Comment se débarrasser des idées zombies ?

Nous venons d’entrer dans les deux mois les plus dangereux en politique : comme les gens sont plus ou moins partis en vacances, les politiciens vont se déchaîner pour faire passer toutes leurs lubies. Et c’est donc l’occasion pour eux de ressortir les idées mortes toujours un peu vivantes. Avec la crise grecque, ils ont trouvé judicieux de ressortir la taxe Tobin.

Ah, la taxe Tobin !

Si elle n’existait pas, on aurait un zombie de moins à regarder déambuler dans les couloirs feutrés des gouvernements.

Et à propos d’attaque zombie, revenons à l’une des sources de cette brillante idée : ATTAC, ce groupement interlope de gauchistes assumés, altercomprenants de l’économie où la fine fleur du marxisme et du collectivisme s’est rassemblée pour se disputer régulièrement dans des comités de directions gentiment staliniens et proposer des brochettes d’idées toutes plus mortes et faisandées les unes que les autres.

Car oui, malgré la perte massive d’adhérents, les bisbilles ridicules et médiatiques et les fraudes manifestes dans les votes, l’association visant à la taxation des transactions financières continue à répandre ses recettes ultimes pour un monde forcément meilleur.

zombie attack

Et de fil en aiguille, entre l’approche des élections et la situation générale de crise qui instille ce petit sentiment de peur dans le cœur de tous, la taxe Tobin revient donc sur le devant de la scène, propulsée par une Commission Européenne douteusement heureuse de la proposer.

Avant d’aller plus loin, revenons calmement sur ce que proposait Tobin au départ, au début des années 70 (quand on vous dit que c’est une vieille idée) : il s’agissait de taxer toutes les transactions financières, à hauteur d’un petit pourcent, histoire d’empêcher la vilaine spéculation de court terme, et, comme effet secondaire désirable, favoriser l’émergence de monnaies mondiales comme l’Euro.

Pour les politiciens, l’idée d’une nouvelle taxe est déjà une aubaine : slurp, de l’argent frais ! Et comme Tobin est prix Nobel d’économie, elle est ainsi adoubé du sceau de la réflexion longuement menée, ce qui permettrait presque de convaincre ceux qui vont devoir l’acquitter.

Je dis presque, parce que certains économistes (y compris degoche), sentent bien que cette taxe ne va en réalité rien résoudre du tout. Les raisons varient, mais en substance, dès lors qu’un pays ou un ensemble de pays ne joue pas le jeu et décide de ne pas appliquer cette taxe, il devient immédiatement un puissant aimant pour des transactions non taxées, comme un paradis fiscal, mais en beaucoup plus alléchant puisque les sommes dont on parle ici sont plusieurs ordres de magnitude supérieures.

En gros, pour qu’elle puisse réellement fonctionner, il faut que tous les pays s’y mettent. On comprend que ça n’est pas gagné d’emblée. Il faut aussi que chaque transaction soit parfaitement transparente, parfaitement traçable (ce qui enquiquine au moins autant les politiciens que les autres, pour le coup). Là encore, le frein est grand.

Et puis, si taxer quelque chose permettait de résoudre des problèmes sans en créer de nouveaux au moins aussi encombrants, ça se saurait, depuis le temps.

L’idée, comme tout zombie, a donc erré entre des soutiens plus ou moins affichés, des déclarations politiques d’intentions pleines de volontarisme, et des réalisations prudemment inexistantes.

Mais voilà : comme je le disais plus haut, la crise a permis de faire avancer un peu le principe général d’une taxation financière pour les tenants d’une Union Européenne bien particulière. Les frétillants voleurs de gauche habituels, toujours heureux d’aller voler dans la poche des autres ce qu’ils sont incapables de produire dans la leur, se sont jetés à pied joints sur l’idée de la Commission, la salive montant déjà à leurs babines à l’idée des prochains repas plantureux qu’ils pourront faire avec les finances ainsi récupérées…

Les petits moutontribuablesIl n’est dès lors pas étonnant de retrouver toujours les mêmes qui poussent à l’instauration d’une nouvelle ponction : cette Europe là, ils en veulent, ils en redemandent bruyamment.

