Pour une poignée de semences sous copyright

Si la vie est un éternel recommencement, en France, elle ressemble plutôt à disque 33 tours rayé passé en 45. Pendant que les gens qui ont encore deux sous de bon sens ne peuvent que constater l’échec à la fois cuisant et rigologène de la HADOPI sur les œuvres numériques, le gouvernement feint de ne pas le voir et lance avec le brio qu’on lui connaît une démarche similaire … dans l’agriculture. Préparez vos mouchoirs.

Avant d’étudier les nouvelles clowneries de notre assemblée, un bref retour s’impose sur l’historique de la HADOPI.

Au début des années 2000, l’arrivée sur le marché de connexions internet haut-débit à bon marché a favorisé l’émergence d’un partage de l’information entre utilisateurs. Cet échange d’information, au début essentiellement constituée de textes et parfois de logiciels, s’est étendu rapidement à la musique et, dès que les bandes passantes le permirent, aux films.

Parallèlement, l’industrie musicale, vidéo et cinématographique enregistrait d’affolant bénéfices et une croissance assez régulière de ses chiffres d’affaires. Mais elle a aussi bruyamment noté, certes, des difficultés plus grandes à écouler certaines de ses merdes productions et surtout, que le nombre d’internautes qui les recopiaient directement sans payer la dîme augmentait dangereusement sans qu’elle puisse en capter le moindre profit. L’analyse montrera ensuite que l’écrasante majorité de ces « pirates » sont en même temps des consommateurs réguliers et goulus de production musicale ou cinématographique.

Pascal Nègre a des goûts très sûrs.La conclusion tirée par l’industrie est donc implacable : il faut absolument punir violemment ces consommateurs, stigmatiser les clients un bon coup, ce qui assurera une croissance saine à tout le monde, mais si mais si. Elle fait donc intervenir un maquereau albanaisPascal Nègre et quelques douzaines de lobbyistes qui viendront cirer lourdement les pompes de Donnedieu de Vabre, puis Christine Albanel (alias Capitaine Anéfé), puis Frédéric Mitterrand, afin de faire passer — aux forceps — une bouillie législative qui finira par accoucher (dans des douleurs atroces) d’un bébé mort-né, HADOPI, afin que les méchants internautes retrouvent le droit chemin et payent bien toutes leurs petites taxes et redevances comme il faut.

Cette histoire brièvement rafraîchie, reportons-nous maintenant à l’Agriculture. Vous allez voir que c’est trop complètement différent, c’est fou.

Nous avons donc, au départ, des agriculteurs qui achètent des semences et les plantent. Une partie de ces semences est, parfois, utilisée pour être replantée. Notez que c’est une petite proportion et que ce n’est pas systématique, les rendements des semences ainsi réutilisées ayant tendance à fortement décroître. Mais, traditionnellement, ces semences qu’on appelle « de ferme » sont ainsi réutilisées.

Cela fait quelques millénaires que resemer une partie de sa récolte est inscrit dans les traditions agricoles, et même si la tradition n’est plus aussi vive, elle n’a pas disparu et continue même, calmement tolérée en France. Interviennent alors les groupes semenciers. La crise, que voulez-vous, touche tout le monde.

La suite est évidente : moyennant un peu de lobbyisme, on va pousser gentiment les députés à passer une loi qui va venir taxer tout ce beau monde et renforcer un peu les contrôles, histoire que tout le monde paye son écot. On présentera bien sûr ce nouveau prout législatif comme une magnifique avancée, permettant de lever l’incertitude juridique, et mettre un peu d’ordre dans tout ce nouveau monde de gens qui ressèment ce qu’ils ont planté comme des fous.

Et puis il ne faut pas oublier la propriété intellectuelle dans tout ça (celle sur les semences particulières, en l’occurrence).

C’est important le copyright, hein, parce que sinon les artistes de la création vont tous mourir. Et puis, les taxes récoltées vont servir à favoriser l’émergence de vrais artistes français et … Oh, je me suis un peu embrouillé entre les artistes et les semenciers, les agriculteurs, les pirates et le MP3 et tout ça.

C’est complexe, il faut dire.

Je vais plutôt faire un petit tableau, tiens, pour bien montrer que tout ceci est complètement différent :

HADOPI / loi semences

Hem. Oui, la différence est frappante. Ah, si, oui, c’est vrai, on n’a pas encore eu droit au débarquement d’un sémillant semencier en costume blanc à rayures pour nous expliquer que si on laisse faire, l’agriculture va mourir dans d’atroces souffrances. Mais on ne désespère pas d’en arriver là.

