École : plus de notes, cent balles, un mars, et des journées de 6h max

Ah, il y avait longtemps qu’un débat sur les questions éducatives n’occupait plus l’actualité. Cela remonte facilement à … ben disons 13 jours, où l’on découvrait que ce qui taraudait nos politiciens, c’était l’égalité des sexes en classe. Une poignée de jours plus tard, Hollande remet donc une pièce dans le bastringue et nous jette quelques os à ronger pendant que la France s’effondre comme un flan au soleil.

Avant d’aborder toutes les bonnes idées que François a sorties de sa besace, il faut rappeler que cette « question éducative » est, en réalité, une préoccupation intellectuelle de tous les instants. Mais si, c’est, de nos jours, devenu un souci de tous les parents, de tous les enfants, de tous les étudiants, de tous les politiciens, de tous les journalistes que de savoir comment on va éduquer les générations actuelles pour qu’elles aillent ensuite illuminer le monde de la culture française.

Certes, jadis, les morveux enfants allaient à l’école sans discuter, y apprenaient bêtement à lire en utilisant une méthode syllabique éprouvée depuis des millénaires, découvraient les joies de l’écriture et les douleurs du calcul en passant par les tables de multiplication, la division euclidienne, la preuve par neuf et la règle de trois. Parfois, ils se prenaient un coup de règle sur les doigts quand ils écrivaient des bêtises de façon illisible ou papotaient avec le voisin au lieu d’écouter. Et cette école, surannée, terrible, vieillotte, produisait aussi bien des politiciens que des boulangers, sachant lire, écrire et compter correctement.

De nos jours, on a doté nos fières têtes blondes de multiples syndicats (oui, des syndicats, pour les lycéens, pour défendre leurs droits devant le patronat devant … Breeef défendre leurs droits). Ces derniers pondent, assez régulièrement, quelques communiqués de presse plus ou moins loufoques réclamant par exemple une limitation légale de la journée à six heures de cours (oui, légale – tiens, une loi, une réforme), une pause à mi-journée d’au moins 1h30 (avec une petite sieste au milieu, je suppose), ainsi que, je cite, « un temps libéré le soir pour faire du lycée un lieu de vie en plus d’un lieu d’études » (tiens, une loi, une réforme) pour de nécessaires ateliers poterie ou création de bougies parfumées, j’imagine.

Ces revendications, si elles étaient entendues, apporteraient quelques bisous réconfortants à la dure constatation qu’ils font ensuite qu’un bac, c’est très bien, mais c’est tout de même fort douloureux puisque cette épreuve sanctionne en une semaine quinze années de scolarité (minimum !), comme un vilain couperet, paf. Et pour bien faire, il faudrait aussi que l’organisation et le contenu des épreuves soient revus (tiens, une loi, une réforme) pour prendre en compte des domaines plus larges et utiles dans la vie courante (domaines laissés à l’imagination du lecteur, laquelle se restreindra pour ne pas y mettre une playstation ou un joint d’afghane bien solide).

Que ces lycéens syndiqués se rassurent : ils ont été entendus. Après tout, le changement, maintenant, c’est tout le temps, et Hollande ne pouvait pas laisser s’abattre la consternation dans son gouvernement suite à la découverte qu’ils avaient écrit absolument n’importe quoi dans le projet de loi des finances pour 2013. Poudre aux yeux et diversions obligent, notre Président fromager a donc décliné dans un discours à la Sorbonne mardi dernier quelques unes des idées phares qui illumineront l’Éducation Nationale pendant son quinquennat.

À l’évidence, les ampoules choisies pour ces phares-là sont en lumière bleue. On n’y voit pas à dix mètres et on comprend que l’édifice hollandesque va s’écrouler rapidement avec fracas ou se prendre le mur de la réalité en pleine poire (et dans la pénombre, donc).

Comme prévu et à l’instar de tous les ministres précédents, Peillon avait eu l’idée de tripoter les rythmes scolaires, pour rire. La semaine de 4,5 jours est donc réinstaurée comme avant mais pas tout à fait parce que ce sera en mieux. Et puis, c’est, dixit Flanby, « le levier de la réussite » puisque cela va réinjecter plein de journées de classe dans une année dépeuplée, préférant visiblement les microscopiques bidouillages comptables en demi-journées à toute remise à plat des congés. Finalement, raccourcir les vacances, c’est comme diminuer les dépenses, c’est, définitivement, impossible.

Après cette petite mise en jambe, il fallait frapper fort.

Comme je le disais en introduction, la question éducative étant dans tous les esprits, tout le monde, et spécialement tous les funestes prédécesseurs de Flanby et de Peillon ont déjà copieusement pissé autour du dossier pour marquer leur territoire avec évidemment l’avalanche de lois et de réformes qui accompagnent la miction ministérielle ou présidentielle. Il était donc nécessaire d’aller beaucoup plus loin que les autres. Uriner du vitriol chimiquement pur fut donc choisi sans état d’âme afin d’asperger généreusement l’Éducation Nationale et en dissoudre sans attendre quelques piliers fondateurs.

Si, par exemple, réduire les redoublements est une idée intéressante lorsqu’on aménage intelligemment les solutions de repli pour les élèves en difficulté ou ces catégories d’enfants pour lesquels l’éducation en batterie ne fonctionne pas, c’est une idée impraticable dans une école où absolument rien n’est proposé en remplacement, et où les structures d’accompagnements sont étiques. Et c’est une idée absolument et totalement ridicule dans un pays où l’ensemble de l’appareil éducatif n’est plus guère qu’un gros automate bureaucratique dont la capacité d’adaptation est non seulement nulle mais plongée dans le bain d’azote liquide double de syndicats calcifiés à mort et d’une disette financière létale.

Pendant ce temps, François, lancé, ne s’est pas arrêté en si bon chemin. La dissolution d’autres principes éducatifs ne s’arrête pas là et le voilà qui propose de supprimer les « notes sanctions ». Notez la création pratique du mot double : on laisse ainsi entrevoir la possibilité de conserver les notes « pas sanction ». Autrement dit, et pour faire plus simple, le Président propose de supprimer les mauvaises notes. Pour faire bonne mesure, il ajoute qu’en supprimant aussi les devoirs à la maison, ce sera plus bisou.

Je le trouve timoré. En supprimant les lundis matins et les vendredi après-midi, quitte à avoir un mercredi franchement plus joufflu, on aura eu un triple-bingo et les élèves, les parents, les philosophes, les neurologues spécialistes en rythmes biologiques ainsi que les pédagos auraient applaudi de tous leurs membres.

Il fallait y penser : après l’École des Fans, voici l’École du Flan où tout le monde a entre 15 et 20 sur 20, ou une gommette verte, ou une image de footballeur célèbre, ou un tatouage Malabar. On se prend à imaginer les copies de philosophie de terminale avec une gommette verte ornementée d’une appréciation sur le mode « Bel effort Mathis – pense à barrer tes T la prochaine fois et essaye d’écrire bien droit sur la grosse ligne ».

Pour rincer tout ça, le président a terminé sur le renouvellement de sa promesse de rajouter du corps enseignant au corps enseignant (avec l’argent qu’on ira chercher au fond des 1700 milliards de dette, je présume) en mettant des professeurs expérimentés dans les milieux difficiles. C’est évidemment une proposition que seuls les newbies qui débarquent dans les ZEP et autres banlieues sinistrées peuvent vaguement gober (ceux-là même qui votèrent pour lui il y a quelques mois et ont eu cette douloureuse sensation qui ne s’appelle pas du tout Coke au bas du dos en voyant leur dernière feuille de paye avec heures supplémentaires refiscalisées). En réalité, les professeurs installés vont copieusement refuser ce genre d’affectations et il y a fort à parier que le changement, ce sera ailleurs et pas maintenant.

