Tempête de méchanceté sur des chatons théâtreux

On l’a vu, l’austérité se traduit essentiellement par des augmentations d’impôts musclées au niveau des collectivités territoriales. Pour la diminution des dépenses, on en est encore loin, et la seule évocation d’un gel des budgets a entraîné de nombreuses crises de nerfs notamment dans les domaines de la Culture où la réaction épidermique est de rigueur.

Mais ces petits prurits agaçants ne sont pas les seuls effets étranges que provoque la fermeture, ô combien progressive, des robinets d’argent public. On découvre même, au hasard de petits pamphlets internautiques au bourrichon tout remonté, que l’obligation pour certaines institutions publiques de recourir à des méthodes inventives pour trouver des fonds de fonctionnement provoque un courroux bruyant de la part d’une population d’habitude fort discrète.

Tout part semble-t-il d’un projet d’éducation artistique, le programme Génération(s) Odéon, qui vise à accompagner sur deux ans des élèves de quatrième, et en particulier des jeunes scolarisés en réseau d’éducation prioritaire, dans un parcours de découverte et de pratique théâtrale. Et comme ce programme semble bien marcher (deux classes de quatrième du Collège Jules Ferry de Maisons Alfort et du Collège Saint Vincent de Paris en font déjà partie), la direction de l’Odéon-Théâtre de l’Europe (établissement public inauguré en 1782) souhaite l’étendre à deux nouvelles classes chaque année. Pour cela, le théâtre pouvait

  • vendre plus de services, d’abonnements de spectacle, de places à ses événementiels
  • utiliser le 50/50 faire appel au public au travers d’une campagne de mécénat participatif
  • réclamer plus de thune à l’État.

Stupéfaction abominable dans les rangs des artistes du théâtre public : ce n’est pas la dernière solution, pourtant évidente, qui a été retenue, mais la seconde, l’appel aux sous du public. Et faire ainsi appel au mécénat participatif, cela les choque. Profondément.

shocked lolcat

En effet, pour nos choqués, le théâtre national aurait une obligation en terme d’éducation artistique et d’accès à la culture, et cette obligation ne peut pas, ne doit pas passer par un tel financement. Pour eux, le public, c’est-à-dire les gens qui sont directement intéressés dans l’affaire, ne peut absolument pas se substituer au public, c’est-à-dire le contribuable. Impensable, d’autant qu’on fait appel à cette générosité du public pour « une somme qui, rapportée aux 17,6 millions d’euros du budget 2013 de l’Odéon, est dérisoire » (bien évidemment, le dérisoire s’arrête aux portes de nos choqués puisqu’aucun d’entre eux ne semble prêt à mettre 30.000 euros de sa poche).

Pour eux, pas de doute, cette nouvelle expérience du crowdfunding dans le monde feutré et balisé de la Culture est une hérésie insupportable, puisqu’il est, je cite, « le signe du désengagement des tutelles auprès de la création la plus fragile ». AAaah, la création la plus fragile, vous savez, ce petit fétu de paille précieux mais qui ne résiste jamais au moindre souffle de vent, à la moindre brise légère, à la moindre contrainte du réel et qui aurait besoin de toutes les attentions, toutes les bonnes grosses tutelles étatiques, parce que sans leur indispensable ouate moelleuse de financement, elle ne pourra jamais s’exprimer comme l’ont si bien montré les déserts culturels arides des siècles passés dans lesquels même le mécénat était malingre ! Aaaah, cette fragile création, alibi récurrent à la ponction publique de tous ceux qui n’ont jamais réussi à vivre de leur art parce que, … parce que … eh bien parce que le public n’a rien à carrer de leurs productions douteuses.

cat-omg

Et puis, il faut bien le dire : ce crowdfunding pue du bec, il porte l’odeur lourde et méphitique de ce public qui ne passe pas par l’État comme intermédiaire désodorisant. Pouah, que c’est laid, puisqu’on dirait que « cette idée s’apparente en fin de compte à de la charité », cette vertu humaniste qui n’attend rien au retour, au contraire de la belle solidarité, validée par l’État, obligatoire, micro-managée, mesurée et pré-empaquetée pour une distribution facile. C’est insupportable, cette « condescendance à vouloir permettre aux nouvelles générations d’acquérir un bagage culturel » ! Des gens, du public, qui donneraient des sous, directement, pour que des gamins puissent suivre des cours de théâtre, c’est évidemment gluant de dédain et de mépris pour les petits pauvres ! S’il n’y a pas la saine ponction fiscale et la juste redistribution collective, le don est quelque chose d’assez cra-cra, quand on y pense.