En réalité, les mêmes causes produisent les mêmes effets, les mêmes imbéciles produisent les mêmes bêtises, et les mêmes recettes produiront les mêmes échecs lamentables et coûteux. Dans le registre hilarant, on ne pourra au passage pas s’empêcher de noter la récupération immédiate et contre-productive des politiciens prétendument écolos qui parlent immédiatement d’une espèce de Droit A Resemer qui n’a évidemment rien à voir dans l’histoire.

Deux choses sont ici à l’oeuvre pour permettre d’aboutir à cette situation ubuesque : tout d’abord, le principe de propriété sur des idées ou des informations, qui, en instaurant des crimes sans victimes, est, in fine, irrémédiablement ridicule et destiné à péricliter dans ce siècle, et ensuite, les mêmes manœuvres politiciennes pour augmenter les ressources de l’état et de ses petits copains.

Eh oui : l’état français n’a plus un rond, ce qui l’oblige à trouver de nouvelles taxes à un rythme stakhanoviste. Et il est aidé par des hordes d’individus assez bas de plafond dont l’imagination, on l’a vu sur les 30 dernières années, est singulièrement limitée. Pour eux, chaque problème est un clou sur lequel il faut taper avec le marteau de la loi.

Et maintenant, la question à deux euros (dépêchez-vous, dans quelques mois, deux euros, ça ne vaudra plus rien du tout) : quel sera le nom truculent de l’institution qui va être chargée de surveiller les paysans qui resèment ? HADOPA (Haute Autorité Destinée à Observer les Petits Agriculteurs) ?

Les jeux sont ouverts.

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Commentaires67

  1. T-Buster

    Il me semble que la France est le seul pays au monde ou il faut avoir l’autorisation pour semer/planter une nouvelle variété. Donc si vous croisez des tomates dans votre jardin pour en faire une nouvelle sorte qui a du goût. Paf vous êtes amendable!!!!
    Pire si vous revenez d’Amérique du sud avec une variété non homologuée en France, idem! Vous êtes traitée comme toutes les crapules. Direction la prison, vous le briseur de monopole des semenciers.
    Mais le pire dans cette nouvelle loi, c’est la justification du financement de la recherche…
    Je cite le président de la FNSEA estime qu’il est « normal que [ceux qui utilisent des semences fermières] participent aussi au financement de la création variétale, puisqu’ils en bénéficient »
    C’est un peu comme si vous deviez payer une taxe mensuelle sur votre ordinateur pour que les constructeurs puissent financer le développement de nouvel machines….

    Et après cela on va nous bassiner que la France est un pays libéral!!!
    Je rigole…. Mais jaune

    1. Pythéas

      Et je dirais même plus !
      Il existe en Europe un catalogue officiel des espèces et variétés végétales (http://fr.wikipedia.org/wiki/Catalogue_officiel_des_esp%C3%A8ces_et_vari%C3%A9t%C3%A9s)
      C’est bien entendu pour le bien du consommateur à qui on fait toujours facilement passer des choux pour des betteraves.
      Et le problème est pire que ce qu’on pourrait imaginer au premier abord : le nombre de variétés du catalogue évolue en effet assez peu…
      Comme chaque année, on sort des dizaines de nouvelles variétés, et bien on supprime également des dizaines d’anciennes variétés qui n’ont plus le droit d’être commercialisées… comme ça, du jour au lendemain.
      Il est bien sur rare qu’une variété oubliée et redécouverte y figure (sauf à monter comités de soutien, assoc loi 1901 avec prises de subventions, passage au jt de pernault, etc.).
      En revanche, TOUTES les nouvelles variétés des semenciers y sont. Ou comment promouvoir ce qui est payant contre ce qui est gratuit…Toujours, bien sur, pour le bien du consommateur.

  2. Coyote

    Merci pour cette article, encore une fois générateur d’émotions bizarres. La forme faire rire et le fonds pleurer.

  3. NEV

    Je vais vomir…

    Et bien sur -mais cela ne change rien sur le fond- les agriculteurs sont des gens tellement riches vivant dans l’abondance qu’une petite taxe de rien du tout ne leur fera pas de mal n’est-ce pas?

