Tiens, d’après la presse, être libéral serait presque hype…

Récemment, la presse a offert quelques surprises à ces libéraux qu’on compte en doses homéopathiques dans le paysage politique français. Dans une salve de quelques articles consacrés à la représentation des idées libérales (ou leur expression après passage par le filtre journalistique), les médias nous ont en effet proposé de s’intéresser à eux. Furtivement, je vous rassure.

oh yesLe début fut timide dans l’improbable production gauchiste, les Inrocks, dont la prétention musicale a depuis fort longtemps été abandonnée au profit de la propagande boboïde éco-consciente et politiquement fidèle (fidèle, comme dans Castro). Le libéral assumé que je suis y apprenait, surpris, l’arrivée de Christophe Carron à la co-rédaction en chef du Grand Journal de Canal+, après avoir occupé le poste de chef de rédaction à la Grande Édition sur la même chaîne. Ce Carron-ci (à ne pas confondre avec Aymeric Caron, la hyène herbivore) a une curiosité qui justifie à elle seule le petit article des Inrocks : il entretient un intérêt très prononcé pour les libertariens, voire serait lui-même de la bâtisse. Dans le monde respectable du journalisme français, ce nouveau genre un peu grotesque attire forcément l’attention, et le petit blog gauchiste jadis consacré à la musique ne pouvait donc pas louper l’occasion de nous entretenir des vices de ce nouveau co-rédac’ chef.

C’était début septembre et on pensait que ce serait tout. Il n’en fut rien.

Rapidement, Libération, le Titanic éditorial au flanc déchiré par l’iceberg de la réalité capitalistique et d’une audience tous les jours plus maigre, prenait la relève et tentait de couvrir les bruits gargouillés de son avachissement dans l’eau froide du néant journalistique en faisant paraître à son tour un article complet sur les libertariens, et présentait l’étrange courant politique en feignant de découvrir son infiltration dans la pop-culture (sans toutefois parvenir à s’affranchir complètement de son biais tendrement étatiste, visible dans quelques unes des piques au raz des pâquerettes saupoudrées le long du billet).

La surprise fit place à la stupéfaction lorsqu’ensuite se succédèrent à un rythme rapide un article sur l’Express expliquant que les libéraux perceraient en politique (diable !), un article des Échos découvrant une majorité de Français prête à prendre un tournant libéral, et un numéro complet de l’Expansion décidé à traiter des nouveaux libéraux.

Bien sûr, même si dans ces différents médias, les journalistes tentent l’explication de texte libérale avec leurs gros doigts gourds d’étatistes plus ou moins assumés, et même si, en conséquence, les traits brossés sont souvent caricaturaux, flous ou mal cadrés, il n’en reste pas moins que cette quasi-déferlante d’articles sur une tendance libérale qui poindrait dans le paysage politique est intéressante.

En réalité, elle ne fait que suivre le courant général imposé par les saillies de certains dirigeants politiques, Emmanuel Macron en tête, lorsqu’il rappelait récemment que le libéralisme est une valeur de gauche, faisant s’étrangler à la fois les dinosaures les plus calcifiés de son parti et toute la petite intelligentsia scribouillarde du Paris Qui Sait.

macron le social liberal

De fil en aiguille, on en retrouve même des articles hors de France constatant le regain d’intérêt pour le libéralisme, comme ici en Allemagne, et, plus général, ici aux États-Unis.

Eh oui ! Tout comme le notait Philippe Fabry dans une série d’articles sur Contrepoints, le libéralisme semble revenir, doucement mais sûrement, sur l’échiquier politique, et par le côté gauche.

please helpEt la raison de l’apparition de ces articles dans une presse normalement diamétralement opposée aux idées libérales est assez simple : les journalistes vendent du papier (ou, de nos jours, du clic) et ils ont donc besoin de « buzz », de déclencher un intérêt chez leurs lecteurs. Or, de nos jours, présenter un rebelle contre la société qui serait anti-capitaliste, anti-libéral, c’est prendre le risque évident de partager les audiences en chute libre des Inrocks et de Libération parce que d’une part, se réclamer anti-système, c’est ce que tout le monde fait et que se réclamer de l’antilibéralisme, c’est ce que tout le monde crie à tue-tête. Il n’y a pas à tortiller : se distinguer nécessite un positionnement différent.

