilité de leur société. »

        A terme…

        Sincèrement. Vous croyez vraiment que l’on peut envoyer quelque chose dans l’espace sans que le gouvernement ne soit pas derrière ?

          1. Jaybee

            Quand les vols spaciaux vers de nouvelles planètes vont se faire plus nombreux Musk sera là. Avec Virgin Galactic ils rafleront tout. Ce sont des visionnaires même si au fond ils savent qu’ils ne seront plus là. Puis même si l’état finance en partie il ne faut pas oublier que les l’argent de l’état est aussi un peu le leur…
            Article très intéressant H16 as usual.

          2. A.g.

            Rapport peut être aux questions de défense, sachant que si vous envoyez qqchose en orbite vous pouvez l envoyer n importe ou sur terre sans possibilité d interception. Ça m étonnerai qu il laisse le secteur libre.

              1. A.g.

                Non. Dans l activité comme pour son origine on est plus dans l’armement que l aviation et encore toutes les sociétés de conception sont sous perfusions ou dépendent des commandes
                militaires. Seules les compagnies nationales pour le transport s en sortent vraiment et encore elles font le yoyo entre les recapitalisations.

                  1. A.g.

                    Parce qu un lanceur c est pas un missile renommé peut être ?
                    Lockheed et Boeing bénéficent non seulement des commandes militaires mais sont couverts par les lois anti faillite votées sous Reagan. Airbus créé par la France et l Allemagne.
                    Il reste quoi en constructeur strictement indépendant ? Rien.
                    Pour les lignes commerciales la durée de vie des lignes privées est réduite, dépendante des subventions et je maintiens que les lignes comme air France ne survivent qu’en pompant le contribuable.

                    1. Les constructeurs rentables, ça existe. Les compagnies commerciales indépendantes des subventions ça existe aussi. Bref, ce que vous affirmez n’est pas vrai et je ne vois pas où vous voulez en venir. Vous ne m’avez toujours pas prouvé que l’état était indépassable sur ce marché.

                    2. A.g.

                      Essayez de construire des armes, même si vous les appelez autrement, vous allez comprendre la notion de passage obligé par la case état.

                    3. Hors sujet.
                      Vous ne prouvez pas ici que l’état est indépassable sur ce marché. Le mot « indépassable » a un sens précis.

            1. bob razovski

              Avec l’exemple des armes, je pense comprendre l’idée d’A.g., qui veut dire que même si n’importe qui pouvait faire une fusée rentable et efficace dans son jardin, l’état, pour garder la main-mise sur un secteur dit « stratégique » fera tout pour bloquer le développement de cette activité.

              C’est ce qu’il fait avec le marché de la fabrication et du commerce des armes.

        1. royaumont

          L’avenir le dira…

          Le seul exemple qui y ressemble un peu est celui de la conquête des océans : cela a commencé sous la tutelle des états (portugais puis espagnols, hollandais, anglais et français) assortie de monopoles. Ceux-ci ont fini par craquer dès que les techniques ont été maitrisées et que la rentabilité des opérations était avérée.
          Une différence majeure : la navigation existait avant les compagnies maritimes
          Des ressemblances : une rentabilité longue à venir, des investissements lourds et des implications militaires et géopolitiques nombreuses.

          1. petit-chat

            Pour pousser l’analogie, ajoutons les corsaires (pirates d’État) et les flibustiers (les pas d’État).
            La guerre des étoiles en vrai.

            1. bob razovski

              Le mélange des deux concepts se nomme « Albator »

              Pirate pour les japonais, Corsaire dans la traduction française 😉

    1. Jeff84

      Erreur, j’aime autant les grosses boîtes que les petites (du moment qu’elles ne fricotent pas avec les politicos), et je ne suis pas le seul.
      Quant à l’appui étatique, c’est à elles de voir (mais je serais à leur place, je ne mettrais pas ma main dans le piège à loup).

