Les mathématiques socialistes

C’est lundi, on est frais et dispos pour une nouvelle semaine, et nous la commencerons donc par une petite séance de mathématiques. J’entends déjà les râles de certains dans le fond, mais je persiste ; en plus, il s’agit de mathématiques relativement souples, puisque ce sont des Mathématiques Socialistes Polémigènes que nous allons aborder aujourd’hui…

Le principe essentiel, pour faire des mathématiques socialistes, consiste à renverser le sens des mots et à transformer des nombres négatifs en nombres positifs, ou l’opposé. Dit comme ça, ça fait mousser les neurones, mais en réalité, c’est très simple.

Nous en avions eu un aperçu il y a quelques temps alors que le ministère du budget (qui cherche des collaborateurs, tiens, en passant) présentait sa nouvelle performance artistique : art de mise en scène et de mouvements amples brassant un air toujours plus léger, inscrit dans la lignée des grandes tendances au n’importe quoi déficitaire qui ont marqué les trente dernières années, le ministre du budget, François Baroin nous a littéralement ouvert l’esprit sur un autre mode d’expression lié au corps, au geste et à l’inaction, loin des cimaises, proche du théâtre, de la danse, de la musique, du cirque et du mime, il nous offre un décloisonnement des genres qui va expérimenter de nouvelles voies, engendrer d’autres démarches, assoupir la pensée de l’homme de la rue, bassement terre à terre. Vous me suivez ?

En gros, on – enfin, François – nous expliquait doctement que c’était une cabriole, pardon un budget Historique puisqu’il diminuait dans des proportions monumentales : au lieu d’un déficit de 150 milliards, nous avions droit à un déficit de 96 milliards, et ça, c’est une per!for!man!ce! les enfants. Les mathématiques socialistes avaient frappé une nouvelle fois.

Ici, il s’agissait de mathématiques socialistes de droite, dont l’axiome fondateur est :

Un trou moins gros que prévu, c’est le début d’une belle montagne.

De la même façon, lorsqu’on écoute les politiciens de gauche, on découvre l’autre versant des mathématiques socialistes. Par exemple, les niches fiscales coûtent 73 milliard d’euros. Notez qu’ici, au contraire des autres mathématiques qui permettent d’envoyer des hommes sur la lune ou de créer des ordinateurs, les nombres, dans ces mathématiques là, sont sans importance : on peut avoir exactement le même résultat avec des niches qui ne coûtent que 50 milliards ou même 2. L’essentiel est dans le reste : une niche coûte, puisque sans, on touche X euros, et avec, on touche Y euros, avec Y < X. La niche représente donc un coût de X-Y. Fastoche, non ? Et tellement plus crédible avec des lettres et des variables. L'axiome de base des mathématiques socialistes de gauche devient donc :

Baisser les recettes, c’est augmenter les dépenses.

Évidemment, dans le monde réel, recettes et dépenses sont deux colonnes séparées, et c’est cette séparation qui permet de tenir des comptes corrects, voire, dans le plus improbable des cas lorsque tout le staff est sous amphétamine et carbure à la coke quasi pure, obtenir des budgets équilibrés (je ne dis pas bénéficiaires, on n’est pas à Disneyland, merde).

Societe-Geniale

Eh bien aujourd’hui, nous avons un nouvel exemple de mathématiques socialistes, avec ce petit calcul simple sur les impôts de la Société Générale.

La SG, vous savez, cette banque qui lâche des traders à moitié formés dans un système de trading avec des trous de sécurité partout permettant aux plus malhonnêtes d’entre eux de jouer des sommes dépassant largement les actifs de la banque sans que personne ne s’en aperçoive pendant des mois et des mois. Vous situez ?

Bien. Dans notre histoire, et pour des mathématiques normales, nous aurions :
a/ bénéfice estimé avant affaire Kerviel : 6 milliards (plus ou moins des brouettes, ne chipotons pas, on fait dans le Gigaeuro, ici)
b/ impôt théorique calculé sur ce bénéfice : 2 milliards
c/ perte enregistrée : 5 milliards
d/ impôt réel payé : 0.3 milliards

En version mathématiques socialistes, nous avons le raisonnement suivant :
a/ la SG fait 6 milliards
b/ elle doit payer 2 milliards
c/ elle ne paye que 0.3, c’est donc que l’état lui donne 1.7.