Et puis, on ne la leur fait pas, hein : nos grands brûlés du théâtre post-austérité comprennent bien que ce crowfunding truc machin, introduit-là par un directeur de théâtre au salaire sulfureux, n’est que le début d’un délitement gravissime de leurs modes de financement habituels. Les robinets publics se tarissent les uns après les autres, et ils ont bien vu qu’on leur demandait de diversifier leurs ressources. Horreur des horreurs, de fil en aiguille, il va falloir s’adapter aux demandes du public (celui qui vient, qui regarde, qui écoute, qui critique, et qui décide ou non de payer, le cuistre !).

Abomination supplémentaire lorsqu’on apprend qu’en plus, « L’entreprise est désormais la bienvenue dans tous les théâtres publics » et qu’elle en devient donc un mécène acceptable. Le Grand Capital sur nos planches ? Autant se jeter tout de suite dans les bras d’Hollywood, de risquer les succès planétaires ou un retour à ces heures les plus sombres où la Culture française, sans ministère ni subventions, rayonnait sur toute la planète. L’entreprise ??!! Mais vous n’y pensez pas, pauvre fou !!

cat shock shock shock

austérité : dépenses administrations publiques - 2013Mais ce qui emporte le pompon, ce qui brise le vase de Soissons, ce qui fait péter les câbles, les fusibles, les bretelles et les élastiques de nos petits chatons théâtreux, c’est l’ultime affront, la claque inouïe, l’indécence ignominieuse que peuvent représenter la défiscalisation (partielle) les dons effectués dans le cadre du crowdfunding. C’est tabominable, thonteux, thorrible, et pire, c’est tobscène « cette manière de « valoriser » la défiscalisation des dons. ». À l’heure où l’austérité frappe de plein fouet les théâtres, où les impôts baissent si fortement, il est impensable d’accorder encore plus de latitude au contribuable en lui permettant ainsi d’échapper à une partie de son devoir par l’utilisation de ce don. Normalement, le bon sens redistributif et collectiviste voudrait au contraire que tout don soit accompagné d’une réduction d’impôt de -100%, autrement dit que chaque don de 100€ soit accompagné d’une augmentation d’impôt de 100€, l’État partant du principe que qui peut donner 100 peut donner 200, merde à la fin, cette austérité a assez duré.

ils défiscalisent les dons

Non, vraiment, on ne peut que comprendre le cri du cœur de nos petits minous effarouchés pour qui « le véritable financement participatif, c’est l’impôt ! », le seul à même de les dégager de toute trace de responsabilité, de toute exposition un peu rude aux contraintes du réel (produire pour un vrai public qui paye, par exemple), et de toute contingence matérielle totalement impropre à l’exercice de leur art. Parce que s’il y a bien une chose de certaine avec l’impôt, c’est son petit côté magique™, même quand il n’y a plus une thune.

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Commentaires70

  1. tn

    « Normalement, le bon sens redistributif et collectiviste voudrait au contraire que tout don soit, accompagné d’une réduction d’impôt de -100%, autrement dit que chaque don de 100€ soit accompagné d’une augmentation d’impôt de 100€, l’État partant du principe que qui peut donner 100 peut donner 200, merde à la fin, cette austérité a assez duré. »

    Une virgule en trop, je pense.

  2. Higgins

    Je ne les supporte plus. Un tel concentré de bêtises est une insulte au bon sens et à l’intelligence. Si Molière était toujours de ce monde, il nous gratifierait dune pièce caustique style « Les crétins théâtreux » ou « L’acteur imaginaire »ou bien encore  » Le subventionné malgré lui ».
    J’ai tenté d’écouter « L’esprit public » sur France Culture. Je viens de renoncer.

