[Redite] Dépense publique en France : vers l’infini et au-delà !

Article initialement paru le 22.12.2017

L’année 2017 se terminait sur le constat que les dépenses publiques, déjà copieuses, iraient augmentant. L’année 2018 a largement démontré que c’était possible, à condition de tabasser les Français de taxes et d’impôts ce qui ne manqua pas de déclencher la crise des Gilets jaunes fin 2018. Blême, le chef de l’Etat avait dû feindre de faire marche arrière, pour relancer le bastringue assez vite bien que plus discrètement les mois qui suivirent cette crise mémorable. Depuis, l’année 2019 a amplement prouvé qu’on pouvait largement pressurer encore le bon peuple puisque les charges, taxes, cotisations et autres ponctions fiscales ont, encore, continué à augmenter.

Ce rappel de l’année 2017 est donc l’occasion de faire un petit pronostic pour 2020 : à mon avis, les impôts, taxes et ponctions vont continuer à augmenter. Heureusement, en face, la qualité des services publics s’en ressentira à proportion, rassurez-vous !



La fin de l’année approche à petits pas serrés. Les fêtes, les retrouvailles familiales et les vœux sirupeux du Président de la République tomberont à point nommé pour nous faire oublier nos petits tracas quotidiens. D’autant que les bonnes nouvelles s’empilent actuellement à un rythme soutenu.

On apprend avec une joie non feinte que beaucoup de Français ne seront pas au chômage cette année et les années prochaines.

En effet, la Fonction Publique recrute. Encore et toujours plus.

De façon vraiment réjouissante, il semble en effet admis que toutes les coupes budgétaires qui se sont succédé ces dernières années (mais si, puisqu’on vous le dit), que la tempête d’austérité de force 9 qui a sévi sur le pays (puisque je vous dis que c’était de l’austérité !) et que les résolutions fermes, déterminées et contrôlées au millimètre de nos politiciens dans le domaine du contrôle de la masse salariale de l’État n’ont pas suffi à désamorcer l’élan pris par les administrations publiques sur les quarante dernières années : propulsées par leur pondéreuse inertie, les voilà qui embauchent 20.400 fonctionnaires de plus en 2016 par rapport à 2015 et ce malgré la diminution (oui, vous avez bien lu) des effectifs dans la fonction publique territoriale de 0.4%.

On comprend aisément que ce petit mouvement de diminution dans la fonction publique territoriale était un geste manqué. Non seulement, la fonction publique d’Etat continue d’embaucher hardiment, mais la fonction publique hospitalière grossit toujours. Sa bonne santé lui permet encore de trouver des forces pour augmenter ses effectifs de 0.2%, même si un petit essoufflement se faire sentir (puisqu’elle était parvenu à grossir de 0.3% l’année précédente).

Autrement dit, le nombre de fonctionnaire augmente toujours. En triturant un peu les chiffres, l’INSEE parvient à trouver des situations où l’augmentation est moins forte qu’ailleurs, mais youpi : une augmentation, même plus faible, reste une augmentation.

Il serait dommage d’approcher de la fin d’année avec une besace trop peu remplie de petits cadeaux.

C’est pour cela qu’une seconde excellente nouvelle sera ajoutée à ce billet : non, en France, tout le monde n’est pas payé avec un lance-pierre. Et sans prendre le cas, très particulier, de nos députés condamnés aux coquillettes-beurre par suite d’indemnités trop rikikis, il reste encore heureusement dans ce pays de vraies solutions pour un salaire dodu, par exemple en étant haut fonctionnaire pour Bercy.

Ce que dénonce la Cour des Comptes — de façon bien pusillanime alors que les fêtes approchent, n’est-ce pas — en notant que certains émoluments ont un « niveau élevé et difficile à justifier ». S’y ajoutent aussi quelques irrégularités qui vaudraient certainement de solides contrôles fiscaux aux entreprises privées qui les appliqueraient mais qui se termineront en chanson (car nous sommes en France, nous sommes au Ministère des Finances et nous sommes opulents et compréhensifs).

