Thinkerview dans les petits papiers de l’affaire Kerviel / Société Générale

L’affaire Kerviel n’a probablement pas fini de défrayer la chronique. Ces derniers jours se tenaient en effet le procès au civil opposant la Société Générale avec son ex-trader qui avait laissé une ardoise de près de 5 milliards d’euros suite à des positions boursières intenables. Et des éléments nouveaux font surface.

Jusqu’à présent, les choses paraissaient claires : Kerviel avait fraudé, et la Société Générale, victime malheureuse de montages trop hardis, avait découvert trop tard ses agissements, l’obligeant à passer en pertes plusieurs milliards d’euros. Cependant, lors des audiences qui se sont tenues ces 15 et 16 juin, des éléments nouveaux sont venus accréditer la thèse que les dirigeants de la Société Générale étaient bel et bien au courant des agissements de leur trader.

C’est tout d’abord le témoignage d’un certain Jacques Warren, ancien directeur financier de banque et ex-directeur général adjoint du Marché à terme international de France (Matif), qui lors de sa déposition à la cour explique être « abasourdi » que la Société générale puisse prétendre avoir tout ignoré des activités frauduleuses de son trader avant janvier 2008. Pour lui, la Société Générale aurait donc « choisi Jérome Kerviel à son insu pour prendre des positions à risque ».

C’est ensuite le témoignage de Philippe Houbé, ancien chargé de compte à la société de courtage Fimat, filiale de la Société générale, qui pense lui aussi que la banque non seulement savait mais organisait tout et aurait surtout alourdi la perte imputée à Jérôme Kerviel, pour alléger ses propres pertes dues aux subprimes.

C’est, enfin, cet enregistrement troublant d’une conversation privée entre une commandante de police, Nathalie Le Roy, et une magistrate, Chantal de Leiris, qui ont eu à connaître l’affaire Kerviel. C’est un enregistrement effectué à l’insu de la seconde, qui a été produit par Me David Koubbi, l’avocat de l’ancien trader de la Société générale, au motif qu’il mettrait en lumière des dysfonctionnements de la justice dans l’instruction de l’affaire Kerviel, notamment en accréditant, là encore, la thèse que la direction savait pertinemment les positions prises par le trader.

Devant ces témoignages, il reste difficile de se faire un opinion. Cependant, je voudrais vous proposer aujourd’hui l’entretien réalisé par Thinkerview de Me. Koubbi, et qui revient notamment sur cet aspect de l’affaire. Il y a un peu plus d’une heure d’entretien et différents sujets sont abordés, dont un paquet n’a pas de lien avec l’affaire Kerviel / Société Générale, et je ne les aborderai donc pas.

En revanche, je vous encourage à écouter les 30 première minutes environ, qui couvrent bien l’affaire elle-même et qui permettent de situer la valeur de l’enregistrement dont il est question. Dans cette partie, l’avocat explique clairement les positions de son client ainsi que la thèse qu’il défend avec lui ; en outre, on écoutera avec bénéfice son versant de l’histoire, racontée du côté de la défense, de la part non pas d’un chroniqueur judiciaire ou d’un journaliste, mais d’un des acteurs directs, qui connaît donc intimement le dossier.

Enfin, on s’attardera, vers 28:30, à noter quelques aspects qui n’ont pas été suffisamment énoncés dans les journaux. On découvre ainsi vers 28:52 les conditions posées par le Conseil d’État pour que l’État français vienne en aide à la Société Générale, alors en difficulté :

« …quand une société [bancaire] subit une fraude, cette fraude ouvre le droit à percevoir un tiers du montant de la fraude sur les finances publiques, mais à deux conditions : il ne doit pas y avoir de connivence entre le fraudeur et sa hiérarchie, pas de complicité, et il ne doit pas y avoir de défaillance de ses systèmes de contrôle. »

On comprend dès lors l’importance extrême pour la Société Générale de bien établir l’absence de complicité d’une part (la hiérarchie, dans ce contexte, ne doit surtout pas être au courant), et d’autre part, celle de prouver que le trader a bien contourné les systèmes de contrôle (sauf à admettre que ceux-ci furent défaillants).

De mon côté, ma religion n’est pas faite et je conserve une absence d’avis concernant cette affaire : de la même façon qu’il n’y a rien d’impossible à ce qu’un trader fasse n’importe quoi en échappant aux contrôles en place au point de mettre son établissement entier en difficulté (ça s’est vu, plusieurs fois, par le passé – Nick Leeson par exemple), il n’y a rien d’impossible non plus à imaginer que des dirigeants d’une banque laissent faire en croyant empocher de juteuses plus-values courant 2008 pour s’écraser contre une réalité douloureuse, qu’ils tentent de camoufler en faisant porter le chapeau à un lampiste manipulable. Du reste, la concomitance des ennuis de la Société Générale avec l’effondrement des subprimes semble un hasard particulièrement étonnant et il n’est pas invraisemblable de penser que des pertes monumentales ont été camouflées dans les positions de Kerviel, d’une façon ou d’une autre.

On attendra donc les conclusions de la justice française (à laquelle on accordera une confiance très modérée), mais on peut déjà parier que le contribuable, réel dindon de la farce, ne saura jamais le fin mot de l’histoire.

Commentaires198

  1. Calvin

    Cette affaire semble être difficile à débrouiller.
    A mon avis, tous responsables, tous coupables, mais un seul condamné.

    A noter qu’un film français (a priori en défense du trader) va sortir.

    1. Royaumont

      La SG a intérêt à ce que la thèse du loup solitaire soit retenue. Elle a beaucoup à perdre, et l’Etat aussi (qui n’aurait pas le droit de voler au secours de la SG).
      quand au fond de l’affaire… mystère.
      J’espère que ce n’est pas un coup monté des dirigeants de la SG pour faire porter le chapeau à un employé innocent, le tout avec la complicité de l’Etat. Malheureusement, ça n’a rien d’impossible.

  2. tarmineldur

    Je travail dans un openspace d’une grande banque où se cotoient différentes équipes liées à l’activité de trading des dérivées actions. Je m’occupe des outils de risque justement.
    Et bien ici, ca vaut ce que ca vaut, personne ne croit à l’innocence de la SG.
    Ceux qui connaissent bien cet environement technique (et l’ont connu tel qu’il était à l’époque surtout) n’envisagent pas que la SG n’ai pas su.
    Cela ne signifie pas non plus que tout le monde savait. Mais le N+1 qui ne voit rien alors que des données aberrantes lui arrivent tous les jours sous forme de rapport dans sa boite mail, les contreparties colossales que d’autres équipes ne pouvaient manquer de voir, etc… sont autant d’éléments qui laissent peu de place au doute

    1. Bonsaï

      D’accord. Tous ceux qui ont vu une salle de trading ont compris que la direction de la SG ment, en qu’en réalité elle approuvait le bel canto de l’artiste !

    2. Deres

      Je ne suis pas un spécialiste de cette affaire, mais si j’ai bien compris, Kierviel était un trader très particulier. En effet, si il travaillait au front office, il avait longtemps été au back office. Cette évolution de carrière peu classique faisait qu’il maîtrisait la tripaille des outils de sécurité et de reporting. J’ai lu qu’il connaissait les mots de passe qui n’avait pas été changé et pouvait accéder à tout cela pour les falsifier si nécessaire. De plus, et c’est très habituel, en cas de problème, les gens l’appelait directement afin de savoir si il y avait une erreur de saisie ou autre, sachant que c’était ses anciens collègues de travail avec lesquels il avait de très bonnes relations. Après, j’ai aussi cru comprendre que la sécurité à la SG était assez light et tolérait beaucoup d’écart. C’est comme dans beaucoup de structure quand tout se passe bien et que l’argent coule à flot. On ne voit pas venir les iceberg malgré les signes avant-coureurs. Les supérieurs hiérarchiques licenciés aussi depuis car cela est quand même justement une faute professionnelle de ne aps avoir détecté les fraudes ne sont pas complètement impartiaux quand ils veulent faire remonter la responsabilité vers le haut au dessus d’eux.

    3. Fll

      J’en avais déjà parlé à l’époque ici, je bossais dans l’informatique de salle de marchés et c’était déjà totalement impossible, surtout pour une banque qui elle même gérait les back-offices pour les traders autonome.
      A l’époque on indiquait que c’était du vent. Tout est tracé en temps réel avec des MD5 générés à la volée et stockés en base Oracle répliquée.
      Quand une position est prise, elle est passée par un premier niveau automatique, soit tu as le droit à cette limite, soit la position est rejetée en temps réel. Ensuite, la ligne est consignée avec le jour, l’heure, minutes et seconde avec le trader, son code, son id de connexion, le poste de travail ainsi que les appels téléphoniques associées si il y en a. Tout cela est transmis au middle office qui doit valider la prise de position est prendre contact avec la banque d’en face (bah oui, qd on achète une action, elle appartient à qq et doit donc etre validée pour vente par la banque détenant l’action) donc déjà là, les positions sont donc connues. Ensuite, ca passe au back office qui lui valide l’ensemble de la transaction et transfert les fonds vers le propriétaire et récupérer les titres. Aussi il valide l’ensemble de la transaction et valide que l’ensemble respect les règles de déontologie.
      Quelqu’un m’explique comment il a pu le faire tout seul ?
      Voilà, voilà 🙂

      1. sam player

        Pa si simple que ça quand même Fll car le paiement n’est jamais comptant, il y a des contreparties et le risque ne se mesure pas à hauteur de la position avec des stratégies du genre straddle pour n’en citer qu’une.

