Aides à la presse : le grand camouflage

En 2012, suite à un décret qui avait déclenché quelques sueurs froides chez les intéressés, sont divulgués les montants des aides publiques aux médias de la presse écrite, titre par titre. Bien évidemment, dès cette parution, les organes concernés n’ont eu de cesse de cacher l’information et de combattre sa publication, la liberté d’information étant un droit inaltérable en France, certes, mais faut pas pousser.

Le lobbying des uns et les cris d’orfraie des autres ont fini par porter leurs fruits puisque la divulgation de ces mêmes chiffres au titre de l’année 2016 a été copieusement caviardée amendée pour que le flou le plus total règne à nouveau sur les prébendes, facilités et autre fiscalité arrangeante qui sont octroyées aux journaux, journalistes et folliculaires divers et variés qui rendent un si précieux service à la vérité, à la démocratie française et (surtout) au système politique français que le monde nous envie moyennement (mais partage aussi, disons-le tout net).

Le résultat publié ici est donc, sans surprise, un champ de mines statistiques où rien ne peut vraiment être comparé aux situations antérieures tant tel ou tel montant n’est pas pris en compte ou pas de la même façon. L’idée générale consiste à camoufler le diamètre pourtant conséquent du tuyau allant directement des caisses du Trésor Public aux différents organes de presse ; force est de constater que cette idée fonctionne, et ce d’autant plus que personne ou presque n’a finalement parlé de ces aides. La presse ne parle pas des ronds qu’elle touche pour faire le magnifique travail qu’on peut observer tous les jours, comme c’est étonnant !

Quand on épluche les chiffres des années passées (cantonnés aux 200 titres de presse les plus aidés), la Cour des Comptes trouvait 306 millions d’euros en 2012 dont 69 millions d’aides directes. En 2013, il s’agissait de 288 millions pour 66 d’aides directes. En 2014, la somme diminuait encore à 226 millions dont 61 d’aides directes. En 2015, finalement, tous les titres sont à présent évalués, mais, pour « apaiser les débats » (dixit Audrey Azoulay, la Ministre de la Culture), il aura été choisi de ne surtout pas intégrer l’aide postale.

Ce choix n’est pas neutre du tout : au prétexte de se concentrer sur les seules aides à la presse et donc de ne pas compter l’aide postale à cette dernière qui va, finalement, dans l’escarcelle de l’opérateur postal, le ministère efface donc 130 millions d’euros de ses petits tableaux, soit 63% des 207 millions d’euros d’aides individuelles, pour ne plus laisser « que » les 77 millions d’euros restants.

Commode.

Commode, parce qu’ainsi, l’aide postale peut bien doubler discrètement, personne n’en saura rien. Après tout, ce n’est pas cher puisque ce n’est pas du tout le lecteur ou l’abonné qui paye, mais l’État, c’est-à-dire tout le monde.

Commode, parce que rapporté au numéro, il n’est plus du tout aisé de savoir ce que le lecteur d’un média comme Le Monde – par exemple – paye effectivement, comparé avec ce qui est payé par tout le monde, lecteur, abonné ou non et simple contribuable qui ne lit jamais la publication en question. Le contribuable a le droit de savoir qu’il paye plusieurs millions d’euros à l’Humanité, mais pas comment, et ce, qu’il soit fervent communiste ou un parfait opposant à cette épave journalistique en faillite depuis des lustres.

Commode enfin, parce qu’un journal qui ne bénéficierait « que » de cette aide postale disparaît alors complètement du tableau récapitulatif. Certes, cela ne concernera pas les grands médias nationaux qui continuent de téter goulûment de la subvention publique, aussi bien du côté postal qu’ailleurs, mais il n’empêche qu’on a encore là la preuve d’une petite bidouille pour cacher une triste réalité.

En somme, depuis la discrétion de violette avec laquelle aura été accueillie la publication des chiffres d’aides à la presse cette année, jusqu’au nouveau mode de calcul de la répartition de ces aides, tout est fait pour que les Français oublient aussi vite que possible qu’ils payent pour l’indigente presse qui les abreuve actuellement : il n’est qu’à regarder la constance qui touche presque à l’obsession avec laquelle les folliculaires de tous les journaux sont actuellement obnubilés par des sujets d’ampleur microscopique alors que les problèmes de crise économique, de crise monétaire, d’une Europe qui se délite et, par dessus-tout, d’un chômage explosif sont autant de sujets qui devraient occuper la première page, bien, bien avant les déclarations fumeuses de Macron, les péripéties financières de Marine Le Pen ou les déboires d’une banalité malheureusement routinière du clan Fillon avec la moralité républicaine.