Tant sur la forme que le fond, pour la presse, parler des libéraux est un bonus rafraîchissant en ces périodes de lectorat difficile.

Sur la forme, les médias ont en effet l’impératif, lorsqu’ils doivent intéresser, de changer leur fusil d’épaule et d’apporter une petite touche subversive ; or, en matière de subversion pas trop violente, quoi de mieux que ces nouveaux punks avec ou sans chiens, que ces nouveaux réfractaires aux partis en place, que ces insoumis aux syndicats installés, que ces écorchés vifs de la politique ? En plus, ils ont le bon goût d’être à la fois peu nombreux, précisément parce que marginalisés par toute la presse, et généralement présentable en interview, sur les plateaux télés ou dans les pages glacées des magazines, dans un mix bien marketable de gendre idéal et de poil-à-gratter polémique.

Sur le fond, il y a au moins deux bonnes raisons à évoquer maintenant les libéraux. D’une part, ils ne représentent effectivement aucun risque réel (on est loin des groupements fascistes). Au pire, quelques pirouettes rhétoriques, et le libertarien invité sur un plateau, le libéral humaniste sera ridiculisé avec gentillesse et on pourra reprendre le cours normal de ses activités. À ce titre, Libé ne se mouille pas et réduit le libéralisme à une petite tendance pop sympatoche, un fun culturel mais surtout pas trop politique, là où l’Expansion se fait violence et va interroger des réformistes très modérés voire conservateurs, au business compatible avec l’État social, histoire de tenter une approche de substitution pour la social-démocratie en train de crever de vieillesse…

risk demotivator

D’autre part, leurs idées détonent vraiment sur le consensus général. Ainsi, à part sur les questions d’immigration, les différences entre un Jean-Luc Mélenchon et une Marine Le Pen sont très vite balayées. Quant aux politiques des partis dits de droite et de gauche, elles sont toutes si semblables que les observateurs sont bien en peine de distinguer la sociale-démocratie de Hollande de la démocratie-sociale de Sarkozy, de Juppé ou de Bayrou. Dès lors, la position libérale tranche sur à peu près tous les sujets, soit en ne permettant pas un classement facile à droite ou à gauche, soit en étant diamétralement opposée à toutes les positions traditionnelles du spectre politique français actuel.

Maintenant, à lire ces articles récents, il faut convenir que le retour des libéraux dans les petits papiers de la presse n’est pas pour aujourd’hui. Entre le choix unilatéral de ses représentants (franchement discutable) et la présentation plus que moyenne qui en est faite, on ne peut pas dire qu’on soit proche d’une lune de miel.

En fait, ces récents articles en disent bien plus long sur l’état général de décrépitude de la politique et de la presse française que sur l’existence (réelle ou fantasmée) de libéraux en France, et de leur fantasmagorique infiltration un peu partout. Dès lors, la bonne nouvelle, c’est que la presse, sentant les affres de l’agonie s’approcher, ayant bien du mal à proposer des idées et des points de vue « neufs » sur les questions économiques ou politiques, se résout à donner un peu la parole aux libéraux.

La mauvaise, c’est qu’il n’y a plus guère, chez les journalistes, l’équipement idéologique et la culture politique minimale pour analyser les informations qui leur parviennent en retour.

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Commentaires101

  1. Le Gnôme

    Un article sur les libéraux n’est pas trop clivant, c’est moins risqué que le RCA, et comme pour eux le libéralisme est terra incognita, ils peuvent raconter des conneries sans se faire taper sur les doigts.

    Il faut bien reconnaître que les articles sur les succès de la politique du gouvernement deviennent franchement des repoussoirs, et qu’il faut bien remplir les pages. Le libéralisme remplace aisément la sexualité du scarabée pique-prune en bas-Poitou.

