[Redite] L’irrésistible et navrante schiappatisation du Président Macron

Article initialement paru le 29.11.2017
Eh oui, c’était il y a un an ou quasiment : Marlène la Secrétaire poussait sa petite loi amusante, pendant qu’Emmanuel le Président lui emboîtait le pas et démontrait qu’il était, lui aussi, capable de s’inscrire dans l’instant, l’actualité et l’écume des jours, quitte à oublier, complètement, les grands desseins qu’il s’était fixé pour la France.

Depuis, le constat posé à l’époque ne s’est pas démenti : de bricolages microscopiques en réformichettes minimalistes habillées de discours ronflants mais creux, le président a achevé de montrer qu’il n’était qu’un gros soufflé, fort gonflé, sans fromage et sans goût.

Il reste encore quatre années à son quinquennat. À l’aune de l’année passée, elles promettent d’être longues, pénibles et pleines de non-réformes indispensables.

Dans cet océan de vacuité qu’est l’actualité du moment, dans laquelle il devient quasiment impossible de lire un article de presse sans immédiatement s’infliger une tempête de facepalms retentissants, des petits grumeaux d’absurdité rigolote font régulièrement surface pour nous rappeler que la politique française ne se bâtit pas seulement sur des actions stupides. Parfois, elle se construit aussi autour de déclarations idiotes.

On découvre en effet, entre deux consternations moyennes, qu’à l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes, Emmanuel Macron – notre président au sourire Pepsodent™ – a annoncé la prochaine création d’un « délit d’outrage sexiste » punissant le harcèlement de rue dans le prolongement direct des actuelles discussions visant à pénaliser les comportements lourdingues, l’impolitesse crasse et les mauvaises manières. Au passage, on rappellera que les tentatives de viols, violences, atteintes sexuelles et intimidations sont déjà largement pénalisées, ce qui permet d’affirmer calmement qu’avec cette nouvelle fournée de petits textes juridiques pas piqués des hannetons, notre société progressiste et permissive trottine tout droit vers de nouveaux sommets législatifs à côtés desquels le code Napoléon tiendra lieu d’album de coloriage pour enfant défavorisé.

Pour faire bonne mesure, l’idée géniale a été immédiatement touittée par l’équipe de communication du président, permettant à la fois de montrer qu’il se préoccupe de ce sujet d’importance capitale et de faire l’affichage ostentatoire de toute la fermeté dont il est capable pour punir les impétrants :

Youpi, il était temps, la France, les 3.5 millions de chômeurs, les générations futures accablées de 2000 milliards d’euros de dettes, les entreprises et les contribuables croulant sous les taxes et les impôts, les citoyens englués dans les sparadraps et le sentiment d’insécurité, les étudiants sans diplômes et les retraités sans pension, tout ce monde et le reste se réjouit d’avance qu’on s’occupe enfin de ce problème si prégnant.

Grâce à l’action ferme et déterminée du président Macron, l’impolitesse et les sifflets seront pourchassés hors du territoire. Enfin, pourchassés, c’est vite dit. Disons qu’ils seront surtout verbalisés. Parce qu’en fait de délit d’outrage sexiste, on aura surtout droit à une infraction et donc une amende correspondante.

Et encore puisqu’il faudra pour cela que la maréchaussée (largement évaporée des endroits où elle serait utile pour n’être plus guère présente qu’à l’affût de l’automobiliste) soit présente et se décide à verbaliser. Quand on voit le succès global d’application de certaines autres lois du même acabit (voile, burkini, j’en passe) et votées, coïncidence étonnante, avec la même volonté de coller niaisement à l’actualité sans prendre le moindre recul, on sait déjà que tout ceci va se terminer comme le reste, à savoir dans les poubelles de l’Histoire et l’arrière-cour des codes de lois illisibles.

