L’avalanche de cafouillages

Fouyaya fouyaya, c’est la catastrophe ! S’il y a bien un mot pour résumer ce week-end de Pentecôte, c’est celui de Cafouillage. D’autres, moins sobres, auraient parlé de Merde In France sur toute la ligne, mais j’en resterai à cafouillage, d’autant qu’on retrouve ce terme jusque dans les titres de journaux. Et, vous allez le lire, cafouillage est encore un peu faible : ce fut un week-end éprouvant pour les politiciens…

Avant de parler de nos habituels suceurs d’impôts et autres énarques empapaouiteurs d’honnêtes citoyens, on peut même, rapidement, évoquer le cafouillage dans l’une de ces entreprises publiques, fleuron de l’industrie nationale du Cafouillage, qui n’en finit pas de fournir un service toujours plus médiocre à des prix toujours plus élevés, et avec l’argent de tous en prime…

Je veux bien évidemment parler de la SNCF qui, en l’espace de trois jours, nous aura concocté une version longue remasterisée director’s cut cinémascope grand angle et 3D de son célèbre show « J’ai Ripé Sur Le Bouton, Chef« . Il n’y a pas eu mort d’hommes et on peut donc en rire encore sereinement, mais je crains qu’on ne soit pas toujours aussi verni.

En l’espèce, tout à commencé vendredi soir avec un merdage total de la billeterie. Cette fois-ci, l’erreur serait due à une petite injection de données frelatées dans les énhaurmes bases pas trop SQL de la Régie Nationaââale de Chemins de Fers Français, avec plantage global et roll-back obligatoire de tout le foutoir. Certes, cela arrive, dit-on, aux meilleurs, mais cela arrive aussi et surtout aux plus mauvais. Enfin bon, l’informatique et la SNCF, c’est une longue histoire d’amour parsemée de maladies vénériennes.

Mais roulant – à vitesse réduite – de Charybde en Scylla, la SNCF ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin de fer : voilà-t-y pas que des plaisantins s’amusent à lui piquer des kilomètres de câbles en cuivre sur les voies TGV Eurostar et Thalys. Zut et crotte. On se croirait en Irak, à ce tarif.

Fini ? Eh bien non. Jamais deux sans trois et le week-end se termine en beauté pour la compagnie qui, au siècle dernier, transportait à peu près des gens en trains mais semble de plus en plus s’orienter vers un business model alternatif qui l’oblige à déplacer des foules en autocar et à rembourser des billets qu’elle n’arrive pas à leur vendre. En effet, badaboum, lundi soir, c’est un véritable Waterloo à Austerlitz qui cafouille à son tour.

Et dire que vous, contribuables français, vous payez, chèrement, pour tout ce bonheur. Aaaah (soupir). De loin, on dirait une économie communiste où tout part en quenouille d’un seul coup. Non ?

Mais oublions un instant les galères répétitives (et maintenant coutumières) des usagés de la SNCF pour revenir à nos cafouillages plus politiques.

Shipment of fail !

Et là encore, ce week-end aura été l’occasion d’un véritable festival. On ne sait plus où donner de la tête.

On peut ainsi commencer par les adorables échanges de propos gênés entre Estrosi et Woerth au sujet de la retraite. L’un et l’autre se sont exprimés récemment sur le sujet, mais comme, évidemment, rien n’est fixé, rien n’est écrit, rien n’est gravé dans le marbre et les consultations doivent avoir lieu / reprendre / continuer, on comprendra que lâcher, comme ça, plaf, au milieu d’une interview détendue avec des cacahuètes et un petit jaune, que, vous comprenez mon brave Apathie, on ne peut plus s’arrêter à 60 ans et qu’il va bien falloir aller plus loin, bing, … ça fout un froid.

Ménon ménon ménon mékeskidi météfoutwâ chut faites-le taire dit en substance notre aimable auteur de fictions enfantines, Eric Woerth, qui explique que non non, tout ceci n’est pas arrêté et qu’on va répartir – ça, les étatistes, aiment bien, répartir – les gains d’espérance de vie, un peu par ici, et un peu par là, histoire que tout le monde puisse bien profiter de sa retraite à 63 ans. Pardon heu je veux dire 60, mais heu bon les discussions sont ouvertes.