On pourrait croire, à lire ces idées géniales, que le pauvre Hollande a trouvé ça sous le sabot d’un cheval. Malheureusement, l’homme est un habitué du consensus, et avait donc pris la précaution de faire intervenir un maximum d’imbéciles d’intervenants dans les projets de réforme pour obtenir ce résultat flamboyant comme une explosion de Challenger un tragique mois de janvier. L’institution concernée, déjà largement minée par les idées idiotes et les coteries de crétins qui s’entendent comme larrons en foire pour profiter tant qu’ils peuvent du mammouth avant qu’il ne meure d’une calcification complète, ne pouvait pas accoucher d’autre chose que d’une consternante suite de bêtises impropres à la consommation comme des saucisses industrielles laissées bien trop longtemps dans leur emballage de plastique.

Il faut, véritablement, avoir du courage, de nos jours, pour emmener son gamin à l’école publique quand on lit les idées des énarques débridés et pédagogos en roue libre. Heureusement, des centaines de professeurs tenteront, malgré ces perversions ahurissantes, de corriger le tir, tous les jours, discrètement. Mais devant l’inertie de leur hiérarchie, devant l’incompétence des dirigeants, devant la volonté partagée par certains, aux postes stratégiques, de tout saboter, feront-ils le poids ?

Ce pays est foutu. Mais il le faudra et je leur souhaite bien du courage.

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Commentaires109

  1. Ducon

    Ben non, la dette n’est pas de 1700 milliars mais de 1800 milliards maintenant. Et oui, 100 milliards par ci, 100 milliards par là…
    Et ce n’est que la dette officielle. Pauvre France.

    1. Aristarque

      Même plus proche de 1.850 que de 1.800. Un milliard par ci, trois milliards de remise de dette à la Côte d’Ivoire par là, ça file vite….

    2. Théo31

      Elle ne comptabilise pas les engagements de retraites non provisionnés (minimum 1000 milliards), lesquels sont une bombe thermonucléaire pour le modèle national-socialiste franchouille.

  2. pod

    De mon côté, ôh chance, mes enfants sont scolarisés dans le privé et en Bretagne (‘paraît que c’est une différence esentielle par généralisable sur tous le pays). Ce qui ne m’empêchât pas, dès la remise des livres de la rentrée, de jeter un œil critique dans le livre d’histoire de terminale de ma grande. Bon, le libéralisme et la description de l’Etat Providence, la taille de l’Etat, du keynésianisme y sont cités en entrefilets à quelques endroits, c’est toujours mieux que rien. Par contre, l’an passé, je fus atterré par le contenu d’anales de littérature Bordas en préparation du bac de français : stupeur, la moitié traitait de semi-linguistique liquide mélangée à de la grammaire à grumeaux… ayant pourtant lu Derrida, Chomsky, voire Barthes (il y a longtemps) j’ai capitulé bien vite et me suis demandé si ce contenu aiderait réellement mon enfant « apprenant » à améliorer sa maîtrise de sa propre langue et sa culture littéraire (pour laquelle elle reste trop faible à mon goût). A part préparer un IUFM pas vraiment dans la culture familiale, et dupliquer un verbiage pénible et abrutissant à la prochaine génération d’apprenants, je ne vois pas…
    J’espère que, tout comme moi, vous êtes suffisamment chanceux pour aider vos enfants afin qu’ils ne restent pas cantonnés dans les méandres du sabir-sachant de l’EdNat… Et suite au flanc sur le tapis d’hier, on (re)passe en defcon 4…

    1. Higgins

      Les célèbres Lagarde et Michard sont d’un niveau trop élevé pour nos lycéens et limite pour les étudiants en lettres (dixit un libraire).
      Pour les notes, il suffit de mettre en place un bonus-malus lié aux revenus des parents (plus on gagne, plus on est pénalisé) ou un coefficient réducteur de note pour ceux qui auraient l’outrecuidance d’utiliser les services de cours privés voire de mettre en place un système comparables au loyer fictif pour pénaliser les trop bons élèves (qui n’ont pas besoin de travailler pour réussir) par rapport aux élèves médiocres. Le fin du fin étant de menacer de poursuites pénales les enseignants qui renâclent à appliquer les mesures envisagées.

      Effectivement, le privé reste encore utilisable mais les attaques sont permanentes et très subtiles. En améliorant fictivement le niveau (vous avez sans doute remarqué qu’il n’y a jamais eu autant de mention très bien au Bac au point que ça en devient banal), les résultats du public et du privé au bac se sont progressivement alignés. Les boîtes à bachot que pouvaient être les lycées privés ont donc perdu de leur intérêt et le flux naturel des parents qui faisaient le choix d’une forme d’excellence se tarit. A terme et sauf à ce que le privé puisse révolutionner l’intégralité de son mode d’enseignement, j’ai bien peur que nous assistions à l’extinction de cette liberté (sauf bien sûr pour nos élites, socialistes entre autres, comme le précise le Parisien libéral dans ce billet http://leparisienliberal.blogspot.fr/2012/10/en-finir-avec-la-fiction-de-legalite.html).

      1. Pod

        (…) et le flux naturel des parents qui faisaient le choix d’une forme d’excellence se tarit.
        — peut être un peu moins en Bretagne qui fut (encore ? Je ne sais…) longtemps distinguée par ses (vrais) bons résultats – justement de par l’importance de l’école privée; à noter que je ne parle absolument pas des « boîtes à Bacho », mais du réseau de l’école Privée en général.

        1. Higgins

          Je suis moi-même originaire de l’ouest de la France (non, ce n’est pas la Bretagne) où le privé truste encore les premières places en matière éducative et où la république a mis du temps avant d’être acceptée. Il n’empêche que le laminoir est en marche et qu’il avance caché.

        2. Higgins

          Quand je parle de boîte à bachot, je fais référence aux lycées privés d’il y a une bonne vingtaine d’année qui alignaient au moment des taux de réussite au bac avoisinant les 80% là où la moyenne nationale était à peine de 50%. En ce qui me concerne (78% en D et 77% en C), je me souviens plus de l’émulation dans laquelle je baignais que d’une sélection qui était simplement naturelle. Les mentions étaient rares (les TB exceptionnels). Quant aux redoublements, ils sanctionnaient utilement un niveau insuffisant et permettaient le plus souvent de repartir d’un bon pieds. Actuellement, les parents refusent généralement de voir leurs enfants redoubler (mon petit Kevin ou ma petite Sue Ellen sont très bons mais vous ne les comprenez pas). En commission, on a droit à tout du style: « il/elle aime tant les animaux. Il/elle voudrait faire vétérinaire. » (avec 4 de moyenne générale. C’est du vécu).
          Le plus gros problème, c’est que les handicaps accumulés deviennent quasiment insurmontables. Autrefois, un gros ou très gros travail permettait de passer un moment difficile (comme en Maths par exemple. Mais comme les élèves maîtrisent généralement assez mal les fondamentaux style table de multiplication, ça devient franchement aléatoire). Actuellement, celui qui loupe le coche n’a plus que ses yeux pour pleurer.

      2. yann

        Excellent, le bonus-malus. Mais avec un système de décote-surcote savamment calculé tenant compte de l’origine sociale, ethnique, de la taille de la fratrie, du nombre et du sexe des parents, de la taille et de la température hivernale du logement.
        Bref, le tarif social de la notation ! Le changement, c’est maintenant !

      3. vengeusemasquée

        Moi j’ai eu de la chance, j’ai pratiqué le Lagarde et Michard au lycée public il y a une quinzaine d’années. Mais ces enseignants étaient déjà fort rares et ne craignaient plus vraiment grand chose vu leur âge. Maintenant que toute cette génération a pris sa retraite, même au lycée où je suis allée, ça doit être l’apocalypse.

        La génération d’enseignants qui prend sa retraite depuis environ 5 ans est tout à fait pléthorique et remplacée par des certifiés qui n’ont absolument pas le niveau et qu’on embauche malgré tout parce qu’il faut bien remplir les classes.

        Ce pays est désespérément foutu.

    2. Pandora

      Le contenu des programmes de l’éduc nat est affligeant.

      En vertu de l’ouverture d’esprit, mon enfant va étudier un roi africain mais squeezer Henri IV : on marche sur la tête !
      Pour maîtriser un culture extérieure; il faut d’abord connaître la sienne, me semble-t-il.

