Dette américaine : AAA sous pression

C’est passé très très discrètement dans la presse, mais Standard & Poor ainsi que Moody’s ont émis des avertissements sur la note de la dette émise par le trésor américain, pour le moment AAA : s’il n’y a aucune mesure rapide visant à endiguer la production de dette américaine, la probabilité d’une perspective négative sur la note augmentera.

«Notre perspective stable sur la note ‘AAA’ des Etats-Unis suppose que le gouvernement révélera bientôt un plan crédible pour resserrer la politique budgétaire afin de permettre au ratio de la dette rapporté au PIB de se stabiliser et ensuite de baisser à moyen terme»

On appréciera au passage les termes extrêmement diplomatiques pour présenter le risque, bien concret, d’une telle dégradation. Et on goûtera aux articles évidemment discrets mais relativement complets de la presse nationale relatant les difficultés américaine, pendant que, dans le même temps et pour la France, on présentera une situation étonnamment similaire d’une façon nettement plus sereine.

De toute façon, ne soyons pas dupes : les agences ne dégraderont la France ou les USA que le lendemain de la cessation de paiement.

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Commentaires22

    1. Stéphane

      Les chiffres de la dette française sont sous-évalués, vous pensez bien. Lire le commentaire de Lib plus bas sur les engagement de retraite non provisionnés, sortis du bilan par la « comptabilité créative » de l’Etat français.

  1. GM

    Oui, voilà. Maintenant que le AAA ne veut plus rien dire, on mesure en pression sur la dégradation de la note. Il va falloir surveiller les degrés de froncement de sourcils de Davis Wyss.

  2. Alex6

    « Les agences ne degraderont la France ou les USA que le lendemain de la cessation de paiement »
    Ce qui est parfaitement logique. Les agences de notation sont le barometre du passe, leur role n’est pas du tout d’aider a de quelconques predictions.
    Le marche immobilier americain etait AAA jusqu’au bout, simplement parceque de maniere global il n’avait jamais chute sur de longues periodes.
    Tout le monde sait que la France puis les USA feront faillite, les questions sont de savoir quand et comment proteger au mieux son capital.

  3. Epicier vénéneux

    Je ne vois pas trop comment on pourrait dégrader la note des Etats-Unis, de l’Allemagne, de l’UK ou de la France sans déclencher une guerre mondiale.

    Si j’étais Chinois ou Russe ou Brésilien, que j’avais des milliards de réserve de cash en € et en $ et qu’on me disait du jour au lendemain que demain tout ça ne vaudrait plus grand’chose, vous comprenez bien que je me ferais un plaisir de vous envoyer les huissiers pour vous prendre vos meubles parce que hein, bon, on rigole on rigole mais c’est une affaire sérieuse tout de même.

    C’est une chose de dire aux Français de se serrer la ceinture le temps de la crisette; c’en est une autre de dire aux pays émergents que nous allons tous joyeusement stagner ou régresser de dix ou quinze ans le temps d’assainir la situation. Souvenez-vous de la France en 1995. Ce n’était pas trop mal.

    Souvenez-vous de la Chine en 1995.

  4. Lib

    Les chiffres officiels de la dette publique française n’incluent pas l’engagement du ponzi des retraites par répartition.

    Tous les ans, les Français paient 250 milliards en cotisations de retraites. Peut-être les Français pensent-ils qu’en contrepartie ils détiennent un droit, un actif, un titre quelconque à recevoir plus tard des versements vaguement en rapport avec les sommes qu’ils ont acquitté pendant des décennies. Mais les voyous qui gèrent nos retraites ont comptabilisé une dette à l’égard des cotisants d’un grand total de … zéro.

    250 milliards par an, en moyenne chaque cotisant a payé pendant 20 ans (les jeunes 0, les vieux 40 ans), ça nous fait une dette de 5000 milliards à vue de nez. Madoff, Kenneth Lay et leur bande peuvent aller se rhabiller.

    Et bien sûr, si on inclut enfin dans la dette publique les sommes que l’Etat ou ses rejetons collectivistes doivent aux Français, on arrive à un ratio dette/pib de 350%. Une paille.