    1. Aloux

      Si Molière était de ce monde, il renoncerait à écrire quoi que ce soit, la réalité de la bêtise ayant depuis largement dépassé la fiction, il n’y a plus besoin d’écrire des comédies pour se moquer d’eux, seulement d’aller lire leur diatribe assénée avec le sérieux dont seuls sont capables les cuistres et les imbéciles en phase terminale.

    2. Ananke

      La participation de Thierry Pech m’a fait renoncer à écouter cette émission. Il est absolument à vomir de suffisance et de mauvaise foi. Quand je pense qu’avec Terra Nova il conseille les socialistes il ne reste plus qu’à envisager son avenir ailleurs qu’en France.

      1. Higgins

        Il n’était pas là ce matin. J’ai cru que l’émission serait « libérée ». Je me suis lourdement trompé. Même autosatisfaction, même suffisance. Terminé pour moi. Dommage.

    3. Theo31

      Que tous ces parasites qui trouvent normal d aller piquer le pognon plutôt que le gagner honnêtement crèvent. Raymond Boudon avait raison.

    4. cretinusalpestris

      Par contre, si Molière était toujours de ce monde, il nous aurait pondu des chefs d’oeuvre politiques :

      – « Le Médecin volant »
      – « Le Président malgré lui »
      – « Le Libidineux »
      – « Les Amants pathétiques »
      – « L’Ecole des Ministres »
      – « La Princesse jalouse »
      – « Les Exorbitants ridicules »

  3. carpe diem

    Quand on voit ce qu’on nous pond déjà à la télé avec des fonds publics ça laisse rêveurs. Des séries françouaises (voire franchouillardes) comme récemment « les témoins » avec T.Lhermitte, pâles copies des séries britanniques qui – elles- marchent du feu de Dieu et sont bien plus inventives. Ils ont même renoncé à se payer un ingénieur du son : dialogues murmurés, élocution vaseuse, on dirait que l’enregistrement a été fait avecun téléphone portable, après avoir donné du fric via nos impôts, on doit en plus prêter l’oreille…

    1. Karamba!

      Le son est enregistré avec un téléphone Orange, d’où la nomination de Delphine Ernotte à la tête de France Télévision…

  4. Moggio

    Merci pour ce billet. Et merci pour le lien vers ce texte (édifiant, au sens ironique) publié par Mediapart, dont le contenu fait que je trouve votre billet presque trop gentil.

    1. Black Mamba

      Le billet est trop gentil en effet, et cet appel que je cite  » Voilà pourquoi nous demandons à Luc Bondy de renoncer à cet appel aux dons. L’Odéon saura économiser cette somme pour mener à bien son programme d’éducation artistique. Nous n’en doutons pas. » est plus que déplacé, absurde, ridicule … De quoi se mêlent -ils , s’ils sont si choqué, ils n’ont vider leur porte-feuilles et apporter l’argent nécessaire… Ce sont des grandes gueules qui n’ont même pas une once de cervelle…

      1. nocte

        BM, c’est la base du raisonnement collectiviste : l’argent gratuit des autres et seulement celui-là.
        Combien de socialopes ont pleuré quand ils ont découvert que leur poulain les considéraient comme suffisamment riches pour payer des impôts (ou augmenter la somme à payer) ? J’ai encore en mémoire ce délice de les entendre dire : » je n’ai pas voté pour qu’il me taxe ».

  5. claribelle

    « …l’indécence ignominieuse que peuvent représenter la défiscalisation (partielle) les dons effectués… »

    Pourtant, « ils » devraient être contents. Cette défiscalisation permet de combiner la 2ème solution (abhorrée) avec la 3è (souhaitée) en réduisant le « désengagement des tutelles auprès de la création la plus fragile ».

