Le Venezuela et l’Argentine en disent long sur la France

Bon, décidément, la révolution bolivarienne, ça ne marche pas. Du reste, j’avais noté, il y a un an de cela, que ce qui se passait au Venezuela, à savoir l’application de principes socialistes de plus en plus étendus et profonds, conduirait inévitablement le pays à la ruine. Et mon pronostic s’était confirmé en octobre dernier lorsqu’on avait pu constater l’apparition de pénuries assez systématiquement associées avec les meilleures pages du collectivisme. À présent, le socialisme chavezoïde part totalement en sucette.

communism party is over

Et c’est, finalement, parfaitement logique : encore une fois, et comme dans toutes les expériences précédentes, le conducteur ivre a planté la voiture dans le fossé. Encore une fois, les embardées qui ont précédé le plantage ont toutes été mises sur le dos des conditions atmosphériques, de la qualité de l’asphalte, de l’imprécision des commandes de bord et de la mauvaise volonté générale des éléments extérieurs à se comporter comme le désirait le pilote bourré. Et comme on peut s’y attendre, alors que les pompiers seront mobilisés pour désincarcérer son corps mutilé de l’épave fumante, vous pouvez être sûr que la presse française commentera l’accident en notant le retard des secours, l’absence de marquage au sol, le virage bien trop sec, la route bien trop humide, et ne voudra jamais voir le conducteur bien trop imbibé.

Le socialisme ne marche pas, même pas une fois, même pas en rêve, même pas par hasard ou sur un malentendu. Jamais. Et encore une fois, un pays dirigé par un socialiste s’en va droit à la guerre civile. Encore une fois, les intellectuels (notamment Français) s’empresseront de ne pas mettre le désastre sur le dos des responsables pourtant évidents, un Chavez à moitié fou et un Maduro parfaitement incompétent, tous les deux baignés d’une idéologie mortifère qui a pourtant déjà maintes fois prouvé qu’elle ne marchait pas.

Encore une fois, les petits excités du socialisme réel nous expliqueront deux choses qu’ils qualifieront d’évidentes.

D’une part, cet échec n’est pas un échec du socialisme. Même si une goutte de merde dans un bol de soupe a cette fâcheuse tendance à produire un bol de merde, et même si l’introduction d’une toute petite quantité de socialisme dans une société aboutit systématiquement à une baisse de la satisfaction générale, tout ceci n’est qu’un nouvel essai raté qui ne pourra jamais être mis au débit du vrai socialisme, le pur, qui n’entraîne que joie, bonheur et lendemains qui chantent, parce que c’est marqué sur la petite brochure rouge.

dinosaure communisteD’autre part, cet échec n’est que la conséquence logique des émeutes de plus en plus violentes actuellement à Caracas, qui ne sont elles-mêmes que le résultat de complots ourdis par la CIA américaine / la machination des sauriens / la finance internationale apatride, trio mémorable toujours fourré dans les pattes des liders maximos, minimos et approximativos qui se lancent dans le communisme avec cœur, ferveur, humanisme, et une bonne cargaison d’armes automatiques, butez-moi ces dissidents sans attendre merci.

MélenchonEn attendant, on n’entend guère les pépiements de Mélenchon qui devrait pourtant se réjouir de constater que tout un peuple se lève, unanime ou presque, pour retrouver sa liberté. On ne lit pas beaucoup, dans les colonnes d’habitude enfiévrées de Libération, de mise en perspective des « millions » de pro-chavistes qu’on voyait défiler lors de la campagne de Maduro, et les quelques protestataires violents dans les rues de Caracas… Pas de remise en question des scores pourtant fleuves de ces élections, alors que, pourtant, des fraudes avaient été repérées.

Et pendant que le Venezuela montre clairement que l’expérience chaviste est un échec cuisant qui aboutit, pour un pays exportateur de pétrole, à des inégalités creusées, une société plus violente et plus pauvre, où les pénuries sont maintenant choses communes, et ce pendant que l’argent du pétrole n’arrive pas à calmer les ventres populaires, l’Argentine montre que les mêmes recettes socialistes provoquent les mêmes effets catastrophiques.

Rassurez-vous : aucun parallèle n’est fait entre les trajectoires de ces deux pays et celle de la France, par exemple. C’est dommage, parce qu’il y a plusieurs éléments qui laissent penser que tout ceci ne doit rien au hasard.

libération tractPire : si le Venezuela montre surtout l’attachement indécrottable des « intellectuels » français au communisme le plus romantique dans les journaux et le plus délétère dans les faits, l’Argentine montre, elle, que le mal est profond et s’étend bien au-delà de quelques universités et quelques épaves journalistiques en attente d’une aumône étatique. Le pays sud-américain, qui était encore la 9ème puissance mondiale en 1950, est en effet l’heureux bénéficiaire du soutien financier de la Banque de France.