        En 2009 je m’étais construit une position de 8ME sur L’Oréal avec seulement un appel de marge initial de 4000€, le reste de l’appel de marge venant du bénéfice capitalisé de la position.

  3. Bonsaï

    Pour moi l’affaire est limpide depuis le début : la SG comptait sur l’audace des ses traders pour ramener des pêches miraculeuses.
    On était dans les années folles avant 2008 et comme dans toutes les salles de trading il y avaient ceux qui surfaient classiquement les vagues et il y avait parfois l’artiste qui se payait le tunnel… longtemps et à maintes reprises.
    Quand le vent a tourné la SG a lâché son champion et aurait voulu qu’il coule, lesté de plomb. Dommage pour eux, Kerviel était non seulement un génie du deal mais s’est aussi montré loyal, sérieux et même sympathique.
    Ce qui laisse présager que l’affaire n’est peut-être pas encore close…

    1. Peste et coryza

      Tu le connais personnellement ?

      Pour moi, c’est surtout un type qui se prenait pour Patrick Bateman, et qui tente de se racheter une virginité.
      http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/03/05/20002-20140305ARTFIG00118-jerome-kerviel-en-pelerinage-de-rome-a-paris-pour-denoncer-les-derives-de-la-finance.php

      Alors qu’il ne faisait pas cela quand il était dedans et qu’il croquait la thune à pleines dents (+ la poudreuse + éventuellement les pornstar). Il a peut être fait une erreur de jeunesse, ou c’est peut être le parcours type de tous les traders qui y croient avant de se faire lourder…

    2. Deres

      C’est beaucoup plus simple que cela. Kierviel était extrêmement ambitieux. Il avait été déçu de ses primes les premières années. Il a demandé combien il devait rapporté de bénéfices pour obtenir la prime dont il rêvait. Pour atteindre un tel résultat il lui fallait manipuler des sommes qui lui était, entre autre car ce n’était pas une des « divas » de la SG. Il s’est donc servi de ses connaissances du back-office pour camoufler ses dépassement des autorisations. Et comme ses manipulations n’étaient pas détectés et que même quand il laissait des traces par erreur, cela passait comme une lettre à la poste avec un simple baratin, il a progressivement augmenter la taille de ses trades jusqu’à des sommes fabuleuses. Si je me souviens bien (je ne suis pas spécialiste) il faisait du hedge sur les monnaies ce qui rapporte des marges très faibles. Il faut donc des sommes immenses pour générer des bénéfices substantiels.

      1. sam player

        Il me semble que ces positions étaient surtout sur indices (avec dérivés ou pas, je ne sais pas) mais ses positions sur le DAX étaient phénoménales.

        1. sam player

          « Plus précisément, au 20 janvier, ces positions se composaient de 30 milliards d’euros de futures sur l’indice Eurostoxx, de 18 milliards d’euros sur l’indice DAX et de 2 milliards d’euros sur l’indice FTSE » (wiki)

          1. MCA

            Je suis très étonné de constater que quand Kerviel gagnait un max (comme Nick Leeson à son époque), ses supérieurs hiérarchiques ne trouvaient rien à redire alors qu’en bourse il n’y a pas de miracle : pour gagner (ou perdre) très gros il faut jouer très gros.

            Cette simple constatation prouve que quand il gagnait gros, sa hiérarchie savait très bien qu’il avait joué très gros, mais comme cette hiérarchie est intéressée aux bénéfices, elle se tait et encaisse tant que ça marche, ensuite elle se désolidarise en jouant les pucelles effarouchées quand ça foire.

            Ce système est trop fliqué pour que des engagements pareils passent inaperçus.

            Un trader a un plafond d’engagement maxi et s’il veut le dépasser il lui faut une validation de son N+1, puis N+2 etc….

            Kerviel est responsable de ce qu’il a fait, il n’y a pas de doute, mais sa hiérarchie également, il ne pouvait en être autrement.

            J’ai beaucoup plus d’interrogations sur le rôle de la justice qui connaissait ce principe et pour une raison inconnue a accepté de charger l’exécutant en omettant de gratter le vernis….

            Interventions politiques?

            1. sam player

              Kerviel a lui-même déclaré qu’il avait planqué dans les comptes le milliard gagné l’année précédente et qu’il avait donc eu un bonus normal sur cette année là.
              Donc il était possible de cacher des gains… et pourquoi as des pertes alors.

            2. Pat

              La moitié (!), soit 2,5 milliards d’euros, des bénéfices de la SG, provenaient chaque année de l’activité des salles de marché, l’autre moitié provenant des activités bancaires traditionnelles. Comment imaginer un seul instant que la direction de la SG ignorait quelles prises de risque produisaient ces bénéfices miraculeux ?
              Il est plus que probable que la direction de la SG suivait en permanence l’évolution des positions de ses traders et qu’elle a pris peur quand les positions prises par Kerviel sont devenues trop perdantes.
              Si quelqu’un aurait dû aller direct en prison, c’est le PDG de la SG, un certain Monsieur B.

    3. Diogène

      @bonsai 15h29
      Pour avoir fait 20 ans d’audit bancaire, je suis entièrement d’accord. La Socgen avait un des meilleurs systèmes de contrôle interne de la place. Il est à mes yeux complèrement exclu que la hiérarchie et les services de ontrôle interne aient pu sur longue période tous ignorer des positions de cette ampleur, même dissimulées sous des couvertures diverses. Surtout compte tenu des profits crachés. Si un responsable de salle des marchés a bien les yeux rivés sur qqch, c’est sur son P&L.

  4. Adolfo Ramirez Jr

     » on peut déjà parier que le contribuable, réel dindon de la farce, ne saura jamais le fin mot de l’histoire »
    Au contraire, le con tribuable sait trés bien comment l’histoire se termine : il en est de sa poche, comme d’habitude.

  5. AshenNedra

    Après, faut pas tout mélanger non plus.

    Est-on sûr que la recap dont parle Koubbi et qui ne respecte pas les conditions jurisprudentielles n’ait pas été simplement la recapitalisation de toutes les autres grandes banques au moment des subprimes?

    C’est un autre scandale français bien plus grand à mon avis d’ailleurs mais ce n’est pas le même.

    Et les deux évènements étaient quasi concomitants, en tout cas dans le même exercice comptable ou sur deux ans maximum.

  6. Patatrac

    Un léger caveat : Leeson a eu le loisir de faire ses bricolages alors que les systèmes informatiques bancaires de l’époque (1995) étaient balbutiants, chez Barings comme chez beaucoup, et surtout peu voire pas du tout interconnectés. Des trous béants existaient mais il y avait une chaine de plusieurs personnes qui intervenaient lors de l’exécution d’une transaction. Nick s’est fait coincé comme cela (en fait les autorités boursières de la place de Singapour)

    Par contre, bricoler dans les applications front office de la SG en 2007-2008 qui selon la presse, étaient intégrées, réconciliaient toutes les transactions au quotidien avec toutes les contreparties ; puis louvoyer pendant des années entre la trésorerie, le contrôle interne et les auditeurs tout en ne se faisant pas repérer est une toute autre paire de manches. Le ponpon : finir avec une exposition en positions ouvertes de plus de 50 Mds d’Euros est assez bluffant. Surtout pour un gars faisant de l’arbitrage sur une table Delta 1.

    1. Deres

      Kierviel justement venait du back office. Il connaissait le fonctionnement informatique des outils du front office et la façon de la manipuler pour cacher ses actions.

      1. Deres

        Si je me rappelle bien, il savait accéder à un fichier contenant l’ensemble des positions pour faire la somme et déclencher une alerte en cas de dépassement des seuils. Il ajoutait donc manuellement dans le fichiers des positions fictives dans le sens inverse des siennes pour ne jamais dépasser les seuils d’alerte.

        1. Patatrac

          @ Deres 16h35
          Je doute que la SocGen ait jamais eu des fichiers plats, modifiables et accessibles pour produire ses états quotidiens. Les systèmes front ou back sont des applications fermées à plusieurs niveaux d’accès. Avoir accès en lecture seule au système back est normal, pouvoir modifier des états, ajouter des transactions est plus que difficile dans la mesure où il faut : avoir les droits d’accès nécessaires (il y a des logs) ET couvrir toute la chaine de valorisation : de la position en [t-1 ;t] à la compensation de la transaction avec la contrepartie, la trésorerie, les appels de marge s’il y en a etc…. Kerviel a admis avoir barbouillé 900 transactions, il faudrait savoir comment cela s’est propagé à toute la chaine de valorisation, encore une fois, composée de systèmes fermés sans que personne ne s’en aperçoive, personne, pendant plusieurs années. C’est bluffant. Kerviel c’est Spaggiari !