      Qui décide de ce contenu ?
      Il paraît que c’est le haut conseil de l’éducation (encore une planque d’anciens sénateurs et de hauts fonctionnaires), qui sait mieux que nous ce que nous devons apprendre.
      J’aurai apprécié un petit mot d’H16 sur cette « agence » mais on ne peut pas parler de tout.

      1. Aristarque

        Pitié pour H16!
        Ce n’est quand même pas de sa faute si elles (nos-z-élites au pouvoir) sont aussi nulles pour « produire » quotidiennement 3 à 4 sujets de billets.
        Si on le presse trop, il va finir par nous péter un claxibulle et on sera bien malin, alors….

  3. Aurélien

    Grosso modo on revient à la situation d’avant 2008 avec encore plus de calinoux tout doux… La refiscalisation des heures sup c’est retour à 2007… Le changement, c’est maintenant, tout le temps comme avant.

    Francky Maasdam a déclaré que la notation devait « indiquer un niveau plus que sanctionner un élève ».
    Par exemple, avec cette idée de ouf, le top niveau sur une échelle de 20, ça serait 20, le niveau moyen 10, le niveau nul 0.

    Cela n’a rien à voir avec le système actuel qui sanctionne les élèves qui ne rendent pas une copie parfaite en leur enlevant des points sur une échelle de 20. 20 points au plus nul, 10 au moyen et 0 à celui qui par pur privilège social fait zéro fautes.

    Le changement, c’est renversant!

    1. gem

      en fait, vu que l’idéal moderne c’est le zéro défaut, il serait pertinent d’inverser les notes : zéro pour celui qui n’a fait aucune erreur, n’a plus rien a apprendre rien ; 20, ou 40, ou plus si nécessaire, pour celui qui a tout apprendre, fait trop de fautes, etc.

      De quoi lancer un jeu rigolo de celui qui aura la plus grosse note 🙂

      1. Théo31

        J’ai eu un prof de latin qui pratiquait ce système lors d’interrogations surprises : 0 ou 1 faute : rien, 2 fautes, on copiait 2 fois tout le cahier de cours, 10 fautes : 4 heures de colle.

  4. Arsi

    Je suis effaré de la capacité imaginative de nos dirigeants lorsqu’il s’agit de jeter des seaux de poudre aux yeux du peuple. La vraie crise c’est celle de l’école (apparemment)! Les notes pour nous habitués de ce système ne sont pas choquantes, mais qu’en est-il dans les pays qui utilisent un autre système ? Un comparatif serait intéressant.

    1. Pandora

      Justement, les tenants du zéro note s’appuient sur le système suédois où les enfants ne sont pas notés avant le collège et auraient de meilleurs résultats que nous dans les classements internationaux.

    2. Franz

      Ce n’est pourtant pas faux. La vraie crise c’est celle d’une école qui a « formaté » plusieurs générations maintenant à penser que l’Etat c’est tout, qui les a privé des outils intellectuels leur permettant de penser par eux même, et d’envisager même d’entreprendre.
      Une école qui a formaté des générations à penser qu’instit/prof de collège (ou au moins fonctionnaire) c’est la profession idéale, et que les meilleurs sont appelé à faire l’ENA. Une école qui donne aujourd’hui plus de mentions très bien par classe d’âge qu’elle ne donnait de bacs, toutes mentions comprises en 1990, alors que le niveau y compris des meilleurs à objectivement baissé. Ce qui permet d’avoir des « intellectuels » qui soutiennent que l’impôt progressif est juste et qui posent la question, très sérieusement mais de façon purement rhétorique, de savoir s’il est possible d’être libre hors du carcan étatique.

      Oui, la crise est « plus importante » que la crise de l’Ecole. Mais la crise de l’Ecole est sans doute une des raisons profondes de « la Crise ».

      1. Deres

        L’impôt progressif est comme toute les idées quelque chose d’intelligent à la base mais qui est surtout mauvais car c’est un appel du pied à une dérive sans fin. Le vrai problème, c’est q’une fois que l’on a admis le bien fondé du concept, rien ne définit le bon choix de progressivité. Donc progressivement, nos hommes politiques sans imagination vont pousser le concept de plus en plus loin jusqu’à l’inacceptable. On finit donc par se retrouver dans le système français actuel, où on a en fait :
        – une usine à gaz source de fraude et d’inégalité qui sert surtout à justifier les postes d’une armée mexicaine de fonctionnaires
        – une grande partie de la population qui ne paie plus rien voir même touche de l’argent des impôts (!)
        – un impôts spoliateur sur les hauts revenus

        Le grand intérêt d’une flat tax est sa simplicité, son absence de dérive dans le temps et le fait que personne ne croit vivre gratuitement au frais des autres.

        1. Aristarque

          Quand Joseph Caillaux, époux de la dame qui zigouilla le directeur du Figaro, inventa l’impôt sur le revenu, il pensait bien à un impôt progressif modulable selon les revenus réels mais qui taxait au maximum à 5% du revenu…
          On voit la dérive depuis….

        2. Alex6

          « …et le fait que personne ne croit vivre gratuitement au frais des autres. »
          Justement, c’est ce que cherche beaucoup de Francais.

        3. Calvin

          Un impôt progressif est tout bonnement une idée absurde.
          La progressivité est un principe qui vise à en limiter la portée.
          De fait, je « comprends » la progressivité de taxes pour aboutir à la décroissance.
          Mais imposer la progressivité de l’impôt, c’est, in fine, s’attendre à une baisse de celui-ci, puisque personne n’a intérêt à payer encore plus que ce qu’il gagne en plus.
          Je rappelle que la norme qui fonctionne dans le commerce et les échanges, c’est la dégressivité.
          Je suis certain qu’avec un impôt dégressif (et l’abandon de toute niche fiscale), l’Etat Français aurait de plus en plus d’argent.

  5. kelevra

    le principe de la notation pas sanction existe deja. la fille d un ami, prof en ZEP, pour eviter les problemes tant avec les eleves, les grands freres et les parents, ne met aucune note en dessous de 13.

    1. Calvin

      Houla ! C’est bas, 13 !
      Lorsque la nouvelle notation sera en vigueur, ce prof ne devra plus descendre sous 16 sous peine de frustration

  6. Homo-Orcus

    Pour l’état des lieux de la rééducation nationale : Philippe NEMO, La france aveuglée par le socialisme…

    1. Aristarque

      Il pourrait prévoir le Nutella au tarif prison pour la Garderie nationale!
      Voilà qui serait bisounours en plein!

  7. dede

    « produisait aussi bien des politiciens que des boulangers, sachant lire, écrire et compter correctement »

    Des politiciens sachant compter correctement? Des noms!

    1. Bah Pompidou, Giscard (qui n’a pas mes faveurs, mais sachons reconnaître ça), Mitterrand, même. Ok, y’avais Marchais. Mais y’avait aussi Bérégovoy. Comme quoi.
      De nos jours, on doit se taper Morano, Lefebvre, Bachelot, Pellerin, Duflot, Fillipetti, Besancenot, Méluche, … Ils savent à peine faire une règle de trois. Bref…

        1. gem

          C’est pas ça la règle de trois ? le nombre de jour entre deux lois (et aussi le nombre de jours passé à la réflexion sur cette loi)

    2. Calvin

      h16 te parle d’un temps que les gens de moins de 110 ans ne peuvent pas connaître.
      Et ça tombe bien : ceux qui auraient pu donner le nom d’un politicien sachant compter ont perdu la mémoire.

    3. Aurélien

      Les politiciens savent très bien compter ce qui rentre ou sort de leur poche. Ce qui sort de la notre ça ne sert à rien de le compter puisque c’est gratuit et sans limite.

    4. Philippe M

      Si, ils savent . Mais ils n’ont retenu que l’addition et la multiplication (des prélèvements, distribution d’argent « gratuit », promesses, leçons de morale …).

  8. Josselin

    Bien heureux d’être dans l’intervalle « Sorti des études et pas encore de gosses qui auront à subir ça ».