Oui oui, vous avez bien lu, contribuable français : vous soutenez l’Argentine. Et quel soutien !

Comme le détaille ce fort intéressant article de Jean-Philippe Feldman paru récemment dans Les Échos, l’Argentine a eu recours, il y a une dizaine d’années, à un certain nombre de prêts pour redresser ses finances et tenter de sortir du bourbier dans lequel une bonne petite dose de socialisme l’avait fourré (si vous voyez comme un motif qui se répète, c’est que la propagande journalistique française n’a pas totalement fonctionné). Ces prêts furent alors placés volontairement par l’État argentin sous juridiction américaine, et ce afin de rassurer les prêteurs sur sa volonté de remboursement. Sans grande surprise, lorsqu’il a fallu rembourser, patatras, le gouvernement de Buenos Aires fit volte-face. Et la juridiction américaine, seule compétente en vertu des accords conclus par les parties prenantes, a tranché, à plusieurs reprises, dans le sens des prêteurs : les engagements pris par contrat doivent être respectés et le gouvernement argentin doit donc rembourser, il n’y a pas à tortiller. Ici, vous pourrez insérer l’un ou l’autre juron habituel anti-capitaliste de votre choix, ainsi que le mode « Complot de la CIA » qui s’impose à l’évidence.

Devant cette déconfiture, incroyablement, les autorités françaises ont choisi de soutenir publiquement le gouvernement argentin spoliateur. Comme l’explique fort bien Jean-Philippe Feldman :

« Entre les prêteurs lésés et un gouvernement malveillant, Paris a choisi de soutenir ceux qui renient leur parole, ceux qui violent les contrats, ceux qui ignorent leurs engagements. »

C’est bien résumé : les élites politiques et financières françaises se fichent comme d’une guigne de toute moralité, de la parole donnée ou de la nécessité d’un respect minimum des contrats, ou de la Loi en général. Opérés de la honte très jeunes et habitués très tôt à ne voir dans la morale qu’une encombrante convention sociale dont on devra se départir très vite pour accéder aux plus hautes fonctions de l’État, les politiciens et technocrates français illustrent ici qu’ils sont aussi touchés par le mal qui ronge l’Université et la presse française, gauchisées à outrance au point d’en être caricaturaux.

Et lorsqu’on apprend que non seulement la France fait un joyeux trampoline sur la loi internationale, mais qu’en plus elle a eu la judicieuse idée de faire contracter par la Banque de France des relations avec la Banque Centrale Argentine (apparemment, c’est la seule banque centrale au monde à accepter ce type de rapprochement avec le régime Kirchner), on comprend qu’il n’y a plus de limite dans l’indécence et l’immoralité ; l’idéologie dogmatique des élites, qu’elles soient jacassantes ou agissantes, est devenue une manie si compulsive qu’elle permet d’affirmer, sans se tromper, que ce pays est foutu.

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Commentaires357

  1. Goldrak

    Je suis curieux que cet article, sur un sujet bien plus important et inténressant quer les conneries de Filalapatie ne sucite pas plus de commentaires.
    Il faut dire et répéter que le socialisme n’a jamais marché et ne marchera jamais, nulle part. D’ailleurs, un certain Ludwig von Mises le disait dans un livre très convaincant dès 1922 (Sozialismus).
    Et donc que, sauf virage à 180°, tout à fait impossible à un socialiste, sauf en paroles creuses et jamais suivies d’effet, ce pays est on ne peu plus foutu.

    1. gameover

      Ce n’est pas que Limoges, c’est tout le Limousin qui profite des subventions et d’emplois publiques, ce que l’article de l’express ne dit pas.

      Voir mon post chiffré dans le billet de h16 quand on parlait de Dorsal.

      http://h16free.com/2014/01/17/28544-le-leviathan-se-mord-la-queue-coupons-lui-les-bourses/comment-page-1#comment-188231

      Et justement à cause de ses subventions et emplois publics, Limoges a un 11/20 sur le site d’argus des communes, y a pire.

      Pour info Limoges – Tulles c’est dans la même résion.