  6. Karamba!

    Il faut les comprendre les artistes, ils ont tous voté à gauche pour assurer leur planque, donc si en plus les socialistes leur font perdre leurs acquis alors que ça devrait être le boulot de la droite en principe…
    Bon et puis les cours de théâtre, de photo… pour les cancres; laissez tomber. Filez leur des formations de plomberie, d’électricité, de peinture. Enfin bref des formations qui tiennent debout pour pouvoir bosser. Sachant qu’ensuite c’est la galère pour se former. Alors que là ça va encore nous faire des générations de débiles qui ne pensent qu’à devenir star de télé réalité. Ce n’est pas du progressisme…

    1. paf

      Dans les formations de plomberie etc, en fRance on apprend surtout a se faire chier dessus.
      Pas etonnant que personne ne veuille cela, et que ca se finisse mal.

  7. Black Mamba

    Ils peuvent pleurer de tous leurs corps, de leurs cœurs, épuiser toutes leurs larmes quand il n’y a plus d’argent et bien, ils devront s’adapter ou disparaître…
    Dans notre chorale d’amateurs quand il fallait trouver 30 000 euros pour monter les spectacles et bien, on allait frapper aux portes des commerçants pour obtenir les fonds nécessaires, en leurs proposants d’apparaitre dans nos plaquettes de pub, de nos livrets de programme… Il n’y a pas de honte à faire appel au mécénat …
    Les artistes sont des enfants gâtés pourris jusqu’à la moelle, ils méritent de se prendre une bonne claque par le mur de la réalité…

    1. Caton

      Il y a, heureusement, artiste et artiste. La majorité sont des « artistes engagés », bien sûr. Mais il reste au moins Lucchini…

    2. David

      Quand le robinet à pognon gratuit se fermera – ça finira par arriver, tôt ou tard – tous ceux qui y biberonnent ne sauront plus où ils habitent …

  8. Dr Slump

    Dans la même veine, vu sur contrepoints ce polytechnarque qui se fend d’un livre pour en finir avec le « libéralisme à la française ».. wtf-cosmicfacepalm-srsly?

    Le truc, l’explication, tenez-vous bien c’est intersidérant, c’est que la France est encore TROP libérale pour ces malades.

    J’en appelle maintenant a une purge anti-communiste, façon McCarthy: si on les laisse faire, on va droit vers un régime soviétique « à la française ».

      1. Dr Slump

        Sans doute, de notre point de vue de « facho ultra-liberal ». Mais du leur, on peut aller plus loin. Avec une planification totale de l’économie. La bouture de plants de fraises sur des arbres fruitiers. L’éradication physique des facho libéraux. Etc. Vous voyez?

        1. Adolfo Ramirez Jr

          Laissez les faire. Le meilleur vaccin contre le communisme, c’est encore de l’attraper. Quand on l’a eu une fois, on est vacciné à vie. Voire les pays de l’Est, ou les tracts PC c’est un peu comme distribué des tracts nazi en France…

          1. Theo31

            Il me souviens qu il fut un temps où le PCF tractait avec la bénédiction des nazis. Et qu en RDA les skinheads étaient les gosses des apparatchiks.

  9. Bob Razovski

    Vous avez vu les signataires ?

    Au hasard (le nom m’a interpelé) : Lætitia Dosch, association Viande Hachée du Caire

    Et sur son site, jetez un oeil aux soutiens financiers :

     » la Ville de Lausanne, le Pour-cent culturel Migros, la Fondation Nestlé pour l’Art, La Loterie Romande, COODIS, et la Ménagerie de verre dans le cadre des résidences Studiolabs »

    WTF ?

  10. Duff

    les gifs animés, ce truc old school des premières d’internet quand google avait une page épurée au possible pour se charger le plus vite possible y compris avec un connexion adsl de Tele 9 & cie… Avec des chatons mignons et les pitreries anticapitalistes de nos dirigeants, le gif a encore de beaux jours avec son côté vintage et lol d’il y a 15 ans. Un jour on se demandera (peut être) comment la France a pu nommer une cinglée au ministère de l’ednat, une arriviste illettrée à la culture, une indépendantiste guyanaise à la justice, un banquier d’affaire énarque passé par l’inspection des finances (krony capitalism quand tu nous tient!) à l’économie, un fraudeur fiscal donneur de leçon au budget et j’en oublie tellement nous avons eu droit à une pluie de scandales.

  11. theotimedesavoie

    Bonjour H16,

    Moi je viens sur votre site juste pour les chats, chatons et autres montages…C’est vraiment trop mignon!

