France 2024

Un peu de prospective…

2024: La France est devenue une démocratie maternaliste. Une tentative de libéralisation forcenée par l’équipe Sarkozy a échoué en 2014, suite à la protestation d’un front uni allant des fonctionnaires aux médecins, en passant par les chômeurs et les RMIstes (3,5 millions de manifestants à Paris, 8 millions dans toute la France, un record) qui dénonçaient « les privilèges de quelques petits malins pouvant échapper à leur devoir citoyen de rembourser la dette et de participer à la solidarité nationale ». Le pays est resté totalement bloqué pendant 23 semaines. Des élections présidentielles anticipées ont amené la gauche au pouvoir.

En échange de l’école laïque gratuite et obligatoire et de la sauvegarde la sécurité sociale, les citoyens doivent s’engager par écrit à payer leurs impôts sans délai, notamment la nouvelle taxe intitulée « Participation Citoyenne au Financement de la Solidarité Universelle » (PCFSU), s’élevant entre 1 et 5% du patrimoine. Tout refus de signer cet engagement citoyen expose à la déchéance des droits civiques et à l’interdiction de quitter le territoire, aux termes d’un procès public dont le résultat est disponible sur Internet.

Le président François Hollande et son premier ministre Ségolène Royal ont fait du bon travail. Après le quinquennat ultra-libéral de Nicolas Sarkozy, il était nécessaire de revenir à de saines valeurs citoyennes de partage, de solidarité et de responsabilité collective. L’interdiction des délocalisations, l’allongement à 6 mois du préavis en cas de licenciement pour raisons économiques, la hausse des allocations chômage et des minima sociaux, la création d’un nouveau service public de garde des nourrissons et des petits enfants, le plafonnement des plus-values boursières remirent la France sur les rails.

En échange de ces mesures favorables aux femmes, aux salariés et aux personnes défavorisées, les entreprises peuvent disposer de plus d’argent pour leurs investissements, provenant d’un fonds de pension entièrement géré par l’Etat: le FFRANCE (Fonds de Financement des Retraites et des Allocations et de Nantissement du Capital des Entreprises). Toute entreprise s’engageant à créer au minimum deux emplois peut obtenir assez facilement une prise de participation à hauteur de 25 000 euros dans son capital et d’un suivi personnalisé par un nouveau corps de fonctionnaires, les ASAC (Agents de Surveillance des Activités Capitalistiques). Le FFRANCE est financé par une hausse des impôts sur les sociétés, qui sont passés de 33 à 50%.

La liberté a néanmoins considérablement progressé. En effet, de nouveaux droits furent créés. Le Droit à une Alimentation Saine, Suffisante et de Qualité (DASSQ), le Droit à un Travail Honnête et Digne (DTHD), le Droit à la Sécurité Routière (DSR), le Droit à Respirer un Air Pur (DRAP) furent inscrits en toutes lettres dans la constitution. Un Ministère des Droits, confié dans un premier temps à Jack Lang puis à Olivier Besancenot après le scandale des intermittents du spectacle non-déclarés à l’URSSAF lors de la première édition de la « Fête des Droits », fut créé pour l’occasion. Tout citoyen peut désormais s’adresser librement à ce ministère pour faire appliquer la Constitution dans son intégralité. Le Ministère des Droits s’engage à proposer une solution en moins de 90 jours.

Sur le plan économique, tout va beaucoup mieux depuis que le président de la BCE est élu au suffrage universel. Arnaud Montebourg y a trouvé une sinécure très convenable. Changeant radicalement la politique néo-libérale inspirée par l’Allemagne d’Angela Merkel, les taux d’intérêt ont été réduits à 0,5%, la consommation fut dopée par cet afflux de capitaux bon marché et le chômage est retombé à 14% de la population active (après qu’il fut monté à 19%, suite à la pseudo-opération de transparence de l’équipe Sarkozy). Il faut dire que les annexions d’Andorre, du Luxembourg et de Monaco ont permis de mettre un terme aux activités frauduleuses de la « mafia dorée », un groupe de dangereux malfaiteurs qui produisaient de la fausse monnaie indexée sur l’or. Un réseau de banques virtuelles très actif sur Internet a également été démantelé et le chef du réseau, emprisonné. Les saisies financières ont servi au remboursement de la dette, qui est donc restée stable à 338% du PIB. L’opinion fut définitivement dégoûtée du libéralisme par ces deux affaires, qui soutenait que la dette ne pouvait pas augmenter indéfiniment, est ainsi totalement discrédité.