Au-delà de cet aspect pratique déjà gratiné, notre président Pepsodent™ semble aussi oublier qu’il va être particulièrement complexe de faire concrètement valoir ce nouvel « outrage sexiste ». Ce que certains qualifieront clairement d’outrage passera sans mal pour d’autres pour une simple remarque. Et de toute façon, la charge de la preuve de culpabilité restera bien à l’accusation outragée, contrairement à ce que semble croire le défenseur des Droits qui n’a pas trop bien relu son petit Dalloz comme en témoigne le tweet suivant :

Bref, encore une fois, on assiste – avec, soyons honnête, un brin d’amusement peu étonné – à la sur-banalisation navrante de la fonction présidentielle. S’il est vrai qu’avec sa Léonardisation, le président Hollande avait abaissé le niveau si bas que plus rien ne pouvait arriver de réellement pire, Macron montre ici qu’il a appris des meilleurs : en emboîtant le pas à sa Marlène de Secrétaire d’Etat, il semble décidé à se schiappatiser dans une frétillance d’actions périphériques qui, encore une fois, déforcent une fonction présidentielle de plus en plus risible.

Et en dehors de ces petites bulles d’air tiède à la surface d’une actualité vidissime, comme Hulot qui ne sert décidément à rien (la pantalonnade récente du glyphosate montre l’étendue du gouffre intellectuel dans lequel il barbote avec une aisance innée), Schiappa ne sert pas plus, ni la cause féministe, largement dévoyée ces dernières années, ni même celle d’une lutte contre l’insécurité de certains quartiers dont les femmes sont les premières victimes.

Du reste, mon propos n’est ici pas seulement de dire que toutes ces fadaises niaiseuses sont parfaitement éloignées des préoccupations réelles des Français, ni même que le Défenseur des Droits ne semble pas savoir ce qu’est la présomption d’innocence, mais aussi que Schiappa a en fait le même rôle dans ce gouvernement que Taubira ou Vallaud-Belkacem dans le précédent : c’est le supplément d’âme progressiste, le grigri sociétal de la gauche qui sert à polariser et cliver histoire de bien montrer qu’on est progressiste et dans le Camp de Bien, peu importent le coût pour les libertés publiques, les dérives en matière de droit qu’elles entraînent, l’abaissement de la fonction présidentielle et le délitement complet de la parole politique qui ressemble de plus en plus à du verbiage de gamin trop gâté.

La République une et indivisible a laissé place à la République multiculturelle, bigarrée, inclusive, festive, citoyenne et aussi divisible que possible pour mieux régner. Pour les citoyens, on peut réellement douter que ce soit un mieux. En revanche, pour le président et sa clique, pas de doute… Ça marche !

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Commentaires43

  1. Le Gnôme

    Il faut que j’arrête le glou-glou, j’ai lu en titre L’irrésistible et navrante chaptalisation du Président Macron.

    Notons quand même qu’il y a beaucoup de sucre dans son action féministe et que je n’avais pas entièrement tort. Mais le sirupeux, ça colle aux doigts et aux dents et c’est mauvais pour la santé, du moins nous le serine t-on.

              1. Calvin

                +1

                Le spectre Méluche que je voyais inéluctable semble avoir pris l’eau après les affaires Chikirou, Corbières, « La République c’est moi », etc.

                JLM est passé de Spectre à Skyfall.

            1. albundy17

              la gauche, donc macron compris se dézingue en effet. Chirikou, corbières, ds 1 mois on en parle plus. Si c’est pas méluche, ce sera de toute façon encore plus à gauche et argent gratuit, ds 4 ans.

        1. Citoyen

          Ben voila …. Maintenant que le micron a mis en place tout ce qu’il fallait pour remplir le tiroir caisse, avec les prélèvements, les taxes, le racket sur la route, le racket à la pompe, le tiroir se remplit tranquillement … Il n’y aura plus qu’à dilapider cette manne pour s’acheter des voix …

    1. Calvin

      Allons, Theo, rue du Cirque, c’était une vraie histoire d’amour.
      Accessoirement, Flanby s’est rabiboché avec les intermittents du chômage culturel.

    1. albundy17

      Les tiroirs caisses surtout, des fois qu’y aurait du black dedans.

      Bon dimanche l’arbuste nain, n’oublie pas de t’effeuiller pour les frimas.

  2. albundy17

    « fort gonflé, sans fromage et sans goût. »

    Ladesou ne partage pas l’état de l’homme, en général, parlant de fromage de b***.