  5. pages jaunes

    ET oui triste réalité… mais comment voulez-vous qu’un pays comme la France qui ne produit plus rien mais qui achète tout en provenance de l’étranger puisse un jour rétablir la balance?? Et sans compter sur le vieillissement de la population, de la précarité montante etc…..
    Il ne faut pas se voiler la face, la France comme beaucoup de pays de la vieille Europe feront bientot partie des pays anciennes puissances ruinées, à l’image de la Russie …

  6. Kelevra

    en plus des retraites non provisionnees, il faut rajouter par exemple la dette des hopitaux 20 milliards, celle des hlm 90 milliards deja 110 milliards de plus.
    il y a quelques mois le tour de passe passe sur le fond de garantie des retraites de 30 milliards incorpore en douce dans le budget de l etat.
    sarko veut la convergence fiscale avec l allemagne, c est 100 milliards de depenses en moins!!!! quant on sait que le deficit de 2011 est prevu en gros a 100 milliards, ca veut dire 200 milliards d economies pour etre a l equilibre et stopper la progression de la dette. va falloir qu il appele son copain tom cruise car ca c est une mission impossible.

    1. Ieremenko

      Économiser, moyennant une classique déformation de sens dont on est coutumier chez nos zélites françaises, aura bientôt la même signification que « augmenter l’augmentation d’impôts tout en diminuant l’augmentation des dépenses ».

      Et là ce sera à l’Allemagne de nous rattraper questions taxes et autres joyeusetés.

  7. johan

    Quelqu’un pourrait-il m’expliquer comment un état qui imprime sa propre monnaie pourrait-il tomber à cours de cette même monnaie?

    1. Ieremenko

      Bah oui c’est ça, imprimons… c’est d’ailleurs ce que fait la Fed en fait, et c’est pas sans incidences sur le marché action et ceux des matières premières… paraît que c’est la fête tout les matins depuis que le grand manitou Bernanke a fait la danse du billet vert… (entendu sur BFM avant hier)

        1. Ieremenko

          La Fed imprime plus de 110G$ chaque mois, et avec rachète les bons du trésor Américain (et diminue donc la baisse de celui ci, elle prévoit -pour l’instant- d’en racheter au total 1100G$ (il me semble, à peu près)). Les détenteurs auxquels elle les rachète récupèrent alors leur argent, qu’ils vont à priori très majoritairement réinvestir : marché obligataire, marché action, matières premières, et ainsi augmenter le prix des produits/marchandises vendues. C’est ce qui explique en grande partie la hausse des marchés actions depuis l’annonce du plan (fin août 2010), d’abord par spéculation sur la future monté que cela allait engendrer (le plan n’a été lancé qu’en octobre), puis en ce moment même par le plan lui même puisqu’à en croire certains acteurs les liquidités pleuvent…

          Cette hausse des prix des matières premières va engendrer peu à peu (c’est déjà bien le cas directement pour le pétrole ou certaines matières alimentaires) sur les prix de nos produits puisque les entreprises pour rester rentable sont obligés de reporter la hausse des prix des matières premières qu’elles transforment.

          1. -> hausse du riz, du blé, du pétrole.
            -> décorrélation pétrole / baltic dry index (qui décroche)
            -> inflation
            Ooooh, ça sent le krach.

  8. BA

    Moi, ma préférée, c’est la dette grecque.

    Jeudi 20 janvier 2011 :

    Ce matin, la banque américaine Goldman Sachs organisait un séminaire dans le très select Cercle Interallié, pour présenter ses perspectives économiques et financières de l’année. En gros, expliquer à ses clients quelles étaient les évolutions à attendre en matière de conjoncture et surtout où placer leur argent pour en profiter le mieux possible.

    Mais c’est à la fin, lorsque l’on a abordé la question des obligations que j’ai failli tomber de ma chaise : pour les experts de la banque, il faut acheter de la dette grecque et, dans une moindre mesure irlandaise et portugaise ! Mais pas n’importe laquelle. Dans le cas de la Grèce, il faut prendre les obligations à 30 ans. Surtout pas celle à 10 ans.

    Bizarre : les taux à dix ans sont à plus de 11,30 % et ceux à 30 sont à 8,50 %. Les gourous de Wall Street auraient-ils perdu leur calculatrice ? Non, rassurez-vous !