En conclusion de quoi, François H – au passage, c’est inquiétant, ce nombre de François qui font des mathématiques alternatives – notre saltimbanque spécialiste de la mathématique socialiste de haute voltige, nous explique calmement que c’est donc « le contribuable qui paye » la différence.

Inquiétant.

Ce sont en effet ces fins mathématiciens qui prétendent tous gouverner le pays ou présider, d’une façon ou d’une autre, à son avenir. Ce sont ces mêmes cascadeurs de l’opération arithmétique louche qui se proposent pour tenir un budget, redresser nos finances, et nous propulser dans le XXIème siècle avec brio.

On comprend pourquoi certains préfèrent encore boire en conduisant.

J'accepte les BCH !

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Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
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Commentaires16

  1. Tognolli

    Cher(s) Amis,

    Oh là, comme vous y allez !

    Le deuxième épisode de la bataille parlementaire au Sénat est arrivé : http://www.youtube.com/watch?v=TEq1oariw2E

    Dans le cadre de la lutte contre le projet de loi sur les retraites, nos sénateurs du Parti de Gauche ont mis en place un dispositif permettant à tous de suivre les débats au Sénat. En effet, les sénateurs sont appelés à se prononcer sur ce texte qui remet en cause le droit à une retraite à 60 ans à taux plein depuis le mardi 5 Octobre.

    « le droit à une retraite à 60 ans » est un droit qui n’existe pas. Comme le droit au sexe avec une femme pulpeuse et chaude / homme beau et musclé trois fois par semaine.

    Au Parti de Gauche, comme au Front de Gauche, le cœur de notre projet politique est la « Révolution citoyenne ». Ainsi, nous pensons qu’il est important que tous les citoyens qui le souhaitent puissent s’impliquer activement dans ce débat sur les retraites, symbole de notre contrat social.

    Ah oui, la révolution, c’est-à-dire le fait de faire un tour sur soi-même pour en revenir au point de départ. Je comprends.

    Pour ce faire, nos sénateurs Marie-Agnès Labarre et François Autain vous invitent à vous rendre sur le site du Parti de Gauche pour suivre tous les deux jours des comptes-rendus de la bataille parlementaire au Sénat (en haut à droite sur le site). En effet, tous les deux jours, sur les coups de 20h, sera mise en ligne une petite vidéo revenant sur l’évolution de la discussion au Sénat. Cette petite série s’intitule « Chronique de la bataille parlementaire contre le projet de loi sur les retraites ».
La première vidéo est d’ores et déjà en ligne.

    Sacha Tognolli

  2. Aymeric Pontier

    En parlant des niches fiscales (ou sociales), je me suis amusé il y a peu à calculer le niveau des prélèvements obligatoires qui s’appliquerait en France si on les supprimait toutes (celles des particuliers et celles des entreprises aussi). Réponse : environ 60%. Les niches étant des dérogations au régime de base, le modèle social et fiscal français a donc été conçu pour prélever 60% de la richesse produite dans ce pays.
    Il est utile de faire appel à notre ami Keynes (oui oui) pour comprendre à quel point c’est de la folie : http://aymericpontier.blogspot.com/2009/09/la-france-une-economie-socialiste.html

  3. Denis

    On va faire plus simple…

    En 2010, les niches fiscales consenties aux entreprises représentent 6.37 fois le déficit des régimes de sécurité sociale.

    Et puis ça tombe bien, puisque les comptes de l’état qui gèrent les niches et les comptes de la sécu, se sont les mêmes. Non ? Même pas un peu ? Vous voulez dire qu’en fait, on peut pas transvaser de l’un à l’autre sans poser des petits problèmes de comptabilité publique ? Ooooh, mais, voyons, quand on veut, on peut, hein. C’est ségo qui le disait, d’ailleurs. On peut tout faire. Zip. Zoup. Et tagada.

