France, le gros problème caché de l’Europe

Je viens de lire avec intérêt un récent article de John Mauldin. Il s’agit d’un gestionnaire de fonds. Il fait partie des quelques uns à avoir prévu l’actuelle récession dans laquelle nous nous trouvons et fournit régulièrement des prévisions basées sur des éléments de réflexion originaux.

Cette fois-ci, il utilise la métaphore des lions dans la savane, dont certains sont bien plus habilement cachés que d’autres, pour faire un parallèle intéressant sur les pays européens actuellement dans la tourmente. Il note ainsi que si la Grèce et l’Espagne sont, en quelque sorte, les lions visibles de la savane européenne, c’est bien la France qui constitue son lion caché, avec tous les dangers que cela peut constituer (on ne le voit pas venir, mais au moment où c’est le cas, c’est généralement trop tard). Et vu la taille du lion (ou du problème en l’occurrence) on peut commencer à s’inquiéter.

Voici une traduction des quelques passages les plus intéressants de l’article, fort instructif.

Tout le monde sait qu’il y a des lions qui parcourent l’Europe. Lorsque j’ai commencé (avec un groupe grandissant d’autres observateurs) à écrire sur la Grèce, on nous expliquait alors que les pays développés ne pouvaient faire défaut. Et en fait, les régulateurs bancaires européens ont permis (voire encouragé ?) aux banques d’acheter les bons du trésor des pays périphériques et leur ont imposé de trouver toutes les qualités requises à ces véhicules financiers. C’était de l' »argent gratuit » pour ces banques. On peut payer quelques points de pourcentage sur le dépôt et en obtenir un levier de plus de 40 fois, faire du carry à hauteur de 3 à 4%, en fonction de ce que vous êtes prêt à en tirer. Retour sur investissement 100% sûr. Qui n’en profiterait pas ? Et c’était bien sûr, puisque le législateur le disait.

(…) Puis en 2011, on nous a expliqué que l’Espagne pourrait bien avoir de gros problème et devrait « restructurer » sa dette. Comment cela était-il possible ? À ce moment, on pouvait admettre qu’il fut possible que la Grèce puisse avoir des problèmes, mais l’Espagne ? Enfin, voyons, l’Espagne était un « pays réel » ! Et les « pays réels » ne font pas défaut (et n’oubliez pas que la Grèce, quelques années plus tôt, était considérée comme suffisamment réelle pour être admise dans l’eurozone). L’Espagne était différente.

Je vous garantis avec certitude que le premier ministre espagnol Rajoy va continuer à nous assurer à 100% que l’Espagne ne fera jamais faillite. Jusqu’au moment où elle le fera. Tout comme il nous assurait que les banques espagnoles allaient bien et n’auraient pas besoin d’aide européenne, une semaine tout juste avant qu’elles ne crient au secours.

(…) On voit tous les lions que sont la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne ou l’Italie et maintenant Chypre et Malte. La peur d’une contagion est ce qui retient éveillé les leaders européens la nuit, qui cherchent à savoir comment renflouer l’Espagne. Car si elle coule, le prochain pays est l’Italie. Les problèmes de la Grèce, l’Espagne et les autres ont été largement débattus ici et ailleurs. Regardons plutôt un petit graphique et passons ; ce dernier montre que le capital sort massivement de l’Espagne :

(…) Mais assez avec les lions qu’on voit bien. Car le lion caché dans la brousse, c’est la France. Oui, cette France qui est supposément un gros morceau de la solution pour la zone euro et le partenaire-pilier de l’Allemagne avec laquelle ils peuvent garantir toutes ces dettes. La France « AAA », notée de cette façon par les mêmes agences qui décernèrent la même note aux déchets nucléaire des subprimes et les transformèrent en or. À présent, les agences de notation utilisent la même alchimie pour transformer la dette française en or des fous.

(…) Tout d’abord, regardons le graphique suivant du FMI, qui examine les perspectives sur la dette de six pays en particulier (…) Les lignes en pointillés montrent la tendance que le ratio Dette / PIB peut suivre ; les lignes supérieures sont celles lorsqu’aucune action n’est prise par les gouvernements. Celles du milieu représentent la trajectoire lorsque des ajustements modérés sont effectués, et les lignes inférieures sont les trajectoires lorsque des mesures draconiennes sont mises en place. Voyez-vous le lion caché en devinant quel pays a une situation d’endettement très similaire à celle de la France ?


Note : les graphiques sont issus de la BIS, de ce PDF, page 14

Eh oui, le pays le plus proche de la France est la Grèce. Oui, cette Grèce-là. Celle qui a fait faillite. Celle dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle ne marche plus. Notez aussi que si la Grèce suivait le train de mesures draconiennes, elle pourrait stabiliser sa dette. Et que si la France faisait la même quantité de coupes draconiennes, son ratio Dette/PIB continuerait d’augmenter jusqu’à 200% dans les 25 ans. Oups…

Et quelle fut la réponse du nouveau gouvernement français ? Il a décidé de remettre une couche à des mesures déjà totalement irresponsables. Pensez-vous que l’Allemand moyen comprend à quel point son partenaire français est mal en point ? D’ailleurs, pensez-vous que les politiciens français comprennent à quel point la France est mal barrée ? Certainement pas la majorité d’entre eux, et il est douteux que leurs collègues allemand aussi. Cela va se terminer par une catastrophe d’ampleur biblique. Pensez « 12 plaies » et non pas les 10 plaies (comme en Egypte).

Hollande dispose, à l’évidence, d’un instinct politique très sûr et sait comment utiliser le système politique. Malheureusement, il a la culture économique que Dieu a fourni à une oie. Quelqu’un devrait l’obliger à lire tous les essais de Bastiat. (Ce serait bien trop demander à un politicien socialiste français de lire des économistes anglais ou autrichien qui comprenaient réellement comment les choses fonctionnent.)

Regardons ce qu’Hollande a fait le premier mois : il a baissé l’âge de la retraite à 60 ans là où Sarkozy avait eu tant de peine à le monter à 62. Il a augmenté les taxes sur ceux qui gagnent plus d’un million d’euros à 75%. Il est en train d’augmenter les taxes sur ceux qui ont une valeur patrimoniale supérieure à 4 million d’euro, au double de ce à quoi ils pouvaient s’attendre. C’est la « contribution exceptionnelle sur la fortune. » Ne pensez-vous pas que quelques personnes pourraient vouloir déménager en Espagne ? ou la Suisse ? Le capital va là où on l’aime et où on en veut. Et ce qui ont un peu de fortune ne peuvent plus ressentir de l’amour s’ils sont encore en France.

Notez que cette « contribution exceptionnelle » est sur la valeur patrimoniale nette, pas sur le revenu. Mais les politiciens promettent que c’est temporaire. Cela diminuera lorsque la crise sera finie. Excepté que la France s’apprête à rentrer en crise permanente. Voyez-vous la direction que ça prend ? Voyez-vous la direction dans laquelle les riches français s’en vont ? Vous pouvez prendre tout de suite une réservation dans un bon bistrot français si vous vivez à Londres…

Le ministre radical, nouvellement nommé au maroquin au nom Orwellien de Redressement Productif, appelle chaque société qui a prévu de réduire ses effectifs pour mitiger ses pertes, et leur explique qu’elles doivent négocier avec les ouvriers pour trouver un moyen de continuer à perdre de l’argent. Les syndicats sont dans la rue. Oh, et puis les grosses compagnies devront payer plus de taxes. Et n’imaginez même pas pouvoir déménager des « emplois français » en dehors des frontières.

Ils ont augmenté le salaire minimum. Pouvez-vous me trouver une étude qui montrerait que c’est un moyen efficace pour créer de l’emploi ?

La liste continue ainsi… Cela va évidemment à l’encontre d’études réalisées par le FMI (et plein d’autres) qui montrent que la France est au bord d’un précipice fiscal avec tous ses acquis sociaux. Et les taxes représentent déjà 50% du PIB ! Les déficits sont déjà élevés et en augmentation, et accroître les taxes ne va pas augmenter leur collecte. Demandez aux Anglais ce qu’ils ont pu retirer des augmentations d’impôts sur les plus riches : les rentrées fiscales se sont effondrées. Une augmentation de quelques pourcents, et certains de ces riches ont voté avec les pieds. Demandez au Maryland.

(…) Ce ne sera pas cette année ni même en 2013 (je pense), mais dans quelques temps, nous écrirons sur la France de la même façon que nous écrivons actuellement sur la Grèce et l’Espagne. Et les banques françaises sont massivement plus larges que le PIB français (quelques unes, quatre fois plus). La France ne pourra pas plus arrêter ses banques que l’Espagne les siennes.

On peut, bien sûr, ne pas partager l’analyse macro-économique de Mauldin. On peut, évidemment, ne pas trouver les études du FMI ou des autres pertinentes et oublier les conclusions qu’elles permettent de forger. Il semble cependant plus difficile d’écarter d’un revers de la main les remarques de bon sens du même Mauldin lorsqu’il regarde, de son œil d’étranger, les récentes actions entreprises par le gouvernement : l’avalanche de décisions catastrophiques ne fait aucun doute.

Certes, le thuriféraire de l’action étatique et le supporter intransigeant de la redistribution sociale qui fait des bisous ne peut que trouver super qu’on aille piocher dans les poches des riches pour, supposément, aider les pauvres. Mais tout ceci envoie un message clair à ceux qui créent de la richesse, à ceux qui ont, in fine, les clefs de la solution, c’est-à-dire ceux qui sont prêts à prendre des risques, à créer des emplois : les entrepreneurs.

Et ce message est limpide : si vous restez, ne prenez plus aucun risque, arrêtez de créer de la richesse, elle vous sera retirée ! Et sinon, fuyez, car ce pays est foutu.

J'accepte les Bitcoins !

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires84

  1. Le Gnome

    Quel va être le plan Z pour sortir du fond du trou une fois que nous y serons. Y aura t’il même un plan ? Ca va être terrible et les gens ne s’en rendent même pas compte. Il y aura du sang, je le crains tellement le choc sera violent.

    1. Non

      @Le Gnome,

      « je le crains tellement le choc sera violent. »

      Le choc est déjà d’une violence inouïe ! Vous n’avez pas vu la violence hier dans le discourt Draghi, et dans la remise à niveau des compteurs qui ont suivi ? (10% pour les financières en moins de 4 heures (de-2% à 8%)

      Avant les bourses montaient doucement et chutaient vite, maintenant c’est le contraire… Faut dire qu’il faut être couillon ou en vacances pour ne pas comprendre ce qui se passe.