  9. Pere Collateur

    Sacrées illustrations que vous avez choisies pour illustrer votre article 😉

    Sinon sur le fond, l’abandon des notes, je comprend pas.
    Je comprends pas comment on va evaluer les acquis.

    Je me souviens d’un texte qu’on avait étudié en seconde en francais, sur l’émulation et la selection. De Simone de Beauvoir il me semble.
    Ce texte, je l’avait trouvé limite concaténation de lapalissades tellement ce qui y était écrit était evident et convainquant.
    En gros, ca faisait l’apoligie de l’émulation et la sélèction, seul capable de conduire à l’excellence.
    On devrait le donner à lire à ces cadors de pacaotilles.

    Enlever les notes, enfin des notes qui donne une vrai idée de ce Kevin a appris, pour moi, ca enlève tout interet d’aller en classe.
    Autant appeler ca Garderie Nationale, au moins les choses seront claires.

    Et en essayant un peu de faire de l’anticipation, déjà actuellement il est très difficile de réussir à recruter des ingés valables dans les 25/30 ans.
    Je n’imagine même pas l’enfer que ca va être quand les heureux beneficiaires de ces délires arriveront sur le marché de travail…

    Finalement, il n’y aura pas que pour les impots que les entreprises foutront le camp. Ca sera aussi pour trouver de vrai compétences…

  10. Franck Boizard

    Methode syllabique millénaire ? Non, elle est très innovante au XIXeme car sa particularité, si elle est enseignée correctement, consiste à apprendre à tracer les lettres sur une ardoise en même temps qu’on apprend à les lire.

    Ce souci d’efficacité résultait de la « massification » (déjà).

    Elle a depuis fait ses preuves et il n’y avait aucune raison intelligente de l’abandonner. Il n’y avait, il n’y a toujours, que de mauvaises raisons idéologiques.

    Nous sommes décadents et de plus en plus bêtes. Il faut bien que cette funeste évolution se traduise par des signes concrets. L’abandon de la méthode syllabique est un de ces signes.

    1. Sans la partie écrite, la méthode syllabique était employée en Grèce antique. Au 19ème, on n’a pas construit sur rien non plus 😉

      1. Franck Boizard

        L’enseignement à l’école primaire est simple mais demande une extrême rigueur qui ne s’improvise pas, par exemple, « comment apprendre à des enfants de six ans à compter les syllabes alors qu’ils ne savent pas lire ? » ou « Faut-il mettre les unités quand on pose une opération ? ».

        La méthode qu’on appelle syllabique a plusieurs modalités : celle à laquelle on fait en général allusion est celle qui était enseignée dans l’école française jusque dans les années 70, d’où ma remarque.

    2. Pandora

      La méthode globale est à l’origine destinée aux aveugles.
      Elle a été imposée dans un soucis d’égalitarisme, pour permettre aux « moins favorisés » d’apprendre à lire.

      Un nivellement par le bas de plus dont les effets catastrophiques sont maintenant pleinement visibles : les gens ne savent plus lire et écrire sans faute.

      1. Aristarque

        Suffit de connsidérer les textes de certaines annonces sur un site de braderie nationale bien connu.
        Certaines, même en les lisant à haute voix pour tâcher de saisir le sens, demeurent hermétiques.
        Heureusement que les photos pallient à cela.

      2. Franck Boizard

        En réalité, la méthode syllabique, par son caractère mécanique, est adaptée à tous les milieux socio-culturels, c’est m^me pour cela qu’elle a été adoptée par l’éducation nationale.

        Sa prétendue inadaptation aux élèves modernes n’est que le fantasme d’imbéciles pour qui toute tradition est mauvaise en soi.

        1. En général, ces derniers le payent avec des enfants qui ne savent ni lire, ni écrire, ni compter. Mais qui sont très créatifs, hein. Charmants petits sauvages.

        2. paf

          ok mais bon quand le petit singe est laisse a l’abandon, il faut reconnaitre que les profs n’y peuvent plus grand chose ; apres le primaire c’est trop tard et le petit gogol restera gogol jusqu’a ce qu’il soit frappe par la maturite qui parfois ne vient jamais.

  11. Franck Boizard

    A propos de Garderie Nationale : certains soutiennent (je crois que le plus connu est E. Zemmour) que cette fonction principale de garderie est tacitement par toute la société. Cela expliquerait que les parents protestent plus contre les grèves (fonction garderie non remplie) que contre le mauvais enseignement.

    On peut trouver d’autres exemples de cette priorité à la fonction garderie.

    1. gem

      Exact. Ça arrange tout le monde. Le peuple est content que les gamins turbulent à l’école plutôt que leur faire concurrence (un jeune de 15 ans qui bosse, quand il bosse, ça arrache et il y a peu de vieux qui tiennent la comparaison). Et l’élite n’en a rien à branler, du niveau de l’école, même plus c’est bas plus sa progéniture sortira facilement du lot car elle sait donner l’instruction à ses gosses (ça ne se passe pas à l’école, mais à la maison).
      D’ailleurs la suppressions des devoirs, c’est une bonne façon d’avoir une école encore plus nulle, et encore plus de temps pour la culture familiale de travail et donc la vraie instruction.

    2. Pascale

      D’ailleurs les Français sont très heureux de payer pour la maternelle qui, paraît-il, n’existe pas en Allemagne. Dès l’âge de 3 ans nos chérubins sont pris en charge par la société.
      Et peut être est-il plus facile d’ouvrir une garderie en Allemagne en s’associant entre parents ? Auquel cas, on laisse les parents libres de s’organiser entre eux. Parce qu’en France c’est impossible. Je lisais hier que les malheureuses qui avaient eu l’outrecuidance d’ouvrir une crèche « sauvage » à Marseille avaient été condamnées à la prison. Et ferme, si mes souvenirs sont exacts.

      1. Eole

        C’est juste, il y a moins de maternelles en Allemagne. LEs femmes qui aimeraient travailler le regrettent amèrement. Il ne faut pas oublier qu’en encourage les mères de famillle de rester à la maison les premières années de la petite enfance. Est-ce mieux? Je ne le crois pas.

        1. paf

          ben ca depend completement de la mere.Par exemple les petits gamins Hassidim de mon quartier, dont les mamans sont a la maison toute leur vie, sont tres bien éduqués.A l’inverse, les petits québécois dont les mamans recoivent plein de prestations sociales pour rester a la maison des années sont des cancres gatés-pourris.

  12. Flo

    C’est déjà foutu.

    En TERMINALE S :

    Philo : premier petit devoir maison.
    « Eh Monsieur c’est impossible à traiter votre sujet. J’ai cherché sur Internet et j’ai rien trouvé ». Banal.

    Maths : premier petit devoir maison.
    Pour étudier le sens de variation d’une fonction des élèves étudient son signe. Rouleau de peinture rouge et 0 pour toute la copie…normalement.

  13. Bombay Magic

    Je tiens à préciser que j’ai 3 enfants scolarisés dans une école internationale, où le cursus, les méthodes n’ont rien en commun avec le système français.
    C’est un peu triste, mais notre système est devenu synonyme de faillite, et je pense que c’est, non pas parce qu’on n’a pas su revenir aux sources, on n’a pas su évoluer.
    La société a changé, les enfants ont changé, les besoins des entreprises ont changé, les qualités nécessaires au travail ont changé. Qui parlait « d’information fluency », autrefois ? Aujourd’hui, on n’a plus besoin d’apprendre des dates par coeur, elles sont disponibles en 3 clics, mais savoir les remettre en contexte, les relier les unes aux autres, oui. D’où l’intérêt des approches thématiques.
    Les maths ? Voici une matière où je pensais que ça n’avait pas changé, jusqu’à ce que je rencontre le prof de mes enfants, qui nous a dit: « enseigner les maths à l’enseigne, ça ne marche plus ». Ils font des jeux de pistes, de temps en temps, dans l’école, qui se gagnent en trouvant un maximum de réponses à des problèmes de maths. Les gamins sont concentrés, en mouvement, enthousiastes, ils apprennent sans être assis. Le soir, ils ont des devoirs sur des sujets qu’ils n’ont pas encore vu, avec des liens vers des videos de profs de maths, des sites où les problèmes sont immédiatement corrigés, le lendemain, le prof fait avancer sur des problèmes plus compliqués ceux qui ont réussi, s’attardent avec les autres.
    Les notes ? Les évalusations servent à apprendre, disent les profs. Une note n’est jamais définitive, disent ils. Les élèves qui se sont plantés à un devoir peuvent toujours aller voir leur prof pour améliorer leur note. La dernière fois pour mon fils, l’amélioration de la note était lié à un e mail qu’il devait envoyer à son prof: pourquoi il s’était planté, où il s’était planté, comment il aurait pu faire pour s’améliorer.
    Ca fait rigoler les français sceptiques et toujours critiques ? Ca marche! les enfants se responsabilisent, s’impliquent, progressent.
    L’école française, aujourd’hui c’est un dinosaure où chacun pense que l’echec est du au fait qu’on ne fait plus « les bases ». Mais ces bases ont changé. Où alors, c’est toute l’Europe du Nord qui sont des pays de cons ?

