Une impossible réforme des retraites

Si vous pensiez que le régime des retraites allait tenir encore quelques années de plus, bernique. Malgré l’évident danger qu’il peut y avoir à tripoter ce sujet explosif, le gouvernement s’apprête à le remettre sur la table dans les prochains jours. Quand on sait qu’il a tout à y perdre, on comprend qu’Ayrault et Moscovici sont ici acculés à cette éventualité, et n’ont certainement pas choisi ni le moment, ni les modalités. À l’évidence et même si personne ne veut le dire comme ça, la situation est catastrophique.

On croirait presque à de la surprise dans les petits papiers qui se succèdent dans la presse, sur un mode mélangeant la gravité et l’euphémisme à la grosse louche : malgré la fameuse fumeuse réforme de Sarkozy en 2010, zut et flûte, les régimes de retraite vont rester déficitaires. Pourtant, cela fait des années que différents économistes, blogueurs ou analystes un peu sérieux de la vie française se font l’écho d’une préoccupation grandissante sur ce sujet, et il y a quelques mois déjà, des articles relayaient les difficultés grandissantes et les cris d’alerte poussés par les caisses de retraite sentant leur fin proche. Par exemple, en octobre, Contrepoints rappelait que cette répartition était vouée à disparaître, l’AGIRC et l’ARRCO puisant actuellement dans leurs réserves afin d’assurer le paiement des pensions. Et d’après leurs calculs, elles seront épuisées en 2017 pour l’AGIRC et 2020 pour l’ARRCO (et ça, si la situation reste stable, ce qui propulserait la France tout entière à Disneyland).

Un excellent billet d’Acrithène expliquait début décembre pourquoi les régimes de répartitions étaient systématiquement en déséquilibre, et montrait de façon éclatante pourquoi la seule issue à ce problème traîné comme une mauvaise gangrène par le pays depuis des décennies résidait dans une solution amère : réduire les pensions et augmenter l’âge de départ.

retirement demotivator

On comprend qu’électoralement, ce n’est pas vendeur du tout. Et on comprend donc que l’actuel gouvernement se retrouve dans ses petits souliers quand il s’agit de faire perdurer ce système vermoulu : eh oui, les réformes Sarkozy, en 2010, étaient franchement insuffisantes, mais les actuels dirigeants n’avaient pourtant pas trouvé de mots assez durs pour condamner les affreuses mesures de la droâte socialoïde. Débinant les micro-retouches de l’UMP dans les retraites, ils doivent maintenant s’attaquer au gros-œuvre, sachant que politiquement parlant, les syndicats, les retraités, les salariés, les fonctionnaires et les professions à régimes favorisés sont déjà aux aguets.

Or, pour équilibrer le système de retraite, comme je le notais ci-dessus, il n’y a pas trente six façons de procéder : soit il faudra travailler plus longtemps, soit il faudra relever les cotisation, soit il faudra diminuer les pensions versées. Et bien évidemment, un mix de tout cela est envisageable, avec des proportions alchimiques dont on sait déjà qu’elles ne pourront, quoi qu’il arrive, ménager ni la chèvre, ni le chou, ni le sourire de la crémière qui va se prendre une bonne avoinée. Eh oui : toucher l’âge de départ ou diminuer les pensions, c’est en parfaite contradiction avec les discours des socialistes lorsqu’ils étaient dans l’opposition, et comme à l’accoutumée, en totale opposition avec leurs promesses de campagnes (mais là, on a l’habitude). Quant à relever les cotisations, on se délecte déjà des grimaces que Moscovici va devoir nous faire pour essayer d’expliquer pourquoi on doit enfoncer un poignard de plus dans la compétitivité du travail français. Montebourg en frétille déjà.

moscolouchi

Mais ceci ne suffira pas. Bien sûr, On peut tripoter un peu ces paramètres histoire de faire tenir l’usine à gaz quelques années de plus : par exemple et au hasard, on peut aligner tout le monde, fonctionnaires, élus divers et variés et autres privilégiés du rail ou de l’électricité, sur un seul système, celui du régime général, qu’on aura soin de rendre aussi simple et lisible que possible structurellement. On peut aussi tenter, comme le suggère Nicolas Doze dans la chronique qu’il a consacrée au sujet, de bricoler une retraite à points permettant au salarié de partir lorsqu’il jugera avoir acquis suffisamment de points, ces derniers étant convertis en monnaie au moment du départ et en fonction des conditions macro-économiques du moment.

Mais même avec ces ajustements (nécessaires au moins pour des raisons morales de justice et de réelle égalité entre les citoyens), le sort du système de retraites par répartition à la Française est déjà scellé : il s’effondrera (avec plus ou moins de fracas en fonction du nombre de personnes assujetties), et ce parce qu’il est basé sur un mensonge : celui qu’un système collectiviste de gestion des choix individuels peut fonctionner, et ce, malgré le fait pourtant évident qu’il n’existe aucun exemple dans l’Histoire d’un tel système fructueux.

Notez bien sûr qu’ici, on n’a même pas envisagé une ouverture à la concurrence du système de retraite ou d’un retour partiel ou total à la capitalisation (comme ce qui fut fait au Chili par l’abominable droitefachisse et pourtant jamais remis en cause par la gentillegauchesolidaire, comme vous pourrez le lire dans les deux articles ici et de Contrepoints). Ce serait bien trop horrible : des orphelins seraient jetés en pâture à Baal, des veuves seraient violées, les armées de Satan débarqueraient et en moins de 24h, ce serait la fin du monde (et ça nous amènerait pile poil vendredi 21, ce qui est très commode, finalement).

À l’évidence, les discussions qui s’engagent timidement de la part de ce gouvernement gêné aux entournures et se développeront en janvier sous les impulsions mollassonne du Conseil d’Orientation des Retraites se traduiront essentiellement par des calculs d’apothicaires, des négociations de marchands de tapis sur des modifications de petits paramètres rigolos, ici, là et là. Mais jamais, ô grand jamais, il ne sera question des pistes les plus sérieuses de refonte (alignement des régimes, ouverture à la concurrence, capitalisation).