Mieux : tout est aussi fait pour faire oublier aux Français qu’on ne leur donne absolument pas le choix de leur presse : même lorsqu’ils arrêtent de lire une feuille de chou, l’État intervient coûte que coûte pour la maintenir en vie à coups de millions, ce qui explique la présence beaucoup trop prolongée des naufrages bobos comme Libération par exemple.

Et lorsque la ministre, sur sa lancée, annonce que le soutien de l’État à la presse allait encore augmenter « de 5 M€ pour un montant total de 261,9 millions d’euros s’agissant des aides directes », personne ou presque n’y a fait écho, et – surprenant ! – personne ne semble s’en offusquer, au contraire, de même que personne ne trouve anormal qu’on renforce encore les aides du Fonds stratégique pour le développement de la presse, ou qu’on étende encore « l’aide au pluralisme », cette blague pas drôle qui permet précisément de lutter contre ce dernier au point que tous les journaux français produisent maintenant les mêmes articles en variation sur thème de l’AFP.

Ce dernier dimanche, en rappelant un article paru il y a un an, je notais la sortie toute fraîche du rapport Edelman sur la confiance du public dans les ONG, les politiciens, les médias et les entreprises en remarquant que le résultat était fort cruel pour la France : sans surprise, elle continue de s’éroder à grande vitesse, et notamment pour les médias. A contrario, on ne pourra que noter le regain de confiance enregistré pour les médias « en ligne », ceux qui ne bénéficient que rarement de ces subventions.

Or, sans l’ombre d’un doute, l’un des effets délétères les plus évidents des subventions qui sont octroyées aux médias est de les mettre complètement à l’abri du marché et, par voie de conséquence, de leur lectorat potentiel. Coupés du lien avec leur base la plus large, ces mêmes médias ne peuvent plus comprendre le divorce maintenant achevé avec elle, et qui les conduit inexorablement à leur perte. Leur récente tentative de désigner ce qui est un vrai journal et ce qui n’en est pas (et distribue sans honte de la « fake news » comme des cacahuètes à l’apéritif) en est un exemple aussi frappant que comique : sentant nettement leur perte d’influence, ils tentent par un mécanisme classique de retrouver leur légitimité en désignant les méchants et les affreux, sans amender leur façon de procéder d’une quelconque façon.

Jusqu’à présent, la propagande plus ou moins fine que ces médias distillent n’a pas eu l’effet escompté, au contraire. On peut donc légitimement douter qu’il en ira autrement pour leurs différentes initiatives (comme celle-ci, par exemple) pour redorer leur blason.

En revanche, rassurez-vous : les subventions (i.e. vos sous) continueront à tomber.

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Commentaires155

    1. Calvin

      Pas d’accord avec toi et h16 !
      Les aides et subventions ne sont que des encarts rémunérés et de la pub pour ces braves gens qui nous gouvernent consciencieusement.
      Ces gens au service de la Nation, de la Patrie et de la République.
      Cela vaut bien un publi-reportage payé chèrement par nos soins, non ?
      :mrgreen:

        1. Calvin

          En plus, ils nous offrent :
          – des histoires romantiques (Emmanuel M. et sa tendre cougar),
          – des histoires graveleuses (les pérégrinations d’un chinois poli de New-York à Lille en passant par un dodo à Saumur),
          – des tas de jolis graphiques pour lutter contre les peurs (courbures et inversions extraverties, le GIEC pour les Nuls, À la recherche du PIB perdu)
          – des psycho drames à suspens (La Vue Est Belle au PS, Amour, Gloire et Emploi au LR),
          – etc…

  1. Le Gnôme

    Et malgré ces tombereaux d’argent public, nous avons une des presses quotidienne la plus chère d’Europe. Le fait que seuls les syndiqués à la CGT aient le droit d’imprimer ceux-ci n’y est certainement pas étranger.

