L’inflation fait des bosses sous le tapis

Ce week-end fut riches en réunions et en petits fours dont la facture est déjà en train de nous être adressée. D’un côté, le FMI et la Banque Mondiale se sont réunis pour arriver à la conclusion qu’en intervenant un peu plus, on arriverait à résoudre la crise, et de l’autre, le G20 a identifié quelques pays fauteurs de troubles. Étrangement, la France se trouve parmi eux.

En substance, on se souvient qu’il y a quelques mois, au précédent G20, les pays du groupe avaient décidé, moyennant des concessions très larges pour la Chine et des indicateurs vraiment pas contraignants, de s’ausculter les parties intimes du PIB, de la dette, des taux de changes et du commerce extérieur pour savoir si l’un d’entre eux n’aurait pas un petit cancer en métastase bien galopant.

Après analyse et petites papouilles diverses laissant à chacun le temps de se retourner, il s’avère donc que les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume Uni, la Chine et l’Inde sont les sept pays identifiés par les ministres des Finances du G20 dont l’économie participe aux déséquilibres de la croissance mondiale.

Voilà qui est un peu embêtant : d’un côté, GastonChristine Lagarde nous explique que la criiiise est finie, que la croissance revient, que les finances des banques, des entreprises et, aussi, un peu, de l’état vont mieux, et là, la même Christine, entre un petit porto et deux cacahouètes sur le pouce, nous annonce un petit sourire en coin que la France est, finalement, dans les pays qui — passez moi l’expression — foutent la merde.

Devant ce constat si surprenant, les ministres du G20 ont pris la décision de prendre une décision au prochain G20, en octobre, ce qui ne mange pas de pain mais pas mal de champagne et de caviar ; on appliquera des « mesures correctrices » dont on sait déjà qu’elles seront solides et efficaces : l’historique de succès de nos ministres et de ce genre de G20 parle pour lui-même avec flamboyance.

Pendant ce temps-là, pendant que de vastes quantités de petits fours disparaissent dans la discrétion feutrée de réunions au sommet, une nouvelle brassée de chiffres tous plus rigolos les uns que les autres déboulent sur les téléscripteurs des agences journalistiques qui s’empressent ensuite de les retranscrire dans des petits entrefilets cryptiques en police 7 pour ne pas effrayer Madame Michu, qui, comme chacun sait, détermine par son comportement une bonne partie des politiques économiques de nos dirigeants.

On trouve ainsi un déficit commercial là où, zut de crotte, on aurait dû trouver un bénéfice.

On trouve aussi une inflation définitivement plus forte que prévue, là où, flûte de zut, on aurait dû trouver des chiffres plus agréables à l’œil. Il est vrai qu’à présent, l’inflation en Angleterre est supérieure à celle du Zimbabwe, pays connu pour avoir essayé avec succès un type un peu trop franc de Quantitative Easing. Mais là, si l’on regarde les chiffres de la zone euro, on tombe sur le même constat : l’inflation grimpe.

Pour rappel, l’inflation il y a un an s’établissait à 1.6%, elle vaut maintenant le double (3.2%) en Europe et 2.7% en zone euro.

On peut voir ça comme une bonne nouvelle : Madame Michu, qui elle aussi a constaté que son portefeuille est de plus en plus vide, n’est donc pas complètement alcoolique ; l’inflation qu’elle ressent de plein fouet (et qu’elle estime, avec son gros bon sens de ménagère, à bien plus de 2.5%) est enfin visible dans les petits calculs parcimonieux des institutions étatiques.

Je dis parcimonieux parce que lorsqu’on prend en compte absolument tous les prix, on aboutit à une inflation relativement modérée : les prix de certains biens chutant régulièrement (électronique, automobile par exemple), les fonctionnalités des produits augmentant pour un prix identique, et ces biens ayant eux-mêmes une étiquette déjà élevée, on aboutit, en moyenne, à une hausse modérée.