S’il y a bien un mot dont nos socialistes ne sont pas avares, c’est celui de réforme. Quand ce n’est pas du calendrier scolaire, du contenu des enseignements, du code du travail ou de la Sécurité sociale, c’est de la société de consommation, du mariage ou du code du logement qu’ils vont s’occuper à grands coups joyeux de truelle législative. Ça n’arrête pas, et quand ce n’est pas « réforme », c’est « changement » pour faire plus actuel, plus « maintenant ». Devant cette accumulation de réformes toutes régulièrement menées tambour battant, qui ont toutes, ensuite, été elles-mêmes suivies par d’autres réformes, personne ne semble s’arrêter pour noter que ça ne marche pas, que les gens qui les mènent n’en ont finalement jamais réussi l’ombre d’une, et que chaque équipe revient sur le travail de la précédente sans jamais améliorer significativement le résultat (puisque toutes décident qu’une réforme est indispensable).

La réalité, c’est qu’il n’y a qu’empilements de petits bricolages. Réforme ? Des nèfles ! Utiliser des politiciens pour faire une réforme, c’est un peu comme ajouter une flûte de pan dans n’importe quelle orchestration : on a immédiatement l’impression d’écouter une mauvaise reprise dans un couloir de métro, on sait dès les premières notes que ce sera mauvais et on ne souhaite qu’une chose, s’en éloigner au plus vite.

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Commentaires81

  1. Aristarque

    « Si vous pensiez que le régime des retraites allait tenir encore quelques années de plus, bernique. »

    En ce qui me concerne, absolument pas et cela fait plus de 30 ans que je suis opposé à ce système de droits futurs incertains contre du bel et bon argent claqué immédiatement à la discrétion de politiciens n’ayant d’autre horizon que la prochaine élection.
    J’ai donc veillé à me constituer un patrimoine de rentes en vue de la retraite mais en n’imaginant pas que l’on en viendrait à de telles attaques contre la propriété dans un pays soi-disant démocratique et « berceau des droits de l’homme »…
    Il est vrai que nous ne sommes que dans les trentièmes au classement de ceux qui les respectent…

  2. Elphyr

    Quel est le principe de la retraite ?

    Une pension, à l’instar de celle pour les anciens combattants, qui récompense le travail d’une vie ?
    Un devoir (mot adoré des socialistes aussi), celui de payer celle des autres ; un droit, celui de recevoir son du payé par les autres ? Pourquoi ne pas payer pour soi-même ?
    Un objet politique, crée de toutes pièces pour contenter la jeune génération de l’époque et leur faire miroiter un avenir radieux où leur vieillesse (quu arrivera inexorablement) sera financée par le Peuple pour le Peuple ?

    On dit que rien n’est plus pitoyable que l’aveuglement. Les francais ont eu toutes les cartes en main pendant des décénies et tout le monde savait très bien ce qui allait se passer (ie évolution de la pyramide des âges). Par péché de fainéantise ou de cupidité ils ont préféré leur confort éphémère à l’intérêt national et durable.
    Moi, j’appelle ca de la traîtrise. Et,j’espère que les jeunes d’aujourd’hui ne se laisseront pas faire par ce court-termisme qui a amené tant de malheur.

    1. Fergunil

      La retraite, à la base, c’est quand même une assurance sur le risque d’être encore en vie lorsque tu n’es plus apte à exercer ton métier, hein.
      Je ne sais pas exactement à quelle époque on est passé de la retraite comme assurance contre les méfaits de l’âge à la retraite comme récompense d’un travail d’un gros tiers de la vie…

        1. Fergunil

          C’est le cas dans la tête de la majorité des gens, pour qui la vie professionnelle est un châtiment entre inconscience de l’enfance et la béatitude de la retraite, malheureusement

        2. turnover

           » (vivre plus de 65 ans) n’a jamais été un risque mais une quasi certitude depuis la deuxième moitié du XXème siècle.
           »

          L’evaluation du risque n’est pas du domaine de savoir le pourcentage de chance d’être encore vivant à 65; mais d’evaluer le risque de pouvoir conserver son emploi (donc d’avoir des ressources) , au-delà de 65 ans et là il est vraiment faible.
          Il faut voir que vers l’age de 30/35 ans quand on est en plein dans la vie active on s’imagine (à tort) qu’à 65 ans on fera toujours l’affaire dans son job.Mais vers 60 ans, on se heurte aux dures réalités (on n’est plus indispensable).

      1. Pandora

        Le système de retraite fondé sur une assurance au départ a dérapé quand les ordonnances de 1967 ont supprimé les élections à la tête des branches de Sécurité Sociale.
        Avant, les syndicats représentatifs étaient tenus à un certain équilibre des comptes car ils étaient sanctionnables aux élections suivantes.

        Avec la fin de ces élections, ils se sont répartis équitablement les différents fromages puis ils ont pu gérer médiocrement sans être redevable envers leurs adhérents.

        Les décisions politiques concernant la durée du temps de travail (40, 39, … 35) ont fini de plomber les comptes de la Sécu : les ressources ne rentrent pas suffisamment à cause de la faiblesse la durée de cotisation.

        J’aime bien l’expression de M. de Scitivaux : l’Etat français a distribué des « faux droits » aux travailleurs. Retraités maintenant, ils touchent des pensions financés essentiellement par la dette publique.

        1. bibi33

          Tout comme « l’assurance » dite chômage, la retraite par répartition appelée (assurance vieillesse) n’ont jamais rien eu à voir avec une assurance de près ou de loin.

          Le principe d’une assurance c’est beaucoup cotise peu et peu reçoivent beaucoup.

          Et si l’assurance chômage se rapproche de ce principe (mais ne laisse pas le choix des prestations et des cotisations) il n’en fut jamais rien pour la retraite par répartition puisque la vieillesse (vivre plus de 65 ans) n’a jamais été un risque mais une quasi certitude depuis la deuxième moitié du XXème siècle.

        2. Pandora

          Le principe d’une assurance, c’est de se couvrir contre un risque dont on peut mesurer le coût pour que la cotisation soit supportable et certainement pas que beaucoup cotisent peu pour que peu reçoivent beaucoup.
          Correctement gérée, une assurance n’est pas en déséquilibre.