    1. Higgins

      Sans parler des, pardon, du contrôle du mode de distribution et des oukases de l’administration.
      Je connais personnellement les rédacteurs d’une revue très spécialisée et de qualité traitant de l’histoire de l’aviation. Il y a de cela moins d’un an, « quelqu’un » a décidé qu’il fallait que les revues de ce type introduisent une page d’actualité si elles souhaitaient garder leur statut. Aucune justification à cette décision et évidemment, pas d’appel possible. Dans le cas contraire, fin de je ne sais plus quelle subvention ou aide avec renchérissement à la clé du prix de vente de la revue et mort probable de celle-ci vu sa diffusion limitée.
      Je ne me prononce pas sur le bien-fondé de l’aide dont j’ignore tout mais ce genre de décision peut être suicidaire pour des publications qui sont sur des marchés de niche et qui, globalement, n’intéressent que des passionnés. Je ne m’étendrai pas sur les délires de la distribution. Cette dernière a littéralement droit de vie ou de mort sur la publication en octroyant ou non les lieux de diffusion. Vu les problèmes de distribution via la Poste, j’ai renoncé à tout abonnement, les revues arrivant généralement quand elles le peuvent, souvent après leur sortie en kiosque. J’ai même eu une revue d’Histoire qui arrivait une fois sur deux dans le meilleur des cas. Le fait qu’elle soit « engagée » n’y est peut être pas étranger. A la fin, j’étais contraint d’appeler régulièrement la rédaction qui m’envoyait la revue comme un courrier normal. A priori, je n’étais pas le seul à connaître ces déboires.

      1. Calvin

        La presse spécialisée française est à la fois de qualité et presque rentable.
        Il fallait bien trouver quelque chose pour mettre fin à ce double affront à l’Intelligence supérieure de nos intellectuels.

      2. Royaumont

        Si la revue d’histoire en question est la NRH, tu risques d’être fiché « s », pour le moins.
        Pour compenser, tu seras condamner à lire le magazine littéraire.

          1. albundy17

            D’ailleurs, les sourdines se nettoient juste avec un peu d’huile.

            Ce qui est le plus épatant, c’est qu’avec 240 millions de clients, ils arrivent encore a nécessiter de la subvention

            1. Marabout

              Pas épatant : quand j’était en école, ce journal était distribué par ramette entière, dans les écoles et dans les facs, par ramettes entières. La moitié était utilisée pour les mots fléchés, l’autre moitié partait au pilon…

    1. Val

      @Vodkaman intéressant , qu’en déduire ?
      Il n’y a pas internet dans l’Ouest du pays
      A l’Ouest rien de nouveau
      Dans ce pays tout le monde est à l’Ouest
      Les mystères de l’Ouest ?

      Difficile de se prononcer.

      1. sam player

        Ouest France est un groupe qui a racheté pratiquement toute la PQR de l’ouest de la france en conservant parfois le nom des éditions locales pour la rubrique des chiens écrasés : il y a eu les mêmes manoeuvres en Rhône-Alpes (la PQR dont Le Progrès + Le Dauphiné racheté par Hersant puis par Dassault puis par l’Est Républicain… puis par le Crédit Mutuel). Idem dans le Midi.

  2. Aristarkke

    Mélusine, prends gomme et stylo, STP :
    les montants des aides publiQUEs
    si précieux service à la Vérité (?) (plus logique dans le ton du texte)
    laisser « que » les 77 millions d’euros restantS
    elle continue de s’érodeR à grande vitesse
    achevé avec EUX (Mgr, vous pensez à la Presse mais lexicalement c’est médias qui est dans la phrase surtout que vous renforcez en parlant de LEUR perte, un peu plus loin)
    ils tentent par un mécanisme classique DE retrouver leur légitimité en désignant

    1. Calvin

      Voilà pourquoi les médias sont subventionnés et pas ce blog : h16 écrit mal et fait plein de fautes.
      Alors que les quotidiens, eux…. euh, wait…

  3. Royaumont

    Et encore, il ne s’agit que des aides directes.
    Si on ajoute les abonnements de complaisances (mairies, bibliothèques municipales, administrations…) et les 7650 euros d’abattement fiscal accordés aux titulaires d’une carte de presse, la facture grimpe.
    les 36823 (bien comptés…) titulaires d’une carte de presse en 2014 ont donc coûtés 281,7 M€ aux contribuables, ce qui double la facture.

    cf : http://www.valeursactuelles.com/niches-fiscales-et-journalistes-48871

    L’article date de 2014, mais je doute que les choses aient réellement changées.

        1. albundy17

          Entièrement d’accord, sauf sur le 281 M, si vous avancez ça à un subventionné il vous dézingue et n’avez plus de crédibilité

  4. Ungars

    « Nous distinguons en gris les sites collectifs (…) en bleu les sites parodiques (…), en rouge les sites pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs (…) en orange les sites peu fiables ou très orientés (…), et enfin en vert les sites très fiables », a-t-il précisé. »
    Un petit pari pour H16 ou contrepoints? Moi je dis orange…
    Un petit pari pour toute la presse subventionnée? Mouai, de toute façon on connaît déjà la couleur…

    1. Calvin

      Faut utiliser des gomettes.
      Et les rajouter :
      – sur les envois postaux (avec gomette rouge pour l’Opignon ou Valeurs Actuelles -je ne parle pas se Minute à interdire),
      – sur les gondoles des librairies-presses,
      – sur les sites dit fumeux (comme le message d’info des cookies) avec des mentions du type : LIRE ÇA TUE, ou CE SITE DONNE LE CANCER.