      Par contre, ce qui me dérange, c’est un faux mensonge ne peut plus être un mensonge, c’est donc une vérité. Et là, comme il n’y a pas de sang, l’ Europe est donc fédérale, et nous cautionnons pleinement nos frères en faillite, ce qui évite de voir la nôtre.

      C’est plus la France qui est foutue, c’est toute l’Euro-zone. h16 vas devoir trouver un nouveau refrain.

  2. kelevra

    hier soir, j ai un peu regarde l emission c est dans l air, sur la 5. comme a l accoutumee, les memes thuriferaires habituels, giuliani de la fondation shuman, bernard maris nouvel administrateur de la banque de france, le patron de standard france, et un autre chevelu de l institut de la finance. le message est clair : il faut plus d europe, plus d argent, beacouup plus, c est pas la faute de la grece ni de l espagne ni des autres s ils sont dans cette situation, l allemagne y est quand meme pour beaucoup elle voulait vendre ses produits, et de toute facon la france ne crait rien, elle est trop importante pour sauter, allemagne + france =50% du pib europeen, l europe ya rien de mieux, on est les phares du monde par notre culture notre education, l europe est le 1er pour le commerce mondiale, l europe est le 1er exportateur mondiale meme s il y a des disparites entre les pays. tout va bien qu on vous dit. regarder comme tout va bien aujourdhui la bourse a pris 4%. bande d ultra liberaux défaitiste. le camp de reeducation n est pas loin, c est christophe barbier qui vous le dit.
    la petite douleur que vous sentez au niveau de votre posterieur, ce n est rien c est juste pour vous faire comprendre que tout va bien, la crise est finie.

      1. charlie

        « Bernard Maris est jusqu’en 2008 directeur adjoint de la rédaction de Charlie Hebdo et actionnaire de l’hebdomadaire à hauteur de 11 %. Il a reçu à ce titre 110 000 euros de dividendes pour l’exercice 2006. »

        No comment.

    1. Calvin

      Ah ! C’est donc juste cela !
      On m’a mis un suppositoire à l’insu de mon plein gré ?
      Bon, c’est pour mon bien, alors je suis d’accord.
      J’ai juste l’impression que la taille du suppositoire augmente énormément, à hauteur de la croissance des déficits, d’ailleurs…

  3. Aristarque

    Evidemment que nous sommes une Grèce en six fois plus grosse!

    Embauches délirantes de fonctionnaires à tous les étages administratifs, national ou local… comme en Grèce où les embauches nettes positives continuent, crise ou pas.

    Salaires desdits très supérieurs à ceux du privé (le beurre et l’argent du beurre avec la garantie de l’emploi à vie)…

    Revalorisations du salaire minimal (doublée par le jeu des C.S.) basées sur les profits d’une centaine de sociétés multinationales prises en justification des largesses mais totalement déconnectées de la réalité des entreprises françaises coincées dans leur marché national ou proche-européen… d’où un chômage en progression inexorable…

    Impôts élevés à tous les niveaux, sur le revenu, l’épargne, le patrimoine et en augmentation de surcroît…
    Idem pour les taxes dont la création à jet continu est une gloire française…
    Idem pour les cotisations sociales…

    Délires de dépenses étatiques ou para-étatiques en permanence…

    Politique industrielle ruineuse menée sur la base de lubies de CGT-correct, écolo-correct, subventio-correcte…

    Politique sociale menée de façon à davantage subventionner l’inactivité et la rente que favoriser le travail…

    Refus avérés et constamment réitérés de la moindre diminution de budget étatique global mais même de la simple réorientation…

    En résumé, main-mise quasi totale de l’Etat et de ses démembrements sur la vie économique et sociale du pays à la manière d’un totalitarisme soft qui s’active déjà à contrôler les pensées en attendant la police politique supplétive.

    Bref, une Union Soviétique en devenir mais embringuée en union économique dans un groupe de pays mal en point pour la plupart.

    Le jour où les bailleurs de fonds exigeront « subitement » des taux d’intérêts à 6 ou 7%, ce sera la cata puisque nous sommes déjà probablement au delà du zénith de la courbe de Laffer et que les impôts n’augmenteront plus en sommes collectées quel que soit le taux exigé.

    Le recouvrement fiscal en France fonctionne bien parce que l’immense majorité des contribuables paie son écot sans trop regimber autrement qu’en paroles.

    Mais si un jour, devant des montants confiscatoires menaçant les besoins de vie minimaux desdits citoyens, ne serait ce que la moitié des contribuables refuse de s’acquitter, le fisc ne pourra jamais lutter rapidement contre un tel défaut sans compter éventuellement les représailles physiques contre ses agents.

    Quand, dans les années 60, en plein hiver, EDF a coupé le courant plusieurs jours de suite, certains de ses agents se sont alors fait tabasser dans leurs quartiers si bien que cela n’a jamais recommencé, sauf quelques heures par ci par là…

    1. Before

      Moui, le problème, c’est que « les gens » ne se rendent pas compte de la situation, tout bercés qu’ils sont par les sirènes étatistes depuis l’école, l’illusion que l’Etat peut et doit tout faire est très bien répandue.
      De plus, l’impôt sur le revenu est acquitté par très peu de foyers fiscaux. Ceux qui ne le payent pas on l’impression de ne pas être taxés (la TVA, la CSG, les charges « patronales », etc… sont peu visibles). Et tous ont l’impression, en vivant sur la bête, d’être bénéficiaire net du système.
      En résumé, ça ne bougera pas, ou alors à l’encontre – comme d’habitude – des infâmes capitalistes libéraux.
      L’Etat ne sera jamais pris pour cible en tant que tel.

      1. Aristarque

        Mais le jour où l’Etat ne pourra plus emprunter pour combler ses abysses financiers, il ne pourra plus assurer le paiement des rentiers du système…
        Qui sait ce qui se passera alors ?
        Si on regarde la Grèce, on aura droit à des manifs géantes, renouvelées et probablement insurrectionnelles, ceci au minimum…

        Quand on analyse la situation, on peut la comparer à celle de la Rome antique où l’Etat d’alors organisait jusqu’à 3 fois la semaine, des jeux du cirque et de la distribution de pain et subsides pour que la populace d’origines ethniques variées qui effrayait les Romains de souche (qui se rendaient compte qu’ils ne faisaient plus le nombre) se tienne tranquille.
        Cela a mal fini car cela exigeait sans cesse l’augmentation des budgets que les Antiques résolvaient par des conquêtes territoriales sans cesse… puisque Rome devenait en quelque sort un eldorado pour tous les peuples conquis…

        1. Before

          Oui, c’est possible, mais la cible des débordements ne sera pas forcément l’État.
          « On » s’indignera contre la finance, les banques, les riches, et les émeutes toucheront des commerçants et des particuliers déjà victimes…
          Nos « élus » sauront sauver leur peau, en récupérant le mouvement, comme d’habitude.

    2. Pascale

      «  » »Politique sociale menée de façon à davantage subventionner l’inactivité et la rente que favoriser le travail… » » »

      Politiquesociale clientéliste menée de façon à se construire un bel électorats

  4. dede

    L’analyse semble pertinente mais il y a un loup : « Malheureusement, il a la culture économique que Dieu a fourni à une oie ». On se moque un peu de sa culture economique, c’est celle de Bercy qui est en cause.

    Par ailleurs, je pense que le consensus de ceux qui savent, c’est qu’il n’y a pas d’autre moyen de s’en sortir que la vraie planche a billet (a l’ancienne, pas les QE) et l’inflation a deux, trois chiffres, voire a la zimbabweenne.
    Dans ce cas, il est economiquement pertinent de s’endetter a mort (si j’en avais l’occasion, j’emprunterais bien a taux fixe pour m’acheter de l’immobilier) car le dindon de la farce ne sera pas le debiteur mais le creancier (on se demande qui se permet de preter encore a la France aux taux actuels).

    Ma conclusion est que c’est la fete du slip mais pas necessairement qu’ils n’ont rien compris a l’economie…

    1. Franz

      Vous avez raison sur l’hyper-inflation à venir, je crains. Et ceux qui prêtent à l’Etat français aux taux actuels… Ben ce sont ceux qui n’ont pas le choix: Particuliers ayant des parts d’OPCVM (qui doivent pour la plupart contenir une certaine quantité de dette d’Etats de la zone euro), compagnies d’assurances (provisions pour les paiements futurs pour les polices vendus, doivent être en grande part constitués d’obligations d’Etat de la zone euro, et spécifiquement Française), banques (obligées de se refinancer auprès des banques centrales avec de la dette publique), ou autres.

      Réglementairement les Etats européens (mais pas qu’eux) ont mis en place un système génial: il y a de l’inflation parce que sans création monétaire désordonnée la dette aurait été insoutenable il y a déjà longtemps. Mais l’inflation « normale », tout le monde sait désormais que c’est pas bon. Alors à coup d’incitation et de réglements, de taxes et de détaxes, on pousse l’excédent de monnaie vers:
      a) L’immobilier. Quand ça monte, tout le monde est content, ceux qui en ont, ceux qui vont sans doute en acheter et qui se disent « c’est super rentable », et l’Etat qui se sucre en bonnes taxes bien grasses, y compris l’ISF.
      b) Le marché obligataire et particulièrement de la dette publique. Ca permet d’avoir des taux bas, des prix qui montent, donc les investisseurs sont pas trop mécontents et l’Etat s’endette encore plus à pas cher…
      c) pour éviter des transferts toujours possible vers le marché action (faudrait voir à ce que ces idiots de « spéculateurs » -lire épargnants- financent bien de la dette publique, pas des sales entreprises méchamment capitalistes) on sort des « mauvaises nouvelles » régulièrement pour garder le niveau des marchés actions super bas. (bon, en même temps, c’est réaliste, vu que les entreprises aussi vont morfler sévère quand France et Allemagne feront défaut, avant quinze ans… )

  5. GM

    Ça va effectivement très mal finir, c’est assez terrifiant de voir la barque se charger encore et encore sous les applaudissements de la foule amoureuse de son idéal socialiste. On n’a surement pas fini de s’extasier devant la capacité du gouvernement a repousser le réel en jouant du flûtiau, mais ça ne va pas durer éternellement…

    Pour l’exil Hong Kong a l’air pas mal, mais il y a de plus en plus de Français, et l’administration chinoise n’est pas tendre avec eux, essentiellement pour des raisons diplomatiques. Mais ça fourmille d’activité et le potentiel pour faire des affaires en Chine semble encore très bon.

    Sinon Mauldin est vraiment un bon, ses avis sont toujours mesurés et solidement étayés, ses newsletters méritent leur audience a mon avis.