Cependant, force est constater que s’il on achète assez régulièrement du pain ou du lait, il est plus rare d’acheter un iPad, une voiture ou une maison. Autrement dit : Madame Michu va être toute contente d’acheter une télé plasma bien moins cher que prévu, mais ça ne lui arrivera qu’une fois par tranche de 10 ans, alors que tous les jours pendant cette période, elle aura l’impression de s’être faite avoir en négociant sa botte de radis.

Petit à petit se fait donc jour un nouveau monde où les produits qui nous entourent acquièrent une qualité assez stupéfiante, celle de prendre automatiquement de la « valeur » plus vite qu’on ne peut les consommer. Pour le moment, on est en mode « léger » et les Vénézuéliens ou les Zimbabwéens rigoleraient de nos petits frémissements.

Mais on sent déjà s’approcher le moment où, par précaution, ces institutions qui nous pipotent une inflation rikiki devront obliger les fabricants à inscrire sur leurs paquets une mention du style « produit élaboré dans un laboratoire contenant des traces d’arachides, de fruits à coque et d’inflation » histoire de les dégager de toute responsabilité en cas de choc anaphylactique ou financier.

Il faut se rendre à l’évidence : les masses considérables de pognons qui ont été créées ces derniers mois grâce à la petite Epson de Bernanke sont pour le moment sagement coincées dans les entrailles du système bancaire. Mais elles vont bien finir par descendre un jour.

D’ailleurs, au passage, je vous recommande cette petite vidéo, sur l’inflation, justement :


In a world where Cartoon-Bears on youtube are the most reliable source of information, anything is possible.

En attendant, pour se remonter le moral, on pourra regarder quelques jolies courbes qui montent, comme, par exemple, celle des Credit Default Swap portugais, ou, plus à propos, ceux de l’Espagne. Ceux de l’or ou de l’argent, en USD, sont aussi revigorant.

Tout ceci est forcément bon signe, non ?

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Commentaires41

  1. Daniel

    De toute façon, même la baisse des prix sur l’électroménager est un arnaque, car la durée de vie de ces équipements baissant, on subit bien une hausse si on calcule le prix d’achat/années d’utilisation.

  2. Robert Marchenoir

    1. Il me semble bien que l’immobilier (location ou achat) n’est pas dans l’indice des prix, et c’est une des choses qui le rend assez inopérant, vu l’importance de ce poste dans le budget des ménages.

    2. L’évolution des prix des produits électroniques ou électroménagers est, en pratique, impossible à calculer (même s’il y a de savantes formules utilisées à cet effet).

    En effet, pour prendre l’exemple des ordinateurs (mais le raisonnement est le même ailleurs), il est exact qu’on en a sans cesse davantage pour le même prix (donc que le prix « baisse »). Sauf que, là où une bouzine de 1 000 pataploufs allait plutôt vite il y a 5 ans, il vous faut aujourd’hui une bouzine de 10 000 pataploufs pour aller à la même vitesse, parce que Bill Gates en a mis partout entretemps.

    C’set encore pire avec une voiture ou avec une machine à laver. De quoi avez vous « besoin » exactement ? Quelles sont les caractéristiques « moyennes », « d’entrée de gamme » ou « de haut de gamme » ? Réponse : elles sont ce que décident les fabricants.

    Si le fabricant décide que vous avez « besoin » d’un affichage électronique, eh bien vous aurez besoin d’un affichage électronique pour vous informer que l’eau coule et que la cuisinière cuit.

    Donc, la machine à laver avec juste une manette qu’on tourne, vous ne la trouverez plus — ou alors couverte de poussière, entre les chiottes et la sortie de secours, et encore elle sera pas en stock, et quand vous la demanderez la vendeuse vous regardera comme si vous aviez oublié de refermer votre braguette.

    Donc, vous achèterez une machine à laver avec un affichage d’Airbus, vous aurez « plus » de fonctions, par conséquent à étiquette égale le prix aura « baissé ». Soi disant.