      2. Peste et coryza

        Question de béotien : c’est quoi la différence entre le front office et le back office en Banque/salle de marché ?
        Le premier donne les ordres et gère le blé, et l’autre contrôle et s’occupe de la maintenance ?
        Si c’est cela, Kerviel aurait commencé au contrôle avant d’être promu au trading… cela semble bizarre : on s’attendrait que le contrôleur soit plus expérimenté que ses collègues.

        1. Fll

          Il y a trois niveaux.
          Front office: traders+brokers. Le trader passe des ordres a un broker. Un broker est le mec autorisé à passer les ordres d’achats/ventes.
          Pour le reste, regarde mon post au dessus, je suis sur smartphone, dur de tout retaper 😉

  7. Pere Collateur

    On ne saura probablement le fin mot de l’histoire que quand ca n’aura plus d’importance.

    En attendant, on peut toujours prendre des paris:

    Moi je mise sur la SG qui a trouvé un lampiste plus ou moins complice pour planquer la baffe des subprimes. Ca en a l’odeur, ca en a la couleur. Ptet bien que ca en est.

  8. sam player

    Il me semble que la façon de présenter le remboursement du tiers des pertes de SG par l’Etat n’est pas correcte. Il ne s’agit pas en réalité d’un remboursement mais simplement de l’imputation des pertes sur le résultat net.

    En gros :
    – si le bénéfice avant impôt de la SG sans inclure cette perte de 5Mds était de 7Mds elle paierait 7Mds * 33% = 2.31Mds d’impôts

    – en incluant cette perte de 5Mds, son bénéfice ne serait plus que de 2Mds et son impôt 2Mds * 33% = 0.66Mds

    La différence serait donc de 1.65Md et est vu faussement comme un remboursement par l’état alors qu’en fait la perte résulte d’un risque et de l’activité « normale » de la banque.

    Si Harry fait une connerie dans son boulot et qu’il fait une perte de 10KE sur un chantier, personne ne va se poser la question de savoir s’il doit l’imputer sur son résultat net ou pas.

    1. Essepe

      Si c’est ça c’est Koubbi qui est un gros manipulateur.
      Ce qui ne serait pas très étonnant quand on entend qu »il met en parallèle Cahuzac, qui a essayé d’échapper au racket, et la SG, qui a potentiellement été escroqué.

      1. sam player

        « Si c’est ça c’est Koubbi qui est un gros manipulateur. »

        Koubbi, mais aussi les medias et ceux qui même ici continuent à dire qu’en tant que contribuables ils paient pour les banques.

        En fait je pense qu’il faut victimiser les gens pour que le dossier intéresse car on le sait bien, s’il n’y a pas de victimes (autre que peut-être la SG), il n’y a pas de délits, pas d’affaire, pas de papier à vendre.

        1. Bonsaï

          On nage en plein délire surréaliste là :
          pourquoi les « gens », ces abrutis de manants ne sont-ils pas solidaires de cette pauvre SG, victime innocente d’un méchant, trop méchant Kerviel ?Vite, vite il faut victimiser les gens pour les mettre au diapason de la terrible douleur de la SG…

          1. sam player

            Et d’une, être solidaire quand il s’agit de finance ça veut dire participer aux pertes. Tu confonds être solidaire et prendre parti.
            Faudra apprendre à lire.
            Le contribuable est-il victime ? non
            Kerviel est-il victime ? Oui peut-être mais uniquement sur la diffamation à son égard.
            La SG est-elle victime ? Peut-être, mais certainement de ses propres turpitudes.

            1. Bonsaï

              Ouais, vous allez voir du vrai football.
              Et une équipe où les joueurs pensent plus au ballon qu’à leur coupe de cheveux et ne font pas des bras d’honneur infantiles en direction de la presse…

      2. Bonsaï

        @ Essepe, 17.6, 17:54
        « la SG, qui a potentiellement été escroqué. »
        La SG n’a pas été escroquée puisqu’en tant que trader salarié Kerviel effectuait ses opérations, même les plus acrobatiques, dans l’intérêt de la banque. Et la banque approuvait tout tant que ça roulait sur du velours et que ça rapportait…

    2. Pierre B.

      Ce n’est pas aussi simple que ça car si le tribunal considère qu’il y a eu carence manifeste, alors il est possible pour l’Etat de ne pas accorder ce crédit fiscal. Cf la tribune : http://www.latribune.fr/journal/edition-du-1410/politique-france/1056085/affaire-kerviel-societe-generale-l-etonnant-feu-vert-de-bercy.html
      Et on peut retrouver des sources officielles aussi : http://www.conseil-etat.fr/content/download/1603/4837/version/1/file/385088_avis.pdf
      Point de détail, dans ce dernier document, il est indiqué que c’est uniquement possible dans le cas d’un détournement de fonds par un salarié, et je crois bien qu’on est dans ce cas là.

      1. sam player

        C’est contre l’expression « remboursement » que je m’élève, pas sur le fait que ce soit un détournement ou pas.

        Mais si vous voulez parler de détournement, dites moi svp vers qui les fonds ont été détournés. Anyone ? Donc ce n’est pas un détournement.

        Ce système sert uniquement à permettre la déduction de pertes hors bilan, comme par exemple un comptable (BM!) qui se barrerait avec la caisse, mettant l’entreprise en difficulté : l’entreprise devrait payer des impôts sur un résultat ne prenant pas en compte cette perte et devrait en plus supporter cette perte. En fait l’impôt augmenterait la perte !

        Ce système est assez logique concernant des pertes « immatérielles » (non traçables) puisque s’il n’y avait pas d’appréciation de la possibilité de faire ou de ne pas faire cette déduction on pourrait très bien imaginer le dirigeant d’une entreprise entrer en collusion avec un aigrefin pour détourner de l’argent en invoquant un hacking, déduire cette perte puis faire 50/50 avec le hacker et tout cela sans que chacun des bénéficiaires paie des impôts sur le revenu obtenu.

        Dans le cas présent, celle qui a perdu c’est la SG et celui qui a gagné c’est juste le marché. Les fonds n’ont pas été détournés, juste perdus dans l’activité de l’entreprise.

    3. sam player

      A l’appui de mon commentaire, extrait de l’article des Echos de ce 17 juin 2016 :

      « …la jurisprudence du Conseil d’Etat ne permet la déduction fiscale des pertes subies en cas de fraude que si l’entreprise victime n’a commis aucune faute intentionnelle. »
      __________

      Il s’agit donc bien d’une déduction fiscale et non d’un remboursement par l’état.

      Je pense que ce système existe pour empêcher l’enrichissement sans cause d’un aigrefin anonyme au cas où la malversation serait d’origine inconnue : ça permettrait de valider la ligne de la compta au niveau débit sans avoir de pièces comptables en face, genre on s’est fait truander et c’est pas de notre faute (hacking etc…).

    1. Oui, et d’autres aussi reluisants.

      Il reste la présentation de son côté de l’affaire, dans les 30 premières minutes de l’itw, qui permettent d’avoir une vision des choses. Elle est évidemment partiale mais justement, j’ai trouvé rafraîchissant d’avoir ce côté qu’on entend de façon très parcellaire ou filtrée dans les journaux d’habitude.

      Une interview des avocats de la SG serait très intéressante aussi, pour mettre côte à côte…

      1. sam player

        Oui pour les 30 premières minutes qui montrent bien le fonctionnement en réseau opaque d’une certaine justice (genre fraternité, club, camaraderie) et aussi sur la construction de « la vérité médiatique » par les mêmes.

      1. Alx

        Oui, je me suis posé la même question, comment un mec qui se dit brievement anarchiste peut trouver sarko liberal!?!?
        Ya quand meme des elements etranges dans son discours, reference a la FM ey aux puissants, passage pompeux sur sa non corruption sur la corruption, accusation des avocats de sg de manipulation,…

        Je comprends pas le coup des enregistrements: pourquoi en faire un element de strategie dans la lutte contre SG, s’ils peuvent se reveler si devastateurs que ca a court terme et mettre fin a cette serie de procès ?

        En tt cas, a defaut d’éléments probants ds un sens ou dans l’autre, ca fait naitre des doutes sur la these officielle…

        1. sam player

          Pour les enregistrements privés, ils ne sont pas recevables s’ils ont été fait à l’insu de ton plein gré… sauf écoutes judiciaires… et écoute judiciaire ne veut pas dire écoute des juges … mais écoute sur décision judiciaire 😀

          Ce style d’enregistrement « pirate » a un statut un peu bâtard… et nous dirons, à la gueule du client…

            1. sam player

              Oui c’est pour cela que je dis que ces enregistrements ont un statut bâtard. Tu peux même être condamné pour avoir enregistré une conversation privée : c’est équivalent à ouvrir le courrier de quelqu’un.
              Un tel enregistrement a aussi peu de valeur qu’un ouï-dire (il m’a dit qu’on lui avait dit, qu’il avait vu etc…). C’est peut-être pour cela qu’il est préférable de jouer avec : menace de diffusion dans les medias etc…

              1. Peste et coryza

                En fait, ça dépend de qui ouvre le courrier… il y en a plus d’un qui s’est refroidir suite à l’ouverture de sa correspondance par un espion ou un sbire au service de son rival… d’où la cryptologie.