Bien évidemment, entre ces emplois publics qu’il faut bien payer d’une façon ou d’une autre, ces salaires de hauts fonctionnaires qu’il faut bien abonder d’une façon ou d’une autre, et ces dépenses parfois quelque peu fastueuses de certains politiciens qu’il faudra bien éponger d’une façon ou d’une autre, la France, généreuse et pas trop bégueule, a choisi d’appliquer une méthode simple composée de deux volets.

Le premier consistera à accroître la dette. Les générations futures, de toutes façons rôties par le réchauffement climatique, seront aussi étouffées par la dette que nos dirigeants leur accumulent gentiment sur le dos depuis des décennies. Ce n’est pas si fréquent que toute une génération dispose du choix de son suicide : écologique ou financier. Compte-tenu de la direction prise, le cumul semble probable.

Le second est toujours efficace et puisqu’on tape sur les enfants, tapons aussi sur les parents pour faire bonne mesure : les impôts seront mis à contribution.

Eh oui : alors que la masse salariale de l’État devient obèse, que le nombre de fonctionnaires augmente gaillardement, tout indique que, pour 2018 – joie, bonheur et CD de Jul coincé en boucle – les ménages vont voir leurs impôts et taxes augmenter encore un peu ! Selon l’Insee (le même organisme qui a découvert plein de nouveaux fonctionnaires embauchés en 2016), les Français paieront au moins 4,5 milliards d’euros en plus en 2018.

Rassurez-vous : l’égalité devant l’impôt imposera que ces augmentations ne porteront que sur une petite partie des Français, ceux qu’il conviendra de faire fuir avec tact pour assurer aux générations futures un avenir particulièrement croustillant.

Je résume.

D’un côté, un État qui grossit, inexorablement.

De l’autre, des impôts qui s’insinuent partout.

Coïncidence ?

Mais bien sûr que oui !

Tout le monde sait que pour les emplois des uns et des autres dans la fonction publique, pour tous ces salaires confortables, l’argent provient directement d’un chaudron que le gouvernement a trouvé au pied d’un arc-en-ciel et qu’il a du arracher aux leprechauns qui le protégeaient vaillamment : Emmanuel Macron, solidement harnaché sur sa licorne de combat, est allé repousser les méchants lutins qui tentaient de le tenir à l’écart de la grosse marmite remplie d’or. Après quoi, triomphant, il est allé porter le butin dans les coffres du pays et s’est empressé d’en reverser une partie au bon peuple reconnaissant.

L’année 2018 s’annonce déjà formidable : grâce à son charisme dévastateur, notre président à déjà repéré une grotte qui contient mille et un trésors et dont il connaît l’incantation magique nécessaire à son ouverture. D’un ferme « Sésame, ouvre-toi », il saura s’accaparer de nouvelles richesses qui, soyez en sûrs, iront bénéficier à tous en République du Bisounoursland et permettront aussi de mettre du baume sur les fiches de paie des hauts-fonctionnaires, embaucher de nouvelles forces vives dans nos institutions les plus indispensables, et surtout éviter tout alourdissement des taxes et ponctions que le bon peuple subit.

Vous verrez : tout va très bien se passer.

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Commentaires37

  1. Aristarkke

    Enfin, on peut espérer que la qualité de nos services publics, ANTS en tête, va progresser quand, par hasard, aucune grève n’aura cours…

    1. Higgins

      Mauvaise langue Ari. L’ANTS fait partie des organismes élus service client de l’année 2020 :
      http://www.leparisien.fr/amp/economie/business/les-entreprises-elues-service-client-de-l-annee-en-2020-11-10-2019-8170029.php

      A priori, la performance est lié à une structure de droit privé Intelcia (200 personnes : http://www.leparisien.fr/amp/economie/business/elu-service-client-de-l-annee-les-bonnes-recettes-des-laureats-de-l-edition-2020-11-10-2019-8170347.php ).