    A moins que l’INSEE ne décide, dans ses tableaux Excel, qu’un affichage électronique en 2011, c’est la « même » caractéristique que pas d’affichage électronique en 1990. Ce dont je doute, et que personne n’a évidemment les moyens de vérifier. La marge de tripatouillage est énorme et incontrôlable.

    1. Flak

      « Sauf que, là où une bouzine de 1 000 pataploufs allait plutôt vite il y a 5 ans, il vous faut aujourd’hui une bouzine de 10 000 pataploufs pour aller à la même vitesse, parce que Bill Gates en a mis partout entretemps. »

      mais non Robert, c’est parce que l’ordi est devenu homosexuel, il calcule les pataploufs moins vite.Heureusement il va lire des livres de self-help que tu vas lui conseiller et apres il guerira.

        1. flak

          pourquoi toi aussi tu penses qu’on peut guerir les zomos? peut-etre alors que tu devrais demander conseil a Robert, lui qui a reussi a guerir de la trisomie 21 :D

      1. Berenose

        L’ordi homosexuel turbine à 10 000 pataploufs lui aussi, mais il est plus joli parce qu’on l’a bien dizaïné(*). Et à pataplouf/secondes égaux, il est deux fois plus cher :

        Apple iMac
        (Existe en version turbo)

        (*)z’ont juste oublié les plumes.^^

    2. Pythéas

      Et d’ailleurs, les gros cerveaux de chez Renault se sont dit, en reprenant Dacia : « faut absolument qu’on mette un tableau de bord d’Airbus et pleins de gremlins electromachin pour épater le prolo ».
      Robert, c’est fini les années 80 avec les chaines hi-fi au 800 fonctions inutilisables!
      Aujourd’hui, y’a pleins de gars qui réfléchissent à comment rendre les bouzins plus intuitifs, utiles, intelligents… Exemple ? ma mère (qui n’est plus ménagère de moins de 50ans depuis longtemps) n’arrive toujours pas à faire fonctionner son turbomicro-ondes multifonction des 90′s mais se balade sur son iphone…

  3. lmae

    Daniel n’a pas tort…
    La durée de vie moyenne de chacun des composants étant bien connue les produits ménagers ont une facheuse tendance à tomber en rade après 3 ou 4 ans de fonctionnement.

    Par ailleurs H, tu dois lire jovanovic de temps à autre, zerohedge aussi ?

    1. adnstep

      Mon frigo a 16 ans,
      Ma cuisinière en a 10,
      Mon lave-vaisselle autant,
      et il n’y a que mon lave-linge qui a deux ans, vu que j’ai remplacé l’ancien qui en avait 14.

      Et aucun d’eux n’est du haut de gamme.

      Bref, mine de rien, les merdes des années 90, ça tient quand même la route, et le matos d’aujourd’hui tiendra autant.

      Et en plus, ils ont tous subis au moins 4 déménagements, et 1 an en garde-meubles.

  4. Vincent Poncet

    « En attendant, pour se remonter le moral, on pourra regarder quelques jolies courbes qui montent, comme, par exemple, celle des Credit Default Swap portugais, ou, plus à propos, ceux de l’Espagne. »
    Les liens ne pointent pas vers les prix des CDS, mais vers les taux d’intérêts implicites compte tenu de la côte des obligations d’Etat (comme un bond verse un coupon à valeur prédéterminée à son émission et que le bond a un prix fluctuant, il est possible de recalculer le taux d’intérêt du coupon par rapport au prix du bond).
    On dit que taux d’intérêt pour un emprunteur = taux d’intérêt sans risque + prime de risque.
    Le taux du CDS serait la prime de risque.
    Et le taux sans risque, ça n’existe pas en tant que tel, à une époque on disait qu’en Europe, l’Allemagne était référence du sans risque, mais même eux ont un prix de CDS maintenant.

  5. ANT1

    Avec la hausse des matieres premieres, on pourrait même voir des hausses de prix dans l’automobile par ex cablage = deuxieme poste d’achat (cuivre). Le cout du plastique monte aussi.