Suite au pic pétrolier de 2005, le PIB décroit d’environ 1,5 à 2% par an, sous l’égide du Commissariat à la Décroissance, une organisation publique dont le but est d’inventer et promouvoir de nouveaux modes de consommation. À sa tête, José Bové a un bilan plutôt mitigé car de nombreux français s’entêtent à aller faire leurs courses dans les supermarchés espagnols, italiens, allemands et belges en prenant le TGV ou même à bord de leurs voitures personnelles, plutôt que chez Carchan, la chaîne de magasins d’état provenant de la nationalisation du conglomérat Carrefour-Auchan. On soupçonne qu’un important marché noir d’essence de synthèse de contrebande, en provenance des pays de l’Est et de la Chine, permet ce juteux trafic. Beaucoup de produits ainsi importés sont ensuite revendus sans aucun contrôle sur les marchés aux puces de la région parisienne. Les agents du DDASQ et du DRAP mènent l’enquête.

Ce « libéralisme sous le manteau » est soupçonné de causer l’obésité dont souffre 46% de la population française. José Bové lui-même est soupçonné de trafic et de corruption dans l’affaire dite « des Roqueforts », une sombre histoire de fromages de contrebande vendus sur Internet depuis l’île de Jersey, et devrait passer la main à son adjoint Thomas Fabius, le fils de l’ancien premier ministre et actuel ministre d’état des finances, de l’industrie, du commerce, de l’emploi, des affaires sociales et de l’égalité des chances.

Malgré les succès incontestables de l’équipe de la gauche pluraliste depuis 10 ans au pouvoir, les élections de 2025 se présentent plutôt bien pour la droite unifiée sour la férule de François Baroin, surnommé affectueusement « Balding Harry Potter » depuis qu’il a passé 55 ans. La mort en prison l’an passé de l’ancien Président Jacques Chirac a attendri l’opinion publique en faveur d’une droite pourtant honnie suite à la gestion ultra-libérale de Nicolas Sarkozy. François Baroin a d’ores et déjà promis de « ne pas remettre en cause les acquis sociaux de ces 10 dernières années », tout en « insistant pour mettre un peu d’ordre dans les dépenses publiques ». Nicolas Sarkozy purge toujours une peine de prison au Fort Montluc pour « trahison et indignité nationale ». Sa libération est néanmoins devenue un enjeu secondaire de l’élection présidentielle.

Bien plus préoccupante en effet est la montée en puissance de la Chine et de l’Inde, qui détiennent 53% de notre dette et nous inondent littéralement de produits bon marché de toutes sortes. Cette mainmise sur notre économie et nos finances est intolérable et ne pourra que se terminer dans un bain de sang. L’UE et les USA, unis plus que jamais contre le terrorisme international, ont décidé une fois de plus de faire front. La monnaie unique dollar-euro (dont on ne sait pas encore s’il s’appellera le dollaro ou l’eurollar) sera un premier pas dans la bonne direction.

Le libéralisme débridé de la Chine, de l’Inde et de la zone de libre-échange qu’elles ont créée autour d’elles est décidément intolérable et il faudra y répondre par des mesures appropriées, comme un contrôle accru des frontières et notre militarisation accélérée.

Le fascisme ultra-libéral jaune-brun de la Chine et de l’Inde ne passera pas!

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Commentaires10

  1. Emma

    Sous commandant Marco,
    Voilà un texte parfaitement clair, lucide, qui décrit finement les outrances de Big Mother – percues comme un dû par la majorité – déjà largement à l’oeuvre dans notre social-démocratie. Veuillez accepter mes compliments. Vous rejoignez là le grand Tocqueville qui, dans une inspiration prophétique, décrivait le devenir de nos démocraties :

    "Au dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?
    C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait."

    Et enfin ce monument de la pensée que tout libéral devrait savoir par coeur :

    "Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la sue d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger."
    Alexis de Tocqueville,
    De la démocratie en Amérique, "Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre"

  2. PiRm

    "dette de 338% du PIB"

    Enfin d’ici là, l’Etat aura déposé le bilan… enfin j’espère…

  3. PiRm

    "Voilà un texte parfaitement clair, lucide, qui décrit finement les outrances de Big Mother – percues comme un dû par la majorité"

    enfin surout la minorité bruyante. La veritale majorité est silencieuse et subit.