    C’est comme pour les apiculteurs, quand vous voyez la réglementation pour avoir une bête ruche au fond de son jardin, c’est à devenir fou… Peut-être que ça fait de la concurrence avec les polénisateurs manuels…

  4. Toni

    Par rapport à l’article de hier sur le retour à l’étalon or, un commentaire a retenu mon attention: « Ok d’accord, mais malheureusement, on ne peut pas faire abstraction de la société dans laquelle on vit avec ses règles, ses lois, ses obligations…. Il faut énormément d’énergie et de courage pour tenter de faire l’impasse là-dessus tout seul dans son coin. »

    Me faire tuer par les syndicalistes du port autonome de Marseille ne m’intéresse pas vraiment. Certains disent que la France aura besoin de résistants, je ne suis pas le Général de Gaulle et je considère que chacun est responsable de ses choix sociétaux et électoraux depuis 30 ans. Si la société civile ne montre pas plus les crocs contre le scandale du port autonome de Marseille et ses grèves à répétition, la loi de la nature veut que le loup prélèvera toujours son butin dans le troupeau de brebis et en redemandera toujours plus …
    Mais le pire dans ce pays est que les brebis semblent trouver normal la façon de se comporter du loup. Les jeunes déçus ont à mon humble avis parfaitement compris qu’ils peuvent faire comme bon leur semble dans ce pays … de même que les leaders syndicaux.

    1. « la loi de la nature veut que le loup prélèvera toujours son butin dans le troupeau de brebis et en redemandera toujours plus … »
      Ca suppose au minimum un renouvellement des brebis.

      1. Toni

        Oui et c’est là que ça va clocher, parce que les brebis ou ce que vous appelez le moutontribuable ne seront bientôt plus qu’un troupeau de cadavres agonisants.
        Je présume ici que les agents de l’état vont commencer à s’en prendre à l’épargne privée pour trouver des sous, une fois l’épargne privée gaspillée … et quelques troubles sociaux … On aura un pays du tiers monde.

        Le truc à mon humble avis sera d’abord de supprimer intégralement l’ancienne classe politique avant de commencer à reconstruire quelquechose.

        Pour les dates de ce scénario, je ne sais pas.

    2. Before

      C’est moi qui ai posté hier le commentaire cité.
      Je ne pensais pas forcément aux dockers voyous, mais plus simplement à l’Etat : ceux qui ont essayé de sortir du système de Sécurité Sociale n’ont pas eu droit à des calinous de la part de nos administrations…
      Ceci dit, c’est pas complètement différent : il s’agit effectivement du pouvoir de nuisance des « loups » sur les « brebis », que ce pouvoir soit donné par la loi, ou pris par la force.
      Mon commentaire soulignait juste qu’il était très difficile pour une brebis seule de se rebeller contre les loups, d’autant plus que la majorité des autres brebis (ainsi que les loups) incriminent le renard libéral …

      Et si les brebis lucides s’organisaient ?

  5. Seb

    J´avais lu que le ministère de l´agriculture emploie plus de fonctionnaires qu´il n´y a d´agriculteur. Je ne trouve plus la source. Je crois qu´un agriculteur doit faire vivre presque 2 fonctionnaires…

    Les agriculteurs français sont fonctionarisés de toute façon. Ils vivent de subventions et n´ont plus aucun pouvoir sur leur activité. Vivement la fin de la PAC…

      1. eheime

        Tu reviens d’une mission sur Mars ou quoi ?

        Malgré les apparences, ce pays n’est pas l’URSS. Et pour une raison simple : on peut se barrer quand on veut !

        Encore que la taxe ‘fuite de capitaux’ ressemble à une première pierre qui serait posée pour édifier un mur.

        1. Before

          Bayrou veut apporter la seconde en réactivant le commissariat au plan pour ré-industrialiser la France (il me semble, à vérifier).

        2. Théo31

          T’as pas idée du nombre de déportés qui a pu se barrer du Goulag lors de la grande purge de 1937-1938, pour une raison très simple : on a envoyé tellement de prisonniers en camp qu’il n’y avait pas assez de moyens pour les surveiller.

    1. Joblagadluch

      Oui et non. Pour vivre dans une région fortement agricole et pour connaitre personnellement de nombreux agriculteurs, je peut vous assurer qu’il y a de fortes disparités.

      D’un coté, on a les gros élevages/exploitations. Qui s’agrandissent sans rien demander à personne, et une fois que les batiments/ressources sont en place, demandent une régularisation à la prefecture « oui mais msieul’prefet, j’ai fait de gros investissement, j’savaipa que c’était interdit, soyez clément, vous voulez pas une semaine de vacances à Saint-Trop? ». Ces même qui utilisent largement la PAC à leur avantage (d’ailleurs, la France recoit plus de la PAC que ce qu’elle paye pour financer la PAC! ) en se faisant subventionner des activités fantomes. D’un autre coté, personne se déplace de Bruxelles pour vérifier. C’est bien trop loin, ya pas d’hotels 5 étoiles, et de resto gastronomiques à 500€ l’entrée. Et de l’autre coté, il y a le petit exploitant, qui respecte les normes (pollution, production, etc…) et qui est pris à la gorge par les prélèvements étatique. De là à dire que le système pousse à la fraude et la récompense…

      1. Seb

        Tout à fait d´accord. Oui les gros agriculteurs font focntioner le capitalisme de connivence (élu local, sociétaire Crédit Agricole, Syndicat, …). Tous ont quelques choses à gagner dans la course aux subeventions.