    La vidéo est excellente, on marche sur la tête.

  6. Georges Kaplan

    Et toute la beauté de la chose tient en un petit détail : l’inflation ne se voit que par la hausse des prix et cette dernière sera – n’en doutez pas une seconde – imputée aux ignobles capitalistes assoiffés de profits. L’opinion publique (c’est à dire – pour suivre Churchill – l’opinion publiée) en appellera donc à l’action salvatrice de l’Etat pour contrôler les débordements du capitalisme mondialisé (et fou) (et dangereux) (et mortifère aussi)…
    Je vais finir aussi désespérément pessimiste qu’h16 ;)

    1. Nicolas

      Vous, je vous aime bien.
      J’ai lu avec le plus grand intérêt vos article sur agoravox..

      Comme me l’a dit un jour un repenti, certes, vous ne convaincrez jamais les connards, ceux qui vous insultent, les débiles, et autres cas sociaux lobotomisés, mais ceux qui vous lisent, ceux qui lisent vos réponses argumentés et froide eux, peuvent finalement comprendre, et nous rejoindre.

      Ainsi, la rationalité progresse, et peut être, notre survie.

      Ainsi vous faites oeuvre de salubrité public, et je vous en remercie, à titre tout à fait personnel, car la raison est la gloire de l’homme. Une goutte d’eau n’est rien, pourtant, entre la goutte d’eau et l’Himalaya, c’est la goutte qui va gagner..

      Merci. Bravo. Continuez. Courage.

  7. vincent

    @R.Marchenoir

    « Il me semble bien que l’immobilier (location ou achat) n’est pas dans l’indice des prix, et c’est une des choses qui le rend assez inopérant, vu l’importance de ce poste dans le budget des ménages. »

    L’immobilier est dans l’indice, mais uniquement en terme de « loyer équivalent ». Or, dans une période ou les rendements locatifs baissent, les loyers équivalents tendent à grimper nettement moins vite que les prix d’achat. La bulle immobilière n’est donc que mal prise en compte dans les indices officiels.

    Ajoutons que pour la première fois depuis bien longtemps, on observe une baisse de la surface moyenne des logements mis en chantier et en vente. Donc pour plus cher, les gens en ont moins: c’est l’inverse de l’électronique GP, et ce n’est pas mieux pris en compte dans les indices.

    1. Robert Marchenoir

      Donc, Vincent, si je comprends bien, l’indice des prix est fidèle pour le locataire, mais sous-évalué pour le propriétaire ?

        1. Nord

          Effectivement! 1500mEUR pour un apparte sur le Champ-de-Mars en 2002, maximum 3% l’an en location … mais à la revente en 2008: fête! car vive la SCI …

          M’aâme Michu, elle, achète son gourbi minable en nom propre car on lui a dit qu’il FAUT être propriétaire … (« je veux une France de propriétaires » … j’ai oublié qui a dit ça, vous aurez l’obligeance de rafraîchir ma mémoire!)

          A votre avis, les taxes, elles ont été payées par qui?

        2. Nicolas

          Une SCI ne permet en aucun cas de faire des économie de plus values…

          ( A moins que vous me sortiez une super niche fiscal ?? Là, d’accord.. J’avoue ne pas avoir vérifié.. Mais normalement, une SCI à les même imposition qu’un particulier.)

          Par ailleurs, fête, pourquoi fête, avec tout le simpôts et sautres réglementations (ascenseurs) qu’à du se coltiner votre propriétaire entre 2002 et 2008 ?

          Non, l’intérêt de l’immobilier, c’est que, en gros, sur 20 ou 30 ans, ca ne perd pas de valeur. Car une société peut disparaître purement et simplement (N’est-ce pas, HIMALAYA !), un immeuble, beaucoup moins..

  8. Théo31

    Les keynésiens et accessoirement les connards qui nous gouvernent vont nous expliquer que l’inflation est bonne car elle soutient la croissance. Soit. Mais où sont donc les millions de chômeurs qui devraient avoir retrouvé un emploi ?