    1. Pat

      Et puis ces journalistes n’ont aucun parti pris, que ce soit dans leurs qualificatifs, ou dans les citations choisies :

      « ce fatras d’idéologies ultra-libérales »
      « Une philosophie résolument capitaliste du «vivre et laissez vivre», attrape-tout et belliqueuse » »
      «Ils poursuivent une utopie qui se saborde dès qu’elle est en contact avec la réalité»,
      « Cette pensée, fondée sur la conviction que le désir individuel, présenté comme progressiste, prévaut sur tout, dans une indifférence absolue des états et des acquis historiques,  »
      «Ils ont réussi à faire croire que leur forme de néo-ultralibéralisme avait une dimension inéluctable, car du côté du cool, de la liberté. Ceux qui ne sont pas d’accord avec eux sont des emmerdeurs crispés ou des rétrogrades : c’est effrayant.»

      Enfin, il est évident qu’ils n’ont jamais lu Ayn Rand.

  2. Pheldge

    Tiens, le libéralisme évoqué dans la presse mainstream, et une vague de foi chez les lecteurs de Hache.Il est h+ 18 et y’a personne : ils sont à la messe c’est sûr !

    1. Beldchamps

      On n’est pas fous de la messe, il y a plein d’articles à lire avant de commenter. En première approche : il y a du boulot, l’acception du terme « individualisme » dans sa version libérale n’est comme d’habitude pas définie.

        1. Beldchamps

          Ça doit pas être son truc, pourtant c’est lui qui m’a inspirée hier avec les épines de Bonsaï. Qui a dit que c’était ennuyeux les parties de mots fléchés ?

  3. kekoresin

    Une petite lubie passagère, un égarement journalistique, une touche de précipité incolore dans un océan bleu-rose. Bon, c’est mieux que rien mais perso, il ne s’agit que d’une petite excursion dans un monde étrange peuplé de créatures individualistes qui prétendent survivre sans les bienfaits incessants de l’ETAT. Pauvre fous!

    De toute façon, à l’instar des syndicats qui n’ont plus besoin d’adhérents, la presse traditionnelle française n’a plus besoin de lecteurs. Elle est inscrite au patrimoine idéologique mondial qu’il faut absolument sauvé à grand renfort de bon argent gratuit, tombé du porte monnaie des analpha-bêtes conscientisés aux bienfaits de l’immobilisme rassurant.

        1. Dr Slump

          Ou alors un Brandy-egg-nogg. Délicieux cocktail. Revigorant. Et comprenant tous les ingrédients que la médecine exècre: alcool, sucre, gras saturés. Miam!

          1. kekoresin

            Merci, j’ai essayé et j’ai abandonné mon p’tit dej dans les chiottes! Je me suis rincé le gosier avec du Lagavulin 16 ans d’âge et ça va mieux.

            Prêt pour ma séance de tir hebdomadaire où il m’est interdit à mon grand regret de tirer sur des cibles personnalisées. Un petit carton sur le portrait de MST me ferait le plus grand bien…

            1. Dr Slump

              Non, tu t’es fait un brandy egg nogg comme ça de bon matin?? Lol! forcément t’as tout dégobillé!
              Consommer des cocktails est tout un art, on peut tout se permettre avec, mais pas n’importe comment… Et un Lagavulin 16 ans pour se « rincer le gosier »?? Sauvage! :-p

        2. Dominique.

          Dos ce truc de l’oeuf je le lisais il y a fort longtemps dans un livre de…secourisme!L’albumine de l’oeuf « tapisse »la paroi de l’estomac et ainsi ralenti l’arrivée de l’alcool dans l’organisme.
          Le libéralisme. ..Allégre fut,disposa de manettes de commande! Découenner l’mammouth y voulait!A la fin,le pachyderme budgetivore,glouton insatiable,prit la première place devant la défense si ma memoire defaille pas trop..ça craint!comme dit l’expression populaire.

  4. DoS

    Non, je lis 2084. Mais l’oligarchie des incapables serait bien aussi à lire.
    Si Marine passe l’on va encore perdre 5 ans pour installer les copains. Si la droite passe de même …
    Finalement je voudrais presque encore Hollande au pouvoir. Il est tellement PARFAIT !