  6. Positron63

    Cher H16, je vous propose la remise à jour d’un concepte qui avait été très porteur ces dernières années.
    Pour être vertueux selon les « normes vertes », il fallait (et oui, au passé) réduire son emprunte carbone.

    Voilà, réchauffement climatoc, CO2, effet de sphère, tout ceci est en perte de de vitesse, crevé comme une vulguère bodruche contre le mur de la réalité.

    A la sauce 2012 voici ce que ça donne :
    Le dernier rapport du GIECC (Groupement Individualite des Economistes en Culotte Courte) vient d’être publié et annonce preuves à la pluie que le climat s’est à nouveau déréglé et que partout sur la planète on enregistre des catastrophes :

    – Grèle de taxe
    – Tornades d’inflation
    – Typhon de pensions
    – Tsunami bancaire
    – Vagues de faillites
    – Montée du niveau des taux obligataires,
    – Submersion des états par leur propre dette
    – Bank-route par noyade d’eau-mino
    – Canicules boursières
    – Surchauffe des Epsons stylus de la BCE, alarme niveau critique bas des cartouches d’encre.
    – Fusion irréversible du coeur de la BCE.
    – Fonte dramatique des capitaux
    – Assèchement des crédit bancaires

    Le réchauffement taxatique est en marche et le boulversement climatique tant redouté aura bien lieu :
    Le monde tel que vous le connaissez va disparaitre, et si vous ne prenez pas des mesures immédiates et massives, les moutons-tribuables disparaitront de la surface de l’état pasnète.
    Chaque mouton-tribuable au plus profond de sa concience libérale, doit rapidement faire un effort pour réduire sont EMPRUNTE ETATIQUE (c’est dit).

    Le paragraphe 2 du rapport 2012 du GIECC donne quelques recommendations que chaque mouton citoyen écono-conscient devrait suivre:

    – concentration de l’habitation à la campagne, style ferme avec grand terrain avec taxe d’habitation et foncière au minimum.
    Fini les privilégiers concentrés dans de grands ensembles hyperefficaces avec transports en commun sur-subventionnés tournant à vide, tout à l’égout et cinoche/CSA au coin de la rue. Maintenant c’est chacun dans son coin et chacun se démerde avec sa bagnole au mazout.
    – autarcie énergétique; déconnexion du réseau EDF : 2 éoliennes dans le jardin, groupe électrogène,
    onduleur et batteries. Pas question de revendre le moindre électron libre. Le surplu est transformé en chaleur (plus de TLE, contribution au service public d’électricité, entretien du réseau, TVA sur la taxe locale, arglllll monsieur le Maire et monsieur le président du conseil général).
    – déconnexion du réseau d’eau : un puits pour le générale et récupération de l’eau de toiture avec stockage en cuve béton enterrée pour la consommation alimentaire (pas de contamination par la contribution au service publique, préservation du monopoles des resources et intoxication à la TVA).
    – respect scrupuleux d’une vitesse inférieure de 15km/h aux points de stimultation de l’apétit étatique, ce qui évite de nourrir le monstre tant par les cartes vertes que la TIPP.
    – Privilégier le circuit de déplacement de fonts doux (ou gris foncé) : l’acheteur paye directement le vendeur sans que l’argent ne passe par la Chine. Le producteur est localisé à proximité du consommateur et le monstre ne mange pas dans la gamelle.
    – En bon mouton-citoyen, anticiper la mesure qui sera sans doute bientôt prise : rapporter spontannément votre monnaie papier (et monnaie fiducière) à la banque de fRance contre une poignée de pièces de métal jaune sans aucune valeur (si le volume est notoire, un certificat de « Bon Français » peut être remis en prime et vous pourrez l’afficher fièrement dans votre bureau).

    Ces mesures permettront de réduire notre production individuelle de TVA (produit secondaire issu de la désintégration de la richesse, hautement toxique pour le mouton-tribuable et qui entretien la prolifération de la gangrène ponctionpublique) et impôt néfaste à la planète fourmis.

    Ces quelques mesures appliquées individuellement peuvent permettre individuellement de sauver votre Tête.
    Le parti des Gris Sous-mariners est favorable à ces mesures (un grenelle de la taxe serait en préparation) et certains envisagent même de les utiliser comme base à une règle d’OR metallique.
    Moutons-tribuables à vos pelles, votre survie et celle des générations futures est entre vos pattes!

    et un grand merci à H16, phare du monde libre qui nous montre jour après jour le chemin dans la nuit de l’esclavage collectiviste.
    et là je fais un appel du pied à H16 pour promouvoir cette notion d’emprunte étatique.

    1. Nicolas

      « et un grand merci à H16, phare du monde libre qui nous montre jour après jour le chemin dans la nuit de l’esclavage collectiviste. »

      Sans vouloir critiquer H16, il ne fait que rappeler les bilan des l’URSS et de l’Allemagne NAZI, dont est issu notre fameux « modèle français »…

      La barbarie socialiste conduit inéluctablement à la faillite économique et morale.

      1. Calvin

        Empreinte Carbone, oui !
        Mais « Emprunte Etatique », j’adore !!
        C’est une belle image de ce que l’on vit ces dernières années.

  7. Lapin

    Putain, Bernard Maris au conseil de la BDF, il fallait le faire! Heureusement que cette institution ne sert plus à rien.
    Comme quoi, les anciens gauchistes, tout comme leurs ainés jacobins, adorent se retrouver sous les ors des palais nationaux (construits par l’ancien régime).
    Bon, et puis c’est bien Sarko qui avait nommé Philippe Val à France Inter…

    1. Nicolas

      Le simple fait qu’un débile profond comme ce type réussisse dans la vie est tout à la gloire du capitalisme qu’il hait tellement !

    1. Aristarque

      C’est effectivement dommage car le tracé des courbes est faussé pour les comparaisons directes.

      Mais cela dit, la France est dans le (triste) trio des pays (avec Grèce et Irlande) qui, quoi qu’il arrive, voient leurs dettes globales augmenter, même à l’occasion de mesures draconiennes…
      C’est donc qu’il nous est et sera impossible de nous passer des bailleurs de fonds pour vivre ces prochaines années…

      Et comme Mimolette n’a absolument pas l’intention de prendre ni maintenant ni prochainement la moindre mesure draconienne (entendre baisse des dépenses étatiques), il est donc très très vraisemblable que les prochaines années, voire prochains mois, soient très virils pour les paiements des rentes d’état à tous les prébendiers.

      Les soucis de l’Espagne sont arrivés pratiquement du jour au lendemain sans période transitoire préalable…

      Comme le souligne H16, si on peut discutailler les courbes du FMI, ses hypothèses,etc… « Il semble cependant plus difficile d’écarter d’un revers de la main les remarques de bon sens du même Mauldin lorsqu’il regarde, de son œil d’étranger, les récentes actions entreprises par le gouvernement : l’avalanche de décisions catastrophiques ne fait aucun doute. » jusqu’à nommer un thuriféraire d’ATTAC à la Banque de France qui en dépit de son idéologie professée ne crache pas sur les dividendes à la manière d’un vil adorateur du Grâââââând Kaââââââpîîîîîîîtaââââl selon Wikipédia….

      Toujours faire comme je dis de faire et non pas comme je fais…

  8. Nicolas

    L’Etat va bien entendu faire des économies : toutes celles qui ne se voient pas.

    Vous avez cotisez toute votre vie et avez un cancer ? Aspirine.

  9. simple citoyen

    En fait pas mal de gens le pensent depuis longtemps et écrivent régulièrement dessus, mais ce ne sont évidemment pas les MSM (Main Stream Media). Un des derniers articles intéressants sur le sujet est ici: http://www.zerohedge.com/news/david-einhorn-throws-france-under-bond-vigilante-bus

    David Einhorn y explique en particulier une des conséquences imprévues du « flight for safety » vers les banques allemandes, qui littéralement lient les mains de l’Allemagne plus sûrement que les traités.

  10. Pascale

    Je me souviens qu’avant les élections nombreux étaient ceux qui souhaitaient que la gauche l’emporte afin que la chute de la France soit plus rapide. Nous y sommes. Et je crois que c’est bien pire que tous les scenarii que nous avions imaginés.

    1. Alex6

      Au combien vrai, j’avoue que ce qui se passe depasse tout ce que j’avais cru possible.
      Le paradoxe, comme ecrit par beaucoup ici, c’est que les Francais en general n’ont strictement aucune idee de ce qui attend reellement le pays. J’ai beaucoup discute « dette » et « fiscalite » lors de mon dernier passage dans l’hexagone, les gens plannent a 10 kms, me regardant comme si je venais de mars. Il faut dire pour leur defense qu’ils n’ont strictement aucune culture economique et une capacite a penser hors du cadre inexistante. Ca promet.

  11. simple citoyen

    Sur le fond, le vrai danger, le vrai Gros Lion, c’est l’Allemagne. Si les pays ou des pays de son glacis européen cèdent, elle fera inexorablement faillite. Sa situation est loin de la version idylique qu’on veut bien présenter et qu’elle entretient pour assurer son pouvoir politique et faire prendre des mesures irreversibles pour l’Europe. Mais son jeu est très dangereux. Conjoncturellement, si la Chine n’offre moins de relais, ce peut-être la paille du chameau ou la goutte proverbiale.

    1. Non

      @simple citoyen,

      Des gros lions, ça ne manque pas en zone Euro, mais l’Allemagne n’est pas un lion des neiges. Loin de là.

      L’Italie a bien affûté ses griffes… et comme tout noble félin, elle a la patience sadique.

      Vous ne la sentez pas venir , c’est normal, c’est bien le seul qui a une culture mafieuse à l’international et le pape comme bouclier nucléaire.

      Les Allemands ont bien un petit souci avec leurs Banques, mais rien en comparaison des frenchy en culottes courtes.

      Ces derniers sont les plus stupides félins que j’ai pu rencontrer. Un poids chiche dans le caisson, et les voilà roi du monde ! toujours prêt à sauter les pieds joints dans le fumier, un comique de situation qui fait toujours recette.

      Non, les champions olympiques, les rois de la savane financière, ce sont bien ces fourbes saxons hypocrites jusqu’à la moelle, sans état d’âme pour enculer leur reine de 90 balais. Même les ricains sont des enfants de cœur à côté, c’est dire.

    2. Théo31

      L’Allemagne est en fait sur une bombe : elle a les usines qui fabriquent les produits que les cigales lui achètent à crédit. Le crédit allant se tarir et les pays des cigales tombant en faillite, les usines vont donc fermer et l’Allemagne entrera en récession voire en dépression et fera faillite à son tour car sa dette est elle aussi très important : pour rappel, elle doit encore quelques 575 milliards à la Grèce au titre de réparations de la guerre de 1939-1945 et vient se finir de payer les traites de la guerre précédente.