    Sinon à propos d’inflation, certains produits alimentaires ont pris 30 % ces derniers mois.

    1. Nicolas

      Etant donné les merveilleuses performances -que le monde entier nous envie- économiques de la France ces 30 dernières années, il y a un risque non négligeable de stagflation : et là, on sera vraiment dans la spatio-merde..

  9. Johan

     » Il est vrai qu’à présent, l’inflation en Angleterre est supérieure à celle du Zimbabwe, pays connu pour avoir essayé avec succès un type un peu trop franc de Quantitative Easing. »

    C’est d’ailleurs pour ça que vous êtes aller vivre là bas, n’est ce pas? Le Japon a fait un QE, le Zimbabwe utilisé un autre système.

     » les masses considérables de pognons qui ont été créées ces derniers mois grâce à la petite Epson de Bernanke sont pour le moment sagement coincées dans les entrailles du système bancaire. »

    Vous devriez bosser dans une banque et leur dire: « aller maieeeuuhh, pourquoi vous ne prêtez pas vos réserves? Vous pourriez faire plein d’argent! Non? »

    Une petite courbe de M3 pour appuyer vos dire? Ou une petite courbe de l’inflation sur le siècle dernier? Ou alors un petit graph pour nous montrer comment l’argent imprimer par BB entre dans le système? Quel est le fonctionnement qui impact les commodities? Ou alors expliquez nous pourquoi l’inflation a toujours été au dessus de 8% au Brésil et que ce pays est le plus riche d’Amérique du sud?

    Ce à quoi nous assistons est plus une compression de marge qu’à de la réelle inflation, le sprix montent, pas les salaires.

    Autant je lis votre blog tout les jours et je rigole bien avec les billets politique qui me détende énormément, autant vos billets sur l’économie me crispe instantanément.

    Désolé, mon commentaire démontre mon exaspération, je devrais écrire aussi lorsque je vous apprécie (le reste du temps)…

    1. Vous pouvez tout à fait être exaspéré. Mais ça ne change pas grand-chose au reste : l’inflation, actuellement, augmente, tant vu depuis les indices gouvernementaux que ce qu’on observe, petit-à-petit, sur les biens de consommation courante fortement dépendant des matières premières.

      Et je maintiens ma question : l’argent créé par le QE, il est passé où ? Il va aller où ? C’est une vraie question. Si vous avez une explication complète satisfaisante, je suis preneur.

      Moi, pour ma part, j’ai trouvé cette jolie animation du Financial Times (une bande de rigolos qui n’y connaissent rien) et qui montre assez fidèlement ce que ça fait avec les effets que ça produit : ça augmente les prix, ça pousse les gens à consommer maintenant parce que plus tard ce sera plus cher, si on en fait trop, on risque de faire perdre la confiance dans la monnaie, on doit faire payer les achats foireux des banques centrales par les contribuables. Hum : ça a l’odeur de l’inflation, la couleur de l’inflation, le goût de l’inflation et ce serait … autre chose ?

      1. Johan

        « ’inflation, actuellement, augmente, tant vu depuis les indices gouvernementaux que ce qu’on observe, petit-à-petit, sur les biens de consommation courante fortement dépendant des matières premières. »

        Oui c’est vrai, mais par rapport à l’inflation historique, elle reste très basse. Ensuite, ce n’est pas l’inflation qui est dangereuse (cf Brésil), mais l’attente de l’inflation. Et là, c’est grave car ca marche à l’envers, attente d’une forte inflation (je parle des usa), mais finalement elel n’est pas si élevé que ça (historiquement).

         » l’argent créé par le QE, il est passé où ? Il va aller où ? C’est une vraie question. Si vous avez une explication complète satisfaisante, je suis preneur. »

        L’argent grossit les réserves des banques. BB pensait – à tort- qu’en achetant plein de bond il allait faire baisser le prix (analyse technique, offre/demande) cependant, en même temps, les attentes inflationnistes augmentaient, faisant qu’ au mieux le QE n’a rien fait, au pire les taux sont montés (les taux mortgage sont en effet plus cher). Et les incertitudes ont fait monter les commodities.