Parce que cette Europe là, c’est une Europe de plus en plus indépendante des gouvernements nationaux, et donc de plus en plus imposante, de plus en plus éloignées de ces ennuyeux citoyens. Certes, ils sont faciles à manipuler lorsqu’il s’agit, en bons démagos, d’aller cogner sur « les riches » ; en d’autres temps, on les appelaient les cosmopolites, puis les juifs. On a remplacé les races par les classes, mais les jalousies et les convoitises sont les mêmes. Les arguments politiques ne changeront donc pas.

Mais ces mêmes citoyens comprennent aussi assez vite que toutes ces taxes ne modifient pas leur niveau de vie en bien, que du contraire. Ces mêmes citoyens devant lesquels on doit, zut de flûte, revenir tous les quatre ou cinq ans pour demander le droit de continuer à faire le bien malgré eux, ces mêmes citoyens réclament parfois des comptes !

Ils veulent voir, ces fats, où passe l’argent. Ils veulent comprendre pourquoi tout ce fric est injecté pour sauver des banques qui ont fait n’importe quoi. Ces avortons gênants questionnent les plans de relance ! Ils n’aiment pas l’inflation ! Ils n’aiment pas les impôts qui aident les plus démunis qui sont — bizarrement — de plus en plus nombreux alors que les aides et les démarches pour les faire disparaître sont de plus en plus abondantes !

Bref : puisqu’on ne peut pas changer le peuple aussi facilement qu’on le voudrait, le mieux est de ne pas lui demander son avis. Et l’Europe, dans ce cas là, est très pratique.

Et puis, « Taxe sur les Transactions Financières », cela ne fait jamais mal : après tout, le citoyen lambda, il ne fait pas de « transactions financières ». Lui, il a une poignée de SICAV, un petit compte épargne, un livret ou deux garantis par l’Etat, rien de bien méchant. Oh, certes, les banques, avec cette nouvelle taxe, vont lui sucrer quelques euros supplémentaires, tous les mois (eh oui : frais de gestion, mon brave), parce qu’après tout, les taxes sont toujours répercutées sur le dernier maillon de la chaîne, le consommateur.

Mais bon : à ce moment là, le politicien sera déjà parti avec le butin. Les élections seront passées, les montants seront tant dilués qu’ils ne feront presque pas mal aux moutontribuables.

Et puis, une taxe de plus parmi les centaines qui s’additionnent, ça ne se voit quasiment pas, hein…

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Commentaires26

  1. Higgins

    « Certes, ils sont faciles à manipuler lorsqu’il s’agit, en bons démagos, d’aller cogner sur « les riches » ; en d’autres temps, on les appelaient les cosmopolites, puis les juifs. On a remplacé les races par les classes, mais les jalousies et les convoitises sont les mêmes. Les arguments politiques ne changeront donc pas. »
    Sincèrement, je n’avais pas encore fait le rapprochement mais il s’impose de lui-même. Total respect.

    1. ph11

      C’est pourtant clair. Spéculateur est le nouveau terme pour qualifier le Juif errant.

      Un groupe de personne intangible, qu’on ne fréquente pas dans la vie de tous les jours, qui ne peut se défendre face aux accusations de vilenie : le bouc-émissaire parfait, qui personnifie le mauvais sort et les mauvaises décisions économiques des politiciens.

      Hitler accusait déjà les Juifs de vouloir détruire la nation. De quoi accuse-t’on les spéculateurs ?

      1. Nicolas

        De toute façon, le national socialisme, c’est un marxisme-Léniniste intelligent (On zigouille pas tout le monde) mais dégradé, tout comme le système actuel de la France est un Nazisme dégradé (on zigouille plus, on vole)..

        A ce train là, dans 300 ans, nous sommes capitaliste !

        1. adnstep

          Mais le capitalisme se porte bien en France. Tout au moins dans certaines banlieues qui ont mis en place un système d’importation et de distribution de biens qui échappe à toute taxe de l’état.

  2. Le libéralisme pour les débutants

    Hé oui, au final, c’est bien des individus qui paient, pas les transactions.

    Il faudrait sans doute d’ailleurs à systématiquement corriger ce genre de formules :
    On ne taxe pas les T-Shirt chinois, mais ceux qui les achètent.
    On ne taxe pas le CO2, mais ceux qui utilisent leur voiture.
    On ne taxe pas l’immobilier, les savonnettes, les bénéfices, les plus values etc… mais uniquement des individus. Aucun concept comptable ou objet inanimé ne paye de taxe. Seuls les individus en payent.