        1. Calvin

          Autant le Monde est de mauvaise foi, mais reste dans le politiquement et économiquement correct (c’est à dire imposé d’en haut), autant l’Humanité doit effectivement être lu en inversant chacune de leurs analyses.
          Un tel écart avec la réalité, avec la logique et avec le passé est presque du grand art.

          L’Humanité, c’est une dystopie chaque jour réinventée.

      1. sam player

        Du travail qui n’est pas valorisé ça ne sert à rien : et si en plus on reçoit de l’argent autre que de clients alors il n’y a aucune différence avec les intermittents du spectacle.

        1. sam player

          Tant qu’il détruit sa production sans demander de l’argent des autres, ça m’en lève une sans bouger l’autre… C’est quand il vient se plaindre qu’est le problème…

    1. Bruno

      La vidéo est très intéressante ! Et l’argumentaire de Thomas Legrand est très dangereux : il veut à toute force séparer Poutine du peuple russe. Pour se rassurer, il espère que Poutine flotte littéralement en l’air, qu’il n’a aucun soutient et qu’il est l’unique acteur de sa politique.
      Sur Trump, c’est la même démarche : un ignoble personnage est arrivé ex-nihilo au pouvoir. Presque sans électeurs. Il puisqu’il n’existe pas de raison à son arrivée au pouvoir et il suffit donc de l’en chasser pour revenir à la situation précédente et rassurante.
      Autre parallèle. Les phases accompagnant des images de guerre bien connues : « Hitler envahie la Pologne » ou encore « Les nazis ont tué 6 millions de juifs ». Ce phraséologie pour ne pas citer les auteurs, c’est à dire les allemands, à une certaine époque et dans un certain contexte.

      M Legrand, que vous l’appréciez ou non, les peuples se retrouvent toujours, à un moment donné, dernière les dirigeants, même ceux que vous n’aimez pas.

  5. Jb²O

    Merci h16 d’aller nous chercher ces chiffres bien cachés. J’imagine que les 3 millions accordés à l’Huma correspondent à la remise de dette accordée par l’assemblée nationale…
    Il me semble que l’Opinion fonctionne hors subventions de ce genre.

    1. Calvin

      L’Opinion doit en avoir quand même un peu, car le directeur se plaignait de ne pas en avoir beaucoup par rapport aux autres.
      Dans l’idéal, il aurait dû demander l’abrogation des Subventions Pour Tous, mais il ne fait pas le poids.
      Le capitalisme de connivence fait que les nouveaux entrants doivent se plier à la Mafia ou périr…

    2. « J’imagine que les 3 millions accordés à l’Huma correspondent à la remise de dette »
      Non. La remise de dette, c’est en plus.

      1. Pheldge

        ahhhh, j’ai encore un collector des aventures de Pif, Hercule, le tonton César, la tante Agathe le Doudou et le Pifou, glop-glop 😉

  6. Bonsaï

    « A contrario, on ne pourra que noter le regain de confiance enregistré pour les médias « en ligne », ceux qui ne bénéficient que rarement de ces subventions. »
    A notre époque, pour avoir des nouvelles fraîches il est en effet plus simple et plus rapide de sauter sur son ordinateur portable ou son téléphone que de trouver le bar-tabac offrant toute la presse nationale…
    Ce qui n’empêche pas de développer en parallèle sa propre aptitude à déceler les erreurs ou les mensonges flagrants, ainsi que les fils conducteurs éventuels qui relient les événements les uns aux autres.

  7. Calvin

    À noter aussi que Mediapart s’est auto-administré un taux de TVA réduit. D’autorité, devrais-je dire.
    Et c’est toto qui paye…

      1. Bonsaï

        On pourrait examiner la question sous un autre angle : si le lecteur perd ou se perd en se fiant à l’aveuglette à certaines informations trouvées sur le net…
        En réalité, un nouveau monde se dessine dans lequel le mot manipulation deviendra un mantra indispensable…

      2. Loki dort

        Le redressement fiscal a été contesté par Edwy Plenel, qui a bruyamment fait savoir qu’il allait lutter contre cette décision, et puis le bruit s’est mollement étouffé, dans le bruit blanc quotidien de l’info standardisée.
        Aux dernières nouvelles, l’état a rejeté la requête, 4,1 millions de redressement à payer.