        Les banques ne sont pas contraintes par leur réserves, elles trouverons toujours des fonds pour préter à des bons client, et les prêts continuent a diminuer. Si vous êtes le gouvernement et que vous imprimer $10^1000000 mais que vous les enterré dans votre jardins, il n y aura pas de pression inflationniste. De plus les bond achetés sont très liquides, ce qui veut dire que si une banque avait voulu avoir du cash a la place il suffisait de passer un ordre. Bref, comptablement, c’est null. Par contre l’effet psychologique sur les investisseurs (vous par exemple) est dramatique.

        « (une bande de rigolos qui n’y connaissent rien) »

        L’argument d’autorité n’est pas terrible, Il vendent du reportage et des interviews, l’analyse n’est pas toujours excellentes, et les problèmes monétaire ne sont pas enseigné à l’école. Les profs ont été formé avec l’idées de l’indexation sur l’or.

        « ça augmente les prix, ça pousse les gens à consommer maintenant parce que plus tard ce sera plus cher, si on en fait trop, on risque de faire perdre la confiance dans la monnaie, on doit faire payer les achats foireux des banques centrales par les contribuables. »

        Ca pousse aussi à investir… Garder de l’or sous sont matelas n’apporte rien à la société, et ne devrait donc pas vous permettre d’acheter plus après plusieurs années. L’inflation est le reflet du produit de l’homme, quelque chose qui s’use avec le temps. La monnaie est une sorte « d’action » de l’économie totale d’une zone. S’il n y a pas de création de monnaie pour suivre cette production il y a déflation… Aller diminuer le salaire d’un fonctionnaire pour voir…

         » si on en fait trop, on risque de faire perdre la confiance dans la monnaie, »
        On s’en fiche, tant que l’état « veille » sur vous pour que vous payiez vos taxes, vous pouvez ne plus avoir confiance en la monnaie vous sen aurez de toute façon besoin. La crise à venir est risquée car elle aporte une déstruction de productivité 5même si un fonctionnaire n’est pas très productif, il n’est pas à zero non plus).

        « Hum : ça a l’odeur de l’inflation, la couleur de l’inflation, le goût de l’inflation et ce serait … autre chose ? »

        Compression de marge est plus juste a mon gout, surtout en europe qui imite une monnaie indexé sur l’or, une catastrophe.

        « C’est parce qu’ils ne font pas assez de petits billets, voyons. »

        En fait c’est crédible avec l’arrêt du QE. C’est un pas vers une augmentation des taux d’intérêts (USD UP), peur que l’économie ne tienne pas toute seule, (equity down), on investit la ou s’est facile, gold, bond, commodities.

        1. Ieremenko

          « Si vous êtes le gouvernement et que vous imprimer $10^1000000 mais que vous les enterré dans votre jardins, il n y aura pas de pression inflationniste. »

          Oui, et les banques vont les garder indéfiniment dans leurs réserves.

          « Ca pousse aussi à investir…  »

          Oh oui super, investissons, investissons. L’économie a purgé un peu de mal investissement des années passées, alors on va pouvoir recommencer.

          « Garder de l’or sous sont matelas n’apporte rien à la société »

          L’argent (or) que je mets de coté c’est très mal pour la société, je suis un vilain individualiste.

          « Ensuite, ce n’est pas l’inflation qui est dangereuse (cf Brésil) »

          Dangereuse ? Oui, non, peut-être. Dangereux est un mot fort. Mauvais plutôt ? A vrai dire je ne connais pas bien le Brésil.

          « L’inflation est le reflet du produit de l’homme, quelque chose qui s’use avec le temps. »

          C’est nul.