    1. sam_00

      Tant qu’a informer, on pourrait aussi rappeler aux citoyens de ce pays que le savon, la papier toilette, les brosses à dents, ou le dentifrice sont taxés au titre de la TVA (et à 19,6% me semble-t-il …)

      Taxer les produits d’hygiène élémentaire … quelle bonne idée … Pourquoi ne pas taxer la bouffe pendant qu’on y est?

      Hein? ah. On me dit que c’est déjà fait.

  3. Serge Cheminade

    Comment se débarrasser des idées zombies?
    Je pense que mon texte « L’emballement démocratique »
    http://www.orvinfait.fr/l_emballement_democratique.html
    y répond. Cependant si c’est bien le cas il faudra du temps pour que la notion d’emballement démocratique soit comprise par une majorité. Il faudra encore plus de temps pour que des notions élémentaires d’économies soient comprises par une majorité même si avec Internet cela peut aller relativement vite.

    Il est à noter que le Parlement européen a refusé mercredi 8 juin à une très large majorité le gel du budget européen souhaité par certains pays dont la France. Il cherche donc des sources de financement. Il a un impérieux besoin de dépenser plus dans l’intérêt des moutontribuables. Si ce n’est pas la taxe Tobin qui financera ces nouvelles dépenses ce sera autre chose.

    1. Nicolas

      J’ai lu votre lien, et j’ai beaucoup apprécié votre texte sur l’emballement démocratique.

      J’ai apprécié notamment que vous expliquiez les choses calmement, sans utiliser des images fortes destinées à manipuler par des émotions (cf. les juifs dans l’article ci-dessus), et que vous essayiez simplement de montrer votre raisonnement, pour faire réfléchir les gens autour de vous.
      J’ai également apprécié que ce soit des arguments rationnels qui motivent le texte, et non votre ressenti vis-à-vis de « catégories de gens » que vous jugeriez par principe.

      N’ayant pas trouvé de moyen de commenter dans votre site, je le fais par le lien par lequel j’ai pu lire votre texte.
      Ca va être long, donc pour tous ceux qui ne veulent pas réfléchir ou essayer de comprendre, allez au commentaire suivant, et pardonnez-moi d’être aussi long.

      Je ne suis pas vraiment d’accord avec votre position, mais je trouve votre raisonnement bien posé et bien pensé.
      Je le reformule, juste pour vous montrer que je l’ai, normalement, bien compris, n’hésitez pas à me corriger dans le cas contraire.

      Les gens sont plus intéressés par leur intérêt particulier que par l’intérêt de tous, et du coup, les politiciens, qui visent une élection à la majorité, sont plus intéressés par les intérêts de la majorité que par l’intérêt de tous.
      Résultat : un grand nombre de promesses dans le vent, et un grand nombre de promesses réalisées pour l’intérêt de la majorité.
      Mais ces décisions politiques, quand elles ne sont pas prises dans l’intérêt de tous, provoquent la fuite de ceux qui n’y ont pas intérêt, à savoir les plus riches.
      Du coup, seuls les moins riches restent, et les décisions politiques attaquent à nouveau la minorité la plus riche, qui s’enfuit à son tour, ce qui provoque un cercle vicieux vers la pauvreté et la faillite.
      Solution : plutôt que de changer les hommes politiques, qui ont trop intérêt à rester tels quels, il vaut mieux que le peuple cesse de croire ce qui est surréaliste, irréalisable, ou négatif pour tous sur le long terme, et réfléchisse (et se renseigne) avant de voter.

      Je suis tout à fait d’accord avec le raisonnement, qui explique en partie le déficit public, la fuite des élites françaises (selon des critères financiers et de niveau d’étude), et le mécontement général des personnes les plus riches de ce pays.
      Là où je ne suis pas d’accord, c’est avec l’hypothèse de départ, non formulé, mais qui pour moi est très révélatrice du gouffre de pensée entre beaucoup de personnes : cette hypothèse est que tout Français s’oppose à l’idée de la faillite de l’Etat, tout Français veut que la France soit saine et bien portante, et veut que la France s’enrichisse, annule son déficit public, et soit un pays où il fait bon vivre pour tous, riches comme pauvres.
      Or, cette idée, si elle sonne bien formulée ainsi, sonne beaucoup moins bien formulée autrement : il s’agit de vouloir la France plus compétitive que les autres pays, avec des indicatifs de bonne santé économique meilleurs qu’ailleurs, avec plus de richesses produits chez nous qu’ailleurs.