    2. Pascale

      Pas tout à fait cependant. Il y a peu je discutais avec un agriculteur qui m’affirmait lui aussi spéculer. Il choisit par exemple de planter du soja au lieu de maïs pour l’année suivante parce qu’il pressent que ce sera plus rentable, et il peut très bien ne pas arriver à écouler sa récolte ou à un prix inférieur compte tenu de la variation des prix sur le marché mondial.

      Ils peuvent très bien s’en sortir sans subventions. Il y en a qui le font en se regroupant, en créant un magasin à eux où ils écoulent eux-mêmes leur production. Et ça marche très bien.

      1. Joblagadluch

        De tout temps les agriculteurs ont spéculé. Ce n’est pas nouveau, c’est aussi vieux que l’agriculture elle même. Certaines années, le blé vient moins bien que le mais, etc, etc… Donc en fonction des réserves, les prix de l’un ou de l’autre fluctue. Pour ce qui est de sortir des schémas classiques de subvention, ce n’est pas aussi simple que cela. Car dans la grande majorité, les agriculteurs sont affiliés à une coopérative. Qui regroupe des dizaines voir des centaines d’agriculteurs. Ces coopératives font du lobbying auprès de la France et de l’Europe, poussé par les cérialiers et autres vendeurs d’antibiotiques animaux, etc… Et grace ou à cause d’eux, pour toucher telle subvention, il faut mettre tel produit sur les champs, etc, etc… Sortir des ces réseaux. C’est possible, mais compliqué. D’une part pour la part de pression morale qui s’exerce sur les agriculteur : tous les agriculteurs du cantons sont à la coop, il va se mettre à l’écart, etc… Ensuite, se regrouper plus localement pour vendre à qui? Produire c’est bien, mais si la production vous reste sur les bras, c’est perdu. Les acheteurs sont : les grosses entreprises, qui veulent acheter en très grosses quantités à bas prix. Soit vous ne produirez pas assez (et l’acheteur ne fera pas l’effort de diversifier son approvisionement pour 5% de son volume acheté) soit vous ne pourrez pas soutenir les prix. Il reste la filière biologique. Si toutefois vous êtes capable de survivre 10 ans sans être dans la filière « intensive » avant de rentrer dans la filière « bio ». Hé oui, car pour être labelisé bio, il faut attendre dix ans pour que les terres remplis de pesticides et autres cochoneries soient déclarés bio. Décenie de galère garantie. Et quand bien même ces dix ans seraient passés et que vous ne soyez pas encore croulant sous les dettes, la filière bio sature. Donc vous n’êtes pas garanti de revendre votre production. Ou alors, il faut passer à une très petite exploitation, et faire tous les marchés à 50km à la ronde. Mais alors, vous bosserez 70h par semaine pour avoir un salaire décent. Je peut comprendre tout ceux qui restent dans le système pour ma part.

        1. eheime

          L’agriculture a la base c’est tres speculatif. Les aleas sont enormes. Meteo, gouts changeants du consommateur, concurrence locale, étrangere , insectes, rentabilité d’un investissement lourd, etc..

          Et comme dans toute speculation, il y a ceux qui ont du nez et ceux boient la tasse.

          Certains vivent bien, meme tres bien. Sans compter les extras (vente de terres en terrains à batir). D’autres sont criblés de dettes et gerent mal leurs affaires. Faute d’instint commercial. Et puis dans l’agriculture l’attachement affectif fait prendre de mauvaises décisions parfois, sciemment.

      2. gnarf

        A moitie hors sujet, l’article de wikipedia sur la speculation est interessant. On y apprend que la quasi-totalite des activites humaines sont speculatives…et que la capacite de speculer a toujours ete une question de survie pour l’homme.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9culation

        Encore un terme extremement positif qui a ete transforme jusqu’a devenir synonyme de cynique.