      2. Alex6

        Johan a raison.
        Et pour une fois je suis d’accord, tes analyses sur l’inflation sont legeres car trop simplifiees a QE=creation monetaire. C’est le discours des vendeurs d’or, concretement c’est bien plus complexe que ca.

        1. Sauf qu’au final, pour les gens normaux de la rue de tous les jours, les prix augmentent bel et bien. Que ce n’est pas prêt de s’arrêter. Qu’il y a bien eu déflation mais que tout pointe vers l’inflation à présent. Que la situation des pays (européens notamment) s’aggrave.

          La dette grecque sera restructurée. Cela va mettre du vent dans les voiles.
          La dette américaine est placée sous perspective négative. Cela ne peut pas être bon.

          Je ne vois pas comment cela peut se terminer autrement qu’en inflation galopante.

        2. Johan

          Je suppose inflation galopante= hyperinflation? Si c’est le cas il faut qu’il y est destruction d’actif vu que la masse monétaire ne grossit pas, et en effet c’est ce qui se passe dans certains pays, mais pas aux USA ni vraiment en France.
          Il y aura de l’inflation, c’est sur, mais tant que l’Allemagne et la France n’entre pas en guerre il n y aura que de l’inflation que l’on connait.
          Le downgrade n’aura qu’un effet psychologique/politique. Aucun partit ne se risquera de ne pas payer 800,000 fonctionnaires.

          Mon point était surtout de souligné que l’inflation n’est pas notre problème premier et que vous en identifier mal les causes. Notre premier problème, c’est la fonte des glaces! Non, je déconne. Notre premier problème est la corruption passive des élites puis le code du travail, ensuite les taxes et suivent les trolls.

          « Oui, et les banques vont les garder indéfiniment dans leurs réserves. »

          Pourquoi pas?

          « Oh oui super, investissons, investissons. L’économie a purgé un peu de mal investissement des années passées, alors on va pouvoir recommencer. »

          ?! Ce n’est pas la quantité qui pousse a mal investir, c’est le risque que l’on prend. On peu se tuer en roller et ne s’être jamais rien cassé en motocross… 100€ vs 10,000€. Le capitalisme sans loser est notre plaie actuelle.

          « L’argent (or) que je mets de coté c’est très mal pour la société, je suis un vilain individualiste. »

          Ou simplement un mec qui va se prendre une bulle dans la face. Aller au zimbabwe ou remontez le temps, vous me direz ce que vous pourrez faire avec votre or. Perso je préfère mes dollars et mes francs suisse.

          « A vrai dire je ne connais pas bien le Brésil. »
          Suis-je en train de nourrir un troll?

          « C’est nul. »
          Je développe. Vous êtes travailleur (j’en doute). Vous êtes sur une île avec h16, vous êtes un agriculteurs qui cultive du blé et H16 n’a que de l’or. Vous lui vendez du blé contre de l’or. Vu que vous venez de mettre de coté de l’or, vous vous dites que vous aller prendre votre retraite, seulement plus personne ne cultive de blé, H16 mange comme un gros porc, et en plus le blé pourrit.

          Il vaut quoi votre or?

          C’est pareil pour l’économie.

        3. Ieremenko

          « ?! Ce (…) actuelle. »

          ?! Est ce que j’ai parlé de quantité ? Ce que je dis, c’est que pousser les gens à investir en leur donnant des coups de pied au cul ça peut donner de mauvais investissements.

          « Ou simplement un mec qui va se prendre une bulle dans la face.  »

          Bravo. Je vous répond que la société n’a pas à se mêler de ce que les gens font du produit de leur travail, vous me répondez que je suis un abruti. J’ai du mal à suivre, peut-être parce que j’ai pas d’or (désolé). Ceci dit je ne vous contredit pas sur le fait qu’acheter de l’or maintenant est risqué.

          « Suis-je en train de nourrir un troll? »

          Sans aucun doute, depuis le QE2 le prix de l’elfe a grimpé en flèche je n’arrive pas à me nourrir.