      1. Non

        Non, Théo31.

        Faux raisonnement, hélas trop répandu.

        La mentalité allemande fera face aux défauts des cigales. Sa diversification est déjà en court avec des moyens et une rapidité incroyable.

        Mais il faudra jouer son jeu. Clair, net et précis.(pas très Greco-latino) analyser leur langage permet de comprendre cette mentalité, hors du commun.

        Et arrêtons avec d’hypothétiques réparations de la guerre 39-45, le solde de tout compte est clos jusqu’à preuve du contraire. De plus, soulever ce genre d’arguments ne sert qu’à ranimer un feu éteint. De grâce, nous avons bien d’autres problèmes…

        Mieux vaut l’avoir comme allier que concurrent. Du moins, je le pense.

        Non, le vrai tigre du Bengale pour la zone EU, celui que personne n’attend capable de tout remettre en cause, reste bien l’Italie, qui a plus à gagner et surtout moins à perdre de sortir de la zone euro, et qui n’aura aucun scrupule de le faire.

        Alors que l’Allemagne fait tout pour ne pas être la source de nos déboires.

  12. Jacques

    Comptez sur le peuple français, H16, pour aller toujours plus loin des thèses libérales, toujours plus loin.
    La majorité en France choisira plutôt de copier la Corée du Nord que prendre le moindre risque d’aller vers la plus petite inégalité, même si celle-ci s’accompagne de la prospérité, de la liberté et du bonheur pour le peuple.
    On ira même jusqu’à se battre contres les forces d’occupation libérales et démocratiques, le jour venu, vous verrez. On préférera laisser un champ de ruine, au pire.

    1. LMAE

      ne pas oublier que la situation de la france est encore plus compliquée du fait de l’immigration massive et de cette fracture ethnique/religieuse/culturelle (et économique aussi).
      comme une très grande partie de cette immigration est cliente de l’État, à son effondrement ce ne sera pas joli…

      1. bismarck

        Bin, rajoute la Belgique avec sa région le wallonistan, l’Allemagne et ses turcs conquérants, les Pays-Bas dont les principales villes sont déjà occupées par les muzzs qui n’hésitent pas à poignarder des Van Gogh dans le dos, l’Angleterre et ses pakis (expression du prince Harry le nazi), et j’en passe.

        Mais tu as raison,tous ces colons muzzs et autres vivent au crochet de l’Etat donc de nos impôts et j’imagine mal le système les laisser tomber car il a besoin d’eux pour tenir les indigènes en respect.

  13. Rhubarbes

    Les graphiques originaux sont issu d’un document de la banque de règlements internationaux, ici page 14 du PDF http://www.bis.org/publ/work300.pdf?noframes=1

    personnellement, ce que je trouve trés parlant, c’est les deux graphiques « GRAPH 5″ de la page suivante sur la charge des intérêts par rapport au PIB. La France est mal c’est clair, mais que penser de UK et US ???

    1. a/ merci pour le lien et la source.
      b/ pour UK et US, ils sont très mal. Mais ils ont un avantage non négligeable : ils ont une monnaie qu’ils contrôlent de A à Z et peuvent imprimer des billets (ce qu’ils ne manquent pas de faire, d’ailleurs).
      Les fins analystes tortillent la réalité en disant « ah mais non les QE et autres injections, ce n’est pas de l’impression, d’ailleurs, l’inflation n’a pas décollé », mais en pratique, c’est pourtant ce qui se passe : on noie la dette en produisant du papier. Les Européens, avec leur zone euro, sont corsetés. D’où le malaise.

      1. Rhubarbes

        oui, les US maitrisent la monnaie de référence, peuvent imprimer à volonté pour augmenter le déficit, de toute manière les autres devises sont obligées de dévaluer pour s’adapter. (ce que fait la Chine depuis Mai de cette année si je ne m’abuse, après avoir continuellement réévaluer le Yuan depuis mi-2005) ne pas importer trop d’inflation, favoriser son commerce extérieur. Il y a un livre que j’ai aimé sur ce sujet, « quand le dollar nous tue » de Édouard Tétreau – grasset.

  14. BA

    Vendredi 27 juillet 2012 :

    La Bundesbank reste opposée au programme de rachat de dette publique.

    « La banque centrale allemande, la Bundesbank, reste opposée au programme de rachat d’obligations publiques sur le marché secondaire par la Banque centrale européenne (BCE) », a déclaré vendredi à l’AFP un porte-parole.

    « Notre opinion n’a pas changé concernant le programme SMP, nom de cette mesure adoptée en mai 2010″, a déclaré le porte-parole, ajoutant qu’aux yeux de la BCE elle était problématique.

    La Bundesbank n’a cessé de critiquer ce programme depuis son adoption, jugeant qu’il revenait à financer les Etats et contrevenait ainsi au statut de la BCE.

    « En revanche, la Bundesbank estime non problématique que le fonds de secours européen temporaire, le FESF, puisse racheter de la dette publique car le FESF n’est pas une banque centrale », a ajouté le porte-parole.

    L’institution monétaire allemande est toutefois contre l’idée d’attribuer une licence bancaire au FESF ou à son futur successeur le MES, qui lui permettrait d’aller se refinancer auprès de la BCE et donc d’augmenter très sensiblement sa puissance d’action, considérant à nouveau que cela conduirait aussi à faire financer les déficits publics par la BCE.

    http://www.romandie.com/news/n/_La_Bundesbank_reste_opposee_au_programme_de_rachat_de_dette_publique93270720121151.asp

  15. MisterB

    Ca fait plusieurs fois que j’entends par des cadres de banques que les fonctionnaires représentent 8 dossiers de pret immobilier sur 10 (au moins un fonctionnaire ou « para-fonctionnaire » dans un ménage faisant une acquisition, pour etre precis). Cette population représente 20% de la population active. Bonjour Monsieur Pareto.

    L’Etat a crée une belle bulle immo qui n’eclate pas malgrés l’euro-crise ! Avec deux armes, les réglementations et les traitements généreux.

    C’est peut etre HS mais je tenais a le dire.

  16. Marc

    Il est bien connu que les Etats qui ont adopté des « mesures draconniennes » s’en sortent très bien aujourd’hui et n’emprunte pas du tout à des taux prohibitifs qui aggravent leur situation au point qu’on apprend qu’un pays peut couler en 3 mois passant d’une situation « délicate » à « désespérée »

    Tiens. Mange :
    http://h16free.com/2012/05/10/15116-lausterite-quelle-austerite
    http://pompeunomics.com/2012/07/09/real-austerity-does-work/
    http://www.cato.org/pubs/policy_report/v34n3/cprv34n3-1.html

    Il est bien connu aussi que la France qui n’a pris aucune mesure aussi brutale va exploser d’un moment à l’autre avec ses taux d’emprunts négatifs / à 0.

    Il est où ton taux négatif ?
    http://www.bloomberg.com/quote/GFRN10:IND
    Ah tu veux dire sur le 6 mois et le 3 mois, ce genre d’emprunts qu’on ne faisait pas avant (pas besoin) et qu’on est obligé de faire maintenant pour des raisons de tréso un peu tendue ?
    Tu veux parler de ces taux négatifs qui sont mécaniques parce que tous les créditeurs fuient les autres pays et que, vu l’importance des sommes en jeu, les fonds allemands et des (de plus en plus) rares pays AAA ne peuvent pas tout absorber ? C’est de ça que tu veux parler en fanfaronnant ? Tu as bien compris de quoi tu parles ?

    Plutôt qu’une menace cachée, on est plus dans une situation déflation japonaise à tenter de dégrossir bon an mal an avec des interets très faibles que comme la Grèce

    Et c’est vrai que le Japon, actuellement, c’est booming. Tu t’es renseigné sur ce qui se passe actuellement ou tu sors juste un truc comme ça pour tenter ?

    Si la France plonge, l’Espagne l’Italie et consorts auront plongé depuis longtemps, et on ne sera pas les seuls…

    Oh, voilà qui est tout de suite rassurant : si le titanic coule, on s’en fiche, on sera des milliers à mourir dans l’eau gelée. En attendant, moi, de ma barque, je te regarde battre des bras et je me marre.

  17. Marc Aurèle

    Ode aux Hommes et Femmes libres

    Samuel Adams, père de la révolution Américaine et de la Boston Tea Party:

    « Si tu préfères le bien-être à la liberté, la tranquillité de la servitude au défi exaltant d’être libre, retourne en paix chez toi. Nous ne te demandons ni ton conseil, ni ton appui. Incline-toi et lèche la main qui te nourrit. Que tes chaînes te soient légères et que la postérité oublie que tu fus notre compatriote »

    Au risque de prendre le contrepied de tous dans ces colonnes, nous voici tous, tout de même, en train de commenter le naufrage. Point de salut: nos dirigeants, quelles que soient leurs vertus ne maitriseront définitivement pas la situation grâce en partie à leur idéologie qui a cautérisé depuis longtemps leur bon sens. Nous coulons, ben oui. Pourquoi gémir?
    Je pense, à l’image de @Jacques, qu’une partie de la population, particulièrement visible aujourd’hui continue à souhaiter un servage rassurant plutôt qu’une liberté durement gagnée. Il en a toujours été ainsi: donnez leur le pouvoir et il vous créeront une belle petite Corée du Nord ou une flamboyante Union Soviétique. C’est comme cela.

    La seule intelligence que je reconnais à nos dirigeants c’est de l’avoir parfaitement compris et d’avoir au fil du temps adultéré notre démocratie pour en faire aujourd’hui une oligarchie basée sur le servage dans sa forme moderne de confort et d’absence de famine. Pourquoi, ensuite, ces serfs au ventre plein, abreuvés de sport et de niaiseries par la télé, se révolteraient?: bien au contraire, ils feront tout pour que cela dure. Et c’est exactement ce qu’est en train de faire notre gouvernement.

    J’en viens à mon point: et si l’issue de tout ceci passait par une tectonique, une chute, une fin de notre modèle? Notre vertu d’ Hommes et de Femmes de bonne volonté n’est-elle pas que finalement nous n’avons pas besoin d’eux? Et qu’in-fine nous reconstruirons toujours, comme dans la philosophie D’Ayn Rand?