        2. Pheldge

          Pourquoi il « peut trouver Sarko liberal ? » parce que ça permet de faire un bel amalgame, de se rallier une grosse partie de l’opinion, et la majorité des journaleux qui pensent que « tout est la faute au libéralisme effréné » en particulier la crise de 2008, que son client est une victime collatérale.
          Et puis comme tout le monde aime détester Sarko, qu’on lui a aussi mis sur le dos « air cocaîne » et la séparation des Beatles, autant en rajouter une couche, il n’en est plus à ça près … 🙂

          1. Alx

            Oui, j’avais pensé a ca… puis je me suis dit qu’il etait sur Thinkerview, a priori vu et fréquenté par des gens qui ont des connaissances ou meme des penchants pour le liberalisme, non?

            1. BDC

              Il doit y avoir une diversité d’opinions : Thinkerview a pour partenaire lescrises et a interviewé Michel Collon, pas très connu pour être un grand libéral. Donc rien d’étonnant à ce que l’avocat trouve Sarko libéral, comme la plupart des gens de son milieu, ce n’est pas le plus important dans l’entretien.

  9. JiJiBé

    Voici l’avis d’un trader français ami (?) exerçant en Helvétie…aussi.
    Avis définitif pour ce qui le concerne : situation ubuesque et inimaginable.

    Espérant que ce commentaire aura éclairé l’aimable assemblée, veuillez agréer mesdames et messieurs l’expression de mes sincères condoléances puisque de la même manière que pour LCL c’est nous qui passerons à la caisse.

    Tarif du jour -> 1,50 € pendant 18 mois pour 37 millions de contribuables.
    Soit 1 md d’€ . Le compte est presque bon.

    1. sam player

      Pour la SG c’est juste un mankagagné de l’état… voir explications plus haut.
      Comme si vous preniez une semaine de vacances sans soldes et que l’état vous accuse de payer ainsi moins d’impôts sur le revenu… puisque moins de revenu.

  10. tarmineldur

    Et donc tu te retrouves avec deux positions délirantes qui bien que s’annulant mutuellement ne peuvent decemment passer innaperçu dans les systèmes info.
    Les volumes traités par Kerviel étaient considérables, ce n’est pas juste en faisant semblant de se couvrir qu’il pouvait passer inaperçu.

    1. Alx

      A l’epoque j’avais du temps, et j’avais lu les interrogatoires du proces en appel. Les explications sur les moyens de contournement semblaient credibles, meme quand il etait decrit comment il trompait les alertes generees par des mails d’interrogation de Deutsche Bank par exemple…

  11. Taisson

    Encore un excellent article.
    Vraiment difficile de se faire une idée sur cette affaire.
    Quand, comme moi, on ne connait rien aux milieux financiers, li est facile de nous « embrouiller », et toutes les explications techniques sont les bienvenues.
    Mais quand on à exercé, ne serai ce que la plus petite responsabilité, dans un grand groupe, il est vraiment difficile de croire que Kerviel ait pu manipuler de telle sommes sans que ses supérieurs ne se doutent de quelque chose !
    Les systèmes de reporting, que j’ai connu mettaient toujours plusieurs personnes dans le coup, N+1, N-1, voire plusieurs services… Donc plusieurs responsables, etc…
    Et pourtant les enjeux et les risques étaient vraiment ridiculement faibles en comparaison.
    Même au niveau direction, du temps des rapports/papier, ou il avait un délai de diffusion, un supérieur avisé mettait toujours « le doigt la ou ça fait mal » !
    Et en plus, maintenant, le contrôle peut être fait en temps réel !
    Et l’affaire n’pas duré seulement quelques jours…
    Qu’il ait essayé de dissimuler, c’est possible, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les supérieurs de Kerviel, n’étaient pas très « curieux » !
    La ou je suis passé, ce genre d’attitude conduisait assez rapidement vers la sortie.
    Il me semble plutôt que l’on a volontairement fermé les yeux en espérant le jackpot, et en se disant que si ça se passait mal, le coupable était trouvé d’avance.
    Si l’on peut prouver que Kerviel à agit seul, c’est encore plus inquiétant ! Personne n’aurait rien vu !
    En tous cas, comme la plupart des gens autour de moi, je n’y crois pas et ça n’améliore pas la considération du public pour les Banques.

    1. Aristarkke

      Il a toujours été dit que JK avait aussi rapporté de beaux gains pour la SG sans que personne ne s’ avise de la disproportion desdits bonus z ec les positions maximales qui lui étaient permises.
      Le tenancier du blog No one is innocent est un fervent défenseur de JK en se présentant par ailleurs comme un ancien trader du desk de JK.
      Selon ce taulier, il était impossible que la SG n’ était pas au courant de son activité anormale mais tant que cela payait…

        1. Val

          @bdc oui mais bon donner Eva et melanchon en modèles … ça donne tout de suite un coup de tronçonneuse à sa lucidité . Il parle avec un lexique chrétien on ouvre une oreille bienveillante ça passe sur l anarchisme on ouvre un oeil vigilant et plaf eva/meluche, carramba encore un coco qui prend des badernes pour des messies.

          1. BDC

            Oui il les croit intègres mais pourtant il ne vote pas pour eux … Pourquoi ? Pb d’idées ou de force centripète qui les contaminerait ? Il n’a pas développé.

    1. Dr Slump

      Il croit sans doute que l’anarchisme, c’est juste de ne pas avoir de police. Remarquez que l’anarchisme croit au collectif, mais pas dirigé d’ne haut par une quelconque autorité.

      1. Val

        @dr slump croyance stupide qui finit invariablement dans la pratique par une dictature menée par un individu bien concret venu du bas.

      2. sam player

        Oui sa vision de l’anarchisme est celle d’un adolescent peignant des A dans un cercle. Un anarchiste se définit comme anarcho-qque chose… dont les tendances balaient tous les courants politiques.

  12. albundy17

    Ce qui m’a le plus épaté dans cette histoire, c’est dans quel fracas tout a été débalé, doigt accusateur vengeur sur ce qui ne reste qu’un trader, et surtout le débouclage a gros doigts mouillés des positions de la SG augmentant ainsi les pertes.

    Je serait pas étonné que certains aient pris des positions contraire juste avant

      1. albundy17

        Arf, on reste toujours sur sa faim avec ce genre de réponse…

        Bon sinon la journée fut bonne sur les marchés boursier, tout est au rouge, je viens de voir que le harpex se casse la gueule sur ses plus bas.

        va falloir buter une autre pro euro, ou un gros paquet, pasque ça marche moins bien qu’en suede il y a quelques années

  13. Ben Oui

    « De mon côté, ma religion n’est pas faite et je conserve une absence d’avis concernant cette affaire  »

    Oui, bon, d »accord, mais bon, voyons voir, grattons un peu, mais pas trop, juste ce qu’il faut, mais pas plus, m’enfin, comme même, mais non, suis pas sûre, c’est tout, bref, et donc, … no comment !

    Suivant les époques, un coup de massue aurait suffit.,voir un duel au petit matin, ou un petit suicide inexplicable, mais aujourd’hui heureusement, il y a des coupables volontaires et des victimes consentantes.

    C’est pas chère, c’est l’État qui rince. Enfin, on se comprend, c’est comptabilisé dans les pertes de ceux qui n’ont pas joué et qui ne savent que perdre, de toutes façons.

    JP Chevallier est bien plus pertinent… La SG est en dessous de la ligne de flottaison, « il faudrait augmenter les capitaux propres de… 85,2 milliards d’euros ou diminuer le total des dettes de 940 milliards (par cessions d’actifs) !
    http://chevallier.biz/2016/05/les-mecanos-de-la-generale-1%C2%B0-trimestre-2016/

    60 millions de kerviels et nous et nous, il n’y a pas que la SG bordel ! http://chevallier.biz/2016/05/leverage-reel-des-banques-francaises-1%C2%B0-trimestre-2016/

    Je te rassure tout de suite, h16, de mon côté, ma religion n’est pas faite et je conserve une absence d’avis concernant cette affaire 🙂

      1. Ben Oui

        Le prétexte « Kerviel“ fonctionne bien, n’est-ce pas le principale ?

        Au-delà des pertes, des dysfonctionnements Majeurs sont mis en évidences sans aucune correction depuis 2007-2008.

        5 milliards pour Kerviel-story, 9 milliards d’amendes pour le BeuNeuPeupeu, sans compter les pertes d’autres secteurs (SeuNeuCeuFeu, EuDF, et j’en passe) ou les trillons s’enfilent comme des perles, il va en falloir du kerviel pour éponger la salle des machines.

        Bon, d’accord ne mélangeons pas les torchons, les serviettes et les serpillières. Mais une éponge reste une éponge, et le seau est déjà plein.

        Virtualiser les hors-bilans, bitcointer la monnaie,… et présenter la facture aux non-responsables coupables contribuables consentants, c’est une chose.

        Il est vrai que nous avons aussi les pannes informatiques, c’est plus mieux que des incendies destructeurs d’archives envahissantes.

        Les structures monétaires financières affichent leurs déséquilibres frauduleux et nos institutions impuissantes montrent leurs irresponsabilités complices devant ces dysfonctionnements dont les ordres de grandeur dépassent l’entendement, nous propulsant dans un Nouveau Monde pas vraiment réjouissant pour la plus part d’entre nous.