      Pour reprendre votre comparaison de la propriété défendue par un syndicat, vous pensez que tous veulent avoir la meilleure propriété ; en réalité, ce que vous souhaitez dans votre raisonnement, c’est avoir une propriété moins moche et moins chère que celles que vous voyiez ailleurs.

      Et c’est là, selon moi, que votre raisonnement fait défaut.
      Car dans l’image, le résultat va être que, sans les riches, plutôt que d’embellir chèrement votre propriété pour les faire revenir, vous allez arrêter tous les travaux, enlever l’ascenseur, ne plus payer de concierges, de personnels de ménage, de parking, plus rien, et vous allez casser vos prix.
      Ou alors, si vous n’avez pas tant de dépenses, vous allez simplement baisser les prix pour les riches, et réaugmenter les prix pour les pauvres.
      Les riches reviendront (peut-être), mais les ennuis ne s’en iront pas pour autant.
      En effet, si les riches reviennent, trouvant que vos prix sont meilleurs, c’est ailleurs qu’on va être déçu que les riches soient partis. Et on va choisir de baisser encore les prix pour les riches, voire même de les augmenter chez les pauvres par rapport aux riches (un petit peu, pas tant que ça après tout…). Les riches vont retourner ailleurs, après tout, les voyages font la santé/la jeunesse/la richesse. Et vous allez devoir rebaisser votre prix, l’augmenter un peu plus chez les pauvres… Jusqu’à ce que les riches n’aient plus rien à payer, et que les pauvres doivent tout payer.
      Ca n’aura plus le même nom, il n’y aura pas du tout eu la même réflexion derrière (je fais partie des personnes conscientes que beaucoup de riches se sentent beaucoup plus concernés par la notion d’égalité qu’on n’aimerait l’admettre), mais le résultat sera revenu à ce qui existait il y a de nombreuses années, et qu’on appelait alors les privilèges.

      Je vais développer également un autre point à partir de votre image de la propriété, qui me paraît refléter la pensée de nombre de gens.
      Dans votre propriété, il y a un petit nombre de riches, et un grand nombre de pauvres. Mais les riches se sont arrangés, par le passé, pour ne pas occuper la même place que les pauvres dans la propriété : 90% des pauvres vivent à un seul étage, et 10% des riches vivent dans tous les autres étages, avec un étage entier pour chaque ménage des plus riches.
      Lorsque vient le moment de payer les travaux, les 90% plus pauvres voudraient que les riches payent un peu plus que les plus pauvres, d’abord parce qu’ils sont un peu plus riches, et peuvent plus facilement, mais aussi parce qu’ils occupent presque tout l’immeuble, qu’ils usent beaucoup plus l’immeuble que les pauvres, vu qu’ils en usent quasimment tous les étages, alors que les pauvres en utilisent un seul. Ce à quoi les riches s’emportent, arguant que tous devraient payer de la même manière, qu’on est dans le pays de l’égalité, qu’ils payent bien assez d’impôts pour le savoir, et que ça va bien des fois, non mais oh.
      En visualisant cette image, vous me dites, ta-ta-ta-ta, ce sont les pauvres qui coûtent le plus cher à l’Etat Français. Je vous réponds ta-ta-ta-ta, ce sont les riches qui profitent le plus de « l’argent Français », si vous me permettez ce mauvais jeu de mots pour vous répondre.
      De fait, les riches coûtent peut-être moins à la Sécurité Sociale, mais une immense partie de l’argent de l’Etat Français est dépensé « pour tous », c’est-à-dire pour renflouer les banques, pour la création de routes vers les centres commerciaux, pour les subventions à l’Opéra et à des Maisons de la Culture pratiquant des tarifs supérieurs à 50 euros le spectacle, pour défendre les intérêts des artistes qui sont en mesure d’enregistrer un CD, pour entretenir le personnel politique, pour expulser des immigrants, nomades, SDFs, et autres « gêneurs » de la société, pour payer des études coûteuses en école de commerce ou d’ingénieurs à un petit nombre d’étudiants, etc…
      Cette image aide peut-être un peu plus à comprendre comment certains « pauvres », « frétillants voleurs de gauche », « fats », et « avortons gênants » peuvent être assez désagréables avec les gens les plus riches.
      Certes, ils n’ont pas raison pour autant, mais on peut aussi essayer de comprendre pourquoi est-ce qu’ils se comportent ainsi, comment est-ce qu’ils vivent au jour le jour, et vous seriez à mon humble avis assez surpris de voir que nombre d’entre eux ne cherchent pas à voler tout l’argent qu’ils peuvent, à se jeter sur les premières idées dans leurs intérêts, mais qu’ils cherchent plutôt des solutions pour vivre heureux dans un monde où certains doivent se battre plus que d’autres.