    Et à moins d’un gros miracle, je pense bien que cela va secouer (vraiment) très fort. Que faire? commencer à (beaucoup) stocker, retirer suffisamment de cash ou bien penser: au Canada (très beau pays, ils rêvent d’accueillir les performants et les entreprenants), l’Australie (Idem, encore plus beau, un paradis caché), la Nouvelle Zélande, l’Amérique du Sud (Chili, Brésil) ou les USA (ou la barre est tout à gauche pour l’instant)… Et puis pour ceux qui ont encore un doute sur ce qui se passera lorsque les caisses seront définitivement vides, regardez du coté de l’Argentine dans les années 2000 et cherchez sur internet « argentine + corralito ».

  18. BA

    Vendredi 20 janvier 2012 : la BCE a racheté 219 milliards d’euros d’obligations d’Etat pourries. Ce programme s’appelle « Securities Market Program » ou SMP.

    http://www.bloomberg.com/quote/ECBCSMP:IND

    En février 2012, Mario Draghi voulait encore racheter de nouvelles obligations d’Etat pourries. Mais la Bundesbank lui a dit : « Nein » . Et donc la BCE n’a pas racheté d’obligations d’Etat pourries.

    En mars 2012, Mario Draghi voulait encore racheter de nouvelles obligations d’Etat pourries. Mais la Bundesbank lui a dit : « Nein » . Et donc la BCE n’a pas racheté d’obligations d’Etat pourries.

    En avril 2012, Mario Draghi voulait encore racheter de nouvelles obligations d’Etat pourries. Mais la Bundesbank lui a dit : « Nein » . Et donc la BCE n’a pas racheté d’obligations d’Etat pourries.

    En mai 2012, Mario Draghi voulait encore racheter de nouvelles obligations d’Etat pourries. Mais la Bundesbank lui a dit : « Nein » . Et donc la BCE n’a pas racheté d’obligations d’Etat pourries.

    En juin 2012, Mario Draghi voulait encore racheter de nouvelles obligations d’Etat pourries. Mais la Bundesbank lui a dit : « Nein » . Et donc la BCE n’a pas racheté d’obligations d’Etat pourries.

    En juillet 2012, Mario Draghi voulait encore racheter de nouvelles obligations d’Etat pourries. Mais la Bundesbank lui a dit : « Nein » . Et donc la BCE n’a pas racheté d’obligations d’Etat pourries.

  19. NOURATIN

    Tout cela est frappé au coin du bon sens. Un seul élément nous
    différencie de la Grèce, l’efficacité de l’administration fiscale. Seulement la tendance de nos socialistes de droite comme de gauche à en abuser outrancièrement finira par ce
    que vous suggérez in fine : personne ne crachera plus au bassinet de l’Etat et la France s’effondrera comme une bouse
    de vache sur le pré.
    Amitiés.

    1. Taisson

      A tous ceux qui pensent que les Français pourront cesser de payer, je vous rappelle que l’administration fiscale dispose de la force publique, que tout ce qui est « proprieté privée » pourra être saisi immédiatement et redistribué aux soutiens du régime. Les loyers ne seront plus payés et les propriétaires devront continuer à offrir chauffage et réparations, etc… Tous ceux qui essairons de vivre en autarcie à la campagne ou qui ont simplement un jardin seront rapidement montrés du doigt comme « nantis » et aisés. En cas bien improbable de révolte contre les saisies du fisc, grâce aux fichiers de permis de chasse et autres, la gendarmerie viendra confisquer les fusils, y compris la pétoire rouillée du grand père,(cela s’est déjà fait…) et ainsi les bandes de « jeunes » « français » qui haïssent les anciens habitants plus que tout, pourront venir se servir… en nouriture ou autres biens sans risquer de riposte de la part de ruraux un peu plus virils… D’ailleurs voler se traduit déjà chez eux par « taxer »…
      Pour tout liquider et ruiner le pays définitivement en survivant sur ses reserves, je pense qu’il faut à peu près dix ans…Mais rassurons nous, le think tank terra nova travaille sur 2022 !! A cette époque, le rêve Coréen (du Nord) sera enfin à notre portée.

      1. Calvin

        @Taisson : « D’ailleurs voler se traduit déjà chez eux par « taxer »  »
        Tu parles des « djeuns », mais ce n’est que le miroir de ce que pensent les hommes politiques.
        En effet, ces derniers disent qu’ils créent des taxes, alors que ce n’est souvent que du vol pur et simple.
        Du vol légal, j’entends !!

        1. Taisson

          Bien vu Calvin, c’est tout à fait ce que je voulais dire, par « Taxer ». J’aurai du dire: chez eux « aussi ». Et si actuellement les politiques essaient de nous voler « en douceur », il n’en sera pas de même si quelques uns refusent de payer…
          Pris en sandwich entre les saisies avec gendarmes et les « prélévements » spontanés (et festifs bien sur), Les survivants des classes moyennes (surement ultra-libéraux)ne seront pas à la fête!

  20. Aristarque

    ON voit que l’actualité a considérablement évolué en un an!
    En juillet 2011, un billet de H16 frisait au maximum les 50 commentaires…
    Ce mois-ci, c’est vraiment un minimum minimorum d’audience…

    1. Nicolas B.

      Eh ce que je trouve intéressant c’est qu’il y a beaucoup de commentaires qui abondent dans le sens de Oui il y a gros soucis et la solution est libérale… A moins que H16 ne laisse pas s’exprimer les trolls sur son site?

    2. Calvin

      En même temps, je fais plein de commentaires idiots, moi !
      Normal, je suis un garnement !!

      Non, l’explication est ailleurs : certains ont pris la mesure des problèmes, mais la plupart se réfugient dans la douce illusion qui berce.
      Et j’en veux énormément aux élus d’avoir contribué à cette anesthésie quasi générale.

      Enfin, je voudrais dire aussi que la différence entre un pessimiste et un optimiste, c’est que le premier est persuadé que tout va aller mal et suit cette inclinaison, alors que l’optimiste sait quand ça va mal mais n’accepte pas cet état et le combat.

      1. H.

        Et moi, j’aime bien les facéties de Calvin et j’adhère pleinement au diagnostic d’anesthésie par la douce quiétude des illusions qui bercent.

        Quand on va compter les bouses, à la fin de la foire…

  21. BA

    La deuxième restructuration de la dette grecque va coûter entre 70 et 100 milliards d’euros aux 17 banques centrales nationales et aussi à la BCE.

    Il va donc falloir recapitaliser les banques centrales nationales et recapitaliser la BCE.

    Deux possibilités :

    1- Les contribuables de la zone euro vont devoir payer entre 70 et 100 milliards d’euros d’impôts supplémentaires.

    2- Ou alors on va épargner les contribuables : les banques centrales nationales vont devoir vendre une partie de leurs réserves d’or.

    Quelle possibilité va choisir François Hollande en France, Mariano Rajoy en Espagne, Mario Monti en Italie, etc ?

    Lisez cet article :

    La Banque de France va-t-elle devoir vendre son Or ?

    Si la banque de France doit se recapitaliser pour absorber les pertes liées à une nouvelle décote des obligations souveraines grecques, elle devra faire appel à l’Etat ou peut-être…vendre son Or.

    L’Europe travaille à une nouvelle restructuration de la dette qui pourrait contrainte la banque centrale européenne (BCE) et la Banque de France à se recapitaliser. Pour faire baisser l’endettement de la Grèce et maintenir ainsi le pays dans la zone euro, cette restructuration de la dette supposerait en effet des pertes importantes pour la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales. L’objectif serait, selon des informations obtenues par l’agence Reuters, de réduire l’endettement de la Grèce de 70 à 100 milliards d’euros afin de le ramener à 100% du produit intérieur brut.

    L’une des options envisagées consisterait pour la BCE et les banques centrales nationales membres de l’Eurosystème à accepter une décote de 30% sur les obligations de l’Etat grec qu’elles détiennent. Le montant total des créances du secteur officiel sur la Grèce , qui comprend les prêts bilatéraux consentis à Athènes par les Etats membres, est estimé entre 220 et 230 milliards d’euros.

    Les banques centrales de la zone euro détiennent en effet de grandes quantités de titres grecs acquis notamment dans le cadre du SMP (securities markets programme) et ces titres sont généralement assortis de taux d’intérêt très élevés. D’ailleurs, la Banque de France va reverser à la Grèce les intérêts qu’elle a perçu au tire des obligations souveraines grecques qu’elle détient, soit 754 millions d’euros comme le premier plan de restructuration le prévoyait.

    La BCE s’est refusé à tout commentaires sur ce sujet. Mais certains responsables européens estiment que la Banque de France et les banques centrales de Malte et de Chypre seraient en première ligne. Elles sont les plus exposées à la dette publique grecque, et pourrait avoir besoin d’être recapitalisées pour compenser les pertes liées à la décote des obligations souveraines qu’elles détiennent. Certains imaginent même qu’elle pourrait vendre son Or…

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120727trib000711375/la-banque-de-france-va-t-elle-devoir-vendre-son-or-.html

  22. LGD

    Oui la France est « foutu », le délai dépendra de la bonne volonté des créanciés et de la politique économique que GVT Français. Sachant qu’il n’en à pas, il est clair que le GAME OVER, arrivera plus vite d’aucun avance 2014, je dirais au plus vite fin 2012, à moyen terme mi 2013.
    Le remède est connus, mais pas appliqué, les politiques manquants de courage depuis très longtemps. Trop soucieux de leurs petits acquis de seigneur moderne, préfèrant laisser filer tant qu’il le peuvent. Par contre si les choses tournent mal je suis curieux de voir comment ils vont arrivés à s’en sortir ? Quand au reste que la banque de France vende l’or du pays est encore une manière de nous enfoncer encore plus, car sans or, comment après un crash monstrueux allons nous pouvoir faire pour battre monnaie ?

    1. Pascale

      Nous ne battons plus monnaie depuis l’euro et de plus la monnaie n’est plus indexée sur l’or. Mais c’est quand même affligeant que la BDF songe à vendre l’or de la France …

      1. Calvin

        C’était couru : Sarkozy a commencé a vendre l’or de la France, Hollande continuera…
        Le changement, c’est juste un changement de nom du président.
        Pour le reste…

  23. BA

    Dimanche 29 juillet 2012 :

    Les Allemands pensent qu’ils seraient mieux sans l’euro (sondage).

    Une majorité des Allemands pensent que leur pays serait en meilleure situation sans l’euro, selon un sondage paru dimanche, alors que le ministre de l’Economie a répété ses doutes sur le maintien de la Grèce dans la zone euro.

    Selon le sondage Emnid pour l’hebdomadaire Bild am Sonntag, 51% des Allemands pensent que l’économie de la première puissance européenne serait dans une meilleure situation si elle ne faisait pas partie des 17 pays de la zone euro.