    1. DoS

      Parler des libéraux c’est juste pour divertir un peu les masses. Donner un peu d’air et d’espoir. L’avenir, c’est Hollande !
      Bah, oui, il est PARFAIT. C’est une arme de destruction massive.

  5. Dr Slump

    Je ne suis pas plus convaincu que le taulier que cet intérêt pour l’OLNI* soit signe d’un quelconque changement patent. Il n’y a qu’à voir la teneur en libéralisme des récentes lois macronotiques: c’est comme la microbiotique, voire même l’homéopathie, elle se réduit à 0,0000000000…euh, virgule zéro de rien-du-tout libéral, l’ingrédient essentiel étant à base de connivence 100% pur extrait à froid et par des procédés uniquement étatiques.

    Et on peut même craindre que nos brillants penseurs à la tête de l’état se servent de cet OLNI de passage pour faire passer l’idée de mesures pseudo-libérales, signe de leur bonne volonté envers les éléments les plus rebelles et les plus durs du libéralisme le moins inacceptable pour leurs gracieusetés.

    En conséquence de quoi, les poules étatiques continuerons de charcuter le pays avec leur tranchante ignorance.

    *OLNI: objet libéral non-identifié

  6. Sayo

    J’ai récemment attaqué « La Grève », à force de le voir mentionné dans ces colonnes.
    Quelle claque ! On a du mal à croire qu’il a été écrit il y a presque 60 ans, tellement le propos est juste et colle à notre actualité.

    « Votre Rearden Métal est techniquement bon, mais est-il *socialement* bon ? » trouve un écho intéressant avec l’affaire Uber.
    Et quelque part, je me dis qu’on n’est pas loin de voter les fameuses lois « pour l’égalité des chances en affaires »…

    Donc, merci pour la recommandation ! D’autant que le livre est également très bien comme « simple » roman.

      1. Harold Glitch

        Véridique ! j’ai demandé du Edika et du Carali à mon libraire préféré, il m’a répondu « c’est trop cochon », c’est sur commande. F’N’Sh alors … j’ai demandé la Chaconne de la deuxième partita BWV 1004 en ré mineur de Johann Sebastian Bac et OUF, je suis devenu un mec bien …

          1. Harold Glitch

            Ouep, la moquette de bas de gamme est trop addictive pour passer à autre chose.

            C’est triste, car nul besoin de terroriste, pour faire taire les libres penseurs et penseuses, « Gudule » femme de lettres belge francophone (Anne Liger-Belair) la compagne de Carali, la belle sœur d’Edika est morte le 21 mai dernier à 69 ans.

            Le mensuel Psikopat va en prendre un coup ! Et il n’aura pas le soutiens de Charlie Hebdo …

  7. Bonsaï

    Après un premier balayage succinct des commentaires, on pourrait en tirer un premier constat : le libéral n’apprécie guère les définitions. Et encore moins quand il en est lui-même la cible…

    1. Dr Slump

      « Libéral » désigne en fait un courant de penséES. Il y a évidemment des principes fondamentaux communs aux différentes sensibilités libérales, mais la définition des mots et leurs différentes acceptions sont primordiales pour toute pensée philosophique et politique.

      Ceci étant posé, dans un monde où le mot libéral est utilisé à toutes les sauces, pour désigner tout ce qu’on veut et en particulier tout ce qu’on peut trouver d’infamant, on peut comprendre que les libéraux soient chatouilleux au niveau de la définition des mots.

      La bataille politique commence par la bataille des mots. Quand on emploie les mots de l’adversaire on emploie sa pensée, et on a déjà perdu.

    2. Harold Glitch

      Le libéral a un égo surdimensionné, il se prend pour un Léonard de Vinci oublié tellement parfait, tellement combinatoirement complexe qu’il ne peut être défini.

      1. sam player

        Pourtant le principe du libéralisme est très simple.
        Où est la complexité d’un système qui n’a besoin que de très peu de règles pour fonctionner ?