          1. Loki dort

            De toute façon, vu les accointances de l’état avec les journalistes, et le camarade Edwy étant un vaillant trotskyste , pardon, défenseur des idéologies certifiées et validées par nos élites, je m’attends à ce que l’affaire soit définitivement mise en sourdine, et réglée entre copains sur le dos du contribuable, comme d’habitude.

            Quelqu’un se souvient de ces 2 journalistes piteusement piégés par les 2 barbouzes marocains, juste avant la publication d’une enquête infamante pour sa royauté? Gros titres pendant 3 jours pour torpiller toute velléité de publication, puis plus rien. Le néant. Malgré le caractère exceptionnel de l’exemple, cela donne AMHA une bonne idée de la façon dont cela « fonctionne ».

            1. Lark on the Wing

              Les journalistes, vus par Balzac, dans Les Illusions Perdues :

              « Tu deviendras une fille… tu seras lâche et infâme par système ; voilà le journalisme en deux mots… tu trafiqueras de ton âme, de ton esprit, de ta pensée… le journalisme est un enfer, l’argent est le mot de toute l’énigme…
              Tout journal est une boutique où l’on vend au public des paroles de la couleur dont il les veut… Ainsi tous les journaux seront dans un temps donné lâches, hypocrites, infâmes, menteurs, assassins… Le mal qu’ils feront sera fait sans que personne soit coupable… nous pourrons nous laver les mains de toute infamie… Les crimes collectifs n’engagent personne… »

                1. Higgins

                  Dans un style équivalent, j’ai trouvé ça:
                  “Le journalisme français est l’art de faire croire au peuple ce que le gouvernement juge opportun de lui faire admettre.”
                  Heinrich von Kleist
                  et celle-ci
                  “Cette manière d’élever le journalisme à la hauteur d’un spectacle permet à ses promoteurs de laisser croire qu’ils ont du talent.”
                  Jean Yanne

                1. Lark on the Wing

                  Thomas Legrand… déjà l’entendre, c’est vomitif, mais le voir…. Fanny Ardant est très bonne comme débattrice, manifestement…

    1. theo31

      Mediapart, subventionné à quasiment 100 %. Son boss avait fait croire que son bidule était rentable alors que ses abonnés sont uniquement les bibliothèques financées par de l’argent gratuit des autres.

  8. Higgins

    Deux choses:
    1) merci à notre hôte de supprimer mes deux posts signés Higgins2015 (cf plus haut). Ils encombrent inutilement. Avec toutes mes excuses pour ces deux envois inappropriés.
    2) HS par rapport au billet du jour mais je tenais à signaler les effets positifs de la politique du logement conduite par ce gouvernement: « Mal-logement: la situation se dégrade malgré l’action du gouvernement  » (http://www.lexpress.fr/actualite/societe/mal-logement-la-situation-se-degrade-malgre-les-lois-prises-par-le-gouvernement_1874260.html).Le titre du torchon est trompeur. Il faut lire: « … à cause de l’action du gouvernement. »

  9. Villon89

    Quand je pense que les sites internet de cette presse ultra subventionnée nous bloque les contenus sous prétexte que nous utilisons Adblock…Du coup, j’ai découvert plein de sites bien plus intéressants, dont celui-ci.Alors finalement, merci la presse officielle même si je continue à t’entretenir grassement !

    1. albundy17

      Gratuitement ?

      Dans le temps, en laissant nonchalamment mon adresse sur les sites de presse ceux ci m’envoyaient 1 ou 2 mois durant leur canards a titre d’appâts, mais ça ne fonctionne plus.

      Ou alors peut être es tu décisionnaire quelque part dans une administration ?

      1. Bonsaï

        En tant que déité Loki est forcément décisionnaire.
        Si toutefois on se risque à l’hypothèse que tu émets en toute innocence, il faudrait alors admettre que se tournant les pouces au boulot, le fonctionnaire dénommé Loki s’est soudain trouvé une occupation des plus galvanisantes…

  10. tabbehim

    Bah, l’appellation Pravda était déjà prise, fallait créer un nom qui en jette !
    mais avec Agence France presse, seule habilité à donner des infos qui seront ensuite repompé par les autres journaux ^^
    Une seule source autorisé, c’est déjà un bon début de contrôle de l’information 🙂
    la presse française prise sérieusement peut être très nocive pour votre santé et celle de votre entourage.