        Le positif c’est les grands écarts des politiques qui ne trompent plus personne et encore moins leurs ombres. Pour les solutions, la complexité et le mensonge feront le reste.

        L’éternité coûte cher à l’infini et elle ne sait qu’augmenter le loyer…!

          1. Dr Slump

            C’est pour ça que la vérité est dans le vin, pas vrai? Et que donc, l’apéro sauvera le genre humain.

            Le nouveau credo remplacera le « Amen Alléluia » par le « à la vôtre et santé! ».

  14. AshenNedra

    Ben non c’est couvert par le secret professionnel. Plusieurs d’ailleurs. Désolé j’ai répondu de manière automatique avant d’aller manger, je ne voulais pas faire mon intéressant.

    1. Alx

      Aucune attaque personnelle dans mon post.
      Mais c’est un peu le probleme avec cette affaire, dès que l’on essaye de creuser et de comprendre au dela des debats au tribunal, a charge ou a decharge, on entend « secret professionnel », « c’est trop technique pour etre expliqué facilement », « je peux pas donner de noms ou d’exemples »,…
      On devine que vous etes ici soit interne, soit une contrepartie directe, soit un intervenant au dossier apres les faits, mais ca fait argument d’autorité non étayé, meme pas une description tres generale des mecanismes. Générale pour eviter les risques d’identification, mais qui permet aux non initiés de se faire un debut d’idée.
      Koubbi fait un peu pareil, il donne peu de faits étayés dans tout son argumentaire, ici.

      1. AshenNedra

        En fait, pour clarifier mon propos et dans le respect de mes obligations professionnelles :

        Je suis intervenu sur la recapitalisation des banques (pas la Société Générale) en 2008, ainsi que sur les premiers problèmes annonçant la crise dite des subprimes en 2006 et 2007.

        Je faisais également du boursier actions, où j’ai pu apprécié le caractère très limité des mécanismes de lutte contre les pratiques illégales sur les marchés, ainsi que le caractère tout relatif de l’application par les banques des mécanismes de contrôle interne.

        Je précise que je n’ai pas d’informations particulières sur la dossier de la Société Générale c/Kerviel.

        Je voulais simplement rappeler, en fait, un point peu souligné – et je répondais directement à Albundy – :

        Le scandale Kerviel a éclaté au moment où toutes les banques mondiales ont été recapitalisées, cad en janvier 2008, sur des positions prises de 2005 à 2008.

        A cette époque (2007-2010), le bilan de ces dites institutions a été profondément réorganisé : beaucoup de fusions interbancaires, d’augmentation de capital de fermetures/ouvertures de filiales, de réouverture, d’émissions de titres simples et complexes…

        Une telle période d’instabilité permet (on peut le faire tout le temps aussi, mais là c’est plus facile) :

        (i) tous les habillages comptables en matière de comptabilité analytique, puis une autre couche d’habillage des comptes lors de l’élaboration de la communication à l’attention des marchés (doc de référence, docs d’opération et autres docs répondant à l’obligation d’information des investisseurs, pour simplifier)
        Cette pratique dite du window dressing est légale en soi, si l’on respecte toutes scrupuleusement les dispositions de chaque branche du droit concerné; et

        (ii) des prises de position sur les marchés en bénéficiant d’informations privilégiées. Les mécanismes de contrôle ne peuvent malheureusement pas y faire grand chose.

        Donc, à ma connaissance, et à celle de mon ancien milieu, des prises de position spéculant sur les troubles de la SG, il y en a eu.

        Cela ne prouve pas que ceux qui les ont prises disposaient d’une information privilégiée au sens du droit boursier répressif (procédures AMF) ou du droit pénal (délits de manipulation de marché et délit d’initié).

        Voili, voilou.

            1. Pheldge

              l’impétrant peut-il confirmer au lectorat impatient ( et quasi en délire ) que tout ce bintz qu’il décrit est très certainement dû à une ignoble machination du vil « Nabot le lion » dit Sarko-le-libéral ? 😀 😀

              1. AshenNedra

                Alors, autant je partage une détestation irrationnelle pour le dit nabot, depuis son fameux « M. Balladur n’a jamais dit qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de 1995, non, il ne l’a jamais dit », chez Field, autant là je ne crois pas.

                Le phénomène dont je parle était mondial et me semble plus du à la croyance partagée des gouvernants qu’il fallait sauver coûte que coûte le système bancaire, et que donc :

                 » oui il a raison le petit conseiller technique qui vient de ce mêmes banques, faisons comme il a dit. Et pis j’ai un copain qui m’a dit qu’il fallait faire ça, il est d’accord ».

                Ce que je ne m’explique pas par contre c’est pourquoi l’État a liquidé sa participation en actions dans BNP (exemple au hasard) alors que cette même banque retrouvait l’année suivant son sauvetage une rentabilité de 40%, rentabilité moyenne des banques universelles (affaires + détail) et des trafiquants de drogue.

                Je pense honnêtement qu’ils -les politiques- n’y comprennent rien, n’y entravent que pouic. Et écoutent donc les copains en banque experts.

                Pour avoir rédigé des consultations sur les ratios de Bâle I et II et autres carabistouilles prudentielles, je ne suis pas sûr que j’y comprenne quelque chose moi même.

                Connaissez vous le concept de crise de complexité?

                http://www.cambridge.org/catalogue/catalogue.asp?isbn=052138673X

                On s’en approche aujourd’hui je trouve.

                  1. AshenNedra

                    Hors période de crise et au niveau du groupe, oui.

                    Et en 2009, ce fut la rentabilité de BNP Paribas Groupe.

                    Mais si c’est évident pas la peine de me répondre, Monsieur.

                    Les documents que je revoyais dans les groupes bancaires doivent donc être faux.

                    Je m’en souviendrais, Merci encore.

  15. René-Pierre Samary

    J’ai regardé intégralement cette entrevue. Sur l’affaire SG vs Kerviel, Koubbi est assez convaincant, mais c’est son boulot. Normal.
    Cette interview porte surtout, malheureusement, sur Koubbi lui-même, ses idées, ses espoirs, et patin couffin. Or, ses idées sont courtes, ses espoirs ceux d’un naïf. En somme, il donne l’image d’un idéaliste de gauche, qui peut être sympathique, comme peuvent l’être les béjaunes de la Place de la République.

      1. Val

        @h16 je n y vois pas un risque , bien au contraire mais une perspective éclairante. Les engagés ds des causes- dont il se revendique -ont quitté les partis mainstream à droite et à gauche et se rallient s ils le font aux extrêmes .

  16. lxy

    Ben quoi, la SG n’a pas vu les milliards claqués dans son dos par J. Kerviel, mais quand moi j’ai un découvert de 100 Euro ils s’en aperçoivent tout de suite et ne manquent pas de me le faire savoir.

    1. Aristarkke

      [Malheur à vous] Guides aveugles. Vous qui filtrez (arrêtez) le moustique mais laissez passer le chameau! Matt 23:24 (vers la fin de ce long verset) 😛

  17. sam player

    Ce jour 21h (le figaro)
    « Le parquet requiert le rejet de la demande de la banque qui réclame des dommages et intérêts à son ancien trader. L’avocat général estime que les erreurs et les négligences de la Socgen entraînent «la perte totale de son droit à réclamer une compensation » »

    Il y a un passage de la plaidoirie de Koubi qu’il faut relire 2 fois pour bien le comprendre :
    «Autant le dire tout de suite, nous préférons une expertise (du préjudice de 4,9 milliards, contesté dans son entier par la défense) à une décision entièrement favorable qui ferait l’affaire de n’importe qui à la place de Jérôme Kerviel.»
    _________
    On peut voir cette demande de l’avocat général (assistant du procureur) sous 2 formes :
    – soit ça répond à la nécessite de justice
    – soit ça permet de mettre un couvercle sur le fonctionnement de la justice et de ne pas exposer publiquement les dysfonctionnements. Peut-être aussi une façon de ne pas rentrer dans les détails des comptes de la SG.

  18. Kolchack

    Et pendant ce temps, tout le monde a oublié le cas SGAM…
    Des pertes comparables à celles de Kerviel mais résultant des décisions des dirigeants de cette filiale, donc on ne pouvait accuser un lampiste, et tout fut soigneusement caché sous le tapis.

  19. kekoresin

    Kirviel est tellement pratique. C’est l’élu, le number one des traders qui foncent à la coke sous les encouragements extatiques des vieux ronds de cuir plus assez véloces pour monter au filet.

    A l’époque, un tas de banques s’est pris le mur. Un tas de banques s’est vu renfloué par les gogotribuables. On nous a même vendu que ça allait rapporter gros! En dette de l’état oui, 600 myards la blague de Toto Sarko. Oui mais voilà, il fallait bien vendre la bouillasse à la populace aux yeux rougit devant la messe du 20h. C’est la crise déclenchée par un affreux trader, pas par les banques hein, qui sont naturellement les victimes des vilains bidouilleurs dans le dos, qui misent des lignes de crédit de plusieurs milliards en piratant le minitel du diarlo!