          Les « assurances sociales » étaient au départ des organismes de droit privé dont la mission a été dévoyée par l’Etat (par ses lois sur le droit du travail) et les corps intermédiaires (les syndicats) qui se sont accaparés le fromage.
          Sans contre-pouvoir (comme un organisme concurrent) ces organismes sont devenus des monstres de bureaucratie ingérables et lourdement déficitaires.

          La retraite par répartition fût instaurée en 1944 à un moment où la durée de vie était de 65 ans. Le principe était que ceux qui dépassait cette limite recevait une somme d’argent pour laquelle ils avaient cotisée.
          Mais la démographie a évolué et l’Etat a diminué la durée de cotisation, d’où leur la situation financière désastreuse.

      2. Alex6

        @turnover:
        Ici en Australie, tu serais surpris de voir le nombre de gars de plus de 60 ans qui bossent encore, et je peux te dire que les boites mettent le paquet pour qu’ils ne partent pas (ils pourraient materiellement mais leur truc c’est le boulot)
        Je ne sais pas si c’est difficile pour cette categorie de trouver du taf mais en tout cas, ils sont bien presents dans les boites et c’est genial pour les petits jeunes qui peuvent apprendre plus longtemps au cote des gens vraiment competents.

  3. Aristarque

    Alors non seulement, H16, vous ne trouvez rien de mieux que de chercher à corrompre le travailleur socialiste français en venant nous parler d’une abomination dans laquelle un horrible gouvernement de drooâââte infâme, sanguinaire, immonde, réactionnaire entièrement composé de vipères et anacondas lubriques, forcément lubriques et ayant sur les mains le sang de gentils dictateurs de gôôôche et de leurs séïdes…
    Vous insistez indécemment sur ce même gouvernement de météques, il faut bien le dire (au Chili, pffou!) qui a mis en place un système de retraite inéquitable où le travailleur de base, livré de fait au Grand Kaappiittâââl et à un mode de gestion privée, constate déjà que les pensions servies sont supérieures aux délires chimériques qu’il pouvait fantasmer dans l’excellent système par répartition, pierre angulaire de tous les pays évolués comme le détenteur de la lumière des nations..
    Vous enfoncez le clou dans le cercueil des illusions en indiquant en sus, que ce régime envoie en plus des métastases dans les autres gentils pays le bordant!
    Eh bien, vous avez réussi.
    Billancourt est désespéré !

  4. Guillaume

    Il ne faut pas oublier que la retraite est utilisée en ce moment comme moyen de gestion des ressources humaines : un fonctionnaire retraité coutant moins cher qu’un fonctionnaire tout court. Du coup, les caisses de retraite ploient la dessus. J’en connais qui sont à la retraite à 50 ans, alors qu’ils sont en pleine forme.

    Et cela est réalisé par l’intermédiaire de petits cadeaux, qui sont intelligemment calibrés pour ne toucher que les fonctionnaires et quelques employés à la carrière claire et limpide, sans le moindre jour de chomage etc.

    1. PhD

      Les retraites des fonctionnaires et des militaires sont payées directement par l’état et non par une caisse de retraite.
      Par ailleurs, pour prendre un exemple que je connais bien, il est actuellement impossible de supprimer 54000 postes en 5-6 ans dans la défense sans offrir aux cadres d’active des mesures d’incitation au départ qui soient réellement incitatives.
      Officier en retraite à 51 ans, j’ai bénéficié de ces mesures. J’avais signé un contrat qui me rendait invirable (sauf faute grave) avant ma limite d’âge (62 ans dans mon cas – c’était 60 avant les réformes Fillon)
      Cette mesure (pécule d’incitation à une seconde carrière) permet à l’intéressé de gommer le différentiel entre solde d’active et retraite en attendant de retrouver un job (ou de créer sa boîte, ce que je fais actuellement).
      Je précise que personne ne m’a forcé à signer le contrat initial ou la demande de départ et que je n’ai forcé personne à me proposer un engagement ou une mesure d’incitation au départ.
      C’est d’ailleurs à mon sens un peu le hic en ce qui concerne la réforme des régimes spéciaux et autres avantages spécifiques à certaines « institutions » (SNCF, RATP, EDF…); ces avantages, qui ont pu avoir une justification (la bête humaine), étaient inclus dans le contrat de travail, contrat signé librement entre deux parties (sans préjuger des dérives dans la gestion de ces avantages – je pense au CE d’EDF – et dans ces institutions elles-mêmes).
      Toutes les mesures désagréables concernent non pas telle ou telle catégorie de population, mais de vrais gens, avec de vraies familles, de vrais enfants.
      Je ne suis pas contre des mesures désagréables qui sont indispensables (j’ai été muté un certain nombre de fois et déménager n’est pas forcément très agréable de même que le célibat géographique avec A/R chaque WE, livré aux lubies de la SNCF) et, par exemple, j’accepterais le cas échéant de voir ma pension baisser, mais si et seulement si cela sert le bien commun et non à financer toutes les gabegies d’un gouvernement incapable et démagogue.
      C’est d’ailleurs à mon avis un peu pour cela que le réformes ont tant de mal à passer en France.

      1. « si et seulement si cela sert le bien commun et non à financer toutes les gabegies d’un gouvernement incapable et démagogue. »
        Ah effectivement, c’est raté.

        1. PhD

          D’où la réticence qu’éprouvent tous les Français à consentir à des sacrifices et l’avidité avec laquelle ils se précipitent pour bénéficier des prestations sociales, avidité qui peut se comprendre quand il s’agit d’un type qui travaille ou qui a travaillé dur avant d’être un bénéficiaire et qu’il voit toute une cohorte de parasites en profiter.

        2. PAF

          c’est vrai mais que faire quand la mentalite en fRance est d’insulter toute personne demandant des comptes quant a la depense de l’argent qu’il apporte aux impots.
          Ca ne va pas en s’arrangeant d’ailleurs quand on voit les Depardieuseries du moment.Non seulement l’etat crame, mais il le fait le majeur en l’air, sous les applaudissements de la moitie de la population qui en vit.

      2. Lib

        Vraiment? Dans le contrat que vous avez signé en vous engageant, il y avait une clause qui disait en substance : « vous bénéficierez d’un régime de retraite dérogatoire particulièrement avantageux en comparaison du régime général et financé par lui »? Vraiment?