  6. Toni

    h16 a écrit : « l’état français n’a plus un rond, ce qui l’oblige à trouver de nouvelles taxes à un rythme stakhanoviste.  »
    La France vit au dessus de ses moyens depuis 30 ans. Nous allons le payer très cher. Et en plus les gens sont trop bornés et peu ouverts d’esprit sur ce dossier que rien ne peut être modifié, ça aussi on va le payer cher.
    Le « patriotisme économique » ? Pas pour moi …
    la responsabilité individuelle ? Oui absolument, à enseigner dès le plus jeune âge. Ne pas demander aux autres ce que l’on peut faire soit même.

    L’état n’est pas un dieu nouricier capable de tout résoudre et de s’occuper de tous les aspects de la société civile.

    Mais c’est du bon sens mais c’est à croire que les gens sont idiots dans ce pays.

    Sources: frère d’un handicapé autiste hyperactif, quelques problèmes du même genre chez moi. Nombreux voyages à l’étranger en famille d’accueil.

  7. infraniouzes

    Cet article est une fascinante synthèse des maux qui rongent ce pays depuis exactement le 20 janvier 1946. Une lente mais inexorable soviétisation de la société française malgré la parenthèse gaullienne de 1958 à 1969.
    On a ce qu’on mérite et tant que les politiciens proposeront au peuple français des sucres d’orge, des chaises longues et de la musique enregistrées pas trop chère, ils obtiendront tout ce qu’ils voudront des veaux qui peuplent ce pays.
    Un exemple parmi tant d’autres: dans les années 60 on se riait des moscovites qui s’entassaient à 3 familles dans un appartement. Tandis que nous. . . Et bien les amis on y est presque avec ce vertigineux développement de la co-location pour les étudiants, les jeunes travailleurs et bientôt les retraités aux retraites misérables. La France avance mais… à l’envers. Alors, un réglement de plus ou de moins; ça changera quoi ?

    1. valuebreak

      les retraités aux retraites misérables ? vous rigolez ? retraite moyenne en 2008 : 1240€ salaire moyen même année : 1180 € …. et pour mémoire : les retraités n’ont aucune charges de famille, ni d’emprunt à rembourser …

        1. gruau

          Quant au montant, pour un fonctionnaire : 1 067 € par mois est le montant minimum de pension accordé à l’âge du taux plein, ou avant cet âge, pour une carrière complète. Une somme énorme. Pour une carrière complète, notez, si vous avez eu le malheur d’être frappé d’une invalidité ou d’une maladie grave et devez abandonner avant, cela pourra être encore moins.
          Vous généralisez donc abusivement.
          Il y a bel et bien des retraités, y compris de la fonction publique, qui vivent dans le dénuement.

  8. TN

    Non, non, non.
    Les deux cas ne sont pas semblables :

    – J’ai essayé de télécharger des semences, ça n’a pas marché. Même compressées, j’aurais du recevoir de la farine, mais nada (Remarques, c’est peut-être un problème de débit) !
    – Puis j’ai essayé de planter un lecteur MP3 dans mon jardin, aucun résultat (Remarques, c’est peut-être un problème de nature de terrain).

    Donc, les deux problèmes ne sont pas pareils.

    Ceci dit, les similitudes sont intéressantes et on devrais pouvoir utiliser l’un des problèmes pour résoudre l’autre.
    Je m’explique :

    H16 possède un lecteur MP3, cadeau de sa grand-mère pour son dernier noël, et il fallait voir la joie dans ses yeux au vu du plaisir de son petit fils. Il le bourre (par téléchargement légal, bien sur, on le connaît) des derniers tubes de Christophe Mahé.
    Enfin, il le bourre … On dira que la vioque n’y connaît décidément rien, que c’est un lecteur a 3 euros 50 (Profitez en, bientôt 35000 euros), et qu’il a une toute petite capacité (comme l’artiste, d’ailleurs), et puis faites pas chier, c’est un exemple.
    H16, distrait comme toujours, égare son lecteur (cadeau de sa …etc…). IL FAUT LOURDEMENT LE SANCTIONNER ! En effet, il s’agit là d’un cas typique de diffusion illégale, puisque quelqu’un pourra s’emparer dudit lecteur et profiter GRATUITEMENT de œuvres de la tortue susmentionnée.

    Le parallèle peut être établi avec notre problème agricole.
    Ces saloperies de moissoneuses-bateuses-lieuses laissent plein de grains dans les champs après leur passage. IL FAUT LOURDEMENT LES SANCTIONNER ! En effet, il s’agit là d’un cas typique de diffusion illégale, puisque certains grains pourront germer.
    Et les ch’tits zoziaux qui viennent picorer les grains oubliés. IL FAUT LOURDEMENT LES SANCTIONNER ! En effet, il s’agit là d’un cas typique de diffusion illégale, puisque qu’ils excrètent (entre autre) des graines non digérées, dont certaines pourront germer. Enfin… sanctionner les zoziaux… On va plutôt sanctionner ces connards de cultos qui laissent les bestioles bouffer les grains !