        1. Harold Glitch

          Oui, je me suis mal exprimé, avec un masque de recul, le problème n’est pas dans l’adéquation de nos règles avec le monde, mais plutôt dans la didactique de l’abandon des règles existantes présumées requises. Et là, vraiment, la combinatoire est véritablement complexe, ce vénérable Hach ne serait pas là sinon.

          1. Harold Glitch

            D’accord, mais conséquemment, pour en arriver à dire à la société « me faites pas ch … », le prérequis induit d’avoir du courage et d’être certain d’avoir assuré ses arrières (ou d’être inconscient).

            Du coup, le libéral assumé en est réduit à une précieuse ridicule (faute de mieux).

            – « Je ne pouvais être élégant puisque vous l’avez remarqué »

            1. René-Pierre Samary

              Harold, vous oubliez la seconde partie : »tant que ce n’est pas absolument nécessaire ».
              Je ne pense pas qu’il soit absurde d’accoler « libéral » et « social », dans la mesure où ce dernier terme n’aurait pas le contenu qu’il a chez les socialistes. Le libéralisme se doit de poser ses propres limites, celles qu’imposent le bon sens, l’esprit pratique.
              Vous dites « courage ». En effet, la non-dépendance en demande. La sanction peut être lourde. Mais pourquoi ne pas proposer à ceux qui n’ont pas ce courage d’accepter la protection de l’etat-mamma, et me laisser assumer mes choix (avec des « arrières » peu assurés, croyez-moi).

              1. Harold Glitch

                D’accord et bon courage à vous, mais être libéral, pour le commun des français ça sonne comme « être une femme libérée » c’est juste une « coloration » au mieux une « thématique ».

                La complexité est dans la façon de présenter les choses, de renverser la table, de faire tabula rasa pour positionner les choses différemment. Bref, « Hach puissance de deux » en sait plus nous, pas la peine de disserter là dessus.

                Concernant votre blog, c’est un peu cochon du genre l’Hôtel de Condé vers 1740 ?

  8. cyprus ill

    Bonjour chers amis libéraux.

    Il est évident que si « les journalistes tentent l’explication de texte libérale avec leurs gros doigts gourds d’étatistes plus ou moins assumés », ce n’est pas cela qui va aider à faire passer notre message auprès des masses bien pensantes lectrices assidues desdits journalistes.

    Néanmoins je me dois en ce dimanche matin, « quand le matin s’étire vers un apéro lointain », vous délivrer une note d’espoir. Après 13 années de discussions parfois animées avec mon voisin et néanmoins ami (ou l’inverse si vous voulez), socialiste convaincu en 2002 quand, rappelez vous, la bêêête immonde était au 2è tour, je ne suis pas peu fier d’avoir appris qu’il avait récemment commandé le petit traité anti écologique de notre hôte et que non content de jubiler chaque matin (comme nous tous) à la lecture de sa magnifique prose, il en avait résolument embrassé toutes les thèses. La mue est totale, et croyez moi ce n’était pas gagné d’avance. Convaincre est donc largement possible, mais ce ne sera pas grâce aux journaleux de ce pays.

    Le salut ne viendra pas des autres, mais de nous mêmes. Mais ça, en vrais libéraux que nous sommes, nous le savions déjà !

    Bon dimanche à tous, spécialement à vous, cher H16.

  9. Calvin

    Phénomène incompréhensible car :
    – nos médias sont dans un monde clos où leurs préjugés tiennent lieu de pensées,
    – ouvrir ainsi une opportunité de préalable à une future réflexion sur « on n’a peut être pas tout essayé » est à mille lieux de leur doux cocon de copinage.
    Est-ce que quelque chose est en train de légèrement vaciller ?

    1. kekoresin

      ça vacille comme un funambule au-dessus du grand canyon par vent de force 8. Pendant ce temps là, les organisateurs s’interrogent s’il vaut mieux partir à la retraite à 64 ans ou a 122 ans. Un peu comme si la préoccupation du funambule en sursis était de savoir s’il avait bien fait de choisir des chaussettes bleues au lieu des rouges!