    1. Les méthodes que vous décrivez peuvent effectivement marcher sur certains, pas sur d’autres.
      Evidemment, ici, l’important est que les parents puissent choisir, comme les établissements, en dehors d’un carcan débile imposé par une hiérarchie à l’ouest.

      De toute façon, l’école dans 10 ou 20 ans aura encore changé, et le métier de professeur dans des proportions telles que ces débats ressemblent à ceux qui se tenaient encore à Constantinople en 1452.

    2. Egomet

      Le problème n’est pas d’arriver à faire apprendre en jouant de temps en temps, mais de tenir la distance et d’avoir une cohérence sur l’ensemble du cursus.
      Aujourd’hui, les programmes disciplinaires sont incohérents, particulièrement en maths et en français. On découvre beaucoup de choses mais rien n’est vraiment acquis, faute d’un entraînement rigoureux. Et surtout, il y a trop d’écarts au sein d’une même classe parce qu’on a tout le temps menti aux élèves sur leurs capacités réelles.
      Désolé de vous contredire mais l’école française n’a pas cessé de se transformer depuis 40 ans. Mais plutôt que d’admettre leurs erreurs, les pontes du ministères invoquent de mystérieux changements dans la société. L’exemple le plus net, c’est l’orthographe. On incrimine le nouveau statut de l’écrit ou les SMS, pour masquer la baisse du nombre d’heures de cours ou l’incohérence de cet enseignement. Mais qu’est-ce qui empêche de rédiger convenablement un SMS?
      Et franchement, les bases nécessaires à la vie moderne n’ont pas tellement changé. « L’information fluency » que vous évoquez ne signifie pas grand-chose. Les outils informatiques sont devenus très intuitifs. Pour en profiter, les conditions de base sont une lecture rapide et efficace et un peu de logique.

    3. Egomet

      Ah, j’oubliais! A propos des dates, c’est vrai qu’on peut les retrouver en trois clics, mais pour pouvoir les remettre en contexte, il faut quand même connaître certains points de repère par cœur. A la limite, on s’en fout de savoir que Marignan est en 1515, mais il faut être capable de situer les différents régimes politiques de notre histoire…

      1. Bombay Magic

        Il s’avère que j’ai enseigné les SES en lycée, et j’ai été, aussi, au lycée – il y a 20 ans certes. Il y a eu des évolutions, mais pas tant que ça. En vivant aujourd’hui à l’étranger, avec des enfants dans une école internationale, je découvre un système radicalement différent. La France est loin derrière pour ça ….
        Pour l’orthographe, c’est vrai. En même temps (et je tiens à préciser que je suis un pur produit du système, bac mention très bien, Sciences-Po Paris etc), ce n’est pas si incontournable que celà. J’ai un fils très dyslexique et dysorthographique, je suis épatée par l’intuitivité et l’efficacité du correcteur d’orthographe de google doc (meilleur que word, cela dit en passant). Il était plus facile de se concentrer sur l’orthographe quand on avait moins de domaines de connaissance à appréhender.
        Pour les programmes, c’est ce que je reproche à l’éducation nationale, justement. Une crispation sur les programmes. On attend de l’école qu’elle formate des générations d’enfants avec des connaissances communes, c’est comme ça qu’on a bâti l’esprit républicain et la France d’un territoire, une langue et une culture, je sais.
        La neurologue de mon fils (le dyslexique) me disait: l’important n’est pas ce qu’on apprend, mais d’apprendre. Mon fils aîné, en équivalent 1ère à l’étranger n’a quasiment pas fait l’histoire de France, n’a pas étudié Molière (en revanche il a fait Poe, Hemingway, Fitzgerald), ce qui compte ce n’est pas ce qu’on apprend, mais la façon dont on apprend, dont on développe des méthodes, un esprit critique, une ouverture d’esprit, la capacité à collaborer avec les autres. Ce sont ces qualités qui serviront dans la vie, plutôt que ce qu’on a appris précisément. (Attention, je ne dis pas qu’apprendre est inutile, au contraire, mais l’important ce n’est pas le programme)
        Si vous êtes curieux, googlez International Baccalaureat, voyez comment les enseignements sont présentés. Les diplômés de l’IB ont accès aux meilleures universités mondiales (pas tellement en France, qui s’ouvre tout juste comme d’hab à un système différent).Pourtant, il n’existe pas de « programme » uniforme pour ce baccalauréat très exigeant.

        1. Quelque chose que les gens ne savent pas, c’est que la dyslexie est très rare dans les pays où
          a/ l’écriture de la langue est phonétique ou quasi (Italie et Turquie, si mes souvenirs ne me trahissent pas, sont des exemples)
          b/ la méthode d’apprentissage de la lecture est syllabique.

          Cela en dit très long sur l’explosion des dyslexies observées les 30 dernières années en France.

        2. Egomet

          Il y a beaucoup de choses qu’on peut apprendre en dehors de l’école. Une partie des sciences, presque toute l’histoire, l’essentiel de la littérature. Dans ces domaines, je veux bien admettre à la rigueur que le programme n’est pas important en soi. Au niveau du bac, c’est assez vrai. Il y a peu d’éléments des programmes du lycée qui soient absolument indispensables pour la suite.
          Mais il y a des connaissances qui sont essentielles pour d’autres apprentissages et qu’on acquiert beaucoup plus difficilement sans professeur: la lecture, la grammaire, les bases du calcul. Sans la lecture, pas de recherche documentaire. Sans la compréhension de la division, comment résoudre des équations? Avez-vous lu les programmes de l’école primaire? Savez-vous à quel moment ces choses-là doivent être acquises? Et ce que l’on fait si ce n’est pas le cas?
          Ce sont ces apprentissages qui ont le plus souffert des réformes des dernières décennies, en particulier depuis la loi Jospin de 1989, mais aussi de celles qui ont suivi.
          Une bonne partie de la dyslexie diagnostiquée aujourd’hui n’est pas due à des troubles neurologiques mais simplement à une déstructuration de l’enseignement de la lecture. Je ne sais pas ce qu’il en est de votre fils, mais il est curieux que dans beaucoup d’établissements, on arrive à 30% d’enfants ayant besoin d’un suivi (voire plus).

    4. Franz

      Ces « méthodes » modernes, qui ne sont que ce que l’on a dans l’éducation nationale, mais en plus cohérent et moins bouche trou, n’ont jamais fait la preuve que de leur inefficacité.
      C’est rigolo « l’information fluency » et tout le tralala… Mais de Microsoft à Apple, en passant par Google, Amazon et eBay, le plus gros de l’économie digitale a été crée par des « dinosaures » qui n’ont pas eu de « cours d’info » à l’école. Par des gens qui ont appris « à l’ancienne », des trucs certes inutiles en grande partie mais qui forment l’intelligence, la mémoire, la capacité à apprendre.
      D’ailleurs, je donne des cours de programmation pour la finance à des jeunes issus de la génération internet, qui croit que par privilège de l’âge et enseignements avec ordi ils sont « forts en IT ». Malheureusement pour eux, ils sont surtout incapables de logique formelle et de rigueur. Donc ils programment comme des pieds et souffrent atrocement pour assimiler les principes de base. Ce qui a été très facile pour moi, vieux croûton formé aux maths « d’avant », et sans ordinateurs.
      La notion d’ordre spontané est également applicable pour l’éducation. La forme qui est apparue progressivement, avant que l’Etat ne mette trop ses doigts crochus dans le système a toutes les chances d’être une forme d’optimal, du moins dans un certain nombre de contextes. La multiplicité des formes d’enseignement, des types d’écoles, des programmes et méthodes n’étaient sans doute pas là par hasard.