    Alors Kirviel est une sous merde à ranger avec les autres en fond de cuve, mais les vrais fautifs transformés en escrocs par l’état en mutualisant la sodomie spéculative sont évidemment les banques. Au passage, c’est reparti comme en 40 avec du pognon gratuit qui pleut de partout avec une petite redistrib de dette à pas cher. Les banques ont bien compris qu’elles peuvent garder les lingots mais quand c’est de la merde qu’elles récoltent, elles peuvent en remplir des millions de petits bols que chacun devra manger avec un flingue sur la tête.

    Et pour la justice française, quelle surprise, elle ne serait pas si indépendante que ça! Merde, je suis sur le cul…

    Bon, pour rigoler un peu quand même: https://www.qwant.com/?q=soci%C3%A9t%C3%A9%20g%C3%A9niale%20les%20nuls&t=videos

  20. Duff

    Pour avoir des amis qui ont été en front office durant l’affaire, il est impensable que la SG ait pu ignorer les dépassements de Jérôme Kerviel. Qu’elle prenne ses parts est donc naturel. Qu’elle ait laissé un petit merdeux si peu diplômé alors qu’elle dispose d’une armée de centraliens voire mieux est incompréhensible; les prud’hommes ont raison involontairement oui ce gars du middle voire du back office a été trop insuffisamment contrôlé.

    Les torts sont donc partagés, Maître Koubi est très rigolo mais il lute dans un pays dans lequel les financiers ont leurs entrées directes à Bercy voire plus haut. A ce jeu, Jérôme K est sur de perdre puisque l’intérêt général de notre ploutocratie supplante celui de l’état de droit…

    (j’ai pas encore vu la vidéo je régissais à chaud avec les éléments qui sont les miens)

    1. Peste et coryza

      Merdeux si peu diplômé ?
      Il a quand même une maitrise d’éco, et un master en management des opérations de marché, en alternance qui plus est.
      Il a donc toutes les compétences requises.
      En plus, il est breton.

      1. Bonsaï

        Et en plus il a de la classe, et une certaine modestie qui ne gâche rien…
        Trop souvent dans ce milieu des traders, c’est belles voitures, cocaïne et je ne reconnais plus personne dans la rue…

        1. Peste et coryza

          +1
          La modestie vient peut être de son milieu familial : Père forgeron, mère coiffeuse, issu du fin fond du Finistère. Cela change du centralien fils à papa…
          Et il doit encore avoir un fond chrétien : après tout, il a recherché la rédemption.

          1. Val

            @p&c profil qui faisait de lui l homme idéal : facile de le leurrer par des paillettes et peu risqué -en apparence -de lui faire porter le chapeau. Mais sg s est planté au moins sur ce point : kerviel se bat avec vigueur et efficacité.

        2. kekoresin

          Classe et modestie?!? Ben la situation actuelle appelle au profil bas mais avant la médiatisation, ça m’étonnerais qu’il fusse ni plus ni moins modeste que ses petits camarades de gambeling boursicotier. A vrai dire, son salaire lui permettait certainement de se lâcher, ce sur quoi je n’ai aucun jugement. Quant à la classe, c’est quand même pas George Abitbol!

        1. Bonsaï

          N’empêche que Kerviel a fait rentrer de belles sommes à la SG grâce à son expertise et son style. Et la direction ne pouvait que s’en féliciter jusqu’à ce que la montgolfière n’explose en plein vol, par accident.

          1. sam player

            « N’empêche que Kerviel a fait rentrer de belles sommes à la SG grâce à son expertise et son style. »

            Un gros MDR sur son expertise !

            Dans ce métier comme dans d’autres (commercial, prêteur, gangster) les gains sont corrélés aux risques. S’il y a de gros gains c’est qu’il y a de gros risques. Et s’il y a de gros gains possibles c’est qu’il y aura une énorme perte. Le gros gain est en fait une alerte.

            Ce n’est pas très courant dans les PME purement françaises mais dans celles internationales d’origine anglo-saxonnes les documents financiers font toujours état des risques en cours et de la façon dont est géré le risque.
            A un plus bas niveau dans la hiérarchie toute décision sortant un tant soit peu des procédures est évaluée au niveau du risque qu’elle fait courir à l’entreprise.
            C’est d’ailleurs pour cette raison que des revues d’offre sont faites avant de communiquer les offres aux clients et que les commerciaux, sauf avec un pouvoir spécial, ne peuvent plus engager l’entreprise avec leur signature : même pour les petites affaires c’est bien souvent écrit dans les offres que la commande ne sera considérée comme acceptée que quand elle sera validée par un accusé de réception.

            J’ai travaillé dans une boîte qui avait oublié une fois (mais d’autres fois certainement) d’indiquer que la garantie ne couvrait pas les pertes immatérielles (perte de CA, perte d’image etc…) : dépôt de bilan, redressement et plus de 10 ans pour refaire des bénéfices après avoir été racheté par General Electric (GE).
            Ces mecs là (GE) sont complètement paranos dans ce domaine du risque et c’est certainement pourquoi GE tient aussi bien la route.

            1. Diogène

              @sp; ´le gros gain est en fait une alerte ´. Absolument. C’est le b-a ba de la finance. Et la preuve que sg ne pouvait pas ne pas savoir.

      2. Balthazar

        Nous sommes en France
        et certains estiment qu’un diplôme est plus important que l’expérience et ce qui pourrait se décrire comme une « intelligence du métier »
        Quand on voit le nombre de foirages bien de chez nous faits par des énarques, polytechniciens, Centraliens, etc.
        Des diplômes, j’en ai comme tout le monde et certains qui ont la même utilité qu’un brevet de natation de 25 mètres… Mais beaucoup de mes collègues de parcours plus prestigieux que le mien, aux yeux des recruteurs hexagonaux (je suis juriste dans un monde d’informatichiens) sont des crétins finis… Mais il est bien connu que les crétins sont toujours les autres

        1. Duff

          Kerviel est bac+5 mais c’est un merdeux face à ce qu’une banque peut recruter notamment en front office, renseignez-vous (à tous ceux qui ont été choqués par mon propos)

          1. Peste et coryza

            Et bien éclaire nous de tes lumières !
            Pour bosser en banqua, apparemment une formation dans le domaine semble pertinente, et Kerviel a cela.
            Parles tu des physiciens et des ingénieurs doués en analyses multivariées ?

            1. En gros, les diplômes types des salles de marché c’est X, avec spécialisations, et un master en finance (celui de Dauphine est réputé par exemple) ou des mathématiciens de Normale Sup (Quants).

                1. Balthazar

                  On peut être bon en math et être une brêle une fois qu’on est aux commandes de l’avion
                  Et le problème de la SG est probablement plus dû à la structure de management qu’aux quelques rares qui sont des spécialistes en algorithmes.
                  Les processus sont mal définis et à supposer qu’ils ne le soient pas, ils sont souvent appliqués par des équipes qui sont le fruit de l endogamie, de l’entrisme, de la cooptation et de la connivence.
                  In fine le problème n’est probablement pas kerviel, mais la structure administrative qui était en charge de le piloter.

  21. Cerf D

    Je me pose une questions depuis le début de cette affaire :
    Ce n’était probablement pas la première fois que Kerviel prenait ce genre de positions risquées. Les fois précédentes combien a-t-il fait gagner à la SG ?
    Au bilan, la SG a-t-elle réellement perdu de l’argent ?

    1. Dr Slump

      Ah mon humble avis, y’a une probabilité élevée que la SG ait réagit quand les magouilles de leur poulain Kerviel commençaient à sentir trop le roussi, et que l’irrégularité de ses actes, ainsi que les pertes, réelles ou anticipées, ne pouvaient plus être ignorées.
      Ainsi la SG prévient l’accumulation de pertes trop élevées, sacrifie un fou qui commence à faire trop désordre sur son échiquier, tout en se couvrant des évidentes mises en cause de sa hiérarchie. Et cerise sur le gâteau, la SG en profite pour s’offrir un chouette bonus au bilan annuel en réclamant une ristourne du fisc. Well done, chaps!

  22. Pheldge

    Bonjour, et bon dimanche ! en découvrant « la presse » l’actualité ce matin, d’abord ZE nouvelle : « Coeur de Pirate offi­cia­lise la sépa­ra­tion avec son mari après avoir fait son coming-out »
    voici.fr/news-people/actu-people/coeur-de-pirate-officialise-la-separation-avec-son-mari-apres-avoir-fait-son-coming-out-598320#xtor=RSS-4

    et éventuellement aussi une petite info anodine qui ne passionnera personne ici j’en suis sûr, j’implore la clémence de Sa Sainteté le Patron ( les starlettes rondelettes se pâment à son approche )
    lepoint.fr/high-tech-internet/des-hackers-volent-l-equivalent-de-50-millions-de-dollars-en-monnaie-virtuelle-18-06-2016-2047800_47.php

    1. Pheldge

      Ah, j’allais oublier, l’express à interviewé une des commentateuses du Blog, j’ai ma petite idée sur son identité …
      lexpress.fr/styles/sexo/j-aime-etre-soumise-au-lit-et-alors_1640183.html

        1. BDC

          A la lecture de Maître Snake, euh … Pheldge, 46 ans … ahem … suffisait de s’arrêter à « l’express a interviewé « : ils ne prennent jamais de référence en dehors du Kampdubien.