    « La Grèce va restructurer sa dette à dix ans », nous a annoncé l’air de rien le stratège obligataire de la banque : ce qui signifie qu’il faut la fuir à tout prix.

    Par contre, cette restructuration épargnera la dette à trente ans. Et au contraire, en restructurant à court terme, la Grèce aura plus de chance de nous rembourser à très long terme. Avec des taux à 8,50 % à 30 ans – imbattable – Athènes offre des rendements uniques au monde, qui vont rapporter plein de sous.

    Les clients de Goldman Sachs ont vraiment de la chance. Ils ont appris (c’est un scoop) que la Grèce allait restructurer sa dette et surtout qu’il fallait tout de suite se précipiter sur les taux à trente ans.

    Au fait, ami lecteur, j’ai oublié de vous dire : c’est Goldman Sachs qui a été soupçonné, dans les années 2000 d’avoir aidé le gouvernement Grec à maquiller ses comptes. Une accusation jamais prouvée, je m’empresse de le préciser, mais que les clients de la banque, hier au Cercle Interallié auraient peut-être mérité de savoir.  

    http://blog.lefigaro.fr/economie/2011/01/le-scoop-de-goldman-sachs-sur-la-dette-grecque.html

    1. Théo31

      « la Grèce aura plus de chance de nous rembourser à très long terme. »

      C’est beau de croire au père Noël passé 30 ans. Restructuration de la dette = ceux qui ont prêté ne seront remboursés qu’une fois morts, à l’instar de l’Allemagne qui vient de finir de payer sa guerre de 14.

  9. BA

    A propos de la dette grecque :

    – Emprunt à 3 mois :

    Allemagne : taux d’intérêt des obligations à 3 mois : 0,470 %.

    France : taux d’intérêt des obligations à 3 mois : 0,622 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN3M:IND

    Et la Grèce ?

    Quel taux d’intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 3 mois ?

    Jeudi 20 janvier 2011, pour un emprunt à 3 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,10 %.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/23/97002-20110123FILWWW00058-grece-un-emprunt-pour-la-diaspora.php

    – Emprunt à 6 mois :

    Allemagne : taux d’intérêt pour les obligations à 6 mois : 0,640 %.

    France : taux d’intérêt pour les obligations à 6 mois : 0,744 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN6M:IND

    Et la Grèce ?

    Quel taux d’intérêt doit payer la Grèce pour un emprunt à 6 mois ?

    Mardi 11 janvier 2011, pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,90 %.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/11/97002-20110111FILWWW00482-grece-leve-195-mds-en-dessous-de-5.php

  10. adnstep

    En passant, j’ai pris rdv chez mon « conseiller financier » pour parler de mon assurance-vie. Du 100% en euros, peu de rendement, mais pas de risque, me dit-il. Pas de risque ? Mais vous n’avez pas d’obligations européennes, lui rétorqué-je ? Ben oui, presque que de la Française, mon bon monsieur, c’est vous dire si c’est solide. Et si l’état ne rembourse pas ses dettes ? Si plus personne ne lui prête ? Ben comment ça , plus personne ne prête ? Et nous, vous croyez qu’on est là pourquoi ? La dette de l’état, elle est financée par les Français. Vous voyez, rien ne peut arriver.

    En tout cas, je suis bien content de posséder un peu de dette de la France. Monsieur Sarkozy, tu pourrais en faire un peu plus, de la dette…?

  11. BA

    Mardi 25 janvier 2011 :

    « Perspectives de l’économie mondiale », par le FMI.

    Le risque que les remous financiers se propagent de la périphérie au coeur de l’Europe est une conséquence de la faiblesse persistante des établissements financiers dans de nombreux pays avancés de la région, ainsi que d’un manque de transparence en ce qui concerne leurs engagements.

    Les établissements financiers et les États souverains sont donc étroitement liés, et la contagion entre les deux secteurs se produit dans les deux sens.

    Bien que les pays de la périphérie ne représentent qu’une faible partie de la production et du commerce de la zone euro, leurs relations financières importantes avec les pays du coeur de la zone, ainsi que la contagion financière, sous la forme d’une plus forte aversion au risque et d’une baisse des cours des actions, pourraient entraîner un ralentissement de la croissance et de la demande qui freinerait la reprise de l’économie mondiale.