    2. Jaybee

      Vous vous trompez, regardez Tesla, ils s’implantent en masse et les voitures sont géniales. J’ai testé. Et Mercedes investi.
      Un autre exemple ? Ce petit inventeur qui va voir son moteur révolutionnaire tout chambouler… cherchez des infos sur « EmDrive » la NASA est derrière désormais.

      1. gameover

        L’EmDrive c’est +/- la voile solaire nan ? Celle des photons, pas celle du vent solaire.

    3. gameover

      Petite boîtes – Grosses boîtes : On va se marrer quand Free va prendre 56% dans T-Mobile à la barbe de toutes les telcom et de tous les analystes.
      Sprint vient d’abandonner ! Deutsch Telecom va réétudier l’offre de Free.

      1. Semaphore

        Sur BFM radio, ils indiquaient tout à l’heure que l’ offre de Free n’ était pas satisfaisante et que X. Niel allait reconsidérer l’ offre à faire.

  11. Korben

    A noter qu’ Elon Musk a créé ou participé à créer AltaVista, Paypal, Tesla Motors et SpaceX.

    Côté ArianeEspace, le directeur, Stéphane Israel, selon wikipedia, est un « admirateur de François Mitterrand » durant sa jeunesse, militant de SOS racisme, Normale Sup Lettres, aggrégé d’histoire, ENA, 5 ans chez EADS et Astrium tout de même (contrôle de gestion), ancien directeur de cabinet d’Arnaud Montebourg…

    Là aussi, une différence de philosophie…

    1. Calvin

      Parler de philosophie en évoquant « Mitterrand », c’est osé !
      A la rigueur, on peut employer le terme de sophisme, le concernant.

    1. vegeta

      la mère du petit mort pourra remercier chaleureusement les dealeurs de drogue les salafistes et autres vermines qui terrorisent les non musulmans qui n’habitent pas dans « leur cité »

  12. vegeta

    space X va s’implanter en France et recruter les 60 millions d’ingénieurs, oui vous avez bien lu en France ils y a 60 millions d’ingénieurs comme la dit monterbourg c’est incroyable n’est ce pas, récemment j’en ai vu quelques uns à la télévisions (sarcelles barbès, place de la république) et je suis fière de vivre dans un beau pays comme la France

    http://www.metronews.fr/info/arnaud-montebourg-les-francais-sont-tous-des-ingenieurs/mnez!HP5uoU2lZt2a/

    1. David

      « Le vote de dimanche [25 mai, élections européennes] nous engage à la méditation collective. »

      c’est ça, mon gars ; va méditer, va méditer …

  13. Deres

    Au sujet de la réutilisation des lanceurs spatiaux, les connaisseurs du domaine reconnaissent aisément le retour des mêmes arguments que pour la navette spatiale qui fut un échec complet de ce côté là. Ce genre de « grandes idées » revient bien souvent à une génération d’écart. La navette également utilisait des moteurs réutilisables et les boosters étaient récupérés par parachute. Mais l’expérience a prouvé que l’entretien des moteurs était presque aussi coûteux que d’utiliser des neufs et que la récupération des booster étaient impossible. La réutilisation n’apportait quelque chose que pour des fréquences de tirs hebdomadaires et avec des chiffres de fiabilité bien trop optimistes. Idem pour la navette elle même dont la remise en état de la protection thermique prenait des mois et coûtait des millions de dollars.

    Je pense que les USA investissent à fond dans SpaceX pour tuer Ariane. En vendant à perte leurs lanceurs, ils veulent faire perdre le marché concurrentiel à l’Europe qui risque alors de perdre son accès indépendant à l’espace. Une fois cela fait, le prix reviendra à son niveau réelle qui est celui que paie les institutionnels américains.

    1. Deres

      Par contre on parle ces derniers temps d’un propulseur spatial sans carburant qui risque bien de révolutionner le domaine …

      http://www.gizmag.com/cannae-reactionless-drive-space-propulsion/33210/

      En effet, de la même façon que les propulsions ioniques et plasmiques ont fortement diminué la taille des satellites car le besoin en carburant a été fortement diminué, une telle propulsion diviserait encore par deux les masses nécessaires. Au passage les besoins pour les lanceurs actuelles seraient chamboulés car ceux-ci sont dimensionnés pour des masses précises de satellites.