      Aujourd’hui on veut « une méthode » pour l’enseignement, méthode qui serait arbitrairement fixée par le gouvernement, ou des « experts ». Mais tout comme un restaurant unique ne plairait finalement à personne ou presque, une éducation sur moule unique (surtout si on insiste sur la « mixité » dans les classes) ne peut convenir qu’à très peu.

      Laissons les parents et les enfants choisir les méthodes qu’ils préfèrent parmi une offre éducative variée tant sur les contenus que les méthodes, en libre concurrence, et les problèmes seront vite résolus.

      On verra d’ailleurs assez rapidement si les « initiatives modernes » et le progressisme pédagogique attirent plus (parce que leurs résultats seront meilleurs, ou identiques pour moins d’efforts) ou si les approches traditionnelles marchent mieux. Le marché s’équilibrera, les innovations débiles seront éliminées par la faillite de leurs promoteurs, celles intéressantes seront récompensées.

      1. A ce sujet, dans les pays en développement, émergents ou pauvres, il est étonnant de voir que ce sont les vieilles méthodes qui sont employées, avec le meilleur succès. Ce sont aussi les moins coûteuses…

    5. Robert Marchenoir

      « Aujourd’hui, on n’a plus besoin d’apprendre des dates par coeur, elles sont disponibles en 3 clics, mais savoir les remettre en contexte, les relier les unes aux autres, oui. D’où l’intérêt des approches thématiques. »

      C’est une illusion. A ce compte-là, tout est « disponible en un clic », et avant Internet « tout était disponible dans les livres », donc à vous suivre l’école ne servirait à rien, puisqu’on peut toujours « chercher dans un livre » ou « chercher sur Internet » quand on ne sait pas.

      Prenons l’analogie du dictionnaire. L’orthographe de tous les mots se trouve dans le dictionnaire, il « suffit » de feuilleter le dictionnaire pour connaître l’orthographe d’un mot, donc il serait inutile d’apprendre l’orthographe ?

      Ca ne tient pas debout.

      1. Franz

        Ah, ça… C’est un autre des mythes de la nouvelle Ed-Nat : moins d’élèves c’est mieux ! Mais des études sérieuse montrent qu’il y a indépendance entre taille des classes et résultats. Pour peu que les niveaux soient assez homogènes. Ce qui se confirme dans toutes les bonnes prépas de France, où étrangement pour ces temples de l’élitisme dans l’enseignement privilégié et tout et tout, on trouve assez souvent des classes de 70 clampins (bon, en général ça finit à 40/50 en fin d’année, faut pas pousser mémé dans les orties, hein !).
        Et dans les grandes écoles, les tailles des classes sont en général dans les 40/50, avec parfois des amphis d’une centaine voir plus. Mais c’est bien connu, prépas, grandes écoles, ce sont des lieux d’échec scolaire continu. Le pire qu’on ait en France.

      2. gem

        L’influence du nombre d’élèves sur l’apprentissage est un truc très étudié. Il s’avère que
        * seuls les plus mauvais ont besoin d’un encadrement fort, alors que les très bons n’ont quasiment pas besoin d’un encadrement.
        * les classes de niveaux ont de mauvais résultats : d’une part, ça casse à la base le moteur de la compétition inter-classe ; d’autre part les effets de réputations sont très fort en éducation, mettre un enfant dans une classe étiquetée comme moins bonne c’est envoyer un signal destructeur aussi bien aux élèves qu’aux enseignants.
        * la logistique limite en pratique la taille d’une classe à 45-50.
        La solution optimale pour 100 élèves n’est donc pas de faire 4 classes de 25 comme on essaye de nos jours, mais plutôt 2 classes de 50 + une classe de soutient que les élèves fréquentent seulement en tant que de besoin, où ils auront un profs pour 5 à 15 retardataires qui pourra les pousser assez pour qu’ils retournent dans le peloton. Avec 3 classes comme ça ont fait mieux qu’avec 4 dans le système mammouth

  14. taisson

    Vraiment, alors que nos élites dirigeantes font beaucoup d’efforts pour créer (avec notre argent) l’homme nouveau, citoyen du monde apaisé et responsable de demain,votre manque d’enthousiasme fait peine à voir !!
    Blague à part, l’administration de l’enseignement est noyautée depuis longtemps par des gauchos, et ce qui se faisait en douce se fait aujourd’hui avec un maximum de publicité: plus la proposition de réforme est débile plus il en sont fiers !!
    Produire des individus standardisés et leur ôter l’envie de développer leurs capacités à améliorer leurs connaissances à toujours été l’un des buts des régimes totalitaires…
    Donc tout ceci est « Normal » !
    C.P.E.F.!!

  15. johnny_rotten

    Quand je vais quelquefois, en semaine, faire un peu de sport sur un stade, j’ai la curiosité d’observer les cours d’education physique et sportive pour les collèges ou lycées qui s’y déroulent. C’est CONSTERNANT ! ! !
    Il m’est arrivé de voir le « prof » de sport discuter avec les élèves assis pendant 30 ou 35 minutes, sans qu’aucun effort physique n’ait été accompli par eux !
    Ces jeunes repartent du cours sans aucune fatigue physique sans avoir transpiré.S’ils ont parcouru 500 mètres en courant pendant l’heure dédiée au sport c’est le grand maximum
    D’autre part il y règne une indiscipline chronique.Chahut et insultes permanentes en petits groupes, manque d’autorité du « prof » pour obtenir quelque chose,élèves absents pour raisons médicales souvent bidon, degradations dans les autocars les transportant de l’etablissement au stade ou au gymnase.
    En tant que libéral, je pense qu’il faut supprimer le sport obligatoire à l’ecole.
    Les élèves motivés qui veulent VRAIMENT en faire devraient s’inscrire dans les clubs avec la possibilité d’obtenir, grace au sport, des points de bonification aux examens de l’Ed Nat.
    Tout ce personnel d’encadrement de l’education physique et sportive de l’Ed Nat , d’ailleurs désabusé et ne croyant plus guère en leurs métiers devraient être licenciés ou se reconvertir car ce sont des milliards d’euros de masse salariale dépensée en toute inutilité..

    1. nemrod

      Tout à fait d’accord.
      Les tristes pédagos qui gâchent nos gamins arrivent même à faire faire du sport ( non eps pardon) sans les faire courir ni transpirer…
      En plus ils enrobent tout ça de leurs délires égalitaristes et de leur moraline à 2 balles…pour pas traumatiser tout ce petit monde.
      Résultat le gros mou gélatineux arrive à avoir de meilleures notes que l’athlète accompli; en pondérant les performances brutes avec tout un tas d’autres notations : motivation, efforts,implication…
      Ben oui camarade, y a des inégalités; les grands minces courent plus vite et plus longtemps que les petits gros…mettons y bon ordre.

      Devinez qui perd des points de motivation et d’implication pendant les « discussions » le cul par terre : le petit gros que cela arrange ou le grand mince qui a envie de courir…?

      Chose vécue avec mes enfants : une ado pas trop motivée et un peu momolle comme beaucoup de son age : ma fille; a de meilleure note que mon fils : 1,86 , 70 kg, qui vous écrase à n’importe quel jeu de ballon ou de balle en baillant, une main dans le dos et à cloche–pied…désespérant.
      CPEF.

  16. Before

    Z’avez vu la nouveauté du brevet des collèges 2013 ?
    Il y a une épreuve orale « Histoire des arts ».

    Mais pas d’épreuve de langue vivante.