        1. Higgins

          On ne demande pas aux agents abonnés au régime général de se faire trouer la peau pour la Nation, non? C’est aussi la contrepartie de ce choix et cela engage, n’en déplaise, la Nation. Ça peut faire sourire et on peut dauber à l’infini sur ce fait (les 88 morts en Afghanistan apprécieront) mais je ne crois sincèrement pas qu’on puisse comparer la situation militaire et celle d’un agent SNCF ou EDF. Les conditions de vie, les risques encourus ne sont pas du même ordre. Maintenant, les cas comme celui de PhD ne sont pas légions et touchent une minorité. J’ajouterai que les Forces armées sont de très grandes consommatrices de contrat type CDD. Evidemment, tant qu’à la faire, elles n’ont aucuns intérêts à partir en guerre avec des vieillards cacochymes.

        2. PhD

          Oui : quand j’ai signé mon contrat, le statut général des militaires disait que je pouvais partir avec une pension à jouissance immédiate après 25 ans de service (durée allongée depuis à 27,5 ans avec les réformes Fillon – 15 ans puis 17,5 ans pour les sous officiers et militaires du rang); la pension que vous touchez est proportionnelle aux années de service effectuées auxquelles s’ajoutent des bonifications (opérations extérieures par exemple)
          Et ma pension est financée par l’état, non par l’assurance vieillesse.
          Pour compléter Higgins, la totalité des militaires du rang (MdR) (MdR = 70 % des effectifs de l’armée de terre, 30 % pour la marine et l’armée de l’air) et de nombreux cadres sont en CDD, et la grande majorité des MdR ainsi que de nombreux sous-off sont virés avant 17,5 ans, donc avant d’avoir droit à une pension à jouissance immédiate.
          Le fait d’être considérés comme des kleenex ayant une influence assez néfaste sur la qualité du recrutement d’ailleurs, mais c’est un autre débat.

        3. Higgins

          Pour compléter le post de PhD, j’ajouterai que les annuités de retraites incluent, pour les seuls personnels considérés, des bonifications liées à la fonction occupée (sous-marinier, parachutiste, pilotes d’aéronefs, etc…). Seuls une minorité exerçant ces fonctions, la très grande majorité des individus qui quittent les forces armées dans les délais mentionnés plus haut partent avec une pension relativement faible si ce n’est très faible. Rien à voir avec un revenu qui permet de bronzer au soleil. Pour les spécialités indiquées, la porte est ouverte. Il est tellement facile de devenir pilote de chasse ou d’hélicoptère, nageur de combat, chuteur opérationnel ou missilier sur sous-marin!

  5. Deres

    Au contraire, comme d’habitude le timing du gouvernement st parfait. En premier lieu, ils constatent que le bouzin ne tiendra pas de lui même jusqu’en 2017 pour les prochaines élections présidentiels/parlementaires. Comme ils appliquent la stratégie usuelle des décisions qui fâchent en arrivant (hausse des impôts massives) afin de se donner des marges de manœuvre pour des actions clientélistes en fin de mandat, il est urgent pour eux d’agir. FH l’a d’ailleurs promis. En 2015, ils ne feront aucune hausse d’impôts. Et après ils subventionneront tout azimut il a oublié de préciser. Ce sera alors le grand retour du socialisme de redistribution. Finalement, les côtes de popularité étant au plus bas, c’est le bon moment pour des mesures impopulaires. Je pense que les sondages peuvent difficilement baisser plus. 30% doit à peu près correspondre au nombre de militants sectaires, d’affilié ou de client qui de toute façon seront satisfait par principe ou par intérêt avec les dirigeants socialistes …

    Ceci dit, je ne crois pas une seconde à des mesures courageuses de la part de Mollande et de Zayrault. Pas d’alignement du public sur le privé. Pas de réelle hausse de l’âge de départ à la retraite. pas de liberté de choix supplémentaire. Non, cela résolu par des timides hausses de cotisation ou des impôts supplémentaires. Le but des politiques n’est jamais de résoudre définitivement les problèmes. leur but est de les repousser à après les élections suivantes. Et ensuite, qui vivra verra !

    1. Heu. Ce scénario pourrait tenir si la situation européenne et française n’était pas à ce point préoccupante. Les marges de manœuvres sont nulles.

      1. Deres

        C’est leur plan.
        Je n’ai pas dit que je l’approuvais ou que je pensais qu’il allait marcher ;-)
        Hollande croit à sa bonne étoile et à une reprise venant de l’extérieur. Autant croire à la fin du monde pour demain à mon avis … Même si le monde retrouvait une croissance forte, nous n’en aurions que les miettes …

    2. pak

      Même si c’est certainement le projet des socialistes: acheter les votes par redistribution a partir de 2015, ils réaliseront alors qu’il n’y aura pas un kopeck de disponible. Le réel va frapper et ça va faire mal. Mais ce sera bien entendu la fôte aux gouvernements ultraliberosarkozistes précédent. Et ça risque de secouer, même après la fin du monde demain.

      1. Théo31

        Ca commencera l’an prochain, pour que les notables socialistes essaient de se maintenir dans les mairies, qui sont le maillon le plus important du pillage du pays par l’oligarchie.

        1. Deres

          C’est la raison de leur agitation. Le gouvernement s’intéresse surtout à l’échéance de 2017 pour le renouvellement de leurs postes à long terme. Les parlementaires, eux largement cumulard sont effectivement en train de paniquer. Mais bon, cela a déjà été repoussé en 2015 …

      2. Deres

        Je pense que l’idée est qu’en 2014, suite aux mesures d’austérité impopulaires dans les pays du Sud qui commenceront à faire effet, l’Allemagne et les pays du Nord commenceront à lâcher du lest. Il suffira alors de bénéficier de la bouffée d’oxygène destiné à ceux qui ont vraiment fait des réformes. Encore une stratégie du passager clandestin européen en somme… Et on sait très bien ou ce genre de raisonnement à mener l’Europe …

  6. Jérôme

    Comme disais un invité de Nicolas Doze dont j’ai oublié le nom : en France, on commencera à se bouger quand on mettra la carte dans le distributeur et que plus rien ne sortira.