    1. Winston (l’un)

      Déjà, il ne s’agit pas de la « sécurité sociale » mais de la « Caisse Primaire d’Assurance Maladie », cette confusion est entretenue par les socialos de gauche et de droite pour maintenir l’illusion d’une assurance publique incontournable.

      D’autre part, pourquoi vouloir forcer les français à financer un machin mal géré ? Il faut être complètement maso.
      Commençons par mettre en place des systèmes qui fonctionnent avant de vouloir voler l’argent des français.

  4. Le Cri du Contribuable

    Concernant les niches fiscales, l’expression en vogue à Bercy pour désigner la moindre imposition qu’elles impliquent est celle de la « dépense fiscale ». Où l’on comprend que dans l’esprit de nos gouvernants, l’argent appartient au départ à l’État, puis il est concédé sous forme de prestations « sociales » et d’exonérations fiscales. Une fois opéré un tel renversement de perspective, toute spoliation est possible…

    1. Stéphane

      C’est le mode de pensée soviétique (et par-delà communiste) dans lequel seule la « collectivité » peut être propriétaire.

      Collectivité naturellement incarnée par l’Etat.

      Dans cet état d’esprit, la propriété individuelle n’existe pas. Elle n’est au mieux qu’une concession accordée à l’individu (pour le récompenser, ou l’aider à mieux contribuer à la société.) Ces dérogations ne sont accordées qu’à titre temporaire; les taxes et les impôts remettent bien vite à leur place ceux dont la prospérité sort du cadre, et à la fin de leur existence, un impôt sur les successions bien senti permet de faire revenir tout « patrimoine » à cette collectivité qu’il n’aurait jamais dû quitter.

      Une fois cet état d’esprit bien compris, les errements de vocabulaire des politiciens et journalistes coulent de source: les baisses d’impôts sont des « cadeaux » qui doivent être « financés » ou « compensés », les déficits dus à un train de vie dispendieux ou des projets absurdes sont en fait des « investissements », les gens qui émigrent avec un patrimoine ou font sortir de l’argent des frontières « volent l’Etat », etc.

  5. newsnours

    Que ce soit à droite ou à gauche, personne ne parle de la valeur des positions de Kerviel, vendues avec une perte de 5 milliards, si elles avaient été gardées et vendues ensuite.
    Le plus mauvais mathématicien est aussi sans conteste l’avocat de Kerviel, qui n’a visiblement pas parlé de la loi de déduction fiscale possible, au Tribunal (qui logiquement aurait alors condamné Kerviel à moins d’indemnités).
    En ce qui concerne les niches fiscales, tout le monde regarde l’imposition mais personne ne regarde l’utilisation des impôts or certaines niches fiscales permettent d’économiser des impôts. Combien coûterait l’entretien des forêts par exemple dont actuellement les propriétaires bénéficient de niches fiscales ? + ou – ? Personne ne le sait.. Y aurait-il seulement des propriétaires de forêts ?

    1. Joe

      Parler de la déductibilité des pertes exceptionnelles de Kerviel devant le tribunal n’aurait rien changer. En effet, en admettant que Kerviel trouve 5 Md€ et qu’il les verse à la SG, la SG paiera également un impôt dessus à hauteur du taux de l’IS.

      Mais quand on a une idée quelque part, on l’a pas ailleurs et on est prêt à tordre la vérité et la réalité dans tous les sens pour la faire rentrer dans le petit moule étriqué qu’on a réussi à se façonner.

  6. ANT1

    Ici au moins, c’est clair et bien explque.
    je crois que les journalistes (Le Monde & cie), eux, n’ont absolument rien compris a cette histoire (et probablement pas trop cherche a comprendre)

  7. Vicnent

    le pire est que c’est absolument énorme et que tout le monde s’en branle.

    François H a fait HEC…

    Franchement, je ne comprends pas que les journalistes ne lui rentrent pas tout simplement dans la gueule. Ah oui, suis je bête : il n’y a plus non plus de journaliste en France… 🙂

  8. Théo31

    j’avoue m’être fait avoir en apprenant la nouvelle, mais présentée comme elle était, elle ne pouvait qu’induire en erreur.

    En revanche, François H, est assurément payé par les contribuables pour exposer la diarrhée mentale socialiste.

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