          « Vous êtes travailleur (j’en doute). »
          Je vous remercie de cette petite remarque qui me va droit au coeur.
          Par contre votre histoire à deux balles (franchement je l’aurais pas trouvé tout seul, mon imagination de chômeur attardé avec de l’or sous son matelas est très limité), j’en ai rien à faire. Comme je l’ai dit, c’est nul.

    2. monoi

      De quelle compression de marge parlez vous? Si les prix montent mais pas les salaires, ne serait ce pas plutot le contraire? Ou alors du rattrapage de marge qui a ete compressee?

      L’inflation, qui existe bel et bien, est bien utile aux differents gouvernments en faillitte. C’est bien pour ca qu’ils n’en parlent pas trop. Mais il n’y a pas besoin d’etre Einstein pour voir, et comprendre, que le resultat est qu’on s’appauvrit.

      1. Johan

        Compression de marge, ré allocation des ressources, comme vous voulez. Cependant, il faut savoir que si l’essence monte et que votre salaire ne suit pas vous aller mettre plus de sous dans la voiture et moins dans les putes.L’état recevra de toute façon autant de taxes. Donc, en Europe, non, l’inflation n’aide pas les états. Il faut également savoir que le système monétaire européen fonctionne comme un standard sur l’OR, et donc vu que la déflation est très mal vécu et ne représente pas la réalité, il y a conflit, endettement…

        « Mais il n’y a pas besoin d’etre Einstein pour voir, et comprendre, que le resultat est qu’on s’appauvrit. »

        Pas moi.

    3. hank rearden

      « Ce à quoi nous assistons est plus une compression de marge qu’à de la réelle inflation, le sprix montent, pas les salaires. »

      Johan, vous oubliez que les politiques ont le doigt sur la détente. Sous les pressions populaires, les politiques, par leur grand sens du socialisme finiront par lâcher du lest et provoqueront l’augmentation « artificielle » des salaires accentuée par la nécessité de réduire la dette(les idées de prime fleurissent d’ailleurs en ce moment: villepin et ses 850 euros, barouin et ses dividendes gratuits pour salarié à hauteur de 1000 euros, proposition de contrôle des prix et de ticket de rationnement pour l’essence pour les plus bas revenu, ce qui est une rente déguisée). L’inflation qui n’est pour l’instant qu’une inflation des matières première et de l’énergie deviendra inflation tout court. Toutes les pièces de la spirale seront en place. En asie, ce sera les trente glorieuses (inflation forte et croissance forte); en occident ce sera les trente merdeuses (inflation sans croissance, appauvrissement).

    1. Johan

      Et les bonds qui devraient être impactés négativement…. augmentent… ainsi que le dollars… Mais que diable se passe t-il? Les USA ne fonctionneraient-ils pas comme l’Eurozone?! On nous auraient mentit chez les autrichiens? OMG!

      1. rocardo

        Il est probable que les intervenants sur les devises ont jugé après la mise en garde sur les EU que l’époque des déficits à fond les manettes,des taux zéros et du QE est terminée.Donc se traduire à moyen terme par une remontée du dollar.D’où anticipations(c’est leur boulot,hein?)

  10. deres

    Le point le plus amusant est que certain préconise le retour de l’inflation de manière à apurer les dettes aux dépend des créanciers, en particulier celles des Etats. Ce qui est fâcheux, c’est que les différents gouvernements successifs français ont mis en place de nombreux mécanismes de revalorisation basés sur l’inflation. C’est le cas du SMIC, de la garantie de pouvoir d’achat des fonctionnaires, de nombreux plafonds sociaux et de la plupart des prix administrés. En plus, quand ce n’est pas la loi qui fait tout coller à l’inflation, ce sont les mauvaises habitudes des administrations qui régentent le système plus ou moins par décret. Il est donc à craindre que cette inflation tant attendue va en parallèle faire exploser les dépenses en proportion et que ses effets bénéfiques présumées seront très atténuées chez nous. Mais bon, ce serait nouveau si nos élites tenait compte « de ce qui ne se voit pas ».

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