    Sinon, maintenant installé en Suisse, je me désintoxique de tout ce qui se passe en France. Bon, j’avoue, je me fais encore 15 à 30 mn de BFM par jour. Sinon, le sevrage serait un peu trop brutal!

    Au fait, merci pour les liens vers les fournisseurs de VPN, je crois que, même habitant en Suisse, je vais en installer un.

    Voilà, mon commentaire tape à côté du sujet, mais vraiment qui a encore à foutre de l’art subventionné en France? Vous êtes courageux de prendre votre plume un dimanche pour dénoncer ces tarés qui de toute façon n’ont aucun avenir.

    En guise de culture, moi j’ai regardé The Voice et oui…Vive le fromager Lilian qui me fait penser que la France n’est pas complètement foutue. Oui, je sais il m’en faut peu pour me remonter le moral.

  12. Val

    @Duff , c’est vrai que si l’on voyait ça dans un film , on penserait qu’ils poussent le bouchon un peu loin . La France c’est plus fort que House on cards avec un casting tiré des bidochons.

  13. Val

    Sorry H16 de vous relancer la dessus , il y a vraiment un bug avec la réponse sur ce blog avec Tor , le comment est posté sytématiquement en fin de liste , BM a eu le pb également . Pour info , je n’ai pas le pb sur d’autres sites et pas de pb ni avec Mozilla ou chrome. J’imagine que vous utilisez des scripts de Tor bloque. PS : c’est juste une info , no stress , on peut vivre sans … 😉

    1. nocte

      Le bundle tor bloque, par défaut, le JavaScript grâce à Noscript, vous pouvez autoriser le site d’h16 pour éviter ces désagréments.

      Il doit y avoir, à proximité de la barre d’adresse, un S rouge barré, c’est ici que ça se passe.

      1. val

        Merci Nocte! J essaierai . Par contre cela ne m explique pas pourquoi je n ai pas le problème pour une action analogue sur contrepoints. .. any clue?

        1. nocte

          Bonne question 🙂
          Supposition : Contrepoints utilise le moteur de base de commentaires de WordPress, alors qu’ici, l’intégration avec WordPress est plus poussée.
          Je n’ai pas tor sous la main pour vérifier.

  14. Adolfo Ramirez Jr

    Et pourtant… Lucchini est au théâtre des Mathurins depuis mi mars, le spectacle est complet jusqu’en octobre. 6 mois à 400 spectateurs par soirs. Tout ça pour écouter un homme seul réciter les plus beaux vers de Rimbeau et cie sur scène.
    Comme quoi, avec un minimum d’originalité et une once de talent, pas besoin d’un euro public… La subvention entretient des parasites sans talent qui vivent dans leur vase clos. Pas besoin de se confronter au public, ce qui pourtant est l’essence même du théâtre.

      1. Dr Slump

        Et qui a l’art de se laisser prendre pour ce qu’il n’est pas par « l’intelligentsia » politico-médiatique. J’adore quand il lance devant ce con de Caron « je ne vais pas faire l’acteur indigné qui hurle la souffrance de savoir qu’il y a des pauvres, je ne fais pas tellement ça », et que tout ces journaleux trouvent ça désopilant, sans se sentir le moins du monde visés.

    1. gameover

      Morceaux choisis :

      «En tant que PDG de l’INA, j’ai une voiture de service avec chauffeur à disposition. Mais, comme je ne peux pas le faire travailler 12 à 15 heures par jour ni les week-ends, j’ai également un abonnement aux taxi G7, car je n’ai pas de permis de conduire. Ce dispositif avait déjà existé avant mon arrivée et je l’ai repris»

      Elle a aussi reconnu une erreur. Sur la facture de taxi, 6700 euros sont directement imputables à son fils à qui elle a communiqué son code de réservation. «C’est une maladresse, j’en reconnais la responsabilité et j’ai immédiatement remboursé ces frais.»