    CPEF

  7. Zendog

    Vive l’idéologie d’une retraite par répartition ! Quand les actifs sont de moins en moins nombreux et que les retraités se permettent de vivre jusqu’à des âges « inconvenants », un enfant de 8 ans comprendrait que cela ne peut pas aller encore bien longtemps.
    J’ai la chance de bénéficier q’une retraite confortable obtenue par un système de trois piliers: la répartition, la capitatlisation et l’épargne personnelle défiscalisée le temps de l’épargne. Ce système est celui des retraites suisses.!!!

  8. Flo

    Alors là Mr H16 désolé de vous le dire mais vous avez été devancé dans votre analyse et vos soluttions ce matin sur France Info(sauf la capitalisation et la concurrence, faut pas poussez non plus!) par l’un de vos meilleurs clients, un certain L.J. patron d’un certain hebdomadaire très nouveau et très observateur…

    1. Aristarque

      Pour ceux qui ont envie de savoir ce que l’ennemi propose: voilà le lien :
      http://www.franceinfo.fr/politique/le-duel-des-editorialistes/une-nouvelle-reforme-de-la-retaite-838939-2012-12-20
      (quand il veut bien fonctionner)

      Commentaire sur le site :
      « Effectivement les réformes ont été trop lentes. Il faut remettre le système à plat », estime Laurent Joffrin du Nouvel Observateur. « Vous avez un système qui est très compliqué, inégal selon les professions, selon les âges… Donc c’est un système qui n’est pas normal. »
      Si ce sont les socialistes patentés qui disent cela, cela va barder sous peu, évidemment sir les remèdes sont à la hauteur…. Wait and see.

        1. Aristarque

          Message clair du gouvernement (enfin, ce qui en tient lieu) à usage de tous les expatriés : changez de nationalité dans les plus brefs délais…
          On peut supposer que dans la foulée, on finira par demander aux héritiers restés en France de payer sur leurs héritages, non seulement les droits de succession mais aussi tous les impôts qui n’auront pas été payés par le défunt…
          Désolé pour le point Godwin, mais il me semble bien que les Nazis avaient inventé une taxation spéciale de cet acabit pour les Juifs…
          Quel honneur que de les copier?..

        2. Alex6

          Je n’ai deja plus de passeport francais, je les attends avec impatience avec ma carte d’identite qu’ils pourront se carrer bien profond s’ils osent m’envoyer un avis d’imposition.
          Il faudra par ailleurs au passage qu’ils modifient les conventions fiscales signees avec tous les autres pays, j’imagine l’inertie du truc.
          De toutes manieres comme je suis ne en France et ai toute ma famille la-bas, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas obtenir a nouveau la nationalite si d’aventure je voulias revenir.
          En tout cas avec cette idee, ils s’attaquent a des gens qui sont globalement bien plus intelligents que la moyenne des gauchistes du pays. Bonne chance pour les plumer fiscalement…

  9. Le Gnome

    Heureusement qu’une p’tite loi sur l’euthanasie active va permettre de liquider en loucedé quelques vieux qui ont tendance à s’accrocher un peu trop à la vie.

    Que du bonheur, une p’tite piquouse pour équilibrer à la fois la sécu, les retraites et faire rentrer des sous par le biais des droits de succession.

    L’euthanasie, comme le pinard, ça devrait être obligatoire !

  10. Sarah Palin

    Michel Rocard, l’avait déjà dit dans son livre blanc en 1991 ! ‘’ Avec la réforme des retraites, il y a de quoi faire sauter plusieurs gouvernements.’’

    Les caisses de retraites par répartition, effectivement ne sont en rien des assurances, mais sont exactement une chaine de Ponzi, chère à Madoff . On paye les uns, avec les rentrées d’argent des autres, c’est de la cavalcade financière, interdite par la loi.

    Sachant que c’est toujours dans le pire, qu’ils excellent nous attendons donc, avec une impatience non dissimulée, ce que vont nous pondre nos amis socialistes !

  11. Mominette

    Le système des trois piliers qu’évoque Zendog pour la Suisse est aussi d’application en Belgique. Cela permet aux fourmis de prévoir le pire …

    Tout le monde savait que la réforme Sarkozy n’était qu’un tout petit pas dans la bonne direction, mais ce qui n’aurait dû entrainer plus de bruit que le choc d’une alumette sur un tampon d’ouate a déjà provoqué des clameurs tonitruantes et prolongées.

    Mollande s’est empressé de détricoter, et est au pied du mur.

    Et pour parfaire le tableau, on importe encore et toujours des exotiques incompétents, qui auront droit à tous les avantages sociaux, et même une retraite sans jamais avoir cotisé !

    Bah, pourqouoi réformer quand l’électeur ne le veut pas ? Lorsqu’il n’y aura plus d’argent, il suffira de liquider les retraites en billets de Monopoly !

  12. Pere Collateur

    Que ce magnifique système de retraites soit destiné à la faillite, ça se sait depuis 1962, ou n’importe quel écolier sachant faire une règle de trois, pouvait constater à partir de la pyramide des ages, que ça péterait quand la génération du baby boom partirait à la retraite.
    Et le fait d’avoir importé massivement des jeunes pauvres d’Afrique n’a rien changé, puisqu’ils ne sont même pas capables de se financer eux même.

    Avoir tout faux à ce point, c’est tout de même assez épatant!

    Bref, ce truc est mort, c’est entendu. Ça me navre, mais je le sais depuis 1993, donc j’ai eu le temps de passer les différents stades du déni, de la colère, du marchandage pour en arriver à la résignation.

    Par contre, ce qui continue de me foutre en boule, c’est que cette merdasse soit obligatoire.
    Que d’argent perdu pour moi ces 20 dernières années!

    Je serais prêt à tirer un trait sur tout ce pognon, en échange de la liberté de me retirer de ce système de répartition.
    Messieurs du gouvernement, je vous laisse tout ce que j’ai cotisé et vous assure que je ne demanderais jamais un sous aux caisses de retraites.
    C’est une proposition honnête non? Alors, deal?