    1. albundy17

      « prise sérieusement peut être très nocive pour votre santé  »

      Tu plaisantes, rien de mieux pour dormir comme un bébé, filet de bave bisounours au coin de la bouche

      1. tabbehim

        le filet de bave arc en ciel qui sort de la bouche, ça n’est jamais bon signe….
        tu vas devoir prendre une pilule bleu pour te réveiller 😉

        Surtout que trop lire les sérieuses âneries de l’AFP peut finir par détériorer ton jugement, te faire naitre des sentiments de jalousies compulsives envers ceux qui réussissent et même, en cas d’ingurgitation trop élevé, te faire voir des politiques intègres en France. 😀

        1. albundy17

          😀 t’es bête, BDC va faire une montée de lait ^^

          en aparté, j’ai une nouvelle petite nièce (6 mois) quand elle hurle faut tendre l’oreille.

          Y a pas de justice

          1. Aristarkke

            C’est quoi, cette histoire??? Il y a belle lurette que BDC a donné tout son lait à ses marmots qui ont passé l’ âge de téter les seins de leur mère. C’est pas parce qu’ elle a la nostalgie de se faire manger toute (cf Marcel Pagnol) qu’ elle peut le revivre sauf marmot vraiment tardif. Certes, cela arrive mais tout de même!!!

  11. Gerldam

    Il me semble que la seule façon d’être vaguement informé est d’être polyglotte et de comparer les infos en -je passe le français- anglais, allemand, russe et chinois. Tous mentent, bien entendu, mais ,en recoupant, on peut tenter de se faire une idée, mais avec des zones grises malgré tout.
    Ce qui serait intéressant, c’est de faire un tableau des subventions à la presse au niveau mondial. Je suis certain que ce serait très instructif.

    1. Roi Heenok

      Plus simple: ne lisez pas la presse du tout.
      Si c’est l’info politique qui vous interesse, tous les gouvernements ont des sites internets. Aller lire directement a la source. Un exemple: les derniers EO de Donald Trump. J’ai fait l’erreur de lire la presse a ce sujet. Heureusement que j’avais lu le texte meme avant. Pareil sur tout, y compris les communiques venant d’entreprises. Le metier de journaliste est totalement archaique. Ils n’ont aucune valeur pour l’information, a vrai dire ils ont une valeur negative. Trouvez quelques commentateurs qui vous interessent, mais la partie information est disponible sans la presse.

  12. lxy

    Il faudrait ajouter à ces sommes ce que nous coûtent la radio-télévision officielle gouvernementale et l’Agence Française de Propagande (AFP). A ce titre l’Ed Nat devrait recevoir aussi sa subvention pour sa participation à l’effort de propagande nationale.
    Notons qu’un grand nombre de ces torchons appartiennent désormais à des milliardaires roses (Le Monde, L’Obs, Libération, L’Express, Bfm-Tv, Rtl, Rmc,Nice-Matin, Europe 1 ) ou blancs (Le Figaro, La Tribune).
    La France communiste a encore de belles années devant elle.

    1. Lark on the Wing

      « One night, probably in 1880, John Swinton, then the preeminent New York journalist, was the guest of honour at a banquet given him by the leaders of his craft. Someone who knew neither the press nor Swinton offered a toast to the independent press. Swinton outraged his colleagues by replying:

      ‘There is no such thing, at this date of the world’s history, in America, as an independent press. You know it and I know it.

      There is not one of you who dares to write your honest opinions, and if you did, you know beforehand that it would never appear in print. I am paid weekly for keeping my honest opinion out of the paper I am connected with. Others of you are paid similar salaries for similar things, and any of you who would be so foolish as to write honest opinions would be out on the streets looking for another job. If I allowed my honest opinions to appear in one issue of my paper, before twenty-four hours my occupation would be gone.

      The business of the journalists is to destroy the truth, to lie outright, to pervert, to vilify, to fawn at the feet of mammon, and to sell his country and his race for his daily bread.

      You know it and I know it, and what folly is this toasting an independent press?

      We are the tools and vassals of rich men behind the scenes. We are the jumping jacks, they pull the strings and we dance. Our talents, our possibilities and our lives are all the property of other men. We are intellectual prostitutes.' »

      —-source: « Labor’s Untold Story », by Richard O. Boyer and Herbert M. Morais,
      published by United Electrical, Radio & Machine Workers of America, NY, 1955/1979

  13. lxy

    Déjà dit ici, mais la clique qui est « derrière » ou plutôt devant E. Macron est une association de millardaires roses, propriétaires de plusieurs influents organes de presse ainsi que de « proches » de Dsk.