    C’est bien, continuons comme ça, on est sur le bon chemin.

    1. Higgins

      Qui est un tel salmigondis (j’ai une fille qui est concernée) que même les enseignants ont du mal à le maîtriser et des difficultés à l’expliquer aux parents anxieux à l’idée que leur progéniture n’ait pas le brevet. Là, il faut quasiment le vouloir et encore .

  17. Before

    Et entièrement d’accord avec le dernier paragraphe : il y a des instit’ et des professeurs qui se bougent vraiment le cul, en essayant de faire de leur mieux face au mammouth congelé. Faut pas les oublier et jeter le bébé avec l’eau du bain.

    1. Franz

      Le problème c’est qu’ils essayent mal. Ils ont de la bonne volonté, mais sauf exceptions (réellement rares), ils sont juste nuls. Ce n’est pas de leur faute, cela dit. Ils sont issus du système, d’un système qui veut que les meilleurs aillent en grande école via une prépa. Les un peu moins bons mais motivés vont dans les filières courtes sélectives (IUT etc.) et seuls le ventre mou d’une génération va à la fac. Parmi ceux là, les meilleurs arrivent à rejoindre quand même une grande école. La tranche suivante continue jusqu’à un diplôme valorisable (master pro de qualité) ou à la thèse et se retrouve à enseigner à la fac (enfin, ceux qui ne sont pas « évincés » par les « prépa-école-retour à la fac pour une thèse » de type normalien). Ceux qui vont alors se tourner vers l’enseignement en école-collège-lycée sont soit très très motivé(e)s soit attirés par les congés mais de toutes façon pas des membres de « l’élite » de la discipline choisie. En outre, passé le bac, ils ont étudié à l’université des aspects de la discipline qu’ils n’enseigneront jamais, mais n’ont pas étudié les aspects qu’ils devront transmettre. Ils se retrouvent donc, soit plein de bonne volonté pour certains, soit ivres de bonheur à l’idée de travailler entre 18 et 30h par semaine, sur 9 mois par ans, face à des gamins ignares et indisciplinés, à tenter d’enseigner des choses qu’ils n’ont jamais réellement maîtrisé. Même de la bonne volonté et quelques exceptions ne suffisent pas pour trouver beaucoup à sauver dans l’EN. Et ceux qui « en veulent » sont rapidement neutralisés par les syndicats, leurs collègues, la nullité ambiante.
      Ce système est foutu,
      donc ce pays et foutu

  18. BA

    Jeudi 11 octobre 2012 :

    La France dans un “état de faillite aggravée” selon la porte-parole du gouvernement.

    PARIS – Sans considérer l’impact potentiel de ses propos auprès des agences de notation, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a aujourd’hui déclaré que la France était dans un “état de faillite agravée”.

    Mme Najat Vallaud-Belkacem répliquait aujourd’hui à François Fillon, qui a accusé le président François Hollande “d’amateurisme”, en le renvoyant au bilan de son action gouvernementale.

    “M. Fillon est-il vraiment le mieux placé pour donner des leçons, lui qui a commencé son mandat de Premier ministre à la tête d’un Etat en faillite et l’a laissé en état de faillite aggravée ?”, a déclaré à l’AFP Najat Vallaud-Belkacem.

    Suite à ces propos, certains commentateurs ne manquent pas de souligner qu’il est difficile de défendre avec crédibilité la note AAA de la France tout en déclarant que celle-ci est dans un état de faillite aggravée.

    http://www.romandie.com/news/n/La_France_dans_un__t_de_faillite_aggrav_selon_la_porte_parole_du_gouvernement_RP_111020121130-20-257450.asp

  19. Flo

    A propos, avez-vous remarqué à quel point cette histoire fait l’anti-buzz absolu?
    Je veux dire qu’on parle encore ici ou là des fraudeurs- truqueurs éventuels du handball ou des extrêmement dangereux terroristes potentiels à la cocotte minute arrêtés avant le week-end, mais de de ce que le président a dit avant-hier sur la priorité des priortiétés : H16 n’a même pas le temps de mettre sous presse que zou, plus rien !

    1. hussardbleu

      le mot « buzz » me fatigue… le seul buzz que j’apprécie vraiment, c’est Buzz…. Aldrin… qui avait répondu, avec son sens sarcastique de l’humour, à un journaliste radio qui l’interrogeait sur ce qu’il éprouvait au départ d’une mission Apollo : « and how would you feel, sitting on top of a rocket built by the lowest bidder » ?

      On dit qu’à la demande de la NASA, l’enregistrement de l’intervioue fut immédiatement détruit… encore une légende urbaine… mais j’aime bien… C’est John D. Macdonald qui la racontait…

      Rien à voir : je lis en ce moment « L’economie antique » de L.M Finley…. je recommande… écrit sans aucun jargon malgré l’érudition évidente… découvert ainsi les alimenta de Trajan, les philantropon… notre époque n’a rien inventé, et finira de la même façon…

  20. ph11

    Vous serez tous égaux, qu’on vous dit !
    Même dans les notes à l’école !

    Ils sont fous ces socialauds !

  21. NOURATIN

    La seule chose à faire consisterait à fermer définitivement l’usine à analphabètes, comme Mittal le fait pour ses hauts fourneaux lorrains superflus.
    Seulement on ne peut quand même pas foutre au chomedu un million et demi de socialos, ça craindrait grave, ça.
    Alors on raconte de grosses conneries, comme Culbuto 1er.
    C’est ça la démocratie!

  22. Eric

    Content de voir que vous êtes aussi sur objectif éco.
    Vos articles sont des pépites et les partager est une bonne idée.

  23. channy

    « le voilà qui propose de supprimer les « notes sanctions ». »
    Bordel mais flamby vient de trouver la solution à la crise de la dette qui secoue la Grèce, le Portugal, l’Irlande ,Italie etc Il faut demander aux agences de notations de supprimer les mauvaises notes..on aurait le droit de noter juste AAA après cela serait interdit car on voit les dommages causés par les mauvaises notes en Grèce par exemple .
    Sans mauvaises notes pas d’austérité, pas de taux d intérêt élevés pour gaspiller du pognon inutilement, des réélections assurés pour tous les politocards!

    1. Franz

      Rassurez vous, ça fait longtemps qu’ils veulent faire ça. Une agence de notation européenne « indépendante » (comprendre, aux ordres des gouvernements, pas du « grand capital », voir pire des « marchés assoiffés de rentabilité et d’enfants communistes au petit déjeuner »). Une agence qui classerait la France et l’Espagne AAA, peut-être aussi l’Allemagne pour qu’elle accepte de continuer à payer. Un petit AA pour la Grèce. Mais B ou même C pour ces salauds de ricains et de suisses, ça leur fera les pieds.

  24. Alex6

    « etique »: tiens, j’ai appris un mot.
    En rapport avec les illustrations, la requete vaut ce qu’elle vaut mais je ne suis pas trop fan des nanas gonflees chirurgicalement parlant. Des courbes oui, mais avec raison.

    Avec du recul, je me rends compte que m’ont uniquement ete utiles jusqu’au bac:
    – Dictee, auto-dictee et apprentissage des regles de grammaires
    – Tables de multiplications et regle de trois
    – Certaines bases en langues etrangeres

    Pour le reste, je me suis fait ma propre education car tout etait a mettre au panier:
    – Histoire: ou l’on apprend strictement rien en dehors de la seconde guerre mondiale et de la shoah
    – Geo: bachottage dont il ne reste presque rien. Il faut voyager pour reellement s’impregner d’un pays, y avoir vecu des choses pour pouvoir memoriser correctement les lieux
    – Langues etrangeres: bachottage idiot a 90%, a apprendre des listes de vocabulaires ne servant strictement a rien. J’ai eu l’honneur de voir un prof d’anglais a l’oeuvre de passage en Australie… niveau desastreux, strictement aucun sens de la langue courante
    – Lecture: Cercle tres restreints d’auteurs estampilles politiquement corrects, il faut vraiment faire l’effort de decouvrir tous ceux qui nous ont ete caches volontairement
    – Sport: Inutile mais on s’y marrait bien
    – Musique: Inutile mais on s’y marrait bien

    L’enseignement de base devrait se concentrer sur… les bases. Le reste vient par la suite avec l’envie d’apprendre, il faut donc attendre une certaine maturite pour que l’eleve puisse choisir au mieux. L’EN tend a vouloir couvrir beaucoup trop de chose et rate l’essentiel. La superiorite du modele anglo-saxon est la encore impressionante, cela se traduit par une extraordinaire liberte de pensee des adultes en comparaison de la fermeture d’esprit des Francais.