    1. Fergunil

      @Pere Collateur : « Et le fait d’avoir importé massivement des jeunes pauvres d’Afrique n’a rien changé, puisqu’ils ne sont même pas capables de se financer eux même. »
      Prenez un RER à 5h du matin à Paris, et regardez autour de vous. Vous pourrez alors réviser votre propos.

      1. Pere Collateur

        Bon, je ne vais pas vous faire l’affront de vous indiquer d’autres endroits ou aller voir afin de justifier mon propos, ça n’est pas le sujet, et puis de toute façon ça fini toujours mal ce genre de discussion sur le net.

        Et comme l’endroit de ce blog est bien tenu et bien fréquenté, je m’en voudrais d’être à l’origine d’un désordre.

        Néanmoins, le fait est que l’immigration n’a pas pu résoudre le problème des déséquilibres des retraites, comme les joyeux tocards qui nous gouvernent l’espéraient.
        Je pense que sur ce constat, y a pas vraiment polémique.
        On peut donc s’en ternir là.

        1. Aristarque

          Et comme en plus maintenant (et depuis 20 ans au moins), on exporte nos riches…. ce sera bientôt le tour des pas assez riches puis pas riches puis pas assez pauvres puis pauvres de devoir payer les impôts des riches, c.a.d. ceux qu’ils ne paient plus en France alors que question dépenses, rien ne bouge que dans le sens de la hausse…

        2. Fergunil

          Mon commentaire était un peu court, mais je pense que nous sommes pratiquement d’accord, en fait (dans le sens où on a raison tous les deux)
          L’immigration comme moyen de payer les retraites des Français, ça marcherait si on était encore dans la situation pré regroupement familiale, où les immigré son éduqué (plus ou moins suivant le pays) chez eux, viennent en France travailler une certaine durée, payent leurs impôts et cotisent en France, puis repartent avec leur retraite. En fait, ça ne résout rien, mais ça délocalise le problème dans un pays pauvre (qui va financer des écoles et d’un système de santé pour prendre soin d’une population qui n’a jamais été productive pour le pays, à part en revenant avec une rente).
          Maintenant qu’il y a du regroupement familiale et du chômage par contre, le problème est tout autre : les immigrés sont généralement moins employable que les locaux (on parle toujours d’un travail non qualifié) pour des raisons plus où moins politiquement correctes, la barrière de la langue ou de la culture étant à mon avis moins gênante qu’une certaine « peur de l’étranger » de la part d’une partie de la population. Par contre, ils sont toujours très présents dans les métiers que les locaux ne veulent pas faire, c’est là qu’on en arrive au RER : je n’ai jamais vu une femme de ménage dans aucune des boites où j’ai bossé qui n’était pas d’origine africaine. Les éboueurs, les métiers du bâtiments bref, les métiers qui sont soit physiquement éreintant soit socialement mal vu sont généralement très occupé par des populations immigrées. A la fin des 30 glorieuses, quand le plein emploi n’était plus d’actualité, il aurait fallu couper les vannes de l’immigration, et commencer à faire comprendre aux immigrés (qui étaient la temporairement, à l’époque) qu’il est temps de rentrer à la maison avec leurs économies et leur rente. Au lieu de ça, on leur à dit de rester en faisant venir femme et enfants. Maintenant qu’il faut payer l’éducation de leurs enfants et leurs soins de vieillesse, leur impact est nul sur la caisse de retraite, ils coûtent et rapportent autant qu’un travailleur non qualifié d’origine française.
          Il y a des immigrés au chômage, il y a des immigrés feignants mais même eux ne sont pas plus bêtes que les autres, ils sont parfaitement rationnel : il vaut mieux vivre pauvre en France que vivre pauvre en Afrique. La misère est moins rude au soleil, mais on est quand même vachement mieux dans un appart’ chauffé avec un risque nul de famine et un système de santé qui … fonctionne (en comparaison à l’alternative).
          Le problème, pour moi, n’est donc pas les immigrés, mais la politique migratoire française.
          Je n’en veux pas aux personnes immigrés où à leurs descendants, j’en veux au gouvernement d’avoir fait n’importe quoi. Votre premier message n’était pas très clair sur ce sujet, mais votre réponse me fait dire que nous pensons a peu prêt la même chose, non ?

        3. Pere Collateur

          @Fergunil

          On est globalement sur la même ligne quand vous dites que « Le problème, pour moi, n’est donc pas les immigrés, mais la politique migratoire française. »

          Cette « politique », c’est du grand n’importe quoi, encore plus incompréhensible en ces temps de crises.
          Ça entraîne un effet d’aubaine pour des gens qui ne vont rien apporter au pays d’accueil et tout ça au frais du contribuable.

          Quand aux « sots métiers » occupés que par des Africains, j’ai le regret de vous annoncer que chez moi, ça n’est pas le cas. Et oui, il existe un truc appelé province dans ce beau pays, ou les choses ne sont pas comme à Paris.
          Généraliser ce qui se passe à Paris, croyez moi, c’est une très très lourde erreur.

  13. pi31416

    J’admire le système français des retraites.

    Prenez Jacques par exemple. Il paye 6000 fifrelins par mois d’impôts de toutes sortes. Sur ces 6000 fifrelins 1000 servent à payer la retraite de Jean et 3000 celle de Mathieu.

    Parce que Mathieu, du temps qu’il travaillait, gagnait le triple de Jean.

    C’est pas beau, c’est pas équitable, c’est pas citoyen, c’est pas républicain, c’est pas SOLIDAIRE, ça?

    CHAPEAU! euh… bonnet phrygien.

    Liberté, Egalité, Fraternité.

    Peace, comme dirait Pat Condell.

    1. Josselin

      Mais Mathieu a sans doute aussi cotisé 3 fois plus que Jean, du temps qu’il travaillait, donc il parait aussi évident que s’il a donné plus, il récupère plus. Egalité.

    2. Nocte

      Ne serait pas plutôt :sur les 6000 fifrelins d’impot lâchés par Jean, 1000 fifrelins paient la retraite du père de Jean et 3000 celle du père de matthieu ?

      Parce qu’un actif actuel paie la retraite de la génération précédente, à lui (nous) la dette en guise de retraite, et une banqueroute pour la génération d’après.