    En particulier, la persistance de tensions sur les marchés pourrait causer de sérieux problèmes de financement pour des banques et des États souverains importants, et les effets de débordement sur les pays du coeur de la zone euro seraient d’autant plus probables.

    Le graphique 4 présente un autre scénario, qui illustre comment une contagion plus forte pourrait amputer la croissance. Ce scénario — qui est plus ou moins similaire à celui qui est présenté dans la Mise à jour des PEM de juillet 2010 — suppose qu’un choc majeur suivi d’une action trop lente et pas assez vigoureuse des pouvoirs publics entraîne d’importantes pertes sur titres et prêts dans la périphérie de la zone euro.

    En conséquence, les ratios de fonds propres diminuent considérablement dans plusieurs pays, tant dans la périphérie qu’au coeur de la zone euro. Dans ce scénario, les banques européennes durcissent les conditions de prêt dans les mêmes proportions que lors de l’effondrement de Lehman Brothers en 2008.

    En conséquence, la croissance dans la zone euro est réduite d’environ 2½ points de pourcentage par rapport au scénario de référence. En supposant que les effets de contagion financière sur le reste du monde sont limités — le durcissement des conditions de prêt aux États-Unis étant deux fois moindre qu’en Europe —, la croissance mondiale en 2011 est inférieure d’environ 1 point de pourcentage à celle qui est prévue dans le scénario de référence.

    Mais si la contagion financière est plus forte — avec une montée généralisée de l’aversion au risque, un tarissement des liquidités et de fortes baisses sur les marchés d’actions —, les répercussions sur la croissance mondiale seraient bien plus prononcées, et amplifiées par les faiblesses des bilans dans les autres principaux pays avancés.

    Dans les pays avancés, le plus urgent est d’atténuer les tensions financières dans la zone euro, ainsi que de faire avancer les réformes nécessaires du système financier et le rééquilibrage à moyen terme des finances publiques.

    Ces mesures propices à la croissance seraient utiles pour s’attaquer au chômage, qui reste élevé — un enjeu capital pour ces pays. Elles auraient aussi des effets bénéfiques sur les pays émergents, où les pouvoirs publics ont pour tâches principales de faire face de manière appropriée aux entrées de capitaux, de maîtriser les risques de surchauffe et de faciliter le rééquilibrage extérieur.

    Dans la zone euro, une action globale, rapide et résolue est nécessaire face aux risques de dégradation de la situation.

    Des mesures importantes ont été prises depuis mai au niveau national et au niveau de la zone euro, notamment une consolidation des soldes budgétaires et l’exécution de réformes structurelles, le renforcement de l’aide exceptionnelle en liquidités et la mise en place du programme de rachat d’obligations souveraines par la Banque centrale européenne (BCE), ainsi que l’établissement à titre temporaire du Fonds européen de stabilisation financière (FESF), qui sera remplacé par le Mécanisme européen de stabilité (MES) permanent après 2013.

    Mais, dans beaucoup de pays, il reste essentiel de renforcer encore l’action au niveau national afin d’assurer la viabilité des finances publiques et de raviver la croissance.

    Les marchés restent inquiets à propos des pertes potentielles des banques de la région et n’ont pas été apaisés par les tests de résistance qui ont été effectués jusqu’à présent.

    De nouveaux tests de résistance, qui sont plus réalistes, plus exhaustifs et plus stricts, clarifieront la situation. Ils devront être suivis rapidement d’une recapitalisation.

    Il convient aussi de donner aux marchés l’assurance que le centre mettra à disposition des ressources suffisantes pour faire face aux risques de dégradation et que la stratégie globale est cohérente.

    Donc, le FESF et le MES permanent qui est prévu doivent être en mesure de mobiliser des ressources suffisantes et de les déployer avec souplesse, en fonction des besoins. Entre-temps, la BCE devra continuer de fournir des liquidités et d’acheter des titres afin de préserver la stabilité financière.

    http://www.lesechos.fr/medias/2011/0125//0201099687702_print.pdf

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