    Vingt-neuf pour cent pensent que la situation serait pire.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-00457718-les-allemands-pensent-qu-ils-seraient-mieux-sans-l-euro-sondage-348521.php

  24. BA

    Lundi 30 juillet 2012 :

    Madrid ne demandera pas l’aide des fonds européens.

    « L’Espagne ne demandera pas aux fonds de sauvetage européens d’acheter sa dette même si le pays souhaiterait voir rapidement reculer ses coûts d’emprunt », déclare le directeur du Trésor espagnol Inigo Fernandez de Mesa dans une interview au quotidien local Expansion.

    « Le Trésor émettra de la dette en 2013 pour les régions ayant sollicité l’aide de Madrid pour se financer », précise Inigo Fernandez de Mesa.

    Les 17 régions autonomes d’Espagne sont exclues de fait des marchés financiers, et nombre d’entre elles envisagent de se financer par le biais d’une ligne de crédit de 18 milliards d’euros mise en place par le gouvernement central.

    « Il n’est pas à l’ordre du jour de l’Espagne de demander au fonds d’acheter de la dette, pas du tout. Cela ne s’est pas produit et je peux vous assurer que cela ne se produira pas », déclare Inigo Fernandez de Mesa.

    (Dépêche Reuters)

    Mardi 17 juillet 2012 :

    Selon les calculs du FMI, la dette publique de la Grèce sera de 171 % du PIB en 2013.
    La dette publique de l’Italie sera de 126,4 % du PIB en 2013.
    La dette publique de l’Irlande sera de 121,2 % du PIB.
    La dette publique du Portugal sera de 118,6 % du PIB.
    La dette publique de l’Espagne sera de 96,5 % du PIB.
    La dette publique du Royaume-Uni sera de 92,7 % du PIB.
    La dette publique de la France sera de 90,1 % du PIB.

    C’est la page 2 :

    http://www.scribd.com/doc/100206742/IMF2

  25. hussardbleu

    Mauldin me rendrait maudlin…. mais j’ai du mal à comprendre comment le Système tient encore debout… Social Silence? comme on dit Social Engineering ?

  26. hussardbleu

    et à propos de lions… hors sujet, bien sûr, mais un bon entraînement :

    Dans la vie d’un Guide de Chasse, les rencontres avec la mort ne sont pas tellement rares. Dans les contacts avec le grand gibier, et plus particulièrement les espèces dangereuses, une petite erreur est parfois suffisante pour vous destiner à une vie sur béquilles, ce pour autant que vous ayez la chance, et, à défaut, vous placer – vous, entier, ou les morceaux récupérés – dans une jolie boîte en sapin aromatique.

    Naturellement, de nombreux animaux se présentent à votre esprit (ou dans vos cauchemars) comme ayant été particulièrement « difficiles », ayant été très, très, près de re-décorer votre aspect extérieur.
    Une de ces expériences qui me revient à l’esprit, c’est celle du lion de Chabunkwa, un mangeur d’hommes qui avait déjà fait 9 victimes quand Silent, mon vieux porteur de fusil, et moi-même, avons eu à nous occuper de lui dans la vallée de Luangwa.

    En fait, nous avons bien failli devenir ses nouvelles victimes.

    Les traces racontaient toute l’affaire. Un croissant de lune commençait à apparaître au-dessus de l’horizon noir tandis que le lion s’approchait du village endormi. Il sentait l’odeur humaine mélangée à celle de la fumée du feu de camp, de l’urine et de la mauvaise bière. Ses yeux balayèrent soigneusement le village, mais rien ne bougeait : aucun des animaux sans poil n’était visible.

    Il reprit sa demi-reptation et se dirigea vers l’arrière d’une hutte, ses grosses pattes ne faisant aucun bruit sur la latérite battue. Il s’arrêta. La chaleur de la nuit africaine l’entourait, et quand il s’arrêta, ses oreilles dressées perçurent le bruit de respirations tranquilles.

    Écrasé sur le sol, il se glissa entre deux huttes, puis s’immobilisa en apercevant trois formes couchées à côté des braises expirantes d’un petit foyer. Il resta immobile quelques instant pour décider qui serait sa victime, puis se glissa dans l’ombre vers les trois dormeurs.

    Il passa les deux premiers, et s’approcha du troisième, le plus proche du mur de torchis. Ses mâchoires s’ouvrirent, les longues canines blanches s’enfoncèrent dans les os fragiles des tempes jusqu’à atteindre le cerveau. La victime tressaillit une fois, puis ne bougea plus.

    En maintenant sa prise, le lion tira doucement la victime le long des deux autres dormeurs puis, l’obstacle franchi, il la chevaucha en la tenant par une épaule et partit dans la brousse. Il tira le corps sur 5 km, s’arrêtant seulement deux fois pour modifier sa prise.
    Dans la lumière lunaire, un bosquet de conbretum se détachait, et le lion s’y rendit, tirant le cadavre dans l’entrelac des branches basses. Une hyène solitaire avait coupé la piste et suivait le lion, mais sans oser s’approcher.

    Le grand chat retourna le corps et, le maintenant avec ses pattes avant, commença son repas. Les incisives coupantes arrachaient de gros morceau de chair des cuisses et du fessier et quand l’aube arriva, il ne restait plus grand chose, mais suffisamment encore pour intéresser la hyène. Le lion assoiffé se rendit alors à la rivière.

    La saison des safaris était terminée et je m’occupais au camp des trophées de mes clients, faisant le tri et préparant les emballages quand je reçus un message d’un courrier à pied, tenant la note manuscrite coincée dans un bâton fendu, qui m’invitait à une session radio avec l’Administrateur du Territoire.
    Je pris mon petit déjeuner, puis installai l’antenne et appelai mon correspondant. Nous échangeâmes les habituelles banalités courtoises, la voix de mon interlocuteur rappelant à mes oreilles la « mince ligne rouge de l’empire britannique ». Puis nous en vînmes au fait.

    « Désolé de bousiller vos vacances, mais il y a urgence. Je pense que vous pouvez m’aider pour cela. Le lion de Chabunkwa a encore coxé un autre Senga la nuit dernière, et le conseil tribal me demande d’agir. Je suppose que vous pouvez peut-être me consacrer un jour ou deux pour régler le problème ? »

    « Un instant » nous savions, l’un et l’autre, qu’un lion mangeur d’hommes, on ne lui réglait pas son compte en un jour ou deux. Je pris le temps de m’allumer une cigarette tout en pensant que j’étais coincé. Il avait déjà dû voir la chose avec mes patrons, car il savait que je n’avais plus de safari programmé. Et il était difficile de l’envoyer se faire voir, si je tenais à conserver ma carte de guide de chasse. Coincé… Je pris un crayon et un bloc de papier.

    « OK Cyril, quels sont les détails que l’on possède ? »

    « Selon le rapport que j’ai reçu, cet enfoiré a attaqué le village sur notre rive de la Munyamadzi aux alentours de minuit la nuit dernière. Il a attrapé un jeune homme qui cuvait sa bière avec deux de ses copains, sans réveiller les copains. À mon avis, c’est le même lion que la dernière fois à Chabunkwa. Je n’ai personne sous la main du Département des Chasses, et il faudra plusieurs jours avant que je puisse appeler quelqu’un de Nsefu. Ce serait bien si vous pouviez agir avant que la piste ne refroidisse. »

    «Ok, Cyril, je pars dans une heure. Je rendrai compte ce soir à 8:00, s’ il y a du nouveau ».

    La chose lui convenait et nous mîmes fin à la conversation avec les habituels « Jolly Good ». J’appelai Silent et lui demandai de préparer en urgence nos bagages pour un voyage de trois jours. Et, moins d’une heure après, nous étions en route pour le village

    Kampisi ressemblait à la plupart des villages de l’est de la Zambie, minable et poussiéreux, avec l’assortiment habituel de petits chiens agressifs, de gens a l’air fatigué, et d’enfants au ventre gonflé par la dénutrition et qui avaient peu de chances d’atteindre leur puberté.

    Le chef du village nous accueillit, politicien de brousse, qui ne quittait jamais ses lunettes, non plus qu’une poignée de stylos à bille, bien que sa vue fût parfaite et qu’il ne sût pas écrire. Mais le bling-bling est aussi important en Afrique que sur Park avenue. Devant la tribu assemblée, il ne manqua pas de se plaindre auprès de nous du peu de protection que le gouvernement leur accordait. À quoi je répondis que je ne comprenais pas que l’on laisse dormir trois hommes à la belle étoile, quand il y avait un mangeur d’hommes en liberté dans la région.

    « Nos jeunes pensaient qu’il faisait trop chaud pour dormir dans les huttes » et, tout en traçant des symboles mystérieux dans la poussière avec son gros orteil, il ajouta « et puis, ils étaient un peu saouls ». Il haussa les épaules avec l’habituelle résignation fataliste africaine. La plupart des Africains pensent que cela ne peut leur arriver à eux, le même raisonnement que tiennent les troupes au front.

    La bière de millet et de sorgho qui est préparée localement continue sa fermentation dans les estomacs jusqu’à ce que les fêtards tombent sur place dans une sorte de coma éthylique, mais dans le cas particulier, le prix à payer ne fut pas une simple gueule de bois, mais bien une mort horrible.

    Le chef montra le Nord quand je l’interrogeai en fanagalo sur la direction prise par le lion. Silent me fit alors signe et me montra sa reconstitution complète de l’attaque du lion, l’approche silencieuse, le passage parmi les dormeurs et son départ avec la victime.

    Je chargeais mon 470 de deux expansives, et répartis d’autres munitions dans mes diverses poches pour éviter qu’elles ne s’entrechoquent. Nous partîmes, moi suivant Silent qui portait la cantine d’eau, une provision de biltong et sa lance.

    Le soleil de l’après-midi nous brûlait les épaules quand nous arrivâmes au bosquet où le lion avait dégusté sa victime. Les empreintes de la hyène recouvraient celle du grand chat et tout ce que nous pûmes récupérer, ce fut un morceau de mâchoire inférieure marquée de traces de dents, et quelques éclats d’os non identifiables.
    Nous ramenâmes ces pauvres restes au village, car il était trop tard pour continuer, il restait une heure seulement avant la nuit, et, dans l’obscurité, nous n’avions aucune chance contre un lion.

    De retour à Kampisi, il restait encore deux heures avant la session radio. Je dégustai un petit godet de whisky, pendant que Silent construisait un boma avec les hommes du village, c’est-à-dire une clôture d’arbres épineux, pour nous protéger des mauvaises surprises.