    Et puis, on peut étendre l’analogie :
    Les producteurs de zizique (ou autre) payent des royalties au créateur du machin baveux de l’artiste toujours susmentionné.

    Hors, les sémillants semenciers NE PAYENT AUCUNE ROYALTIES au créateurs des semences, bien qu’ils les revendent avec profit après une vague transformation. Il faut donc qu’ils payent les droits au créateurs du matériaux. Et qui est le créateur ? Pas le cultivateur, puisque ce crétin revend des graines qu’il n’a pas inventées sans même les transformer. Lui aussi, il doit payer des droits. Non, il faut rémunérer… disons Dame providence, bien sur. Et c’est la que cela devient intéressant :
    Certains lecteurs subtils l’auront peut-être remarqué, nous vivons sous un régime de social-démocratie. Hors ce régime est souvent appelé « Etat providence ». Donc, la providence, c’est l’Etat. Et par ici la bonne soupe !

    D’ailleurs, on peut étendre le principe a d’autres domaines :
    – Ces fumiers de sidérurgistes qui écrasent le prolétariat ne font que revendre du fer (vaguement transformé) qu’ils n’ont pas inventé. ROYALTIES POUR L’ETAT !
    – Ces salauds de pétroliers, qui font pareils avec le pétrole. ROYALTIES POUR L’ETAT !
    – Et les diamantaire, alors. ROYALTIES POUR L’ETAT !
    – Et Al Gore, qui vend du CO2 à tour de bras. ROYALTIES POUR L’ETAT !

    Ben, je pense que j’aurais du faire premier ministre. Que j’te l’aurais pulvérisé, la p’tite dedette, avec les tonnes de myards qui vont nous tomber dessus.

    Bon, je vous laisse méditer, j’ai rendez-vous avec mon psychiatre. D’ailleurs, il ne paye même pas de royalties aux descendants de Freud, ce fumier…

  9. Sébastien R.

    en un mot: ACTA !

    J’ai vu dernièrement un doc sur Arte expliquant la situation de céréaliers qui cultivaient des espèces de blés non-homologués… alors qu’il s’agit d’espèces historiques du blé. Mais il faut dire quelles ont (soit-disant) un faible rendement. Donc on dit que leur farines ne sont pas « panifiables » & on interdit leur commercialisation. Ce qui n’arrête pas ces quelques céréaliers/meuniers/boulangers qui arrivent parfaitement à faire du pain avec ces céréales ! le revers de la médaille, c’est qu’ils n’ont pas le droit de commercialiser ces semences (dès fois que du bon blé supplante le blé « formaté », hein…) . Alors du coup, ils s’échangent entre eux les semences, & sauvegarde ainsi la biodiversité ! Mais alors si en + on leur interdit maintenant de planter leur propres graines… on pourrait y voir un complot des Monsanto & Co. que l’on ne s’y prendrait pas autrement 😉

  10. gem

    hum… ami h16, voici quelque information utiles.

    La « HADOPA » existe déjà, c’est le GNIS. Les agriculteurs ne sont pas assez fous pour avoir confier le bouzin à l’état, ils le pilotent eux-même ; OK, ça leur coute, mais il savent bien que ça leur couterait bien plus si l’état s’en mêlait. Le GNIS ne réglemente, me semble-t-il, que l’achat et la vente des semences, pas les semailles ; libre à toi de semer ce que tu veux, c’est ton affaire. Par contre la vente de la récolte peut poser un petit problème : il se trouve que les acheteurs sont aussi les distributeurs des semences « certifiées », et que donc ils ont une préférence évidente, qui se traduira dans le prix d’achat…

    Le plus gros problème est quand même en amont : en France il faut une autorisation pour exercer le métier d’agriculteur ; y compris chez soi (oui, je parle bien de champs, pas de ces petits kits d’appartement pour plante qui fait rire) ! il est également interdit de choisir toi-même un fermier si tu préfère t’en remettre à pro alors que tu vit en ville ; l’état se charge de désigner qui est ou n’est pas un candidat acceptable pour toi. On ne rigole pas… Même si les communistes vrais, ceux de l’Europe orientale avant la chute du mur, étaient écroulés de rire.

    Le ministère de l’agriculture paye environ 33000 personnes, dont environ 18 000 enseignant. Le reste (15 000) s’occupe de chasse, pêche, nature et traditions, PAC, abattoirs et boucheries…

    1. Pascale

      Où avez-vous trouvé cette information intéressante sur le choix des agricultreurs par l’État ? C’est intéressant.