      Au niveau exploration spatiale, le gains seraient encore plus grand puisque les vitesses à atteindre sont encore plus importantes.

      1. Cela va au-delà, lorsqu’on lit les papiers relatifs à cette invention (voir sur emdrive.com) .

        1. gameover

          Je comprends mieux pourquoi tous les jours je retrouve mon micro-ondes au bord du plan de travail… :mrgreen:

    2. Les technologies des années 80 et celles utilisées actuellement dans SpaceX sont tout de même assez différentes, et on ne peut pas comparer la navette avec ce qui est fait (pour plein de raisons déjà évoquées dans les coms plus haut).

  14. Le Djedje

    Bien vu pour la plupart des arguments. Et puis citer un article de « L’ usine nouvelle », ce n’ est pas commun.
    A part ça:
    – Les missions de SpaceX, Arianespace et la NASA me paraissent quand même peu comparable.
    – Qu ‘en est-il de la charge utile?
    – Cette branche d’ activité n’ existe que grâce aux financements publics, où que ce soit. A part peut-être Howard Hughes, aucun privé n’ aurait été aussi « dingo » pour envoyer quelque chose dans l’ espace, vu qu ‘il n’ y avait pas de marché. Le marché a été créé par le financement public, avec au départ, la guerre chaude puis froide, ayant permis les découvertes technologiques et la formation du personnel nécessaires à l’ entrée d’ entreprises privées sur le marché.
    Aller dans l’ espace, ce n’ est pas cultiver un champs ou tricoter des pulls.

      1. Le Djedje

        Je vais donc devoir m’ expliquer clairement, parce que « Sans l’état, qui construirait les routes, hein ? » (est-ce formulé comme sarcasme?) ne peut quand même pas s’ utiliser à toutes les sauces: L’ exploration spatiale se base sur les découvertes techniques faites pendant la 2nde guerre mondiale (les V2 allemands, Wernher von Braun, opération Paperclip, fusées Saturn). Quelle entreprise aurait posé ses b…. (billes) sur la table, en se disant: « dans 40 ans, il y aura du pognon à se faire » (question de l’investissement/risque/temps pour retour sur investissement)?
        Je dis simplement qu’ à partir de technologies développées au début pour des applications relevant de la défense nationale, un marché a pu se développer, à intéresser des entreprises privées, voir à, dans le cas de SpaceX, mener à la création d’ une entreprise dédiée à ce marché précis.
        Concernant la bande-dessinée, pour taquiner: et puis finalement non (relecture).
        L’ Etat n’ est pas un gros problème, un gros Etat est le problème.
        La suite me vaudra des ricanements irrités, la formulation ne me plaît pas non plus.
        Que l’ Etat soit en tant que tel LE problème, je demande: en dehors d’ une société pour moi incompréhensible, qu’ a réalisé l’ Arabie Saoudite (ou l’ Argentine) par exemple? (musique, chant, philosophie, commerce,… ne sont que des activités « individuelles »). Aucun Etat vraiment organisé jusqu’ à l’ exploitation industrielle du pétrole (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_du_Quincy et http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_%C3%A9conomique_de_l%27Arabie_saoudite). A part me faire démarcher pour aller bosser dans leur université à 30milliards USD (un pourboire pour le prince), http://en.wikipedia.org/wiki/KAUST. Le Prince pour vous, c’ est l’ Etat ou bien c’ est privé?

        1. « Quelle entreprise aurait posé ses b…. (billes) sur la table, en se disant: « dans 40 ans, il y aura du pognon à se faire » (question de l’investissement/risque/temps pour retour sur investissement)? »

          Quelle entreprise aurait choisi de faire Google ou des machines à laver, des voitures ou n’importe quoi d’autre ?