              1. BDC

                Bonsaï, c’était un trait d’humour subtil : nos 46 et 25 ans étant aussi peu crédibles l’un que l’autre, on aurait pu jouer les interviewés incognito.

      1. René-Pierre Samary

        En voilà des nouvelles qu’elles sont intéressantes !
        A défaut d’être imprévues…
        Que l’homosexualité se dévelope, c’est une tendance lourde. On s’en ficherait, si ce n’étaient les conséquences socio-politiques. La féminitude prend le pouvoir, qu’elle s’incarne dans le genre 2, ou dans ces représentants du genre 1 acquis aux valeurs (!) féminines, ou encore dans ces enjuponnés (qui le restent le temps de se prendre quelques revers).
        « Il s’agit de confier son plaisir au capitaine d’un bateau qui connaît sa destination » (dans l’article de l’Express (toujours plus people). Pauvre capitaine, qui ne voit pas que s’il tient la barre, c’est la femme qui donne le cap. La femme, le plus souvent, peine à jouir, activement passive, tandis que l’homme est passivement actif. Elle fixe les règles pour « y arriver ».
        Contrairement à l’idée reçue, la femme est davantage que l’homme conduite par la sexualité (en raison, justement, de l’obsession d’aboutir à cette difficile jouissance) ; ce qui explique ce mélange d’actuelle pruderie et de ce qu’Evola désigne comme « la pandémie du sexe ». C’est pour le philosophe italien « l’un des signes du caractère régressif de l’époque actuelle, pandémie dont la contrepartie naturelle est la gynocratie, la prédominance tacite de tout ce qui, directement ou indirectement, est conditionné par l’élément féminin ».
        Nous parlons sur ce blog (merci patron) d’économie, de politique, et généralement d’un Occident qui se délite. « Qui potest mulieres vitare vitet »(Plaure).

        1. Dr Slump

          La femme ayant jeté aux orties le chevalier mâle protecteur (et continuant hardiment de le faire), elle a jeté avec la Galanterie et les « arts courtois » qui en sont historiquement issus. Puis les notions d’honneur, de fairplay et de gentleman ayant suivi le même trajet, nous n’avons plus que des concepts nébuleux de gentillesse, de tolérance, de mixité, de transitude sexuelle et de vivrensemble dans un gloubi-boulga sans colonne vertébrale, sans dignité, sans signification.

          Bref, comme je dis toujours: pas de couilles, pas de chatouilles!

          1. Bonsaï

            Désolée, la galanterie est une question d’éducation.
            Même si le père n’est pas un gentleman, il peut donner le bon exemple. Ce n’est pas à la femme de montrer un passeport de féminitude pour avoir droit à quelques égards, il est notoire qu’anatomiquement nous sommes plus petites et plus faibles… ce qui ne nous empêche de rivaliser sur le plan intellectuel !

            1. René-Pierre Samary

              Cette faiblesse est-elle seulement anatomique ? Le cerveau n’est-il pas un organe comme les autres, sexuellement différencié ? L’intelligence est-elle une vertu ?
              On peut être un salaud intelligent, on peut être une garce intelligente, non ?

              1. Bonsaï

                Que de questions passionnantes qui s’entrechoquent les unes dans les autres ! Je vous livre ci-dessous mon avis à ce sujet, sans faire trop de développements.

                – il ne s’agit bien entendu que d’une faiblesse physique toute relative, observable chez les mammifères dont les femelles sont souvent plus petites que les mâles.
                – le cerveau n’est pas un organe sexuellement différencié. Sinon, comment expliqueriez-vous les nombreuses opérations de transexualisme pratiquées de nos jours ? Le cerveau de Sam qui était Brigitte (ou vice versa) ne subit aucune modification ni préjudice lors de la transformation de son appareil génital.
                – l’intelligence est en effet une vertu au sens latin du terme virtus, la puissance.
                – clairement oui, une intelligence moyenne n’implique pas la bonté. Peut-être qu’il en va autrement pour une intelligence supérieure…

                  1. Bonsaï

                    Notre thématique visait plus, je crois, la production de pensées et d’actions conscientes que la chimie hormonale, dont les interactions sont très subtiles et loin d’être toute répertoriées et explicitées.

                    1. BDC

                      « Résumé : La sensibilité, l’émotivité, les variations de l’humeur, l’attention à autrui, la gestion des émotions et des pulsions, l’intérêt et le comportement sexuels, l’orientation sexuelle, l’agressivité, l’expression de la colère, les pleurs, l’affirmation de soi, la capacité de mettre des limites à l’autre, le besoin de se dépenser physiquement, l’ambition professionnelle ou le choix d’un métier, nombreuses sont les attitudes et aptitudes relationnelles qui évoluent au cours du traitement de substitution hormonal chez les transsexuels. Ces modifications apparaissent subtilement et sont perceptibles dès que le climat hormonal est modifié, même à toutes petites doses ; elles s’amplifient de façon très similaire et comparable en fonction des doses d’hormones prescrites. Ces observations cliniques particulières éclairent d’une façon originale la clinique sexologique générale et permettent de faire des comparaisons de genre instructives. Elles attirent l’attention et interpellent sur l’impact et l’effet des hormones sexuelles féminines et masculines au niveau cérébral. »

                    2. Bonsaï

                      Grosso modo, c’est du remplissage verbeux qui n’a de toute évidence pas une origine scientifique, ne serait-ce que par le support sur lequel il est présenté.
                      Je suis étonnée que vous vous laissiez abuser si facilement. En la matière, je suis sûre que notre GO aurait su vous fournir de la doc plus sérieuse !
                      Attention, je dis pas que tous ces sujets ne sont pas en cours d’étude, mais que :
                      1. ce n’est pas l’objet de mon discours
                      2. l’étude scientifique de ces phénomènes n’en étant qu’à ses débuts, il est bien trop tôt pour s’en prévaloir…

                    3. BDC

                      Je répondais à l’affirmation « – le cerveau n’est pas un organe sexuellement différencié. », en opposition à la question rhétorique de René-Pierre. Mon étude est postée sur un site LGBT, et défend pourtant l’idée que les hormones sexuelles impactent le cerveau.
                      A croire que vous connaissez intimement l’unité de sexologie de Genève …

                    4. Bonsaï

                      En fait je m’interroge sur votre manière d’appréhender le sujet par le biais d’un simple document Word relatant les « Observations cliniques de climat hormonal au cours du changement de sexe » d’une certaine Dr. Juliette Buffat, psychiatre et sexologue de son état (et suisse par-dessus le marché apparemment). Son domaine est donc typiquement la psychologie liée au sexe.
                      C’est prendre le problème par le petit bout de la lorgnette.
                      Ce qu’il nous faut à ce stade c’est trouver des références sérieuses en neurosciences

                    5. Bonsaï

                      D’ailleurs, vous avez une pratique assez constante qui vise à détourner un élément mineur dans un dialogue pour vous l’approprier et en faire une construction perso. Avec beaucoup de talent, je dois reconnaître. Vous devez être dans le psychomarketing ou quelque chose dans ce goût-là, quelque chose de très moderne et de très ancien simultanément…

                    6. albundy17

                      Le recyclage du carton ? Oui je fais, je le recycle en CO² dans le tonneau d’huile que mon garagiste me passe régulièrement.

                      mais les cartons des rouleaux de pq se recyclent a la station d’épuration

                    7. Bonsaï

                      Les théories hormonales de la sexualité sont très en vogue en ce moment, mais par ailleurs les sciences cognitives sont un univers très vaste et surprenant que chacun peut explorer à sa guise…

                    8. BDC

                      MDR le combat de boue ! A savoir si Brigitte saura se joindre à nous, le crêpage de chignon c’est tout un art.

                  2. brigitte

                    Oui, depuis que j’ai changé de sexe je change le rouleau de papier toilette et je mets le carton de l’ancien à la poubelle… Si ça c’est pas une preuve !

                    1. brigitte

                      albundy, une marque plus spécialement fait la pub à ce sujet mais ce n’est pas le cas général.
                      Quand le plombier est venu inspecter ma tuyauterie c’est ce qu’il m’a dit…

                    2. albundy17

                      « Quand le plombier est venu inspecter ma tuyauterie »

                      Ben je pensai que vous aviez changé de sexe !

                      Ce n’est pas le cas général, il doit rester les pq distirbués par lidl&Cie, c’est vraiment s’emmerder pour peu que d’acheter ces rouleaux de cartons, en plus ça évite les cadeaux de fêtes des pères genre pots a crayons

        2. Peste et coryza

          Faut dire que les femmes françaises… vous avez déjà passer une soirée coincé au milieu de gauchistes… sans parler de la plus belle, RSAste par choix, pro punk à chien mais « nan je veux pas vivre en communauté, et je veux pas vivre seule, j’sais pas jardiner, et puis j’veux mon confort », toujours amoureuse du principal, de son ex (taulards à 9 de QI)… et qui fait courir derrière son c*l un ingé informaticien depuis des semaines.

          1. Dr Slump

            J’ai l’impression de voir un portrait de la femme française. Sauf pour la catégorie « punk », à chien ou à chat.