Ils sont mignons. Ils nous prennent un peu pour des andouilles, mais comme cela fait trente ans que cela dure et que, finalement, personne ne leur dit stop, il n’y a pas de raison qu’ils s’arrêtent, hein.

En réalité, je vous le rappelle : pour ceux qui sont actuellement en retraite, profitez-en encore un peu, ça ne durera pas. Je dirai quelques années, au plus. Quelques mois, peut-être, si l’on en croit un type comme Christian Saint-Etienne… Et pour les autres, vous pouvez faire une croix dessus. Oubliez. Cette retraite-là, vous n’y aurez pas droit. Du tout. Vous avez cotisé ? Bah oui, bien obligés, hein. Eh bien tant pis. Vous vous êtes fait avoir.

Mais rassurez-vous : ce n’est qu’un petit cafouillage.

Il y en aura d’autres.

Ce week-end, par exemple, il y a eu aussi le maintenant rituel cafouillage du lundi de Pentecôte férié mais non chômé – comprenez comme vous le voulez – et le recouvrement de la taxe correspondante, cette magnifique solidarité artificielle, obligatoire et dont les montants s’évaporent entre la poche du patron et celle du salarié au plus grand profit de … de personne en fait, tout ceci servant essentiellement à huiler la monstrueuse machine étatique dont les petits pignons et les gros engrenages tournent maintenant à toute vitesse en roue libre avec la réconfortante certitude que s’ils s’arrêtaient, ce serait peut-être probablement hypothétiquement pire.

Vous avez l’impression de vous être un peu fait enfler ? Allons allons. Il ne faut pas : en effet, vous vous êtes fait enfler, mais si vous devez vous arrêter à ce petit cafouillage, vous allez vous choper un ulcère.

Respirez et passons.

Revenons à nos politiciens, ceux qui passent, de temps en temps, un petit coup de chiffon professionnel et attendri sur l’imposante machine étatique lancée à pleine vapeur vers les horizons de nouveaux impôts tous plus rigolos et vexatoires les uns que les autres.

Prenons Martine Aubry. C’est une image, la seule chose qui devrait prendre Martine, sauvagement et sans atermoiements, c’est la retraite, par exemple le 8 août de cette année, où elle fêtera ses 60 ans, et bon débarras. Mais bref, si l’on prend le cas de Martine, on apprend, consterné et un peu pris de pitié, aussi, que la future retraitée continue de tenter le tout pour le tout avec son concept fumeux et socialoïde (ou fumoïde et socialeux, ça marche aussi) de Société du Care : manifestement, cela ne plaît pas à droite (on s’en serait douté) mais pas non plus à gauche, dixit Valls. Bref, ce n’est pas gagné pour Martine et ses concepts d’importation un peu moisis et qui sentent surtout la construction ad hoc pour tenter de divertir les foules.

Heureusement, il se trouve toujours une bonne âme ou une sociologue mode française pour venir en aide à la Première Secrétaire : non, le care, vous verrez, c’est super, et c’est vraiment de ce dont on a besoin, là, maintenant tout de suite ou disons dans deux ans, alors que la dette prend des nouveaux digits et des proportions inconnues jusque là, que le système de retraites … cafouille, disons, et que les propositions des uns et des autres renvoient elles aussi à la notion de cafouillage version trisomie, autisme et suicide à la petite cuillère.

Car pendant que le gouvernement cafouille sur Facebook et les retraites, que l’opposition cafouille sur le Care, bref pendant que nos responsables cafouillent aux fraises, l’euro, la monnaie unique (rappelez-vous, que diable !) cafouille à son tour dans un océan de perplexité et de crispation de plus en plus sévère.

Mais dans tous ces cafouillages, une bonne nouvelle, et c’est par celle-là que je vais terminer : les bébés humains meurent moins. Quelque part, cela fait chaud au coeur.

Et comme par hasard, ce n’est pas du tout grâce à Aubry, Woerth, Estrosi ou aucun de ces clowns qui nous gouvernent.

