Après le surgénérateur Phoenix, le surbidouilleur Sarkozy

Pendant que le couple royal hollandais socialiste le plus en vue des média se déchire actuellement comme des chiffonniers à coup de communiqués dans les journaux, le gouvernement Sarkozy Fillon tente de faire avancer ses projets et notamment sa réforme des universités et, parce que sinon l’ennui guette, la mise en place du service minimum. Rien qu’avec ces deux projets, on peut prédire une rentrée de septembre particulièrement agitée…

Et ça commence très fort avec la réforme des universités pour laquelle rien ne semble plus se passer sur du velours. Julliard, le petit chefaillon des étudiants-syndicalistes professionnels de l’enseignement supérieur, a immédiatement mis en garde la presse et les journalistes avec l’équivalent d’un « ça ne se passera pas comme ça, nom d’une pipe en bois ! ».

En effet, non seulement le méchant président Sarkozy a eu le culot de se faire élire avec une confortable majorité (ce qui n’a pas dû plaire du tout au Bruno J. , socialiste bon teint), en plus il lance ses réformes pendant les vacances scolaires, et enfin, pompon de l’affaire, il semble mettre de l’huile sur le feu en ne montrant aucune velléité de laisser la parole aux organisations communistes syndicales de l’enseignement dont, notamment, le petit Bruno est un représentant médiatique.

Sapristi, c’est vraiment trop injuste !

Le Prrrézident de l’Unef a ainsi estimé que son alter-égo de la République devrait, je cite le petit excité, « se tenir à l’écart » des discussions sur le projet de loi, et ne pas « reproduire les erreurs du passé », vis-à-vis de la communauté universitaire, « c’est-à-dire ne pas adopter l’arrogance et la provocation ». Et pour le coup, en terme d’arrogance et de provocation, il sait de quoi il parle, le petit chefaillon. Déjà, pour l’arrogance, on pourra qualifier sa saillie d’assez haut placé dans l’échelle du « tu veux une claque petit con ? » ; si un Président démocratiquement élu ne peut plus se prononcer sur des faits de sociétés aussi importants que ceux-là, on se demande exactement à quoi il sert. Il est vrai qu’avec le règne de la potiche chiraquienne, on s’était doucement habitués au silence quasi-sépulcral du président dans les sujets quotidiens. En tout cas, on ne peut pas dire que le petit gars manque d’aplomb…

Quant à la provocation, rappelez-vous, c’était … il n’y a pas si longtemps : grâce au motif bidon qu’avait procuré le passage des lois sur le CPE et la couille-molisation rapide du gouvernement et du chef de l’état (El Chi, le Lider Minimo), Julliard avait réussi le pari de faire parler de lui et donner au mouvement une ampleur médiatique hors de proportion avec la réalité tangible de la rue.

200.000 pékins sur toute la France (à tout casser) s’étaient en effet rassemblés pour brailler contre le gouvernement, boire de la bière, manger des merguez et échanger démocratiquement des idées sur le marché de l’emploi, car, rappelez-vous, « un autre monde est possible » …. alors que tout ce petit monde aurait dû, normalement, étudier au plus vite une voie de sortie honorable, par exemple avec un diplôme d’une valeur réelle, qui lui aurait permis d’envisager l’avenir sereinement.

Faute de quoi, et on a pu le vérifier ensuite, seul l’avenir de Julliard fut assuré, dans la filière maintenant devenue diplômante de Contestaire Syndicaliste / Idiot Utile. Il y a fort à parier qu’on retrouvera ainsi le gars Bruno progressivement dans toutes les petites coteries syndicalo-politiques et qu’un beau matin, anobli par un suffrage universel local, on le retrouvera biberonnant de l’argent public pour aller chauffer un siège à l’assemblée ou dans les organismes paritaires. A ce moment, il sera indéboulonnable et probablement en disponibilité d’une vague administration où il aura passé un concours finger-in-the-nose devant un jury tout acquis à sa cause.

Je sais, c’est un peu caricatural, mais … mais non. C’est probablement ce qui va se passer. Et la réforme des universités dans tout ça ?

Oh, ne vous inquiétez pas ! Le gars Bruno s’en tamponne complètement : elle lui fournit ici et maintenant un véritable tremplin médiatique avec, en plus, une opportunité pour mettre le bazar en septembre, voilà tout. Il brandira et brandit déjà l’argument éculé, le sophisme à deux balles de – je cite – « une université à deux vitesses » pour dénoncer les mesures proposées, oubliant de façon commode que cette université a déjà de nombreuses vitesses, quand on voit le différentiel qui peut exister entre les étudiants de filières surpeuplées et d’autres, quasi-vides, pour lesquelles l’embauche est assurée.

Il dénoncera aussi, avec le cynisme tranquille du dandy syndicaliste qu’il est devenu, l’imposition de règles venues d’en-haut, de l’Etat qui se mêle de tout, quand, dans le même temps, il reproche à cette loi de donner, justement, plus d’autonomie aux universités. Evidemment, il pourra toujours prétendre que l’autonomie qu’il a dans l’esprit n’est pas celle proposée, mais au final, on veut à la fois moins d’état et plus d’état, histoire d’avoir toujours le champ libre pour contester.

C’est logique : le syndicaliste qui se place dans une attitude passive dans le cadre où tout va bien est un syndicaliste devenu invisible. N’existant plus, sa raison d’être disparaît aussi. Dès lors, il est normal qu’un avorton comme Julliard attise volontairement les problèmes et excite les esprits. A l’image des psychopompes, Julliard fait voyager les réformes déjà mortes, se transforme en berger des rouspéteurs de l’université… et en tire évidemment bénéfice personnel. Sacré Bruno.