  4. Messer

    Joliiii SCM ! 🙂

    Magnifique texte, vraiment. On prend les paris pour savoir si ca sera vraiment le cas ?

  5. PiRm

    C’est un peu du trollling mais bon c’est une nouvelle récente
    Encore un coup dur pour le liberalisme :
    l’interdiction totale de fumer dans les lieux publique
    Je sais : fumer est mauvais pour la santé mais pourquoi faire une loi contraignante alors que tout naturellement les choses pourraient se faire ?

    Exemple : la restauration
    les restaurateur savent bien où est leur interêt :
    Ecouter les besoins de la clientèle et appliquer ce a quoi ils s’engagent. C’est tout !
    Bannir totalement ? Zone fumeur-non fumeur ?
    à eux de choisir, enfin, aux clients de choisir et les choses se feront sans contrainte et dans l’acceptation de tous et au cas par cas.

    Encore une nouvelle loi politicienne alors que le cours naturel des choses l’aurait mieux fait pour la santé publique que quiquonque.

  6. Nx

    pour ce qui est du texte , merci , cela dit on sent un brin d’orwell, me trompe-je ? surtout la partie sur la "régulation" du marché libre extrème oriental , digne du minilov ça….

    sinon pour le tabac dans les lieux publics , étant moi même ancien fumeur , j’espère que vont se détacher des établissements fumeurs et d’autres non-fumeurs exclusifs pour marquer encore plus la bêtise de cette loi….

    les fumigènes vont-ils être interdits dans les stades de foot ?
    les forces de l’ordre pourront elle maintenir l’usage de leurs grenades lacrymogènes ?

    mais quelle est donc cette force qui poussent nos législateurs à modifier la réalité à leur image ?

    une sorte de mesmerisation frénétique qui tend à vérifier le théorème qui parle d’intelligence, de foule et de membres qui la compose….

    Au fait , ils sont combien à l’assemblée ?…..

  7. pod

    Belle rigolade !!! Un poil abracadabrantesque mais dans la bonne direction ! J’aurai personnellement été sensible à un peu plus de chiifres et stats détaillés. Le déficit PIB à 300 et quelques pour cent m’a beaucoup plu ! Est-il réaliste ? On peut le penser et pour contredire l’ami PiRm, il sous-estime la capacité des nos commis d’Etat et autres DGI à tenir (maquiller) la faillite au-delà !

    Très sain et à renouveller chaque année !

  8. Sous-Commandant Marco

    Merci à tous pour ces commentaires!

    J’espère avoir bien rendu l’idée que j’avais, à savoir: "en surface, tout va bien, mais le système est pourri en profondeur." La dette publique et le chômage sont les symtômes de ce pourrissement. Les anciens ne mettent plus le pied des jeunes à l’étrier et les jeunes ne rêvent plus que de bénéficier des mêmes "acquis sociaux" que leurs parents. Il s’agit de vivre aux dépens des autres, en particulier les générations à naître, d’où le totalitarisme soft qui s’annonce.

    Par exemple, j’ai lu récemment que les hommes politiques européens sont de plus en plus préoccupés par le faible taux de natalité des pays qu’ils administrent. C’est consternant. De quoi je me mêle? Mais c’est dans la logique du système. L’apparition d’un homme nouveau, capable de trouver du travail, de payer les retraites et les médicaments de ses parents et de rembourser la dette, tout cela malgré l’étatisme rampant, va devenir nécessaire pour sauvegarder la démocratie. Si j’en juge par les manifestations anti-CPE, nous en sommes loin.

    J’insiste sur le fait que les Etats-Unis, d’où je reviens aujourd’hui même, souffrent du même mal que l’Europe. Il faudra peut-être se tourner vers des puissances émergentes (je pense en particulier à l’Inde, la Chine n’étant pas non plus une référence) pour dessiner un nouveau modèle, plus libéral espérons-le.

    Malheureusement, je ne crois pas à une rupture brutale ou une révolution, je pense que le creux de la vague sera long, très long… mais je garde bon espoir.

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