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Commentaires22

    1. GM

      Je me joins à cette observation de lecteur habitué à être gâté, hop. Un caprice, comme ça, pour changer. :)
      Pour Stiglitz on a beau être averti, il y a toujours un risque de s’étrangler quand on aperçoit ça en titre pleine page du Monde, avec tout l’impact que ça suppose sur l’opinion provenant d’un archevêque des ultrakeynésiens (tiens si on inversait un peu les outrances lexicales). Il faudrait pouvoir chiffrer le prix de ce genre d’ineptie : combien coûte à l’économie une tribune de Stiglitz? Oui je rêve bien sûr, mais e serait sûrement rigolo.

      1. adnstep

        Après avoir donné ses bons conseils à l’Amérique, puis à l’Europe, voyant qu’il n’y a plus rien à tirer côtés subsides, il va sans doute aller répandre sa connaissance immanente en Chine.

  1. DoM P

    Moi, vendredi, j’ai pris un train Paris-Reims, qui est arrivé avec une heure de retard. Un peu comme 2 semaines avant, en somme.
    La SNCF, à eux de me faire regretter le train…

  2. darius

    Il manque la conclusion a cet ecellent article:
    C’est :
    Ce pays est fichu
    Fuyez avant qu’on ne vous présente l’addition.

    1. France libre

      La fuite médiatisée d’une partie de la jeunesse et des gros contribuables pourrait faire tomber le système actuel. (C’est ce qui est arrivé en août 1989, avec les Allemands de l’Est qui purent contourné le rideau de fer par la Hongrie.) En effet, si on assèche les revenus de l’Etat Providence, il devra faire face à la réalité plus rapidement.

      La France est-elle fichue? Si elle continue comme cela, il n’y a pas de doute. Par contre, on voit que cela ne durera plus éternellement. Les gouvernements Européens sont arrivés à la limite de l’endettement. Alors, que se passera-t-il après? On passe souvent d’un excès à l’autre. Or, si, par miracle, on donnait sa chance au libéralisme (vu qu’on a essayé tout le reste), je suis convaincu que la France se redresserait. Qu’elle ne coule pas sous le poids des prélèvements excessifs depuis des dizaines d’années montre une étonnante capacité d’adaptation des Français.

      Cela me rappelle un peu la blague du gars qui marche avec une enclume dans la jungle. On lui demande à quoi sert l’enclume. Il dit que c’est contre les lions. Comment donc? « Oui, car dès que je lache l’enclume je cours très très vite. »
      Si la France lache l’Etat Providence, elle se remettra à croitre et à prospérer.

      1. darius

        Ca fait beaucoup de si
        Le systeme privilegie les politiques et fonks de tout poil qui se batteront jusqu’au dernier souffle pour protéger leurs droitzaki.Deja aucun ministre n’envisage de reduire de 5% leurs genereux salaires.
        Donc il faudra que tout le monde soit dans la rue pour que ca change, et pour retarder la revolution les gouvernants arroseront qui de droit(avec nos sous) pour retarder l’ineluctable vindicte publique.Donc la france se redressera apres etre allé tres tres mal(il vaudra mieux etre ailleurs a ce moment, a mon humble avis), et ca va durer longtemps, donc autant se tailler tout de suite avant qu’ils ne nous aient tout pris, eventuellement nos petits enfants verront (peut etre) une france libérale, donc prospère, mais je n’y crois plus.

      2. adnstep

        Les animaux sauvages nés dans le cocon douillet d’un zoo ou d’une réserve se réadaptent difficilement à la jungle. C’est pourtant ce que devront peut-être entreprendre les français.

  3. Flak

    Dailymotion c’est de la merde.
    C’est quoi d’ailleurs Dailymotion, le youtube francais? Pas etonnant alors que ca rame et que ca lag.