      1. pi31416

        Nocte: non. Les 6000 fifrelins sont crachés par Jacques, pas Jean, car Jacques trime toujours, vu qu’il n’a pas l’âge de la retraite, lui. Jean et Mathieu, eux par contre, ont passé l’âge de la retraite et empochent donc respectivement 1000 et 3000 fifrelins sortis de la poche de Jacques.

        Josselin: si Mathieu a gagné le triple de Jean, on s’attendrait à ce que sa retraite soit trois fois celle de Jean. Mais ses cotisations ont servi à payer les retraites de Papy Jules et Papy Jérôme, si bien que, pour parler net, gnapudron. C’est donc à Jacques, qui bosse encore, qu’il revient de cracher pour Mathieu.

        1. Nocte

          My mistake… j’ai effectivement lu de travers ! autofacepalm (Jacques étant le deuxième mot de la deuxième ligne, pourquoi ai-je conservé Jean en tête ? aucune idée)

        2. Aristarque

          Avec le rallongement de la durée de vie moyenne et donc du nombre d’années en retraite, je pense qu’on en est même à devoir financer en même temps non seulement Jean et Matthieu mais aussi Jules et Jérôme, leurs pères respectifs ou au moins leurs mères.

          C’est le cas dans la famille de mon meilleur ami où il vient de prendre sa retraite (en étant l’avant dernier de la fratrie à le faire) et en ayant toujours ses deux parents vivants (Grand papy a 90 ans et bon pied, bon oeil en se lamentant que tout de même, il a un peu de difficulté maintenant à tenir son jardin)

  14. pi31416

    Un truc qui m’a laissé pantois, c’est les assurances-vie en France. Dans le patelin où je crèche « assurance-vie » se dit « life insurance » vu qu’on y jaspine l’angloys. Moi, comme un con, je croyais que les assurances-vie françaises c’était la même chose que nos « life insurances ». Que non! Ici, vous payez une prime d’assurance de tant, et si vous clamcez on file le pacson à votre bourgeoise ou à vos héritiers. Evidemment, plus vous avancez en âge plus la prime d’assurance gonfle et moins on n’a d’intérêt à prendre une assurance-vie.

    Comme quoi en France, comme dirait le Professeur Choron, on appelle un chat un rat et on fait la retraite au flamby.

    1. Aristarque

      C’est une assurance-décès tout simplement qui existe aussi en France mais qui n’est guère promue par les assureurs…
      Il paraît que les beaux esprits français sont choqués par sa terminologie qui n’évoque certes rien d’agréable mais qui finit toujours par arriver à tout un chacun…

      1. gem

        L’assurance-vie couvre le risque « vie », le risque d’être en vie (mais trop vieux pour gagner sa croute, ce qui justifie que ça soit un risque).
        En pratique les assurance-vie françaises sont aussi des assurances décès (on versera le capital à vos héritiers).

        1. johnny_rotten

          Attention grosse différence entre l’assurance-vie et l’assurance-décès (invalidité).

          L’assurance-vie est un placement financier qui est toujours reversé
          – soit au souscripteur s’il est encore en vie quand il decide de récupérer son investissement (soit en une seule fois et en totalité,soit par versements réguliers)
          – soit aux personnes qu’il aura désigné dans le contrat(en cas de décès prématuré)

          L’assurance-décès (invalidité) n’est la plupart du temps jamais versée et les cotisations sont intégralement récupérés par l’assureur. En effet, il y a toujours un age limite (en général 60 ans) au-delà duquel, on n’est plus assuré.

  15. Vitalo

    Tout va bien ( vous allez régaler si vous préparez un sujet sur la fiscalité):

    La commission de la copie privée a voté les nouveaux barèmes qui seront applicables en France. Ceux-ci ont été adoptés à une large majorité. Ce qui n’est guère étonnant, puisque les industriels ont choisi de démissionner de l’instance quelques semaines auparavant.

    http://www.numerama.com/magazine/24528-les-nouveaux-baremes-pour-copie-privee-devoiles.html

    Matignon négocie avec la Commission européenne les contours d’un nouveau prélèvement des opérateurs télécoms pour financer le Centre national du cinéma. Il espère obtenir un aval de Bruxelles en janvier. Cette taxe fondée sur le chiffre d’affaires de l’accès Internet exclut les abonnements fixes bas débit et les abonnements mobiles sans data. Le texte en discussion prévoit aussi d’éviter les mesures de contournement de Free.

    http://www.latribune.fr/technos-medias/20121219trib000738322/cinema-la-taxe-telecoms-dans-sa-derniere-ligne-droite.html

    Le Parlement a adopté définitivement mercredi soir le projet de loi de finances rectificative pour 2012, qui entérine notamment le crédit d’impôt pour la croissance et l’emploi, mesure-phare du pacte de compétitivité.

    http://lci.tf1.fr/economie/conjoncture/hausse-de-tva-et-credit-d-impot-c-est-vote-7739231.html

    Bêêêêêeee on est vraiment pris pour des moutons !

      1. gem

        trop démocratique. effectivement c’est comme ça que fonctionne une vraie démocratie (comme Athènes, où les fonctionnaires étaient tous non-citoyens : esclaves publics, ou étrangers comme les fameux archers scythes qui faisaient la police)

    1. Aristarque

      Question probablement stupide :
      pourquoi les F.A.I. devraient-ils financer une taxe pour le C.N.C alors que les sites type mégaupload et autres de streaming sont fermés ?
      Ne restent que ceux qui sont payants, donc faisant acquitter des droits à ceux qui les utilisent.
      (J’ai peut-être loupé des épisodes dans cette mélasse)

      1. gem

        question effectivement stupide. Une taxe a besoin d’un motif, un joli motif bien bisounours, mais elle n’a pas besoin que le cas qui est supposé la justifier existe pour de vrai.

  16. Fwh

    N’oublions pas que pendant ce temps là, le Roi François Normal 1er est en voyage officiel en algérie, avec sa cohorte de plus de 200 « ministres, hommes d’affaire, artistes, comédiens et journalistes ».

    Le tout aux frais de la princesse, je suppose. C’est beau de donner l’exemple en faisant des sacrifices au sommet de l’État.