      Alors comment faire?
      Si je suis bien d’accord avec vous que les hommes politiques sont sources de nombre de problèmes dans mon analyse comme dans la votre, nous sommes tous les deux d’accord pour dire qu’ils ont trop d’intérêts en jeu pour changer d’avis de sitôt.
      Ceci dit, on peut choisir le genre de promesses mensongères et à courtes termes qu’on préfère suivre.

      De fait, je trouve que la vraie question n’est pas tant : qu’est-ce qu’on peut faire pour empêcher la France de s’enfoncer dans la crise ? mais :
      comment peut-on faire pour que, dans ce monde, dans notre monde, tous puissent rechercher le bonheur, et qu’un maximum d’entre eux parvienne à le trouver?

      A cette question, votre solution sera probablement mauvaise, de mon avis : le résultat sera un accroissement très fort des inégalités (rappelons que c’est la grande promesse du libéralisme : réduire les inégalités en mettant tout sur le même marché sans distinction, et en citant un exemple, les Etats-Unis, qui est aujourd’hui un des pays les plus inégalitaire du monde au niveau des richesses), avec des chances infimes pour une majorité du monde de pouvoir se préoccuper d’autres choses que de sa simple survie.
      La solution de beaucoup de gens, qui est un peu aussi la mienne, à savoir essayer de retenir un maximum ce processus d’ultra-libéralisation, présente deux avantages : elle offre un espoir à beaucoup (nos systèmes si coûteux et si lourds, mais égalitaires dans leur esprit, et attentifs aux plus fragiles de la société sont cités en exemple par beaucoup d’élites étrangères), et elle permet de préserver (encore un peu avant la fin de ce processus, si c’est ce qui arrivera) du bonheur, et du temps heureux pour beaucoup.

      Du temps qu’on pourra passer avec ceux qu’on aime, du temps où on pourra écouter des belles musiques, admirer des beaux paysages, découvrir des évènements, des personnes inattendues, lire des histoires ou s’en inventer, discuter d’idées, d’absolu, de dieux, ou d’une éventuelle cristallisation violette du nutella dans un intestin de crevette rose de Patagonie du Sud.
      Du temps qu’on ne passera pas devant un ordinateur, ou avec un groupe de commerciaux, à se disputer, à être stressé, à négocier âprement, à faire du travail répétitif, pour un résultat qui finira l’immense majorité du temps à la poubelle, ou dans un abstrait qui ne concernera personne.
      Je mentionnerai à peine le fait qu’on pourrait éviter de passer ce temps à essayer d’infantiliser le peuple, à le restreindre, à l’espionner, à lui vendre des produits qui le détruisent, ou à nier vertement la responsabilité de quelqu’un ou d’une entreprise dans un phénomène catastrophique qu’on devrait assumer.
      Car oui, c’est bien souvent ça qui est « produit », c’est bien souvent ça le travail et le résultat du travail des Français, et des autres peuples aussi.
      Je ne saurais citer que très peu de véritables inventions, aides à l’humanité, véritables progrès pour la société humaine, qui ont été réalisés de nos jours. Je ne me renseigne peut-être pas assez, je manque peut-être d’imagination ou de vue vers un avenir « prometteur », et je ne demande qu’à changer d’avis ou de comportement, mais pour le moment, c’est en toute sincérité que je vois la société s’enfoncer, tranquillement, vers plus de malheur.

      Notre solution consiste à essayer d’éduquer un maximum d’individus à l’idée qu’on devrait partager, même si l’autre ne l’a pas mérité.
      Qu’on devrait assumer, même quand on n’est pas tout à fait sûr qu’on soit responsable.
      Qu’on devrait donner, même si on n’est pas sûr que ça va servir à quelque chose.
      Qu’on devrait pardonner, même quand ça ne sert pas notre intérêt (financier, ou pas).
      Mais surtout, quoi qu’il arrive, qu’on DOIT choisir sa vie, seul, sans pression, sans influence, sans espion, sans prison, sans flicage systématique, qu’on DOIT choisir sa vie pour sa passion, pour ce qu’on aime, pour ce qui nous fait vibrer, pour ce qui nous fait vivre, loin de tout cynisme et de toute hypocrisie sociale.