    La première gorgée de scotch me nettoya les dents de la poussière et alluma un plaisant petit brasier dans mon estomac. Cela m’aidait à oublier les mouches tsé-tsé aux dents de sabre et aussi cette douleur dans le dos qui vient d’avoir marché à demi courbé en traquant. Quatre morceaux de biltong achevèrent mon repas arrosé d’une bière Pilsen rafraîchie par le sac à condensation.

    J’appelai ensuite le chef du village, et lui indiquai que, cette nuit, tous ceux qui se promèneraient dans les ruelles se feraient allumer comme pouvant être un mangeur d’hommes. Il considéra longuement les deux grosses cartouches de 470, et reconnut que cela valait la peine d’être prudent.

    À la session radio qui suivit, le Commissaire de District m’informa que tout était tranquille dans les autres villages de la région.

    À mon estime, le mangeur d’hommes ne frapperait pas cette nuit, ne serait-ce qu’en considération de son repas de la veille, mais je savais aussi qu’il y avait des cas reconnus de lions qui avaient attaqué deux fois la même nuit, et que les mangeurs d’hommes ont cette détestable habitude de se manifester là où on les attend le moins.

    Pour plus de sûreté, je décidai de dormir dans la voiture découverte avec l’express sur les genoux. Ce n’était pas très confortable bien sûr, mais mes deux canons contenaient plus de 10 000 Joules, ce qui renforce considérablement la paix de l’âme.
    Pas très délicat, mais quand vous venez juste de mettre ce qu’il reste d’un homme dans une petite boîte à café, cela donne un peu à réfléchir. J’avais dans le passé deux fois déjà chassé les mangeurs d’hommes, un léopard dans l’Okavango, et un lion en Éthiopie, et comme, les deux fois, j’avais failli rejoindre les statistiques des victimes, j’en avais tiré la conclusion qu’il était dangereux de sous-estimer la férocité féline.

    J’arrangeai la moustiquaire autour de moi, et avalai ma pilule hebdomadaire anti-palu, tandis que Silent renforçait la barrière d’épines. L’humidité ambiante me faisait comme une serviette chaude de barbier, et je ruisselais de sueur. Après avoir tergiversé une dizaine de minutes, j’avalais un petit coup de scotch et me mis à sommeiller…

    Il faut peu de temps dans la brousse africaine, entouré d’animaux potentiellement dangereux, pour voir se développer chez soi une sorte de sixième sens qui peut représenter toute la différence entre la vie et son contraire.
    Il semble alors, après quelques expériences, que le cerveau ne passe jamais totalement en mode sommeil, mais – comme une armée poste des sentinelles – il reste en partie éveillé tandis que le corps repose.
    Ce réflexe semble se développer chez les hommes davantage que chez les animaux dangereux, qui n’ont pas d’ennemis naturels. C’est ainsi que j’ai parfois pu m’approcher à quelques mètres de lions, d’éléphants, et de rhinos qui dormaient : ils ne se doutèrent jamais de rien. Mais il est vrai qu’ils avaient peu à craindre.

    Quelques heures plus tard, je ne sais pas qui me réveilla, peut-être un bruit dont je n’eus pas conscience, mais plus certainement ce sixième sens. J’ouvris les yeux, mais sans apercevoir quoi que ce soit dans la pâle lumière lunaire filtrant au travers des grands acacias. J’attendis de longues minutes, puis décidai que ce devait être une nervosité excessive.

    Juste comme je refermai les yeux, un cri strident déchira la nuit, suivi de trois autres hurlements. Je pris mon fusil, la torche électrique, repoussait la barrière épineuse, et courus pieds nus dans la direction d’où provenaient les cris. Je ne voyais rien et j’arrivais de l’autre côté du village à une hutte dont la porte pendait de travers sur une unique charnière de cuir. Un homme tremblant était à l’intérieur, les yeux écarquillés de terreur.

    Ma lampe éclaira l’intérieur de la hutte, mais les murs et le toit étaient intacts et pas de sang visible. Les claquements de doigt de Silent me tirèrent à l’extérieur. Dans le faisceau de la torche, les traces d’une lutte étaient visibles sur la terre marquée des sillons laissés par les longues griffes d’un lion mâle.
    Je retournai à l’intérieur, forçai l’homme à boire une gorgée de whisky, et nous eûmes l’explication : il s’était réveillé pour voir sa femme répondre à un appel de la nature. Il lui avait demandé de ne pas sortir, mais elle avait passé outre, et dès sa sortie de la hutte, le lion l’avait attrapée. La femme s’était accrochée au linteau de la porte, et elle était restée suspendue ainsi entre la gueule du lion et le bâti de la porte.

    Le morceau de bois cassa soudain et le lion partit avec sa victime. Je jetai un oeil à ma vieille Rolex éraillée qui m’indiqua qu’il y avait encore deux heures avant l’aube, juste assez, peut-être, pour que le lion mange et tombe dans une somnolence postprandiale. On pourrait l’approcher pendant qu’il mangeait ou bien l’intercepter quand il irait à la rivière.

    « C’est bon, voilà, je pense que nous allons attraper ce mangeur d’hommes aujourd’hui » dit Saïd. Je ne partageais pas son enthousiasme tant il est vrai que poursuivre les mangeurs d’hommes dans un épais couvert n’était pas exactement mon idée d’un amusement salubre. Mais quoi qu’il en soit, c’était quand même notre chance de mettre un terme aux déprédations de cet animal.

    Nous primes la piste à 5:30 tandis que l’aube commençait à transformer les arbres en monstres noueux. J’avais le sentiment que, comme la veille, le lion ferait quelques kilomètres puis s’ arrêterait pour manger, bien qu’après son repas de la veille son appétit dût être modéré. Silent rejetait l’idée qu’il puisse agir d’un autre lion, et j’avais toute confiance en lui. Il pouvait, d’un simple coup d’oeil à une trace vieille d’une semaine, vous dire la couleur préférée du lion qui l’avait laissée de même que ses opinions politiques. Selon les traces, nous étions bien sur le même.

    La trace nous conduisit dans une brousse desséchée avec des épines, des buissons de mopane et de gigantesques termitières, puis elle bifurqua pour rejoindre l’épaisse végétation ripuaire. Ce maquis s’étendait sur 500 m de chaque côté de la rivière, maquis dans lequel j’avais déjà essayé de chasser des lions, en les harcelant dans les conbretum, arbres qui ressemblent à des parasols dont on aurait coupé le manche. Ceci dans l’espoir de procurer au client la possibilité d’un tir rapide entre chaque arbre. Mais c’était une chasse très dangereuse que j’avais abandonnée plutôt que de perdre un client dans des circonstances fâcheuses.

    Il fallait en effet passer la moitié de son temps en progressant à genoux à la recherche d’un morceau de peau de couleur tabac, tout en espérant qu’en la voyant, elle ne serait pas ornée d’une gueule garnie de crocs en pleine charge. Toutes les chances étaient en la faveur du lion dans cette végétation, et je ne m’illusionnai pas à espérer qu’il l’aurait quittée. Il avait donné plusieurs fois la preuve qu’il n’avait plus peur de l’homme, cette peur qui peut fournir aux chasseurs le petit avantage décisif et salvateur.

    Cela me fit penser à l’accident arrivé à Paul Nielsen l’année d’avant, au bord de cette même rivière à quelques kilomètres en amont. Un de ses clients espagnols Armando, de Barcelone, un chasseur sérieux, avait blessé un lion et celui-ci s’était réfugié dans l’épais conbretum avant que Paul ne puisse l’achever.
    En tant que professionnel, Paul devait mériter sa paye quotidienne de 25 $ en suivant le lion pour l’achever. Nielsen demanda à Armando de monter par sécurité dans un arbre, puis il s’éloigna avec son express, un 450 rechambré en 458. Le lion l’attendait dans un buisson après avoir effectué une boucle sur sa propre piste : il laissa passer Paul qui me dit par la suite qu’ il avait à peine entendu un bruit que, sans avoir le temps de se retourner, le lion était sur lui et l’avait terrassé.

    L’animal furieux prit l’homme par l’épaule, enfonçant ses crocs dans chair et os tout en le secouant comme le fait un chat d’une souris. Puis, sans raison particulière, il s’en prit aux jambes de Paul et surtout sa cuisse gauche. Pendant ce temps, Armand qui avait entendu les cris de Paul, descendit de son arbre, arriva en courant et en criant, et finalement mit fin à l’affaire d’une balle de son propre 458 dans la tête du lion. Comme j’aimerais que nous ayons davantage de clients comme cet Armando !
    Paul lui devait la vie et il échappa même à une amputation malgré un fémur brisé et une collection de points de suture qui aurait fait honneur à un tailleur de Bond Street. Un animal qui tue régulièrement ses Caffers d’un coup de mâchoire, n’a pas besoin de longtemps pour tuer son homme.

    Comme nous approchions de l’épais couvert, nous enlevâmes nos vestes pour éviter les bruits de frottement contre les branches et les épines, et nous les laissâmes avec les sacs, après que j’aie récupéré mes munitions. Silent marchait devant moi à moitié courbé, les yeux sur la piste et sa lance devant lui comme une pique. C’est la position normale traqueur/tireur, le premier suivant la piste le second prêt à tirer, car il est impossible de faire les deux en même temps.

    J’avais enlevé la sûreté du 470 et relevé le guidon de nuit (un morceau d’ivoire de phacochères qui ne jaunit pas à la différence de celui d’éléphant) pour une acquisition plus facile de la cible dans l’ombre épaisse du couvert. Nous avancions lentement en guettant les bruits, bruits du festin ou grognements. Le sol humide amortissait le bruit de nos pas prudents.
    Mon esprit repassait les charges j’avais déjà subies, le battement de la queue, le rugissement, et la ruée incroyablement rapide. Si nous le surprenons, et qu’il charge immédiatement, ce serait de si près qu’ il n’y aurait de temps que pour une seule balle et encore. Un lion peut couvrir cent mètres en trois secondes. Et cent mètres est une charge très longue, plus longue que celles que l’on voit habituellement en Afrique centrale. Une longue charge, dans les circonstances où nous étions, serait de 25 à 30 m au plus, ce qui donne une idée du temps qu’il reste pour tirer.

    Devant moi, Silent soudain s’arrêta et se pétrifia comme une statue. Il resta dans cette position demi courbée pendant une minute, la tête penchée sur le côté, regardant à gauche de la piste. Je pensai soudain que si le lion chargeait maintenant mon fusil serait trop glissant de sueur pouvoir épauler. Mais qu’est-ce que Silent pouvait bien regarder ?