      1. Aristarkke

        Un service qui ne répond pas aux (cinq) mails de protestation d’un usager peut se faire certifier comme meilleur service client ? Cela ouvre des perspectives pour, au hasard, celui de la Sncf que vous pratiquez assidûment, ce me semble… 🙄

        1. Higgins

          Je dois avouer que ça m’a surpris mais ce n’est pas un fake. J’ai trouvé l’info en tapant ANTS dans le moteur de recherche. Sur leur site, c’est mis en première ligne.

          1. Aristarkke

            Dites moi que je RÊVE et que je vais fatalement me réveiller…
            [combien a reçu le certificateur pour cette opération Potemkine, est une bonne question à formuler?)

  2. Aristarkke

    Je cite l’ANTS en tête car le gouvernement est tellement conscient de sa réussite dans son fonctionnement qu’il vient d’annuler l’obligation faite en 2020, dernière limite décidée il y a dix ans, de faire muter tous les véhicules encore immatriculés dans l’ancien système départemental même sans changement de propriétaire. Le risque d’engorgement à été perçu comme réel d’autant que cette mutation devait être obligatoirement faite par un mandataire, d’où un coût non négligeable pour certains…

  3. Aristarkke

    Finalement, Monseigneur, le job de blogueurs est fastoche en Socialie. Aucune chance que vos articles se périment, tellement c’est l’absence de changement dans la continuité.

    1. theo31

      Exact. Hormis l’acronyme de la police politique, l’URSS de 1991 avait les mêmes institutions qu’en 1917. Ca a commencé avec des famines et fini la même manière.

      1. durru

        J’aimerais ne plus lire de telles âneries, pitié…
        Personne ne mourrait de faim au sens propre en URSS dans les années ’80, ni dans les pays satellites.
        Comparé aux millions de morts des années ’30 (par exemple), c’est juste indécent.

          1. durru

            Tu me trouves un seul exemple de soviétique mort de faim dans les années ’80, pas des millions, et on en reparle.
            Si tu ne comprends même pas l’énormité de tes propos, c’est grave quand même…

            Sinon, faut pas déconner non plus (« massivement endettée »). La dette de l’URSS était de l’ordre de 66 milliards, aucun rapport avec ce qu’on minimise aujourd’hui de ce côté-ci du rideau.
            De toute façon, la dette n’était pas faite pour que les gens ne meurent pas de faim, alors… pas du tout.

        1. Citoyen

          Euh, Durru, … nous ne savons pas très bien ce qu’ils avaient dans les assiettes … Par contre, ils faisaient des queues interminables devant des magasins vides ! … Probablement pour le plaisir de passer un moment en compagnie … Faire du lien social …

          1. durru

            Je me répète : montrez moi des gens qui sont morts de faim par là-bas. Je ne dis pas que c’était le paradis, mais restons pieds sur terre.

            Déjà en Chine, après les grandes réalisations de Mao qui se sont comptées en numéros à huit chiffres, même dans les pays communistes on avait appris que, dans les années ’80, ils étaient arrivés à nourrir tout le monde.
            Alors pour l’URSS, comment dire…

            1. Si vous comptez les pays satellites, une partie de l’Afrique subsaharienne a subi des famines mortelles pendant les années 80 (et les pays concernés étaient à la fois en guerre ET socialistes, parfois alignés avec l’URSS).

              1. durru

                Arfff… Je comprenais par « pays satellites » ceux du Pacte de Varsovie (européens, quoi). Désolé, mauvaise formulation.
                Sinon, absolument, si on parle de l’Éthiopie par exemple, c’était tout à fait compétitif. Mais Théo parlait de l’URSS même.
                Il y a assez de choses à leur reprocher pour ne pas devoir charger la barque avec des exagérations.

                1. P&C

                  +1
                  Orlov décrit bien la vie des russes des années 80. Les jardins privés compensent largement la sous production des kolkhozes, il y a de la bouffe, et une économie basée sur le troc.
                  Les transports et les villes sont organisées pour que les gens puissent aller dans leurs jardins.
                  Ce n’est pas rose, pas mal de produits manquent, mais ça se débrouille.
                  Le gros des morts en URSS a lieu au début, sous Lénine et Staline.