En quelque sorte, il suit tout simplement les pas de ses prédécesseurs, les Thibault, Mailly et Chérèque, qui ont déjà bien rôdé leurs rouspètements par exemple avec la mise en place du service minimum dans les transports en commun. Et c’est vrai qu’avec les propositions du Sarko, il y a de quoi hurler pour tout bon syndicaliste qui se respecte et veut exister dans ce grand bourbier médiatico-politique.

Riîindez-vous compte ! Obligation de vote à bulletin secret (oh, plus d’intimidation possible !), obligation de ne pas payer les jours de grève (oh, plus de merguez-parties sur le dos du moutontribuable !), obligation de laisser les non-grévistes travailler (oh, fini les blocages complets !). Tout ceci ne peut pas être du goût de syndicats minoritaires, assoiffés d’une revanche de la rue sur le kapital tout puissant et l’ultranéolibéralisme incarné par l’autre zigoto du Faubourg St Honoré.

Ce qu’il y a d’intéressant, dans ces mesures, c’est qu’en pratique elles suffisent largement à assurer le service minimum sans qu’il soit nécessaire d’imposer des horaires ou des quantités de transports, ce que prévoit la loi et ce qui est, intrinsèquement, pas du tout libéral. En effet, la représentation syndicale en France, que ce soit dans les transports ou ailleurs, étant minoritaire, il y a fort à parier que si les grévistes ne pouvaient pas du tout intimider les non-grévistes, la grève s’essouflerait bien vite, surtout si les trublions ne sont pas payés pendant ce temps…

Cependant, on peut noter qu’encore une fois, un gouvernement propose de surbidouiller des lois au lieu de, tout simplement, appliquer celles qui existent. Ainsi, la liberté des universités en terme de sélection, de programme et même budgétaire dans les textes est rarement en rapport avec celle qu’elles peuvent observer dans leur quotidien. L’application réelle des lois concernant les préavis de grèves, le non-paiement des jours chômés, l’interdiction du blocage d’accès au lieu de travail et l’interdiction de l’intimidation, permettrait déjà de casser la plupart des grèves iniques du public et les prises d’otages régulières des usagers usagés des transports en commun.

Il ne faut donc pas s’y tromper : ces réformes sont bel et bien de l’agitation, du mouvement brownien par gros nuages. Mais, et on peut tout de même reconnaître ça à Sarkozy, cette agitation est franchement nécessaire pour faire avancer les choses dans ce fichu pays. Le passage par de nouvelles usines à gaz, tant pour les universités que pour le service minimum, semble en effet la seule issue pour faire parler des réformes, mettre le débat sur la place publique, et, peut-être, débloquer des situations sclérosées par des syndicats fossiles d’un autre temps.

Jouant sur sa solide légitimité et sur la courte période de cent jours pendant laquelle il aura le bénéfice du doute, Sarkozy s’agite donc.

La fin de la période et le baptême du feu, courant septembre, permettront de voir s’il tiendra la distance.

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Commentaires9

  1. Arno

    Comme je l’ai lu quelque part récemment, à défaut d’avoir un Reagan ou une Thatcher, nous aurons au moins notre gorbatchev Français. Ca laisse un tout petit espoir pour dans 5 ans.

  2. sam

    Que dire … a part MERCI!

    Encore une fois, hash, vous cernez le probleme de facon admirable! Et si j’avais la malchance d’etre le patron d’un quotidien (je dis malchance, car par les temps qui courent, ce n’est pas si evident d’informer les citoyens ET de gagner sa vie), je vous embaucherait sur le champ …

    Tout cela pour dire que, a mon humble avis, les pamphletaires et critiques acerbes manquent dans les journaux que nous lisons tous les jours (il y a bien yvan rioufol au fig, mais il lui ont lime les dents). Je trouve cela domage … un Frederic Bastiat qui publierait ses textes aujourd’hui (la TVA sociale … mon dieu, que dirait-il?) semerait un soufle de renouveau … si seulement nous pouvions le ressuciter!

    En tout cas merci pour vos billets; ils sont pour moi un rayon de soleil, et aussi une source intarrissable d’arguments pour ridiculiser les collectistes (nombreux helas) que je croise tous les jours dans mon travail (Ah! l’EN!)

    sam

  3. arno

    juste une remarque vous employez des termes qui relèvent d’une certaine perversion gauchiste de votre vocabulaire.

    "usagés des transports en commun".

    Mais fichtre diantre saperlipopette je paye mon ticket dans les transports en communs je suis un CLIENT!

    Et je pense que quand tout le monde se pensera client de tous services public alors la france aura fait un grand pas.

  4. Copeau

    Excellentissimme billet, H16 (comme toujours serais-je tenté d’ajouter !)

    Pour répondre à arno, il me semble impossible d’affirmer que nous ne sommes QUE des clients des transports publics lorsque nous achetons un billet ou prenons un abonnement. Le prix payé par le client, en tant que client, représente en général 20 à 25% du coût complet des transports. Le reste, c’est le contribuable que le paie.

    Si nous ne sommes donc pas des usagers, nous sommes d’abord des contribuables des transports, et ensuite seulement des clients.

  5. @sam & higgins : merci, j’aime bien les compliments, ça met du peps dans ma vie de libéral mangeur d’enfants !

    @arno : j’ai bien écrit « usagés » et non « usagers ». Et sinon, tu as en partie raison : tu payes un ticket, tu es donc client. Mais je le suis aussi un peu, puisqu’avec mes impôts, je paye aussi un peu de ton ticket 😉 … Perversions du système collectiviste : il n’y a plus de différence entre contribuable et client.

    damn ! grillé par copeau !

  6. Laglute

    C’est le futur Hollande, ce Juliard. Depuis quelques temps ( le CPE ), ça se voyait comme le nez au milieu de la figure.
    Le PS n’est pas mort…

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