            1. Loki dort

              J’ai assisté aux visites de certification d’une école quand j’y étais étudiant: pure mascarade, mise en scène et foutage de gueule certifié. Et en disposant des bons contacts à Paris, c’est d’autant plus facile de décrocher la certif’. D’ailleurs, si on fait une petite étude, je suis sûr que c’est à Paris qu’on trouvera la plus grande proportion d’obtentions de certification.

              Plus récemment, j’ai commencé à monter un dossier de financement Fongecif. Nouvelle obligation: l’école doit être enregistrée au RNCP. Je contacte les différentes écoles, je fais mon benchmarking, résultat de mon comparatif: la qualité globale des formations certifiées est honteusement inférieure à celle des centres de formation non certifiés. Pourquoi cela ne me semble-t-il pas étonnant?

        1. albundy17

          J’aime bien free, j’aime bien son école 42 et sa petite soeur qui arrive à Lyon, j’aime bien son parcours professionnel, et j’aime bien comment il a utilisé montebourge pour se faire de la pub gratos.

        2. bibi

          Pour ceux qui se rappelle avant que Niel arrive il y avait un forfait mobile social chez l’opérateur historique quelque chose du genre 30 min et je ne crois pas que les SMS était illimité pour ceux qui était au RMI.
          Aujourd’hui on a un forfait à 2h d’appels SMS illimité à 2€ pour tous.
          Si il avait voulu faire dans la connivence pure et dure il aurait racheté Bouygues.

          1. sam player

            Il existe toujours et est toujours au prix de 10€ comme chez les 3 opérateurs de l’époque.
            Googlez
            Forfait social orange

            Extrait du site boutique.orange.fr :
            « Un forfait dédié aux bénéficiaires du RSA à 10€/mois
            Un forfait bloqué et sans engagement avec 40 minutes d’appels et 40 SMS inclus »

            _________
            Et en plus faut fournir les documents pour prouver qu’on y a droit !

            1. bibi

              Mais que fait le législateur, il est anormal que Free ne soit pas contraint de proposer un forfait social bloqué à 10€/mois avec 40 min d’appel et 40 SMS.
              Pour bloqué son forfait Free il faut savoir cliquer et c’est inadmissible.

  14. bibi

    On notera que le premier quotidien national dont on aurait beaucoup à dire sur les analyses s’y trouvant, mais dont on ne peut remettre en cause l’objectivité des faits rapportés n’est autre que L’Equipe et que c’est aussi le journal qui touche le moins d’aide avec 2cts par exemplaire vendu.

  15. nemrod

    « Derrière » Macron, il se murmure qu’il y a pas mal de monde.

    Ce pays Orwell n’en aurait même pas rêvé.

    Les parangons de la Vérité et autres limiers tendus vers la dénonciation des « Injustices » camouflent soigneusement ce qu’ils sont : des Putes.

    Entendons nous bien, j’ai plutôt de l’admiration pour les Courtisanes qui assument leur statut.
    Elles peuvent donner beaucoup pour relativement peu de chose  » Serreau dans Garde à vue »…tout le contraire des politiques et des journaleux.

    1. Royaumont

      Derrière Macron, on trouve Drahi, Pigasse, Bergé, Niel, qui possède tous leur groupe de presse.
      Derrière Macron, au sens propre, on trouve Gallet, le patron de radio France.

      Vu ses soutiens, il n’est pas étonnant que Macron soit le favori des media.

        1. Lark on the Wing

          « Derrière Macron, au sens propre, on trouve Galet »….

          1/ il arrive que le Diable porte pierre…
          2/ comment Diable sais-tu lequel des deux mord l’oreiller ?

          Royaumont = Asmodée ?

          1. Lark on the Wing

            « passa Monsieur, avec le chevalier de Lorraine en croupe »… c’était plus classe à cette époque, quand même… la Palatine, son épouse, disait qu’il était du « castel d’arrière »…encore plus raffiné…

          2. Calvin

            Comme disait Démosthène :
            « Ne prononce pas de discours sans avoir de gallet dans la bouche »

            Je pense que cela répond à la question.