      Je ne dis pas qu’elle est parfaite, je ne dis même pas qu’elle va marcher, je dis qu’elle peut marcher.
      Mais que même si elle ne pouvait pas marcher, elle en vaudrait la peine.
      Et ce, même si elle doit, dans son développement, provoquer la faillite de la France, aux profits d’autres pays.
      Je ne dirais pas que c’est héroïque, ou digne d’un martyr, mais je préfère nettement me battre pour une idée d’humanité plus lumineuse, au détriment de la France, que pour une société française avec des bons indicateurs économiques, au détriment de cette idée.

        1. Semaphore

          Sapin, en juin 2014, a enfin trouvé la soluce !
          Le prochaine fois, il n’a qu’à écrire en police 7, condensed et sans serif. Cela prendra moins de place comme la ré-écriture du Code du Travail.

          1. gameover

            ouaille, quand il va chez le boulanger celui-là t’as intérêt à passer avant lui sinon d’ici qu’il explique son besoin en pain t’es pas sorti !

      1. Stéphane

        « Notre solution consiste à essayer d’éduquer un maximum d’individus à l’idée qu’on devrait partager, même si l’autre ne l’a pas mérité.
        Qu’on devrait assumer, même quand on n’est pas tout à fait sûr qu’on soit responsable.
        Qu’on devrait donner, même si on n’est pas sûr que ça va servir à quelque chose.
        Qu’on devrait pardonner, même quand ça ne sert pas notre intérêt (financier, ou pas). »

        Mmm, ça sent bon la rééducation par le travail tout ça.

      2. Nicolas

        « Je vous réponds ta-ta-ta-ta, ce sont les riches qui profitent le plus de « l’argent Français », si vous me permettez ce mauvais jeu de mots pour vous répondre. »

        Les riches sont des CREATEURS. Ce n’est pas Michel Ange qui vole le paysans du coin, c’est au contraire lui qui lui permet d’écouler ses productions.. Sans Michel Ange, il n’y a rien, tout simplement.. Suffit de voir l’Afrique en général…

      3. Nicolas

        « Notre solution consiste à essayer d’éduquer un maximum d’individus à l’idée qu’on devrait partager, même si l’autre ne l’a pas mérité. »

        Evidement qu’il faut donner de l’argent aux Riches, c’te question !
        De toute façon, c’est comme donner des bistouris à des chirurgiens : inutile aux autres..

        « Qu’on devrait assumer, même quand on n’est pas tout à fait sûr qu’on soit responsable. »

        Cool ! Mais faut rétablir la peine de mort avant, pour que ce soit plus rigolo..
        (A moins que « assumer » veuille dire, comme nous on dit à droite, qu’on le refera si c’est notre intérêt et qu’on assume )

        « Qu’on devrait donner, même si on n’est pas sûr que ça va servir à quelque chose. »

        Voila. Tu veux mon numéro de compte bancaire suisse ou tu pais en liquide ?

        « Qu’on devrait pardonner, même quand ça ne sert pas notre intérêt (financier, ou pas). »

        Bein non : la VENGEANCE est un DEVOIR.
        Si on ne se venge pas, certain pourrait croire que c’est arrivé…

        « Mais surtout, quoi qu’il arrive, qu’on DOIT choisir sa vie, seul, sans pression, sans influence, sans espion, sans prison, sans flicage systématique, qu’on DOIT choisir sa vie pour sa passion, pour ce qu’on aime, pour ce qui nous fait vibrer, pour ce qui nous fait vivre, loin de tout cynisme et de toute hypocrisie sociale. »

        Oui, mais pas avec l’argent des autres. Parce que les guignols qui sont pour le mi temps, car « travailler fatigue », il faut aussi qu’ils aient un mi retraite et une mi sécurité sociale..

        « Je ne dirais pas que c’est héroïque, ou digne d’un martyr, mais je préfère nettement me battre pour une idée d’humanité plus lumineuse, au détriment de la France, »

        Ouais, c’est cool de crever de faim et d’être humaniste !
        Et tuer tes parents, t’y a pensé ? La ca serait carrément « lumineux » !