    2. Bonsaï

      Ou peut-être une certaine lassitude de cet univers terne de la pensée correcte, dans lequel l’écho ne fait que renvoyer ad nauseam les mêmes slogans, les mêmes clichés. Les vieilles rengaines…

  10. theo31

    Gaspard Koënig libéral : j’ai failli m’étouffer en mangeant une pomme.

    En attendant, j’ai encore constaté il y a une semaine que les gens parlent de choses qu’ils ne connaissent pas. A la demande « citez moi des auteurs libéraux », on m’a répondu : Pinault.

          1. Pheldge

            « jl en est même qui se déguiseraient en n’importe quoi pour faire parler d’eux ! » oui, il en est même qui s’affublent d’un horrible masque à gaz !

              1. Pheldge

                Ils ne sont que 15 + 2 pestiférés + 1 mort vivant grec (qu’il prétend ) 🙂
                ça me rappelle l’histoire de Napoléon qui de retour de Waterloo rentre dans une auberge las, et dit « nous sommes vaincus … » et l’aubergiste lui répond alors : « j’ai que dix-neuf chaises … » 🙂

    1. Harold Glitch

      Je ne connais qu’un seul Kœnig, il était général : « Sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil. »

      Un général serait libéral, si ses pions n’était pas humains.

      La limite du libéralisme c’est l’humanité du pion. Dans un monde où les humains ne sont que des pions n’ayant pas « l’équipement idéologique et la culture politique minimale » le libéralisme ne peut pas fonctionner.

  11. LaVitreCassée

    Une des meilleures façon de (faire) découvrir le Libéralisme, c’est la lecture des textes de F.Bastiat… J’ai fais découvrir a un Ami récemment « La Loi », il était époustouflé par la profondeur et la cohérence du texte. Il a d’ailleurs souhaité garder le livre pour le re-lire !

    1. Harold Glitch

      Vote ami n’est pas forcément votre ami, le fait de ne rien comprendre dans un monde apparemment réglé est chose commune, chacun est dans son monde. Il est d’ailleurs fréquent que les enfants ignorent absolument de quoi parlent les adultes sans que ça les dérange particulièrement. Ils se contentent d’écouter ou de lire la musique des mots dans un silence contemplatif.

      Au final, votre ami le sera s’il a du courage, s’il a le courage d’être, s’il a le courage d’être vivant, s’il a le courage d’être vivant debout et conscient pour interagir avec le monde.

      L’emballement cache toujours quelque chose de sournois.

      A votre stade, de deux chose l’une, si vous voulez a tout prix garder votre ami, il faut vous déplacer, vous enlever de « la prise idéologique » pour éviter un revirement soudain et perdre cet ami maladroitement.

      Si vous vous foutez de cet ami, laissez la chose faire … il ne pourra qu’en résulter une nouvelle alternative, même moins digne que la première, il y a toujours moyen de rattraper le coup.

  12. lxy

    Il a fallu 70 ans aux Russes pour s’affranchir du marxisme-léninisme soviétoïde. Nous ça fait 70 ans qu’on est en plein dedans (depuis la « libération » …étrange oxymore) et notre « libération » n’arrivera pas avant plusieurs décennies.. Vu mon âge je ne la verrais donc jamais !.Courage les jeunes !

  13. Harold Glitch

    « libération » oui mais sans subventions « Libé râle » .
    ..
    « Courage les jeunes ! » à l’échelle des « djeunz » le bitcoin existe déjà depuis longtemps, et les jeunes ne font rien avec. Ils sont comme les vieux à regarder les faits, ayant vaguement compris … et personne de « djeunz » n’émerge pour clouer le bec aux moqueurs.

  14. bugbreeder

    Exact, et en plus : quand il s’est effondré en 1989 la part de l’état dans le PIB était de 60% (puisque aucun pays socialiste ne pouvait tenir debout sans un minimum de capitalisme), et je vous rappelle qu’actuellement pour la Grance c’est 57% (et largement minoré), donc la fin est très proche.
    Il y a des trucs très intéressants sur Martin Armstrong (http://www.armstrongeconomics.com/armstrong_economics_blog) qui donnent des cycles de 70 ans avant que les systèmes pourris s’effondrent.