                  Oui, l’économie soviétique était naze, mais ça a préparé les russes à la survie. Et pourtant, lorsque l’URSS s’est effondrée, ils ont mangé sévère, des millions d’entre eux sont morts du pillage des apparatchiks de la bande à Eltsine… d’où le succès d’un certain Poutine, et un parti coco qui reste à 20%.

                  Aux USA, il est estimé que la crise de 29 a causé environ 3 millions de morts, avec les moyens habituels.

                  Pour l’Afrique, c’est plus compliqué… même les pays capitalistes et alignés sur l’occident ont mangé sévère. La raison principale est indépendante du système économique : c’est un mix de haines tribales millénaires, d’élites qui pillent, de découpage à la con de frontières, et de l’explosion démographique dans des sociétés incapable de la gérer.

  4. Le Gnôme

    Le couinement effaré des journaliste sur l’échec de la COP 25 est délectable. Les journalistes n’ont pas de chance cette semaine, après la victoire écrasante de BOJO, voilà le paradis vert en péril.

      1. Der Spountz

        À propos de la chérie verte, là j’ai ri jaune. Elle s’est félicité de voyager dans un train bondé en First class, son train ayant été annulé. Assise par terre. Comment se fait-il que les plus de 80 ans ne cèdent pas leur place à cette chérie? Il n’y a plus de vieillesse, il va falloir piquer… Au vu de la taille des valises, valait mieux pas lui céder la place.
        Un train bondé suivant un train annulé, quoi de surprenant et de quoi se féliciter?
        Au passage, voir le gazouillis de LucioCesarBr, une excellente caricature « verte » sur le site de la chérie verte juste dans la discussion sur le train.

  5. Higgins

    A 16 ans, c’est déjà une teigne. J’ai peur pour les années à venir. Elle possède hélas une perspective de nuisance assez longue. Elle n’a donc pas fini de nous em….

  6. theo31

    Hormis un intermède collaborationniste (spéciale cacedédi à Jean-Cul Mélenchiasse) entre 1997 et 2002, la droite mongaullienne honteuse (celle qui a créé le commissariat général au plan en 1946, si, si)a prouvé qu’elle pouvait être aussi voire plus socialiste que ceux qui le sont officiellement pour les autres mais jamais pour eux. Jospin a été un « moins pire » gestionnaire que Balladur et Fillon réunis.

    1. Aristarkke

      Delevoyé avait treize mandats glissés sous le tapis dont au moins la moitié incompatibles juridiquement avec son poste actuel… République exemplaire kidizé

        1. durru

          Les têtes d’accusation, par contre…. aucun rapport.
          Et je me permets de croire que l’issue pour l’intéressé ne sera pas la même non plus.
          C’est plutôt à du Cahuzac que ça ressemble.

        2. Aristarkke

          Il a manifestement déplu à quelque(s) spécimens de ses « amis ».
          Peut-être son refus de proposer l’inique clause du grand père paraissant avoir pourtant l’imprimatur jupiterienne…

      1. Gosseyn

        Article 23 de la Constitution de 1958 :

        Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à caractère national et de tout emploi public ou de toute activité professionnelle.

        Une banale inconstitutionnalité, quoi. Alors, on ne va pas chipoter avec les trois mois  »d’indemnités », pour services professionnels de Le Devoye, non plus.

        Ni destituer Macron, premier magistrat et gardien du respect de la Constitution pour si peu, n’est ce pas ?

        Cela ferait tache, en Macronie, et nul ne va blasphémer contre Jupiter …

  7. Citoyen

    Avec le recul depuis 2017, H16, on perçoit encore mieux l’intérêt de la photo du  » portique multitaxe de Bercy « .
    Effectivement, s’agissant du « prochain portique à brûler », c’est par là, que les GJ auraient dû commencer …
    Il n’y avait pas de meilleur symbole pour porter le message.

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