  2. Zboub

    Niveau prose, c’est agréable à lire, il n’y a pas à dire…. on en viendrait presque à oublier le fond qui est totalement creux, et qui a tendance à « omettre » tout l’historique concernant la crise argentine notamment. En particulier tous ces millions émanant de l’épargne des Argentins avec lesquels les banques françaises et d’autres nationalités (établissements dirigés par des socialistes avides d’argent à leur tête, c’est bien connu…) se sont carapatées du pays au moment de la crise, laissant une nation et tout un peuple au bord du gouffre.

    ah oui, l’hypothèse du complot mondial des élites apatrides, on l’avait oublié, celui-là. La réalité, c’est que les avoirs étrangers en Argentine se sont carapatés parce que le pays s’effondrait. L’espèce de romance sur le mode « yzonvolé les Argentins » est parfaitement ridicule. Et on note qu’ils ont eu raison, les doses massives de socialine ayant achevé le malade.

    Tenez un peu de lecture :
    http://www.contrepoints.org/2011/12/21/61332-dont-cry-for-my-argentina

    Que le socialisme ait accouché de régimes défaillants, c’est un fait indéniable. Il y a un problème de mise en oeuvre systématique c’est certain.

    lol, le « problème de mise en œuvre systématique » … Argument 33 du bon vieux Schoppi, ça marche en théorie, mais pas en pratique, hein. Ben non. En théorie, le socialisme c’est de la merde. Et en pratique, c’est pire.

    Mais comment peut-on à voir à ce point une vision manichéenne quand on voit ce que le système libéral, qui a dû largement puiser dans les fonds publics dernièrement pour survivre, a fait de notre société ???

    Gros bouffon. Le « système libéral, qui a dû largement puiser dans les fonds publics », c’est du n’importe quoi de première bourre, ça, mon loustic. Ce n’est pas parce qu’une ânerie est répétée cent fois, par des économistes marxistes, trotskystes ou socialistes, ou des sociologues de gauche et autres débris orphelin du communisme des années 50, que ça en fait des vérités. La crise qui a eu lieu n’avait rien de libérale, même pas en rêve. Rien que l’histoire de Fannie Mae et Freddy Mac suffit à comprendre les travers du tout à l’Etat. Votre cuistrerie s’expose ici sans fard.

    Malheureusement « la goutte de merde dans le bol de soupe » mondial, je ne suis pas certain que ça ait été le socialisme.

    C’est normal. Vous n’êtes pas équipé pour.

    Aujourd’hui le constat c’est que nous sommes dans un bol de merde au niveau global, et pour y arriver, quand d’un côté on a saupoudré de socialisme, de l’autre on a arrosé à grandes eaux de libéralisme……… Chacun en tirera ses propres conclusions.

    Ce qui est amusant, c’est la permanence du troll. Il arrive avec toujours les mêmes arguments pourris. Toujours. C’est épuisant de monotonie. Vous êtes français, parfaitement persuadé d’avoir tout bien compris la crise en regardant trois vidéo de l’Argent Dette, de Sapir ou d’avoir lu le dernier Lordon, d’avoir bien tout décortiqué Piketty, et donc, banco, la crise est libérale, les problèmes du monde sont liés au libéralisme, etc… Sauf que vous ne savez même pas ce que c’est. Comme tous les autres trolls précédents, vous dégoisez exactement les mêmes bêtises. Aucune originalité, aucun angle d’attaque différent, toujours la même rengaine qu’on retrouve partout en France. Heureusement, le monde est vaste et les Français minoritaires dans leur connerie et leur inculture économique crasse.

    1. KARL34

      H16 a bien raison de taper sur les socialos
      le vénézuela ce n’est que 30 millions d’habitants
      à quand un grand article de fond pour critiquer ce grand pays socialiste en pleine décadence où 48 millions d’habitants se contentent de bons de nourriture, et où 92 millions de branleurs en age de travailler ne recherchent même plus un travail!

    2. gameover

      Celle que je préfère c’est celle-la quand même :

      « Que le socialisme ait accouché de régimes défaillants, c’est un fait indéniable. Il y a un problème de mise en oeuvre systématique c’est certain. »

      A rapprocher de notre devise Shadoks :
      Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir.
      Donc, plus ça rate plus on a de chances que ça réussisse.

      http://perso.cimetz.com/jvoyenne/shadok/shadok2.jpg

  3. Saint Amand

    Vous ne semblez pas connaitre la réalité de l’Argentine,qui n’a rien à voir avec un régime socialiste comme au Venezuela.

    Ils sont un cran en dessous en terme de collectivisme, oui. Mais ça ne change rien : tout y part en sucette.

    Ce pays a connu une crise au début des années 2000 après des années de récessions économiques suite à la politique de libéralisme extrême qui n’a qu’apporter la misère et la destruction de la société argentine (plus de classe sociale moyenne mais que des pauvres)

    Bullshit de première. Interventionnisme, dirigisme, puis corporatisme et capitalisme de connivence. Non, c’est pas tip top libéral tout ça. Encore un type qui confond libéralisme avec la définition que les journaux de gauche lui en donnent. C’est ridicule et pénible de conformisme.