          Le manque d’idée, d’imagination, ou simplement le fait qu’on ne sache pas comment ça aurait tourné n’est en rien un argument décisif. Vous me dites : ça s’est passé comme ça, parce qu’il n’aurait pas pu en être autrement. Ben moi je dis : *prouvez* qu’il n’aurait pas pu être autrement. Pas *imaginez* que ce n’était pas possible. Et évidemment, l’exercice est un chouilla plus complexe, d’un coup.

          Que l’Etat soit, hic & nunc, à l’origine de ces découvertes, admettons. Mais, je le redis, ça n’implique en rien qu’il sera toujours « propriétaire » de l’espace, ou des technologies afférentes.

          1. petit-chat

            « Quelle entreprise aurait choisi de faire Google ou des machines à laver, des voitures ou n’importe quoi d’autre ? »

            Plein de petites choses du quotidien issues de démarches individuelles on été intégrées comme allant de soi, jursqu’à devenir une obligation par la grâce de la Règlementation : le rétro extérieur droit, les anti-brouillards, le troisième feu stop, le mono-essuie-glaces, la ceinture de sécurité.
            J’ai évoqué la bagnole pour ne pas être hors-sujet (voyage dans l’espace…terrestre !)

    1. Semaphore

      Le marché a été créé par les Nazis avec les V2 qui était la première arme de guerre opérationnelle utilisant partiellement l’ espace pour son déplacement. V2 qui devaient être suivies d’autres fusées encore plus élaborées mais qui sont restées dans les cartons pour cause d’effondrement du 3me Reich. Ce qui n’ était pas tombé dans les yeux d’aveugles, ni du côté russe, ni du côté allié (américain). Pour mémoire, il suffit de rappeler la véritable guerre de courses entre les deux belligérants, officiellement alliés, pour mettre la main le premier, sur tous les savants allemands concernés dont Werner Von Braun qui travailla sur toute l’ aérospatiale américaine des années 50et 60…

    2. LeRus

      Je crois que vo arguments partent d’un bon sentiment mais ne correspondent pas à la réalité. L’Etat est souvent monté dans les trains technologiques en marche.

      Un exemple particulièrement parlant est le fameux laboratoire de Zhukovsky à Moscow crée en 1904. Zhukovsky est souvent considéré comme le père de l’aéronautique et en tant que professeur était effectivment payé par l’Etat.

      Mais, en 1904, il crée son labo qui à ce jour reste le coeur de la recherche en aéronautique russe. Il est intéressant de savoir que ce labo a été crée avec des fonds privés! Et oui, c’est grace à un Ryabushinsky (famille d’entrepreneurs russes notoires) que ce labo a ouvert ses portes.

      Les bolchéviques ont ensuite nationalisé le labo et de fait, étatisé la recherche, mais oui, il y a 110 ans il existait des types assez fous pour investir dans un truc comme ça…

  15. scaletrans

    La question est de savoir quelle est la fraction de combustible nécessaire au retour, au détriment de la charge payante.

  16. juni palacio

    Je me suis endormi sur mon clavier avant la fin de l’article ..
    Il y a longtemps que je n’étais plus venu sur ton site .
    Ça roupille. Allez on se réveille !!!

  17. doh

    Egalement, contrairement au public où les effectifs s’entassent, SpaceX fait un nettoyage printanier l’été et se débarrasse… des nuls. Deux amis qui y travaillent me racontaient qu’ils avaient viré quelques 200 personnes jugées incompetentes il y a quelques semaines.
    Mais il faut croire qu’il embauche derrière car pas plus tard que le lendemain, j’étais approché sur LinkedIn par une de leurs recruteurs. Malheureusement pour moi il faut être citoyen americain ou resident permanent 🙁

        1. Vous participez aux reliquats du passé capitaliste
          Et à la confiserie à base d’enfants communistes aussi. No limit.
          , je pense.
          Oh là. Comme vous y allez.

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