  4. Marc

    Finalement la politique est une activité dangereuse :D

    ARIEGE Un élu PS roué de coups par 3 militants socialistes après une réunion

    Michel Teychenné, une figure du Parti socialiste (PS) en Ariège, a été roué de coups jeudi dernier par trois militants de son parti à la sortie d’une réunion de section à Pamiers (Ariège), a-t-on appris mardi auprès du parquet de Foix.
    M. Teychenné a été blessé au visage et hospitalisé après ce que le parquet a appelé « une altercation et un échange de coups entre personnes du même parti le 20 mai ».
    L’élu a porté plainte pour blessures volontaires avec plus de 8 jours d’interruption temporaire de travail (ITT).
    Une des trois personnes mises en cause

    par M. Teychenné a également porté plainte contre une cinquième personne qui l’a légèrement blessée, entraînant une ITT de 3 jours.
    « Je regrette que mes agresseurs se disent socialistes. Fraîchement arrivés à la section de Pamiers, leur comportement n’a rien à voir avec nos valeurs », a déclaré ce politicien de 52 ans sur son blog, où il a diffusé une photo le montrant avec le visage tuméfié (www.michelteychenne.net).
    Les protagonistes de cette affaire devaient être entendus cette semaine par le procureur afin de tirer l’affaire au clair.
    Michel Teychenné, conseiller municipal de Pamiers et ex-député européen, est en rupture avec la direction départementale du PS. Il affirme avoir été écarté de la liste socialiste aux Régionales en raison de son homosexualité, ce que dément la direction du PS.

    http://www.lindependant.com/articles/2010-05-25/un-elu-ps-roue-de-coups-par-3-militants-socialistes-apres-une-reunion-187198.php

  5. Marc

    C’est la version anglaise du Times qui a annoncé la nouvelle : le Parlement européen a décidé d’équiper ses 736 membres d’un iPad, après la sortie européenne de la tablette d’Apple.

    Pour ce faire, un budget de 4,3 millions de livres sterling, soit 5 millions d’euros, a été débloqué, dans le cadre d’un « projet de mobilité IT ». Le Bureau du Parlement a en effet exprimé le désir de rendre les députés européens plus « branchés » et plus mobiles.

    L’iPad, dont le prix devrait avoisiner les 499 euros, semble donc tout indiqué aux yeux du Parlement. Et tant pis si chaque eurodéputé a reçu, pas plus tard qu’il y a quelques mois, un ordinateur portable Hewlett-Packard flambant neuf : certains s’étaient plaints de son poids, jugé trop élevé. Aux grands maux (de dos), les grands remèdes.

    A l’origine de cette idée se trouverait, selon un porte-parole du Parlement qui a préféré garder l’anonymat, Klaus Welle, le secrétaire général allemand, visiblement connu pour être un adepte de la marque à la pomme. La source anonyme a également confié à Times online que « le PC a fait son temps » et que l’iPad est « un dispositif supérieur ». « Nous pourrons nous débarrasser de nos vieux ordinateurs, dont certains fonctionnent avec des logiciels dépassés, tels que Microsoft Word 2003. » a-t-elle ajouté.

    Un investissement qui, en période de crise, ne fait pas nécessairement l’unanimité : le Times rapporte à ce titre les paroles de la députée britannique Marta Andreasen, qui juge cette dépense « tout à fait inutile, surtout lorsque les contribuables européens sont confrontés à des temps aussi durs ». Mme Andreasen évoque également un autre problème de taille, à savoir le manque de pratique d’un grand nombre de députés à l’égard de la technologie : « On nous a dit, en effet, que l’iPad n’était pas cher et nous permettrait, à peu de frais, de rester connecté à l’extérieur du bureau et en vacances. Mais beaucoup de députés sont âgés et ne savent même pas utiliser Internet. »

    Le Bureau du Parlement européen n’a pas donné de date précise concernant l’achat et la distribution des iPad aux eurodéputés, qui devront, en attendant, se contenter de leurs lourds ordinateurs portables…

    http://www.clubic.com/mobilite-et-telephonie/actualite-342452-ipad-eurodepute-investissement.html

    Monsieur H16 m’éclairera sans doute mais:

    En supposant même qu’ils prennent l’ipad le plus cher, donc a 800€ ca fait 740*800 = 592 000€. Ou vont les 4,4 millions d’€ restants ?

    1. En gros, dans l’écart, on doit retrouver tout ce qui est logiciels installés, la maintenance sur toute la législature, et toute la main-d’oeuvre pour la mise en place, les sessions de formation sur l’engin, la hot-line / le helpdesk. Bref, ça doit faire dans les 8 ou 10 personnes (2 shifts) à temps plein (16h / jour) pendant 5 ans…

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