    Donc,déjà savoir d’ou part l’Argentine,et quelle politique elle a suivie dans l’intérêt de son peuple et non de multi nationale aux intérêts incompatibles avec l’intérêt d’une nation.

    Ah oui le complot des multinationales, de la CIA, des financiers apatrides. Encore.

    Je suis français et j’ai vu au fils des années la progression de la politique de redressement du pays par la gouvernance des kirchner.

    Lol quoi. Entre les chiffres d’inflation complètement bidons et la situation sociale générale qui s’est dégradée au point de faire de l’Argentine un pays toujours plus violent, y’a de quoi rire. Tiens, y’a un Argentin qui tient un blog fort éclairant à ce sujet : http://ferfal.blogspot.fr/ ; je suppose que c’est à la fois un suppôt du capitalisme, un agent payé par la CIA etc…

    Pour infos,ce pays dispose de richesse en matière première qu’elle a su exploité et que le gouvernement à su taxer afin de remplir les caisses de l’Etat. Pour infos,le parc automobile a été en bonne partie renouvelé quand on connait un peu ce pays ,les gens seront ce que je veux dire.

    Le tout avec une monnaie qui tient bien la route, une inflation contrôlée, des exportations en hausse, une misère qui dégringole (bien sûr) et un indice de bonheur général et de liberté en constante augmentation. C’est une évidence.

    D’ailleurs ,demandez aux groupes français d’automobiles,qui ont explosé leurs ventes de véhicules si la croissance de l’Argentine des 8 dernières années etait bidon !

    Je ne doute pas que ce pays a encore des problèmes et cette année les intempéries,canicules (coupure d’électricité,coupure d’eau..) et maintenant des inondations ,mais la situation de ce pays qui aujourd’hui fait 4,9% de croissance,n’est pas un pays de pauvre mais un pays en fort développement.

    Concernant les hypermarchés qui spéculaient sur les prix en participant à la forte inflation,ils viennent de recevoir des amendes.

    Et ça va résoudre les problèmes big time.

    A quand la même chose en France ?

    Aaaaaah, le bon gros réflexe coco. Encore un inculte en économie. C’est épuisant de connerie. Entre « la spéculation saymal » qui montre le manque total de connaissance économiques et historiques de base, et le « il faut punir les supermarchés » ajoutant à cette nullité crasse celle de la psychologie humaine, vaste terrain inconnu, on comprend qu’on a à faire, ici, à la fine fleur du raisonnement collectiviste : si la réalité n’est pas belle, changeons la réalité, à coups de fusil s’il le faut.

    D’ailleurs, ça a TOUJOURS fonctionné comme ça avec les gens comme vous. Les menaces, les sanctions, puis les coups et enfin les tueries de masse. Le Vénézuéla montre très bien le chemin, et l’Argentine suit de très près. Les émeutes sont déjà dans les tuyaux, inexorablement, dans quelques mois. Et là, vous reviendrez me dire que c’est fomenté par la CIA, parce que vous n’avez toujours rien compris.

    La finalité de votre article est de défendre des

    Trop de commentaires idiots et de méconnaissance crasse de tous les sujets que vous abordez vous disqualifient évidemment d’ouvrir votre bouche et de bouger vos lèvres. Allez évangéliser les niais et les autres cocos sur les bonheurs du collectivisme argentin, sur les bonnes réformes de la mère Kirchner et sur l’avenir radieux qui les attend.

    Moi, je vais juste attendre et regarder passer votre cadavre dans quelques mois. Plus triste, je verrai aussi passer le cadavre de pas mal d’Argentins qui, excédés, iront dans la rue et s’y feront tuer par les gentils gouvernements socialistes du cru.

  4. Libertador

    Il faut lire ou relire Hayek pour une meilleure compréhension du socialisme. Je ne sais pas pour les intentions, peut-être était-ce du miel, mais avec encore un peu plus de recul que Hayek, on ne peut que constater que dans la réalité, le socialisme ça ne sent pas la rose !

  5. Aristarque

    Guillaume N., sur son blog Ordre Spontané, indique que le Big Mac a augmenté, en monnaie locale, de près de 1,5%. Ceci, arrêté à la date du 20. Sur la base d’un taux moyen de 0,25%/jour, les 2% sont déjà défoncés… Tout cela donne grosso modo une inflation annuelle de 133%!… Le Venezuela est malheureusement bien parti pour concurrencer le Zimbabwe…

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