  25. peste et corriza

    La fac a toujours été la seconde roue du carrosse en France.

    Mais avant, il fallait 2 bac et un concours pour y entrer, comme dans les grandes écoles.

    Aujourd’hui, c’est assez simple. Les facs des sciences et de lettres ont été démolis par divers biais (pas de sélection avant le master, profs gauchos, secondarisation, crétinisation du public de base).
    Ainsi, seuls les masters de fac valent quelque chose. Ils deviennent cadres moyens ou fonctionnaires.
    On voit également une baisse de niveau des thésards, par le nombre de thèses arrêtées. Les bons thésards sont néanmoins tout à fait capables de rivaliser avec les ingés des grandes écoles en terme de science, mais pas en terme de management ou de gestion des couts.
    Sans parle de l’absence de culture de réseau des universitaires.

    Par contre, à l’étranger, les ingés français sont méprisés par rapport aux thésards, sauf pour les ENS (vraiment des gus brillants, avec un compréhension formidable des sujets). Par contre, à science po, il y a vraiment à boire et à manger.
    En chine, avoir une thèse signifie avoir le « bol de fer ».

    A l’étranger, il n’y a souvent que la fac, mais elles sont de niveau très variés. Aux USA, on a l’ivy league » (Harvard, MIT, Yale, etc…) qui sont les meilleures, mais elles sélectionnent avant tout par l’argent, et leurs profs sont surtout étrangers. Ainsi, on a vu des buses intégrales sortir diplômés grâce au pognon et au réseau du paternel.

    Cela se voit au niveau des recrutements, notamment chez les pétroliers. Total recrute surtout des polytechniciens, schell recrute des thésards dans le monde entier.

    L’inflation du nombre d’étudiants s’explique par le ponzi éducatif, qui s’explique lui même par l’inflation des exigences en terme de diplômes et compétences pour obtenir un boulot correct.

    Personnellement, j’avais le niveau pour faire une école d’ingé, mais je ne savais même pas que ça existait, ni à quoi ça servait. Et de plus, ma famille ne pouvait pas me payer des études trop chères. Donc il ne restait que la fac. Heureusement, je vivais dans une ville avec une relativement bonne fac et une bonne recherche.

  26. Hout

    Témoignage d’un prof de CP : aujourd’hui nouvel élève, un petit pakistanais, il a raté 1 mois de cours, à le niveau d’un enfant de grande section (à 2 jours près il devait aller en maternelle…L’inflexible administration française) mais de toute façon tout cela importe peu…Il ne parle pas français, et la mère non plus…

  27. labolisbiotifool

    Ouais … j’ ai connu tout ça avec mon élevage de cinq
    moutards … heureusement qu’ il y avait maman, et papa aussi, un peu . C ‘ est totalement désespérant …
    En tout cas je remercie @Pod de m ‘ avoir appris que ce cher
    vieux M.Bordas faisait dans l’ anale 🙂 Le pauvre, il doit
    se retourner dans sa tombe, cher vieil homme !

  28. jimbo

    « Jadis, enfants (…) apprenaient bêtement à lire en utilisant une méthode syllabique éprouvée depuis des millénaires. »

    Oui, comme aujourd’hui, et ça ne s’est pas arrêté semble-t-il (même chose pour les tables de multiplication et la règle de trois d’ailleurs).

    Il y a une espèce de mythe qui entoure la méthode syllabique, selon lequel on ne l’enseignerait plus, ce qui serait la cause de la baisse du niveau général en orthographe. De toutes les personnes avec qui j’ai eu l’occasion d’en parler (certes, ça ne fait pas des milliers), IRL ou sur internet, je n’en ai rencontré qu’une seule à qui on a enseigné la méthode globale (en 77-78 si ma mémoire est bonne). Et il ne s’agissait pas d’une méthode imposée, mais d’une lubie de l’instit lui-même, qui, au vu des résultats désastreux sur l’ensemble des élèves, ne tarda pas à se faire virer. La méthode syllabique est – de loin – la méthode la plus enseignée en France, et ça n’a jamais changé. J’ai appris à lire et à écrire en 87 comme ça.

    Le problème est autre. La 1ère chose que je constate quand je m’intéresse à la scolarité de mes jeunes cousins par exemple, c’est qu’ils sont la plupart du temps incapables de me dire ce qu’il ont fait de leur journée ou de leur semaine : ils ne s’en rappellent tout simplement pas. Comme si à aucun moment il ne semblait évident pour eux qu’ils sont censés retirer du savoir de leurs journées de classe. Ce travers qui était normalement celui du pire cancre de la classe (celui dont l’instit n’attend plus rien) semble aujourd’hui toucher le plus grand nombre. J’ai tendance à croire que les gosses sont soumis à un flot d’informations croissant parmi lesquelles ils trient. Dans le genre, quand je discute avec des profs (ça peut être intéressant si on se questionne sur l’éducation) j’apprends qu’une bonne moitié de leur travail consiste à obtenir des élèves qu’ils décollent leurs yeux de leurs portables pendant le cours.

    J’y apprends aussi qu’avant de sanctionner un élève turbulent, les profs se renseignent sur ses parents (car quand ils ne sont pas violents, ils sont procéduriers, outranciers, diffamateurs), qu’un élève qui s’exprime correctement ou fait ses devoirs est rejeté par les autres, que se faire insulter par un parent EN PRESENCE du gamin est tout à fait commun, que les directeurs ferment les yeux sur ça, que les réunions-branlette auxquelles les profs sont fréquemment conviés leur donnent envie de se tirer une balle à la sortie, qu’on les a lâchés en classe pour leur 1er jour comme on envoie un taureau dans l’arène, que quand tu demandes à des élèves de 5ème qui est le Président ils répondent « Sarkozy » et que son 1er ministre c’est Obama (je ne plaisante pas), que quand tu leur parles de métiers ils demandent combien ça gagne, que le mot travail n’a aucune signification pour eux hormis la contrainte et l’ennui, que les mauvais élèves sont tous des surdoués si tu écoutes leurs parents, bref, qu’un nombre incalculable de facteurs extérieurs à l’établissement agissent de manière néfaste sur ce qui se passe à l’intérieur.

    Je commente rarement sur ce blog que j’aime suivre depuis des années déjà, mais je te le dis, H16, sur l’éducation, il y a plusieurs de tes billets avec lesquels je suis en accord sur le fond, mais qui s’appuient en partie sur des postulats faux (ex: méthode syllabique). Ça tend à me faire croire que tu ne vérifies pas toujours tes informations. Venant du 1er golio sur le web, je m’en foutrais, mais de toi ça me gonfle.

    Désolé pour le wall-text, et pour l’humeur surtout.

    1. « La méthode syllabique est – de loin – la méthode la plus enseignée en France, et ça n’a jamais changé »
      Ben non.
      J’ai eu l’occasion de vérifier par moi-même avec mes enfants (il a fallu que je les rattrape très vite, sans quoi ils seraient d’heureux dyslexiques, comme on dit). On apprend un bidouillage mal habile de méthode syllabique avec de la globale. Mais la syllabique pure, non. Et c’est très malheureusement parce que les gens ne connaissent pas la méthode syllabique qu’ils croient l’enseigner. D’ailleurs, l’écrasante majorité des profs (en gros, ceux de moins de 35 ~40 ans) sont persuadés d’avoir appris à lire et écrire avec la méthode syllabique.

      Pour le reste (le papillonnage, l’absence d’autorité, etc…), c’est un constat que je fais aussi et que je dénonce aussi sur ce blog.

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