      1. Pheldge

        Merci , ça aide, quand on ne sait pas trop où chercher …
        Et maintenant, plus sérieusement, h16, pensez-vous, vous qui avez « des relations », qu’il va y a voir d’autres coming out ? 😉

        1. Je pense que pour Ethereum, c’est assez mal barré. Un fork (soft ou hard) risque bien d’enlever toute crédibilité à cette monnaie. Même si on peut se consoler en disant BTC Rulez, c’est toujours un peu triste de voir des devs se merder ainsi.

      2. sam player

        h16, si je comprends bien : il a écrit dans son smart contract du code qui a splitté les contrats d’autres contractants… et il est donc dans le fonctionnement normal du système: y a donc intérêt à bien lire le code.
        J’ai bon ?

        1. Oui. En pratique, tout s’est passé comme prévu par le code. Aucune règle enfreinte. Le code ne correspond pas aux specs « humaines », too bad, mais par nature sur Ethereum, c’est le code qui fait loi.

          1. AshenNedra

            Et c’est bien pour ça que j’ai un problème avec le motto « Code is law » utilisé pour vendre des prestations de conseil et de SSII, aujourd’hui, et non quand leur code (celui d’Ethereum) sera au point.

            De plus, la prise de position énorme 7 Milliard ou me trompais-je ? de Blythe Masters et de son joli fond dans les technologies de la Bockchain m’inspire un enthousiasme, disons, modéré.

            1. « la prise de position énorme 7 Milliard ou me trompais-je ? de Blythe Masters »
              ? Non. Elle a dit trouver la techno révolutionnaire, et… c’est tout.

                1. Je n’avais pas vu passer la nouvelle. Ça me laisse un peu froid, je dois dire… Je ne vois pas trop en quoi ça devrait inquiéter.

                  1. AshenNedra

                    Je ne sais pas, c’est peut être mon problème personnel avec le système bancaire traditionnel.

                    Je trouve que les banques et les gouvernements (French Tech, initiatives aux US, sans doute partout ailleurs) sont en train de préempter – en quelque sorte – les applications de la technologie Blockchain.

                    On perd un peu l’ethos des hackers et la pensée libertarienne qui me semblait impulser le développement des crypto-monnaies.

                    Si des représentants du système économique traditionnel rachètent, investissent massivement, et recrutent les développeurs des crypto-monnaies, celles-ci ne perdront-elles pas bientôt leur principal intérêt, qui est d’échapper au contrôle des États d’une part, et d’autre part à la nécessité de recourir à un tiers de confiance largement rémunéré (les banques) ?

                    1. Préempter une idée, ça me paraît un peu délicat. Et justement : on peut acheter des gens jusqu’à un certain point (si cela sert leurs motivations et les idées derrières). Au delà, les gens ne suivent pas.

  23. sam player

    C’est la suite de ta citation de Pamphile :

    Si l’on peut se passer de femme, qu’on s’en passe, afin de toujours éviter de faire la veille ce qu’on regretterait le lendemain

    1. Bonsaï

      Il citait Plaute, je crois. Pamphile étant un « caractère » de La Bruyère :

      « Un Pamphile est plein de lui-même, ne se perd pas de vue, ne sort point de l’idée de sa grandeur, de ses alliances, de sa charge, de sa dignité ; il ramasse, pour ainsi dire, toutes ses pièces, s’en enveloppe pour se faire valoir ; il dit : Mon ordre, mon cordon bleu ; il l’étale ou il le cache par ostentation. Un Pamphile en un mot veut être grand, il croit l’être ; il ne l’est pas, il est d’après un grand. »
      in Les Caractères, La Bruyère, chap. IX.

  24. sam player

    Non c’est tiré de Stichus, une pièce de Plaute qui date de 200 avant JC.

    Personnages :
    ARGUMENT

    Un vieillard réprimande ses filles à cause de leur persévérance à défendre leurs maris, deux frères que la pauvreté fait voyager au loin, et à ne point vouloir se rendre libres d’eux. De leur côté, elles tâchent de l’apaiser par des paroles convenables, pour qu’il leur soit permis de garder les maris qu’il leur a donnés. Ceux-ci reviennent d’outre-mer, après avoir fait fortune; chacun reprend sa femme, et l’on permet à Stichus de se donner une fête.

    PERSONNAGES

    PANÉGYRIS, épouse d’Épignome et soeur aînée de Pamphile.
    PAMPHILE, épouse de Pamphilippe.
    ANTIPHON, père de l’une et de l’autre.
    GÉLASIME, parasite.
    CROCOTIE, servante de Panégyris.
    PINACION, jeune esclave de la même.
    ÉPIGNOME, frère aîné de Pamphilippe et gendre d’Antiphon.
    PAMPHILIPPE, gendre d’Antiphon.
    SAGARINUS, esclave de Pamphilippe et ami de Stichus.
    STICHUS, esclave d’Épignome.
    STÉPHANIE, esclave de Pamphilippe, maîtresse de Stichus.

      1. sam player

        De rien, mon père pour me punir m’avait forcé à apprendre par coeur 1 scène par jour de ce texte en latin quand j’avais 4 ans hi hi

    1. Pheldge

      Tu es en train de nous expliquer que dans la famille du dieu pan, il y a la mère , le père (Pan père’s ) , et la fille, Pan fille , c’est ça; sam ?

  25. Philophil

    On évoque ici une affaire médiatique dans laquelle on soupèse toute la connivence qui peut exister entre l’industrie financière et l’Etat.
    Que l’Etat cherche à protéger une banque, devenue trop grosse, dans le but de sauvegarder le système qui « nourri’ les zombies et les compères, cela n’étonnera pas grand monde.
    Mais si l’Etat, par la loi en dernier ressort, protège les banques à l’encontre des droits fondamentaux de leurs clients, de ses citoyens, en l’occurrence le droit de propriété (cf. ci-dessous), alors que pouvons-nous faire ?
    Bastiat réveille toi… Ils sont devenus fous !
    ______________________________________
    Cass. com. 12 juillet 2016, n° 14-28247
    Relevé bancaire : qui ne dit mot consent
    Sur une période de 5 mois, une banque effectue différents virements du compte personnel d’un gérant vers celui de la société qu’il dirige. Ces virements sont effectués sans ordre écrit et s’élèvent au total à 89 000 €.
    Malgré ces apports financiers, la société est finalement mise en liquidation judiciaire et le gérant conteste avoir donné les ordres de virement. La banque l’admet pour les deux derniers virements seulement et lui restitue les sommes correspondantes.
    Le gérant assigne alors la banque pour obtenir la restitution des virements antérieurs, soit 76 000 €.
    Il obtient gain de cause mais la condamnation de la banque est censurée par la Cour de cassation : si après réception des relevés de comptes mentionnant les virements, le gérant n’a formulé aucune réserves, ces virements sont présumés avoir été opérés avec son accord.
    Le gérant ne peut donc obtenir le remboursement des 76 000 € qu’ en justifiant sa contestation des relevés bancaires ou en prouvant qu’il n’a pas donné les ordres de virement.
    _____________________________________

    Il reviendrait donc à celui qui est floué, le citoyen que l’Etat est censé devoir protéger, de prouver qu’il n’a pas donné d’ordres de virements (d’ailleurs, comment le prouver sil n’en a pas donné ?!) ;
    Ainsi, celui qui agit à priori sans autorisation, la toute puissante organisation bancaire, n’aurait pas à prouver qu’on ne lui a pas demandé de le faire…
    Mon dieu, mon dieu…

    Il n’est pas exclu dans cette histoire que le gérant ait réellement demandé de manière verbale à son conseiller de procéder à des virements de son compte personnel vers son compte professionnel, bien qu’à priori la banque ait reconnu avoir réalisé 2 virements sans aucune demande ou autorisation. Néanmoins, le banquier est un professionnel, garant de l’argent qu’on lui confie, garant de notre propriété. Si on lui demande verbalement d’opérer une transaction et qu’il accepte de le faire sans trace écrite, il engage sa propre responsabilité, tout au moins celle de la banque dont les procédures de fonctionnement sont, paraît-il, rigoureuses et sévèrement contrôlées (sic).
    Il n’est pas non plus exclu que le banquier, ne souhaitant pas accorder ou n’ayant pas pu obtenir de découvert pour l’activité professionnelle du gérant jugée à raison trop risquée, trouvait fort pratique d’utiliser à sa guise la propriété personnelle de son client pour « arranger » ses résultats ou statistiques aux yeux de sa hiérarchie… (ça vous rappelle quelqu’un…?)
    Que le gérant soit laxiste dans sa gestion de comptes et peut-être de sa société, soit : il en paye lui-même les conséquences de manière forte (perte de son outil de travail, d’une source de revenus, dettes à rembourser, pas d’allocations chômage, etc…et on reste dans le matériel, n’évoquons pas les effets psychologiques et autres conséquences probables).
    En revanche, que le banquier le soit avec le bien d’autrui me semble purement scandaleux et il apparaît encore plus grave que l’Etat, via la Justice, couvre ces agissements au détriment du citoyen qui n’a visiblement pas su ou pu se faire défendre convenablement dans cette procédure qui semble ahurissante…

    Ainsi va la vie dans une nation où la Règle de la loi est considérée par nos élites comme un concept secondaire voire abscons, je dirai même inutile.
    Comme dirait H16, ce pays est réellement sur la voie de la lente décomposition…

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