      Reste, pour la PDG de l’INA, à déterminer, dans les 7800 euros de taxis facturés le week-end, ce qui relève des déplacements professionnels de ce qui relève des déplacements privés. «Je suis en train de faire le décompte. Ce n’est pas évident de savoir si une course de taxi pour un événement dans lequel je représente l’INA est professionnel ou personnel», analyse Agnès Saal.
      ______________
      Toussa c’est vraiment trop injuste. Vous ne pouvez pas vous rendre compte comme c’est difficile de faire la différence entre la partie professionnelle et la partie privée.. hein alors ? Moi je travaille 15 heures par jour et les week-end aussi, alors si en plus faut faire des calculs… et pi vous avez pas encore vu mes notes de resto !

      1. lxy

        « C’est une maladresse ». C’est comme Thévenoud, Cahuzac, Placé, Germain et tant d’autres, ils sont tellement maladroits ces apparatchiks qui vivent à nos crochets.

        Comme ce pauvre Jean Germain l’ancien maire de Tours, ce parfait honnête homme traîné devant la justice pour des peccadilles et obligé de se suicider pour échapper à la meute de ces chiens de journalistes.

        On apprend au détour d’un Rapport de la Cour des Comptes qu’il cumulait les salaires attachés à ses nombreux mandats ainsi que d’un salaire d’Inspecteur général de l’Éducation nationale, nommé à cette lucrative fonction par François Mitterrand en 1993.

        L’enquête des magistrats note à son propos : « De l’ensemble des éléments recueillis lors de l’instruction, il ressort qu’il n’a été possible de retrouver que des traces matérielles minimes attestant de son activité effective, soit dix courtes notes manuscrites et un rapport en dix-huit années d’exercice pour lesquelles il a perçu une rémunération d’environ un million d’euros et engrangé de précieux points de retraite ».

        Maire (PS) de Tours jusqu’en 2014, Jean Germain a été réélu trois fois depuis 1995 sans jamais demander sa mise en position de détachement de l’Inspection générale, ni même des décharges horaires. Il a fait valoir ses droits à la retraite de l’Inspection dans le mois précédant l’envoi du référé de la Cour des comptes, tout en conservant ses mandats de maire et de président de la communauté d’agglomérations de Tours, auquel il a ajouté en 2011 celui de sénateur d’Indre-et-Loire, cumulant une douzaine de mandats et de fonctions.

        Ah ! les pauvres gens !

      2. kekoresinKekoresin

        Ce genre de maladresse vaudrait dans le privé un lourde sanction financière et la correctionnelle pour abus de bien sociaux. Dans notre mare fangeuse républicaine, il suffit aux énarques et autres bouffons surdiplômés de faire une génuflexion et de rendre une petite cuiller de miel du tonneau dans lequel ils puisent sans compter! Ce pays est un eldorado pour les escrocs en col blanc et un enfer pour les autres…

        1. john

          Les élus sont des intouchables.
          Ce matin sur BFM, ils évoquent les prêts dits « toxiques ». Un des intervenants (qui me semble etre un journaliste bien connu) déclarent que les responsables des banques auraient du etre condamnés pour avoir vendu des prêts (c’est juste leur boulot …) sans s’etre assuré que les élus (on ne parle pas d’un mec isolé, mais de conseils municipaux) comprenaient ce qu’ils faisaient. Conclusion, quand on signe avec un élu, il faudrait, selon ce journaliste, ne pas proposer de contrat comportant un risque, parce que le bonhomme n’est pas capable de l’évaluer.

          1. ca ne l’inquiete pas qu’un mec qui dérige une commune, une region, signe un truc qu’il ne comprend pas.
          2 ca ne l’inquiete pas qu’il ne comprenne pas ce qu’est un pret adossé en monnaie étrangère. alors qu’il est sensé tout de meme gérer la commune, c’est a dire avoir quelques notions de gestion et de comptabilité.
          3. les banques sont responsables. Pourquoi ? parce que.
          4. les élusne sont JAMAIS responsables de rien. S’ils font un truc bien. Bravo. S’il s font un truc mal, c’est qu’on les avait embrungués dedans !