  15. Snail on the Thorn

    Lequel Drahi, au demeurant, paraitrait en mauvaise posture financière actuellement…. légèrement overextended…. Goldman Sachs conseille pourtant l’acquisition d’actions Altice…. cela suffirait pour m’inquiéter….

    1. sam player

      Son endettement ne me dérangerait pas trop car le secteur est porteur… mais quand il en vient à emprunter plus d’1 miyard pour payer des dividendes, le doute m’habite…

  16. sam player

    HS mais pas trop par rapport au sujet d’hier :

    Les extraterrestres sont-ils cons ?

    Résumé : les astronomes ont repéré une planète un peu bizarre dans le sens où lors de sa rotation autour de son soleil elle arrive à en masquer plus de 20%… alors qu’en théorie à cette distance ce devrait être 1% vu qu’une planète est forcément beaucoup plus petite que son soleil…

    Conclusion de certains scientifiques : des extra-terrestres auraient développé une supermégastructure de panneaux photovoltaïques autour de leur planète pour capter un maximum de l’énergie de leur soleil… MDR !

    C’est sur Le Figaro (lien suit)
    Kepler, l’étoile mystérieuse et la mégastructure extraterrestre

  17. sam player

    Les taxes n’augmenteront pas en 2016… sauf la taxe terrorisme qui augmentera de 30%. Elle est payée par tous sur tous les contrats d’assurance et est gérée par l’état comme la taxe catastrophes naturelles.

    Cette hausse de 30% permettra de faire rentrer 86ME supplémentaire. C’est à dire que cette taxe rapporte donc déjà 3.3 fois plus soit 284ME qui deviendront donc 370ME par an… alors que l’on n’a jamais dépensé plus de 20ME par an pour les victimes du terrorisme.

    Où par cet argent depuis tant d’années ?

      1. Pheldge

        le tonneau béant de dame Naïde ? plutôt celui de dame Najat, dame MST, dame Ségo, dame Lebranchu et des autres asexués de ministres, à commencer par dame sans pine Sapin !

  18. René-Pierre Samary

    « …chez les journalistes, l’équipement idéologique et la culture politique minimale pour analyser les informations qui leur parviennent en retour. »
    Pour beaucoup, c’est vrai sans doute. La plupart des plumitifs (ves) sont des buses.
    Mais le problème est plus grave. Formatés par les courants de pensée marxistes, ils cherchent l’idéologie qui se cacherait derrière toute pensée. Il faut, pour eux, qu’il y ait une « idéologie libérale », et cherchent à la définir, par opposition à l’idéologie marxisante.
    J’ai essayé de nombreuses fois d’expliquer à des « sensibilités de gauche » que le libéralisme n’est pas une école de pensée, une idéologie (même s’il y a des penseurs qu’on peut qualifier de libéraux) ; que le libéralisme est avant tout une « pente », opposée à la pente du collectivisme ; que c’est avant tout un refus, le refus qu’on puisse imposer à un individu ce qui serait bon pour lui, avec toutes les « bonnes raisons » du monde. Comme le dit Stuart Mill, que je cite dans mon bouquin (pub) : « Il n’y a pas de raison pour que toutes les expériences humaines soient construites sur le même modèle ou sur un petit nombre de modèles. Si une personne possède une quantité raisonnable de sens commun et d’expérience, sa propre façon d’arranger son existence est la meilleure, non parce qu’elle est la meilleure en soi-même, mais parce qu’elle est la sienne ».
    Le niveau de collectivisme se jauge à celui des prélèvements obligatoires. L’emploi qui est fait de ce pognon est secondaire. La liberté, c’est d’abord de m’en laisser les moyens, et ça s’appelle le libéralisme.

  19. Harold Glitch

    « Le niveau de collectivisme se jauge à celui des prélèvements obligatoires »

    Si je suis un primo arrivant, tout est gratuit, les transports, les soins, le logement, le chauffage, la nourriture, l’éducation, la protection juridique … TOUT sans aucun prélèvements obligatoire.