    2. juni palacio

      Le GNIS, c’est bien peut-être mais c’est obligatoire. Il s’agit de « cotisations volontaires obligatoires », Appréciez la beauté de la formule. Ça coûte aussi cher que si c’était géré par l’Etat (parce que c’est obligatoire..).

      1. gem

        C’est pas faux, mais au moins ça ne concerne que la population qui profite (enfin, qui est censé profiter) du service, population qui a directement la main dessus et a quand même un intérêt à ce que ça ne déconne pas trop. C’est une solution meilleure qu’une administration d’état : moins d’irresponsabilité, et pas d’implication financière des tiers (les gens comme toi ou moi qui sommes hors de ce bizness).

  11. Kassad

    Il manque les … moines copistes, dans le petit tableau de comparaison, mais bon les « ayant-droits » de la Bible ne se sont jamais plaints.

  12. ph11

    Mais, comment vont-ils faire pour surveiller et recenser l’utilisation « frauduleuse » des semences ?
    Ils vont faire l’équivalent du DPI pour les semences ?

      1. gem

        C’est exactement ça. Sauf erreur (Josick d’esprit agricole, es-tu là ?), sans la facture tu peux vendre quand même, mais y’a une décote.

  13. Nicolas D.

    Il me semble que les moyens techniques d’une économie libérale de la création sont bien là. Le retour à une économie maigre et rentable pour les auteurs est largement possible. Les grosses, grasses et paresseuses maisons de disque ont assez pompé les artistes et réduit la création au néant total. Elles viennent maintenant geindre auprès de l’état pour qu’on oblige les consommateurs à payer pour de la valeur artistique nulle (cf Christophe Maé).

    Dehors les maisons de disque ! Dehors l’état ! Le marché de la musique existe sans vous ! C’est vous qui l’avez tué.

    La production
    – Un ordinateur, un logiciel de studio virtuel, un ou deux micro, un clavier MIDI et 2 ou 3 trucs de ce genre.
    – Du talent, du sens de la composition et de l’écriture, des bon interprètes et musiciens.
    – Un studio improvisé dans un trou perdu là où le silence règne.

    Le marketing
    – Le talent (ça nous fera du bien)
    – Twitter, YouTube et compagnie…

    Le modèle de vente
    – Achat au téléchargement sans DRM
    – Places de marché redistribuant l’essentiel aux auteurs (70% aux auteurs, 30% à la place de marché, par exemple) et mises en concurrence l’une avec l’autre
    -Chaines musicales en streaming sur abonnement ou financées par la publicité

    Le modèle de financement des artistes
    – Financement par crowd sourcing sur proposition de maquette d’album ou de titre pilote

      1. Paf

        -pendre haut et court l’ensemble des dirigeants du PS et de l’UMP, juste pour voir si ca inspire ceux qui restent.

        1. Nicolas D.

          C’est peu être sous cette forme effectivement, qu’il peuvent rendre à la terre un peu de la fertilité, qu’ils lui ont confisqué.

      2. Nicolas D.

        Euh…
        C’est là qu’on voit la limite de la comparaison entre l’agriculture et la musique…
        Mais cette histoire sur les semences est vraiment navrante à pleurer.

        Ma première pensée est que c’est désespéré pour l’agriculture, parce qu’à première vue, on ne peut pas bénéficier de ‘chemins de traverse’ que permet l’Internet et la numérisation. Malheureusement, on ne peut pas encore transférer la matière via le réseau, seulement l’information.

        Je croyais beaucoup en l’émergence d’une économie plus maigre de l’agriculture avec des agriculteurs regroupés en groupes d’intérêt et créant leurs propres entreprises de distribution avec un chemin d’accès le plus direct possible au consommateur.

        1. GrosBen

          Si si il y a des choses à faire avec internet pour rapprocher les producteurs et consommateurs.
          Voir par exemple http://www.lepanierdesfamilles.com/, ils font de la livraison à domicile de produits locaux et de saisons sur Toulouse et Bordeaux. Leur catalogue est mis à jour toutes les semaines en fonction de la disponibilité des produits chez les producteurs.