    En reculant centimètre par centimètre, il revint vers moi, et je pouvais voir la blancheur de ses jointures sur le manche de sa lance. Il me signifia, en langage par signes, qu’il avait vu une main de femme à gauche de la piste et pouvait sentir le lion.

    Un léger vent m’apporta d’ailleurs cette même odeur de chat un jour humide. Tendu, respirant profondément, je m’avançai, le fusil à hauteur de la hanche. Je me disais que j’aurais bien dû écouter Maman et de venir comptable, ou tailleur. Je m’accroupis pour avancer centimètre par centimètre. J’étais sûr que le lion devait entendre les battements de mon coeur qui était remonté dans la gorge, ma bouche pleine d’un goût cuivré. Je pouvais pratiquement sentir ses yeux sur moi : il devait calculer ses chances pour charger.

    Levant le pied, soudain, j’entendis du bruit sur ma droite. D’un mouvement réflexe, je pivotai les canons, dans le flanc du lion qui était déjà à son bond final. Sa tête avait dépassé les tubes, trop tard pour tirer, mon cerveau engourdi donna pourtant l’ordre de tirer tandis que l’animal me renversait et que, sans savoir comment, peut être consciemment ou par réflexe, mon canon droit se déchargeadans les côtes de l’animal et ses intestins : un tir trop bas et en arrière mais néanmoins mortel à moyen terme.

    J’étais à terre dans la poussière, le fusil échappé des mains. Je me raidis dans l’appréhension de la morsure qui allait m’arriver sans doute dans le cou : une fin sans doute très rapide. Alors que j’écris ceci, il est difficile de décrire le sentiment exact que j’éprouvais, une sorte de paix, comme si j’étais drogué.

    J’entendis des cris, onomatopées stridentes que je reconnus pour provenir de Silent, le bon vieux Silent qui essayait d’attirer le lion vers lui, armé de rien d’autre que de sa lance. Le grand chat qui me dominait en grognant de façon effrayante parut désorienté, et il se releva pour charger Silent. Silent se précipita à sa rencontre la lance levée. J’essayai de crier à mon tour mais aucun son ne sortit de ma bouche.

    D’un seul coup de patte, le lion écarta la lance et envoya l’Awisa au sol, l’écrasant de ses 450 livres. En dépit de mon propre état commotionné, je peux toujours revoir, en grand écran, Silent essayant de rentrer sa main dans la gueule du lion, pour me permettre de récupérer le fusil et le tuer. Il continuait son cri étrange, tandis que j’essayais de me relever et d’écarter les branches pour retrouver le fusil. Si seulement ces idiots de Zambiens voulaient laisser un guide porter un revolver…. Quelque chose brillait au sol, que je reconnus pour être la lance de Silent, avec sa hampe brisée à mi-hauteur : je m’en emparai et courus vers le lion par l’arrière, l’animal mâchouillant toujours le bras du vieil homme en état de choc, avec comme un curieux sourire sur le visage.

    L’animal ne me voyant pas, je le frappai de toute ma force, la longue lame pénétrant dans le cou avec une facilité surprenante. J’entendis le métal toucher l’os et s’arrêter. Le lion poussa un rugissement et lâcha Silent tandis que j’arrachais la pointe de la lance qui ressortit brillante de 100. Je la replongeai aussitôt en essayant de la faire pénétrer plus profondément et soudain le lion s’effondra : j’avais réussi à passer la lame entre deux vertèbres et dans la moelle épinière. À part quelques mouvements musculaires réflexes, il ne bougea plus : le mangeur d’hommes de Chabunkwa était mort.

    J’arrachai ma ceinture et en fit un tourniquet que je plaçais sur le bras déchiqueté de Silent. À part ce bras, et quelques marques de griffes sur la poitrine, il ne paraissait pas autrement blessé. Je pris la petite bouteille plastique de sulfamides dans ma poche et en saupoudrai ses blessures, étonné de ce que son poignet ne soit pas même brisé, bien que les chairs soient très endommagées. Silent ne dit pas un mot, et moi non plus. Je le transportai au bord de l’eau où il but longuement , puis je retournais rechercher mon fusil que je retrouvai dans les broussailles. Je retournai chercher Silent, le pris sur mes épaules et repartid au village.

    Les blessures de Silent ne dissuadèrent pas les Sengas de célébrer la mort du mangeur d’hommes qui fut ramené au village. Comme j’allais repartir en voiture pour amener Silent au dispensaire à une centaine de kilomètres, je prévins le chef du village que si quelqu’un osait toucher, ne serait-ce qu’une des moustaches du lion pour en faire un grigri, je le tuerais de mes propres mains. Et c’était presque sérieux de ma part…. Le lion était un trophée que Silent avait mérité.

    Le médecin examina les blessures, refit les pansements, et lui injecta dans la fesse une bonne quantité d’antibiotiques contre les infections causées par les micro-organismes qui se trouvent sous les griffes du lion. Nous retournâmes au village de Kampisi en fin de soirée, le brave petit chasseur montrant par son grand sourire le plaisir que lui donnait la ration d’antalgiques tirée de ma flasque….

    Je pris quelques photos du lion et le dépouillai. Je dirais dans mon rapport que la peau avait pourri, et que je ne pourrais pas l’amener à la capitainerie des chasses, comme il est de règle pour les trophées sans licence. Mais, en fait, je l’avais salée et en fis cadeau à Silent qui pensait que de dormir sur cette peau lui rendrait sa jeunesse. Quand je le déposai un peu plus tard dans son village, ses grassouillettes jeunes femmes qui l’emportèrent dans sa lutte semblaient partager cette opinion…

    Quant à moi, j’ai pris une douche, tout en admirant dans la glace la superbe teinte bleu et noir qui avait envahi la moitié de mon torse, là où le lion m’avait percuté. Et tout en buvant un Scotch bien mérité, je décidai que la prochaine fois où l’on aurait besoin de moi pour un mangeur d’hommes, ma radio serait en panne….

  27. BA

    Mardi 31 juillet 2012 :

    Zone euro : le chômage à un niveau record en juin, à 11,2%.

    Le taux de chômage de la zone euro s’est établi à 11,2% de la population active en juin, comme le mois précédent où le chiffre a été révisé à la hausse, a indiqué mardi l’office européen de statistiques Eurostat.

    Selon les estimations d’Eurostat, 17,8 millions de personnes étaient au chômage dans la zone euro en juin, soit 123.000 de plus que le mois précédent.

    Nouveau record de chômage en Italie.

    Le taux de chômage a atteint un nouveau record en juin en Italie en s’inscrivant à 10,8% de la population active, contre 10,6% en mai, alors que la péninsule est empêtrée dans la récession, selon une estimation provisoire publiée mardi par l’institut des statistiques.

    Ce niveau est le plus élevé depuis le début de la série statistique des chiffres mensuels de l’emploi qui remonte à janvier 2004.

    Pour le quatrième mois consécutif, le chômage dépasse la barre symbolique des 10%. Selon les données corrigées des variations saisonnières publiées par l’institut national des statistiques (Istat), le nombre de personnes à la recherche d’un emploi s’est élevé à 2,792 millions en juin dans le pays, ce qui représente une hausse de 2,7% sur un mois (+73.000 personnes) et un bond de 37,5% sur un an (+761.000 personnes).

    Chez les jeunes de 15-24 ans, le taux de chômage a en revanche reculé à 34,3% contre 35,3% en mai.

  28. fred

    les français ont choisis la continuité Européenne en mettant Hollandréou à la tête du pays..tout simplement parce qu’ils ont écouter les merdias..la Prochaine fois écoutez un peu plus Marine le pen qui proposer aux Français un véritable changement…sortir de cette crise, sortir de cette dictature Européenne..cette dictature des marchés financier qui vont mettre tous les pays d’europe du Sud au niveau de la papouasie occidentale..De Gaulle disait des FRANCAIS ce sont des VEAUX et il avait RAISON maintenant arrêter tous de Chialer vous avez le pays que vous méritez..!!!!!!! un électeur de Marine..!!

    1. Ah oui, Marine, qui propose de changer en faisant un bon gros socialisme au lieu du socialisme. Là, évidemment, ça change tout !
      Bouleversifiant.

    2. Calvin

      « cette dictature des marchés financier  »

      Si quelqu’un peut m’expliquer la différence entre Mélanchon et Marine, je crois qu’il n’y en a plus du tout…

      La différence doit être au niveau des électeurs. Autant le FDG recrute chez les bobos et les fonctionnaires, autant Marine semble recruter chez les les gens à intelligence contrariée.

        1. jeu de parc

          un terme plus exact serait « reculé en intelligence », un peu comme avancé en âge, sauf que fred n’est pas avancé en quoique ce soit au vu de ses analyses foireuses… et de sa conjugaison pour le moins anarchiste.

          fred explique-moi comment marine veut nous faire sortir de la crise sachant que les solutions qu’elle préconise sont justement celles qui ont amené la crise des sub-primes aux USA.

        2. Calvin

          Bon, le terme « à intelligence contrariée », c’était surtout pour me moquer des formules alambiquées du politiquement correct…
          Des gens « à intelligence non contrariée », pour moi, sont ceux qui cherchent à élargir leur culture, à chercher des sources d’informations différentes, etc…
          Or, autant Mélanchon que Marine, apportent des réponses étatistes mille fois employées et ayant mille fois échouées, à des questions ou problèmes mal posé(e)s par les médias Mainstream.
          De sorte qu’ensuite, leurs électeurs écoutent les news rapportés par les médias, secouent la tête et boivent les paroles de leurs leaders respectifs.
          Que nous reste-t-il : des grands partis consensuels et mous qui brassent du vent, font semblant de s’attaquer à des problèmes ; et des partis contestataires qui font dans la surenchère populistes.
          Bref, pour en revenir à la question, des gens à « intelligence non contrariée », c’est par exemple :
          – l’instit qui n’a pas voté PS,
          – l’ouvrier qui n’a pas voté « Le Pen »,
          – le riche qui n’a pas voté Sarko,
          – l’écolo qui n’a pas voté à gauche, etc…

  29. Kiergaard

    Par rapport aux graphiques de la page 14 c’est quand même bien de les montrer in extenso et avec une traduction adéquate.
    La ligne « basse » représente des « small gradual adjustment with age related spending held constant », celle du milieu small gradual adjustment ». Je ne pense pas qu’on puisse traduire par efforts drastiques.

    De plus je souligne quand même que les pays qui ont la trajectoire la plus proche de la Grèce sont le Japon, la Grande Bretagne et les USA avec respectivement 425% de dette publique 315% et 220%.

    Pour l’Allemagne je doute que le rapport tienne compte du ralentissement démographique à venir.

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