    Chiappa à fait dont de ses cheveux cette semaine, pour les cancéreux. Elle a dû récupéré ceux qui bouchaient une canalisation de douche, j’imagine, tenant à conserver sa force tranquille samsonite

  3. MarieA

    « En cas de harcèlement sexuel, c’est à l’auteur des faits de démontrer devant la justice qu’il n’y a pas eu harcèlement. »

    C’est quand même terrifiant de lire ça de la part de l’Etat! En plus, c’est pratique, comme d’habitude on prétexte que c’est obligatoire pour protéger la veuve et l’orphelin, puis on l’applique ensuite à tout sans discrimination pour soutirer toujours plus d’argent aux gens.

    Ce qui serait intéressant, ce serait que quelqu’un porte plainte contre Macron pour harcèlement sexuel.

  4. Higgins

    HS mais je suis content que le non l’ait emporté n’en déplaise à M. Christian Blanc qui doit avoir oublié le résultat du référendum de 1987, référendum dont le résultat était incontestable et a été accepté comme tel par la communauté internationale:
    http://www.europe1.fr/politique/nouvelle-caledonie-il-y-a-trente-ans-si-nous-avions-fait-un-vote-sur-lindependance-le-non-aurait-perdu-estime-christian-blanc-3793118.amp.

    La manière même dont la question a été posée en 2018 montre bien la duplicité de nos dirigeants.

    La réalité est qu’une partie de ceux-ci militent bel et bien pour démembrer ce pays comme le confirme le Gal Franschesci, ancien commandant des forces armées en Nouvelle Calédonie dans la période trouble de 1984-1988:
    https://www.asafrance.fr/item/referendum-le-boomerang-caledonian.html

    A l’heure où notre Mamamouchi en chef parle de l’axe Indo-Pacifique et de la légitime présence de notre pays au sein de cet espace (pour simplifier, il est présent aux deux extrémités de cet axe, dans l’océan Indien via l’Ile de la Réunion et dans le Pacifique avec le Caillou et la Polynésie), il est paradoxal de lire çà et là que notre pays, malgré quarante ans de socialisme débridé, souffre encore d’une décolonisation pas aboutie surtout à l’heure où un pays comme la Chine a des velléités impérialistes importantes.

  5. Raoul Kermes

    Le truc clachant/flashant, sans grande reflexion et surtout à l’appui d’une « minorité » extrêmement bruyante est le navet de notre époque.

    Même raison pour laquelle un esprit brillant, extrêmement brillant traditionaliste comme Jordan Peterson rencontre un tel succès.

    Notre époque est en désespoir, en sécheresses absolue pour de telles personnes.
    Vrai, authentique, réfléchi, à ll’écart du bling bling buzz bataille à qui sera le clown ou la pute de l’attention de plus en plus fragmenté de la facebookratie.

    Il y a des places à prendre les gars !!!

    Oh mais c’est en anglais, ça passera pas la manche avant 2/3 ans, pour une sous version frelatée.

    Intéressez vous à des gens comme ça, au lieu de ressasser les viscisitudes indécrotables du monde.

  6. Aristarkke

    L’ offensive gouvernementale contre la manif du 17 prochain est lancée. Sujet ce soir sur TF1 pour nous expliquer que la hausse des taxes ne représente que 34% de la hausse du SP et (quand même) 40% de la hausse du GO. Je vous donne en mille les (véritables) coupables : les compagnies pétrolières et les pays pétroliers.
    Étonnant, non.
    Naturellement, le détail qu’ en dépit de la hausse de pétrole, l’ accumulation des taxes représente tout de même quasiment le double du prix HT, a été soigneusement passé sous silence…

      1. Aristarkke

        Autre couture blanche à destination des sans-dents : il préfère taxer les carburants plutôt que le travail.
        Comme si ledit travail ne servait pas à payer les taxes… Nous avons le choix, donc, d’ aller travailler sans consommer de carburants. De quoi nous plaignons-nous donc???

        1. albundy17

          Chevalier exprime clairement le « nous n’avons pas le choix » émis par notre PM: La conso carburant routier est en berne et y’a du mankagagner qu’il faut combler.

          Un effet kiss cool de la limitation à 80 ?

          Je me faisais également la réflexion concernant la hausse de la mortalité routière, expliquée évidemment par le beau temps, sous entendu les français on beaucoup plus roulé.

          Comment donc ceux ci ont ils fait pour rouler davantage tout en consommant 10 % de carburants en moins ?????

          Si y’a un truc, je suis preneur !

          Y’a bien les routes descendante, mais bon, faut bien les remonter un jour, non ??

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