    Franchement, les prélèvements obligatoires, c’est vraiment pour les crétins !

  20. Harold Glitch

    Vous devez vivre dans un lieu préservé, moi j’ai l’impression de vivre juste avant l’explosion du Vésuve vers 79.

    Où l’on inscrivait sur les murs « cave malum cacator » pour dissuader les primo arrivant de déféquer sous les fenêtres.

    Car ceux qui arrivent d’Addis-Abeba viennent directement sous mes fenêtres et ils se foutent royalement de la TVA.

  21. René-Pierre Samary

    Mes lieux (façon de parler) sont multiples. Nautonnier sur mon frêle esquif, ici et là (passim est le nom dudit). Les amarres larguées il y a quinze ans, mon tempérament bilieux s’en est trouvé amélioré, ce qui explique une certaine mansuétude à l’égard de ceux que vous évoquez.

  22. Peste et coryza

    Le libéralisme entrerait par la gauche ?

    Suis le seul à trouver cela totalement anormal, voire dangereux ?

    Le projet de la gauche française est de créer « l’homme nouveau ». Pour cela, ils se sont servis de tout, y compris du marxisme, pour détruire les anciens liens entre les hommes.
    Une fois ceci fait, la gauche a balancé le marxisme aux orties (seule la CGT y est restée), et nous pond des lois sociétales et autres théories du genre.
    Et maintenant ils nous feraient croire qu’ils laisseront les gens faire leurs affaires comme ils l’entendent ?

    Soit ils commencent à reconnaitre leur défaite, soit ils veulent mettre la prochaine couche…

    1. hugeus

      Toutes les idées entrent à gauche.
      Visualisez le spectre politique comme un cercle (et non un demi cercle comme l’Assemblée Nationale) où les idées « neuves » entrent à l’extrême gauche et sortent à l’extrême droite. Ensuite… eh bien comme elles ont fait un tour, elles touchent vingt mille francs et rentrent à nouveau par la gauche.
      Malheureusement, certaines idées vont directement à la case prison et y restent quelques générations ! Mais elles ressortent toujours.

      Philippe Fabre l’explique beaucoup plus sérieusement que moi sur son blog Historionomie, dans ses papiers du printemps 2015.

  23. lxy

    Quand la Presse française évoque le libéralisme c’est toujours par référence ou comparaison au « généreux socialisme » .La période notre histoire récente où les progrès ont été les plus spectaculaires c’est le 19ème siècle européen, bien avant le marxisme, dont le témoin les plus emblématique est Jules Verne qui met en scéne des « conquérants » alliant audace, imagination et innovation. J’ai travaillé au début des années 1990 pour une toute nouvelle entreprise californienne d’une centaine d’employés Moins de 25 ans après son introduction au Nasdaq en 1992 sa capitalisation boursière dépasse celle de Intel, tandis que celle de Apple dépasse celle de Esso.Par comparaison la grande majorité des entreprises françaises du CaC40 sont plus que centenaires. La Chine où le régime reste communiste, mais où le système économique est libéral où l’initiative individuelle est encouragée, est sortie en moins de 30 ans de la misère dans laquelle l’avait plongée 30 ans de communisme. Le libéralisme n’a que faire des théories et des idéologies, il se prouve en marchant.

  24. tabbehim

    si être libéral est « hype » (je hais ce mot), être d’une association étatiquement correcte et proposer moulte stupidité avec publicité des médias, c’est la normalité :
    http://www.20minutes.fr/economie/emploi/1711003-20151019-semaine-32-heures-entreprises-pedagogues-comment-syndicats-pensent-relancer-emploi

    La seule chose que je prend là dedans, c’est de laisser aux entreprises un espace pour enseigner les compétences qui sont utiles pour la vie professionelle.

    enfin bon, vu les caricatures que font les médias des libéraux et libertariens, la mauvaise nouvelle de la conclusion occulte presque la bonne nouvelle….
    ça sent la diabolisation à outrance dans quelques temps de ces gens qui osent penser à résoudre leur problème autrement que par voie étatique….

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