  14. gnarf

    Euh completement hors-sujet, mais comme je lisais le livre d’Ayn Rand la Greve enfin traduit en Francais, je cherche les critiques de nos vaillants journeaux. Ca valait le coup..la censure du politiquement correct est pleinement assumee:

    L’express:
     » Littérairement nulle, philosophiquement navrante, politiquement détestable, on s’explique plus facilement l’ignorance dans laquelle, sous nos latitudes, l’oeuvre d’Ayn Rand est tenue.  »

    Le nouvel obs:
    « On comprend mieux pourquoi l’auteur de ce succès planétaire n’avait pas encore été traduit au pays de Colbert. »

    1. breizh06

      Aaah la presse subventionnée, elle ne peut pas faire autre chose pour un livre qui montre comment on passe du socialisme rampant à la grosse cata.

      Mais TOUS les commentaires sont élogieux sur amazon.fr (sauf un qui s’est fait atomisé en public..).

      1. gnarf

        D’ailleurs je vous invite a vous inscrire sur amazon france pour commenter ce livre (apres l’avoir lu bien sur). Voila un livre qui parle particulierement bien de ces sujets, et nul n’est besoin d’adherer integralement a la philosophie de Rand pour l’apprecier.

        C’est le genre de livre qui peut vraiment ouvrir les yeux a
        son lectorat sur des pans entiers de reflections dont elle ne soupconnait pas l’existence. Lisez-le, parlez-en, offrez-le, commentez-le. Les cretineries socialo-communistes sont vehiculees dans d’innombrables romans, spectacles et films….pour une fois qu’un roman parle au nom des liberaux.

    2. Théo31

      On a déjà Bèche à Merde et Je pue des Hessel : pourquoi se farcir une merde yankee quand on a ce qui se fait de mieux en matière de déjections canines ?

  15. Before

    « On comprend mieux pourquoi l’auteur de ce succès planétaire n’avait pas encore été traduit au pays de Colbert. »

    Et ils ne se rendent pas compte de l’énormité qu’ils écrivent ces connards ?

    « succès planétaire » // « pas encore été traduit »; ça ne les interpellent pas plus que ça ?

    Moi je ne me contenterais pas de réponse du style « les autres sont vraiment des nuls, on est le seul pays intelligent »

    1. Nicolas D.

      Alors là, je suis estomaqué !
      L’imagination de nos politiques est sans limites.

      Tous les mots-clés y sont. De ‘écologique’ à ‘plus-démunis’…

      En tout cas, belle gestion des priorités à l’approche d’une crise économique sans précédent.

    2. Nicolas D.

      Il est impératif d’aider les plus démunis à acheter un écran plasma le moins énergivore possible.

  16. juni palacio

    L’état sème aussi… Selon une récente note de l’INSEE, en 2010, l’État contrôlait plus de 1 200 sociétés qui employaient 791 900 salariés. Plus d’une soixantaine de sociétés ont quitté la sphère publique du fait de ventes de filiales ou de cessations d’activité, concernant plus de 7 000 personnes. À l’inverse, plus de 330 sociétés entrent dans le secteur public, soit environ 22 000 salariés.

  17. Philippe R

    Quand un agriculteur pratique la « re-seme », il ne sélectionne pas les semences à la façon des braves paysans d’autrefois. Il le fait juste par souci d’économie et ça donne une production de très mauvaise qualité (qu’il pourra refourguer en la mélangeant au reste de sa récolte). Bref, c’est quand même un peu de l’arnaque. Faut-il l’interdire ou le réglementer ? En tant que libéral, je dirais que ce n’est pas à l’Etat de le faire.
    Quant à la taxe de 50 centimes/tonne, la re-seme n’est qu’un prétexte. Comme des centaines d’autres taxes, elle tombera directement, sans contrôle de l’Etat, dans la caisse de l’un de ces innombrables syndicats interprofessionnels, qui ne sont en réalités que des sinécures pour des parasites plus ou moins proches du pouvoir. Cet argent ne sera pas réinvesti dans la recherche mais dans les bons restos parisiens.

  18. Marco33

    Téléchargement, semences…. et puis un jour le lobby des ampoules-zécologiques-développement-durable-et-très-chers viendra crier scandale contre un concurrent qui livre sa lumière gratuitement et sans payer aucune taxe ou impôt!

    Pour les non-apprenant ou les victimes de l’Eradication Nationale, un petit peu de Frédéric Bastiat (http://bastiat.org/)
    Attention : à la lecture de ces textes, vous risquez de devenir -à l’insu de votre plein gré- un salaud de libéral.

    1. scaletrans

      « ampoules-zécologiques-développement-durable-et-très-chers », la plus grande escroquerie sponsorisée par les pouvoirs publics depuis l’affaire des CFC

  19. Julie Ernt

    article très bien rédigé…
    rappelez vous aussi en 2006, le député européen Jean Lamassourre avait annoncé l’idée de taxer les messages électroniques…

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