    1. Sarah Palin

      Pendant ce temps aussi : comme en Fraônce tout est bidouillé, ou étouffé, pour nous prouver l’intelligence de chaque mesure prise par le gouvernement en place, il faut souvent aller chercher des renseignements fiables par la bande.

      Vous connaissez la chanson, ils n’aiment pas les riches, détestent les industriels, et insultent Bernard Arnaud, Depardieu, mais cela n’a pas de conséquence, ils ont raison, seule leur politique, leurs prises de positions sont bonnes !

      Les chiffres des professionnels de l’immobilier commencent à tomber pour 2012, ils sont sans appel : le secteur qui soit disant devait échapper à toutes crises, l’immobilier de luxe sur Paris est en pleine morosité.

      Moins 50 % des transactions, sur les biens supérieurs à 2 millions d’euros, et – 30% pour les biens entre 1 et 2 millions d’euros.

      Pour certains grands cabinets, sur les biens supérieurs à 3 millions d’euros mis en vente cette année, surtout depuis six mois !! 30 % le sont car leurs propriétaires envisagent un départ de France, et l’année 2013 s’annonce pire.

      ‘’ Du jamais vu en trente ans de carrière‘’, assurent beaucoup de grands professionnels sérieux du secteur.

      Les riches français tant honni s’en vont, mais, les tous aussi riches étrangers, ne viennent plus acheter, pas plus masochistes que les autochtones, ils n’ont pas envie de se faire assassiner d’impôts, avec insultes, et vexations en prime si on ose dire.

  17. NeverMore

    J’ai écrit çà d’abord chez FBoizard (à part quelques coquilles). Prenez çà comme vous voulez …

    « Attention aux retraités …

    J’ai cotisé au max sécu (et aux complémentaires) pendant plus de 43 ans (note 1)(pas comme mon voisin conducteur de TGV, plus jeune que moi de dix ans, et parti à la retraite AVANT moi).

    Etant donné mon niveau d’éducation et mon comportement prudentiel très fortemment ancré dans ma personnalité, je n’aurais rien demandé à qui que ce soit si on m’avait laissé librement disposer (même partiellement) des sommes prélevées pour me constituer une retraite valable, même compte tenu de la crise.

    J’ai toujours envisagé, depuis près de vingt ans, que je pourrais être amené à toucher mon dû avec l’aide d’un fusil à pompe.

    Note 1): j’aurais volontiers travaillé plus longtemps encore, si ces cons de partenaires sociaux avaient été capables de se mettre d’accord à temps sur le dispositif AGFF, c’est à dire avant qu’on ne soit obligé de prendre la décision fatidique.

  18. Napoli

    Après tout le régime (remarquez le singulier…) retraite n’est que le prolongement de l’utopie d’un état collectiviste.

    Les socialistes sont devant le fait accompli, et, effectivement, aucune mesure ne sera prise, sauf quelques patchs apposés ici et là, soulageant les douleurs récursives mais ne soignant pas le mal à sa racine.

    La solution radicale mais inepte, consiste à prolonger mécaniquement l’âge de départ, je suis opposé à cette mesure si elle est appliquée sans une réforme globale du système.

    Rallonger la durée de cotisation n’est que reculer pour mieux sauter, étant entendu que la gestion même des caisses retraites étant en (grande) partie responsable du déficit à venir.

    Effectivement un mix est envisageable, ne serait ce que par la nécessité d’assurer une transition entre ancien et nouveau paradigme.

    Je pense qu’il faut plafonner le régime de retraite au niveau d’un smig (ou similaire, il y a mille façons de calculer un revenu médian…), ceci étant la partie obligatoire.
    Le complément, sans limite, pouvant être assuré par une cotisation volontaire à un régime privé, ce qui de toute façon est une réalité de nos jours, si, non ?

    Plafonner le régime obligatoire à son niveau le plus bas, et ne plus l’indexer sur le revenu perçu présente plusieurs avantages.

    Tout d’abord si on en restait à prélever ces cotisions sur les entreprises (inepte en soit), leur impact sur ces dernières serait moindre.
    Je milite personnellement pour un transfert de ces prélèvements vers du fiscal, sans niche possible.

    Une carrière évolue en permanence, elle connait un début, une fin, des hauts et bas; le cotisant serait libre eu égard à ses disponibilités financières du moment, de cotiser à un régime privé selon le montant qu’il juge le plus adapté et en adéquation avec ses attentes de futur retraités.

    Après tout une personne qui possède des biens immobiliers tant résidentiel que locatifs (choix libéral d’assurer par ses propres moyens sa retraire !), peut légitimement diminuer voire se passer de cotisations complémentaires, et ainsi être soumis au seul régime obligatoire plafonné…

    Tout comme le fait qu’un jeune actif ne soit pas nécessairement préoccupé à cotiser au delà d’un minimum, consacrant ainsi la part disponible à des projets plus personnels.

    Tout comme encore le fait qu’un actif moins jeune mais au sommet de sa carrière et rémunération, ne possédant aucun biens ni titres, décide volontairement d’accroitre ses cotisations privées pendant cette période de sa vie.

    Bon… ce sont les fêtes, et se réveille en moi un coté bisounours, dont les illuminations des décors urbains de noël me font croire qu’il s’agit de celles de nos politiques, une fois les guirlandes démontées, le champagne et le foie gras cuvé et ingurgité, je pense que tout cela devrait rentrer dans l’ordre.

  19. AlpineGG

    Le système des retraites français est effectivement une des plus pures -et des plus coûteuses- manifestation de son absolue hypocrisie en matière de la justice sociale. Il me rappel une anecdote racontée par Tony Blair pour expliquer comment il avait découvert le collectivisme de notre -ex?- beau pays:

    Tony était étudiant à Paris, et c’était trouvé un job de serveur dans un café des Champs-Elysées. Il y avait un pot commun dans lequel les serveurs mettaient en commun les pourboires reçus, puis se les partageaient de façon égalitaire à chaque fin de semaine. Après quelques partages témoignant de cette belle solidarité spontanée à la française, Tony s’aperçut qu’il était le seul à reverser ses « tips » dans le pot commun, qui était en fait…un pot aux roses pour l’anglais (on fait les jeux de mots que l’on peut!)!

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