  4. simple citoyen

    Ce qui me navre le plus, c’est que derrière ce soutien intéressé de Bruxelles, se profile de fait la mise en place d’un état fédéral (au mieux) dont cette taxe et probablement une taxe carbone seront les vecteurs d’indépendance des états.
    Voilà dix fois que la Commission Européenne, ce groupe de gens non élus, dont on nous serine à l’envie qu’ils sont tous de méchants libéraux, quand leurs CV sont sytématiquement marqués par leur apaprtenance, fut-ce de jeunesse, aux organes de promotion des idéaux marxistes les plus sûrs, cherche à nous faire avaler une taxe qui lui soit propre.
    Or quel moyen plus sûr existe-t-il qu’une bonne redistribution clientèliste pour exister définitivement en ce bas monde de corruption politique?

  5. Stéphane

    A mon humble avis, nous verrons de notre vivant la Taxe Tobin devenir une réalité. 🙁

    Tout ce que dit H16 plus haut est vrai, mais reste dérisoire. Le caractère stupide et destructeur d’une taxe n’a jamais été un obstacle à son adoption. Si la Taxe Tobin s’évertue à revenir encore et encore, c’est qu’elle exerce un attrait… Les Zombies ne sont pas des zombies pour rien.

    La Taxe Tobin offre de multiples avantages, le premier d’entre eux étant l’éloignement d’avec le quidam, qui croit naïvement que l’écot sera prélevé sur quelqu’un d’autre. La Taxe Tobin sera applaudie par ceux-là même qu’elle frappe, tant la « finance » est régulièrement vilipendée. et il y aura de l’argent à prendre.

    C’est vrai, les pays hors Taxe Tobin auront un avantage comparatif évident, mais comptons sur l’effet de masse et les gentilles pressions des uns envers les autres pour ramener tous les dissidents (sauf deux-trois olibrius de service, leur tour viendra, personne ne reste au pouvoir éternellement) au régime commun. Les outils ne manquent pas: Parlement Européen, OCDE, G20… Peu de politiciens ont la force de caractère de résister à une taxe dont les voisins demandent l’établissement, apparemment indolore, rapportant du pognon, et à laquelle, ma foi, ceux qui y sont soumis ont l’air de survivre… Rajoutons quelques doses de moraline ™ façon « lutte contre le blanchiment » ou « transparence » et on a un bon petit cocktail bien alléchant pour tout politicien qui se respecte.

    Je suis l’affaire de la Taxe Tobin depuis un moment déjà, et il est assez hallucinant de voir au nom de quoi elle a été invoquée. Chirac la voulait initialement pour le développement en Afrique, depuis les « motifs » ont varié. Mais le principe d’une taxe reste plus que jamais d’actualité, parce que la finalité, c’est quand même d’avoir cette fichue taxe, peu importe à quoi sert l’argent après! 👿

    Dès que les vautours se seront mis d’accord sur un motif et une clef de répartition, sa mise en place ne sera qu’une question de temps, et tout ira très vite.

    1. Nicolas

      « A mon humble avis, nous verrons de notre vivant la Taxe Tobin devenir une réalité.  »

      Bof, on n’est jamais obligé d’investir en France ou en Italie : ce sont de toutes petites bourses..

      Par contre, tôt ou tard, il y aura une taxe tobin sur les transaction financières bancaire, et là, je rigole devant la gueule du gauchiste lorsqu’il perdra 1% de son salaire, une fois lors du versement, une autre quant il dépense, et tout ca « pour les pauvres » !!!

      « Mais le principe d’une taxe reste plus que jamais d’actualité, parce que la finalité, c’est quand même d’avoir cette fichue taxe »

      Evidement. Mes « relation » de gauche sont POUR les taxes, par principe, pour arriver au communisme..

      1. adnstep

        Le gauchiste, de nos jours, étant riche, il s’en fout un peu. C’est comme pour le bourgeois chrétien du 19ème siècle, ça lui fait passer la constipation de la conscience.

        Et puis il y aura un truc derrière pour renverser l’ordre établi.

  6. Nicolas

    Les Juifs sont « Egoïstes », ils n’ont « que des besoins pratiques » et « se livrent au trafic/commerce ». Du reste, « Leur vrai Dieu est l’argent » à ces enflures là.

    En plus ils ont corrompu le monde, donc pour que le juif disparaisse -pardon « Soi émancipé »- ca va pas être facile..
    « Pour émanciper le Juif, il faut émanciper la Société du Juif ».

    Hitler ? Non mes bons amis, Karl MARX…

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