          Et c’est ce genre de fadaises qu’on nous resasse à longueur de journée sur les ondes, à l’exception de quelques rares radios comme BFM, où un contradicteur est venu lui rappeler que les élus avaient sans doute une part de responsabilité. Le mec n’a rien voulu entendre …

          1. Les élus n’ont pas une part de responsabilité. J’ai montré, dans plusieurs articles ici, qu’ils sont 100% responsables. Pas 50, pas 90, mais bien 100%.

            1. john

              Il peut toutfois y avoir manoeuvre (dissimulation, tromperie, ..) dans certains cas d’espèce.
              Mais sur le principe, on est 100% d’accord. Si on ne comprend pas, on ne signe pas. Ou alors on en porte la responsabilité, surtout si c’est dans un cadre « professionnel » , ce qu’un élu est assurément, puisqu’il est payé.

              1. Higgins

                Surtout que jamais aucun d’entre eux n’aurait signé un tel emprunt pour un achat personnel style acquisition bien immobilier ou alors, c’est qu’il n’aurait été qu’un pauvre crétin (mais impossible car heureuzélus).
                J’ai entendu la séquence. Le défenseur des povzélus incultes, abandonnés à leur sort, livrés aux mains avides des dangereux banksters turbo-libéraux mangeurs de chatons communistes au petit-déjeuner est un maître du foutage de gueule.

                1. john

                  Mais le pire dans tout ça c’est que si l’élu n’est pas condamné, l’electeur non plus ! Un fond d’Etat est alloué pour combler les bévues des élus démagogues que les électeurs ont élu en toute conscience.
                  C’est encore le contribuable vertueux qui paie pour l’irresponsable.

  15. Christophe

    Une preuve supplémentaire… que l’enjeu c’est le pognon. Le pouvoir, le vrai, c’est le pognon. Le levier c’est le pognon.

    Vous pensiez plutôt à votre bulletin de vote ? Pauvres fous !
    😉

    La peur clairement change de camp. Il faut aller plus loin maintenant, et viser la terreur.

    Quand ces centaines de milliers de parasites cultureux, leurs maîtres et leurs complices seront….à la rue, au sens propre et figuré, alors nous pourrons célébrer notre libération, couronnée par une joie intense.

    1. kekoresinKekoresin

      Tant que l’on aura ces myriades d’associations aux messages stigmatisant pour palier aux défaillances systématiques d’un état spoliateur, la rue se contentera de couiner après autorisation préfectorale du parcours des « pascontents »! Pendant ce temps, les proxénètes au pouvoir continueront de jouer leur rôle tragi-comique en vomissant copieusement sur les ondes subventionnées des discours enflammés sur la démocratie, l’esprit du 8 mars et la terrible menace terroriste! Une chose est certaine, nos maîtres élus à vie ont suivi assidument des cours de théâtre et continuent de recevoir de copieuses subventions…et la production nationale annonce que le soap opéra n’est pas prêt de s’arrêter!

  16. Deres

    En fait, ces 3 dernières années, l’austérité a durement frappé les services centraux de l’Etat. Résultat, trois fois 30 milliards d’augmentation des prélèvements. Mais ils ont compris que cela ne pouvait pas continuer ainsi. Donc l’austérité va maintenant se faire au niveau des collectivités. Et oh surprise, on va se prendre 15 milliards d’impôts locaux en plus en 2015 ! Et surement autant ou plus l’année prochaine. Décidément, l’austérité a trop duré, je confirme …

  17. Nathalie MP

    La tribune dans Médiapart est gratinée. Il faut la lire pour le croire. Les bigots du Dieu « Tutelles » sont choqués et font la chasse aux défroqués. Une belle bande d’aigris : à les lire, s’ils se cassent un bras (cas des petites compagnies qui ont du mal à trouver des « crédits ») il faudrait que personne n’utilise ni ses bras ni sa tête (cas de l’Odéon).
    Encore une tribune pour faire pression en vue d’une interdiction.

  18. Ano59

    Dénonciation sur lettre anonyme. Ca sent le règlement de comptes. Autrement dit un scandale qui éclate pour combien qui resteront dans l’ombre ?

    « j’ai également un abonnement aux taxi G7, car je n’ai pas de permis de conduire »

    Dans l’horrible monde du privé, quand on veut obtenir un emploi avec pas mal de déplacements on passe souvent le permis avant…

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