            Et explique des extinctions de voies…

    2. Lark on the Wing

      « Les filles publiques et les journalistes ne sont pas si disparates que mon pinceau ne puisse les réunir dans un même cadre » Balzac…

  16. bibi

    Oups j’ai mal vu les chiffres de ventes, l’équipe n’est pas du tout le premier quotidien national.
    Mais il n’empêche que l’équipe touche moins de 2cts par numéro vendu essentiellement en aide au portage mais paye aux alentours de 3cts de TVA par numéro (TVA 2.1% et prix de vente de 1.4€ en semaine et 1.5€ le week-end.

    Donc non l’équipe n’est pas subventionnée.

    1. sam player

      M’est avis qu’ils ont un remboursement mensuel de TVA (celle payée – celle collectée >0). C’est le cas de toutes les entreprises qui ont des taux de TVA réduits (alimentaire, médicament…)

  17. Samaran

    vous faites erreur le montant de l’aide postale n’est pas égale à la subvention versée à la poste mais à la sous tarification c’est à dire 500 millions

  18. Royaumont

    Petit calcul : les communes ont coutume d’abonner un certain nombre de service à la presse nationale. Si on compte 2 abonnements par commune (mairie + bibliothèque municipale), cela fait 70000 abonnement en France, soit 25,5 M d’exemplaires.
    Pour un phare de la pensée tel que Libé, les vrais tirages sont donc de 28,2-25,5 soit 2,7 M d’exemplaires soit 7400 par jour…

    1. bibi

      Vous rêvez, si vous croyez que dans les communes de moins 2000 hab on souscrit des abonnements à la presse nationale au mieux il y a un abonnement au quotidien local pour les avis de décès.

  19. lxy

    Google nous apprend que le petit Hamon, l’homme qui veut manger tout crus les patrons a son épouse qui travaille au Secrétariat Général » de LVMH, cad tout près de Dieu, Un Dieu qui s’est empressé d’être le premier français à aller baiser les pieds de Trump. Après avoir passé plusieurs années dans le lobbying européen de la culture et 8 ans au Centre National du Cinéma, la Mecque de la nomenklatura mediatico-culturelle de la gauche caviar, un gros machin budgetivore, .On se doute que ce n’est pas un emploi fictif

  20. Higgins

    Cette vidéo, trouvée chez JP Chevallier, a un lien direct avec le billet du jour surtout vers la fin. On ne risque pas de la voir sur les médias officiels et pourtant, elle dépote:

    1. Loki dort

      J’avais déjà connaissance de cet avertissement adressé aux gauchistes en rébellion, mais je n’avais pas conscience que leur révolte prenait de telles proportions! C’est exactement comme ce gars le répète: ils se font tellement peur avec la venue d’un dictateur que ces enragés vont finir par le faire advenir.

    2. nemrod

      Il a des « cojones » et un cerveau celui là.
      Et puis comme dirait l’autre  » quand un type de 120 kg parle, celui de 60 l’écoute »
      Ca doit être Audiard.

    3. BDC

      Ça dépote aussi avec l’UE, c’est Asselineau qui va boire du petit lait … Au moins l’info filtre mais on dirait que c’est rédigé par un stagiaire, vu les fautes d’orthographe…

       » Pressenti comme le futur ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, Ted Malloch prédit, dans un interview accordée jeudi à la BBC, l’effondrement de la monnaie unique européenne dans 18 mois.

      Le moins que l’on puisse, c’est qu’il est un eurosceptique convaincu et assumé. Ted Malloch, pressenti pour devenir le futur ambassadeur américain auprès de l’Union européenne de l’administration Trump, a dit tout le mal qu’il pensait de l’UE lors d’une interview accordée à la BBC jeudi 26 janvier.

      L’euro ? Une monnaie qui vit ses derniers mois, selon cet économiste, professeur d’université. « L’euro est en voie de disparition, il a un réel problème et pourrait s’effondrer d’ici un an, un an et demi », estime Ted Malloch qui n’a pas hésité à comparer l’UE au bloc soviétique. Expliquant avoir contribué à la chute de l’Union soviétique alors qu’il était diplomate, il a indiqué face aux journalistes de la chaîne anglaise qu’il existe « peut-être une autre Union qui a besoin d’un recradrage. »

      google.fr/amp/s/amp.france24.com/fr/20170127-ted-malloch-union-europeenne-ambassadeur-americain-trump-fin-euro?client=safari

  21. Gosseyn

    Pour dépoter, elle dépote ! Alors, merci à lui et à vous de l’avoir postée. Mais sa verve est sans espoir : il essaie de faire appel à leur sens de la réflexion. 🙂

  22. lxy

    Il a tout compris cet excellent débatteur de rue : c’est le lourd couvercle du « politiquement correct » qui fait bouillir la marmite …au point de la faire exploser.

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